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"Je règnerai en Espagne"

 
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REQUETE CARLISTE
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MessagePosté le: Sam 23 Mar - 15:24 (2013)    Sujet du message: "Je règnerai en Espagne" Répondre en citant

 Vu sur la Contre-Réforme Catholique
« JE RÈGNERAI EN ESPAGNE. »LE BX MANUEL GONZÁLEZ, L’ÉVÊQUE DU SAINT-SACREMENT ABANDONNÉ
MÊME si la France, Fille aînée de l’Église, fut la  première à avoir été choisie par le Sacré-Cœur de Jésus pour préparer son triomphe final et universel, elle n’a pas été la seule. La catholique Espagne a reçu elle aussi des marques certaines d’élection divine. Au dix-huitième siècle, un jeune jésuite, Bernard de Hoyos, fut favorisé de visions et de communications du Divin Cœur qui lui dit : « Je régnerai en Espagne et j’y serai plus vénéré qu’en beaucoup d’autres pays. » (Le Père de Hoyos, disciple de sainte Marguerite-Marie, Il est ressuscité nos 24 et 25, juillet et août 2004)
En accomplissement de cette “ grande promesse ”, Notre-Seigneur se choisit au siècle suivant un instrument de son règne dans la personne de don Manuel González García (1877-1940). Notre pèlerinage à Lourdes et à Fatima, qui passait cette année providentiellement par Palencia, où sont vénérées ses reliques, nous a permis de découvrir la vie de ce grand apôtre du Cœur eucharistique de Jésus et d’entendre le cri angoissé de son cœur, en écho à celui de l’ange du Cabeço : en attendant sa victoire finale, Jésus est abandonné au Tabernacle, ne Le laissez pas seul !
NOTRE-DAME DE TOUTE JOIE
Manuel González García est né à Séville, le 25 février 1877. Quatrième enfant d’une famille qui en compte cinq, parfaitement éduqué par un père charpentier et bon chrétien, par une mère aussi énergique que pieuse, allègre comme le soleil d’Andalousie, Manolito est doué d’un caractère vif et joueur, et d’un bon cœur.
Un jour, en rentrant de l’école, il remarque l’expression soucieuse de sa maman. « Maman, que se passe-t-il ?
Rien, mon enfant... Quelque chose que la Sainte Vierge seule peut arranger. Va ! emmène ton petit frère et raconte à la Vierge de Toute Joie ce qui me préoccupe. »
Manuel prend son petit frère par la main, entre dans l’église, va s’agenouiller devant l’autel de la Sainte Vierge, met les bras en croix et, fixant sur la statue ses yeux aussi bleus que le manteau de Marie, confie les soucis de sa maman. À son retour à la maison, celle-ci a retrouvé le sourire. La “ Vierge de Toute Joie ” sera la grande dévotion de don Manuel, avec cette charmante oraison jaillie de son cœur : « Sainte Marie, que je sois aujourd’hui votre joie et vous la mienne ! »
À neuf ans, son rêve se réalise, il est admis dans la confrérie des “ seise ” de la cathédrale de Séville, qui ont le privilège de danser devant le Saint-Sacrement le jour de la Fête-Dieu, revêtus d’un bel habit d’écarlate et d’or, et de suivre les processions en l’honneur de l’Immaculée Conception dans leur tout aussi belle tenue bleu argenté.
En 1889, il entre au petit séminaire, puis de là passe au grand séminaire. Il y restera jusqu’en 1901, où il sera ordonné prêtre par le saint archevêque Espinola. Années de formation intense, de piété fervente, nourrie par l’Apostolat de la Prière au cours desquelles sa vocation se précise : il sera prêtre pour la gloire et le service de Jésus-Hostie qu’il aime à la folie. N’ambitionnant que de devenir le bon pasteur d’un village aux mœurs patriarcales, le voilà, au cours d’une mission à Palomares del Rio, confronté au drame de l’apostasie moderne : sous couvert de laïcisme, la foi et la piété se perdent, les mœurs se corrompent.
« Je ne rencontrais, raconte-t-il, que des villes en miniature avec toutes les misères qui se cachent dans ces bas-fonds sous les belles apparences dont ils se couvrent... Au poème pastoral de mes rêves apostoliques du séminaire avait succédé la vision d’une tragédie... une tache rouge, comme du sang... »
« JÉSUS FIXA SUR LUI SON REGARD ET L’AIMA. »
Un soir, don Manuel n’en peut plus : « J’allais devant le Saint-Sacrement pour qu’Il rende des ailes à mes enthousiasmes perdus... Quels moments j’y passais, mon Dieu ! et que d’efforts eurent à déployer ma foi et mon courage pour ne pas enfourcher l’âne du sacristain et rentrer chez moi au grand galop !... Là, à genoux sur un tas d’oripeaux et de saletés, ma foi contemplait Jésus à travers la petite porte, un Jésus tellement silencieux, si patient, si calme et si bon et qui me regardait... Oui, il me semblait qu’après avoir parcouru du regard ce désert spirituel des âmes, Il posait sur moi un regard un peu triste et suppliant qui me disait tant, me demandait plus encore, me faisait pleurer et en même temps retenir mes larmes pour ne pas l’affliger encore plus ; c’était un regard où se reflétait toute la tristesse de l’Évangile. La tristesse du Il n’y avait pas de place pour eux à Bethléem ”, la tristesse de ces paroles du Maître : Et vous aussi, vous allez me quitter ? ” la tristesse du pauvre Lazare quémandant les miettes tombées de la table du riche, la tristesse de la trahison de Judas, du reniement de Pierre, de la gifle du soldat, des crachats au prétoire, de l’abandon de tous. Oui, oui, ces tristesses étaient là dans ce tabernacle, oppressant et déchirant le Cœur très doux de Jésus et faisant jaillir de ses yeux une source amère de larmes bénies ! N’est-ce pas que le regard de Jésus au Tabernacle est un regard qui se fixe dans l’âme pour ne plus jamais s’effacer ? »
Réalisme de la dévotion des saints pour ce “ mystère de foi ” vertigineux : Jésus est là, vivant, agissant, souffrant, attirant tout à Lui. La nouvelle et merveilleuse théologie eucharistique de notre Père, l’abbé de Nantes, justifie un tel réalisme.
 Ce soir-là, don Manuel a trouvé sa vocation : « Abandon du Tabernacle ! Combien tu es resté collé à mon âme ! Hélas ! Combien clairement tu m’as fait voir tout le mal qui sortait d’ici et tout le bien qu’on pouvait y recevoir !... Être curé d’un peuple qui n’aime pas Jésus afin de L’aimer moi-même au nom de ce peuple. Employer mon sacerdoce à prendre soin de Jésus selon les nécessités qu’impose sa vie au Tabernacle. L’alimenter de mon amour, Le réchauffer de ma présence, L’entretenir de ma conversation. Le défendre de l’abandon et de l’ingratitude. Procurer des soulagements à son Cœur par mes Saints Sacrifices. Lui servir de pieds pour le conduire là où quelqu’un Le désire, Lui donner mes mains pour faire l’aumône en son Nom même à ceux qui ne L’aiment pas. Lui donner ma bouche pour parler de Lui et consoler par Lui, et crier son message à ceux qui s’obstinent à ne pas l’entendre. Jusqu’à ce qu’ils L’entendent et qu’ils Le suivent. Quel magnifique sacerdoce !
« Et s’ils n’acceptent ni mon amitié parce qu’elle les conduit à Lui, ni mon argent parce que c’est en son Nom que je le leur donne, et s’ils me ferment toutes leurs portes ? Cela ne fait rien ! Il nous restera toujours, à Jésus et à moi, au moins une porte ouverte : à Lui, celle de mon cœur et à moi celle du Sien... »
De ce Cœur à cœur eucharistique, il se fait l’apôtre auprès des vieillards dont il est l’aumônier à l’asile des Petites Sœurs des pauvres, les engageant avec succès à faire des communions réparatrices et à passer chaque jour une demi-heure en compagnie du Grand Abandonné, « par amour du plus aimable des amants ».
ARCHIPRÊTRE DE HUELVA
En 1905, il est nommé archiprêtre de Huelva, cité portuaire et minière à l’ouest de Séville, près de la frontière portugaise, dont la population est en grande partie gagnée à la propagande révolutionnaire. Le nouveau curé est accueilli par des insultes et des pierres. Il va son chemin, souriant à chacun, mais à l’intérieur son cœur saigne. Quelques paroissiens assistent bien le matin à sa messe, mais pas un ne communie ! Pour les enterrements, on va jusqu’à détourner le cercueil du défunt pour faire des cérémonies civiles et républicaines ! Alors, près du Tabernacle, monte ce cri d’angoisse : « Cœur sacré de Jésus, par où dois-je commencer ? » Il entend une voix qui lui souffle : « Va-t’en ! » mais une autre, celle de la confiance et de l’obéissance, répond : « Reste ! »
Don Manuel résiste à la tentation d’un poste confortable qui lui est offert, en s’accrochant à l’obéissance. « Combien de fois ai-je eu l’occasion, confiera-t-il, d’éprouver qu’une grande part de mes réussites venaient de ma décision de rester là où me voulaient le Sacré-Cœur et mon évêque ! » Car il va réussir à Huelva, d’une manière spectaculaire, par le rayonnement de l’Eucharistie et la puissance du Sacré-Cœur. S’appuyant sur les quelques bonnes familles qu’il sait dévouées et ferventes, nouveau don Bosco, il décide de s’occuper d’abord de la jeunesse délaissée.
« Le spectacle de centaines d’enfants traînant dans le ruisseau parce qu’il n’existait pas d’école gratuite ou qu’elles étaient tenues par les ennemis du Christ et de la Vierge [protestants et républicains], nous jeta nous-mêmes dans la rue afin de construire des écoles spacieuses, bien chrétiennes et absolument gratuites pour les enfants pauvres... Capital initial : pas un sou, mais des millions de confiance envers le Sacré-Cœur et en amour de ces petits abandonnés. »
Par la multiplication des exercices de dévotion et des prédications familières, par le culte matinal exerçant une douce violence sur les cœurs, – dès 5 heures du matin, monsieur le curé est à son confessionnal –, par une patience inlassable dans la conduite des âmes, don Manuel mène méthodiquement son œuvre de reconquête. En l’espace de trois ans, de multiples œuvres voient le jour : l’Œuvre des vocations du Sacré-Cœur de Jésus, le Patronage des apprentis, la Grange agricole du Sacré-Cœur, qui permet aux enfants de « courir, jouer, suivre l’instruction et apprendre à travailler la terre », les orphéons et la fanfare du Sacré-Cœur, mais aussi l’institution des “ Anges eucharistiques ”, chargés de visiter les foyers de la paroisse, afin de leur montrer le chemin de l’église et les embraser du feu du divin Cœur.
En 1908, lors des Semaines sociales qui tiennent leurs assises à Séville, don Manuel est appelé à raconter la résurrection de sa paroisse. Son témoignage rejoint les consignes du Pape régnant, saint Pie X :
« Si l’Action sociale catholique n’est pas seulement une action inspirée par la sympathie, la compassion, le commerce, la répugnance purement naturelle envers toute injustice, alors il faut lever les yeux plus haut, il faut compter sur Dieu plus que sur ses propres calculs. Telle est ma doctrine. Elle n’est pas de moi, mais elle vient de l’Évangile...
« Je crois que si ce curé a du sang chrétien dans les veines, il n’a d’autre recours que de se rendre devant le Tabernacle et répandre ses larmes en racontant ses peines à son Compagnon d’abandon, Jésus seul et méprisé, et de répéter inlassablement cette démarche. Alors, je puis vous assurer, messieurs, que pour un peuple impie, un curé qui pleure devant un Tabernacle désert, c’est une terrible menace. C’est là, oui, c’est par là, je crois, que doit commencer le curé pour son Action sociale catholique : regarder beaucoup le Christ et se remplir de ce regard si suavement triste qui cherche où se reposer et qui ne trouve pas ; pleurer avec le Christ qui pleure, accompagner le Christ abandonné, mettre son cœur tout près du Cœur du Christ, tout près, jusqu’à se piquer aux épines qui couronnent ce Cœur, jusqu’à ce que passent en son cœur un peu de ces froideurs amères qui débordent du Sacré-Cœur et établir ainsi comme un flux et un reflux de peine et d’amour, celui de l’adorateur, de l’amant, et de la victime pour toute sa pauvre paroisse...
« Ainsi rempli du Christ, qu’il retourne vers son peuple, et alors surviendra le miracle de sa régénération... Qu’ils tremblent tous les démons de ce peuple, démons angéliques et démons humains, car leur perte n’est pas loin ; que tremblent les écoles laïques et les faux apôtres, les exploiteurs, les mauvaises revues et tout ce qui est nuisible, oui, qu’ils tremblent, car ce n’est pas un curé mais un cyclone qui leur arrive dessus. »
Devant un auditoire suspendu à ses lèvres, il conclut par ces mots : « Messieurs, il est l’heure de partir, le train est déjà formé ! Réviseurs, organisateurs, à vos postes ! Machinistes, au Tabernacle ! Cœur de Jésus, allumez la machine ! Peuple persécuté et exploité, tous au train ! Que sonnent les cloches et en marche... »
L’ŒUVRE DES TABERNACLES-CALVAIRES
L’humble curé au cœur de flamme revient au Tabernacle, et bientôt germe en son âme de consolateur de Jésus abandonné une nouvelle inspiration. C’était le 4 mars 1910, premier vendredi du mois. Un tabernacle abandonné, explique-t-il à ses paroissiens, c’est comme le Calvaire déserté... « avec cette différence en notre défaveur : au Calvaire, se trouvaient encore des Marie qui pleuraient et consolaient, alors qu’ici, il n’y en a même plus... À présent, je ne vous demande plus d’argent pour les enfants pauvres, ni de secours pour les malades, ni de travail pour les chômeurs, ni de consolation pour les affligés. Je vous demande une aumône d’affection pour Jésus au Saint-Sacrement, un peu de chaleur pour ces tabernacles abandonnés. Je vous le demande pour l’amour de Marie Immaculée, Mère de ce Fils si méprisé et pour l’amour de ce Cœur si peu payé de retour. »
L’Œuvre des Tabernacles - Calvaires était née. Avec un cri de guerre, de Croisade plutôt : « Plus l’abandon des autres est grand, plus je lui tiendrai compagnie ! Aunque todos... Yo no ! Même si tous... moi, non ! » Et pour programme : « Chercher à procurer au Cœur de Jésus abandonné extérieurement et intérieurement, à la Messe, dans l’Eucharistie, en sa Présence réelle, une Réparation incessante et organisée, par une compagnie, une présence de compassion, d’imitation et de confiance. »
On pense irrésistiblement à l’Ange du Portugal, pressant les pastoureaux d’Aljustrel d’adorer et d’offrir sans cesse à la Très Sainte Trinité « les très précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ présent dans tous les tabernacles de la terre, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels il est lui-même offensé ».
L’Œuvre va se répandre comme une traînée de poudre dans toute l’Espagne catholique : cinq ans plus tard, elle comptait déjà plus de soixante-dix mille “ Marie ” qui, par groupes de trois, avaient choisi leur tabernacle, de préférence abandonné, et s’engageaient à l’entretenir, à aller prier régulièrement à ses pieds, et à attirer les âmes à prier avec elles. L’Œuvre aura sa branche masculine : les “ Disciples de saint Jean ” ; et enfantines : les“ Juanitos ”. Don Manuel composera chaque mois à leur intention un bulletin rempli de méditations eucharistiques et mariales enflammées, et recevra en retour des témoignages charmants, bouleversants :
« Le récit de ces visites faites par des jeunes filles jusqu’à des villages distants de plus de dix kilomètres à pied, ces adorations du Saint-Sacrement à travers le trou de la serrure ou la fente de la porte de l’église fermée, ces invitations de maison en maison pour supplier les habitants, avec des larmes parfois, de venir auprès du Bon Jésus dans son Tabernacle, ces missions si fatigantes, ces consécrations de villages au Sacré-Cœur de Jésus, en présence des autorités, ces catéchismes ou ces écoles du dimanche, ces écoles et associations pieuses fondées et soutenues par elles... Oubliant le bien-être de leur foyer et de leur train de vie, elles passent des heures et des jours entre le Tabernacle abandonné et les rudes villageois. Elles ne pensent et ne rêvent qu’à leur Tabernacle. Tous ces récits m’incitent à louer infiniment le Cœur Eucharistique de Jésus qui a voulu que dans ce siècle d’abandons et de froideurs envers Lui, naisse une telle œuvre. »
En mai 1912, à Madrid, don Manuel exposa devant plusieurs centaines de “ Marie ”, réunies dans l’église des Esclaves du Cœur de Jésus, « le modèle d’une Marie, tel que je l’avais conçu devant le Tabernacle. J’essayais de leur démontrer que l’Œuvre des Marie, bien comprise et bien pratiquée, en venant à bout de l’abandon des Tabernacles, accélérerait le règne social du Cœur de Jésus sur la terre et constituerait un fondement solide pour une régénération chrétienne du peuple qui ne peut apaiser sa faim si on ne lui donne pas le Pain de vie qui réside au Tabernacle. Et puisqu’on en était aux confidences, j’annonçai à ces Marie mon grand désir que l’Œuvre fût présentée à Rome, que le Pape de l’Eucharistie la connaisse et y appose son sceau et surtout qu’il la complète. »
Qu’il la complète en accordant la permission aux prêtres de l’Œuvre de célébrer la sainte Messe chez les Marie quand celles-ci seraient malades, afin que l’Œuvre des Marie, fidèles compagnes du Cœur eucharistique au Calvaire, soit aussi, par une touchante réciprocité, l’Œuvre du Cœur eucharistique, Compagnon fidèle des Marie quand elles sont clouées sur la Croix par la maladie.
Au mois de novembre suivant, le curé de Huelva était à Rome avec son archevêque, Mgr Almaraz, que Pie X voulait élever à la pourpre cardinalice. Le cardinal Vivès, saint capucin espagnol, l’introduisit auprès du Pape. L’audience eut lieu le 27 novembre, tout empreinte de la cordialité et de la piété que l’on connaît chez le saint Pape. Celui-ci, se penchant vers don Manuel qui en perdit l’usage de la parole, lui parla de ses enfants pauvres, l’appelant : « Parroco picaro ! Coquin de curé ! » avant de le congédier par un affectueux : « Adios parroco mio, adieu, mon cher curé. » Et don Manuel de repartir plein d’action de grâces, ayant obtenu le 3 décembre, en la fête de saint François-Xavier, la bénédiction du Vicaire du Christ et le “ grand privilège ” sollicité.
Sur le chemin du retour, il s’arrêta à Lourdes pour confier à l’Immaculée l’Œuvre des tabernacles abandonnés ; dans sa dévotion enflammée, il inventa un verbe qu’il aurait voulu voir conjuguer par toutes ses Marie et ses Jean : « Eucharistier, action de rendre, avec l’aide de la Sainte Vierge, un peuple fou d’amour pour le Cœur eucharistique de Jésus. »
ÉVÊQUE DE MALAGA
En 1915, don Manuel est nommé évêque auxiliaire de Malaga, à l’est de Séville. « Je ne veux pas être l’évêque de la science ni de l’action, ni des pauvres ni des riches, je ne veux être rien d’autre que l’évêque du Saint-Sacrement abandonné, dit-il à ses diocésains. Je ne veux d’autre chemin que celui qui mène au Tabernacle... » Mais après une visite pastorale de l’ensemble de ses paroisses, il dresse un bilan angoissant. C’est l’apostasie programmée, en trois étapes :
« Monseigneur, me disait-on dans un village qui, pour la première fois, n’avait plus son curé, comment voulez-vous qu’on soit autrement si on n’a plus de père curé ni de Saint-Sacrement ? On vivra comme des chiens ! Et une bonne femme du peuple d’insister : Quand cette petite lumière s’éteint, c’est la vie qui s’éteint avec elle. Ce peuple croyait et aimait encore.
« “ On n’a pas besoin de ça ”, disaient les habitants d’un autre village sans curé, au prêtre que j’envoyais pour qu’il consomme les Saintes Espèces et laisse vide le tabernacle abandonné depuis longtemps déjà. Ici, on ne croyait déjà plus.
« Mais voici la dernière marche : je visite un village de campagne, riche et qui se trouve depuis trente ans dépourvu de prêtre. Je demande :  Et l’église ? L’église, me répond-on, comme on nous avait dit que tout cela ne se faisait plus, chacun en a pris ce qu’il voulait, et on s’est partagé entre nous les matériaux. ” Là, on vivait déjà comme des sauvages. C’est à cela que vont tôt ou tard les peuples qui vivent sans curé ou sans contact avec un prêtre, malgré les lumières électriques, les téléphones, les radios, la culture... »
Sans plus attendre, Mgr González part en guerre contre l’abandon du Saint-Sacrement. Malgré son peu de ressources, il construit un nouveau séminaire, consacré au Cœur eucharistique de Jésus, moderne, vaste et ensoleillé, auquel il affecte un corps professoral de qualité. Il crée des écoles, sur le modèle de celles d’Huelva, et fonde également une Confédération nationale catholique agricole ! Vivant comme un pauvre, dans l’endroit le plus humide du palais épiscopal, il passe de longues heures au pied du Tabernacle. C’est là que naît l’idée de recruter et de former des“ Missionnaires eucharistiques ”, qui se rendront de village en village, seuls ou accompagnés de Marie et de Jean donnant l’exemple de l’adoration et de la réparation eucharistique, pendant qu’eux-mêmes prêcheront et distribueront les sacrements.
En 1921, l’évêque fonde les Marie de Nazareth (aujourd’hui “ Missionnaires eucharistiques de Nazareth ”), fleur de l’Œuvre des Marie, vivant en communauté dans le but de « susciter et conserver des groupes de Marie bien formées, âmes choisies, dans les villages qu’elles visitent et où elles exercent un doux et constant apostolat d’amitié, d’exemple et de prière ». Reconquête pacifique des cœurs et de toute la société à Jésus-Hostie, sous le signe de son Divin Cœur, auquel l’Espagne a été consacrée officiellement par son roi, Alphonse XIII, le 30 mai 1919.
GUERRE SAINTE EN AFRIQUE
Cette même année 1921, éclate la guerre du Rif, et l’armée espagnole, dont le fer de lance est le Tercio du futur général Franco, se bat au Maroc contre Abd-el-Krim et ses islamistes. Comme le regroupement des troupes et le commandement des opérations se font à Melilla, qui dépend du diocèse de Malaga, Mgr González met sa plume et sa parole au service de l’Église et de la Patrie en publiant des Lettres pastorales, dans lesquelles il n’hésite pas à tancer son peuple : pour soutenir l’effort des soldats au front, il faut qu’à l’arrière, l’Espagne se livre publiquement à la prière et à la pénitence, car « un peuple qui prie en pleurant est un peuple qui sera vainqueur ».
Il rappelle les leçons éternelles de la Bible : la défaite d’Israël sous les coups des Philistins quand le Peuple élu se livrait à l’idolâtrie et sa victoire lorsque, ayant détruit les idoles, il renouait avec l’Alliance de son Dieu.
« Oh ! Combien de fois cette leçon de l’Histoire sainte s’est-elle répétée dans notre propre histoire ! Combien de fois depuis Guadalete à Grenade, depuis don Rodrigo jusqu’aux Rois Catholiques, nos Philistins que sont les Maures ont-ils éprouvé la présence de Dieu dans les tentes chrétiennes et ont-il profité de son absence ! Seigneur Jésus ! Ayez pitié de l’Espagne qui veut toujours vous appartenir ! Prêtez-lui main-forte pour disperser ses ennemis qui sont vos ennemis aussi. Mes frères, mes frères, tournez-vous vers Dieu, brûlez les idoles qui l’offensent, et Dieu se tournera vers vous et obligera la troupe mauresque décontenancée à s’écrier : Le Dieu des chrétiens est revenu sous leurs tentes ! ” »
Mgr Manuel ne se contente pas d’écrire et de parler, il reçoit lui-même les blessés, les visite à l’hôpital, s’offre à panser leurs blessures. Son zèle lui fait plusieurs fois traverser la mer pour visiter les soldats. La nuit de Noël 1921, il célèbre la messe devant eux et les prêche. On croit entendre le Père de Foucauld :
« Je ne demande pas l’extermination des ennemis, cela ne serait pas chrétien ; je ne crois pas que les Maures soient invincibles parce que je ne crois pas non plus qu’ils soient, comme on le prétend, inconvertissables. Pour moi, il n’y a pas de doute que les Maures commenceront à se convertir lorsque les chrétiens qui les côtoient seront sérieusement chrétiens... »
FACE À LA RÉVOLUTION
Mais l’heure de l’épreuve va sonner dans la vie de Mgr González. Depuis des années, la situation politique se dégrade en Espagne, la franc-maçonnerie étend ses tentacules à travers tout le pays et, à chaque élection, les républicains gagnent des voix. Au printemps 1931, Alphonse XIII abdique et la République est proclamée. Un mois après, le 11 mai, des bandes de voyous armés s’attaquent aux églises et aux couvents des grandes villes. Dans la capitale, quarante-sept édifices religieux sont incendiés par les anarchistes. La police et les pompiers n’interviennent pas. Le gouvernement, composé d’idéologues sectaires, est complice, et le franc-maçon radical Azaña parle de « justice immanente » !
 Les mêmes scènes de désolations se répètent à Cadix, Séville, Grenade, Valence et Malaga où dans la nuit, au milieu des vociférations de la foule massée sur la place, les rouges font sauter les verrous du palais épiscopal de Mgr González. Les coups de feu font éclater les vitres, bientôt, un brasier se met à crépiter. La première pensée de l’évêque est de sauver le Saint-Sacrement. Mgr González communie les gens du palais et se communie lui-même, avant de se présenter à la meute, calme et souriant : « Vous m’avez à votre merci à présent, que voulez-vous ? Je me livre à vous. » Après quelques secondes de stupéfaction, les assaillants hurlent : « À bas l’évêque ! Qu’il meure ! Vive la République ! » Mais on entend aussi d’autres cris : « Protégez-le ! » Un des enragés brandit un rouleau de cordes pour pendre l’évêque, mais au moment de réaliser son projet criminel, « les cordes lui glissent des mains », et l’évêque peut sortir, escorté de quelques fidèles.
La franc-maçonnerie applique brutalement son programme : expulsion des jésuites, confiscation des biens des congrégations, fermeture des écoles confessionnelles, interdiction des processions et des enterrements catholiques. Au nom de la laïcité et des valeurs républicaines, le port du crucifix ou l’usage des mots “ roi ” ou “ reine ” sont punis d’une amende. Le 13 octobre 1931, Azaña annonce avec impudence aux Cortès que « l’Espagne a cessé d’être catholique ».
Suit pour Mgr González un temps d’exil, pendant lequel il reste en relation avec ses diocésains et continue à propager l’Œuvre réparatrice. Mais le 4 juillet 1935, le nonce Tedeschini lui transmet la décision du pape Pie XI : il doit renoncer au diocèse de Malaga. Quel sacrifice pour lui ! « Être saint, disait-il, c’est être Jésus, le cœur ouvert de part en part. » Alors il accepte, donnant toute la mesure de sa sainteté.
Il est nommé à Palencia, dans le nord du pays, où il fait son entrée, le 12 octobre, en la fête de Notre-Dame del Pilar. « Je ne viens pas pour autre chose que pour vous faire du bien, mais en m’anéantissant s’il le faut », déclare-t-il. À peine a-t-il le temps de visiter son diocèse que l’Espagne entre en agonie. C’est le Frente popular, d’inspiration bolchevique, qui conduit le pays à l’abîme dans un déchaînement de forces diaboliques contre l’Église. L’évêque fait prier les enfants devant les tabernacles, exhorte ses fidèles à réciter le chapelet, l’arme absolue.
« À l’horizon de notre patrie, je ne vois rien qui me fasse présager des jours de triomphe et de paix pour la cause catholique ; mais je garde une entière confiance envers le Sacré-Cœur de Jésus et envers Notre-Dame del Pilar... Qui ? Quand ? Où ? Comment ? Je ne sais, mais pas un instant je ne doute que va surgir bientôt l’homme providentiel qui doit nous sauver. Ni le Sacré-Cœur de Jésus ni la Vierge du Pilar ne consentiront à ce que triomphent ici, d’une manière irréparable, l’impiété et la franc-maçonnerie... »
Quand, le 18 juillet 1936, il apprend la nouvelle du soulèvement national sous les ordres du général Franco, il écrit : « Jour du soulèvement contre les ennemis de l’Espagne et du Cœur de Jésus. Pardon et miséricorde. Sanctificetur Nomen tuum... Adveniat regnum tuum ! »
« N’oubliez pas, dira-t-il, que la guerre qui ravage le pays, n’est pas seulement une guerre civile, sociale, politique, c’est surtout une guerre de religion. C’est la guerre contre l’Espagne catholique, contre le Christ et contre son Corps mystique. N’a-t-il pas porté Lui-même dans son Eucharistie et dans son Église la principale et la plus grande part des haines et des agressions ? » Parmi les martyrs de cette guerre atroce qui durera trois ans, on comptera nombre de “ Marie ” et de “ Jean ”. Mais les historiens honnêtes le reconnaissent : dans le camp nationaliste, il n’y avait pas de haine. « Faites-vous les apôtres du commandement nouveau, écrivait l’évêque de Palencia dans une Lettre pastorale, répandue dans toute l’Espagne et même à l’étranger. Prêchez la plus nécessaire de toutes les Croisades, celle de la charité fraternelle entre les Espagnols. N’oublions jamais la grande leçon de cette tragédie de huit siècles de combat contre l’islam. Pourquoi les fils du cimeterre pénétrèrent-ils si aisément dans l’Espagne wisigothe ? Parce qu’ils la trouvèrent divisée et corrompue. Pourquoi la Reconquista dura-t-elle huit siècles ? Par manque de charité fraternelle : si le communisme est la religion de la haine, notre sainte religion est celle de l’amour. »
LE SACRÉ-CŒUR, ROI DE PALENCIA
Mgr González anticipa d’une année la victoire du Caudillo, en réintronisant le Sacré-Cœur comme Roi et Gouverneur de la ville de Palencia, au cours d’un triduum solennel, du 5 au 7 mai 1938. Le premier jour, une magnifique procession reconduisit la statue du Sacré-Cœur depuis l’Asile des Sœurs où elle avait été cachée durant les troubles de la République jusqu’à la cathédrale, et le troisième jour, elle fut à nouveau portée par les rues de la ville sur les épaules des maires de la région, jusqu’au palais de la Députation.
Le président de la Chambre, don Rodolfo Pérez de Guzmán, lut l’acte de consécration rendant à Jésus-Christ son trône et lui demandant de présider à tous les travaux de la Députation, de la cité et de la Province, afin que, sous son regard paternel, les habitants de Palencia travaillent laborieusement et honnêtement, et que s’accomplisse la promesse de prédilection faite jadis à la nation espagnole : « Je régnerai en Espagne. »
Mgr Manuel, très ému, expliqua à ses diocésains le sens de l’acte qu’ils accomplissaient, et après avoir récité avec eux le Credo, ajouta avec sa bonne humeur coutumière : « Notez bien que c’est un aller sans retour ! » Au milieu des cris du peuple et des notables qui acquiesçaient : « Oui, oui, sans retour ! » le président ajouta : « Sans retour, en effet, mais si, pour la honte de Palencia, il y en avait un, maudit celui qui en serait l’auteur ou qui y consentirait ! »
Ce triomphe régional du Sacré-Cœur, figuratif de son grand triomphe final, était l’œuvre de Mgr Manuel González. L’évêque du Saint-Sacrement pouvait chanter son Nunc dimittis. L’année suivante, il dut être opéré à Madrid. « Père Saint, par le Cœur Immaculé de Marie, je vous offre Jésus votre Fils et je m’offre avec Lui et pour Lui à toutes ses intentions et au nom de toutes les créatures. » Telle fut sa dernière prière, avant de s’éteindre saintement aux premiers jours de janvier 1940.
Son corps fut ramené à Palencia et enterré à la cathédrale, dans la chapelle du Saint-Sacrement, au pied du Tabernacle, comme il l’avait demandé, « pour que mes os, après ma mort, comme ma langue et ma plume durant ma vie, puissent toujours dire aux passants : Ici se trouve Jésus. Il est là ! Ne le laissez pas seul. Mère Immaculée, saint Jean, saintes Maries, portez mon âme en la compagnie éternelle de Jésus, au Ciel. »
frère Thomas de Notre-Dame du perpétuel secours
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POUR DIEU, LA PATRIE ET LE ROI



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MessagePosté le: Sam 23 Mar - 15:24 (2013)    Sujet du message: Publicité

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Henryk
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MessagePosté le: Dim 10 Nov - 18:14 (2013)    Sujet du message: "Je règnerai en Espagne" Répondre en citant

Merci Requête Carliste

Manuel González García est né à Séville, le 25 février 1877. Quatrième enfant d’une famille qui en compte cinq, parfaitement éduqué par un père charpentier et bon chrétien, par une mère aussi énergique que pieuse, allègre comme le soleil d’Andalousie, Manolito est doué d’un caractère vif et joueur, et d’un bon cœur.

Un jour, en rentrant de l’école, il remarque l’expression soucieuse de sa maman. « Maman, que se passe-t-il ?
– Rien, mon enfant... Quelque chose que la Sainte Vierge seule peut arranger. Va ! emmène ton petit frère et raconte à la Vierge de Toute Joie ce qui me préoccupe. »

Manuel prend son petit frère par la main, entre dans l’église, va s’agenouiller devant l’autel de la Sainte Vierge, met les bras en croix et, fixant sur la statue ses yeux aussi bleus que le manteau de Marie, confie les soucis de sa maman. À son retour à la maison, celle-ci a retrouvé le sourire. La “ Vierge de Toute Joie ” sera la grande dévotion de don Manuel, avec cette charmante oraison jaillie de son cœur : « Sainte Marie, que je sois aujourd’hui votre joie et vous la mienne ! »

À neuf ans, son rêve se réalise, il est admis dans la confrérie des “ seise ” de la cathédrale de Séville, qui ont le privilège de danser devant le Saint-Sacrement le jour de la Fête-Dieu, revêtus d’un bel habit d’écarlate et d’or, et de suivre les processions en l’honneur de l’Immaculée Conception dans leur tout aussi belle tenue bleu argenté.

En 1889, il entre au petit séminaire, puis de là passe au grand séminaire. Il y restera jusqu’en 1901, où il sera ordonné prêtre par le saint archevêque Espinola. Années de formation intense, de piété fervente, nourrie par l’Apostolat de la Prière au cours desquelles sa vocation se précise : il sera prêtre pour la gloire et le service de Jésus-Hostie qu’il aime à la folie. N’ambitionnant que de devenir le bon pasteur d’un village aux mœurs patriarcales, le voilà, au cours d’une mission à Palomares del Rio, confronté au drame de l’apostasie moderne : sous couvert de laïcisme, la foi et la piété se perdent, les mœurs se corrompent.

« Je ne rencontrais, raconte-t-il, que des villes en miniature avec toutes les misères qui se cachent dans ces bas-fonds sous les belles apparences dont ils se couvrent... Au poème pastoral de mes rêves apostoliques du séminaire avait succédé la vision d’une tragédie... une tache rouge, comme du sang... »

LE SACRÉ-CŒUR, ROI DE PALENCIA
Mgr González réintronisa le Sacré-Cœur comme Roi et Gouverneur de la ville de Palencia, au cours d’un triduum solennel, du 5 au 7 mai 1938. Le premier jour, une magnifique procession reconduisit la statue du Sacré-Cœur depuis l’Asile des Sœurs où elle avait été cachée durant les troubles de la République jusqu’à la cathédrale, et le troisième jour, elle fut à nouveau portée par les rues de la ville sur les épaules des maires de la région, jusqu’au palais de la Députation.


Le président de la Chambre, don Rodolfo Pérez de Guzmán, lut l’acte de consécration rendant à Jésus-Christ son trône et lui demandant de présider à tous les travaux de la Députation, de la cité et de la Province, afin que, sous son regard paternel, les habitants de Palencia travaillent laborieusement et honnêtement, et que s’accomplisse la promesse de prédilection faite jadis à la nation espagnole : « Je régnerai en Espagne. »




Mgr Manuel, très ému, expliqua à ses diocésains le sens de l’acte qu’ils accomplissaient, et après avoir récité avec eux le Credo, ajouta avec sa bonne humeur coutumière : « Notez bien que c’est un aller sans retour ! » Au milieu des cris du peuple et des notables qui acquiesçaient : « Oui, oui, sans retour ! » le président ajouta : « Sans retour, en effet, mais si, pour la honte de Palencia, il y en avait un, maudit celui qui en serait l’auteur ou qui y consentirait ! »
Ce triomphe régional du Sacré-Cœur, figuratif de son grand triomphe final, était l’œuvre de Mgr Manuel González. L’évêque du Saint-Sacrement pouvait chanter son Nunc dimittis. L’année suivante, il dut être opéré à Madrid. « Père Saint, par le Cœur Immaculé de Marie, je vous offre Jésus votre Fils et je m’offre avec Lui et pour Lui à toutes ses intentions et au nom de toutes les créatures. » Telle fut sa dernière prière, avant de s’éteindre saintement aux premiers jours de janvier 1940.



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MessagePosté le: Aujourd’hui à 06:48 (2016)    Sujet du message: "Je règnerai en Espagne"

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