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« Mon principe est tout, ma personne n'est rien » Henri V, Comte de Chambord

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Les corporations

 
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Henryk
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MessagePosté le: Jeu 10 Jan - 19:46 (2013)    Sujet du message: Les corporations Répondre en citant

A liberté absolue du travail est adoptée par le libéralisme révolutionnaire de 1789 comme la base de l'économie sociale. Cette liberté a produit l'individualisme, qui enfante lui-même la mi- sère, le paupérisme, le désespoir ou la révolte. En se substituant à la solidarité chrétienne, il a éteint la charité. Comme le dit M. Elie Blanc : « Qu'est-ce que l'individualisme, sinon l'exagération de la liberté et des droits individuels. »

La liberté illimitée s'appuie sur la prétendue bonté native de l'homme, au nom de ses propres droits et de la souveraineté de sa raison. D'après ce principe, l'homme est complètement libre à l'égard de toute loi morale, naturelle ou révélée, pour agir au mieux de ses intérêts, affranchi de tout devoir envers ses semblables qui serait contraire à ces mêmes intérêts, indépendant de toute puissance divine ou humaine, pour sauvegarder ce qu'il croit être son véritable bien.

Les doctrines tirées de ce principe se sont peu à peu répandues dans le monde entier; mais l'inscription du principe même dans la législation française date de l'édit de Turgot, supprimant les jurandes et les maîtrises, il est du 12 mars 1776. Il abolit les jurandes, c'est- à-dire le conseil qui gouvernait chacune des corporations d'arts et métiers; il affranchit de la lettre de maîtrise et de l'autorisation légale exigée pour l'exercice d'un métier. Les corporations avaient, il est vrai, dégénéré, soit par l'usage que les jurandes faisaient de leur autorité, soit par l'ingérence abusive des pouvoirs publics, soit par l'excès du monopole et des privilèges.

Turgot disait : « La source du mal est dans la faculté même accordée aux artisans d'un même métier de s'assembler et de se réunir en corps. » Il faisait dire au roi : « Nous devons à tous nos sujets la jouissance pleine et entière de leurs droits; nous devons surtout cette protection à cette classe d'hommes qui, n'ayant ni propriété que leur travail et leur industrie, ont d'autant plus le besoin et le droit d'employer dans toute leur étendue les seules ressources qu'ils aient pour subsister. » Il attaque donc le droit de réunion professionnelle, et il le détruit; il remplace l'organisation du travail par l'individualisme, et il retire aux ouvriers toute possibilité de s'unir et de se concerter.

Avec une égale hostilité contre toute association des gens de même métier, la Constituante reprit l'édit de Turgot. L'article 7 de la loi de juin 1791 défend aux citoyens, sous quelque prétexte que ce soit, de s'associer pour leurs prétendus intérêts communs.

Que faisaient donc les corporations ?
Elles réglementaient le travail, et le soumettaient à certaines autorisations. Comme elles étaient animées de l'esprit chrétien, elles tâchaient de rester fidèles aux lois de Dieu et de l'Eglise.
Avec la liberté absolue, du côté de Dieu et du côté des hommes, on n'a pas réformé l'organisation, mais on a supprimé les règlements protecteurs avec les règlements restrictifs, et l'on a fait de l'individualisme l'état normal de l'activité professionnelle. En affranchissant les ouvriers de toute autorité et de toute discipline, on leur a enlevé tout lien durable avec ceux de la même condition.

................

Bien différentes étaient les conditions du travail avec les corporations. Elles réunissaient les maîtres et les ouvriers ; elles établissaient entre eux des intérêts communs, elles donnaient aux travailleurs un appui et une force ; elles formaient un lien, sans autre contrainte que la discipline nécessaire à toute société humaine. Elles réglaient les conditions de la production, ce qui rendait, très faciles les rapports entre supérieurs et inférieurs.
Mais aujourd'hui les règlements sont toujours à refaire entre chaque maître et chacun de ceux qu'il emploie. Quand les accords individuels cessent, la lutte remplace l'entente et l'harmonie. Alors, l'antagonisme des classes ne peut que s'aggraver ; il produit les grèves, les coalitions, les sociétés secrètes, L'OCI,  et l'on finit par l'anarchie. Voilà pour la classe ouvrière ; elle menace terriblement l'autre.

La liberté absolue du travail n'a pas été accordée seulement aux ouvriers. La lutte se poursuit entre les patrons, commerçants et industriels, par la libre concurrence, qui les met en fièvre, et les expose au danger permanent de se ruiner. Comme de leur sort dépend celui des travailleurs, la guerre entre eux devient une guerre sociale. La libre concurrence se meut sur tout le marché, qui s'étend sur le monde entier. Le succès de telle ou telle industrie, de tel ou tel commerce, dépend en quelque sorte d'un jeu, car une guerre suscitée ou une récolte manquée à mille lieues d'un établissement prospère, peut parfaitement le ruiner. La spéculation devient, dans une certaine mesure, un calcul de chances,
où les qualités du spéculateur ont peu d'importance. Tout dépend du capital, tout repose sur le capital-argent-actionnaire. Celui qui n'en a pas doit sombrer. Quant à l'ouvrier, sa vie dépend de ce jeu, où il ne peut prendre part. Il n'a évidemment rien si le patron se ruine ; et, s'il fait fortune, il n'a toujours que son modique salaire. Le petit capitaliste même est terriblement exposé. L'or est tout, celui qui en a beaucoup supporte les crises, celui qui en a peu y succombe. Ainsi, la concurrence effrénée, fruit de l'individualisme révolutionnaire, ne connaît pas d'autre dieu que l'or, ou le capital-argent, si Ton préfère ce terme. Celui qui ne peut pas l'encenser est destiné à périr, ou à pâtir sans espérance.

La liberté entendue dans le sens des réformateurs de 1776 et de 1791 repose donc sur un principe matérialiste, ne donnant à l'activité humaine d'autre but que la richesse et les biens de ce monde. L'individualisme qui en est le fruit, en isolant les travailleurs, en les séparant des patrons, en divisant ceux-ci, produit le paupérisme et la misère ; il détruit toute idée de justice et de charité, et il excite partout ta guerre avec l'égoïsme.
Au contraire, l'association, la corporation chrétienne, en rapprochant les hommes et les classes, leur apprend à s'entraider et à s'aimer. Elle concilie tous les intérêts, elle est un gage de sécurité pour tous. L'histoire du passé le prouve, l'avenir doit le démontrer de nouveau.
_________________


Dernière édition par Henryk le Jeu 10 Jan - 20:12 (2013); édité 1 fois
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MessagePosté le: Jeu 10 Jan - 19:46 (2013)    Sujet du message: Publicité

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Henryk
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MessagePosté le: Jeu 10 Jan - 19:53 (2013)    Sujet du message: Les corporations Répondre en citant

Notre siècle, qui se glorifie de ses progrès, voit le plus grand nombre des hommes en proie à la misère, au paupérisme, à l'abjection morale. En face de ces malheureux se présente un spectacle bien fait pour les exaspérer, c'est la richesse industrielle s'augmentant sans mesure entre les mêmes mains, l'insolence du capital, l’oubli de la justice et de la charité chez ceux qui possèdent à l'égard de ceux qui n'ont rien.

Les causes de cette situation sont nombreuses. Les principales sont la liberté illimitée et absolue du travail, substituée au régime des anciennes corporations, pour livrer le travailleur à l'individualisme et à l'isolement ; la concurrence illimitée sur toute l'étendue du marché, qui n'a d'autres limites que celles du monde, et qui met la fortune à l'entière disposition du capital-argent ; la direction unique de toutes les forces humaines vers la richesse et le bien-être matériel, sans le moindre souci de la vie morale des travailleurs ; la guerre entre les patrons et les ouvriers; les grandes agglomérations nécessitées par l'invention des machines, avec tous leurs dangers; l'inconduite de la classe ouvrière privée de la protection de ceux qui devaient la diriger ; l'oubli des devoirs du patronage; le travail des enfants et le mélange des sexes dans les ateliers, sans aucune sauvegarde des âmes; la dégradation physique et morale des infortunés que le travail du dimanche épuise et abrutit, pervertis qu'ils sont déjà par le mauvais exemple des maitres, de  l'Etat ou des patrons, qui les emploient; enfin, par-dessus tout, la perte de la foi chrétienne, qui est la source de tous ces maux.

En réalité, le monde du travail a été désorganisé et déchristianisé; l'individu est resté livré à lui même, le plus faible a été victime du plus fort; et parce que Dieu manquai à l'un et à l'autre, tous les devoirs de la charité, et même ceux de la justice, ont été méconnus. Il faut rappeler ces devoirs, qui comportent le rapprochement des hommes et des différentes classes de la société.

Cependant, il ne suffit pas de réunir les hommes pour les accorder; souvent même, lorsqu'ils délibèrent côte à côte, ils s'entendent moins que jamais. La justice reste alors pour eux dans le domaine de la théorie, et la charité dans celui de la fantaisie. C'est à peu près tout ce que peut faire l'homme laissé à sa ««• titre; son horizon est purement suggestif et s'étend aussi loin que le moi.

Qu'y a-t-il donc au delà du moi ? Il y a l'humanité tout entière considérée chrétiennement; il y a toute la valeur de l'homme racheté par le sang de Jésus-Christ, et ce sang a été répandu pour tous; il y a l’ordre surnaturel, qui doit saisir toutes les âmes, pour leur apprendre que leur fin n'est pas sur la terre, et que, pour atteindre leur destinée, Dieu leur offre dans sa grâce une lumière et une force que la terre ne connaît pas.

Voilà ce qu'il faut enseigner au monde du travail, et c'est avec ces pensées qu'il faut le réorganiser. Les anciennes corporations s'en étaient inspirées, et ce fut la raison de leur puissance et de l'heureuse action qu'elles exercèrent. Animées de l'esprit chrétien, elles réussirent non seulement à rassembler les hommes, mais encore à les concilier. La charité aidait à comprendre la justice ; les intérêts, mis en présence aussi bien que les personnes, trouvaient dans ces deux vertus le moyen de s'accorder. Ces associations, essentiellement chrétiennes, ont fait le bonheur des peuples qu'elles ont vivifiés. Il faut ressusciter l'œuvre, et corriger en elle ce qui autrefois amena sa ruine.
En adaptant les corporations aux conditions nouvelles de notre état social, elles peuvent retirer les peuples de ta misère et de l'abjection, et leur procurer le bien-être moral et matériel qu'ils cherchent en vain.

D'ailleurs, ils n'ont pas renoncé aux avantages de l'association, ils s'y portent d'euxmêmes. De toutes parts, les travailleurs veulent s'organiser entre eux ; les corporations renaissent, mais c'est en dehors de tout esprit religieux. Les catholiques doivent s'emparer de ce mouvement, l'orienter et le diriger.


Il faut établir les associations à l'ombre de l’Eglise et de la croix qui à réconcilié le monde avec lui-même et avec Dieu. Ce ne doit pas être une résurrection, mais le rajeunissement d'une oeuvre antique. Tous doivent y travailler, mais surtout la classe dirigeante. Il n'est pas permis de se désintéresser du salut de ses frères. « Aucun de nous ne vit pour soi-même, et aucun de nous ne meurt pour soi-même », comme le dit saint Paul aux Romains.(Rom.XIV, 7.)  Les corporations répondent à cet avertissement du grand apôtre. C’est ainsi que l'ont compris de nos fours quelques hommes dont le dévouement égale la foi et l'intelligence. Les prenttirs au travail pour rétablir cette oeuvre capitale, ils ont déjà vu le succès couronner leurs efforts.

Nous avons recueilli leurs principes et quelques-unes de leurs idées, et nous voulons en donner ici le résumé, avec nos appréciations personnelles. Si notre rapport ne paraît pas être assez juste ou exact, nous prions le lecteur de nous en prévenir, et nous tiendrons compte de ses observations. L'auteur n'est qu'un ouvrier, pas même syndiqué ; le patron, c'est le lecteur.
_________________


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Henryk
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MessagePosté le: Mar 4 Juin - 15:04 (2013)    Sujet du message: Les corporations Répondre en citant

Le mot corporation est le terme utilisé, lors de leur suppression au XVIIIe siècle puis sous la Révolution française, par les tenants du libéralisme pour désigner les communautés de métiers des différents ordres qui avaient été instituées dans les villes françaises depuis la chrétienté médiévale.Ces communautés étaient une association obligatoire et de droit public, dotée d'une personnalité juridique, d'une règlementation sociale et technique et d'un pouvoir disciplinaire, dont faisaient légalement partie toutes les personnes exerçant publiquement certaines activités professionnelles dans une circonscription territoriale définie.
Ce régime collectif d'organisations professionnelles en communautés (correspondant à nos branches professionnelles), elles-mêmes subdivisées en corps, n'est pas spécifique aux artisans et aux marchands, mais aussi aux fonctions cléricales avec la création aux XIVe siècle des universités (communauté de tous les collèges et de tous les maîtres des professions associées, telles que libraires, maîtres d'école, médecins, imprimeurs, etc..) ou l'institution au XVIIe siècle de l'Hôpital général (regroupement de tous les établissements d'assistance et de soins des grandes villes). Apparue sous la chrétienté médiévale, cette organisation est caractéristique de la Société d'Ancien Régime.
Les communautés de métier ne doivent être confondues ni avec les confréries qui étaient des associations volontaires de laïcs (maîtres et compagnons confondus) sous le patronage d'un saint dans un but d'assistance et de secours mutuel, ni avec les sociétés qui étaient, comme de nos jours, des associations volontaires de plusieurs personnes "intéressées" dans le but de partager les profits et les pertes d'une entreprise commerciale ou financière déterminée.


Corps de marchands
Sous la chrétienté médiévale et à l'Époque recente on trouve deux mots utilisés pour désigner diverses sortes de communautés professionnelles: les communautés jurées ou jurandes pour celles dont les membres prêtent un serment, par opposition aux communautés réglées dont les membres sont soumis sans serment à un règlement royal. Par ailleurs, dans le Nord de l'Europe, les guildes et les hanses sont des communautés jurées de commerçants et de négociants établis en réseaux dans plusieurs lieux où il y a des foires.
Les métiers, au sens général du terme, sont classés en trois catégories :
  • Les métiers jurés qui organisent des artisans de même métier sous un statut particulier qu'ils doivent jurer de respecter, ce qui permet à leur juridiction disciplinaire de pouvoir les sanctionner civilement pour manquement à leur serment. Ils ont le droit de s'administrer eux-mêmes et sont considérés comme égaux à l'intérieur de la communauté qui a une personnalité juridique.
  • Les métiers réglés réunissent des artisans dont les statuts sont approuvés ou même donnés par les autorités royales qui en assurent l'administration.
  • Les métiers libres que tout le monde peut exercer sans apprentissage ni formalités.

Ces communautés, que leur caractère obligatoire met en situation de monopole collectif, ont un pouvoir de règlementation du travail (conditions de l'apprentissage, de l'engagement, salaires, etc..), de la production (normes de qualités, règles de l'art) et de la commercialisation (poids et mesures, conditions de paiement, bourses). Les corporations les plus riches ou les plus grandes sont représentées de droit au niveau politique où elles imposent des décisions jusqu'à la fin du XVIIIe siècle. Elles ont la responsabilité de la qualité des produits vis-à-vis du public et assurent à leurs membres la propriété collective des techniques, des procédés et des modèles; ce faisant, elles garantissent à leurs membres un domaine d'activité qui porte sur une catégorie de biens ou de services dont le regroupement constitue la spécialité professionnelle. Les litiges pour étendre ce domaine et gagner ce qu'on appelle aujourd'hui des parts de marché, oppose les métiers voisins, ou les communautés d'une ville avec des communautés foraines, dont l'activité n'est permise que dans le cadre des foires ou sous le contrôle de la communauté locale.
Les jurés sont chargés de visiter les maîtres et de vérifier la qualité des ouvrages ainsi que de présider toutes les cérémonies d'entrée dans la corporation. Ils sont le plus souvent élus par l'assemblée des maîtres et nommés par les autorités publiques. Leurs mandats sont généralement courts, un an.
À Paris, dont l'organisation servira de modèle aux autres bonnes villes, les marchands sont regroupés en six, puis en sept grands corps de marchands dont dépendent une multitude de métiers, sous le contrôle du prévôt des marchands:

Draperie, qui sont les métiers du textile, et leur commercialisation,
Épicerie, qui sont les métiers de l'alimentation,
Mercerie, qui sont les métiers du négoce de marchandises produites par les autres métiers ou importées. On dit d'eux: "Merciers, marchands de tout, faiseurs de rien",
Pelleterie, qui sont les métiers du cuir, et leur commercialisation,
Bonneterie, qui sont les métiers de l'habillement, et leurs commercialisation,
Orfèvrerie, qui sont les métiers des métaux et des pierres précieuses (vaisselle, bijoux), et leur commercialisation,
Marchands de vin, ancien métier banal, dont dépendent les cabaretiers (les actuels cafés).

Tous ces métiers correspondent actuellement à la production et à la vente de la plupart des biens de consommation, mais pas à tous:
Coutellerie,
Quincaillerie (Clincaillerie),
Ébénisterie,
Horlogerie, etc.
La répartition, la hiérarchie et la règlementation des métiers qui est propre à Paris peut varier considérablement dans les autres villes; le pouvoir royal s'efforce, dès le XIVe siècle avec le Livre des métiers d'Étienne Boileau, mais surtout à partir du XVIIe siècle de leur donner des règlements uniformes. Dans celles où il n'y a pas assez de maîtres d'une profession pour former une communauté, les métiers jurés deviennent des métiers réglés relevant du statut royal et du pouvoir de l'intendant.

Il s'agit des professions qui ne sont ni cléricales, ni marchandes et qui dépendent au niveau local d'un ban, c'est-à-dire dans les seigneuries de la campagne du seigneur haut-justicier et de son procureur fiscal, dans les seigneuries urbaines du châtelet, et au niveau national d'un Grand officier de la couronne. C'est le cas:
  • de la Boulangerie dont la profession ressortent du grand panetier du roi,
  • de la Boucherie, viandes crues,
  • de la Charcuterie, viandes cuites,
  • du Bâtiment dont les principaux métiers sont la Maçonnerie et la Charpenterie et qui dépendent du surintendant des bâtiments du roi avec une juridiction souveraine, la Chambre de la Maçonnerie siégeant au Palais du roi,
  • des cabaretiers qui ressortent du grand bouteiller du roi avant d'être agrégés aux marchands, tandis que la perception des taxes sur les vins est assurée par les bureaux dépendants de la cour des aides,
  • de l'Armurerie (armuriers et fourbisseurs d'armes) dont la fabrication, la vente et l'usage dépendent du grand maître de l'artillerie et des maréchaux de France,
  • des Tapissiers-décorateurs qui dépendent du grand chambellan,
  • des "Peintres et tailleurs d'images", qui seront organisés par la suite en Académie royale de peinture et de sculpture,
  • des "Musiciens et facteurs d'instruments", qui seront aussi organisés en Académie royale de musique,
  • des Forgerons et de la Sidérurgie, de la Verrerie, de la Charbonnerie<note>Entreposage de charbon</note>, de la Papeterie, de la Porcelaine, des Mines dont les activités sont aussi permises aux membres de la Noblesse, à condition d'être exercées comme maîtres, "en grand et sans tenir boutique".
  • de la production des grains, des fruits et des légumes, dont la vente doit se faire obligatoirement en public dans les halles ou marchés avec une criée, et à un prix collectif,
  • des pêcheurs, des marins, etc..
Communautés de clercs
La plus connue est l'université avec ses facultés qui sont autant de communautés jurée:
  • la Théologie, dont dépendent tous les docteurs et maîtres des collèges de l'université,
  • le Droit, dont relèvent une foule de catégories de clercs exerçant des fonctions administratives et qui forment autant de communautés, comme les conseillers d'État, les notaires apostoliques, les clercs du Palais restés célèbres par leur puissante confrérie de la basoche,
  • la Médecine, formée de tous ceux qui ont été reçus docteurs et dont dépend l'École de médecine et l'Hôtel-Dieu. elle ne comprend ni la Chirurgie qui relève des Barbiers (à l'exception des chirurgiens de l'Hôtel-Dieu) jusqu'à la création de l'Académie royale de Chirurgie, ni la Pharmacie (les Apothicaires sont des marchands).

À côté de celles-ci, l'Université se subdivise, comme celle des marchands, en une multitude de corps correspondants aux différentes fonctions auxquelles forme :
  • les maîtres de la Librairie, dont dépend toute l'imprimerie (sauf l'Imprimerie royale).
  • les maîtres des Messageries (la poste aux lettres relevait de l'Université)
  • la Parcheminerie (le parchemin et le papier),
  • la Cirerie qui fabrique et vends les bougies, les chandelles, la cire pour les sceaux, etc.
Communautés des métiers nobles.
On retrouve le même type d'organisation en communautés jurées ou réglées chez les officiers militaires (ordres de chevalerie, maréchaux de France, etc.) et de judicature (magistrats, avoués, huissiers, etc.) qui forment de véritables corps avec un nombre fixe de postes qui correspondent aux maîtrises.
D'une façon générale, il n'est pas abusif de considérer que, sous l'Ancien-Régime, la Noblesse est la communauté professionnelle nationale correspondant aux métiers des armes et de la justice, dans laquelle l'adoubement de l'écuyer comme chevalier correspond chez les artisans à la cérémonie de réception des compagnons comme maîtres, et chez les clercs à la réception du bachelier comme maître ou docteur.
Communautés bourgeoises.
Les villes qui ont le pouvoir de se défendre et de s'administrer sont elles aussi des communautés qui peuvent être jurées ou réglées, avec des corps d'habitants qui exercent collectivement les différentes fonctions nobles de la ville et dans lesquels on est admis par élection ou par une épreuve: conseil municipal, corps d'archers et l'arbalétrier, etc.
Organisation, hiérarchie
Les différentes communautés de métier locales ont une représentation nationale, dont le statut et la position dans l'État est assez variée et trouve son origine dans l'histoire de leur apparition et de leur institutionnalisation.
C'est ainsi que, parmi les neuf corps des marchands, les merciers (les négociants) élisent un roi qui devient si puissant qu'Henri IV supprime son office pour le remplacer par une commission de surintendant (ministre d'État) du commerce auquel sera adjoint par la suite le conseil supérieur du commerce.
Il existe trois grades dans presque toutes les professions.
Le principe fondamental est de distinguer le maître qui a le droit de vendre au public et qui est rémunéré par le prix de vente (d'où leur désignation par le terme de marchand) et le compagnon qui ne doit pas être payé pour sa production (c'est-à-dire à la pièce) mais pour son temps de travail. En dehors de ces deux catégories, il existe des apprentis placés par leurs parents sur la base d'un contrat souvent passé devant notaire, et dont le statut, très précis pour chaque métier, définit la durée, les travaux qu'il peut faire en fonction de son âge, le nombre d'apprentis qu'un maître peut prendre en même temps (en général pas plus d'un ou deux), etc..
Le travail dans les communautés de métier
Les communautés de métiers offraient un cadre général à l'emploi qui correspond actuellement à celui d'une administration ou d'une grande firme regroupant un grand nombre de services, d'agences, de succursales ou d'unités de production qui restent financièrement autonomes.
Elles prenaient en charge le contrôle de la qualité, la représentation des intérêts collectifs, la règlementation sociale, les conditions de commercialisation et la formation de leurs membres. Elles étaient propriétaires d'un savoir-faire, de procédés et de modèles qu'elles s'efforçaient d'améliorer pour asseoir leur renommée en dehors de la province (par exemple la coutellerie de Langres fournissait des instruments de chirurgie).
Le régime des communautés de métiers est un système de statuts légaux qui définissent d'une part les métiers, d'autre part à l'intérieur des métiers, les droits et les obligations des trois principales catégories de membres: apprentis, compagnons, maîtres, auxquels s'ajoutent les jurés, les gardes, etc. La spécialisation aboutit à la création de nouveaux métiers, ou sous-métier.
  • apprentissage : Il commence vers 14 ans et sa durée varie selon les corps de métier de 2 ans à 12 ans (4 ans pour la plupart des métiers). L'apprenti (ou l'apprentise quand c'est une fille) est logé et nourri chez le maître (ou la maîtresse quand c'est une fille) auquel ses parents ou tuteurs doivent payer les frais de son entretien: un contrat d'apprentissage est passé par écrit, très souvent devant un notaire. Des écoles professionnelles, qui dépendent des communautés de métier, donnent un enseignement théorique collectif, parfois de plus haut niveau que celles de l'Université, par exemple en arithmétique et en géométrie pour les horlogers. Une fois reçu, l'apprenti prête serment auprès des jurés, puis il est inscrit comme compagnon de ce métier sur le registre de la ville.
  • compagnonnage : Il désigne ceux qui peuvent être engagés pour travailler comme salarié dans un métier. Les compagnons sont en général tous engagés le même jour (connu par le nom d'un saint), à terme fixe et pour une durée d'un an, ce qui n'empêche pas qu'ils puissent être réengagés par le même maître pendant plusieurs années. Ils se distinguent de ce fait des ouvriers qu'on désigne sous le nom de journaliers.

Dans de rares professions nomades comme le bâtiment, le compagnon entame un tour de France, afin de connaitre d'autres techniques et de parfaire son expérience.
C'est en réalité aux XIXe siècle, à cause de la persistance de l'interdiction des syndicats d'ouvriers et d'artisans, que des associations clandestines se créent, comme celle des Dévorants (compagnons du Devoir), qui ont progressivement mis en place un réseau d'auberges et de bureaux de placement dans chaque ville. Ces associations ouvrières sont, depuis le succès de la grève des compagnons charpentiers après la Révolution française, interdites et réprimées par les gouvernements qui se succèdent jusqu'au début du XXe siècle. Elles sont accusées par les manufacturiers et les financiers de violer le principe de la liberté du travail, de faciliter les grèves, de faire des ententes sur les salaires et les conditions d'embauche et ainsi de concourir à baisser la rentabilité de leurs affaires.
  • maîtrise : Désigne le compagnon qui a montré, par son chef-d'œuvre, la capacité d'exercer un métier à son compte, c'est-à-dire en vendant publiquement sa production, en employant des compagnons et en formant des apprentis. Le chef-d'œuvre est, au sens propre, la première œuvre qu'un compagnon a réalisée seul et qui est d'une qualité suffisante pour mériter d'être proposée à la vente comme œuvre du métier. Il s'agit d'un objet ou d'une prestation qu'il doit réaliser afin de prouver qu'il a acquis tout le savoir-faire du métier, et qui est présenté devant un jury d'examinateurs, comme c'est toujours le cas des thèses. Les travaux exigés par les jurés des métiers tendent à être de plus en plus complexes, et des mesures sont prises par les autorités royales pour limiter cet abus en fixant pour chaque métier la nature de l'exercice et le nombre de journées nécessaires (par exemple pour les blanchisseuses, laver, repriser, plier, empeser, repasser un trousseau dont la liste est donnée avec les tissus, les dentelles, etc..). Dès que son chef-d'œuvre a été reçu, le compagnon peut s'établir comme maître, mais le nombre de maîtrise des métiers non libres est toujours fixe (comme pour les offices, et comme aujourd'hui pour les postes de la fonction publique) de telle sorte qu'il faut racheter son métier à un autre maître qui se retire (comme actuellement pour les pharmacie). Le prix est en général payé sous forme d'une rente qui tient lieu de retraite à l'ancien maître. Ce sont les autorités royales qui, par l'intermédiaire des intendants, créent de nouvelles places, soit en fonction de l'évolution démographique, soit automatiquement à l'occasion des avènements, soit en surnombre pour établir des enfants trouvés ou indigents des hôpitaux généraux. Ces maîtrises gratuites ne trouvent pas facilement des candidats du fait qu'elles ne donnent pas l'emplacement, l'outillage, la clientèle, le personnel qui existent déjà lorsqu'un compagnon achète une ancienne maîtrise.
L'organisation interne
Chaque promotion dans la vie d'un artisan est marquée par des rites de passage, c'est-à-dire une épreuve et une cérémonie de réception donnant lieu à un droit d'entrée ou de « vinage ».
La somme des droits d'entrée, les amendes perçues par les jurés dans le cas de fraudes et les droits sur les productions foraines constituent les revenus de la corporation: il n'est pas perçu de royalties pour les procédés techniques et les modèles. Celui des confréries consiste dans des dons ou des legs constitués en revenus ou en rentes, par un tarif des cérémonies (messes à l'intention d'un membre) qui sont complétés par des quêtes publiques.
Les statuts des organisations professionnelles laissent peu paraître les réalités de la vie en leur sein, d'autant plus qu'elles avaient coutume de brûler leurs archives après chaque élection, et il faut pour cela faire un travail d'historien en recherchant les archives du contentieux, et en étudiant les récits et les mémoires du temps.
Si l'on s'en tient à la littérature anticorporative des économistes et aux cahiers de doléances, il est reproché aux communautés de métiers de rendre difficile l'accès aux professions organisées:
  1. Fermetures de droit (exercice du métier réservé aux héritiers, seuls les fils ou les gendres pouvaient devenir maître à leur tour)
  2. Fermetures de fait (impossibilité de la mobilité sociale dans les corporations, les héritiers disposent d'un temps plus court d'apprentissage, payement d'un droit d'entrée dans le métier).

Une réelle concurrence existe entre les maîtres à l'intérieur de la corporation et certains maîtres deviennent plus prospère et plus influents que d'autres. Ce sont eux qui sont élus aux offices de métier (garde, prévost, juré, syndic) et qui assurent la défense de ses intérêt auprès des municipalités dont les conseils sont, à cette époque, élus parmi les représentant des différents métiers.
Fin des corporations
Les physiocrates puis les libéraux, ont repris les doctrines économiques anglaises contre les organisations des métiers industriels, commerciaux et financiers, comme les protections douanières et l'interdiction du prêt à intérêt. Les arguments retenus sont que l'organisation des métiers constitue un frein à l'innovation et à l'investissement. Leurs principaux détracteurs sont d'abord François Quesnay, puis Vincent de Gournay et Turgot qui prend des mesures pour les supprimer, en même temps que sont passés des accords de Libre-échange avec l'Angleterre où est éditée toute la littérature économique anti-corporative et anti-protectionniste. La chute des salaires, la désorganisation de la production, la pénurie et la hausse des prix provoquée par la spéculation sur les grains, obligent à rapporter les nouvelles mesures et à rétablir l'organisation des métiers selon un modèle qui devient national: les droits d'accès au métier sont alors directement perçus par l'État sous le nom de patente.
Ce sont finalement l'abolition des privilèges le 14 juin 1791, la loi Le Chapelier (dont les dispositions interdisant les syndicats resteront un siècle dans le Code pénal de 1812 et le décret d'Allarde (qui est en fait une loi) qui mettent fin les 2 et 17 mars 1791, à l'ancienne organisation du travail en liquidant toutes les communautés de métiers. Leur savoir-faire et leurs modèles sont mis dans le domaine public, tandis qu'une loi institue la propriété privée des brevets et fonde l'Institut national de la propriété industrielle.
Des corporations de droit public subsistent encore de nos jours:
  • Dans les départements de la Moselle, du Bas-Rhin et du Haut-Rhin où le droit local alsacien-mosellan régit spécifiquement les professions artisanales.
  • Pour les professions encore règlementées, qui sont le plus souvent d'anciennes communautés de l'Université, comme la Médecine, la Pharmacie, le Barreau, le Notariat, les huissiers de justice, mais aussi les Architectes, les experts-comptables, les experts- géomètres...

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Michaël
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MessagePosté le: Mer 5 Juin - 20:45 (2013)    Sujet du message: Les corporations Répondre en citant

Merci pour cet article bien documenté.


J'ai noté dans cet article
le fait que la destruction des corporations de métiers
en France est réalisée par les mêmes traîtres
qui ont planifié secrètement et minutieusement
la destruction de la Famille Royale en France
et des valeurs Catholiques
qui ont fait la prospérité économique et sociale de la France
et des Français.
 
La destruction des corporations des métiers
était certainement un des piliers
de la démolition de la prospérité des Français
et de leur patrie la France
au bénéfice exclusif des intérêts privés
  des fortunés d'Angleterre et de France,
des traîtres très riches.
 
Et que toute cette démolition fut planifiée en détail depuis Londres
en accord avec le Roi d'Angleterre
qui a raflé le Canada et l'Inde,
qui a détruit toute la marine marchande de France.
Qui a volé notre vrai hymne national "Dieu sauve le Roi".
 
Quel fut le rôle des très riches "réformés" 
exilés de France sous Louis XIV à Londres
(parce qu'ils voulaient prendre le pouvoir par la force ?)
dans la préparation du coup d'état en France ?
 
« Leurs principaux détracteurs sont d'abord
François Quesnay,
puis Vincent de Gournay
et Turgot qui prend des mesures pour les supprimer,
en même temps que sont passés
des accords de Libre-échange avec l'Angleterre
où est éditée toute la littérature économique anti-corporative
et anti-protectionniste. »
 
 
il est significatif de constater
que les sociétés secrètes inventées à Londres en 1717
des faux tailleurs de pierre soi disant "intellectuels",
se sont attribués les mêmes noms des 3 catégories de travailleurs
  des corporations de métiers qu'ils ont contribué à détruire: 
apprentis, compagnons, maîtres.
Une façon de détruire jusqu'à la signification de ces mots ?
En occultant le patronage d'un saint patron.
 
Les compagnons du devoir du Tour de France
ont-ils essayé de dénoncer ces usurpateurs
venus de Londres vers 1725 en France sous Louis XV,
qui se sont réclamés mensongèrement d'un héritage opératif
qui n'est PAS le leur et ne l'a jamais été,
eux qui se prétendent soi-disant "spéculatifs".
 
il est significatif également de constater les professions
qui y sont en quantité dans ces différentes sociétés dites secrètes
d'influence directe très forte sur la politique et la loi du pays
où ils sont implantés,
ainsi que des pays où ils sont reliés directement
aux autres sociétés secrètes :
banquiers, financiers, présidents de groupes industriels ou financiers,
directeurs généraux, directeurs commerciaux,
magistrats, procureurs, juges, avocats d'affaires, ou avocats au barreau,
commissaires de police, députés, sénateurs, ministres, hauts fonctionnaires,
hommes et femmss politiques de tous bords,
chirurgiens, professeurs de médecine, etc...
toutes les professions qui peuvent verrouiller de partout
les personnes ordinaires du commun des mortels.
 
Votre article démontre clairement que le coup d'état des traîtres fortunés
fut dirigé contre les Français et Françaises
dans leur vie quotidienne de travail et de prospérité.
Ce que beaucoup de Français ignorent complètement.
 
Se croyant libres dans un système pourri à la base,
un géant imbu de lui-même aux pieds d'argile,
se croyant libres en reprenant les poncifs des serfs et des seigneurs locaux.
 
Et reprenant les mensonges de la pensée unique
diffusée largement, 
ingurgitée de force en gavage de cerveaux
dans les livres d'histoire de "l'éducation" nationale
ou anciennement de l'instruction civile.
 
En se croyant libres dans une "démocratie"
en ne voyant pas d'autre solution que les fausses valeurs de la république,
pour défendre les intérêts des Français qui travaillent,
les Français se leurrent devant un mirage.
 
En dénonçant à juste titre le totalitarisme psychopathe
des dirigeants politiques fortunés au service des fortunés,
et en prétendant restaurer une certaine justice
dans la vie quotidienne,
avec une énième république
et des énièmes réformes de réformes, à l'intérieur d'un système vicié,
les Français se leurrent dans un carcan étroit
et pervers mentalement.
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pour Dieu et pour le Roi de France héritier légitime.


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Solognot
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MessagePosté le: Jeu 6 Juin - 21:36 (2013)    Sujet du message: Les corporations Répondre en citant

Merci aussi pour cet excellent article 
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propatria
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MessagePosté le: Mar 2 Juil - 18:07 (2013)    Sujet du message: Les corporations Répondre en citant

Michaël a écrit:

Merci pour cet article bien documenté.


J'ai noté dans cet article
le fait que la destruction des corporations de métiers
en France est réalisée par les mêmes traîtres
qui ont planifié secrètement et minutieusement
la destruction de la Famille Royale en France
et des valeurs Catholiques
qui ont fait la prospérité économique et sociale de la France
et des Français.
 
La destruction des corporations des métiers
était certainement un des piliers
de la démolition de la prospérité des Français
et de leur patrie la France
au bénéfice exclusif des intérêts privés
  des fortunés d'Angleterre et de France,
des traîtres très riches.
 
Et que toute cette démolition fut planifiée en détail depuis Londres
en accord avec le Roi d'Angleterre
qui a raflé le Canada et l'Inde,
qui a détruit toute la marine marchande de France.
Qui a volé notre vrai hymne national "Dieu sauve le Roi".
 
Quel fut le rôle des très riches "réformés" 
exilés de France sous Louis XIV à Londres
(parce qu'ils voulaient prendre le pouvoir par la force ?)
dans la préparation du coup d'état en France ?
 
« Leurs principaux détracteurs sont d'abord
François Quesnay,
puis Vincent de Gournay
et Turgot qui prend des mesures pour les supprimer,
en même temps que sont passés
des accords de Libre-échange avec l'Angleterre
où est éditée toute la littérature économique anti-corporative
et anti-protectionniste. »
 
 
il est significatif de constater
que les sociétés secrètes inventées à Londres en 1717
des faux tailleurs de pierre soi disant "intellectuels",
se sont attribués les mêmes noms des 3 catégories de travailleurs
  des corporations de métiers qu'ils ont contribué à détruire: 
apprentis, compagnons, maîtres.
Une façon de détruire jusqu'à la signification de ces mots ?
En occultant le patronage d'un saint patron.
 
Les compagnons du devoir du Tour de France
ont-ils essayé de dénoncer ces usurpateurs
venus de Londres vers 1725 en France sous Louis XV,
qui se sont réclamés mensongèrement d'un héritage opératif
qui n'est PAS le leur et ne l'a jamais été,
eux qui se prétendent soi-disant "spéculatifs".
 
il est significatif également de constater les professions
qui y sont en quantité dans ces différentes sociétés dites secrètes
d'influence directe très forte sur la politique et la loi du pays
où ils sont implantés,
ainsi que des pays où ils sont reliés directement
aux autres sociétés secrètes :
banquiers, financiers, présidents de groupes industriels ou financiers,
directeurs généraux, directeurs commerciaux,
magistrats, procureurs, juges, avocats d'affaires, ou avocats au barreau,
commissaires de police, députés, sénateurs, ministres, hauts fonctionnaires,
hommes et femmss politiques de tous bords,
chirurgiens, professeurs de médecine, etc...
toutes les professions qui peuvent verrouiller de partout
les personnes ordinaires du commun des mortels.
 
Votre article démontre clairement que le coup d'état des traîtres fortunés
fut dirigé contre les Français et Françaises
dans leur vie quotidienne de travail et de prospérité.
Ce que beaucoup de Français ignorent complètement.
 
Se croyant libres dans un système pourri à la base,
un géant imbu de lui-même aux pieds d'argile,
se croyant libres en reprenant les poncifs des serfs et des seigneurs locaux.
 
Et reprenant les mensonges de la pensée unique
diffusée largement, 
ingurgitée de force en gavage de cerveaux
dans les livres d'histoire de "l'éducation" nationale
ou anciennement de l'instruction civile.
 
En se croyant libres dans une "démocratie"
en ne voyant pas d'autre solution que les fausses valeurs de la république,
pour défendre les intérêts des Français qui travaillent,
les Français se leurrent devant un mirage.
 
En dénonçant à juste titre le totalitarisme psychopathe
des dirigeants politiques fortunés au service des fortunés,
et en prétendant restaurer une certaine justice
dans la vie quotidienne,
avec une énième république
et des énièmes réformes de réformes, à l'intérieur d'un système vicié,
les Français se leurrent dans un carcan étroit
et pervers mentalement.



En ce qui concerne Proudhon voici ce qu'il écrivait ,je m'oppose à la propriété commune,comme à la propriété individuelle,LIGNES 19 et 20"le droit d'user et d'abuser n'appartient pas plus au peuple qu'à l'homme".Il semble que Proudhon s'oppose à toute hiérarchie (Ni Dieu Ni Maître ).Comment construire une communauté de métier dans ces conditions ? ,voici donc toutes les contradictions du socialisme scientifique de ce personnage .En tout cas bonne analyse de Michaël.Il serait intéressant de trouver l'organisation d'un corps de métier au moment des votes pour l'acceptation des statuts définit lors des assemblées de métier.
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Henryk
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MessagePosté le: Mar 17 Sep - 09:12 (2013)    Sujet du message: Les corporations Répondre en citant

Pensée reprise d'un post plus haut.

Les communautés de métiers offraient un cadre général à l'emploi qui correspond actuellement à celui d'une administration ou d'une grande firme regroupant un grand nombre de services, d'agences, de succursales ou d'unités de production qui restent financièrement autonomes.
Elles prenaient en charge le contrôle de la qualité, la représentation des intérêts collectifs, la règlementation sociale, les conditions de commercialisation et la formation de leurs membres. Elles étaient propriétaires d'un savoir-faire, de procédés et de modèles qu'elles s'efforçaient d'améliorer pour asseoir leur renommée en dehors de la province (par exemple la coutellerie de Langres fournissait des instruments de chirurgie).
Le régime des communautés de métiers est un système de statuts légaux qui définissent d'une part les métiers, d'autre part à l'intérieur des métiers, les droits et les obligations des trois principales catégories de membres: apprentis, compagnons, maîtres, auxquels s'ajoutent les jurés, les gardes, etc. La spécialisation aboutit à la fabrication de nouveaux métiers, ou sous-métier.

  • apprentissage : Il commence vers 14 ans et sa durée varie selon les corps de métier de 2 ans à 12 ans (4 ans pour la plupart des métiers). L'apprenti (ou l'apprentise quand c'est une fille) est logé et nourri chez le maître (ou la maîtresse quand c'est une fille) auquel ses parents ou tuteurs doivent payer les frais de son entretien: un contrat d'apprentissage est passé par écrit, très souvent devant un notaire. Des écoles professionnelles, qui dépendent des communautés de métier, donnent un enseignement théorique collectif, parfois de plus haut niveau que celles de l'Université, par exemple en arithmétique et en géométrie pour les horlogers. Une fois reçu, l'apprenti prête serment auprès des jurés, puis il est inscrit comme compagnon de ce métier sur le registre de la ville.
  • compagnonnage : Il désigne ceux qui peuvent être engagés pour travailler comme salarié dans un métier. Les compagnons sont en général tous engagés le même jour (connu par le nom d'un saint), à terme fixe et pour une durée d'un an, ce qui n'empêche pas qu'ils puissent être réengagés par le même maître pendant plusieurs années. Ils se distinguent de ce fait des ouvriers qu'on désigne sous le nom de journaliers.

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Léandre de Brisaux
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MessagePosté le: Mar 17 Sep - 16:42 (2013)    Sujet du message: Les corporations Répondre en citant

Henryk a écrit:
un contrat d'apprentissage est passé par écrit, très souvent devant un notaire.


Il est intéressant de voir jusqu'où nos ancêtres poussaient le formalisme. Formalisme pouvant paraître abusif dans notre société moderne mais qui a contribué, je pense, à la grandeur et à l'efficacité de la société d'Ancien Régime.
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Philippe de L.
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MessagePosté le: Mar 8 Oct - 07:05 (2013)    Sujet du message: Les corporations Répondre en citant

Cet exposé sur les corporations est très bien ficelé ; j'espère pouvoir le réutiliser pour une séance du cercle que je suis en train de fonder et qui, je l'espère, trouvera de nombreux participants...

La destruction des corporations et des corps sociaux ou intermédiaires a toujours été parallèle à la destruction de la famille.
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MessagePosté le: Mar 8 Oct - 10:37 (2013)    Sujet du message: Les corporations Répondre en citant

Philippe de L. a écrit:
La destruction des corporations et des corps sociaux ou intermédiaires a toujours été parallèle à la destruction de la famille.



Oui, rien n'est plus efficace que d'isoler les individus afin de procéder au bourrage de crâne républicain.

Seul et sans repères, voilà l'aboutissement que souhaite la république pour l'individu. C'est pourquoi tout a été fait pour détruire les corporations, la famille et l'Eglise catholique...
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nature.» Louis XX, le 31 mai 2015


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Henryk
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MessagePosté le: Sam 21 Juin - 16:40 (2014)    Sujet du message: Les corporations Répondre en citant

Mais ici on nous fera sans doute cette objection spécieuse : Faut-il donc absolument qu'un prince se borne à ses droits personnels, et tout au plus, quand le besoin l'exige, à l'autorité judiciaire? Ne doit-il pas gouverner et diriger au bien les actions libres de ses sujets? Ne pourra-t-il plus, par la sagesse de ses lois , rendre son peuple plus nombreux, plus riche, plus éclairé, le pousser vers la pratique de toutes les vertus, et le préserver du vice et de ses propres folies?

Vos principes ne
dépouillent-ils pas le souverain de ses plus nobles attributs et de la plus belle partie de ses droits, pour le réduire à la condition d'un simple particulier riche et libre, destiné, pour ainsi dire, à consommer les fruits de la terre dans une molle et oisive indolence ?

Ces paroles doucereuses
d'un despotisme philosophique, empruntant la voix des sirènes, ne nous en imposeront pas, et nous répétons hardiment, que d'abord un prince qui gouverne ses propres affaires avec justice et sagesse, et qui, de plus, protège encore les droits des autres, n'est par cela même ni oisif ni inutile; que, dans cette double supposition, la sûreté, le bonheur et la civilisation du peuple prospéreront deux-mêmes; qu'un prince ne doit jamais empiéter violemment sur les droits d'autrui , et que, vu l'impossibilité de tout connaître, vu les bornes naturelles du temps et des forces de l'homme, il sera toujours plus sage de ne pas trop se mêler des affaires et des intérêts de ses sujets, quand même on pourrait le faire sans injustice.

Karl Ludwig von Haller
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 10:51 (2016)    Sujet du message: Les corporations

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