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Avrillé, le champ des martyrs

 
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Henryk
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MessagePosté le: Ven 10 Mai - 11:36 (2013)    Sujet du message: Avrillé, le champ des martyrs Répondre en citant

En effet, dans le cours de 1794, des centaines de victimes sont englouties dans des fosses; plusieurs années s'écoulent sans qu'il y ait à la sur-
face de la terre d'autres traces commémoratives que celles à peine apparentes de ces hâtifs ensevelissements.
Plus tard, une croix s'élève, au pied de laquelle, à certaine fête, chaque année, le curé de la Trinité, M. Gruget, groupait ses bien-aimés paroissiens pour leur adresser, en un langage tout apostolique, de ces mots émouvants qu'il puisait dans son cœur et dans ses souvenirs.
Cette croix fut, si je suis bien renseigné, élevée par les soins et aux frais de M. Landais, donateur, comme nous l'avons dit, du terrain où reposent les ossements des suppliciés.




Et maintenant, en 1852, à ce calvaire constamment orné de nombreux ex-voto, sont venus s'ajouter une chapelle et une hôtellerie pour les pèlerins. Disons-le de suite : il est heureux que la chapelle ait été construite seulement dans ces derniers temps, car tous les projets antérieurs à celui qui vient d'être exécuté étaient loin de satisfaire les exigences du goût.
Cette chapelle, dont l'ensemble et les détails appartiennent à l'architecture du xine siècle, si pure et si chrétienne, est établie sur de très-bonnes proportions. Elle a de longueur, dans œuvre, nef et chœur compris, 18 mètres 34 centimètres; de largeur, 6 mètres 60 centimètres; de hauteur, jusqu'aux tailloirs des chapiteaux, 6 mètres; de hauteur sous clef, 10 mètres 45 centimètres. Quant à l'élévation de son pignon-façade, elle est de 16 mètres.
Mais que cette jolie chapelle, sous le patronage de saint Louis, eût gagné en élégance, si elle n'avait pas été entourée de hautes et épaisses murailles, qui peut-être ont encore l'inconvénient de ne pas comprendre dans l'étendue de leur enceinte toutes les fosses où gisent les martyrs !
La lande solitaire et les bois d'alentour étaient, tout le monde en conviendra, le plus naturel ornement de la chapelle et le mieux approprié aux sentiments tristes et religieux que cet endroit suggère aux nombreux pèlerins privés d'ailleurs de pouvoir faire désormais trois fois le tour de la grande croix de bois en priant pour la guérison de personnes aimées; aujourd'hui, en effet, cette grande croix se trouve adossée aux murailles, tandis qu'elle était autrefois isolée.




Cette critique ne porte sur personne, car ces murs autour desquels nous voudrions pouvoir entendre résonner les trompettes de Jéricho, sont déjà d'assez vieille date, bien qu'ils aient été nouvellement recrépis.
Quoi qu'il en soit, la chapelle n'en reste pas moins un monument remarquable.
Commencée en mai 1851, elle put être considérée comme achevée le 29 juillet 1852, jour de son inauguration t, sous l'épiscopat de Mgr Angebault, auquel l'Anjou sera redevable d'une part de l'heureux retour des esprits vers l'architecture du moyen âge.

1 La cérémonie de l'inauguration eut lieu le matin ; Mgr Angebault arriva vers huit heures, prit sa mitre et sa crosse dans la chambre de l'hôtellerie (pavillon du sud) ; il en sortit processionnellement et assisté des curés de la Trinité et de Montreuil-Belfroy, il s'avança vers la porte de la chapelle, sur le seuil de laquelle





Je ne puis clore cette lettre sans faire mention d'une somme de 10,000 fr., qu'un grand pécheur a donnée pour l'érection de la chapelle, en expiation de ses fautes. Il est mort, ne troublons point sa mémoire, la miséricorde de Dieu est infinie!
Mais 10,000 fr. sont loin de suffire, et sans votre zèle, Monsieur le curé, la chapelle serait à peine sortie de ses fondements; aux chrétiens donc de vous venir en aide ! ils y viendront.
Ces lignes étaient à peine écrites que ma prévision se réalisait, et qu'un don de 1,000 fr. vous était adressé par un vieillard qui a pu dire, en parlant de la Terreur : Quœquemiserrima vidi. Cet homme bienfaisant, désireux par humilité de garder l'anonyme, avait connu les prisons de 1794, pour en avoir tâté, comme on disait sous Louis XI. Il eut le bonheur de s'y faire oublier, grâce aux précautions d'un ami qu'il possédait dans le Comité (il paraît qu'il en faut partout) et qui l'engagea prudemment à s'abstenir de demander jugement. Notre anonyme se tint pour averti, ne bougea pas, et sortit des prisons avec les temps meilleurs. Aujourd'hui reconnaissant, il dépose son offrande en l'honneur de ce Champ des Martyrs, où il a été si près de trouver un éternel repos. Son aumône ne sera point stérile, et croyez-le, Monsieur, elle aura des imitateurs.





M. l'abbé de Roincé adressa respectueusement la parole à Sa Grandeur. Monseigneur répondit avec cet à-propos délicat dont il a le secret et commença les prières en bénissant les murailles extérieures de l'oratoire dans lequel ensuite il pénétra, suivi de son clergé, pour tenir également les parties intérieures avec un bouquet d'hysope ; puis montant à l'autel il célébra la messe. Après l'Évangile, M. l'abbé Letellier, placé sur le seuil du portail de la chapelle, le visage tourné vers la multitude du dehors, fit entendre des accents généreux dignes des anciens jours : il_sut à l'auguste phalange des martyrs de la primitive Église rattacher les victimes dont les ossements gisaient sous nos pieds, et montrer par là qu'au XVIIIe siècle, la sève chrétiennes c'est-à-dire le sang répandu pour la foi, était aussi abondante, aussi féconde que dans les plus beaux temps du christianisme. La cérémonie achevée, les invités se rendirent au château de la Plesse où procès-verbal de l'inauguration fut dressé pour être ensuite déposé aux archives de l'église d'Avrillé.




Agréez, Monsieur, etc.


MONSIEUR,
En même temps que Mgr Montault ouvrait une souscription pour l'érection d'un monument, il s'occupait, avec un zèle non moins grand, à faire cons- tater les grâces que pouvaient avoir obtenues quelques fervents chrétiens au Champ des Martyrs. A cet effet, il chargea, dès 1816, M. V. Vinay, curé d'Avrillé, de dresser une enquête sur une guérison qui est alors un certain retentissement. Nous ne pensons pas pou-
voir mieux faire que de reproduire ici le procès-verbal déposé dans les archives de l'évêché :
Nous, soussigné, curé d'Avrillé, commissaire nommé par Mgr l'évêque d'Angers, aux fins de vérifier plusieurs faits relatifs aux victimes de la Révolution, immolées dans le champ dit des Martyrs,situé dans notre paroisse ; avons fait comparaîtredevant nous Charles Prier, tailleur de pierre, et Françoise Bauchaine, son épouse, domiciliés à



Épinard, âgés l'un et l'autre d'environ cinquante-six ans, et les avons interpellés de nous raconte en détail la faveur miraculeuse qu'ils prétendaient avoir obtenue en implorant le secours des dites victimes dans l'enceinte même qui renferme leurs dépouilles mortelles.
Ils nous ont déclaré l'un et l'autre : qu'elle, Françoise Bauchaine, perclue de tous ses membres, au point qu'elle ne pouvait porter sa main à la
bouche et qu'on était obligé de lui donner à manger comme à un enfant, avait en vain, pendant cinq ans de douleurs et de souffrances, réclamé les secours des médecins et mis en usage leurs moyens curatifs ; abandonnée de tous, elle prit la résolution de se faire transporter audit Champ des Martyrs; s'étant préparée à ce pieux voyage par la confession et la sainte communion qu'on lui administra dans sa maison, son mari la fit transporter en bateau à Angers ; de là, à l'aide de sa sœur, d'une autre femme et de son mari, appuyée sur deux béquilles,
elle se traîna sur ledit Champ, y fit sa prière et invita les personnes qui l'accompagnaient à s'unir à elle pour demander au ciel sa guérison par l'intercession des Martyrs. A peine avait-elle achevé sa prière, qu'elle en éprouva un effet miraculeux, ses douleurs cessèrent subitement, et, se relevant seule de l'humble posture où elle ne s'était mise qu'à l'aide de sa sœur, elle se sentit parfaitement guérie, quitta ses béquilles, retourna à Épinard à pied, sans aucun secours, et avec plus de facilité que


ceux qui l'accompagnaient. Depuis ce moment elle n'a plus ressenti aucune douleur et vaque à ses occupations comme si elle n'avait jamais été malade.

Telle est leur déposition, digne de foi d'après les bons témoignages que j'ai recueillis sur leur probité, leur attachement aux bons principes et la confiance dont ils jouissent généralement, déposition faite en présence de MM. Regullier, capitaine retraité, et Romain Vinay, officier de cavalerie.

De tout quoi j'ai rédigé de suite procès-verbal que les susdits témoins ont signé avec moi et non les comparants pour ne savoir.

« A Avrillé, dans la salle du presbytère, le vingt-cinq juillet mil huit cent seize.

Ont signé V. VINAY, curé d'Avrillé,
R. VINAY, REGULLIER, capitaine.
_________________


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MessagePosté le: Ven 10 Mai - 11:36 (2013)    Sujet du message: Publicité

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Henryk
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MessagePosté le: Lun 13 Jan - 15:17 (2014)    Sujet du message: Avrillé, le champ des martyrs Répondre en citant

Les fusillades d’Avrillé désigne l’exécution plusieurs  ou milliers  et de femmes fusillés par les Républicains durant la guerre de Vendée. Elles se déroulèrent sous la Terreur.


Suite à la défaite des Vendéens durant la Viré de Galerne, à la mise en place de la Terreur et au début des colonnes infernales, les Républicains firent prisonniers des milliers de Vendéens.
À Angers, dirigée par les représentants Adrien Francastel, les prisonniers passèrent en jugement sommaire devant les commissions militaires.
Les exécutions eurent lieu au parc de la Haie-aux-Bonshommes à Avrillé, dans le Maine et Loire, le lieu sera par la suite rebaptisé « le Champ des Martyrs ». Au total on releva neuf fusillades, du 12 janvier au 16 Avril 1794. Plusieurs milliers de vendéens et chouans, furent exécutés.

  • Le 12 Janvier: 500 victimes, principalement des hommes, paysans et artisans.
  • Le 15 Janvier : 300 victimes, des hommes âgés de 18 à 65 ans.
  • Le 18 Janvier : 250 victimes, parmi lesquelles beaucoup de femmes, âgées de 19 à 63 ans.
  • Le 20 Janvier  : 400 victimes, des hommes âgés de 17 à 65 ans.
  • Le 21 Janvier : 150 victimes, hommes et femmes.
  • Le 22 Janvier : 80 victimes.
  • Le 1er  Février: 400 victimes, principalement des femmes, âgées de 18 à 72 ans.
  • Le  18 Février: 200 victimes, des hommes et des femmes, âgés de 16 à 71 ans.
  • Le 16 Avril  : 200 victimes, hommes et femmes.

Ces sources sont révolutionnaires, donc sujettes a cautions.
_________________


Dernière édition par Henryk le Ven 10 Avr - 16:34 (2015); édité 1 fois
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Henryk
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MessagePosté le: Sam 17 Jan - 17:26 (2015)    Sujet du message: Avrillé, le champ des martyrs Répondre en citant

N'oublions pas ces témoins royaux, hommes femmes et enfants du champs des martyrs à Avrillé qui entourent la commémoration de la mort du Roy.
_________________


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Henryk
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MessagePosté le: Ven 10 Avr - 16:17 (2015)    Sujet du message: Avrillé, le champ des martyrs Répondre en citant

CHOLLET (ANTOINE),

né en Anjou vers 1753, prêtre et chanoine de l'une des congrégations régulières du diocèse d'Angers, avait échappé à toutes les persécutions précédentes de la révolution, lorsqu'il fut atteint par les exécuteurs de la loi du 19 fructidor (5 septembre 1797). On l'envoya à Rochefort où il fut embarqué le 1 août sur la Bayonnaise, qui devait le transporter à Cayenne. Il y arriva le 29 septembre, et fut relégué dans le désert de Synnamari, où bientôt la dyssenterie et les vers s'emparèrent de sa personne. Le supplice auquel on y était en proie, ressemblait à celui dont Baronius parle au jour, 28 juillet, de son Martyrotogium, et que Cœlius de Rhodes, ainsi qu'Apulée, avait décrit en disant : Vermibus ex putredine exortis intùs infelix depascebatur (Antiq. lect. L. X, c. v). On transporta le chanoine Chollet à l'hospice, où il ne tarda pas à mourir. Il expira, âgé de 45 ans, le 9 décembre 1798.



DAVID JACQUES),

curé de Sorges, dans le diocèse d'Angers, était resté dans sa paroisse , sous les auspices de l'armée catholique et royale. Dans un des échecs qu'elle essuya vers la fin de 1793, ce curé fut pris par les soldats de la république. On le conduisit à Angers, pour y être une des victimes de la commission militaire de cette ville. Employant à l'égard de David la même formule d'accusation qu'à l'égard de toutes ses victimes, cette commission l'envoya à la mort comme « brigand de la Vendée », le 16 nivôse an II ( 5 janvier 1794).
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Jan Van de Beukelaer
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MessagePosté le: Mer 15 Avr - 01:14 (2015)    Sujet du message: Avrillé, le champ des martyrs Répondre en citant

Dank u Okay

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