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Mgr Williamson exclu de la Fraternité Saint Pie X
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Comte de Chinon
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MessagePosté le: Ven 2 Nov - 18:25 (2012)    Sujet du message: Mgr Williamson exclu de la Fraternité Saint Pie X Répondre en citant

je mets en lien cet article de Jérome Bourbon que j'ai trouvé très interessant, et qui relate l'historique de l'exclusion de Mgr Williamson. 


http://tradinews.blogspot.fr/2012/10/jerome-bourbon-rivarol-fsspx-retour-su…
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Comte de Chinon
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MessagePosté le: Ven 2 Nov - 18:25 (2012)    Sujet du message: Publicité

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REQUETE CARLISTE
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MessagePosté le: Ven 2 Nov - 23:30 (2012)    Sujet du message: Mgr Williamson exclu de la Fraternité Saint Pie X Répondre en citant

Merci pour ce lien, la situation semble complexe et difficile à cerner pour le croyant de "base".
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Mavendorf
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MessagePosté le: Sam 3 Nov - 19:08 (2012)    Sujet du message: Mgr Williamson exclu de la Fraternité Saint Pie X Répondre en citant

Je ne suis pas étonné que la presse Nationaliste, s'accapare de cette affaire douloureuse pour la Fraternité, jette de l'huile sur le feu et prenne position en faveur de Mgr Williamson. C'est d'ailleurs à ce journal me semble-t-il qu'il avait confié la diffusion de sa "lettre ouverte" à Monseigneur Fellay, procédé tout de même assez décevant pour un évêque de cette envergure aux responsabilités importantes, que de régler un différent (uniquement religieux ?? je me pose la question) par ce moyen... Evidemment cette attitude ne pouvait que semer le doute et la perplexité dans la Fraternité, j'ai bien peur au final et à la longue que Mgr Williamsom ne soit devenu la victime de lui même et de ses propres excès, parce que pour le moment je vois beaucoup d'accusations (trahison, ralliement) qui sont celles des sédévacantistes depuis longtemps d'ailleurs, en direction du successeur de Monseigneur Lefebvre, mais pas de preuves concrètes.  

En revanche ce qui me saute aux yeux d'un point de vue politique (notre domaine donc), c'est que cet échange (commercial ?) avec le panier à crabes nationalistes, nous renseigne immanquablement sur les probables accointances politiques de Monseigneur Williamson. En effet on constate trop souvent malheureusement que nos évêques après avoir fustigés le mécanisme de la Révolution "française" de 1789 avec fermeté, talent et bravoure, ne vont pas au bout de cette logique en appelant à la contre-révolution catholique et royale avec tout ce que ceci implique. 
S'ouvre alors devant eux L' E.N.O.R.M.E piège politique Nationaliste, cadre démocratique de toutes les "tendances" (gnostiques, ésotériques et néo-païennes) dans lequel certains clercs s'enferment parfois sans en comprendre réellement le fonctionnement, et en arrivent naturellement à chercher à minimiser les exactions et les crimes commis par cette idéologie révolutionnaire moderne à travers les différentes dictatures qu'elle a enfanté dans l'histoire ! Depuis le temps que dure ce petit manège, je ne suis pas sûr que le résultat obtenu par cette stratégie suicidaire historico-politicienne (toujours la même par ailleurs...) soit particulièrement convainquant...

Voyez-vous, notre combat pour la restauration du Trône et de l'Autel, à l'immense avantage d'être un combat pur, propre, juste et NOBLE (il peut donc être reconnu par une minorité suffisante, être accepté un jour par la masse et offrir aux peuple français la stabilité qui lui manque tant), c'est celui du droit naturel et Chrétien, c'est celui de la légitimité, ce combat ne peut être que celui d'honnêtes hommes. Celui qui prend le risque de s'en écarter (clercs ou laïcs), tombe inévitablement dans les travers de la Révolution et s'inscrit dans une toute autre perspective... 
Veillons donc toujours à ne pas entacher notre Noble combat de la rhétorique de l'ennemi politique (quel qu'il soit) en copiant son langage, ses erreurs doctrinales et ses défauts. Nous ne roulerons jamais pour la Révolution, que celle-ci soit libérale, socialiste ou nationaliste. 
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Va, va et advienne que pourra...



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Comte de Chinon
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MessagePosté le: Dim 4 Nov - 15:06 (2012)    Sujet du message: Mgr Williamson exclu de la Fraternité Saint Pie X Répondre en citant

Voici Mavendorf qui devrait d'avantage vous plaire: 
http://tradinews.blogspot.fr/2012/11/pasquale-fecit-best-of-jerome-bourbon.…



Par contre pour en revenir au debut de votre message, je pense que les traitres n'ébruitent jamais leurs tractations et renoncements tant qu'ils ne sont pas Finalisés. Avant que l'Institut du Bon Pasteur ou Campos ne rejoignent Rome il n'y avait que des négociations et du dialogue. Au final il y a eu des ralliements "souples" où les pasteurs avaient le droit de critiquer la doctrine Vaticane, et au fur et à mesure les interdits sont tombés et le silence a du se faire. C'est ce que personnellement je crains!  
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Henryk
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MessagePosté le: Sam 10 Nov - 14:31 (2012)    Sujet du message: Mgr Williamson exclu de la Fraternité Saint Pie X Répondre en citant

"Nous ne pouvons pas nier la réalité au nom de la foi"

Le 1er novembre 2012, en la fête de la Toussaint, Mgr Bernard Fellay a célébré la messe au séminaire d’Ecône. Au cours du sermon, après avoir rappelé le sens spirituel de cette fête, il a exposé l’état des relations de la Fraternité Saint-Pie X avec Rome. – Le titre et les intertitres sont de la rédaction de DICI.
(…) Pourquoi y a-t-il une Fraternité Saint-Pie X ? Pourquoi devenons-nous prêtres ? Ce n’est pas simplement pour le plaisir de célébrer l’ancienne messe. C’est pour aller au Ciel, c’est pour sauver les âmes ! Bien sûr, en gardant les trésors de l’Eglise, mais avec le but de sauver les âmes, de les sanctifier en les arrachant au péché, en les conduisant au Ciel, en les amenant à Notre Seigneur.
Où en sommes-nous avec Rome ? Permettez-moi d’exposer deux points. Tout d’abord un regard sur ce qui s’est passé. Ensuite un regard sur le présent et peut-être sur le futur.
Tout d’abord sur ce qui s’est passé. Une épreuve, peut-être la plus grande que nous ayons jamais eue, est due à une conjonction de plusieurs éléments arrivés en même temps et qui ont créé un état de confusion, de doute assez profond qui laisse des blessures, et même l’une des plus grandes blessures qui nous fait énormément de peine : la perte d’un de nos évêques. Ce n’est pas rien ! Ce n’est pas dû seulement à la crise actuelle. C’est une longue histoire mais qui trouve là son aboutissement.

Deux messages contraires de la part de Rome
Alors que s’est-il passé ? – Je pense que l’élément premier est un problème que l’on rencontre depuis plusieurs années, et que j’ai évoqué au moins depuis 2009. Je dis que nous nous trouvons devant la contradiction à Rome. Et il y a eu une manifestation de cette contradiction dans nos rapports avec le Saint-Siège depuis à peu près une année, depuis le mois de septembre, dans le fait que j’ai reçu par un canal officiel des documents qui présentaient bien une volonté de la part de Rome de reconnaître la Fraternité, mais il fallait signer un document que nous ne pouvions pas signer. Et en même temps, il y avait une autre ligne de renseignement qui m’arrivait, et dont il m’était impossible de douter de l’authenticité. Cette ligne de renseignement disait vraiment autre chose.
Cela a commencé à la mi-août, alors que ce n’est que le 14 septembre 2011 que je reçois le document officiel. Depuis la mi-août, une personne du Vatican nous dit : « Le pape va reconnaître la Fraternité et cela sera comme au moment des excommunications, c’est-à-dire sans contrepartie ». Et c’est dans cet esprit que je me suis disposé à la réunion du 14 septembre en préparant des arguments, en disant : « Mais avez-vous bien réfléchi à ce que vous faites ? Comment voulez-vous faire ? Cela n’ira pas ». Et en fait, le texte qu’on nous a présenté était complètement différent de ce qui nous était annoncé.
Mais je n’ai pas eu qu’une source, j’ai eu plusieurs renseignements qui disaient la même chose. Un cardinal affirmait : « Oui, c’est vrai, il y a des divergences, mais c’est le pape qui le veut ». Cette même personne qui nous avait donné ces renseignements, nous a dit, après qu’on a reçu le document officiel : « Ce n’est pas ce que veut le pape ». Contradiction !
Que fallait-t-il faire ? Vu le sérieux des informations nous montrant que le pape voulait faire quelque chose – mais jusqu’où ? –, j’étais obligé de vérifier. Mais impossible de communiquer cela aux fidèles. Cela venait par des canaux officieux, mais très proches du pape. Je vous donne quelques-unes des phrases qui me parvenaient. D’abord celle-ci : « Je sais bien que ce serait plus facile et pour moi et pour la Fraternité de rester dans l’état où on est. » Ce qui montre bien qu’il sait que lui-même aura des problèmes et nous aussi. Mais jusqu’où veut-il aller ?
D’autres affirmations du pape : « Que la Fraternité sache que de résoudre le problème de la Fraternité est au cœur des priorités de mon pontificat. » Ou encore : « Il y a des hommes au Vatican qui font tout pour mettre par terre les projets du pape. » Et celle-ci : « N’ayez pas peur, après vous pourrez continuer à attaquer autant que vous voulez comme maintenant. » Et cette autre : « Le pape est au-dessus de la Congrégation pour la doctrine de la foi, même si la Congrégation pour la doctrine de la foi prend une décision contraire pour vous, le pape passera par dessus. »
Voilà le genre d’informations qui me parvenaient. Evidemment, ce n’est pas clair quand d’un côté vous avez des documents officiels auxquels il faut dire non, parce que l’on nous demande d’accepter le Concile et que ce n’est pas possible, et quand de l’autre côté vous sont communiqués de tels renseignements. Néanmoins j’ai fait une première réponse où je disais non. On me téléphone pour me dire : « Vous ne pourriez pas être un peu plus précis ? ». J’écris une deuxième fois. Ils ne sont pas plus contents que la première fois. Et on arrive au 16 mars où l’on me présente une lettre en me disant : « Cette lettre vient de la Congrégation de la foi, mais elle est approuvée par le pape ». Si je n’avais dans les mains que cette lettre, les relations avec Rome étaient terminées, parce que cette lettre disait qu’on n’a pas le droit d’opposer le magistère du passé au magistère d’aujourd’hui. Donc, on n’a pas le droit de dire qu’aujourd’hui les autorités romaines sont en contradiction avec hier. Elle disait aussi que le fait de refuser le texte du 14 septembre qui a été explicitement approuvé par le pape, équivalait dans les faits à refuser l’autorité du pape. Il y a même la mention des canons qui parlent du schisme et de l’excommunication pour schisme. La lettre continuait : « Le pape, dans sa bonté, vous laisse encore un mois pour réfléchir, si vous voulez revenir sur votre décision, faites-le savoir à la Congrégation pour la doctrine de la foi. » Alors c’est clair ! Il n’y a plus rien à faire. Cette lettre qui me vient par le canal officiel, clôt le débat. C’est fini. Mais en même temps, je reçois un conseil officieux qui me dit : « Oui, vous allez recevoir une lettre dure, mais restez calme », ou bien : « Pas de panique ».

La lettre au pape et sa réponse
C’est parce qu’il y a eu de telles interventions que je me suis permis de court-circuiter la Congrégation pour la doctrine de la foi et d’écrire directement au pape. Et aussi parce que je me suis rendu compte que le point le plus délicat de nos entretiens était le suivant : les autorités romaines étaient persuadées que nous disions en théorie reconnaître le pape, mais que dans les faits nous rejetions tout. Elles sont persuadées que pour nous, depuis 1962, il n’y a plus rien : plus de pape, plus de magistère. Et j’estimais que je devais corriger cela, parce que ce n’est pas vrai. On rejette beaucoup de choses, on n’est pas d’accord avec beaucoup de choses, mais quand on dit qu’on le reconnaît comme pape, c’est une vérité, on le reconnaît vraiment comme pape. On reconnaît qu’il est tout à fait capable de poser des actes de pape.
Aussi je me suis permis de l’écrire. C’était évidemment délicat parce qu’il fallait dire en même temps qu’on était d’accord et qu’on n’était pas d’accord. Cette lettre extrêmement délicate semble avoir été approuvée par le pape et même avoir été approuvée après par les cardinaux. Mais dans le texte qu’on me présentera au mois de juin, tout ce que j’avais enlevé parce qu’il ne pouvait être accepté, avait été remis.
Lorsqu’on m’a remis ce document, j’ai dit : « Non, je ne signe pas, la Fraternité ne signe pas ». J’ai écrit au pape : « Nous ne pouvons pas signer cela », en précisant : « Jusqu’à maintenant, – puisque nous ne sommes pas d’accord sur le Concile et puisque vous voulez, semble-t-il, nous reconnaître –, j’avais pensé que vous étiez prêt à mettre de côté le Concile ». J’ai donné un exemple historique, celui de l’union avec les Grecs au concile de Florence où ils ne se sont pas mis d’accord sur la question de l’annulation du mariage pour cause d’infidélité. Les orthodoxes estiment que c’est une cause qui peut annuler un mariage, l’Eglise catholique non. Ils ne se sont pas mis d’accord. Qu’ont-ils fait ? Ils ont laissé le problème de côté. On voit très bien la différence entre le Décret aux Arméniens où la question du mariage est mentionnée et le cas des Grecs où elle est omise. J’ai fait cette référence en disant : « Peut-être que vous faites la même chose, peut-être pensez-vous plus important de nous reconnaître, nous, comme catholiques que d’insister sur le Concile. Mais maintenant avec le texte que vous nous remettez, je pense que je me suis trompé. Alors dites-nous vraiment ce que vous voulez. Car chez nous ces questions sèment la confusion ».
Le pape m’a répondu dans une lettre du 30 juin où il pose trois conditions :
• La première est qu’il nous faut reconnaître que le magistère est le juge authentique de la Tradition apostolique – cela veut dire que c’est le magistère qui nous dit ce qui appartient à la Tradition. C’est vrai. Mais évidemment les autorités romaines vont l’utiliser pour dire : vous reconnaissez cela, donc maintenant nous décidons que le Concile est traditionnel, vous devez l’accepter. Et c’est d’ailleurs la deuxième condition.
• Il faut que nous acceptions que le Concile fasse partie intégrante de la Tradition, la Tradition apostolique. Mais là nous disons que la constatation de tous les jours nous prouve le contraire. Comment pourrait-on tout à coup dire que ce Concile est traditionnel ? Il faut avoir complètement changé le sens du terme ‘Tradition’ pour pouvoir dire une telle chose. Et effectivement on se rend bien compte qu’ils ont changé le sens du mot ‘Tradition’ ; car ce n’est pas pour rien qu’au concile Vatican II ils ont refusé la définition de saint Vincent de Lérins qui est la définition tout à fait traditionnelle : « Ce qui a été cru par tous, partout et toujours ».
Ce qui a été cru’ est un objet. Maintenant, pour eux, la Tradition est quelque chose de vivant, ce n’est plus l’objet, c’est ce qu’ils appellent le « sujet Eglise », c’est l’Eglise qui grandit. C’est cela la Tradition, qui d’âge en âge fait de nouvelles choses, accumule ; et cette accumulation est une Tradition qui se développe, qui augmente. Ce sens est vrai aussi mais il est accessoire.
• En troisième point, il faut accepter la validité et la licéité de la nouvelle messe.
J’avais envoyé à Rome les documents du Chapitre général, notre Déclaration finale qui est claire, et nos conditions pour éventuellement, lorsque cela viendra, être d’accord sur une possible reconnaissance canonique. Conditions sans lesquelles il est impossible de vivre ; ce serait se démolir tout simplement. Car accepter tout ce qui se fait aujourd’hui dans l’Eglise, c’est nous démolir. C’est abandonner tous les trésors de la Tradition.

Pourquoi y a-t-il ces contradictions à Rome ?
La réconciliation proposée revient, en fait, à nous réconcilier avec Vatican II. Pas avec l’Eglise, pas avec l’Eglise de toujours. D’ailleurs on n’a pas besoin de se réconcilier avec l’Eglise de toujours, on y est. Et Rome dit : « Nous n’avons toujours pas reçu de réponse officielle ». Mais par trois fois j’ai répondu qu’on ne pouvait pas, qu’on n’allait pas sur cette voie.
Il y a peu, nous avons eu une prise de position du président d’Ecclesia Dei, qui est en même temps le préfet de la Congrégation de la foi, affirmant que les discussions avec la Fraternité étaient finies. Et samedi dernier, une nouvelle déclaration de la Commission Ecclesia Dei, affirme : « Non, il faut leur laisser du temps ; c’est compréhensible qu’après trente ans de dispute ils aient besoin d’un certain temps ; on voit bien qu’ils ont un ardent désir d’être réconciliés ». J’ai l’impression qu’ils l’ont plus que nous. Et nous nous demandons : qu’est-ce qui se passe ?
Evidemment cela jette de nouveau le trouble, mais il ne faut pas se laisser troubler. Nous continuons notre chemin. Tout simplement. Vous avez là, de nouveau, une manifestation de la contradiction qui se trouve à Rome. Pourquoi est-ce qu’il y a contradiction ? Mais parce qu’il y a des gens qui veulent continuer dans la voie moderne, sur le chemin de destruction, de démolition et puis vous en avez d’autres qui commencent à se rendre compte que cela ne va pas, et qui nous veulent du bien. Mais est-ce qu’on peut leur faire confiance ? Cela dépend dans quelles conditions ; il ne suffit pas de nous vouloir du bien.
Dans toutes ces discussions, je suis arrivé à la conclusion – et je pense que c’est ce qui explique ce qui se passe maintenant –, que le pape vraiment, très sérieusement, voudrait reconnaître la Fraternité. Cependant les conditions qu’il pose sont pour nous impossibles. Les conditions que l’on trouve dans sa lettre sont pour nous tout simplement impossibles.
Dire que le Concile est traditionnel ! Alors que tout nous dit le contraire ! 50 ans de l’histoire de l’Eglise disent le contraire ! Dire que la nouvelle messe est bonne ! Là aussi il n’y a qu’à ouvrir les yeux pour voir le désastre. L’expérience que nous avons ces dernières années avec des prêtres qui viennent nous voir, nous instruit. J’ai eu de nouveau une de ces rencontres, tout dernièrement. J’étais en Argentine où j’ai fait la connaissance d’un prêtre relativement jeune qui ne connaissait absolument rien de la Tradition, qui découvrait la messe. C’était la première fois qu’il voyait une messe traditionnelle : jusqu’à il y a peu il ne savait même pas que cela existait. Quelle a été sa réaction ? Il s’est dit terriblement frustré, en colère contre ceux qui lui ont caché ce trésor ! Voilà sa réaction : « C’est la messe ? Et on ne nous a jamais dit cela ! »

La Tradition est un trésor, pas un archaïsme
Le chemin pour sortir de cette crise est tout simple. Si on veut parler de nouvelle évangélisation – peu importent les termes –, le seul chemin pour sortir de la crise est de revenir à ce que l’Eglise a toujours fait. C’est très simple, ce n’est pas compliqué. Et ce n’est pas faire de l’archaïsme. Je sais bien que l’on vit dans le monde d’aujourd’hui. On ne vit pas hier, ni avant-hier ; il y a – c’est vrai – de nouveaux problèmes, mais les solutions du Bon Dieu sont là ! Ces solutions, elles, sont éternelles. Nous savons qu’il n’y a à aucun moment une situation dans notre vie où nous serions privés de la grâce. Chaque fois qu’il y a un choix, chaque fois qu’il y a une tentation, le Bon Dieu nous donne la grâce proportionnée à la situation pour la vaincre. Les commandements de Dieu sont valables aujourd’hui comme hier. Dieu reste Dieu, voyons !
Donc quand on dit qu’il faut s’adapter au monde, adapter son langage… ou je ne sais quoi, il faut essayer d’expliquer les choses. Oui, cela c’est vrai mais on n’a pas besoin de changer la Vérité. Le chemin du Ciel reste toujours un chemin de renoncement au péché, à Satan, au monde. C’est la première condition que l’on trouve dans les promesses du baptême : « Renoncez-vous à Satan ? Renoncez-vous à ses œuvres ? » C’est toujours le chemin, il n’y en a pas d’autre. On nous fait tout un discours aujourd’hui sur les divorcés-remariés. L’année passée, les évêques allemands ont dit que c’était un de leurs buts d’arriver à la communion des divorcés-remariés. Eh bien ! L’Eglise et pas seulement l’Eglise, le Bon Dieu, nous disent : non, il faut d’abord régler cette situation. Le Bon Dieu donne la grâce à ceux qui sont dans une situation difficile. Personne ne dit que c’est facile ! Quand un mariage est brisé, c’est un drame mais le Bon Dieu donne la grâce. Ceux qui sont dans cet état doivent être forts et la Croix de Notre Seigneur les aide, mais on ne va pas ratifier ou faire comme ici, dans le diocèse de Sion, où l’on a un rituel pour bénir ces unions. On ne le dit pas trop fort, mais c’est une réalité. Or c’est bénir le péché ; et cela ne peut pas venir du Bon Dieu ! Les prêtres ou les évêques qui font cela conduisent les âmes en enfer. Ils font exactement le contraire de ce pour quoi ils ont été appelés à devenir prêtres ou évêques.
Cela, c’est la réalité de l’Eglise à laquelle on fait face ! Et comment est-ce qu’on pourrait dire oui à tout cela ? C’est le drame de l’Eglise que nous avons en face de nous.
Maintenant, pour parler du futur, ce que nous allons essayer de faire avec les autorités romaines, c’est de leur dire qu’il ne sert à rien de prétendre que l’Eglise ne peut pas se tromper au nom de la foi. Car, au niveau de la foi, nous sommes tout à fait d’accord sur l’assistance du Saint-Esprit, mais il faut ouvrir les yeux sur ce qui se passe dans l’Eglise ! Il faut arrêter de dire : l’Eglise ne peut rien faire de mauvais, donc la nouvelle messe est bonne. Il faut arrêter de dire : l’Eglise ne peut pas se tromper, donc il n’y a pas d’erreur dans le Concile. Mais regardez donc la réalité ! Il ne peut pas y avoir de contradiction entre la réalité que nous appréhendons et la foi. C’est le même Bon Dieu qui a fait les deux. Donc s’il y a une contradiction apparente, il y a certainement une solution. On ne l’a peut-être pas encore, mais on ne va pas nier la réalité au nom de la foi ! Or c’est vraiment l’impression que l’on a à propos de ce que Rome veut nous imposer aujourd’hui. Et là nous répondons : nous ne pouvons pas. C’est tout.
Et donc nous continuons, advienne que pourra ! Nous savons bien qu’un jour cette épreuve – épreuve qui touche toute l’Eglise – se terminera, mais nous ne savons pas comment. Nous essayons de faire tout ce que nous pouvons. Il ne faut pas avoir peur. Le Bon Dieu est au-dessus de tout cela, Il reste le maître. C’est cela qui est extraordinaire. Et l’Eglise, même dans cet état, reste sainte, reste capable de sanctifier. Si aujourd’hui, mes bien chers frères, nous recevons les sacrements, la grâce, la foi, c’est par cette Eglise catholique romaine, non pas par ses défauts mais bien par cette Eglise réelle, concrète. Ce n’est pas une image, ce n’est pas une idée, c’est une réalité dont le plus bel aspect que nous célébrons aujourd’hui, est le Ciel. Eh bien ! Le Ciel se prépare ici-bas. C’est cela qui est beau dans l’Eglise, ce combat terrifiant, extraordinaire avec les forces du mal dans lequel se trouve l’Eglise, et même dans cet état de souffrance terrible où elle est aujourd’hui, elle est encore capable de transmettre la foi, de transmettre la grâce, les sacrements. Et nous si nous les donnons, ces sacrements et cette foi, c’est à travers cette Eglise, c’est au nom de cette Eglise, c’est comme instruments et membres de l’Eglise catholique que nous le faisons.
Que les saints du Ciel, que les anges nous viennent en aide et nous soutiennent ! Evidemment ce n’est pas facile, évidemment nous craignons. C’est ce que dit le graduel aujourd’hui. Il faut avoir la crainte de Dieu. A ceux qui le craignent, le Bon Dieu donne tout. N’ayons pas peur d’avoir peur de Dieu. La crainte de Dieu est le commencement de la sagesse. Qu’elle nous conduise à travers tous les dédales de la vie ici-bas vers le Ciel où la Sainte Vierge Marie, Reine de tous les saints, Reine des anges, est réellement notre protectrice, vraiment notre Mère. Si l’on dit de Notre Seigneur qu’Il veut être tout en tous, il faut dire à peu près la même chose de la Sainte Vierge. Nous avons une mère au Ciel qui a reçu de Dieu une puissance extraordinaire, celle d’écraser la tête de Satan, d’écraser toutes les hérésies. Donc on peut aussi dire que c’est la mère de la foi, la mère de la grâce. Allons vers elle. Consacrons-lui nos existences, nos familles, nos joies, nos peines, nos projets, nos désirs. Qu’elle nous conduise jusqu’au port éternel afin que nous puissions avec tous les saints jouir de la béatitude éternelle, cette vision de Dieu qu’est la vision béatifique.
Ainsi soit-il.
Mgr Bernard Fellay
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MessagePosté le: Mar 4 Déc - 09:01 (2012)    Sujet du message: Mgr Williamson exclu de la Fraternité Saint Pie X Répondre en citant



Notre Devoir reste somme toute, celui de la Réserve et de La Prière, pour le retour de Mgr Williamson et de Mgr Tissiers de Malleray, mis à l'écart à cause de leur Intransigeance et de leur Intégrité dans ce triste épisode et cette pathétique tentative de "réconciliation" avec la Rome Moderniste ...
L'Esprit malin a bien joué sa partie, Jouons la Nôtre !

Veillons + Prions + ut Unum sint !
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Solognot
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MessagePosté le: Sam 15 Déc - 22:37 (2012)    Sujet du message: Mgr Williamson exclu de la Fraternité Saint Pie X Répondre en citant

REQUETE CARLISTE a écrit:
Il n'y a pas grand chose à enlever de ce passage. Très bonne analyse du mal qui ronge l'Eglise depuis la chute de notre monarchie. Par contre il serait bon de pouvoir lire la lettre en entier pour se faire une opinion de la "crise" que connait la communauté traditionaliste de la Fraternité Saint Pie X.


Lettre ouverte à S. E. Mgr Fellay sur une “exclusion”



         
 
 

Londres, le 19 octobre 2012




          
 
 
Excellence,

Merci  de votre lettre du 4 octobre où vous me communiquez de la part de  vous-même, du Conseil Général et du Chapitre Général, votre   “constatation”,  “déclaration” et “décision” que je ne suis plus membre  de la Fraternité Saint-Pie X. Les raisons que vous donnez pour votre  décision d’exclure votre serviteur seraient les suivantes : il a  continué de publier le « Commentaire Eleison » ; il a attaqué les  autorités de la Fraternité ; il a eu un apostolat indépendant ; il a  causé la confusion parmi les fidèles ; il a soutenu des confrères  rebelles ; il a désobéi de façon formelle, obstinée et  “pertinace” ; il  s’est séparé de la Fraternité ; il ne se soumet à aucune autorité.
Ces  raisons ne se laissent-elles pas toutes résumer par la désobéissance ?  Sans doute, dans le cours des douze dernières années, votre serviteur a  eu des paroles et actions qui ont été, devant Dieu, inappropriées et  excessives, mais je crois qu’il lui suffirait de les lui signaler en  particulier pour qu’il s’en excusât, selon la vérité et la justice. Mais  nous sommes sans doute d’accord que le problème essentiel ne se situe  pas dans les détails, qu’il se résume en un mot : la désobéissance.
Alors,  remarquons d’abord à combien d’ordres plus ou moins désagréables du  Supérieur Général votre serviteur a obéi sans faille. En 2003 il a  quitté un apostolat important et fructueux aux Etats-Unis pour descendre  en Argentine. En 2009 il a laissé sa charge de directeur du séminaire  et a quitté l’Argentine pour moisir dans une mansarde à Londres, sans  parole ni ministère épiscopal parce que cela lui était défendu. Il ne  lui est resté virtuellement que le ministère du « Commentaire Eleison »  dont le refus de l’interrompre constitue la grande partie de cette   “désobéissance” qu’on lui reproche. Et depuis 2009 les Supérieurs de la  Fraternité se sont permis de le discréditer et l’injurier tant qu’ils  voulaient, et dans le monde entier ils ont encouragé tout membre de la  Fraternité qui  le souhaitait à faire de même. Votre serviteur a très  peu réagi, préférant le silence à des confrontations scandaleuses. On  pourrait dire même qu’il s’est obstiné à ne pas désobéir. Mais passons,  parce que le vrai problème n’est pas là.
Alors, le vrai problème, où  se situe-t-il ? Pour répondre, qu’il soit permis à l’accusé de faire un  survol rapide de l’histoire de la Fraternité dont on veut qu’il soit en  train de se séparer. En effet, le problème central remonte à loin.
A  partir de la Révolution française de la fin du XVIIIème siècle, dans  beaucoup d’états autrefois chrétiens, commence à s’établir un nouvel  ordre mondial, conçu par les ennemis de l’Eglise pour chasser Dieu de sa  création. On commence par remplacer l’ancien régime où le trône  soutenait l’autel par la séparation de l’Eglise d’avec l’Etat. Il en  résulte une structure de la société qui est radicalement nouvelle, et  difficile pour l’Eglise, parce que l’Etat désormais implicitement athée  finira par s’opposer de toutes ses forces à la religion de Dieu. En  effet, les francs-maçons veulent remplacer le vrai culte de Dieu par  leur culte de la liberté dont l’état neutre en religion n’est qu’un  instrument. Ainsi commence dans les temps modernes une guerre implacable  entre la religion de Dieu, défendue par l’Eglise Catholique, et la  nouvelle religion de l’homme, libéré de Dieu et libéral. Ces deux  religions sont aussi inconciliables que Dieu et le démon. Il faut  choisir entre le catholicisme et le libéralisme.
Mais l’homme ne veut  pas avoir à choisir entre le beurre et l’argent de son beurre. Il veut  les avoir tous deux. Donc dans le sillage de la Révolution Félicité de  Lamennais invente le catholicisme libéral et, à partir de ce moment-là,  la conciliation des inconciliables devient monnaie courante à  l’intérieur de l’Eglise. Pendant 120 ans, la miséricorde de Dieu donne à  son Eglise une série de papes, de Grégoire XVI à Pie XII, qui pour la  plupart voient clair et tiennent ferme, mais un nombre de fidèles  toujours croissant penche vers l’indépendance par rapport à Dieu et vers  les plaisirs matériels auxquels le catholicisme libéral leur facilite  grandement l’accès. Une corruption progressive finit par atteindre les  évêques et les prêtres, et alors Dieu finit par leur permettre de  choisir le genre de papes qu’ils préfèrent, à savoir, ceux qui font  semblant seulement d’être catholiques mais qui sont en vérité des  libéraux, qui parlent à droite mais agissent à gauche, qui se  caractérisent alors par la contradiction, l’ambigüité, la dialectique  hégélienne, bref, le mensonge. C’est la Néo-Eglise de Vatican II.
Il  ne pouvait pas en être autrement. Il n’y a que le rêve qui puisse  réconcilier des réalités inconciliables entre elles. Mais Dieu – parole  de St Augustin – n’abandonne pas les âmes qui ne veulent pas  l’abandonner, et alors il vient en aide au petit reste d’âmes  catholiques qui ne veulent pas suivre l’apostasie molle de Vatican II.  Il suscite un archevêque qui résistera à la trahison des prélats  conciliaires. Respectant la réalité, ne cherchant point à concilier les  inconciliables, refusant de rêver, cet archevêque parle avec une clarté,  cohérence et vérité qui font que les brebis y reconnaissent la voix du  divin Maître. La Fraternité sacerdotale qu’il fonde pour faire de vrais  prêtres catholiques commence à petite échelle, mais en refusant  résolument les erreurs conciliaires et leur fondement dans le  catholicisme libéral, elle s’attire ce qui reste de vrais catholiques  dans le monde entier, et elle constitue l’épine dorsale de tout un  mouvement dans l’Eglise qu’on appelle le Traditionalisme.
Or, ce  mouvement est insupportable aux hommes de la Néo-Eglise qui veulent  remplacer le catholicisme par le catholicisme libéral. Aidés par les  médias et les gouvernements, ils font tout pour discréditer, honnir et  bannir le courageux archevêque. En 1976, Paul VI le « suspend a divinis  », en 1988, Jean-Paul II  l’                   « excommunie ». Cet  archevêque agace souverainement les papes conciliaires, parce que sa  voix de vérité ruine effectivement leur tissu de mensonges et met en  péril leur trahison. Et sous le coup de leur persécution,  même de son «  excommunication », il tient ferme et avec lui le grand nombre des  prêtres de sa Fraternité.
Cette fidélité à la vérité obtient de Dieu  pour la Fraternité douze années de paix intérieure et de prospérité  extérieure. En 1991, le grand archevêque meurt, mais pendant encore neuf  années son œuvre continue dans la fidélité aux principes anti-libéraux  sur lesquels il l’a bâtie. Alors, que feront les Romains conciliaires  pour venir à bout de cette résistance ? Ils échangeront le bâton pour la  carotte.
En l’an 2000, un grand pèlerinage de la Fraternité pour  l’Année Jubilaire montre dans les basiliques et les rues de Rome la  piété et la puissance de la Fraternité. Les Romains sont impressionnés,  malgré eux. Un cardinal invite les quatre évêques à un déjeuner  somptueux chez lui, invitation acceptée par trois d’entre eux. Tout de  suite après ce déjeuner très fraternel, les contacts avec Rome et la  Fraternité, qui s’étaient bien refroidis depuis douze ans, reprennent,  et avec eux commence la puissante séduction par les boutons écarlates et  les parterres en marbre.
Les contacts se réchauffent si rapidement  que déjà à la fin de l’année beaucoup de prêtres et de fidèles de la  Tradition craignent une conciliation entre la Tradition catholique et le  Concile libéral. Cette conciliation n’aboutit pas pour le moment, mais  le langage du Quartier Général de la Fraternité à Menzingen commence à  changer, et sur les douze ans à venir il se montrera toujours moins  hostile à Rome et plus accueillant envers les autorités de l’Eglise  conciliaire, envers les médias et leur monde. Et, au fur et à mesure que  la conciliation des inconciliables se prépare à la tête de la  Fraternité, dans son corps de prêtres et de laïcs l’attitude devient  petit à petit plus bénigne envers les papes et l’Eglise conciliaires,  envers tout ce qui est mondain et libéral. Après tout, le monde moderne  qui nous entoure est-il si mauvais qu’on a voulu nous faire croire ?
Cette  avancée du libéralisme à l’intérieur de la Fraternité, perçue par une  minorité des prêtres et fidèles mais apparemment imperceptible à la  grande majorité, s’est découverte à beaucoup au printemps de cette année  lorsque, suite à l’échec des Discussions Doctrinales au printemps de  2011, la politique catholique de « Pas d’accord pratique sans accord  doctrinal » est devenue, d’un jour à l’autre, la politique libérale de «  Pas d’accord doctrinal, donc accord pratique ». Et à la mi-avril le  Supérieur Général offre à Rome, comme base d’un accord pratique, un  texte ambigu, ouvertement favorable à cette « herméneutique de la  continuité » qui est la recette bien aimée de Benoît XVI pour concilier,  précisément, le Concile et la Tradition ! « Il faut une nouvelle pensée  » dira le Supérieur Général au mois de mai aux prêtres du district  autrichien de la Fraternité. Autrement dit, le chef de la Fraternité  fondée en 1970 pour résister aux nouveautés du Concile, propose de la  concilier avec le Concile. Aujourd’hui elle est conciliante. Demain elle  doit se faire pleinement conciliaire !
Il est à peine croyable que  la fondation de Mgr Lefebvre ait été conduite à oublier, voire mépriser  les principes sur lesquels il l’a fondée, mais voilà la puissance de  séduction des fantaisies de notre monde sans Dieu, moderniste et  libéral. N’empêche, la réalité ne se laisse pas infléchir par les  fantaisies, et il fait partie de la réalité que l’on ne peut pas défaire  les principes d’un fondateur sans défaire sa fondation. Un fondateur a  des grâces particulières que n’a aucun de ses successeurs. Comme  s’écriait Padre Pio lorsque les Supérieurs de sa Congrégation se  mettaient à la « rénover » selon la pensée nouvelle du Concile à peine  terminé : « Que faites-vous du Fondateur ? » Le Supérieur Général, le  Conseil Général et le Chapitre Général de la FSSPX ont beau retenir  comme  mascotte Mgr Lefebvre, de toute façon ils ont une pensée nouvelle  qui passe à côté des raisons gravissimes pour lesquelles il a fondé la  Fraternité. Ils la mènent donc à sa ruine par une trahison objective au  moins, tout à fait parallèle à celle de Vatican II.
Mais  soyons  justes, et n’exagérons pas. Depuis le début de cette chute lente de la  Fraternité, il y a toujours eu des prêtres et des fidèles qui ont vu  clair et qui ont fait ce qu’ils ont pu pour lui résister. Au printemps  de cette année cette résistance a pris une certaine consistance et  ampleur, en sorte que le Chapitre Général du mois de juillet a posé un  obstacle quand même sur le mauvais chemin du ralliement. Mais est-ce que  cet obstacle tiendra ? On peut craindre que non. Devant une quarantaine  de prêtres de la Fraternité réunis en retraite sacerdotale à Écône au  mois de septembre, le Supérieur Général, se référant à sa politique  romaine, a avoué : « Je me suis trompé », mais à qui la faute ? « Les  Romains m’ont dupé. » De même, il en est résulté « une grande méfiance  dans la Fraternité » qu’il faudra « réparer par les actes et pas  seulement par les paroles », mais à qui la faute ? Jusqu’ici, ses actes  depuis le mois de septembre, y compris cette lettre du 4 octobre,  indiquent qu’il s’en prend aux prêtres et aux laïcs qui n’ont pas su  faire confiance à lui, leur chef. Après le Chapitre comme avant, il  semble qu’il ne supporte aucune opposition à sa politique conciliatrice  et conciliaire.
Et voilà la raison pour laquelle le Supérieur Général  a donné plusieurs fois l’ordre formel de fermer le « Commentaire  Eleison ». En effet, ce « Commentaire » a critiqué à maintes reprises la  politique conciliatrice envers Rome des autorités de la Fraternité, et  par là il les a attaquées implicitement. Or, si dans cette critique et  ces attaques il y a eu des manquements à la norme du respect dû à leur  office ou à leurs personnes,  j’en demande volontiers pardon à qui de  droit, mais je crois qu’il suffit de parcourir les numéros concernés du «  Commentaire » pour constater que la critique et les attaques sont  restées normalement impersonnelles, parce qu’il y va de beaucoup plus  que seulement des personnes.
Et quant au grand problème qui dépasse  de loin les personnes, considérons la grande confusion qui règne  actuellement dans l’Église et le monde, et qui met en péril le salut  éternel d’âmes sans nombre. N’est-ce pas le devoir d’un évêque de  dégager les vraies racines de cette confusion, et de les dénoncer en  public ?  Combien d’évêques dans le monde entier voient clair comme Mgr  Lefebvre voyait clair, et donnent l’enseignement qui correspond à cette  clarté ?  Combien d’entre eux enseignent encore la doctrine catholique  tout court ?  N’est-ce pas très peu ?  Alors est-ce le moment de  chercher à réduire au silence un évêque qui le fait, ce qui est prouvé  par le nombre d’âmes qui s’accrochent au « Commentaire » comme à une  bouée de sauvetage ?  Et comment en particulier un autre évêque peut-il  vouloir le fermer, lui qui a dû admettre à ses prêtres que sur les mêmes  grandes questions il s’est laissé duper, et cela pendant de longues  années ?
De même, si l’évêque réfractaire s’est en effet donné – pour  la première fois en presque quatre ans – un apostolat indépendant,  comment peut-on lui faire le reproche d’avoir accepté une invitation,  indépendante de la Fraternité, à confirmer et à prêcher une parole de  vérité ? N’est-ce pas là la fonction même d’un évêque ? Sa parole au  Brésil n’aura été de « confusion » que pour ceux qui suivent l’erreur  avouée et ci-dessus évoquée.
Et s’il semble depuis des années se  séparer de la Fraternité, c’est juste, mais il se sépare de la  Fraternité conciliatrice et pas de celle fondée par Mgr Lefebvre. Et  s’il semble se montrer insoumis à tout exercice d’autorité de la part  des chefs de la Fraternité, c’est encore juste, mais seulement pour les  ordres qui vont à l’encontre des buts pour lesquels elle a été fondée.  De fait, à combien d’ordres autres que celui de fermer le « Commentaire »  peut-on affirmer qu’il a été coupable d’une désobéissance « formelle,  obstinée et pertinace » ? Y en a-t-il un seul autre ? La désobéissance  de Mgr Lefebvre, n’ayant été qu’aux actes d’autorité des chefs de  l’Eglise qui étaient de nature à détruire l’Eglise, elle était plus  apparente que réelle. De même, la  “désobéissance” de celui qui n’a pas  voulu fermer le « Commentaire » est plus apparente que réelle.
Car  l’histoire se répète, et le diable revient toujours à la charge. Tout  comme hier le Concile a voulu concilier l’Eglise Catholique et le monde  moderne, ainsi aujourd’hui on dirait que Benoît XVI et le Supérieur  Général veulent, tous les deux, concilier la Tradition catholique et le  Concile ; ainsi demain, si Dieu n’intervient pas d’ici là, des chefs de  la Résistance catholique chercheront à la réconcilier avec la Tradition  désormais conciliaire.
Bref,  cher Monsieur le Supérieur Général,  vous pouvez maintenant procéder à m’exclure, parce que mes arguments ne  vous persuaderont sûrement pas, mais cette exclusion sera plus apparente  que réelle. Je suis membre de la Fraternité de Mgr Lefebvre de par mon  engagement à perpétuité. Je suis un de ses prêtres depuis 36 ans. Je  suis un de ses évêques, comme vous, depuis bientôt un quart de siècle.  Cela ne se biffe pas d’un trait de plume, et donc, membre de la  Fraternité je le reste.
Fussiez-vous resté fidèle à son héritage et y  eussé-je été moi-même notamment infidèle, volontiers je reconnaîtrais  votre droit de m’exclure. Mais les choses étant comme elles sont,   j’espère ne pas manquer de respect envers votre office si je suggère que  pour la gloire de Dieu, pour le salut des âmes, pour la paix intérieure  de la Fraternité et pour votre propre salut éternel, vous feriez mieux  de démissionner vous-même comme Supérieur Général, que de m’exclure. Que  le Bon Dieu vous donne la grâce, la lumière et les forces nécessaires  pour accomplir un tel acte insigne d’humilité et de dévouement au bien  commun de tous. 
Alors comme j’ai si souvent terminé les lettres que je vous adresse depuis des années,   


                                                               Dominus tecum.    


+Richard WILLIAMSON












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MessagePosté le: Lun 17 Déc - 06:50 (2012)    Sujet du message: Mgr Williamson exclu de la Fraternité Saint Pie X Répondre en citant

si triste et affligeant ...

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MessagePosté le: Sam 23 Mar - 09:26 (2013)    Sujet du message: Mgr Williamson exclu de la Fraternité Saint Pie X Répondre en citant

 [Abbé François Laisney, fsspx] L’illusion pseudo-anti-libérale




Depuis quelques temps, certains se permettent d’accumuler (de façon compulsive) les condamnations les plus graves contre les supérieurs de la Fraternité St Pie X, sans se rendre compte qu’ils ont perdu contact avec la réalité ; ils sont tombés dans des illusions que j’appellerai « pseudo-anti-libérales » car ils prétendent être anti-libéraux, alors qu’ils tombent eux-mêmes dans le défaut même qu’ils condamnent, comme le dit St Paul : « En jugeant autrui, tu te condamnes toi-même, puisque tu fais les choses mêmes que tu juges » (Rom 2:1 ).

RÉGULARISATION CANONIQUE - BON EN SOI

Après avoir posé la définition d’un libéral – personne qui rejette l’autorité de Dieu et de sa Loi – pour conclure que les autorités de la Fraternité seraient libérales, il leur faudrait logiquement avoir prouvé que ces autorités rejettent Dieu et sa Loi. Or non seulement ils n’ont d’aucune manière prouvé que Mgr Fellay et les autorités de la Fraternité rejettent Dieu et sa Loi, mais au contraire c’est pour obéir à la Loi de Dieu que – suivant l’exemple de Mgr Lefebvre, qui a toujours rejeté le sédévacantisme – les autorités de la Fraternité sont attachées à l’Église Catholique, telle qu’elle est concrètement aujourd’hui, malheureusement défigurée par le modernisme et le libéralisme comme le Christ fut défiguré sur la Croix, mais restant quand même l’Église Catholique que le Christ a fondé sur Pierre et contre laquelle les portes de l’Enfer ne prévaudront point. St Thomas explique que toute loi est essentiellement un ordre, ordo rationis ; cette soumission à la Loi de Dieu entraîne donc nécessairement l’amour de l’ordre, et donc le désir d’être dans l’ordre dans l’Église de Dieu ; une régularisation canonique n’a pas d’autre but. Il n’y a donc rien de libéral en cela, au contraire !

DISTINGUER: SOUMISSION AU SUCCESSEUR DE PIERRE

D’où vient le problème alors ? Il vient du fait que beaucoup de ceux qui possèdent une autorité dans l’Église aujourd’hui sont infectés de libéralisme, à divers degrés. Cela, ni Mgr Fellay, ni aucun prêtre de la Fraternité ne le nie. Mais alors que Mgr Fellay et les prêtres fidèles de la Fraternité font, à l’exemple de Mgr Lefebvre, la distinction entre être soumis au successeur de Pierre en tant que successeur de Pierre et non pas en tant que libéral, tout en résistant à son libéralisme, ceux qui s’opposent à Mgr Fellay semblent viscéralement incapables de faire une telle distinction et persévèrent dans leur ignorance de l’enseignement de St Augustin contre les Donatistes: dans l’Église Catholique la communion avec les méchants ne nuit pas aux bons s’ils ne consentent pas à leur méchanceté. Le mot « méchant » traduit le Latin, mali. Mettez le mot libéraux au lieu de méchants, car le libéralisme est un mal, et le principe de St Augustin est exactement la position de Mgr Fellay et la réfutation de ceux qui s’opposent à lui : dans l’Église Catholique, la communion avec des libéraux ne nuit pas aux bons s’ils ne consentent pas à leur libéralisme.

Pour bien comprendre le principe de St Augustin, il faut se souvenir de la grande vérité que rappelait le Père Calmel : la tête de l’Église, c’est le Christ, dont le Pape n’est que le vicaire. C’est parce que la communion avec les membres de l’Église est avant tout communion avec le Christ qu’elle ne nuit pas aux bons tant qu’ils ne consentent pas au mal. Et c’est parce qu’ils oublient le Christ à la tête de l’Église que certains ont tant peur de cette communion, ne regardant que le côté humain de l’Église et oubliant le Sacré Cœur qui est en contrôle de tout dans son Église. Le zèle si amer qu’ils manifestent – si opposé à l’esprit de Mgr Lefebvre – manifeste cet oubli du Sacré Cœur. Prions pour eux.

DES DEGRÉS DE LIBÉRALISME

Mgr Lefebvre faisait souvent remarquer qu’il y a bien des degrés de libéralisme. Certains rejettent par principe et systématiquement toute loi et toute obligation ; de tels libéraux n’ont évidemment plus la vraie Foi. D’autres, tout en reconnaissant Dieu et sa Loi, et toutes les vérités de la Foi catholique, ne les appliquent pas suffisamment aux situations concrètes, ou n’ont pas le courage d’en tirer toutes les conséquences pour la société moderne ; et parmi ces derniers libéraux, il y a aussi bien des degrés. Ceux-là ont encore la Foi, bien qu’ils méritent ce reproche de Notre Seigneur aux Apôtres (cf. Mt 8:26, 17:16, etc.) : « O hommes de peu de foi ! » Il ne faut donc pas condamner indifféremment tous ceux qui sont infectés de libéralisme, comme si tous étaient coupables du crime le plus horrible possible, à savoir d’être en guerre contre Dieu. Et il ne faut pas interpréter en mal systématiquement tout ce que peut faire un libéral ; au XIXème siècle, les grands Catholiques antilibéraux tels que le Pape Pie IX ou le Cardinal Pie n’ont pas hésité à louer le bien qu’ont pu faire des libéraux tels que Mgr Dupanloup ou le comte de Montalembert, tout en dénonçant avec force leur libéralisme.

L'EGLISE VISIBLE

De plus, on trouve des illogismes surprenant dans ces accusateurs de Mgr Fellay. Je cite : « Ces chefs de la FSSPX disent que nous devons nous réunir avec l’Église visible parce qu’elle est l’Église catholique. Pourtant l’« église » Anglicane est bien visible sur tout le territoire anglais, mais est-elle catholique pour autant ? » L’argument ne tiendrait que si ces chefs de la FSSPX avaient dit : « parce qu’elle est visible, elle est Catholique », ou « toute église visible est catholique. » Mais ils n’ont bien évidemment rien dit de tel ; et donc la soi-disant réfutation n’est qu’un sophisme.

La vérité, sur laquelle insiste Mgr Fellay et les autorités de la FSSPX, est que l’Église Catholique est visible, non seulement hier mais aujourd’hui aussi. C’est cette Église Catholique, visible, concrète, romaine, que reconnaissait hier Mgr Lefebvre et que reconnaissent aujourd’hui Mgr Fellay et la FSSPX, de laquelle nous avons toujours été un membre vivant, mais maltraité par d’autres membres, dans laquelle notre devoir nous oblige à être « dans l’ordre ». Il n’y a rien de libéral à tout cela.

Si ceux qui s’opposent à Mgr Fellay aujourd’hui rejettent cette Église Catholique, visible, concrète, romaine, quelle Église est la leur ? Où est-elle ? Est-elle visible ? Ou bien est-elle comme leur groupe, une « association lâche » (en anglais, loose association), sans autorité, sans obligations ? Un tel concept n’a rien de Catholique ! Non que je pense que telle est leur idée de l’Église. Mais il me semble que leur erreur consiste plutôt à considérer l’unité de l’Église comme secondaire, accessoire, par rapport à la Foi ; comme si avoir la Foi dispensait de la communion ecclésiastique avec les membres même libéraux de l’Église. Certes il faut avoir la Foi, dans toute sa pureté, car « sans la Foi il est impossible de plaire à Dieu » (Héb. 11:6) ; mais la Foi sans la Charité ne profite de rien (1 Cor. 13:2). C’est la Charité, « lien de la perfection » (Col. 3:14),  qui nous oblige à garder ce lien de communion, comme l’explique souvent St Augustin (Mgr di Noia a donné quelques passages très beaux de St Augustin à ce sujet, et on pourrait facilement en trouver un grand nombre d’autres semblables).  Il y a là un danger réel et ironique : pour sauver la foi traditionnelle, on risque d’en arriver à la solafide !

Il y a trois mois j’écrivais dans un texte intitulé Plusieurs églises ? : « Voici ce que l’on lit: ‘L’unique partie de l’Église visible qui soit catholique est celle qui est une, sainte, universelle et apostolique. Le reste n’est autre que différentes espèces de pourriture visible (ou concrète).’ Tout de suite, on se pose la question : l’Église catholique est-elle seulement ‘une partie de l’Église visible’ ? Et cela mène à une autre question, plus fondamentale : est-il légitime de distinguer entre l’Église catholique, l’Église du Christ et l’Église visible. Au contraire, la foi catholique n’oblige-t-elle point à affirmer l’identité entre l’Église du Christ, l’Église catholique et l’Église visible ? Oui ! L’Église du Christ est l’Église catholique, et cette Église est visible ! » Telle était la Foi de Mgr Lefebvre.

Il me semble que ceux qui n’ont « jamais compris la foi de Mgr Lefebvre » sont bien ceux qui rejettent cette Église Catholique, visible, concrète, romaine, à laquelle Mgr Lefebvre croyait et à laquelle il avait dévoué toute sa vie, y compris ses dernières années.

LA LUTTE CONTRE "ROME CONCILIAIRE"

Une autre accusation contre Mgr Fellay est qu’il « utilise son autorité pour obliger ses inférieurs à le suivre dans une direction contraire à celle qu'ils ont eue en entrant dans la FSSPX, c.-à-d. le refus de la lutte contre la Rome conciliaire. » Dès l’abord, il faut clarifier l’expression « Rome conciliaire » : si l’on désigne par cela l’esprit conciliaire, les erreurs de Vatican II et leurs multiples applications, une telle accusation est une calomnie, c'est-à-dire qu’elle est fausse et gravement offensante à la réputation de Mgr Fellay. Le choix même des membres de la Fraternité pour les discussions théologiques avec Rome montre bien que Mgr Fellay ne veut aucune faiblesse dans la défense de la vérité Catholique contre les nouveautés conciliaires, et au début de l’année dernière il a très clairement posé comme son premier principe : aucun compromis sur la Foi ! Et les mois suivants n’ont fait que prouver qu’il a été fidèle à ce principe, malgré les fausses prophéties annonçant qu’il allait compromettre la Fraternité. Si on entend au contraire par « Rome conciliaire » une autre structure ecclésiale que celle de l’Église Catholique, alors on doit dire que ces personnes avaient une conception fausse de la situation ecclésiale, une conception autre que celle de Mgr Lefebvre ! Non, Mgr Fellay n’est pas « un père dévoyé », mais bien plutôt un père fidèle (avec un petit nombre d’enfants rebelles !)

POUR LA ROME CATHOLIQUE

Ajoutons, et cet argument est fondamental, que la position essentielle de Mgr Lefebvre n’est pas d’abord une position contre mais d’abord une position pour. C’est parce qu’il était pour une fidélité totale à la Foi Catholique de toujours, que Mgr Lefebvre était contre les nouveautés conciliaires. Cette attitude d’abord pour puis contre est manifeste dans sa fameuse Déclaration : « Nous adhérons de tout cœur, de toute notre âme à la Rome catholique, gardienne de la Foi catholique et des traditions nécessaires au maintien de cette foi, à la Rome éternelle, maîtresse de sagesse et de vérité. Nous refusons par contre et avons toujours refusé de suivre la Rome de tendance néo-moderniste et néo-protestante qui s'est manifestée clairement dans le concile Vatican II et après le concile dans toutes les réformes qui en sont issues. » Mais ceux qui se posent d’abord contre une situation de modernisme triomphateur comme dans les années 70-80, ne savent plus se positionner dans une situation différente, telle qu’elle était sous Benoît XVI où il y a eu un effort (incomplet, mais réel) de corriger certaines déviations évidentes et de revenir à plus de tradition dans la liturgie et la vie de l’Église. Ils ne savent plus se positionner parce qu’ils n’avaient pas (ou ont oublié) de principe supérieur positif qui, lui, reste valable dans toute situation.

LA RESISTANCE INEPTE

Il y a une autre illusion bien fréquente chez ces critiques : ils comparent leur résistance à Mgr Fellay avec celle de Mgr Lefebvre aux nouveautés conciliaires, on les entend mettre en parallèle « la Révolution conciliaire, et la Révolution accordiste. ». Mais cette comparaison montre au contraire l’inanité de leur position. En effet cette comparaison tourne plutôt à un contraste saisissant ! Considérons trois aspects. Premièrement, Mgr Lefebvre a résisté aux nouveautés conciliaires après qu’elles furent introduites : c’est après le Concile et après la Nouvelle Messe qu’il a commencé son œuvre d’Écône ; c’est après Assise qu’il a fait les Sacres. Au contraire, c’est avant tout compromis, dans la peur d’un compromis à venir qui n’est jamais venu que ces critiques attaquent Mgr Fellay. Deuxièmement, considérons la magnitude de la cause : d’une part, le Concile, la Nouvelle Messe (et toute la réforme liturgique, car aucun sacrement n’a été épargné), et Assise : ce sont des scandales majeurs avec des dommages immenses pour des millions d’âmes. De l’autre côté, ce sont quelques paroles dans l’impromptu d’une interview et quelques autres occasions qu’on peut compter sur les doigts – à moins de ne considérer comme mauvais ce qui est substantiellement bon, à savoir la communion avec le successeur de Pierre dans l’ordre, du moment que soient respectés les deux principes de Mgr Fellay, pas de compromis sur la Foi, et protection des œuvres de la Tradition. Il y a là un tel contraste qu’on peut difficilement s’empêcher d’admirer l’aveuglement de ceux qui ne le voient pas. Troisièmement, Mgr Lefebvre n’a jamais exigé la démission de Paul VI, malgré la gravité des réformes conciliaires et liturgiques, ni de Jean Paul II malgré la gravité d’Assise ; mais ces critiques exigent la démission de Mgr Fellay… St Augustin enseigne que ce n’est pas les souffrances et la mort qui font le martyr, mais d’abord et avant tout « sa cause » : Mgr Lefebvre avait une « cause » juste et proportionnée pour sa résistance aux nouveautés conciliaires, liturgiques et œcuménistes ; mais les critiques de Mgr Fellay n’ont aucune proportion justifiant leur résistance qui n’est alors que rébellion.

LES ANTI-LIBÉRAUX LIBÉRAUX

Je disais au début qu’ « ils prétendent être anti-libéraux, alors qu’ils tombent eux-mêmes dans le défaut même qu’ils condamnent ». En effet, la caractéristique des libéraux est le refus de l’autorité, que ce soit l’autorité de la vérité dogmatique, l’autorité de la Loi divine, ou l’autorité hiérarchique. « Le libéral est un fanatique d’indépendance, il la prône jusqu’à l’absurdité, en tout domaine » voilà comment le définissait le chanoine Roussel, cité par Mgr Lefebvre (cf. Ils l’ont découronné, p.14). Or voici nos grands anti-libéraux qui proposent « des cellules indépendantes », i.e. une association entre eux… sans autorité ! Parce qu’ils n’ont pas su obéir, les voilà maintenant qui ne savent plus commander. Et puisque l’autorité vient d’en haut, s’étant coupé de leurs supérieurs légitimes, ils ont perdu toute autorité. Mgr Lefebvre au contraire avait fondé une Fraternité, comme une branche vivante bien « entée » sur le tronc de l’Église, par l’approbation canonique de Mgr Charrière, et donc avec un ordre hiérarchique légitime que les sanctions injustes n’ont pu détruire. Son œuvre avait donc une ligne d’autorité légitime, comme on en trouve dans toute œuvre vraiment d’Église… mais pas chez nos critiques. Et Mgr Lefebvre lui-même a su exercer cette autorité (entre autres pour expulser les sédévacantistes). Là encore on voit le contraste entre la résistance légitime de Mgr Lefebvre et la rébellion de nos critiques, qui, par leur refus de l’autorité, sont vraiment tombés dans le défaut qu’ils critiquaient.

Il y a une grande illusion à prétendre « s'appuyer sur le modèle de la paternité (qui inclut l'autorité) et non sur celui de la structure autoritaire en tant que telle », parce que en rejetant précisément cette « structure autoritaire », ils en arrivent, quoi qu’ils disent, à une paternité sans autorité, typique du libéralisme moderne.  « Si ce n'est pas contradictoire, ce que j'envisagerais ce serait une structure sans autorité, mais avec paternité, avec paternité, oui! Ça c'est indispensable! » Malheureusement pour eux, c’est contradictoire ! Le mot même « autorité » vient du mot « auteur » ; un père qui ne serait pas l’« auteur » de ses enfants, ne serait pas vraiment père !  Un père qui refuserait d’avoir une vraie autorité sur ses enfants serait un père… libéral ! Il n’y a donc pas de vraie paternité sans autorité.

Ils font bien de dénoncer le libéralisme comme « une religion sans règles si ce n’est leur propre volonté. » Mais alors que font-ils avec une association libre de prêtres, association elle-aussi sans règles si ce n’est leur propre volonté ?

Prions pour qu’ils se corrigent et demandent humblement à réintégrer dans la Fraternité. Daigne St Joseph leur obtenir cette grâce!


François Laisney

Source :

http://tradinews.blogspot.fr/2013/03/abbe-francois-laisney-fsspx-lillusion.html
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Léandre de Brisaux
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MessagePosté le: Sam 23 Mar - 21:43 (2013)    Sujet du message: Mgr Williamson exclu de la Fraternité Saint Pie X Répondre en citant

Très intéressant ce texte, merci beaucoup !
Malheureusement, dans la crise que traverse actuellement la Fraternité, ce sont les détracteurs de Mgr Fellay qui se font le plus entendre. Sad
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Mavendorf
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MessagePosté le: Lun 25 Mar - 23:03 (2013)    Sujet du message: Mgr Williamson exclu de la Fraternité Saint Pie X Répondre en citant

Léandre de Brisaux a écrit:
Très intéressant ce texte, merci beaucoup ! Malheureusement, dans la crise que traverse actuellement la Fraternité, ce sont les détracteurs de Mgr Fellay qui se font le plus entendre. Sad


Mais de rien cher ami. Wink  J'ai moi même beaucoup apprécié la lecture de la lettre de cet Abbé, qui me semble très mesuré dans ses propos et dans son analyse. Son contenu a le mérite je crois de bien recentrer le combat qui a été entamé et qui a été celui de Monseigneur Lefebvre jusqu'à son dernier souffle. En ces temps d'incertitude et de doute nous avons tous besoin d'entendre des paroles apaisantes et réconfortantes pour l'avenir, et surtout pour assurer le maintien de l'unité de notre Fraternité.
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Léandre de Brisaux
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MessagePosté le: Mar 23 Sep - 16:59 (2014)    Sujet du message: Mgr Williamson exclu de la Fraternité Saint Pie X Répondre en citant

Je me permet de faire remonter ce sujet. Il traite d'un sujet sur lequel beaucoup de légitimistes se posent des questions et qui peut paraître insoluble en raison du tout et n'importe quoi que l'on trouve sur internet, principalement avec les écrits sédévacantistes...

Je viens régulièrement lire ce fil de discussion, les textes des abbés Pfluger et Laisney apportant réponses à nombre d'interrogations, rappelant précisément les positions de la FSSPX et ayant été rédigés par des clercs qui savent manifestement de quoi ils parlent et l'expliquant de manière compréhensible par tous.
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MessagePosté le: Mar 23 Sep - 20:40 (2014)    Sujet du message: Mgr Williamson exclu de la Fraternité Saint Pie X Répondre en citant

Sans aller jusqu'aux écrits sédévacantistes la direction de la FSSPX a fait ce qu'il fallait pour insinuer le doute.
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MessagePosté le: Ven 26 Sep - 08:58 (2014)    Sujet du message: Mgr Williamson exclu de la Fraternité Saint Pie X Répondre en citant

Je pense que Mavendorf a parfaitement raison de dénoncer la collusion bien réelle et bien visible, qu'on trouve souvent dans le mileu nationaliste, entre catholicisme et paganisme.
Cette alliance contre-nature ne peut que desservir la cause catholique et royale.

Néanmoins il serait un peu hâtif d'accuser Mgr Willisamson de participer particulièrement à cette collusion assez générale (Civitas est en fait une émanation laique de la FSSPX).

Il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain, ni la vérité avec les combinaisons politiques douteuses.

Mgr Williamson avait parfaitement le droit de donner son avis sur un point controversé de la 2e guerre mondiale, qui n'est certes pas (en tout cas je veux le croire) un dogme de la religion catholique.


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MessagePosté le: Ven 26 Sep - 09:03 (2014)    Sujet du message: Mgr Williamson exclu de la Fraternité Saint Pie X Répondre en citant

[quote=Mavendorf]dans l’Église Catholique, la communion avec des libéraux ne nuit pas aux bons s’ils ne consentent pas à leur libéralisme[/quote]

Intéressante cette phrase, est-ce qu'on ne pourrait pas également l'étendre au combat polique, a fortiori moins sensible que le domaine spirituel ?


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 14:46 (2016)    Sujet du message: Mgr Williamson exclu de la Fraternité Saint Pie X

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