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Mgr Williamson exclu de la Fraternité Saint Pie X
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Comte de Chinon
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MessagePosté le: Mer 24 Oct - 16:57 (2012)    Sujet du message: Mgr Williamson exclu de la Fraternité Saint Pie X Répondre en citant

et voilà c'est fait. C'est Malheureux mais c'était prévisible.

http://www.kipa-apic.ch/index.php?pw=&na=0,0,0,0,f&ki=236561 
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MessagePosté le: Mer 24 Oct - 16:57 (2012)    Sujet du message: Publicité

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Mavendorf
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MessagePosté le: Mer 24 Oct - 18:11 (2012)    Sujet du message: Mgr Williamson exclu de la Fraternité Saint Pie X Répondre en citant

Comte de Chinon a écrit:

et voilà c'est fait. C'est Malheureux mais c'était prévisible.


C'était prévisible en effet, cette crise interne couve depuis un bon moment déjà, nous le savons. Néanmoins je pensais dernièrement que la fermeté de Mgr Fellay dans son refus d'établir un accord avec Rome sur les bases de Vatican 2, allait ramener le calme et la tranquillité dans la Fraternité.

Malheureusement il n'en est rien, et cette nouvelle est un véritable coup de tonnerre dans la Tradition, qui ne laisse rien présager de bon dans les semaines à venir. C'est une scission qui est à craindre à présent, il n'est pas impossible qu'à travers cette expulsion, une partie de nos abbés et des fidèles décide de suivre Mgr Williamson...
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Comte de Chinon
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MessagePosté le: Mer 24 Oct - 18:19 (2012)    Sujet du message: Mgr Williamson exclu de la Fraternité Saint Pie X Répondre en citant

Il y avait déjà une espèce de scission, plus ou moins confirmée,avec la création dune FSSPX de la Stricte Observance par l'Abbé Chazal (et l'Abbé Pfeiffer?) il y a quelques jours. Mais les informations manquent.
Je crains le pire... Crying or Very sad
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MessagePosté le: Jeu 25 Oct - 20:25 (2012)    Sujet du message: une analyse claire nette et précise Répondre en citant

comme je ne savais pas où poster cela, pour ne froisser personne, je me poste ici. Les Admin ou les modos pourront le déplacer si necessaire:

Voici un extrait de la lettre que Mgr Williamson a envoyé à Mgr Fellay, suite à son exclusion de la FSSPX:



A partir de la Révolution française de la fin du XVIIIème siècle, dans beaucoup d’états autrefois chrétiens, commence à s’établir un nouvel ordre mondial, conçu par les ennemis de l’Eglise pour chasser Dieu de sa création. On commence par remplacer l’ancien régime où le trône soutenait l’autel par la séparation de l’Eglise d’avec l’Etat. Il en résulte une structure de la société qui est radicalement nouvelle, et difficile pour l’Eglise, parce que l’Etat désormais implicitement athée finira par s’opposer de toutes ses forces à la religion de Dieu. En effet, les francs-maçons veulent remplacer le vrai culte de Dieu par leur culte de la liberté dont l’état neutre en religion n’est qu’un instrument. Ainsi commence dans les temps modernes une guerre implacable entre la religion de Dieu, défendue par l’Eglise Catholique, et la nouvelle religion de l’homme, libéré de Dieu et libéral. Ces deux religions sont aussi inconciliables que Dieu et le démon. Il faut choisir entre le catholicisme et le libéralisme.
Mais l’homme ne veut pas avoir à choisir entre le beurre et l’argent de son beurre. Il veut les avoir tous deux. Donc dans le sillage de la Révolution Félicité de Lamennais invente le catholicisme libéral et, à partir de ce moment-là, la conciliation des inconciliables devient monnaie courante à l’intérieur de l’Eglise. Pendant 120 ans, la miséricorde de Dieu donne à son Eglise une série de papes, de Grégoire XVI à Pie XII, qui pour la plupart voient clair et tiennent ferme, mais un nombre de fidèles toujours croissant penche vers l’indépendance par rapport à Dieu et vers les plaisirs matériels auxquels le catholicisme libéral leur facilite grandement l’accès. Une corruption progressive finit par atteindre les évêques et les prêtres, et alors Dieu finit par leur permettre de choisir le genre de papes qu’ils préfèrent, à savoir, ceux qui font semblant seulement d’être catholiques mais qui sont en vérité des libéraux, qui parlent à droite mais agissent à gauche, qui se caractérisent alors par la contradiction, l’ambigüité, la dialectique hégélienne, bref, le mensonge. C’est la Néo-Eglise de Vatican II.
Il ne pouvait pas en être autrement. Il n’y a que le rêve qui puisse réconcilier des réalités inconciliables entre elles. Mais Dieu – parole de St Augustin – n’abandonne pas les âmes qui ne veulent pas l’abandonner, et alors il vient en aide au petit reste d’âmes catholiques qui ne veulent pas suivre l’apostasie molle de Vatican II. Il suscite un archevêque qui résistera à la trahison des prélats conciliaires. Respectant la réalité, ne cherchant point à concilier les inconciliables, refusant de rêver, cet archevêque parle avec une clarté, cohérence et vérité qui font que les brebis y reconnaissent la voix du divin Maître. La Fraternité sacerdotale qu’il fonde pour faire de vrais prêtres catholiques commence à petite échelle, mais en refusant résolument les erreurs conciliaires et leur fondement dans le catholicisme libéral, elle s’attire ce qui reste de vrais catholiques dans le monde entier, et elle constitue l’épine dorsale de tout un mouvement dans l’Eglise qu’on appelle le Traditionalisme.
Or, ce mouvement est insupportable aux hommes de la Néo-Eglise qui veulent remplacer le catholicisme par le catholicisme libéral. Aidés par les médias et les gouvernements, ils font tout pour discréditer, honnir et bannir le courageux archevêque. En 1976, Paul VI le « suspend a divinis », en 1988, Jean-Paul II l’ « excommunie ». Cet archevêque agace souverainement les papes conciliaires, parce que sa voix de vérité ruine effectivement leur tissu de mensonges et met en péril leur trahison. Et sous le coup de leur persécution, même de son « excommunication », il tient ferme et avec lui le grand nombre des prêtres de sa Fraternité.

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MessagePosté le: Jeu 25 Oct - 21:57 (2012)    Sujet du message: Mgr Williamson exclu de la Fraternité Saint Pie X Répondre en citant

Il n'y a pas grand chose à enlever de ce passage. Très bonne analyse du mal qui ronge l'Eglise depuis la chute de notre monarchie. Par contre il serait bon de pouvoir lire la lettre en entier pour se faire une opinion de la "crise" que connait la communauté traditionaliste de la Fraternité Saint Pie X.
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MessagePosté le: Ven 26 Oct - 14:05 (2012)    Sujet du message: Mgr Williamson exclu de la Fraternité Saint Pie X Répondre en citant

Pardonnez mon ignorance, jai cru comprendre en lisant ces lignes que Monseigneur Williamson avait été exclu de de fraternité?
Je doit vous avouer que pour ma part je ne comprend pas la position de la fraternité qui considère les papes de Paul VI jusqu'à maintenant comme de vrai Pape alors qu'il passent leur temps à faire des enseignements contraire à la Foi du Christ. Pour moi, ce sont plus des anti-Pape. Bien sur, cette opinion n'engage que moi.
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MessagePosté le: Ven 26 Oct - 17:20 (2012)    Sujet du message: Mgr Williamson exclu de la Fraternité Saint Pie X Répondre en citant

Viveleroy la position de la FSSPX est assez simple, si on peut dire: On ne peut pas prouver que les papes depuis Paul VI ne sont pas papes et leur "enseignement" n'engage pas le magistère infaillible de l'Eglise. donc on accepte ce qui est bon, (c'est assez rare) et on rejette le reste. Mais la limite avec le Sédévacantisme ou le Sédéprivationisme est assez ténue... 


Requête Carliste voici la lettre dans son intégralité:


Excellence, 
Merci de votre lettre du 4 octobre où vous me communiquez de la part de vous-même, du Conseil Général et du Chapitre Général, votre “constatation”, “déclaration” et “décision” que je ne suis plus membre de la Fraternité Saint-Pie X. Les raisons que vous donnez pour votre décision d’exclure votre serviteur seraient les suivantes : il a continué de publier le « Commentaire Eleison » ; il a attaqué les autorités de la Fraternité ; il a eu un apostolat indépendant ; il a causé la confusion parmi les fidèles ; il a soutenu des confrères rebelles ; il a désobéi de façon formelle, obstinée et “pertinace” ; il s’est séparé de la Fraternité ; il ne se soumet à aucune autorité. 
Ces raisons ne se laissent-elles pas toutes résumer par la désobéissance ? Sans doute, dans le cours des douze dernières années, votre serviteur a eu des paroles et actions qui ont été, devant Dieu, inappropriées et excessives, mais je crois qu’il lui suffirait de les lui signaler en particulier pour qu’il s’en excusât, selon la vérité et la justice. Mais nous sommes sans doute d’accord que le problème essentiel ne se situe pas dans les détails, qu’il se résume en un mot : la désobéissance. 
Alors, remarquons d’abord à combien d’ordres plus ou moins désagréables du Supérieur Général votre serviteur a obéi sans faille. En 2003 il a quitté un apostolat important et fructueux aux Etats-Unis pour descendre en Argentine. En 2009 il a laissé sa charge de directeur du séminaire et a quitté l’Argentine pour moisir dans une mansarde à Londres, sans parole ni ministère épiscopal parce que cela lui était défendu. Il ne lui est resté virtuellement que le ministère du « Commentaire Eleison » dont le refus de l’interrompre constitue la grande partie de cette “désobéissance” qu’on lui reproche. Et depuis 2009 les Supérieurs de la Fraternité se sont permis de le discréditer et l’injurier tant qu’ils voulaient, et dans le monde entier ils ont encouragé tout membre de la Fraternité qui le souhaitait à faire de même. Votre serviteur a très peu réagi, préférant le silence à des confrontations scandaleuses. On pourrait dire même qu’il s’est obstiné à ne pas désobéir. Mais passons, parce que le vrai problème n’est pas là. 
Alors, le vrai problème, où se situe-t-il ? Pour répondre, qu’il soit permis à l’accusé de faire un survol rapide de l’histoire de la Fraternité dont on veut qu’il soit en train de se séparer. En effet, le problème central remonte à loin. 
A partir de la Révolution française de la fin du XVIIIème siècle, dans beaucoup d’états autrefois chrétiens, commence à s’établir un nouvel ordre mondial, conçu par les ennemis de l’Eglise pour chasser Dieu de sa création. On commence par remplacer l’ancien régime où le trône soutenait l’autel par la séparation de l’Eglise d’avec l’Etat. Il en résulte une structure de la société qui est radicalement nouvelle, et difficile pour l’Eglise, parce que l’Etat désormais implicitement athée finira par s’opposer de toutes ses forces à la religion de Dieu. En effet, les francs-maçons veulent remplacer le vrai culte de Dieu par leur culte de la liberté dont l’état neutre en religion n’est qu’un instrument. Ainsi commence dans les temps modernes une guerre implacable entre la religion de Dieu, défendue par l’Eglise Catholique, et la nouvelle religion de l’homme, libéré de Dieu et libéral. Ces deux religions sont aussi inconciliables que Dieu et le démon. Il faut choisir entre le catholicisme et le libéralisme. 
Mais l’homme ne veut pas avoir à choisir entre le beurre et l’argent de son beurre. Il veut les avoir tous deux. Donc dans le sillage de la Révolution Félicité de Lamennais invente le catholicisme libéral et, à partir de ce moment-là, la conciliation des inconciliables devient monnaie courante à l’intérieur de l’Eglise. Pendant 120 ans, la miséricorde de Dieu donne à son Eglise une série de papes, de Grégoire XVI à Pie XII, qui pour la plupart voient clair et tiennent ferme, mais un nombre de fidèles toujours croissant penche vers l’indépendance par rapport à Dieu et vers les plaisirs matériels auxquels le catholicisme libéral leur facilite grandement l’accès. Une corruption progressive finit par atteindre les évêques et les prêtres, et alors Dieu finit par leur permettre de choisir le genre de papes qu’ils préfèrent, à savoir, ceux qui font semblant seulement d’être catholiques mais qui sont en vérité des libéraux, qui parlent à droite mais agissent à gauche, qui se caractérisent alors par la contradiction, l’ambigüité, la dialectique hégélienne, bref, le mensonge. C’est la Néo-Eglise de Vatican II. 
Il ne pouvait pas en être autrement. Il n’y a que le rêve qui puisse réconcilier des réalités inconciliables entre elles. Mais Dieu – parole de St Augustin – n’abandonne pas les âmes qui ne veulent pas l’abandonner, et alors il vient en aide au petit reste d’âmes catholiques qui ne veulent pas suivre l’apostasie molle de Vatican II. Il suscite un archevêque qui résistera à la trahison des prélats conciliaires. Respectant la réalité, ne cherchant point à concilier les inconciliables, refusant de rêver, cet archevêque parle avec une clarté, cohérence et vérité qui font que les brebis y reconnaissent la voix du divin Maître. La Fraternité sacerdotale qu’il fonde pour faire de vrais prêtres catholiques commence à petite échelle, mais en refusant résolument les erreurs conciliaires et leur fondement dans le catholicisme libéral, elle s’attire ce qui reste de vrais catholiques dans le monde entier, et elle constitue l’épine dorsale de tout un mouvement dans l’Eglise qu’on appelle le Traditionalisme.
Or, ce mouvement est insupportable aux hommes de la Néo-Eglise qui veulent remplacer le catholicisme par le catholicisme libéral. Aidés par les médias et les gouvernements, ils font tout pour discréditer, honnir et bannir le courageux archevêque. En 1976, Paul VI le « suspend a divinis », en 1988, Jean-Paul II l’ « excommunie ». Cet archevêque agace souverainement les papes conciliaires, parce que sa voix de vérité ruine effectivement leur tissu de mensonges et met en péril leur trahison. Et sous le coup de leur persécution, même de son « excommunication », il tient ferme et avec lui le grand nombre des prêtres de sa Fraternité.
 
Cette fidélité à la vérité obtient de Dieu pour la Fraternité douze années de paix intérieure et de prospérité extérieure. En 1991, le grand archevêque meurt, mais pendant encore neuf années son œuvre continue dans la fidélité aux principes anti-libéraux sur lesquels il l’a bâtie. Alors, que feront les Romains conciliaires pour venir à bout de cette résistance ? Ils échangeront le bâton pour la carotte. 
En l’an 2000, un grand pèlerinage de la Fraternité pour l’Année Jubilaire montre dans les basiliques et les rues de Rome la piété et la puissance de la Fraternité. Les Romains sont impressionnés, malgré eux. Un cardinal invite les quatre évêques à un déjeuner somptueux chez lui, invitation acceptée par trois d’entre eux. Tout de suite après ce déjeuner très fraternel, les contacts avec Rome et la Fraternité, qui s’étaient bien refroidis depuis douze ans, reprennent, et avec eux commence la puissante séduction par les boutons écarlates et les parterres en marbre.
Les contacts se réchauffent si rapidement que déjà à la fin de l’année beaucoup de prêtres et de fidèles de la Tradition craignent une conciliation entre la Tradition catholique et le Concile libéral. Cette conciliation n’aboutit pas pour le moment, mais le langage du Quartier Général de la Fraternité à Menzingen commence à changer, et sur les douze ans à venir il se montrera toujours moins hostile à Rome et plus accueillant envers les autorités de l’Eglise conciliaire, envers les médias et leur monde. Et, au fur et à mesure que la conciliation des inconciliables se prépare à la tête de la Fraternité, dans son corps de prêtres et de laïcs l’attitude devient petit à petit plus bénigne envers les papes et l’Eglise conciliaires, envers tout ce qui est mondain et libéral. Après tout, le monde moderne qui nous entoure est-il si mauvais qu’on a voulu nous faire croire ?
 
Cette avancée du libéralisme à l’intérieur de la Fraternité, perçue par une minorité des prêtres et fidèles mais apparemment imperceptible à la grande majorité, s’est découverte à beaucoup au printemps de cette année lorsque, suite à l’échec des Discussions Doctrinales au printemps de 2011, la politique catholique de « Pas d’accord pratique sans accord doctrinal » est devenue, d’un jour à l’autre, la politique libérale de « Pas d’accord doctrinal, donc accord pratique ». Et à la mi-avril le Supérieur Général offre à Rome, comme base d’un accord pratique, un texte ambigu, ouvertement favorable à cette « herméneutique de la continuité » qui est la recette bien aimée de Benoît XVI pour concilier, précisément, le Concile et la Tradition ! « Il faut une nouvelle pensée » dira le Supérieur Général au mois de mai aux prêtres du district autrichien de la Fraternité. Autrement dit, le chef de la Fraternité fondée en 1970 pour résister aux nouveautés du Concile, propose de la concilier avec le Concile. Aujourd’hui elle est conciliante. Demain elle doit se faire pleinement conciliaire ! 
Il est à peine croyable que la fondation de Mgr Lefebvre ait été conduite à oublier, voire mépriser les principes sur lesquels il l’a fondée, mais voilà la puissance de séduction des fantaisies de notre monde sans Dieu, moderniste et libéral. N’empêche, la réalité ne se laisse pas infléchir par les fantaisies, et il fait partie de la réalité que l’on ne peut pas défaire les principes d’un fondateur sans défaire sa fondation. Un fondateur a des grâces particulières que n’a aucun de ses successeurs. Comme s’écriait Padre Pio lorsque les Supérieurs de sa Congrégation se mettaient à la « rénover » selon la pensée nouvelle du Concile à peine terminé : « Que faites-vous du Fondateur ? » Le Supérieur Général, le Conseil Général et le Chapitre Général de la FSSPX ont beau retenir comme mascotte Mgr Lefebvre, de toute façon ils ont une pensée nouvelle qui passe à côté des raisons gravissimes pour lesquelles il a fondé la Fraternité. Ils la mènent donc à sa ruine par une trahison objective au moins, tout à fait parallèle à celle de Vatican II. 
Mais soyons justes, et n’exagérons pas. Depuis le début de cette chute lente de la Fraternité, il y a toujours eu des prêtres et des fidèles qui ont vu clair et qui ont fait ce qu’ils ont pu pour lui résister. Au printemps de cette année cette résistance a pris une certaine consistance et ampleur, en sorte que le Chapitre Général du mois de juillet a posé un obstacle quand même sur le mauvais chemin du ralliement. Mais est-ce que cet obstacle tiendra ? On peut craindre que non. Devant une quarantaine de prêtres de la Fraternité réunis en retraite sacerdotale à Écône au mois de septembre, le Supérieur Général, se référant à sa politique romaine, a avoué : « Je me suis trompé », mais à qui la faute ? « Les Romains m’ont dupé. » De même, il en est résulté « une grande méfiance dans la Fraternité » qu’il faudra « réparer par les actes et pas seulement par les paroles », mais à qui la faute ? Jusqu’ici, ses actes depuis le mois de septembre, y compris cette lettre du 4 octobre, indiquent qu’il s’en prend aux prêtres et aux laïcs qui n’ont pas su faire confiance à lui, leur chef. Après le Chapitre comme avant, il semble qu’il ne supporte aucune opposition à sa politique conciliatrice et conciliaire. 
Et voilà la raison pour laquelle le Supérieur Général a donné plusieurs fois l’ordre formel de fermer le « Commentaire Eleison ». En effet, ce « Commentaire » a critiqué à maintes reprises la politique conciliatrice envers Rome des autorités de la Fraternité, et par là il les a attaquées implicitement. Or, si dans cette critique et ces attaques il y a eu des manquements à la norme du respect dû à leur office ou à leurs personnes, j’en demande volontiers pardon à qui de droit, mais je crois qu’il suffit de parcourir les numéros concernés du « Commentaire » pour constater que la critique et les attaques sont restées normalement impersonnelles, parce qu’il y va de beaucoup plus que seulement des personnes. 
Et quant au grand problème qui dépasse de loin les personnes, considérons la grande confusion qui règne actuellement dans l’Église et le monde, et qui met en péril le salut éternel d’âmes sans nombre. N’est-ce pas le devoir d’un évêque de dégager les vraies racines de cette confusion, et de les dénoncer en public ? Combien d’évêques dans le monde entier voient clair comme Mgr Lefebvre voyait clair, et donnent l’enseignement qui correspond à cette clarté ? Combien d’entre eux enseignent encore la doctrine catholique tout court ? N’est-ce pas très peu ? Alors est-ce le moment de chercher à réduire au silence un évêque qui le fait, ce qui est prouvé par le nombre d’âmes qui s’accrochent au « Commentaire » comme à une bouée de sauvetage ? Et comment en particulier un autre évêque peut-il vouloir le fermer, lui qui a dû admettre à ses prêtres que sur les mêmes grandes questions il s’est laissé duper, et cela pendant de longues années ? 
De même, si l’évêque réfractaire s’est en effet donné – pour la première fois en presque quatre ans – un apostolat indépendant, comment peut-on lui faire le reproche d’avoir accepté une invitation, indépendante de la Fraternité, à confirmer et à prêcher une parole de vérité ? N’est-ce pas là la fonction même d’un évêque ? Sa parole au Brésil n’aura été de « confusion » que pour ceux qui suivent l’erreur avouée et ci-dessus évoquée. 
Et s’il semble depuis des années se séparer de la Fraternité, c’est juste, mais il se sépare de la Fraternité conciliatrice et pas de celle fondée par Mgr Lefebvre. Et s’il semble se montrer insoumis à tout exercice d’autorité de la part des chefs de la Fraternité, c’est encore juste, mais seulement pour les ordres qui vont à l’encontre des buts pour lesquels elle a été fondée. De fait, à combien d’ordres autres que celui de fermer le « Commentaire » peut-on affirmer qu’il a été coupable d’une désobéissance « formelle, obstinée et pertinace » ? Y en a-t-il un seul autre ? La désobéissance de Mgr Lefebvre, n’ayant été qu’aux actes d’autorité des chefs de l’Eglise qui étaient de nature à détruire l’Eglise, elle était plus apparente que réelle. De même, la “désobéissance” de celui qui n’a pas voulu fermer le « Commentaire » est plus apparente que réelle. 
Car l’histoire se répète, et le diable revient toujours à la charge. Tout comme hier le Concile a voulu concilier l’Eglise Catholique et le monde moderne, ainsi aujourd’hui on dirait que Benoît XVI et le Supérieur Général veulent, tous les deux, concilier la Tradition catholique et le Concile ; ainsi demain, si Dieu n’intervient pas d’ici là, des chefs de la Résistance catholique chercheront à la réconcilier avec la Tradition désormais conciliaire. 
Bref, cher Monsieur le Supérieur Général, vous pouvez maintenant procéder à m’exclure, parce que mes arguments ne vous persuaderont sûrement pas, mais cette exclusion sera plus apparente que réelle. Je suis membre de la Fraternité de Mgr Lefebvre de par mon engagement à perpétuité. Je suis un de ses prêtres depuis 36 ans. Je suis un de ses évêques, comme vous, depuis bientôt un quart de siècle. Cela ne se biffe pas d’un trait de plume, et donc, membre de la Fraternité je le reste. 
Fussiez-vous resté fidèle à son héritage et y eussé-je été moi-même notamment infidèle, volontiers je reconnaîtrais votre droit de m’exclure. Mais les choses étant comme elles sont, j’espère ne pas manquer de respect envers votre office si je suggère que pour la gloire de Dieu, pour le salut des âmes, pour la paix intérieure de la Fraternité et pour votre propre salut éternel, vous feriez mieux de démissionner vous-même comme Supérieur Général, que de m’exclure. Que le Bon Dieu vous donne la grâce, la lumière et les forces nécessaires pour accomplir un tel acte insigne d’humilité et de dévouement au bien commun de tous. 
Alors comme j’ai si souvent terminé les lettres que je vous adresse depuis des années, 
Dominus tecum. 
+Richard WILLIAMSON 

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Henryk
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MessagePosté le: Ven 26 Oct - 18:30 (2012)    Sujet du message: Mgr Williamson exclu de la Fraternité Saint Pie X Répondre en citant

Oui, les choix personnels des diverses fraternités n'engagent que leurs chefs spirituels. Soutenons ce qui nous semble juste, les divisions ne sont porteuses que de conflits.
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viveleroy
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MessagePosté le: Ven 26 Oct - 18:50 (2012)    Sujet du message: Mgr Williamson exclu de la Fraternité Saint Pie X Répondre en citant

"Viveleroy la position de la FSSPX est assez simple, si on peut dire: On ne peut pas prouver que les papes depuis Paul VI ne sont pas papes et leur "enseignement" n'engage pas le magistère infaillible de l'Eglise. donc on accepte ce qui est bon, (c'est assez rare) et on rejette le reste. Mais la limite avec le Sédévacantisme ou le Sédéprivationisme est assez ténue... "

N'étant pas théologien, je n'ai pas la présomption de vous dire dans l'erreur et encore moins de donner des leçons. Cependant quelques remarques me viennent tous de suite à l'esprit en lisant votre réponse.


Vous dites : "On ne peut pas prouver que les papes depuis Paul VI ne sont pas papes", avez vous lu et étudiez la thèse de Monseigneur Guérard des Lauriers, (Michel Louis Guérard des Lauriers, né à Suresnes le 25 octobre 1898 et mort le 27 février 1988, était un dominicain, un théologien (enseignant à l'université de Latan, conseillé de PIE XII, il participa à l'écriture du dogme de l'immaculé conception) et un évêque qui refusa de reconnaître Paul VI et Jean-Paul II comme Papes. Elève doué et intelligent, il fit des études brillantes ( il obtint la mention Très-Bien au bac). Il dénonça les hérésies de Montini-Paul VI et explique que par conséquent, ce dernier n'était pas Pape. Il développe sa "thèse (assez complexe) de Cassiciacum" (comme quoi Paul VI n'était pas Pape "formaliter"mais était susceptible de le devenir s'il abjurait ses erreurs et professait la foi catholique entière et intégrale), et met en doute la validité du nouveau rite d'ordination promulgée par ce dernier. Il est aussi à l'origine du texte signé par les cardinaux Ottaviani (préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi) et Bacci : Le Bref Examen Critique du Nouvel "Ordo Missae".Certains catholiques "sédévacantistes" ne suivent pas sa Thèse car ils affirment que Montini-paul VI comme ses successeurs, ne sont papes ni "materaliter", ni "formaliter". Mais peu importe... Le principal est que Mgr Guérard des lauriers ne reconnaissait pas Montini comme Vicaire du Christ. L'Institut Mater Bonii Consilii, association de fidèles et de prêtres, suit les positions du regretté Mgr Guérard des Lauriers. Le Père Guérard des Lauriers a reçu la Consécration épiscopale, le 7 mai 1981, de Mgr Pierre-Martin Ngô-dinh-Thuc (évêque "sédévacantiste"), ancien Archevêque de Hué).
Il me semble qu'au contraire celui-ci démontre clairement que Paul VI et ses successeurs ne sont pas Pape formaliter.

Vous dites ensuite : "et leur "enseignement" n'engage pas le magistère infaillible de l'Eglise." La fraternité enseigne que le pape n'est infaillible que quand il prèche excatédra, mais si nous étudions les textes promulgués sur l'infaillibité pontificale, on voie que l'Eglise enseigne que le Pape est infaillible sur les questions de foi dès qu"il parle publiquement, que ce soit en sermon, dans ces lettres publiques, Seuls ses propos privés ne sont pas infaillible. Et sa la fraternité ne peut l'ignorer, mais elle enseigne le contraire. Le fait de dire que l'infaillibilité du pape se limite à ses propos excathédra, a déjà été condamné par l'Eglise.

Dernière chose : "donc on accepte ce qui est bon, (c'est assez rare) et on rejette le reste": Donc si je comprend bien, vous êtes pour le libre arbitre, et ceci est l'esprit protestant. Pour ma part soit le Pape est Pape et on lui obéï en tout (il est le représentant de Jésus-Christ et ne peut agir contre l'Eglise) soit il n'est pas Pape et dans ce cas, on s'en tient a l'enseignement des Pape précédents
Ne prenez pas cela mal, je discute juste pour vous donnez mon point de vu et vous montrer les choses qui me choquent.
Amicalement

Par contre je suis tout a fait d'accord qu'il ne faut pas nous diviser, si tout ceux qui soutiennent la tradition restaient unis dans la lutte, nous serions beaucoup plus fort.

Il faut savoir rester unis malgrés les différences de points de vu car notre combat et notre but est le même.
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MessagePosté le: Ven 26 Oct - 19:06 (2012)    Sujet du message: Mgr Williamson exclu de la Fraternité Saint Pie X Répondre en citant

Viveleroy, je n'ai pas donné ma position, mais celle de la Fraternité Saint Pie X, ou ce qu'elle semble être. Je connais très bien la Position de Mgr Guérard des Lauriers qui est le Sédéprivationisme, que j'ai mentionné dans ma réponse. Il diffère en cela des Sédévacantistes purs et durs. Je ne suis pas non plus théologien et vous sembliez demander des explications, je vous les ai données, en résumant bien entendu.  Surprised


ne vous inquietez pas, je ne le prends pas mal..
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viveleroy
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MessagePosté le: Ven 26 Oct - 19:16 (2012)    Sujet du message: Mgr Williamson exclu de la Fraternité Saint Pie X Répondre en citant

Merci pour toutes vos réponses toujours bien étayées,  Comte de Chinon. C'est un plaisir d'échanger avec vous
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MessagePosté le: Sam 27 Oct - 21:22 (2012)    Sujet du message: Mgr Williamson exclu de la Fraternité Saint Pie X Répondre en citant

viveleroy a écrit:

Pardonnez mon ignorance, jai cru comprendre en lisant ces lignes que Monseigneur Williamson avait été exclu de de fraternité?
Je doit vous avouer que pour ma part je ne comprend pas la position de la fraternité qui considère les papes de Paul VI jusqu'à maintenant comme de vrai Pape alors qu'il passent leur temps à faire des enseignements contraire à la Foi du Christ.


Je vous invite à lire cette interview du 16 octobre dernier de l’abbé Niklaus Pfluger (assistant général de la FSSPX). Vous trouverez des réponses à vos questions, concernant le combat mené par la FSSPX, sa position actuelle, ses relations avec Rome, puis enfin sur la discorde avec Mgr Williamson :


 
Citation:
 Entretien avec l’abbé Niklaus Pfluger : « Nous nous retrouvons au point de départ »
16-10-2012  
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Un entretien avec l’abbé Niklaus Pfluger, 1er Assistant général de la Fraternité Saint-Pie X, sur la situation actuelle de la Fraternité.


Kirchliche Umschau : Voilà encore quelques mois, une reconnaissance canonique de la Fraternité par le Vatican paraissait imminente. Entre-temps, il semble plutôt que les efforts ont échoué. Mgr Müller, le nouveau préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, l’a plus ou moins laissé entendre dans plusieurs entretiens qu’il a accordés, ces derniers jours.


Abbé Niklaus Pfluger : Ces efforts n’ont pas échoué, mais un accord à court terme est improbable. La Curie et nous sommes d’avis qu’une union n’a de sens que s’il y a une compréhension commune de la Foi. Ceci doit être exprimé dans une « déclaration doctrinale ». Nous avons longuement échangé sur une telle déclaration et, en avril 2012, Mgr Fellay, notre Supérieur général, a préalablement présenté un texte informel. Or, à notre étonnement, ce texte n’a pas été accepté par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Nous nous retrouvons donc au point de départ.


Kirchliche Umschau : Comment expliquez-vous ce changement de position à Rome ?


Abbé Niklaus Pfluger : Il y a à Rome des opposants à une régularisation canonique de la Fraternité. Une reconnaissance officielle de la Fraternité serait en effet le signal que l’époque du concile Vatican II est révolue dans l’histoire de l’Eglise et qu’un nouveau chapitre s’ouvre. Naturellement cela ne convient pas aux conciliaires ; pour eux, une reconnaissance de la Fraternité Saint-Pie X serait non seulement un affront, mais aussi une remise en question du Concile, donc une débâcle. Manifestement ils ont pu s’imposer.


Kirchliche Umschau : Pensez-vous que quelque chose puisse encore changer ?


Abbé Niklaus Pfluger : J’en suis même sûr ! Car la réalité s’impose d’elle-même. L’Eglise se trouve partout dans le monde, à quelques rares exceptions, dans un processus d’auto-destruction. Ce processus n’est pas qu’européen. En Amérique Latine, par exemple, la situation ne paraît pas meilleure. Là où se trouve encore assez d’argent – Allemagne, Suisse, Etats-Unis – les structures demeurent encore. Mais la perte de la foi se retrouve partout. Or sans foi, il n’y a pas d’Eglise. En Allemagne, les évêques ont même récemment donné un message clair : le droit de réclamer l’impôt ecclésiastique est plus important que 120.000 sorties de l’Eglise par an. Nous assistons à un phénomène de rétrogradation unique dans l’histoire, que même les évêques ne peuvent pas enrayer, et surtout pas avec une tactique sans esprit de foi. Joseph Ratzinger parlait déjà, il y a plus de 50 ans, d’une « Eglise, dont le cœur est habité par le paganisme ». Nous en sommes arrivés là à cause aussi du Concile. Je suis convaincu que ce processus va, d’une part, ramener une certaine lucidité chez les évêques, et que, d’autre part, il va ne maintenir en place que les conservateurs, c’est-à-dire ceux qui veulent simplement croire de façon catholique et demeurer catholiques. Avec ceux-là, nous n’avons pas besoin de beaucoup discuter, l’unité sera vite trouvée.


Kirchliche Umschau : Vous insinuez là que ce processus de recul se fera au détriment des catholiques libéraux. Ceux-ci argumentent d’une autre manière, ils veulent de nouvelles réformes pour garder l’Eglise vivante.


Abbé Niklaus Pfluger : Je n’insinue rien du tout, je regarde les faits. Quel ordre religieux, quel diocèse, quel groupe dispose d’une relève, et quels sont ceux qui n’en ont pas ? Nous pouvons observer que là où les soi-disant réformes conciliaires ont été le mieux appliquées, le déclin est aussi le plus grand. Je ne nie pas que dans l’opinion publique – et également dans les paroisses –, la voie libérale est celle qui rencontre le plus de sympathie. Mais l’Eglise ne vit pas de sympathie ou d’applaudissements. Elle vit d’hommes qui croient et pratiquent, qui sont disposés à renoncer à la vie civile pour devenir prêtres, moines ou religieuses. Ceux-là, vous ne les trouvez pas auprès des libéraux, et c’est pourquoi ils souhaitent maintenant tous recevoir l’ordination sacerdotale, mais naturellement sans le célibat, sans aucun renoncement. Comme si, pour cette seule raison, davantage de personnes se rendront à l’église !


Kirchliche Umschau : Est-ce que vous vous attendez à une nouvelle excommunication des évêques, voire de toute la Fraternité ?


Abbé Niklaus Pfluger : Une nouvelle excommunication serait peut-être bienvenue, aux yeux de plusieurs, mais, sous ce pontificat au moins, cela paraît plutôt improbable. Comment la justifierait-on ? Il n’y a pas d’« hérésie traditionnelle ». Nous ne sommes pas des « sédévacantistes », nous ne rejetons en aucun cas l’assistance du Saint-Esprit pour le pape et les évêques. Et la « désobéissance » – du point de vue romain – existait déjà au moment du retrait des prétendues excommunications prononcées en 1988. Comment veut-on justifier de nouvelles peines ecclésiastiques ? A cause d’un refus du Concile ? Dans le Credo on ne trouve pas l’article : « Je crois au concile Vatican II… » ! La réalité contraignante des faits, que j’ai déjà mentionnée, devrait être plus importante que les discussions. On la trouve dans une nouvelle génération de jeunes prêtres qui, lentement mais constamment, découvre l’ancien rite et, à travers lui, la doctrine intégrale et le vrai sacerdoce. Mais aussi chez des jeunes gens qui s’intéressent à la Foi, et la découvrent presque toujours en dehors de leurs paroisses ; ils sont très intéressés par la liturgie et la doctrine traditionnelles, même s’ils pratiquent encore dans le nouveau rite… Ils regardent la Fraternité, ils se préoccupent d’elle, cherchent des contacts, demandent nos publications et nous gardent dans leur carnet de relations. Il en est de même dans les communautés Ecclesia Dei et parmi les prêtres diocésains qui, depuis le Motu Proprio de 2007, ont commencé à célébrer la Messe traditionnelle. Nous ne sommes pas seulement une Fraternité de presque 600 prêtres ; notre influence pénètre profondément dans l’Eglise, et précisément dans les milieux qui ont un avenir. Si elle ne veut pas perdre toute crédibilité, Rome s’épargnera une excommunication qu’elle devra ensuite à nouveau retirer.


Kirchliche Umschau : Il subsiste donc une chance de régler la situation de la Fraternité, mais il semble qu’il ne s’agisse toujours que de « reconnaître le Concile ».


Abbé Niklaus Pfluger : Nous reconnaissons bien sûr qu’il y a eu un concile Vatican II. Mgr Lefebvre fut lui-même un père conciliaire. Cependant nous constatons que non seulement les réformes postconciliaires, mais aussi quelques textes du Concile développent des contradictions par rapport à d’importantes décisions doctrinales passées. Certaines ambiguïtés et nouveautés sont au cœur du processus de dissolution actuel de l’Eglise. Pour Rome, il est insupportable que nous parlions d’« erreurs du Concile ». Voyez-vous, nous avons critiqué le Concile, alors qu’il était encore fêté partout et que l’Eglise était encore beaucoup plus vivante et croyante qu’aujourd’hui. Pourquoi arrêterions-nous maintenant de le critiquer, quand nos avertissements et nos critiques se vérifient visiblement pour tout le monde ? A voir la triste réalité, 50 ans après le Concile, les avertissements de Mgr Lefebvre étaient loin d’être exagérés ! Dans les années 70, il était totalement inconcevable, en raison de l’optimisme enthousiaste et naïf d’alors, que des évêques catholiques s’engagent en faveur de l’homosexualité, de la propagation de l’Islam ou de la dissolution du mariage, ce que nous devons subir maintenant, hélas !
Le Vatican se trouve devant les ruines de l’Eglise, elle qui était autrefois si belle et si forte. Or il n’y a rien de nouveau ; il n’y a aucun relèvement durable possible. Une évaluation réaliste des communautés nouvelles d’inspiration charismatique, qui durant les dernières décennies ont toujours été désignées comme un signe de vitalité, devrait servir de mise en garde. Je ne comprends pas que l’on n’ait pas encore effectué une vaste enquête sur les causes de la situation de l’Eglise. L’Eglise se détruit, et on ne changera pas cette réalité simplement en interdisant d’en parler. La continuelle prétention selon laquelle le Concile n’a rien à voir avec la crise postconciliaire, est idéologique.


Kirchliche Umschau : Comme vous paraissez si peu disposés au compromis, pour quelle raison discutez-vous encore avec la Congrégation pour la doctrine de la Foi ?


Abbé Niklaus Pfluger : Parce que le pape et Rome sont des réalités qui appartiennent à la foi. La perte de la foi dans les structures ecclésiales – perte de la foi dont nous sommes, Dieu merci, épargnés –, n’est qu’un aspect de la crise de l’Eglise. Quant à nous, nous souffrons aussi d’un défaut, du fait de notre irrégularité canonique. Ce n’est pas seulement l’état de l’Eglise postconciliaire qui est imparfait, le nôtre l’est aussi.


Kirchliche Umschau : Vous voulez parler des membres de votre communauté qui refusent les discussions avec Rome ?


Abbé Niklaus Pfluger : Oui, mais ils sont peu nombreux, très peu. Chez quelques-uns la longue durée de la séparation a pu conduire à des confusions théologiques. Fondamentalement ces gens opposent la foi au droit, et agissent, comme si l’union avec le pape, sa primauté n’étaient qu’une question de droit secondaire.
C’est un grand danger qui se manifeste lorsque la légitimité du pape est séparée de la foi, et vue comme quelque chose de purement juridique. C’est finalement une vision protestante de l’Eglise. L’Eglise est visible. La Papauté est du domaine de la Foi.
Nous aussi, catholiques fidèles à la Tradition, souffrons – en un double sens – de la crise. Nous participons à cette crise, même si c’est, à mon avis, d’une tout autre et bien meilleure manière. L’obligation d’œuvrer activement pour surmonter la crise, ne peut être contestée. Et cette œuvre commence chez nous, en voulant surmonter notre état canonique anormal.


Kirchliche Umschau : Nous sommes donc revenus au point de départ. Pourquoi donc ne pas signer à Rome ?


Abbé Niklaus Pfluger : Parce que nous ne pouvons pas échanger un état imparfait avec un état encore moins parfait. L’union avec Rome doit être une amélioration, non pas une altération. Des omissions dans les vérités de Foi, tout comme l’interdiction de critiquer des déclarations douteuses et libérales, seraient une altération, et même une altération essentielle. Cela nous ne le ferons pas.


Kirchliche Umschau : Le Chapitre Général de la Fraternité s’est tenu en juillet. Comment les capitulants se sont-ils positionnés ?


Abbé Niklaus Pfluger : Six pierres de touche avant une possible réunion ont été fixées ; elles correspondent à ce que nous avons toujours soutenu. Notre position a été une nouvelle fois renforcée.


Kirchliche Umschau : Sur Internet, on ne trouve pas l’unité sur cette question. On y reproche à la direction de la Fraternité une trahison, et même l’anathème est lancé contre elle.


Abbé Niklaus Pfluger : Vous citez Mgr Williamson, qu’une très grande majorité des supérieurs a exclu du Chapitre général. Rien qu’à cela, vous voyez que nous sommes très unis.


Kirchliche Umschau : Mais vous avez un problème de communication. L’impression, que produisent certains forums sur Internet, ne pourrait pas être plus mauvaise.


Abbé Niklaus Pfluger : Il est vrai qu’Internet demande et même exige une autre, une nouvelle forme de communication. Nous devons aller plus loin que les seules publications imprimées utilisées jusqu’à présent – comme le Vatican d’ailleurs ! Mais il est sûr qu’il y a des âmes simples qui peuvent être déroutées par des fauteurs de division, qui eux-mêmes sont désinformés par Internet. Nos prêtres ont appelé les fidèles à ne pas se rendre sur ces forums au contenu souvent honteux, à ne pas se laisser inquiéter et troubler par les rumeurs et les intrigues que l’on trouve sur Internet. Nous communiquerons donc davantage à l’avenir, y compris sur Internet.


Kirchliche Umschau : Certains groupes ont pris Mgr Fellay pour cible.


Abbé Niklaus Pfluger : Mgr Fellay a certainement réalisé plus pour la cause des catholiques fidèles à la Tradition que tous ceux qui doutent de lui, le critiquent ou même l’accusent de trahison. Depuis plusieurs années, il conduit prudemment et intelligemment les relations avec Rome ; jamais il n’agit avec précipitation, jamais il ne se laisse provoquer ni ne perd patience. Nous avons aujourd’hui la libéralisation de la Messe traditionnelle, nous avons le retrait des “excommunications” qui avaient été fulminées en 1988, nous avons eu les entretiens sur les problèmes du Concile, et nous avons – comme le reconnaissait un évêque autrichien – fait du Concile un thème de discussions. C’est ainsi désormais, le Concile n’est plus sacro-saint et son auréole s’effrite. Et cela, même les célébrations du Jubilé pour les 50 ans du concile Vatican II ne peuvent le changer.
Notre Supérieur général a réalisé beaucoup de choses, parce qu’il traite avec persévérance et présente toujours nos positions théologiques. A ses côtés, je constate qu’il n’a qu’un seul objectif en vue dans cette crise de l’Eglise, celui de préserver la Foi et de servir l’Eglise de toutes nos forces.


Kirchliche Umschau : Une question se pose encore : pourquoi face à la campagne de dénigrement contre lui, ces derniers mois sur Internet, Mgr Fellay ne semble-t-il rien entreprendre ?


Abbé Niklaus Pfluger : La patience, la bonté, la générosité paraissent à certains comme des faiblesses, mais elles ne le sont pas. Face à ces tirs de harcèlement sur Internet, nous ne renonçons pas à nos valeurs et à nos principes. Nous traitons les intrigues selon les formes du Droit de l’Eglise. Cela peut sembler à certains d’une lenteur parfois pénible, mais il ne peut en être autrement, si nous voulons ne pas être infidèles à nous-mêmes. J’aimerais que ce soit clair : personne ne doit s’imaginer qu’il peut mettre en question l’autorité, sans que celle-ci ne se manifeste.


Kirchliche Umschau : Qu’est-ce que cela signifie concrètement ?


Pater Niklaus Pfluger : Mgr Williamson a reçu une monition. C’est un triste chapitre dans l’histoire de notre Fraternité. S’il continue sa campagne sur Internet contre la Fraternité et son Supérieur général, la séparation d’avec la Fraternité sera inévitable. Outre ses idées fausses, il a manœuvré en coulisse. La véritable tragédie, c’est que depuis des années il n’accepte plus l’autorité du Supérieur général, et se donne à lui-même une mission. Avant le Chapitre général, il a appelé à la rébellion. Pour un évêque catholique, c’est très grave.


Kirchliche Umschau : La Fraternité n’est pas là que pour mener des discussions avec Rome. Que voyez-vous comme autre champ d’apostolat ?


Abbé Niklaus Pfluger : Le monde occidental a perdu la foi. Une des raisons en est que l’Eglise ne présente plus la foi, ne la porte plus au monde. Les hommes d’Eglise modernes semblent presque avoir honte de la foi, c’est pourquoi ils se préoccupent de la défense de l’environnement, de la redistribution des biens et de l’aide au développement. Nous ne pouvons pas attendre qu’ils se ressaisissent. Nous devons aller davantage à l’extérieur, gagner une influence publique et rebâtir la Chrétienté. Avec mesure, humilité et charité. Comme Jésus-Christ a lancé cet appel à ses contemporains : Ne craignez pas !


Kirchliche Umschau : Où voyez-vous de vrais défis à relever ?


Abbé Niklaus Pfluger : A l’échelle mondiale, nous assistons en ce moment à la persécution des chrétiens en Orient. Le défi pour nous consiste à attirer l’attention de nos frères sur ces persécutés et à leur porter assistance. La Déclaration du Chapitre général a mis cela en évidence. Dans les pays occidentaux, on voit que toujours moins d’enfants sont mis au monde, parce que la famille est dévaluée ; la législation de l’Etat menace la famille, c’est-à-dire le noyau de la société. L’œuvre en faveur des familles, l’aide des familles est une tâche importante. Nous devons soutenir les familles nombreuses et les guider afin qu’elles ne soient pas mises en marge de la société. Mais notre premier devoir demeure – et la Déclaration du Chapitre général en juillet l’a de nouveau souligné –, la conservation et la défense de la Foi ainsi que la formation de prêtres véritablement catholiques. C’est ainsi que nous pouvons servir l’Eglise catholique de la meilleure façon. Au plan personnel, il s’agit de la sanctification. La prière, l’enseignement religieux, les sacrements sont un aspect, une bonne conduite de vie et la charité fraternelle sont l’autre aspect. Les deux vont ensemble. En agissant ainsi, nous convainquons nos semblables et nous nous disposons pour le Ciel ; oui, nous avons déjà connu de ces moments où l’on peut pressentir l’harmonie et le bonheur du Ciel. Le matérialisme, l’athéisme, mais aussi les sectes et les fausses religions limitent de plus en plus la saine vie catholique. Il s’agit d’une mission déterminante pour la Fraternité : aider les croyants de bonne volonté à garder la foi en des temps difficiles, et à en vivre. Telle est notre tâche en ce moment, une tâche magnifique et exaltante, si nous sommes capables de répandre au loin le feu de l’amour divin. Cela n’est possible qu’avec une foi profonde et vivante.


Kirchliche Umschau : Monsieur l’abbé, soyez vivement remercié pour cet entretien !


(Source : Kirchliche Umschau – Traduction française DICI – 13/10/12)


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MessagePosté le: Dim 28 Oct - 06:48 (2012)    Sujet du message: Mgr Williamson exclu de la Fraternité Saint Pie X Répondre en citant

Merci pour ce texte cher ami, ainsi il en vas de soi de respecter les institutions! Sur que vue a notre niveau notre vision peut être faussée par internet où tout n'est pas parole d'évangile. Il faut savoir croiser les infos, et lire les points de vue chacun. Pour ma part il serait regrettable qu'une institution comme la Fraternité Saint Pie X sorte fragilisée, voir divisée par cet épisode malheureux.
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MessagePosté le: Lun 29 Oct - 10:29 (2012)    Sujet du message: Mgr Williamson exclu de la Fraternité Saint Pie X Répondre en citant

Cela fait du bien de voir que ces ecclésiastique semble garder la tête froide et avancer avec prudence. Il est juste à espérer que ce ralliement ne servira pas juste à les intégrer dans une sorte de méga-religion-mondiale et oecuménique ralliant les protestants, les orthodoxes, les modernistes et le traditionalistes (et j'en passe), car on ne peu allier l'erreur et la vérité, et il ne faut pas oublier que l'Eglise de Notre Seigneur est UNE, SAINTE, CATHOLIQUE, APOSTILIQUE et ROMAINE.
Laissons évoluer les choses et nous verrons le résultat et les fruits que cela porte. En attendant je garde mes réserves. Il ce peu que Notre Seigneur se serve de cela pour restaurer son Eglise, je l'espère sincèrement. Mais j'espère aussi que ce n'est pas in moyen de siphonner la tradition. Car tout le travail de nos pères tomberai et cela serai vraiment une misère. Providence Divine du Coeur de Jésus Pourvoyez y. Que Dieu prenne en pitié sa pauvre Eglise.
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MessagePosté le: Lun 29 Oct - 21:07 (2012)    Sujet du message: Mgr Williamson exclu de la Fraternité Saint Pie X Répondre en citant

Ce dialogue avec Rome est effrayant évidemment, les fidèles de la Tradition se demandent bien à quel prix peuvent être trouvés des "accords"... C'est une crainte légitime, car tout le monde aujourd'hui peut juger des fruits du dernier concile (ou de l'interprétation que certains en ont fait, comme vous voulez)...

Je pense que le diagnostique de Monsieur l'abbé Pfluger est le bon, il me semble très mesuré, le moment n'était pas venu et il faudra encore probablement beaucoup de temps pour trouver une issue à cette crise. Je pense (à mon humble avis) que l'erreur en revanche serait de nous enfermer complètement dans nos chapelles, et de rompre totalement le dialogue comme le préconisent certains...
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 08:42 (2016)    Sujet du message: Mgr Williamson exclu de la Fraternité Saint Pie X

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