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Autour de Nagasaki au XIX...

 
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Henryk
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MessagePosté le: Sam 10 Nov - 21:52 (2012)    Sujet du message: Autour de Nagasaki au XIX... Répondre en citant

L’ÉVANGILE AU JAPON

OUVRAGES DE M. L'ABBÉ S. VERRET  reprises de  M. Alfred Ligneul
La matière de ce livre a été extraite de la correspondance et des ouvrages d'un de nos maîtres vénérés, à qui il faut en reporter tout le mérite.
Nous voulons nommer M. Alfred Ligneul, ancien professeur au Petit Séminaire de Chartres, prêtre de la Société des Missions-Étrangères de Paris, Supérieur du Séminaire de Tokio. M. Ligneul habite Tokio depuis 1880. Comme le faisaient remarquer les Missions-Catholiques (10 janvier 1902), la connaissance des hommes et des choses du Japon que, durant ce long séjour, M. Ligneul a acquise, donne une grande autorité à sa parole. C'est de lui qu'un journal influent de Tokio disait, en 1902 : « Comme controversiste, M. Ligneul n'a peut-être pas son égal dans 1 Eglise chrétienne au Japon. Parmi les objections lancées contre le christianisme, il en est bien peu auxquelles il n'ait pas répondu avec une grande compétence. »
La correspondance fidèle de M. Ligneul va de 1880 à aujourd'hui. Rien n'a vieilli. Lui-même nous avertit que « si, au dehors, les anciens usages se heurtent, se mêlent avec les nouveaux, et se modifient peu à peu à leur contact, ils ne cèdent pas tout à fait. En réalité les vieilles idées, les vieilles mœurs et l'ancien habit se maintiennent toujours dans la famille.

Dès qu'un Japonais, même haut fonctionnaire, rentre chez lui, son premier soin est de reprendre l'habit de son pays et de rentrer en même temps dans ses habitudes. » (Les Missions Catholiques, 10 janvier 1902, p. 19.)

Pour éclairer ici et là ou résumer la correspondance et les ouvrages de M. Ligneul, nous avons consulté surtout les sources suivantes :
La Religion de Jésus ressuscitée au Japon dans la seconde moitié du XIXe siècle, par FRANCISQUE MARNAS, missionnaire apostolique, vicaire général honoraire du diocèse d'Osaka— Les Missions Catholiques au XIXe siècle, par LOUIS-EUGÈNESauf pour le chapitre sur les Trappistes au Japon, lequel a d'ailleurs pour auteur le supérieur du Séminaire de Tokyo (1), nous nous sommes limité à ce qui concerne le diocèse de Tokio luimême. On en comprend les raisons : Tokyo est la capitale de l'empire, Tokyo est le siège métropolitain. Bien que ce centre de mission ne soit ni le plus ancien dans la restauration de l'Eglise au Japon, ni actuellement le plus riche en catholiques, cependant son importance ne laisse pas d'être toute particulière.

(1) De plus le diocèse de Hakodaté, dans lequel est située la Trappe de Notre-Dame du Phare, a fait partie du diocèse de Tokyo jusqu'en 1891.Enfin les renseignements personnels que nous tenons de M. Ligneul concernent avant tout ce qu'il a sous les yeux depuis 1880, c'est-à-dire la mission de Tokyo, ou, pour parler plus exac- tement, les œuvres auxquelles il a été spécialement mêlé dans la mission de Tokyo.
Loin donc de nous la pensée de vouloir exalter, aux dépens des autres, une mission ou un missionnaire. Les vrais missionnaires ne parlent que peu d'eux-mêmes, et toujours en renvoyant le mérite à leurs confrères. Et quant aux missions, elles se valent toutes, puisque dans toutes on travaille pour le même Maître. « Si longs que soient les rayons, dit M. Ligneul, tous aboutissent au centre, et c'est là qu'on se retrouve. Le travail de l'un est le travail de tous ; les succès de l'un sont la joie de tous.

Le vrai bonheur de la vie en mission, c'est le travail et la charité. »

Dieu veuille que le dévouement de nos chers et vénérés compatriotes, les missionnaires de la Société des Missions-Étrangères de Paris, soit de plus en plus fécond dans ce pays que M. Li- gneul appelle « notre cher et beau pays du Japon », chez ce peuple dont il écrit : « Malgré tout, le peuple japonais aime la France Parmi les étrangers en général, le Français de France est celui dont le caractère lui est le plus sympa- thique, celui dont, par tempérament, il serait le plus disposé à recevoir l'action. » Cependant, près de quelques-uns, un espoir invincible persistait. Des pressentiments secrets avertissaient les catholiques qu'ils avaient encore des frères au Japon. On se refusait à croire à la mort définitive de cette Eglise, qui avait donné des preuves si énergiques de vitalité. Un grand nombre de lettres de missionnaires se font l'écho de ces préoccupations, pendant les quarante pre- mières années du XIXe siècle.

En 1846, Grégoire XVI, qui a tant fait pour les missions, rétablit le Vicariat apostolique du Japon,, et le confia à la Société des Missions-Étrangères de Paris. Deux missionnaires de Corée, M. Forcade mort archevêque d'Aix, et M. Leturdu mort dans  les prisons de Canton, s'établirent d'abord aux îles Riu-Kiu. Après deux ans d'efforts infructueux pour se mettre en rapport avec les Japonais, il fallut abandonner le poste.


(1) Sermon pour la fête de l'Epiphanie.

Au mois de février 1854, le commodore américain Perry, à la tète d'une petite escadre, forçait les portes du Japon.

Mais ce ne fut qu'en 1861 que les missionnaires purent s'établir dans l'empire, à la suite des traités de commerce conclus avec les nations européennes, et spécialement avec la France, le 9 octobre 1857.

Leur position était fort précaire. Sévèrement confinés dans les deux ou trois ports ouverts aux Européens, les missionnaires se sentaient surveillés par une police vigilante ; et il leur était à peu près impossible d'aborder efficacement les indigènes. D'ailleurs, les anciens édits contre la « religion infâme » subsistaient toujours, et la mort attendait le premier Japonais qui se fût hasardé à s'approcher de ces étrangers doublement suspects, comme Européens et comme prêtres. Il n'y avait donc qu'à attendre le moment de Dieu et à préparer l'avenir. C'est ce que firent les missionnaires avec une abnégation complète. Ils limitèrent leur ministère aux rares Européens présents dans les ports du Japon, élevèrent quelques chapelles, au frontispice desquelles ils arborèrent la croix si longtemps proscrite, et étudièrent la langue, les mœurs, les institutions sociales de ce peuple étrange.



Leur attente ne fut pas trompée. L'heure de la résurrection allait sonner pour cette Église qui sommeillait depuis trois siècles. En 1862, Pie IX appelait le monde catholique à Rome pour célébrer la canonisation des premiers martyrs japonais. En présence de trois cents évêques et de plus de trois cent mille fidèles, il élevait sur les autels Vingt-six Martyrs japonais : trois religieux de la Compagnie de Jésus, Paul Miki, Jean de Goto et Jacques Kisaï, six Franciscains ayant à leur tête le Père Pierre-Baptiste, dix-sept Tertiaires, parmi lesquels étaient trois enfants de chœur, Louis, qui avait douze ans, Antoine et Thomas qui en avaient quinze. Les Vingt-six Martyrs avaient été crucifiés à Nagasaki, le 5 fé- vrier 1597. Cette grande fête du ciel et de la terre était l'aurore de la résurrection.
A Nagasaki, les missionnaires s'étaient empressés naturellement d'élever une église aux Vingt- six Martyrs ; et, malgré les efforts de la police, la foule des visiteurs affluait, poussée par la curiosité. Le vendredi, 17 mars 1865, vers midi et demi, un groupe de douze à quinze personnes, femmes et enfants, se tenait à l'entrée de l'église des Vingt-six Martyrs, avec des allures qui dénotaient autre chose qu'un sentiment vulgaire.

Msr Petitjean a raconté comment, poussé sans doute par son ange gardien, il se rendit auprès d'elles. La porte était fermée, il l'ouvre ; puis, suivi de ces visiteurs, et appelant intérieurement sur eux les bénédictions de Dieu, il s'avance vers le sanctuaire. Arrivé devant le tabernacle, il se met à genoux, et adore Notre-Seigneur Jésus-Christ dans la Sainte Eucharistie. « Je l'adorais, dit-il, et le conjurais de mettre sur mes lèvres des paroles propres à toucher les cœurs, et à lui gagner des adorateurs parmi ceux qui m'entouraient. » Mais à peine le temps de réciter un Pater s'est-il écoulé, que trois femmes de cin- quante à soixante ans viennent s'agenouiller tout près de lui, et que l'une d'elles lui dit, la main sur la poitrine et à voix basse, comme si elle eut craint que les murs n'entendissent ses paroles :
— « Notre cœur à nous tous qui sommes ici est le même que le vôtre.

— Vraiment ! répondit-il. Mais d'où êtes-vous donc ?
— Nous sommes tous d'Urakami (1). A Urakami, presque tous ont le même cœur que nous. »

Et aussitôt cette femme lui demande : « Sancta Maria no gozowo iloko ? — Où est l'image de Sainte-Marie ?» — A ce nom béni de Sancta Maria M. Petitjean n'a plus de doute ; il est sûrement en présence de descendants des anciens chrétiens du Japon. Il ne sait comment remercier Dieu pour
tout le bonheur dont cette révélation vient d'inonder son âme. Quelle compensation à ses cinq
années d'un ministère stérile ! Entouré de ces inconnus d'hier et pressé par eux comme par des enfants qui ont retrouvé leur père, il les conduit à l'autel de la Sainte-Vierge. A son exemple tous s'agenouillent et essayent de prier, mais la joie les emporte. — « Oui, c'est bien Saactci Maria ! s'écrient-ils à la vue de la statue de Notre-Dame.
(1) La vallée d'Urakami est à deux lieues de Nagasaki.
Voyez sur son bras On ko Jesus Sama, — son auguste fils Jésus ! »

Depuis qu'ils se sont fait connaître au missionnaire, ils se laissent aller à une confiance, qui contraste étrangement avec les manières de leurs frères païens. Il faut répondre à toutes leurs questions, leur parler de Deus Sama, 0 Jésus Sama, Sancta Maria Sama. Ce sont les noms par lesquels ils désignent Dieu, Notre- Seigneur Jésus-Christ, la Sainte-Vierge. La petite statue de Notre-Dame avec l'Enfant-Jésus leur rappelle la fête de Noël qu'ils ont célébrée au onzième mois.

— « Nous faisons la fête de On Aruji Jésus Sama le 25e jour du Shimo Asuki, dit une des personnes présentes. On nous a enseigné que ce jour-là, vers minuit, il est né dans une étable, puis qu'il a grandi dans la pauvreté et la souffrance, et qu'à trente-trois ans, pour le salut de nos âmes, il est mort sur la croix. En ce moment, nous sommes au temps de la tristesse, kanashimi no setsu. Avez-vous aussi ces solennités ?

— « Oui, répond M. Petitjean, nous sommes aujourd'hui au 17e jour de kanashimi no setsu.

Il avait compris que par ces mots ils entendaient le Carême. Ils lui parlent aussi de saint Joseph, qu'ils appellent 0 Jésus Sama no Yo-fu — le père adoptif du Seigneur Jésus.
Tout à coup, au milieu des questions qui s'entrecroisent, un bruit de pas se fait entendre. Ce sont d'autres Japonais qui entrent dans l'église.

En un clin d'œil, ceux qui entourent le missionnaire se dispersent en tous sens, mais presque immédiatement ils reviennent à lui riant de leur frayeur. « Nous n'avons rien à craindre de ceux- là, disent-ils. Ce sont des gens de notre village : ils ont le même cœur que nous (1). »

(1) Il faut lire dans M. Marnas, d'après les lettres et le journal de Mgr Petiljean, le récit, palpitant comme un roman, de la découverte successive des chrétiens des environs de Nagasaki.

On y voit qu'ils avaient conservé nos prières catholiques en latin, le Pater, rAve Maria, le Credo, le Salve Regina, le chapelet. l'acte de contrition, les prières des agonisants accompagnées de l’usage des cierges bénits, le signe de la croix, nos noms de baptême, Petoro, Paolo, liwano (Jean), Domingo, Virginia, Thomas, et le baptême lui-même avec la formule sacramentelle, la prière en commun, un livre de doctrine écrit de mémoire en 1822 et relatant la foi catholique sur la création, les anges, la chute de l'homme, le Messie promis, les mystères de la Sainte Trinité, de l'Incarnation et de la Rédemption, le Ciel, le Purgatoire, l'Enfer, la foi et l'obéissance au Grand Chef du Royaume de
Rome, et enfin la notion du célibat ecclésiastique.

— « N'avez-vous point d'enfants, nous demande Pierre Domingo, d'un air timide.

— « Vous et tous vos frères chrétiens et païens du Japon, Pie IX, averti immédiatement de la découverte des anciens chrétiens, voulut instituer une fête spéciale qui se célèbre chaque année au Japon, le 17 mars, sous le rite double majeur, pour solenniser la résurrection de cette Eglise.
voilà les enfants que le Bon Dieu nous a donnés. Pour d'autres enfants, nous ne pensons pas en avoir. Le prêtre doit, comme vos premiers missionnaires, garder toute sa vie le célibat. »

A cette réponse, Pierre et ses compagnons inclinent leur front jusqu'à terre, en s'écriant : « Ils sont vierges ! Merci! merci!

Virgen degosaru ! 0 arigato ! 0 arigato ! » Et ils ne tarissent plus en expressions de reconnaissance. Le célibat du prêtre, tel fut le signe auquel les chrétiens du Japon achevèrent de reconnaître, en 1865, dans les nouveaux missionnaires, les successeurs de leurs premiers apôtres. (MARNAS, La Religion de Jésus ressuscitée au Japon, I, 487 sq.)
Coïncidence curieuse : le 17 mars 1888, 23e anniversaire de la découverte des anciens chrétiens par Mgr Petitjean, les missionnaires du Japon central avaient été amenés à découvrir dans le village de Haga-Mura, près d'Okoyama, et à Okoyama même, les descendants de saint Jacques Ichikawa Kisayemon désigné ordinairement sous le nom de Kisaï, l'un des martyr de 1597. Le vieux nom de « Kirixutan » (chrétien) avait survécu dans la localité de Haga-Mura. L'immeuble habité par la famille Uchida, à Okoyama, était tout entier décoré de croix ; chaque tuile de la toiture, chaque poutre de la charpente portait ce signe. Après trois siècles où elles avaient été laissées à elles-mêmes et privées de tout secours sacerdotal, ces familles, lignée des vieux chrétiens, confesseurs de la foi en 1597, dès le premier contact avec les missionnaires, rentrèrent dans notre foi, comme chez elles.

L'Église du Japon était retrouvée. Malgré l'atrocité d'une persécution de trois siècles, malgré l'absence du prêtre pendant 180 ans, des milliers et des milliers de Japonais, sans autels, sans culte, avaient réussi à conserver leur foi. C'est là un des plus prodigieux exemples de vitalité qu'on trouve dans les annales de l'apostolat.
Une dernière épreuve était réservée à cette Église renaissante. Malgré toutes les précautions prises, le secret ne put être gardé. Une nouvelle persécution éclata. De 1868 à 1873, six à huit mille chrétiens furent déportés, séparés de leurs familles, soumis à des tortures atroces. Près de deux mille moururent en prison, à la suite des mauvais traitements.

L'Europe chrétienne, qui avait ses représentants au Japon, s'émut de ces barbaries. Plus chrétiens, ou moins fanatiques que ceux du XVIe siècle, les ambassadeurs protestants furent les premiers à réclamer avec énergie. Le gouvernement japonais mit un terme à la persécution, rendit à la liberté les fidèles prisonniers pour la foi, et supprima en fait les édits contre les chrétiens, après les avoir fait disparaître des places publiques et des grands chemins, sous prétexte qu'affichés depuis longtemps ils étaient maintenant assez connus.







Toutefois, s'il ne voulait plus persécuter, il n'entendait pas renoncer pour cela à ses traditions religieuses. Au sommet du pouvoir, quelques habiles tentèrent de fusionner toutes les doctrines, ou plutôt toutes les erreurs en matière de religion, ayant cours dans le pays. Leur dessein était de les
fortifier en les coalisant, et de les opposer aux envahissements du christianisme, resté pour ces retardataires l'ennemi traditionnel. La tentative échoua, et Bouddhisme et Shintoïsme demeurèrent divisés de doctrine, mais unis dans une haine commune de l'Evangile. Le 15 août 1878, la nouvelle église de Tokio dont les travaux avaient commencé en février, était solennellement bénite. Cette belle cérémonie, l'une des plus imposantes que l'on eût encore vues au Japon, était rehaussée par la présence de deux évêques et de toutes les notabilités de la colonie française, honorée du concours de la musique militaire japonaise gracieusement oc- troyée par le ministre de la guerre, et se termi- nait par une procession publique, la première de la capitale, avec croix et bannière, au chant des litanies, au son joyeux des cloches (1).


 Voici le texte de ces fameux édits qui firent partie jusqu'après 1880 de la législation japonaise. L'édit de 1640 disait : « Tant que le soleil échauffera la terre, qu'il n'y ait pas de chrétien assez hardi pour venir au Japon Que tous le sachent. Quand ce serait le roi d'Espagne en personne ou le Dieu des chrétiens, celui qui violera cette défense le paiera de sa tète. » L'édit d'avril 1868 disait : « Comme l'abominable religion des chrétiens est sévèrement prohibée, chacun sera obligé de dénoncer aux autorités compétentes toutes les personnes qui lui paraîtront suspectes ; une récompense lui sera accordée pour ce fait. »

L'édit du 8 juin 1868 était ainsi conçu : « Quoique la secte des chrétiens ait été, il y a déjà plusieurs siècles, très rigoureusement persécutée par le gouvernement de Bangfon, elle n'a pas été totalement exterminée. C'est pourquoi le nombre des disciples de la doctrine chrétienne ayant récemment pris un accroissement considérable dans le village d Urakami, près de Nagasaki, village dont les habitants y adhèrent secrètement, après mûre réflexion, il a été ordonné par la plus haute autorité que les chrétiens seraient mis en prison. Cependant, en 1880, les missionnaires n'en étaient encore qu'à la tolérance relative. Trois d'entre eux avaient, à titre de professeurs de fran- çais, un permis de résidence provisoire pour deux ou trois ans. Trois autres, décorés du titre de missionnaires ambulants, pouvaient aussi, grâce à des permis de circulation souvent renouvelés, aller çà et là dans l'intérieur jeter la bonne semence de l'Évangile (2). Peu à peu l'amour du progrès, le désir surtout de figurer au nombre des nations civilisées et d'en obtenir les prérogatives, au point de vue des relations internationales, l'emportaient sur les traditions et les préjugés du passé. A la suite du mouvement d'opinion qui se produisait dans la classe dirigeante, le gouvernement, par le décret du 11 août 1884, enlevait à peu près complètement tout caractère officiel aux sectes traditionnelles,, et le Bouddhisme et le Shintoïsme se trouvaient abandonnés à leurs propres forces, devant la propagande ardente et rivale du protestantisme allemand, anglais et américain, du schisme russe, et de l'Eglise catholique. Ce décret rendait à chaque secte religieuse, dont le nombre n'était pas inférieur à trente-sept, son autonomie, chacune s'administrant d'après les principes de sa croyance, et se nommant un patriarche qui est le supérieur de toute la secte, sous le contrôle toutefois du ministre de l'intérieur. Aux termes de la loi, il n'y avait plus de religion d'Etat. Les prêtres bouddhistes ou shintoïstes n'étaient plus considérés comme les fonctionnaires de l'Etat.


 Cela n'empêchait pas d'ailleurs que le Shintoïsme ne restât toujours la religion du souverain, et que les cérémonies shintoïstes ne fussent obligatoires pour un bon nombre de fonctionnaires (2).

En 1885, Mgr Osouf revenait de Rome, chargé par Sa Sainteté Léon XIII d'une mission officielle auprès de S. M. le Mikado. Le 12 septembre, il était reçu, à ce titre, par l'Empereur dans une audience solennelle, au palais d'Akasaka, à Tokio, avec tout le cérémonial usité pour la réception des ministres plénipotentiaires. M. Sienkiewicz, ministre plénipotentiaire de France au Japon, avait été officiellement chargé par le gouvernement français, sur la demande du Vatican, de prêter son concours au Vicaire apostolique.

Msr Osouf, dans cette audience solennelle, remettait à l'Empereur du Japon la lettre du Sou- verain Pontife par laquelle « Sa Sainteté Lui exprimait directement combien Elle appréciait les nobles aspirations de son Gouvernement, et Lui témoignait aussi les sentiments particuliers qui l'animaient à l'égard de son Auguste Personne. »








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Dernière édition par Henryk le Ven 3 Mai - 21:22 (2013); édité 1 fois
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MessagePosté le: Sam 10 Nov - 21:52 (2012)    Sujet du message: Publicité

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Henryk
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MessagePosté le: Ven 3 Mai - 21:11 (2013)    Sujet du message: Autour de Nagasaki au XIX... Répondre en citant

Notre Dame d'Akita
les apparitions d'Akita (Japon) sont reconnues par l'évêque du lieu




1er Message : Vendredi 6 Juillet 1973
C'était déjà la nuit profonde quand, vers trois heures du matin...J’étais en train de prier. C'est alors que j'ai entendu une voix qui venait je ne sais d'où et qui me disait: "Ne crains pas. Ne prie pas seulement à cause de tes péchés, mais en réparation de ceux de tous les hommes. Le monde actuel blesse le Très Saint Cœur de Notre-Seigneur par ses ingratitudes et ses injures. La blessures de Marie est beaucoup plus profonde et douloureuse que la tienne.
Allons prier ensemble à la chapelle."La personne qui s'exprimait ainsi était la jolie personne qui avait dit la prière avec moi dans la chapelle."
Sans doute m'étais-je un peu habituée à elle. Toujours est-il que je me suis enhardie pour la première fois à regarder le visage de celle qui se tenait si près de mon épaule droite. En la voyant, la ressemblance était tellement frappante que j'ai prononcé instinctivement le nom de ma sœur aimée. Celle-ci était décédée quelques années auparavant après avoir reçu la grâce du baptême."

Alors, elle m'a souri avec douceur et m'a fait un léger "non" de la tête: " Je suis celui qui est avec toi et qui veille sur toi. " En même temps, elle m'a fait signe de sortir et a disparu à mes yeux. Je me suis vite rhabillée et quand je suis sortie dans le corridor, elle se trouvait à quelques pas devant moi. Je l'ai suivie à travers le long couloir, à pas rapides, habitée d'un sentiment de sécurité tout à fait comparable à celui du petit enfant qu'on tient par la main. Dès que j'ai mis le pied dans la chapelle, celle qui était si près de moi comme une présence rassurante disparut à mes yeux. "Me trouvant seule, j'ai fait un salut en direction de l'autel, puis je me suis dirigée vers la statue de la Sainte Vierge."
Les paroles de la "femme" résonnaient encore dans mon esprit: " La blessure de Marie est beaucoup plus profonde et douloureuse... "
A l'époque, la statue était installée à droite au fond de l'autel, lequel était surélevé. Lorsque j'ai mis le pied sur la marche de l'autel, j'ai senti soudain que la statue de bois prenait vie et qu'elle était sur le point de m'adresser la parole. J'ai regardé: elle était baignée d'une lumière éblouissante. Instinctivement, je me suis prosternée à terre et au même moment une voix d'une beauté indescriptible a frappé mes oreilles totalement sourdes:

"- Ma fille, ma novice, tu m'as bien obéi en abandonnant tout pour me suivre. L'infirmité de tes oreilles est-elle pénible ? Elles guériront, sois-en sûre. Sois patiente. C'est la dernière épreuve. La blessure de la main te fait-elle mal ? Prie en réparation des péchés de l'humanité. Chaque personne de cette communauté est ma fille irremplaçable.
Dis-tu bien la Prière des Servantes de l’Eucharistie ?Allons, prions ensemble."

Alors qu'Elle commençait la prière, l'ange qui m'avait conduit à la chapelle réapparut à côté de moi et se joignit à nos voix.
Toujours prosternée et l'esprit vide de toute autre pensée, je venais d'entamer la phrase "Jésus présent dans l'Eucharistie" quand la voix m'interrompit: "réellement présent", et comme pour mieux l'imprégner dans mon esprit troublé, la voix compléta: "Dorénavant, tu ajouteras réellement", dit-elle en insistant sur le mot réellement."

Ai-je même trouvé le temps de répondre oui? Tout ce que je sais, c'est que je ne pensais plus à rien d'autre en m'unissant à la voix dont la beauté inexprimable semblait venir du Ciel. J'étais aidée par la douce voix qui parlait à mes côtés:
" Ô Jésus qui êtes réellement présent dans l’Eucharistie, je joins mon cœur à Votre Cœur adorable immolé en perpétuel sacrifice sur tous les autels du monde, dans la louange du Père, implorant la venue de votre Règne, et je vous fait l'oblation totale de mon corps et de mon âme. Daignez agréer cette humble offrande comme il vous plaira, pour la gloire de Dieu et le salut des âmes. Sainte Mère du Ciel, ne permettez pas que je sois jamais séparée de votre Divin Fils et gardez-moi toujours comme votre propriété. Amen. "
Quand la prière fut terminée, la voix reprit:
" Prie beaucoup pour le Pape, les Évêques et les prêtres. Depuis ton baptême, tu as toujours prié fidèlement pour eux. Continue de prier beaucoup, beaucoup. Transmets à ton Supérieur ce qui s'est passé aujourd'hui et obéis-lui dans tout ce qu'il te dira. Présentement, il demande qu'on prie avec ferveur".
La voix se tut et après un court instant, l'ange entama une prière qui nous est familière. Je repris aussitôt avec lui: "Seigneur Jésus-Christ, Fils du Père... " Quand cette prière fut terminée, j'ai relevé timidement la tête: la splendeur lumineuse avait complètement disparu. Un ange n'était plus visible et la statue avait retrouvé son aspect habituel. "



2ème Message : 3 août 1973, premier vendredi du mois
Une semaine a passé. Sœur Agnès commence la journée par un temps de prière plus long que d'habitude à la chapelle. La matinée s'écoule sans événement particulier. L'après-midi, pendant la visite au Saint Sacrement, elle raconte ce qui arriva:
" Je suis restée à méditer la Passion de Notre-Seigneur à partir de deux heures et demie de l'après-midi et j'ai récité un chapelet. S'était-il écoulé plus d'une heure depuis mon arrivée à la chapelle? Ce jour-là, l'ange gardien est apparu, ce qui n'était pas arrivé depuis longtemps, et il a récité le chapelet avec moi. Pendant ce temps, j'avais à l'esprit les questions de Monseigneur et je priais secrètement que l'occasion me soit donnée de les formuler.
L'ange avait-il deviné mon désir? L’occasion me fut donnée rapidement:
" Tu as quelque chose à demander? Vas-y, tu n'as pas à te gêner, dit-il avec un sourire en penchant un peu la tête. Alors, prenant mon courage à deux mains, très impressionnée, j'entamai le premier mot, quand soudain, de la statue de Marie, j'entendis comme la première fois la voix d'une indicible beauté:

" Ma fille, ma novice, aimes-tu le Seigneur? Si tu aimes le Seigneur, écoute ce que j'ai à te dire.C'est très important. Tu le transmettras à ton Supérieur."
" Beaucoup d'hommes en ce monde affligent le Seigneur. Je souhaite des âmes pour Le consoler. Pour adoucir la colère du Père Céleste, je souhaite, avec mon Fils, des âmes qui réparent, par leur souffrance et leur pauvreté, pour les pécheurs et les ingrats."
" Pour faire connaître au monde sa colère, le Père Céleste s'apprête à infliger un grand châtiment à l'humanité entière. Avec mon Fils, je suis intervenue tant de fois pour apaiser le courroux du Père. J'ai empêché la venue de calamités en lui offrant les souffrances du Fils sur la Croix, son précieux Sang, les âmes bien-aimées qui le consolent et forment la cohorte des âmes victimes. Prière, pénitence et sacrifices courageux peuvent adoucir la colère du Père. Je le désire aussi de ta communauté. Qu'elle aime la pauvreté, se sanctifie et prie en réparation des ingratitudes et des outrages de tant d'hommes.
Récitez la Prière des Servantes de l'Eucharistie en prenant bien conscience de son contenu; mettez-la en pratique; offrez en réparation des péchés. Que chacune s'efforce, selon ses capacités et sa position, de s'offrir entièrement au Seigneur."
Même dans un Ordre séculier, la prière est nécessaire. Déjà, les âmes qui veulent prier sont en train d'être rassemblées. Sans trop vous attacher à la forme, soyez fidèles et ferventes à la prière pour consoler le Maître. "
Après un silence:
" Ce que tu penses dans ton cœur, est-ce vrai? Es-tu vraiment décidée à devenir la pierre rejetée? Ma novice, toi qui veux être sans partage au Seigneur, pour devenir l'épouse digne de l'Époux, prononce tes vœux en sachant que tu dois être fixée sur la croix avec trois clous. Ces trois clous sont la pauvreté, la chasteté et l'obéissance. Des trois, l'obéissance est le fondement. Dans un total abandon, laisse-toi conduire par ton Supérieur. Il saura te comprendre et te diriger. "
C'était une voix d'une beauté indéfinissable, comme il ne peut y en avoir qu'au Ciel. J'étais beaucoup trop impressionnée.
Cependant, au cours de l'office du soir se produisit un phénomène inhabituel qui porta la métamorphose de la main à la connaissance de toutes. L'office allait bientôt se terminer quand la statue devint à nouveau resplendissante de lumière. L’une des Sœurs, qui se trouvait au premier rang, aperçut un liquide ruisselant comme de la sueur et sortit en informer les absentes.
Sœur Agnès qui avait la tête baissée et ne se doutait de rien, sentit soudain quelqu'un à côté d'elle. Elle leva les yeux et vit l'ange qui lui parla:
"Marie est encore plus triste que lorsqu'elle versait du sang. Essuie la sueur. "
Elle se joignit aux autres qui avaient apporté un sac de coton hydrophile. A cinq, elles épongèrent la sueur avec beaucoup de précaution et de dévotion. Tout le corps en était trempé. Elles avaient beau essuyer, essuyer... Un liquide semblable à de la sueur graisseuse suintait sans arrêt, surtout sur le front et sur le cou. A la stupéfaction générale se mêlait un chagrin partagé par toutes. Sœur K. pria avec des larmes dans la voix: "Sainte Marie, pardonnez-nous de vous causer tant de tristesse et de douleur. Nous vous demandons pardon pour nos péchés et nos fautes. Protégez-nous, aidez-nous! ", et chacune de s'appliquer à essuyer avec les autres l'endroit qui se présente devant ses yeux dans une commune intention de réparation et de vénération. Les cotons sont trempés à tordre.
Après le dîner, on retourne voir la statue: elle est à nouveau en sueur. Affolées, les Sœurs recommencent à essuyer. On entend même Sœur 0., qui n'est pas d'un naturel bavard, murmurer d'une voix triste: " Mon coton ne s'imbibe pas. On dirait que cela ne coule pas quand j'essuie. " Aussitôt, comme en réponse à ses paroles angoissées, le coton qu'elle tient se met à boire comme une éponge trempée dans l'eau, ce qui l'impressionne beaucoup.
Au bout d'un moment, l'une des Sœurs fait remarquer que les cotons sentent bon. Chacune se met à sentir le sien: il s'en dégage une essence subtile dont on ne peut dire si elle tient de la rose, de la violette ou du lys. C'est le ravissement général, on n'a jamais senti une essence aussi merveilleuse. Quand Sœur 0. déclare que le plus subtil des parfums ne peut exhaler une telle suavité, et c'est bien l'avis de tout le monde, on se demande si ce ne serait pas le parfum du Paradis.
Le dimanche suivant, quand elles entrent dans la chapelle, elles sont frappées par le même parfum. La Supérieure va s'assurer qu'il vient bien de la statue tandis que les autres, restées à leur place, se sentent comme enveloppées dans les délicieuses effluves. L'abattement de la veille au soir causé par la découverte de la sueur, fait place à la paix et à la joie qui rayonnent sur tous les visages.
Le parfum resta longtemps dans la chapelle. A chaque fois qu'on y allait, on avait l'impression d'être comme transporté au Ciel.


LE TROISIÈME MESSAGE DE LA VIERGE


Peu après, ses compagnes lui confient la garde de la maison pendant qu'elles sortent en ville. Elle en profite pour se rendre à la chapelle où elle décide de dire le chapelet.Elle raconte:
"Sortant mon chapelet, je me suis agenouillée et j'ai fait le signe de croix. A peine ce geste était-il achevé que la Voix d'une indicible beauté parvint de la statue à mes oreilles sourdes. Dès le premier mot, je me suis prosternée à terre en concentrant toute mon attention:
" Ma fille chérie, écoute bien ce que je vais te dire. Tu en informeras ton Supérieur. "Après un court silence:


" Comme je te l'ai déjà dit, si les hommes ne se repentent et ne s'améliorent pas, le Père infligera un châtiment terrible à l'humanité entière. Ce sera alors un châtiment plus grave que le déluge, tel qu'il n'y en a jamais eu auparavant. Un feu tombera du ciel et anéantira une grande partie de l'humanité, les bons comme les méchants, n'épargnant ni les prêtres ni les fidèles.
Les survivants se trouveront dans une telle désolation qu'ils envieront les morts. Les seules armes qui nous resteront alors seront le Rosaire et le Signe laissé par le Fils. Récitez chaque jour les prières du Rosaire. Avec le Rosaire, priez pour le Pape, les Évêques et les prêtres.
" L'action du diable s'infiltrera même dans l Église, de sorte qu'on verra des cardinaux s'opposer à des cardinaux, des évêques contre d'autres évêques. Les prêtres qui me vénèrent seront méprisés et combattus par leurs confrères, les églises, les autels saccagés, l Église sera pleine de ceux qui acceptent les compromis et le démon poussera beaucoup de prêtres et de consacrés à quitter le service du Seigneur."
Le démon s'acharne surtout contre les âmes consacrées à Dieu. La perspective de la perte de nombreuses âmes est la cause de ma tristesse. Si les péchés croissent en nombre et en gravité, il n'y aura plus de pardon pour ceux-ci."
Avec courage, parle à ton Supérieur. Il saura encourager chacune d'entre vous à prier et à accomplir des œuvres de réparation."





LA STATUE DE MARIE VERSE DES LARMES


C'était le 4 janvier 1975, premier samedi du mois, vers neuf heures du matin, alors que les esprits étaient encore tout imprégnés de l'atmosphère joyeuse des festivités qui rythment les trois premiers jours de l'année. Je me trouvais au presbytère quand la nouvelle me fut annoncée précipitamment: " La statue de la Vierge pleure! "
Comme c'était le dernier jour d'une retraite prêchée aux Sœurs, j'avais commencé à préparer le sermon, mais j'ai tout de suite déposé mon stylo pour aller voir.
Il était normal d'espérer qu'un signe du Ciel viendrait authentifier les messages donnés à trois reprises par la Vierge à Sœur Agnès. Je m'attendais plus ou moins à la venue prochaine d'un nouveau miracle.
En y réfléchissant bien, ce genre de prodige auquel personne ne s'attendait devait être sans aucun doute le miracle le plus approprié pour une telle cause. Grâce touchante du Ciel en harmonie parfaite avec le contenu des messages, qui remplit à tout instant le cœur d'une profonde gratitude.


Les notes et souvenirs de Sœur Agnès, qui fut l'un des premiers témoins oculaires, évoquent le jour de la première lacrymation:
"C'était après le temps de prière qui succède au petit déjeuner. Sœur K., qui mettait de l'ordre dans la chapelle, vint m'appeler en courant, alors que j'étais dans le couloir:"
- Agnès, viens voir!"
Me demandant ce qui se passait, je l'ai suivie dans la chapelle. Elle m'a montré du doigt la statue de la Vierge."


Qu'y a-t-il?, lui ai-je demandé en regardant son visage qui avait pris une couleur terreuse. Le doigt qu'elle tendait tremblait comme une feuille. Me rapprochant de la statue, j'ai eu un choc en voyant son visage: il y avait de l'eau accumulée dans les deux yeux."
- Oh! de l'eau.... me suis-je dit quand l'eau s'est mise tout à coup à dégouliner. De l'eau qui coule des yeux... Mais alors, ce sont des larmes!, ai-je pensé en moi-même. Est-ce que ce seraient les larmes de la Sainte Vierge?, ai-je demandé à Sœur K., mais celle-ci restait figée et ses lèvres étaient agitées d'un tremblement nerveux."
Sentant mes genoux plier, je me suis prosternée. Puis reprenant mes esprits et me disant qu'il fallait faire quelque chose, je me suis précipitée au téléphone pour avertir le Père qui se trouvait au presbytère à ce moment-là."
Ensuite, ce fut l'affolement général. Le Père est arrivé aussitôt et toute la communauté s'est retrouvée dans la chapelle en l'espace de quelques instants. Prosternée dans le fond, je n'avais pas le courage de m'approcher de la statue. Je priais en moi-même de toutes mes forces: Sainte Marie, pardonnez-moi. C'est moi qui vous fais pleurer. Pardon! Seigneur, pardonnez-moi parce que je suis pécheresse."
Marie pleure parce qu'on n'a pas tenu compte de toutes les grâces obtenues par son intercession! J'étais abattue par le poids du regret."
Ce jour-là, les larmes sont apparues encore deux fois. La deuxième fois, il était une heure de l'après-midi. Comme deux Sœurs retraitantes devaient repartir plus tôt, je suis allée reprendre des médailles exposées en offrande devant la statue de Marie, car j'étais de service à la sacristie ce jour-là. Quand j'ai regardé son visage pour la saluer, après les avoir retiré de la tablette, je fus stupéfaite de voir que les larmes s'étaient remises à couler. Je me suis sentie secouée par une émotion encore plus forte que la première fois, sans doute parce que je les avais découvertes moi-même et de tout près. Mais je me suis ressaisie et j'en ai informé une Sœur qui se trouvait à l'autre extrémité, puis je me suis dépêchée d'aller le dire aux autres. Elles sont arrivées aussitôt avec le Père et nous avons récité un chapelet. "A quatre heures, le Père a commencé la causerie.
J'ai été touchée quand il a expliqué que ces larmes étaient la preuve de l'authenticité des messages. L’émotion que j'avais refoulée jusque-là m'a assaillie subitement et j'ai senti mon corps se vider de toutes ses énergies."
Après le sermon, le Père s'est aperçu que j'étais dans un état d'affaiblissement tel que j'étais incapable de me lever, tandis que mes compagnes semblaient avoir cru simplement que je m'attardais à prier."
La troisième fois, les larmes se sont mises à couler alors que j'étais restée ainsi pendant un long moment absorbée dans la prière. Vers six heures et demie du soir, la Sœur venue battre le rappel pour le dîner s'en est aperçue et c'est elle qui nous l'a fait remarquer. Nous étions deux à prier dans la chapelle."
Cette fois-ci, les larmes ne s'écoulaient plus par accumulation et débordement, elles ruisselaient les unes après les autres. Elles affluaient, affluaient... En un flux continuel, elles formaient des filets sur les joues, le menton, jusque sur la poitrine, et tombaient goutte à goutte."
J'ai trouvé tout juste la force de me prosterner, me répétant en moi-même sans pouvoir remuer les lèvres:"
- Sainte Marie, Sainte Marie, pourquoi à ce point... ?"


Les Sœurs qui étaient accourues semblaient elles aussi fortement impressionnées. Mêmes celles qui étaient restées perplexes les deux premières fois, peut-être parce qu'elles n'avaient pas bien vu, paraissaient convaincues cette fois-ci de l'évidence du miracle."
Monseigneur qui était arrivé entre temps et voyait les larmes pour la première fois a fait apporter de l'ouate et a essuyé lui-même au fur et à mesure."
Vingt personnes furent témoins de ces trois lacrymatoires successives. D'ordinaire, il y avait moins de dix Sœurs présentes dans le couvent, mais des membres de branches régionales s'étaient jointes à nous pour la retraite du nouvel an. Quant à moi qui ai observé le phénomène minutieusement à chaque fois, j'en ai été profondément touché.


Les deux yeux de la statue de bois brillaient, le liquide s'accumulait, débordait, ruisselait, tout à fait comme ceux d'un être humain. Chacun en reparla ensuite comme s'il avait assisté aux larmes d'une personne vivante. Les larmes apparaissaient sur le bord intérieur des yeux où se trouvent les glandes lacrymales, coulaient le long du nez, sur les joues, puis tombaient goutte à goutte, exactement comme une personne humaine qui pleurerait toutes les larmes de son corps en conservant la même position. Les gouttes s'arrêtaient sous le menton comme de petites perles, s'accumulaient sur le col du vêtement, roulaient sur la ceinture, suivaient les plis de la robe et tombaient sur le globe.
Qui pourrait prétendre donner une explication naturelle à un tel phénomène? Les analyses scientifiques du liquide effectuées par la suite ont montré qu'il s'agissait bien de "larmes humaines". Quand on voit sortir un liquide des yeux d'une statue de bois, alors que celui-ci est si sec qu'il est déjà craquelé par endroits, on ne peut s'empêcher de penser que ce sont les vraies larmes de Marie suscitées une nouvelle fois par la puissance créatrice de Dieu.
Qu'ils croient à la sur naturalité des faits ou qu'ils n'y croient pas, tous les témoins disent avoir été profondément touchés, car ils avaient vraiment eu l'impression de voir pleurer Marie en personne. Avec le temps, il semble que le doute se soit pourtant installé chez certains. Mais quand on tente d'éclairer le miracle avec les seules lumières de l'intelligence humaine on ne comprend rien et on ne solutionne rien; il est évident que c'est la porte ouverte au scepticisme.
Si l'on considère que le miracle transcende toutes les lois naturelles et ne peut être provoqué que par la toute-puissance de Dieu, se demander s'il s'agit d'un petit miracle ou d'un grand miracle n'a pas de sens. On ne peut que s'incliner devant le mystère en se gardant de toute argumentation creuse.

Il y a encore des gens qui non seulement prennent les faits à la légère, mais essayent par tous les moyens de faire valoir la thèse de facultés ectoplasmiques chez Sœur Agnès alors qu'ils ne peuvent avancer aucune preuve à l'appui de leurs affirmations. Or, les études scientifiques menées au cours des dix dernières années n'ont pas permis de nier le caractère surnaturel de ces phénomènes.
Il est à mon sens tout aussi impossible à l'homme de faire sortir des larmes humaines d'un morceau de bois que de changer de l'eau en vin. J'ai le sentiment d'être en présence d'un prodige aussi inouï que celui des noces de Cana dans l'Évangile de Jean où Jésus transforme l'eau en vin.
La statue réalisée dans du bois d'arbre de Judée plus de dix ans auparavant par M. Saburô Wakasa, un sculpteur renommé de la région, avait complètement séché depuis sa réalisation et de petites fissures commençaient à apparaître. Il est déjà miraculeux que de l'eau soit sortie d'un tel matériau, mais il est encore plus prodigieux qu'un liquide légèrement salé, de vraies larmes humaines se soient écoulées précisément des yeux.
Au début, la stupéfaction était telle que personne n'aurait eu l'idée de prendre des photos, mais on le fit par la suite et les preuves objectives restent ainsi conservées. Comment peut-on persister à taxer ces réalités d'illusion ou d'hallucination?
Ainsi, les lacrymatoires qui ont commencé le 4 janvier 1975 se sont succédées à des intervalles plus ou moins réguliers, parfois jour après jour, jusqu'au 15 septembre 1981, jour où les larmes coulèrent pour la dernière fois.
Le phénomène s'est reproduit cent une fois.



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Henryk
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MessagePosté le: Sam 11 Mai - 15:00 (2013)    Sujet du message: Autour de Nagasaki au XIX... Répondre en citant

un article du  Pélerin d'Avril 1934

Les progrés du catholicisme au Japon
L'empire japonais se divise actuellement en teize circonsriptions écclésiastiques.
l'une d'elles est confiée au clergé japonais (diocèse de nagasaki)
trois au missions étrangères de paris(Diocèse de Tokyo, Fukuoka, Osaka),
deux aux missionnaires de la société du Verbe Divin de Steyl (préfectures apostoliques de Niigata et de Nagoya),
une aux Jésuites allemands (vicariat apostolique de Hiroshima),
une aux Franciscains allemands (vicariat apostolique de Sapporo),
une aux Dominicains espagnols (préfecture apostolique de Shikoku),
une aux Franciscains canadiens( préfecture apostolique de Kagoshima),  
une aux Dominicains canadiens ( diocèse de Hakodaté),
une aux Salésiens italiens (mission de Miyasaki)
et une aux Franciscains Polonais (mission de Sakhalin).

Avance du Catholicisme au japon depuis 1927
1927          87 580  c
1928          89 390  c
1929          92 790  c
1930          92 720  c
1931          96 320  c
1932          98 143  c
1933        100 491  c

La Corée et l'île de Formose enregistrent des progrès plus rapide que le japon.  Les vicariats apostoliques de Séoul, Taikou et de Wonsan comptent 123000 catholiques
De l'agence Fides.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 04:52 (2016)    Sujet du message: Autour de Nagasaki au XIX...

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