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Prône de la messe paroissiale de Menotey, le dimanche 24 octobre 1830...

 
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Henryk
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MessagePosté le: Jeu 16 Mai - 09:48 (2013)    Sujet du message: Prône de la messe paroissiale de Menotey, le dimanche 24 octobre 1830... Répondre en citant

par le curé de la paroisse

MES FRÈRES,
par la nature des choses que j'ai à vous exposer, des motifs qui m' ont décidé a vous faire aujourd'hui cette adresse par écrit plutôt que de mémoire. Les événements se succèdent comme je vous l'avais fait pressentir dans ma dernière instruction ; le clergé continue à être en butte
aux suites pénibles de la délation. Dans une adresse aux prêtres , que je ne sais pourquoi, on offre à vos méditations, l'auteur de cet écrit montre qu'évidemment il est en dehors de la vérité. Il n'est arrivé là que par suite des détractions calomnieuses contre le clergé, au moyen desquelles on lui a fait croire que les prêtres du Jura étaient en opposition avec les lois.

Nous aussi, nous vous parlerons franchement; nous ne prendrons pas une route clandestine pour arriver à notre but. Nous ne vous dirons pas que la loi est une divinité, il n'y a en effet qu'un seul Dieu, mais nous vous dirons que l'on doit obéissance aux lois civiles toutes les fois qu'elles ne sont pas en opposition avec la loi de Dieu, de qui émane toute puissance sur la terre. Nous vous dirons que nous voulons la liberté, c'est l'apanage des enfants de Dieu; nous voulons la justice et aussi la paix, qui en est le fruit et la compagne inséparable: Justitia et pax osculatoe sunt...et fructum justitice pax.

L'entretien que je livre au public n'avait été écrit à la hâte que pour prémunir mes paroissiens, contre les funestes effets que pouvait produire sur eux, une proclamation de M. le Préfet du Jura adressée aux prêtres, et une circulaire à MM. les Maires, productions aujourd'hui jugées. Mais l'ordre donne à MM. les Maires de rendre compte des prônes de leurs curés, s'exécutant à mon égard par un nouvel ordre de M. le Préfet, j'essaie de rendre plus facile la tâche de l'autorité municipale, et plus indépendant mon ministère, en donnant toute publicité à mon exhortation, par la voie de la presse.


Elle paraît bien peu réfléchie, l'assurance que l'on donne qne la prière gêne le prêtre. Eh ! qui, plus que lui, a appelé par ses voeux quotidiens le bonheur pour la France et son Roi légitime ? Quel est le français quia devancé le prêtre au pied de l'Autel, pour conjurer l'orage qui nous menaçait ?
Qui, plus que le prêtre, a demandé le respect pour l'autorité, pour la religion et son culte ? A-t-on vu le prêtre dans les clubs et les réunions populaires qui ont troublé la capitale et plusieurs autres villes de France ? A-t-on vu le prêtre demander le renversement des signes de notre rédemption ? L'a-t-on vu ailleurs que chez le pauvre, l'infirme, le blessé et le mourant.

Nous nous gardons bien, mes frères, de refuser à César ce que nous lui devons ; au lieu de l'insulter, nous commanderons à tous le respect que, les premiers, nous lui portons.
Mais ce respect n'éteindra point en nous le plus beau sentiment, celui de la reconnaissance; et voilà ce qui, sans crime, nous fera trouver des larmes pour d'indicibles infortunes.

C'est le droit, mes frères, et non une sage tolérance, qui nous autorise à exercer dans nos Eglises le culte de la religion.
Ce même droit, nous l'avons dans les rues et places publiques , comme dans les bagnes et les prisons obscures ; nous l'avons exercé même sur les échafauds envers les malheureuses victimes de la justice humaine. Là, dans les beaux siècles de la France, bien loin d'y trouver le trouble, l'exaltation des esprits faibles, et l'altération de la tranquillité publique, on y a toujours, et même de nos jours, trouvé le moyen de calmer les esprits aigris par les préjugés ou les passions populaires

Se rappeler l'effet salutaire qu'a produit l'exhortation du vénérable et digne Evêque de Nismes, prononcée à la demande de l'autorité civile, au milieu d'une populace irritée qui ne respirait que le sang et le carnage.


J'ignore jusqu'à quel point est vrai le reproche adressé à quelques prêtres ; mais fut-il aussi vrai que nous devons charitablement le croire peu fondé, nous avons droit de nous plaindre de la manière dont on nous avertit, parce que l'avertissement compromet notre ministère. Nous sommes loin pourtant de craindre la surveillance ; notre conduite privée ne redouta jamais le grand jour.
Oui mes frères, le prêtre qui déshonore son ministère en oubliant sa dignité, est pire que le méchant homme ; mais encore une fois, qu'on signale le coupable, et que l'on ne fasse pas des fautes d'un membre, le crime d'un corps tout entier.

Mes frères, je vous le dirai, mais dans un sens bien différent de l'écrivain que je combats, oui, nous gémissons des entraves que l'on met à la volonté que nous avons de bien remplir la mission sainte qui nous est confiée. Eh ? ne sont-elles pas dignes de larmes, les peines qui sans cesse se renouvellent pour nous ? Ce n'est pas assez d'avoir à combattre les passions du coeur, on veut encore que nous éprouvions le poids des injures qui résultent du mépris et de la calomnie.
Quoi ! On voudrait peut-être que nous rompions, les liens de la hiérarchie ; on voudrait, en flattant le simple prêtre, lui apprendre à secouer le joug doux et salutaire de la discipline et de la subordination : si ce prétendu siècle des lumières repousse toute tyrannie, et plus particulièrement celle que l'on exerce sur la conscience, pourquoi donc demander au prêtre qu'il ploie sa tête et sa conscience sous le fardeau de la plus arbitraire tyrannie.

Aujourd'hui, mes frères, on appelle opinions religieuses, les dogmes et les pratiques de la religion. Non, non, les enseignements sacrés ne sont pas libres comme la pensée mobile, fruit d'une imagination trop souvent en délire. Ne vous laissez pas prendre dans ces pièges , nous vous en conjurons mes frères On appelle dans certains livres impies, opinion religieuse le dogme de la présence réelle de J.-C. en l'Eucharistie, le dogme de la confession, etc. Certains déistes sont allés même, jusqu'à dire que l'union conjugale n'était plus un sacrement. Vous savez comment on parle de toutes les lois de l'Église, et surtout de la loi de l'abstinence et du jeûne, avec quel sacrilège ridicule on transgresse cette loi salutaire de la pénitence. Non, et mille fois non, la religion, et par là même le prêtre, dans ses enseignements, ne tolérera jamais de semblables écarts; toujours elle dira au malheureux qui s'en rend coupable et qui cherche des adeptes : vos enseignements sont erronés ; vous prêchez une doctrine contraire à celle de l'Eglise hors de laquelle il n'y a point de salut. Et, c'est parce que nous avons droit de compter sur la protection des lois, c'est parce que, autant qu'aucun autre citoyen, nous voulons la liberté, que nous pensons devoir, sans détours, vous mettre en garde contre, le danger des doctrines perverses que l'on propage sous le titre d'opinions religieuses.

Nous le demandons à Dieu, mes frères, et nous l'espérons même de sa miséricordieuse bonté que la persécution ne viendra pas, comme il y a 35 ans, verser sur le sol français, le sang des prêtres et des enfants de l'Eglise; mais s'il plaisait à la divine providence de réserver encore à notre infortunée patrie, ce châtiment, pour tant de crimes qui la désolent : alors on verrait parmi nous, beaucoup, oui, beaucoup de prêtres zélés, beaucoup de fidèles vertueux, verser leur sang pour une si noble cause. Quoiqu'on écrive, il serait vrai que dans l'Eglise de Dieu, tous les temps et tous les âges, sont les temps et les âges des Martyrs et du Martyre.

Après ces observations, nous finissons, en vous disant avec St Basile, et nous nous le disons à nous-mêmes d'abord : « « ne craignons ni le mensonge ni la calomnie, ne nous laissons point troubler par les menaces des hommes puissants, ne nous attristons point d'être raillés par les uns, outragés par les autres, et condamnés par ceux qui affectent la tristesse, et dont les remontrances séduisantes sont ce qu'il y a de plus propre à tromper : que rien ne nous ébranle quand nous combattons pour la vérité. Opposons à l'erreur la droite raison, appelons à notre secours dans cette guerre sainte, l'auteur même de toute sainteté, Notre Seigneur-Jésus-Christ pour qui il est doux d'être affligé et heureux de mourir. »






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MessagePosté le: Jeu 16 Mai - 09:48 (2013)    Sujet du message: Publicité

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Solognot
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MessagePosté le: Dim 19 Mai - 08:51 (2013)    Sujet du message: Prône de la messe paroissiale de Menotey, le dimanche 24 octobre 1830... Répondre en citant

Prône qui pourrait bientôt être à nouveau d'actualité
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 06:45 (2016)    Sujet du message: Prône de la messe paroissiale de Menotey, le dimanche 24 octobre 1830...

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