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Biens des émigrés ou bien nationaux

 
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Henryk
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MessagePosté le: Mar 9 Avr - 11:24 (2013)    Sujet du message: Biens des émigrés ou bien nationaux Répondre en citant

Un exemple parmi tant d'autres en notre province ou comment la Convention fait sa masse monétaire par les biens nationaux, en valeurs assignats

 Pesteils
I)Le seigneur de Miramon.
II)Pillage des ses châteaux: Pesteils, Bassignac, Saint Angeau.
III)Vente de ses biens.

Continuons la lamentable histoire de la guerre faite aux nobles dans nos pays d'Auvergne.

A quelques centaines de pas du bourg de Polminhac, sur un immense rocher, s'élève un château remarquable qui domine, au midi, la plantureuse vallée de la Cère et qu'entoure, du côté du nord, un torrent qui bondit des montagnes. C'est le château de Pesteils-Miramon, dont le possesseur, en 1789, était le haut et puissant Seigneur Jean-Gaspard de Cassanhes, marquis de Miramon, baron de Giou, comte de Paulhac etc, dont les immenses et nombreuses propriétés s'étendaient en Auvergne et en Alsace.



Né en 1776, entré à 16 ans au service du roi, il fit les dernières campagnes de la guerre de succession d'Autriche, fut à 18 ans, capitaine dans Orléans-cavalerie, entra aux mousquetaires gris, en sortit pour prendre le commandement d'un régiment de dragons noirs, avec lequel il fit les campagnes de la guerre de sept ans.
Devenu presque infirme par suite de ses nombreuses blessures, il quitta le service militaire, et vécut plusieurs années à Paris avec la marquise sa femme, née Marie-Anne de Bardoniri de Sansac.
Dès le début de là Révolution, pour cause de santé, il passa en Suisse, puis en Belgique et alla aux eaux d'Aix-la-Chapelle. Durant ses pérégrinations, les plus tristes nouvelles lui arrivaient de France.
Laissons parler ici l'historien de la maison de Cassanhes-Beaufort de Miramon, lequel ayant sous la main les archives de la famille et les papiers des hommes d'affaires du Marquisat de Pesteils-Miramon, a fait un intéressant récit des malheurs de son bisaïeul pendant la Révolution.
« Etant à Tournai, écrit le vicomte Bernard de Miramon Fargues, le marquis de Miramon échangea une correspondance avec le marquis de Laqueille, son ancien collègue aux Etats de Clermont, qui commandait en émigration la noblesse de la province. Il demandait à être inscrit parmi les signataires de l'acte de coalition des gentilshommes d'Auvergne. Ses infirmités l'empochaient de mettre son bras au service de la cause royale, il réclamait au moins la faveur de l'aider de son argent. Le pauvre homme se croyait encore riche ; car il ne recevait pas ou ne recevait que très irrégulièrement et par ricochet les lettres de ses hommes d'affaires, qui lui faisaient un tableau désolant de ce qui se passait dans ses terres. Ses bois, ses champs, ses greniers étaient chaque jour mis au pillage. Les fermiers refusaient de payer et allaient jusqu'à contester à leur maître son droit de propriété; car ils flairaient déjà la curée prochaine. Le notaire Traynier, son intendant, le sieur Loussert, son procureur fiscal, Bertrand, juge du marquisat, son procureur syndic, son lieutenant particulier, tous les officiers de ses terres lui écrivaient des lettres pressantes pour le prier de leur envoyer un certificat de résidence dans le royaume, croyant ou feignant de croire qu'il était encore à Paris ; car le marquis avait trouvé un subterfuge pour faire dater ses réponses de ce lieu. Ce certificat devait avoir une grande importance, puisque la loi sur les émigrés venait d'être édictée.







Mais Gaspard ne pouvait croire qu'on le dépouillât de ses biens. Il avait émigré, c'est vrai, mais pour cause de santé seulement et il lui semblait que le patriotisme n'exigeait pas qu'on refusât de devoir sa guérison à des eaux étrangères. D'autre part, maintenant qu'il était hors de France, il pensait qu'il eût été puéril de se rejeter volontaiment dans la gueule du loup ; car, si on le rappelait, c'était en lui montrant les dents. Il avait bien, il est vrai, l'exemple de ses frères, le comte et l'abbé, qui vivaient à Paulhac, sans être trop inquiétés; mais il voyait de toutes parts tant de gentilshommes incarcérés ou massacrés sans motifs, qu'il crut prudent d'attendre de loin. Il attendit si bien qu'il reçut successivement les plus fâcheuses nouvelles.
Le 19 mars 1792 au matin, les officiers municipaux de Polminhac avaient reçu l'avis d'avoir à réunir la garde nationale de leur paroisse pour s'unir en fédération et fraterniser avec celles de Giou et d'Yolet. La garde nationale de Polminhac n'étant pas encore organisée à cette époque, la municipalité rassembla ta majeure partie des citoyens de la commune. Cet attroupement illégal était à peine formé qu'on avait vu arriver la paroisse d'Yolet, ayant à sa tête les nommés Pouzols, de Falguières, et Trémonie, d'Yolet, et celle de Giou, conduite par Viallard, de la Barate. Boisson, de Roques, et Bonnafé, de Mamou. Tout le monde s'était réuni, et tout à coup on avait entendu crier qu'il fallait se porter sur Miramon. Immédiatement on avait formé trois colonnes, représentant les trois soidisant gardes nationales, au nombre de quatre cents hommes environ, et l'on était monté au château, où la troupe n'avait pas tardé à se grossir de trois cents autres individus.


C'avait été dans la cour d'entrée, dont la terrasse domine hardiment le bourg couché à ses pieds, un cliquetis et un scintillement de fusils, de haches, de fourches et de piques, un concert sauvage et assourdissant de voix surexcitées qui criaient à pleine gorge le patois auvergnat, aux notes chantantes ; et au milieu de tout ce peuple les officiers municipaux et les meneurs se frayaient péniblement un passage, tout fiers de commander à ces braillards, et dans leur vanité se croyant peut-être autre chose que des voleurs. Jamais le vieux château, qui avait pourtant soutenu un siège contre les Anglais, qui avait été pris et repris deux fois pendant les guerres de religion, n'avait assisté à un pareil spectacle, à la fois effrayant et ridicule. Car le premier acte des envahisseurs avait été de demander à boire et à manger, en spécifiant qu'ils voulaient qu'on leur servît du gras, attendu que  l'Evêque l'avait permis, quoiqu'on soit en carême (ce scrupule semble curieux, en pareil cas). Traynier, devant les menaces, avait envoyé chercher du beurre, du pain et deux cochons (sauf votre respect, Monsieur le marquis). Quant au vin, les visiteurs avaient eu l'honnêteté de se servir eux-mêmes en défonçant les caves. Vers les quatre heures du soir, après s'être bien-repu», les gens d'Yolet et de Giou avaient exigé qu'on leur souscrivît une promesse de trois barriques de vin et de trois cent livres d'argent pour les pauvres ; sinon, ils étaient résolus, avant de partir, à tout brûler, piller, saccager et tuer.

Puis ils avaient visité le château pour voir s'il n'y avait pas des armes et des aristocrates. Guidés par d'anciens domestiques de la maison, entre autres par un nommé Martres, de l'hôpital, ils avaient tout ouvert ou enfoncé et avaient pénétré clans le caveau où étaient enfermés les vins de Champagne, d'Espagne, etc. Ils avaient enlevé les bouteilles, ainsi qu'une grande quantité de linge et d'effets, des papiers et toute l'avoine. Puis ils avaient exigé la démolition des girouettes et d'une pierre au-dessus de la porte d'entrée, sur laquelle étaient gravées les armoiries. On évaluait à plus de six mille livrés les dégâts faits dans cette journée, sans compter les billets qu'on avait dû souscrire. Enfin, la nuit venue, toute cette troupe s'était retirée en faisant des protestations et de vives menaces de revenir bientôt, attendu qu'ils n'avaient pas accompli entièrement leurs projets.
Le lendemain, la municipalité d'Yolet était revenue, annonçant que, si on voulait éviter le retour de sa troupe, il fallait donner encore quatre cents livres pour acheter des armes. Le 24, une centaine d'individus de Giou avaient envahi de nouveau le château, ayant à leur tête Viallard
père, et les gens de Alamou avaient réclamé en vain la protection de la municipalité de Polminhac. Il avait fallu les nourrir, les abreuver, et acquiescer à leurs énormes réclamations ; or, ils ne demandaient pas moins de six livres par tête, plus une contribution de vingt-quatre livres, payable en assignats. Pour tout remerciement, ils s'étaient retirés à cinq heures en proférant des menaces.
Venaient ensuite les réclamations particulières : un nommé Aleyniel, du Couclcrc, qui avait été pris trente ans auparavant par les gardes commettant quelque délit et auquel le marquis avait fait grâce, réclamait quand même une forte indemnité pour le dommage qu'il prétendait lui avoir été fait alors. Un autre qui était en procès avec le marquis, exigeait que celui-ci se désistât et se condamnât lui-même. Un troisième voulait qu'on lui remboursât une somme considérable, sous prétexte que lui et ses auteurs avaient toujours payé des fromages trop élevés.
Enfin un grand nombre de braves gens avaient, eux aussi, réclamé de l'argent, sans pouvoir formuler aucune raison ; ils avaient entendu dire qu'on payait largement au château, et étaient venus comme les autres. Alais, comme leurs demandes étaient accompagnées de menaces et que tout le monde était affolé, il fallait le plus souvent céder.
Au milieu d'avril, le marquis de Miramon recevait une autre lettre dans laquelle on lui annonçait que les gens de Badalhac et de Raulhac avaient visité son château de Bassignac, festoyé toute la nuit à ses dépens et enlevé du bétail ; et, quelques jours après, que son château de Neyrebrousse avait été entièrement dévasté par les habitants des communes de Cezens et autres.

Le marquis dans ses réponses s'indignait detous ces méfaits; il ordonnait de poursuivre les coupables en justice et les menaçait de la rigueur des lois. Alais on lui faisait observer que les tribunaux étaient très indulgents pour les émeutiers et que, d'ailleurs, il devait être très heureux d'en être quitte à si bon marché; car, en ce moment, les châteaux de la Rodde, de Sénezergues, de Ladinhac, de la Besserette étaient en flammes ; d'autres avaient été vendus. Cette consolation, quelque maigre qu'elle fût, ne devait même pas être laissée au marquis ; car vers la fin de la même année, il apprenait que le
département, n'ayant pas reçu son certificat de résidence, l'avait compris dans le nombre des émigrés et avait mis en vente tous ses biens. Les
acquéreurs ne manquèrent pas; et pendant les quelques mois qui suivirent, il fut vendu pour deux millions trois cent mille francs de proprié-
tés appartenant au marquis de Atiramon dans les paroisses de Vie, Polminhac, Badailhac, Palherols, Cariât, Saint-Clément, Yolet, Vézac,
Alalbos, Brezons, Cezens dans l'Auvergne, et Antraygues dans l'Aveyron. »

A ces désastres éprouvés par le marquis de Miramon, en Auvergne, ajoutons que son château de Saint-Angeau fut saccagé, que ses immeubles
de Paris furent saisis et ses propriétés d'Alsacvendues. Seules les seigneuries de la Basses Auvergne, dont Paulhac était le principal château, ne furent pas aliénées, parceque le marquis les avait données en dot à sa fille, épouse de son frère, non émigré.




Obligé de fuir devant les armées de la République, le marquis et la marquise passèrent d'Aix-la-Chapelle à Coblentz, à Mayence, en Suisse,
à Carlsruhe, malades et à bout de ressources.
En 1801, ils étaient à Lyon ; ils obtinrent leur radiation de la liste des émigrés et essayèrent de mettre ordre à leurs affaires.
Gaspard de Miramon séjourna deux ans dans cette ville d'où il entretenait, avec diverses personnes d'Aurillac une correspondance suivie, afin d'aviser aux moyens de rentrer dans ses biens. En 1803, après un séjour à Paris, il se décida à venir se fixer dans le Cantal, pour être plus facilement en rapport avec les acquéreurs de ses propriétés. C'est à Aurillac, rue du Consulat, dans une maison appartenant à un marchand nommé Chibret, qu'il vécut jusqu'en 1810, sans cesse occupé de nouveaux projets d'arrangements, de transactions, de rachats, et aidé dans cette besogne par MM. le baron Perret, maire d'Aurillac, et Labro.



Dans les premiers temps, il aurait pu, s'il avait voulu, obtenir des compensations en argent assez considérables, car les acquéreurs des biens nationaux, surpris par le retour des émigrés et inquiets pour l'avenir, ne demandaient pas mieux que de régulariser leur situation vis-à-vis des premiers propriétaires, dont ils détenaient les biens en vertu d'une mesure révolutionnaire. Malheureusement le marquis était trop exigeant et réclamait la restitution d'une notable portion de ses domaines, ou du moins l'équivalent de sa valeur ; ce dont on ne saurait en conscience lui faire un reproche, puisqu'il avait droit à tout. On ne s'entendit pas; les choses traînèrent en longueur. Pendant ce temps, les acquéreurs, voyant qu'ils n'étaient pas inquiétés s'enhardissaient; peu à peu et devenaient de jour en jour moins conciliants. Si bien qu'en 1810, lorsque le marquis Gaspard mourut, il n'avait pour ainsi dire rien obtenu et était, à peu de choses près, dans la même position de fortune qu'à son retour d'émigration. La succession de ce grand seigneur, dont, dans toute la province, on vantait jadis la fortune et la puissance, se trouvait être tellement embrouillée que sa fille, la comtesse de Miramon, ne se sentit pas la force de l'accepter et que seule la comtesse de Chàtillon osa la recueillir.

Nous ne nous attarderons pas à faire ressortir, en guise de conclusion, l'infortune de notre pauvre aïeul, qui, né dans la plus brillante position de famille et de fortune, fut pendant dix ans fugitif à travers l'Allemagne, ne sachant où reposer sa tête, accablé par de cruelles souffrances que sa pauvreté rendait encore plus pénibles, et qui vint enfin mourir à l'auberge comme un étranger, au milieu de terres dont il s'étonnait encore de ne plus être le seigneur. »

Histoire de la Révolution en Auvergne Gallica
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MessagePosté le: Mar 9 Avr - 11:24 (2013)    Sujet du message: Publicité

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Lastic
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MessagePosté le: Mer 17 Avr - 20:52 (2013)    Sujet du message: Biens des émigrés ou bien nationaux Répondre en citant

 Merci pour ce post, Henryk, extrêmement intéressant !

Et le château de Pesteils, si majestueux et impressionnant ! C'est toujours un plaisir de passer devant quand je pars en vacances dans le Cantal.
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Solognot
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MessagePosté le: Jeu 18 Avr - 20:19 (2013)    Sujet du message: Biens des émigrés ou bien nationaux Répondre en citant

Merci de nous transmettre tous ces faits Henryk.
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Henryk
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MessagePosté le: Mer 24 Avr - 20:14 (2013)    Sujet du message: Biens des émigrés ou bien nationaux Répondre en citant

Id, quod nostrum est, sine facto nostro ad alium transferri non potest.
 
DE LA RESTITUTION DES BIENS DES EMIGRES 1814 CONSIDÉRÉE SOUS LE TRIPLE RAPPORT DU DROIT PUBLIC, DU DROIT CIVIL, ET DE LA POLITIQUE ; ET DE LA RÉVOCATION DE LA LOI DES 25 OCTOBRE ET 14 NOVEMBRE 1792, QUI A ABOLI LES SUBSTITUTIONS.
 
L'HEUREUSE restauration de la monarchie française qui vient de s'opérer, et le retour, avec nos légitimés souverains , de cette noblesse qui a donné à la famille royale des preuves d'un dévouement si généreux, appellent de toute part l'attention publique sur les ventes qui ont
été faites pendant les troubles révolutionnaires, des biens des fidèles sujets de Sa Majesté qui abandonnèrent leur patrie et leurs familles, les uns, pour se dévouer au service du Roi dans une terre étrangère ; les autres , pour échapper aux persécutions et à la mort dont étaient menacés, dans ces temps de désordre et d'anarchie , tous ceux qui étaient soupçonnés d'attachement à la monarchie.
Ces fidèles serviteurs de leur prince, rendus aujourd'hui à leur patrie et à leurs familles, reprenant leurs anciens titres, et recouvrant les honneurs que leurs services personnels, ou ceux de leurs aïeux, leur avoient mérités, seront-ils pour toujours réduits à l'indigence , pendant que leurs biens continueront à être possédés par leurs anciens fermiers, ou par des spéculateurs avides, qui les ont acquis à vil prix, et acquitté avec une monnaie d'une valeur presque nulle, dans un temps où des assemblées de la nation, convoquées d'abord pour délibérer sur les moyens de payer la dette publique et de consolider la monarchie, se sont emparées du pouvoir souverain que nos anciennes constitutions monarchiques et le consentement de la nation avoient placé dans les mains du Roi , et avoient commencé les longs malheurs de la France par l'abolition de la royauté, et par le jugement et la mort du Roi légitime ?





Il n'est personne qui ne sente la profonde justice de la restitution des biens confisqués sur les émigrés ; ou, au moins, de l'indemnité à laquelle ils ont droit pour la vente de leurs patrimoines, dont le prix a été versé dans les caisses de la nation. Mais combien d'obstacles semblent s'élever contre ce vœu de la justice et de la raison !
La situation actuelle des finances de la France ne permet pas que l'Etat rembourse le prix de ces biens , qui, au reste, par la monnaie qui a été employée à l'acquitter, ne représenterait qu'une bien faible partie de la valeur réelle des biens dont les émigrés ont été dépouillés. D'ailleurs, serait-il d'une exacte justice, quand l'état des finances ne s'y opposerait pas, de faire contribuer à une indemnité envers les émigrés dont les biens ont été vendus, la plus grande partie de la nation qui ne possède aucun de ces biens ; tandis que le bénéfice immense qu'ont fait les acquéreurs directs de la nation leur serait conservé, et que les acquéreurs subséquents , qui , en raison de l'origine de ces biens, et de l'éviction plus ou moins prochaine qu'ils prévoyaient, les ont acquis à un prix bien inférieur à celui des immeubles patrimoniaux , profiteraient de l'augmentation réelle que donnerait aux biens d'émigrés l'indemnité payée par l'Etat aux anciens propriétaires ?


On éviterait, à la vérité , cette injustice en mettant l'indemnité, à accorder aux émigrés, à la charge des acquéreurs de leurs biens, seuls, en la fixant à une certaine somme qui serait levée sur les acquéreurs suivant un mode déterminé ; mais cette taxe produirait, pour en régler les bases avec justice , les mêmes inconvénients qu'on prévoit dans la restitution des biens.

Cette restitution, qui ne présente aucune difficulté pour les immeubles qui étaient encore à la disposition de l'ancien gouvernement, et qui aujourd'hui sont réunis au domaine du Roi, serait, sa ns contredit, ce qu'il y aurait de plus équitable si les biens des émigrés étaient restés dans les mains des acquéreurs directs de la nation, et si, dans leurs mains, ils existaient libres de toute hypothèque; mais, depuis vingt ans, une multitude de contrats ont été passés avec les acquéreurs des biens des émigrés; des hypothèques ont été données sur ces biens ; ils ont formé la dot des femmes ; ils sont échus en partage à des cohéritiers dans les succédons des acquéreurs. Ce n'est qu'en tremblant qu'on envisage les troubles qu'entraîneraient, dans un grand nombre de familles, l'annulation de tous ces contrats, la destruction des droits qu'ils ont acquis sous l'empire de l'ancien gouvernement dont on connaît le respect pour le maintien des ventes des biens d'émigrés.

Si la justice élève la voix pour que les biens des émigrés leur soient rendus, l'intérêt de la société toute entière parait s'y opposer.

Cependant, serait-il impossible de concilier ce que réclame la justice, et ce que la politique commande peut-être , avec l'intérêt de la société ? n'y aurait-il donc aucun moyen d'opérer cette restitution en gardant la justice à tous , et en accordant à la "bonne foi et à l'erreur commune , des tiers-détenteurs , ou des créanciers hypothécaires des acquéreurs , des biens des émigrés , tout ce que les lois civiles autorisent ?

On se propose dans cet écrit d'examiner la question de la restitution des biens des émigrés, principalement sous le rapport du droit civil, et de prouver, par l'autorité du droit et par des exemples de cas semblables , qu'il serait possible de dégager la restitution des biens des émigrés, des obstacles, dont elle semble environnée.




De la validité des aliénations des biens des émigrés, considérée, en elle-même et sous le rapport du droit public. Pour apprécier sainement les lois qui ont prescrit l'aliénation des biens des émigrés, il est nécessaire de retracer les circonstances où se trouvaient les auteurs de ces lois. L'assemblée nationale constituante , s'étant peu à peu emparée de tous les pouvoirs , en détruisant l'ancienne monarchie qu'elle devait consolider; le Roi n'eut plus la liberté de résister à ses décrets et son autorité alla tous les jours en déclinant. Du moment que cette assemblée eut usurpé l'autorité royale, la monarchie fut détruite, comme elle le fut en Angleterre sous Charles Ier, par l'usurpation du long parlement.

Le Roi annonça lui-même à la nation , par sa célèbre déclaration du 20 juin 1791 , que le défaut absolu de liberté entachait de nullité toutes les démarches qu'il avait faites depuis le mois d'octobre 1789 , et il protesta solennellement contre tous les actes émanés de lui pendant sa captivité.
Sa déclaration était terminée par ces paroles mémorables :

« Français, et vous surtout Parisiens, vous habitants d'une ville que les ancêtres de Sa Majesté se plaisaient à appeler la bonne ville de Paris, méfiez-vous des suggestions et des mensonges de vos faux amis ; revenez à votre Roi, il sera toujours votre père , votre meilleur ami ! quel plaisir n'aura-t-il pas à oublier toutes ses injures personnelles, et à se revoir au milieu de vous, lorsqu'une constitution qu'il aura acceptée librement, fera que notre sainte religion sera respectée ; que le gouvernement sera établi sur un pied stable et utile par son action ; que les biens et l'état de chacun ne seront plus troublés ; que les lois ne seront plus enfreintes impunément ; et qu'enfin la liberté sera posée sur des bases fermes et inébranlables? »




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Lastic
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MessagePosté le: Jeu 25 Avr - 14:08 (2013)    Sujet du message: Biens des émigrés ou bien nationaux Répondre en citant

 
Tiré de l'Histoire de la Révolution en Auvergne, Gallica.

Il fallait bien que j'en dise un mot !

 

«De Vigouroux passons à Lescure. Le château de Lescure, qui existe encore, est une agréable habitation située sur un monticule dans la vallée de Brezons, entourée de belles prairies et de vastes forêts. Son seigneur Hugues de Lastic était fils d'un cadet de Vigouroux et d'une demoiselle de Bélinay. Il avait épousé une demoiselle de Beauclair de laquelle il avait deux filles. Devenu veuf, il se maria en secondes noces avec mademoiselle d'Escorailles qui ne lui donna pas d'enfants.

Il avait trois frères :
Pierre-Joseph, né en 1727, vicaire général de Châlons-sur-Alarne, puis en 1771, sacré évêque de Rieux, diocèse de la province ecclésiastique de Toulouse.

Le chevalier de Lastic, officier supérieur dans la marine royale, mort sans enfants ;
François, qui fut grand-vicaire de Rieux sous l'épiscopat de son frère.

 

Pour cette auguste famille la Révolution fut cruelle, atroce: L'évêque de Rieux et son frère le grand-vicaire sont portés sur la liste des émigrés du Cantal. Ils émigrèrent en effet en Espagne et Mgr de Lastic mourut au monastère de Mont-Serrat, en Catalogne.
Leur frère aîné eut encore un sort plus malheureux. Il était déjà vieux quand la Révolution commença. En 1787, il fut nommé syndic de la noblesse et du clergé de l'assemblée provinciale d'Auvergne ; là, le comte de Lastic joua un rôle de conciliation ; c'était un homme droit et bienfaisant, d'un grand coeur comme le prouvaient ses aumônes et ses bons conseils. La Révolution ne lui tint aucun compte de ses qualités, de ses bienfaits, de ses procédés obligeants. Il était noble ; c'était un crime épouvantable.
En mars 1792, époque de fièvre révolutionnaire, de surexcitation haineuse contre la noblesse et le clergé, un attroupement de gens égarés et avides de pillage, se porte sur le château de Lescure, le saccage, brise où emporte les meubles, abat la toiture de la tour et enlève tous les grains qu'on se partage ensuite.
Cependant les malheureux qui avaient enlevé le blé du château eurent quelques remords de leur inqualifiable conduite et envoyèrent un exprès au comte pour le prier de vouloir bien leur donner les grains enlevés. On lit en effet dans le cahier des délibérations du directoire de St-Flour:


« Quelques jours après (le pillage) un membre de la municipalité de Saint-Martin, canton de Pierrefort, se porta chez M. de Lastic en son château de Lescure pour le prévenir que s'il ne s'empressait pas de faire don aux pauvres de la paroisse du blé enlevé chez lui par les habitants de Vigouroux, son château serait de nouveau saccagé. »

 

Il est à présumer que le comte fit don de ses grains. Cependant à la nouvelle des dévastations que faisaient les paysans égarés, dans le canton de Pierrefort, le Directoire du district de Saint-Flour écrivit le Ier avril-1792 à la municipalité de Saint-Martin pour lui rappeler le respect de la propriété. Il prévint, en outre le Directoire du département des désordres qui avaient lieu dans le pays et le Directoire fit venir des troupes de ligne pour rétablir et maintenir le bon ordre. L'effervescence se calma en effet pour quelque temps du moins.

Mais le. comte de Lastic n'en demeura pas moins étonné et douloureusement ému de l'agression inattendue dont il avait été l'objet. Il ne comprenait pas qu'étant lui-même bienveillant, les paysans fussent malveillants pour lui ; il pensa avec raison que le peuple se laisse facilement tromper et égarer par quelques meneurs. Dix furieux et vingt drôles suffisent en effet pour mettre tout un pays en déroute.
Il oublia tout et chercha à se faire oublier ; il arriva ainsi jusqu'à l'année 1794; mais alors les événements tournèrent au tragique. On sait que les membres du Comité Révolutionnaire du Cantal, puis ceux de la fameuse Commission qui lui succéda, avaient un moyen très efficace de s'annexer les biens et l'or des aristocrates. Il consistait à arrêter à la poste toute lettre écrite à des gens suspects ou à des
émigrés, puis on prévenait l'auteur de la lettre de la triste position où il s'était mis en entretenant des relations avec les émigrés, puisque ce délit était puni de la peine de mort, lui faisant entendre en même temps qu'il n'avait qu'un moyen de se tirer d'embarras, racheter la lettre, par une somme d'argent.
On faisait encore mieux et c'est ici le maximum du coquinisme ; on fabriquait de fausses lettres, écrites à ou par l'aristocrate dont on convoitait la fortune. Le malheureux avait beau protester qu'il n'avait écrit ni reçu de telles lettres, on persistait à l'affirmer, si bien que l'accusé persuadé qu'il serait perdu si ces lettres, quoique fausses, paraissaient au tribunal, finissait, pour qu'elles lui fussent rendues, par offrir une somme considérable, ce que précisément voulaient les atroces faussaires.


M. de Lastic fut victime d'une pareille manœuvre : on montrait une lettre écrite par lui à son parent M. de Fabrègues émigré. L'avait-on arrêtée à la poste, ou trouvée dans les papiers du vieux comte ? L'avait-on fabriquée ? On ne peut rien affirmer à ce sujet. Quoi qu'il en soit une lettre fausse ou vraie était tombée entre les mains de Boudier et de Fau, deux enragés démagogues d'Aurillac, deux concussionnaires effrontés. Cette lettre servit de prétexte à l'arrestation de l'infortuné de Lastic. « Ce vieillard inoffensif et bienveillant, dit Boudet, était tellement vénéré dans ses montagnes que la société populaire de Saint-Flour ne crut pas pouvoir lui refuser une délibération favorable après son arrestation.»
Il n'en fut pas moins conduit prisonnier à Aurillac et traduit devant le tribunal criminel. Pour racheter la fatale lettre et éviter un jugement, M. de Lastic offrit douze mille francs, qu'il fit porter par son beau-frère, M. de Beauclair, au citoyen Alary, procureur très influent auprès des juges, vrai fripon, ardent à trafiquer de la liberté, de la fortune et de la vie de ses concitoyens. Il devait partager cette somme avec Boudier et Fau, détenteurs de la lettre. De Lastic en outre fit distribuer aux juges dont il connaissait la vénalité des sommes d'argent dans l'espoir d'obtenir un acquittement.
Nous en avons la preuve dans la déposition des témoins entendus dans le procès que l'on fit plus tard aux concussionnaires du Cantal. Voici sur l'affaire de Lastic, ce que déposèrent Perret, homme de loi à Aurillac, de Beauclair, beau-frère de Lastic et Alary l'homme aux convoitises grossières.


Perret : « Il dit que Lastic à acheté tout le tribunal, que Dèzes avait eu quatre mille livres (francs) et Ruât, six mille ; que le président Hébrard n'avait pas eu la plus petite portion ; que Boudier avait reçu douze mille livres partageables avec Fau pour livrer deux lettres de Lastic. »

Alary : « Ce que vous venez d'entendre est vrai. Pour avoir des lettres de Lastic qui étaient au district, j'ai compté douze mille livres en assignats ou billets à Boudier qui disait devoir  en donner à Fau, agent national, pour acheter son silence. »

Beauclair : « J'ai donné à Alary pour racheter une lettre trouvée dans les papiers de Lastic, mon beau-frère, et qui était entre les mains de Fau, agent national, et de Boudier, administrateur, une somme de douze mille livres, dont 6,000 en assignats et deux billets au porteur de trois mille chacun.

« Toutes ces sommes, ajoute la Révolution du Cantal, ont été inutilement répandues. Lastic ne fut pas jugé par le tribunal criminel du Cantal, il fut envoyé au Tribunal Révolutionnaire de Paris sous la garde de Boudier aine et guillotiné quarante huit heures après son arrivée à Paris. »

Mais entrons dans quelques détails sur l'ignoble procès intenté à M. de Lastic, voici ce que dit le Président lui-même, Hébrard :



« Lastic, traduit au tribunal du Cantal, y est interrogé par moi ; je lui fais quelques questions ; il répond par le désaveu formel d'avoir jamais écrit. J'envoie le greffier au district pour demander cette lettre ; point de réponse. J'y vais moi-même... Un des administrateurs, Besse, la cherche avec moi dans tous les papiers de l'ancien Comité Révolutionnaire, mais inutilement; je vois bien aujourd'hui comment et pourquoi elle n'y était plus. Cependant le procès de Lastic s'instruisait à force; l'accusateur public avait déjà entendu des témoins en grand nombre, et présenté contre lui un acte d'accusation terrible, qui, néanmoins cette pièce (la lettre) manquant, ne portait sur presque rien. Un événement dont le récit ne peut être ici une inutilité, arrêta cette instruction. Rose de Nastrac (religieuse), une proche parente de Bouille, la Faulat, sa mère, son mari, une ex-religieuse appelée Latapie, tous accusés de différents délits prétendus contre-révolutionnaires venaient d'être acquittés, sauf la Nastrac, qui comme spoliatrice et retentionnaire de titres féodaux et nationaux, obtint quelques années de réclusion. Ce jugement fut hautement improuvé par les énergiques d'alors et dénoncé par Alilhaud, l'aîné, et par Coffinhal, accusateur public, au représentant Bo, qui prit aussitôt contre les jurés une mesure inattendue et très vive et qui, dans des termes très durs, ôta au
tribunal, jusqu'à nouvel ordre, la compétence des délits contre-révolutionnaires. »

A cette époque, malgré les juges, qui étaient d'une vénalité scandaleuse, malgré les efforts
des jacobins, qui étaient d'une avidité insatiable, plusieurs autres acquittements avaient été forcément prononcés, grâce à l'indulgence des jurés qui, plus honnêtes, avaient quelque pitié de ces
malheureux accusés, dont le seul crime était d'être nobles ou riches.
Furieux de cette conduite, le représentant Bo ordonne l'arrestation de plusieurs membres du jury, et arrête que désormais les aristocrates, les contre-révolutionnaires seront envoyés, pour être jugés, au tribunal révolutionnaire de Paris, plus juste celui-ci, disait-il, et plus expéditif. Juste, non, plus expéditif, oui, certainement, car là on expédiait vite pour l'autre monde.

En vertu de cet arrêté, plusieurs personnes furent désignées pour partir pour la capitale entre autres : « Devèzes, Casses, Lastic, la Fontanges, Lapachevie, la Aleallet femme d'Anjony, l'ex-chevalier Bonal, Sartiges, la Tallemandier, sa femme, etc. ».
Ils ne partirent pas tous ensemble, mais successivement ; heureux ceux qui trouvèrent le moyen de retarder le fatal voyage, Robespierre étant mort avant leur arrivée à Paris, ils furent sauvés. M. de Lastic n'eut pas cette chance.

Il dut le premier partir pour la capitale, Boudier, l'ainé, lieutenant de gendarmerie, eut ordre de l'escorter. Arrivé à Paris, le vieux comte est autorisé à voir un homme de son pays qu'il connaissait, un certain Pages, ci-devant cordonnier ; il lui fait part de ses malheurs et lui donne vingt mille francs à condition qu'il usera de son influence auprès de Coffinhal, membre du tribunal, pour obtenir sa mise en liberté; Pages promet de le recommander et, il va en effet trouver son ami  Coffinhal, qui était aussi du Cantal. Que se dirent ces deux hommes ? On le devine en voyant l'issue de cette triste affaire. On enleva au comte la bourse et la vie.



D. — Aimez-vous la révolution et adoptez-
vous le gouvernement républicain?

R. — Oui.

D. — N'avez-vous pas refusé du grain au peu-
ple qui manquait de subsistance?
R. — Jamais de ma vie.

Ce fut à peu près tout ; c'était pour la forme. Coffinhal dresse lui-même l'acte d'accusation, le fait signer par Fouquier-Tinvile et prononce la sentence de mort.

M. le comte Hugues de Lastic monte sur la charrette qui doit le conduire à l'échafaud ; à ses côtés sont Villerant, curé de Alontargis, Lambert, surnuméraire de l'enregistrement à Dieppe, Raclet, de Sonnevoire, (Haute-Alarne); Rocquenet, homme de loi à Chaumont; Thomassin, ex-noble de Saint-Diziers ; Alexandrine-Félicité Alandat, femme de Thomassin ; Fougeret, receveur des finances, tous accusés d'avoir eu des relations avec les émigrés ou les ennemis de la République.
Ces huit autres victimes montent les unes après les autres sur l'échafaud et le sang coule à flots. C'était le 23 floréal, an.II (12 mai 1794). Hugues de Lastic avait soixante-quatorze ans.
Il laissait deux filles de son premier mariage avec Mademoiselle de Beauclair. L'une épousa M. de Pesteils de la Alajorie, l'autre, M. de Florac-Gourdon. Cette dernière resta héritière de la terre de Lescure. Son fils Joseph Florac-Gourdon la vendit, en 1810, à son cousin Annet-Joseph de Lastic de Vigouroux qui devint ainsi propriétaire des deux châteaux.
Mais bientôt il les vendit, lui aussi, pour aller habiter le château de sa femme à Parentignat, dans le Puy-de-Dôme. Ainsi disparut de nos montagnes cette noble et forte race des Lastic.

M. Paul de Chazelles, descendant par sa mère des Lastic de Vigouroux, a pu dire en toute vérité et laisser échapper de son coeur en larmes, dans un jour de mélancolique tristesse, ces paroles d'un éternel adieu aux lieux de son origine.

« La dernière génération, habitant Vigouroux est descendue dans la tombe ; la vieille race a été enlevée à la montagne. Cendres de mes pères, le gazon qui vous recouvre ne fléchira plus sous la pression du genou de vos enfants venant soupirer la prière du souvenir ! Vos descendants ne dormiront pas leur sommeil près de vous! Encore quelques jours et personne dans le pays ne pourra dire : Là repose cette noble lignée bienfaitrice de nos contrées ».

 

 

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Vera nobilitas virtute virescit - Droit quoiqu'il soit !


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 14:29 (2016)    Sujet du message: Biens des émigrés ou bien nationaux

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