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Charles de Caqueray

 
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Henryk
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MessagePosté le: Ven 26 Oct - 21:15 (2012)    Sujet du message: Charles de Caqueray Répondre en citant

DE L'UNION INTIME DE LA FOI CATHOLIQUE ET DE LA FOI MONARCHIQUE EN FRANGE PAR

CH. DE CAQUERAY

Fides ! spes !


INTRO.

Pendant la durée des quatorze siècles de la monarchie française, l'hérédité de la royauté fut tellement enracinée dans les moeurs de la nation, que les rois se succédèrent sans interruption jusqu'au 10 Août 1792, malgré l'absence de toute constitution écrite. A la vérité, le pouvoir héréditaire fut confirmé à diverses reprises, soit par des assemblées d'évêques et de barons, soit par les États Généraux, qui proclamèrent solennellement la loi salique; et, en 1789, six millions de Français vinrent consacrer par leur vote ce principe national et traditionnel de la France.

Jusqu'à cette dernière époque, aucune charte ou constitution n'avait eu besoin de proclamer l'hérédité de la monarchie, et le catholicisme avait été la religion de l'Etat en fait et en droit. Ces deux bases fondamen- tales de la société française, le catholicisme et la monarchie, firent sa prospérité et formèrent cette belle unité, sans exemple en Europe, qui a toujours permis à la France de braver ses ennemis, même dans leur plus formidable coalition.

Cependant depuis 1789, les diverses révolutions survenues en ont détruit avee l'ordre politique cette admirable harmonie qui régnait autrefois dans les intelligences et dans, les moeurs. Le double but des fauteurs de ces commotions était de renverser à la fois le catholicisme et la monarchie. Ces deux grandes institutions, sociales étaient confondues par les révolutionnaires dans une- même haine, dans une haine aveugle et sans rivale. Après la tempête révolutionnaire et
lorsqu'on entreprit de relever l'édifice social, il' survint des difficultés insurmontables ; car le déordre était plus encore dans l'état moral que dans l'état politique. Le sentiment du vrai n'avait pas entièrement disparu du fond des coeurs ; mais il s'y était profondément affaibli; aussi l'on voulait sacrifier à l'erreur reçue, comme une conces- sion à faire à la marche des esprits, comme, une satisfaction à donner à l'esprit de la révolution.

La Restauration, eût compris qu'il lui appartenait, sans être ni rétrograde ni révolutionnaire, de reprendre la véritable
reforme politique commencée par Louis XVI en 1789, mais bientôt détournée de son but, et compromise à tout jamais peut-être par les premiers excès de la révolution dans Villèle et Polignac ; la Restauration eût pu rétablir l'ordre moral dans les intelligences et réveiller chez les peuples le sentiment de l'obéissance et du devoir. Mais le serpent révolutionnaire semblait la pousser à sa perte ; la monarchie française allait subir de nouvelles épreuves : les peuples étaient punis, mais non corrigés. Quoi qu'il en soit, la révolution de 1830 augmenta singulièrement encore la perturbation qui régnait dans les esprits.

Sous la Restauration, la plupart des hommes monarchiques étaient en même temps catholiques; de même, les catholiques aimaient aussi la tradition nationale, sur laquelle le pouvoir était édifié. On ne concevait même pas la royauté sans la religion, ni la religion sans la royauté; et si l'on rencontrait des opinions, dont l'inconséquence ne pouvait s'expliquer que par l'esprit de mode ou par les réminiscences révolutionnaires, c'était du moins l'exception.

Mais à la révolution de 1830, il s'opéra un grand changement dans les esprits. Beaucoup de catholiques sincères, animés d'une foi digne des temps les plus glorieux de l'Église, empressons-nous de leur rendre cet hommage, crurent pouvoir se détacher du principe qu'ils avaient autrefois défendu ; ils crurent que le ciel retirerait son appui à la tradition française, et qu'après tout, une usurpation, qui n'était pas de leur fait, pourrait avec le temps recevoir une consécration légitime. Et, comme il arrive toujours dans ces concessions de la faiblesse que l'esprit se fait à lui même, ils oublièrent les excellentes intentions de la Restauration pour ne se souvenir que de ses fautes et de ses lois de compression religieuse, bien qu'elles lui eussent été arrachées par ses plus mortels ennemis. Ils eurent un moment d'espoir, avouons-le, dans les intentions du roi Louis- Philippe ; cette confiance ne fut pas de longue durée.

D'un autre côté, un nombre considérable de catholiques non moins sincères et non moins pieux, étaient restés fidèle à leurs principes monarchiques;, mais quoiqu'il y eût entr'eux tous, royalistes du droit national et royalistes du fait révolutionnaire, une communauté parfaite de sentiments et de dévoûment catholiques, la division fut complète sur le terrain de la politique. Les défenseurs du droit national étaient puissants, tant par leur importance morale que par leur influence dans les provinces. L'opposition qu'ils faisaient à la falsification du principe sur les barricades de juillet. Celte opposition purement politique venait efficacement en aide à celle qu'ils soutenaient contre les tendances irreligieuses du gouvernement de Louis-Philippe; sur ce dernier terrain la droite se rencontrait toujours avec le parti catholique. Les catholiques de l'Univers avaient un premier tort, c'était de prétendre concilier deux choses inconciliables, le catholicisme et le fait révolutionnaire, ou de rester indifférents aux institutions politiques, qui avaient une action directe et forcée sur la situation du catholicisme ; leur second tort avait été de ne pas profiter, en opposition à un gouvernement impie, de l'arme politique du droit traditionnel de la France ; car le droit de la légitimité était pour l'usurpateur et ses complices l'aiguillon non du repentir, mais du remords inquiet sur le succès de l'attentat du 7 août; or cet attentat était inféodé à la philosophie universitaire. Les ca- tholiques n'auraient donc pas dû se séparer alors du grand parti de la droite, si éminemment catholique et national.

En vain nous dira-t-on qu'il s'agissait de soutenir la société. Ce qui l'avait ébranlée, c'était le triomphe de l'erreur et du crime. La protestation solennelle de la droite, conforme aux principes de la morale éternelle des peuples, ne pouvait être une action dissolvante contre ces mêmes principes.
foi, qui voulez sauver en France la propriété, l'autorité, la liberté, ces trois grands principes, dontle lien est la religion et le bonheur de la société le but ; venez a nous, vous tous qui voulez préserver la patrie des formida- bles révolutions qui la menacent; venez à nous! hier, nous étions inséparables; aujourd'hui le péril est commun ; soyons unis dans une même défense: il y va du salut de la société, il y va peut-être aussi du triomphe de la religion.

C'est dans cette situation que la révolution de février rencontra le parti catholique. Tous les catholiques sans exception conçurent sérieusement l'espoir que la cause de la liberté religieuse, en faveur de laquelle ils avaient jusque là si noblement combattu, pouvait sortir victorieuse de cette nouvelle commotion : et en cela, ils eurent peut-être raison ; car la Constitution républicaine proclame en principe la liberté de l'enseignement, tandis que la Charte de 1830 disait seulement au milieu de ses dispositions transitoires : « Il sera pourvu par des lois ultérieures à l'organisation de la liberté d'enseignement.

Au reste, il faut rendre au parti catholique la justice de reconnaître qu'il ne s'abusa pas cette fois, jusqu'au point d'avoir une véritable confiance dans les nouvelles institutions républicaines. Il s'occupa sérieusement de prêcher l'ordre moral par la religion.
Tous les jours encore, il combat les ennemis de l'ordre. Aussi dans la loi de l'enseignement, on l'a vu développer les principes catholiques, conjointement avec la droite proprement dite ; mais il diffère d'elle encore en ce qu'il croit ne pas devoir se préoccuper aussi sérieusement des principes politiques, sur lesquels l'ordre social se fonde. On a même entendu de la bouche de son ancien hef des paroles incroyables de scepticisme politique.

Quant à nous, nous pensons que le parti catholique est dans l'erreur, quand il accepte comme point de départ le fait révolutionnaire accompli.

Nous pensons que, s'il veut seconder efficacement une restauration catholique, il doit tout d'abord trancher sa position politique, et accepter un principe certain, incontestable, d'ordre, d'autorité humaine, et s'appuyer sur le droit national et traditionnel de la France.


Au nom de notre foi religieuse, nous dirons donc au parti catholique que, s'il veut le triomphe du catholicisme, il doit en vouloir les moyens. Et d'abord il doit repousser les institutions qui lui sont hostiles. Or la révolution est le plus terrible de tous ses ennemis ; elle est l'impiété armée de toutes les forces matérielles jointes aux forces anti-morales: sous aucun prétexte, les catholiques ne doivent pactiser avec elle. Il doit aussi chercher le maintien du catholicisme par le concours simultané des lois divines et des lois humaines: l'indifférence sur la constitution politique serait même coupable ; il doit enfin se rallier franchement avec les défenseurs du droit national ; car ils sont aussi les dé- fenseurs-nés de la religion.

Venez donc à nous, vous tous hommes de ...

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5696427t.r=De l'union intime de la fo…
_________________


Dernière édition par Henryk le Dim 6 Jan - 19:07 (2013); édité 3 fois
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MessagePosté le: Ven 26 Oct - 21:15 (2012)    Sujet du message: Publicité

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Henryk
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MessagePosté le: Lun 5 Nov - 18:50 (2012)    Sujet du message: Charles de Caqueray Répondre en citant

... Foi, qui voulez sauver en France la propriété, l'autorité, la liberté, ces trois grands principes, dontle lien est la religion et le bonheur de la société le but ; venez a nous, vous tous qui voulez préserver la patrie des formidables révolutions qui la menacent; venez à nous! hier, nous étions inséparables; aujourd'hui le péril est commun ; soyons unis dans une même défense: il y va du salut de la société ; il y va peut-être aussi du triomphe de la religion.

Tel nous avons vu le lendemain de la Révolution de février. Bien des yeux furent frappés ce jour-là d'ébahissement et de consternation; les figures sinistres, apparues au sommet des barricades, étaient précisément celles qui, dix-huit ans auparavant, avaient fondé l'édifice de Juillet sur les ruines de la monarchie séculaire, conjointement avec les habiles d'alors. Ceux-ci avaient su escamoter la Révolution à leur profit. Mais cette fois, le champ de bataille était resté à ces farouches vainqueurs, débris ralliés des sans-culottes de 93, que le sabre, de Napoléon n'avait pu que contenir; et, maintenant, ils invoquaient avec idolâtrie la tradition sanguinaire de leurs ancêtres.

Lorsque le temps eut atténué le premier ébranlement produit parce spectacle, la cause première de la Révolution put être appréciée. La lumière se fit; on dut se repentir, mais il était trop tard! L'ennemi occupait la place ; il s'agissait de le combattre.

Ce principe d'insurrection qui venait de triompher put alors être suivi dans toutes ses phases, dans tous ses progrès. Fondé par le protestantisme, en 1517, triomphateur au 10 août 1792, maintenu par le Directoire, par le Consulat, couronné par l'Empire, enchaîné par la Restauration, mais exerçant ses ravages à l'ombre, pour être de nouveau proclamé et adoré en Juillet 1830.
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Henryk
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MessagePosté le: Dim 6 Jan - 14:34 (2013)    Sujet du message: Charles de Caqueray Répondre en citant

Les catholiques de l'Univers avaient un premier tort, c'était de prétendre concilier deux choses inconciliables, le catholicisme et le fait révolutionnaire, ou de rester indifférents aux institutions politiques, qui avaient une action directe et forcée sur la situation du catholicisme ; leur second tort avait été de ne pas profiter, en opposition à un gouvernement impie, de l'arme politique du droit traditionnel de la France ; car le droit de la légitimité était pour l'usurpateur et ses complices l'aiguillon non du repentir, mais du remords inquiet sur le succès de l'attentat du 7 août; or cet attentat était inféodé à la philosophie universitaire. Les catholiques n'auraient donc pas dû se séparer alors du grand parti de la droite, si éminemment catholique et national.

En vain nous dira-t-on qu'il s'agissait de soutenir la société. Ce qui l'avait ébranlée, c'était le triomphe de l'erreur et du crime. La protestation solennelle de la droite, conforme aux principes de la morale éternelle des peuples, ne pouvait être une action dissolvante contre ces mêmes principes.


Ce principe d'insurrection qui venait de triompher put alors être suivi dans toutes ses phases, dans tous ses progrès. Fondé par le protestantisme, en 1517, triomphateur au 10 août  1792, maintenu par le Directoire, par le Consulat, couronné par l'Empire, enchaîné par la Restauration, mais exerçant ses ravages à l'ombre, pour être de nouveau proclamé et adoré en Juillet 1830; le 25 Février 1848, il était encore debout, vainqueur et menaçant; et comme nul ne lui disputait la victoire, il allait développer ses dernières conséquences. L'abîmé était béant !

Et cependant le dernier gouvernement île l'eut pas plutôt adoré, qu'il le renia impitoyablement. Mais le principe d'insurrection était plus fort que lui; il s'attacha aux flancs de la nouvelle révolution comme le serpent Laocoon. Pourtant, que de bonne volonté, que d'habileté furent déployées!

Juillet eut beau élever contre son ennemi une redoute avancée et fortifiée; il ne put résister à la prolongation de l'attaque. L'Empire de Février s'en empara et y planta son drapeau,

Les vaincus, sans combat, obligés de se confondre avec tous ceux qui voulaient échapper au désordre, cessèrent dès le lendemain de former un parti distinct ; on vit la merveille d'une armée recrutée de toutes parts, qui s'appela le grand parti de l'ordre et dont es forces innombrables se tournèrent contre l'ennemi commun avec un ensemble jusqu'alors inouï dans l'histoire.

L'armée de l'ordre, rangée sous le drapeau de la République, restera maîtresse du terrain, mais à la condition qu'elle ne se divisera pas, pour marcher dans des directions diffé-
rentes, et que toutes ses forces, unies dans une même pensée, seront uniquement employées au salut de la société révolutionnaire.
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Henryk
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MessagePosté le: Mar 8 Jan - 19:55 (2013)    Sujet du message: Charles de Caqueray Répondre en citant

Si les gouvernants, en qui sont personnifiées les institutions nationales, venaient à manquer à leur mission et à seconder l'empire de l'impiété, ce serait, de leur part, pousser l'imprévoyance jusqu'à fournir des armes contre eux-mêmes. Une si grande aberration, un suicide, ne peuvent être la faute volontaire des pouvoirs. Si les principes impies et révolutionnaires viennent à triompher, la cause peut en être attribuée, soit à l'aveuglement des
hommes revêtus du sacerdoce politique, qui avaient mission de défendre les principes chrétiens, soit à leurs funestes exemples, ou à leur défaut de promptitude et de clairvoyance dans la répression, mais jamais aux principes qui ont fondé ces pouvoirs. C'est ainsi que l'institution de la monarchie héréditaire, en France, a toujours été la sauvegarde des intérêts religieux et des intérêts sociaux.
Voici de quelle manière nous entendons le rapprochement du principe chrétien et du principe monarchique appliqués à la France.

Le principe chrétien supérieur à toutes les institutions humaines, parce qu'il est de révélation divine, leur imprimant ensuite son génie, demeurant indépendant d'elles, parce qu'il est soutenu par une main providentielle.
L'institution de la monarchie héréditaire par ordre de primogéniture, non commandée, mais inspirée par le christianisme, dont la morale est éminemment civilisatrice et conservatrice de ce qui est bon, de ce qui est
dans l'ordre, de ce qui maintient la paix et l'harmonie au milieu des peuples, et repousse tout ce qui produit l'effet contraire.
La monarchie intéressée à conserver et sauvegarder des principes chrétiens.

Le catholicisme, qui ne se manifeste pas toujours par des miracles, en retour, favorable, dans son esprit, à la monarchie héréditaire, parce qu'il voit en elle un des moyens humains et permanents des plus puissants, dont Dieu s'est servi pour la perpétuation de la foi chrétienne, et la conservation des lois morales et sociales/sur lesquelles seules repose la civilisation.

Nous croyons que le catholicisme et la monarchie héréditaire, ont un rapprochement simultané qui consiste, pour l'un et l'autre, à s'appuyer sur un principe d'autorité certain, inviolable; et dans leur dualité, très-distincte,
une communauté d'intérêts à défendre contre tous les gouvernements révolutionnaires et même usurpateurs qui, par la force des choses, sont tous hostiles au catholicisme.


.............


Le gouvernement temporel qui serait le plus propre à empêcher l'autorité d'être arbitraire, et la liberté d'être abusive, serait la perfection politique. Ainsi le gouvernement de l'Eglise offre sous ce rapport l'exemple le plus admirable à suivre; mais la perpétuation de son autorité, par l'éligibilité de son chef, est due évidemment à l'intervention divine. Dans le gouvernement des peuples, la base fondamentale du pouvoir est la question la plus importante, et aujourd'hui la plus difficile et la plus controversée; mais elle ne pourrait guère être calquée sur le principe électif par lequel se succèdent les pontifes depuis dix-huit siècles.

Nous reconnaissons donc hautement, pour nous résumer, que la vérité religieuse est la révélation chrétienne, qu'elle est une, absolue, immuable, universelle; enfin, qu'elle réside dans la tradition catholique, dont l'Eglise, personnifiée dans le Siège apostolique, est le dépositaire et le juge souverain.

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Henryk
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MessagePosté le: Mer 1 Mai - 08:12 (2013)    Sujet du message: Charles de Caqueray Répondre en citant


Encore une fois, nous repoussons toute confusion entre le principe catholique et le principe héréditaire. Il ne s'agit point de deux arcs-boutants, convergents l'un sur l'autre. Ce qu'il s'agit de protéger, c'est l'édifice social. Les deux arcs-boutants le soutiennent, si l'un des deux s'écroule, il entraîne l'édifice avec lui, jusqu'à ce que tout ensemble disparaisse dans la poussière. En effet, renversez l'arc-boutant catholique, c'en est fait de la société comme de la monarchie. Si, au contraire,  vous renversez l'arc-boutant monarchique en croyant pouvoir maintenir le principe catholique, c'est une erreur de votre part, car vous suscitez à la fois, contre le catholicisme et contre la société, son ennemi le plus acharné, la révolution elle-même , qui battra en brèche le catholicisme et l'a société que vous avez eu l'imprudence de découvrir. Cependant vous tenterez de vains efforts contre la foi catholique et apostolique; le roc  de granit, qui fait sa base, pourra être entamé, mais jamais emporté, car sa profondeur est celle du globe; et en France, cette profondeur commence à Tolbiac; elle a une consécration de quatorze siècles de longévité nationale. L'arc catholique est, aujourd'hui, encore indestructible; il rappellera donc aux flancs de l'édifice social l'arc monarchique, son allié le plus intime.



Cette comparaison explique très-clairement le fond de notre pensée. Malgré le parallélisme des deux principes, nous n'établissons point entre eux parité de forces, mais nous croyons qu'ils doivent tous les deux concourir au but commun, le maintien de la société française, et qu'ils lui sont l'un et l'autre indispensables. Il ne s'agit donc plus que de savoir si le catholicisme est aussi profondément enraciné en France que nous l'avançons, et si le principe monarchique est également plein de vie.
Il faut que nous sachions encore si l'incompatibilité, non du catholicisme avec la révolution, car le catholicisme n'est incompatible avec aucun système politique, mais l'incompatibilité de la révolution avec le catholicisme et son hostilité forcée contre lui sont bien réelles; enfin, si le principe héréditaire est l'allié naturel et sympathique du catholicisme.
Si nous réussissons à parcourir cette carrière, notre tâche sera remplie. Fasse le ciel que nos paroles soient aussi claires que nos intentions sont pures, et qu'il veuille bien les agréer comme un hommage rendu à la foi religieuse et à la tradition politique qu'il avait bénie si longtemps en France, et dont il n'a pu permettre la rupture que dans la rigueur de sa justice !




Il faut creuser jusque dans les profondeurs des siècles, pour découvrir l'origine des sentiments catholiques de la France; car ils datent du temps où elle a conquis sa nationalité. Clovis, le premier roi chrétien, soustrait les anciennes Gaules à la domination romaine, de sorte que la véritable nationalité française commence avec le christianisme: et la race conquérante des Francs et la race conquise des Gaulois qui possédait déjà un épiscopat illustre, après avoir donné de glorieux martyrs à la foi, viennent se fondre ensemble dans la fraternité chrétienne.
«Si bien, dit Mézeray, qu'à proprement parler, c'est du jour de la conversion de Clovis que la monarchie des Français commença dans la Gaule. »
Charlemagne ne s'illustre pas plus par ses victoires et sa puissance colossale que par la vivacité de sa foi. Son dévoûment et son respect envers la papauté excitent les peuples a son exemple dans l'immense empire qui lui est soumis. Il confirme au pape Adrien la donation du patrimoine de l'Eglise faite par son prédécesseur.

Les croisades occupent plusieurs siècles.
De quelque manière que ce grand évènement soit apprécié, il prouvera toujours quelle était alors le zèle et l'ardeur de la foi. Un roi de France, entouré de l'amour et des hommages de ses sujets, objet de leur admiration et de celle aussi des rois et des peuples voisins, devient un saint illustre de l'église romaine.
La foi du peuple français est mise à l'épreuve dans le trop célèbre conflit entre. Philippe-le-Bel et le pape Boniface VIII : la France, appelée à se prononcer elle-même à cette première et mémorable convocation des Etats-Généraux, ne cède pas plus de son indépendance nationale qu'elle ne fait fléchir son amour et son respect envers le Saint-Siège. Les libertés nationales, opprimées par sa féodalité, viennent ainsi ressusciter à l'occasion d'une question religieuse. Terrible crise du catholicisme français! Mais telle était la sincérité et sa profondeur, que l'indépendance nationale et la foi catholique  qui auraient pu se combattre, sortirent toutes les deux victorieuses et plus unies que jamais.



p 132

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