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Le romantisme royal, un écueil politique

 
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Henryk
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MessagePosté le: Lun 15 Juil - 14:50 (2013)    Sujet du message: Le romantisme royal, un écueil politique Répondre en citant

Du Manifeste légitimiste:

1) Dans son ouvrage critique, Monsieur A. Maurel fait ressortir que Chateaubriand demeurera toujours attaché aux idées de la révolution. Il est lamentable que des monarchistes puissent écrire le nom de Chateaubriand auprès de ceux de Maistre et Bonald... Il convient de relire les lettres du grand homme à Madame de Duras, avec les réponses de celleci.

2) Cette correspondance est un antidote assuré contre tous les panégyriques”. Robert Havard de la Montagne ne pensait pas autrement : “Royaliste, on l’était encore par point d’honneur. Ce point d’honneur, seul mobile de Chateaubriand, n’a pas empêché le vieux romantique de tailler des croupières à son souverain:
Charles X tombé, il se retrouve légitimiste fidèle (...)   Poète, il ne résiste pas à la poésie des ruines, à la poésie du malheur. C’est un royaliste de sentiment” . Dans les citations précédentes, les termes les plus révélateurs sont “romantisme - royaliste de sentiment - libéral - passionné - émouvoir - liberté - anarchiste”.


3) Il y a là, dans cette courte énumération, des explications d’autant plus significatives que l’influence de Chateaubriand sur les contrerévolutionnaires des XIXe et XX siècles fut grande, puisque des auteurs ecrivent au long du XXeme siècle : “ Il est donc lamentable que des monarchistes puissent écrire le nom de Chateaubriand auprès de ceux de Maistre et de Bonald ” (et il y en a encore actuellement…) En fait, Chateaubriand était un romantique, il était même la figure de proue du romantisme, et figure de proue pareillement chez les ultras. Or qu’est-ce que le romantisme sinon la toute puissance accordée aux sentiments, ce fléau disait l’abbé Roussel : “Il y un romantisme essentiel (...). Le sentiment prétend trouver en lui-même sa règle et son objet” .

4) Les royalistes avaient adopté - Chateaubriand en est l’illustration - le système de pensée romantique, sentimental. Ils n’avaient que leurs sentiments (honneur, dévouement, etc.). Ils ne raisonnaient pas la politique, mais la sentaient, par instinct  ils ne la “pratiquaient” pas comme une science : “...on est frappé du fait que les traditionalistes n’avaient aucune idée précise tandis que les constitutionnels, inspirés de la révolution, savaient à peu près ce qu’ils voulaient”  constate le marquis de Roux au sujet de l’élaboration de la Charte. Le duc d’Angoulême ne disait-il pas à Toulouse : “Nous préférons les départements aux provinces” ?


5) Or nous avons vu - et Joseph de Maistre en était conscient, combien il était nécessaire, pour que Louis XVIII ne reste pas seulement sur le trône de Bonaparte, d’effectuer un travail d’épuration des institutions à partir des principes politiques contre-révolutionnaires, ce qui impliquait d’agir par science et non par instinct ou par sentiment. Nos ultras, à la suite du porte-bannière du romantisme, sont donc dans une situation assez paradoxale pour effectuer ce travail qui forçait Joseph de Maistre à dire “nous sommes bien loin du repos”.


6) La première partie de cette étude nous a montré que la cause finale de la politique est la mise en place des institutions par induction, en vue de réaliser le “bien commun” déterminé d’après la définition de la nature humaine, qui est donc la notion-clé de toute la politique. Nous avons vu que, de leur conception de la nature humaine absolument inverse de la définition catholique, les révolutionnaires avaient “déduit” un bien commun nouveau (les droits de l’homme et du citoyen) et déduit de ce bien commun des institutions nouvelles (suffrage et représentation populaires, chambres ou assemblée nationale...) qui exigeaient que soient supprimées les institutions de la monarchie très-chrétienne induites sur des siècles d’histoire de France en vue de réaliser le bien commun déterminé par les exigences de la nature humaine définie par l’Eglise. Nous avons vu également que les philosophes des Lumières les plus réalistes préconisaient l’emploi du mensonge et des passions comme moyens de gouvernement.

7) Quand la monarchie fut restaurée en la personne de Louis XVIII, les sophismes et le sentimentalisme révolutionnaires avaient envahi l’esprit de bien des Français, notamment en ce qui concerne la politique, et donc les institutions. Nous venons de le voir avec Chateaubriand. Or, pour restaurer des institutions catholiques et supprimer celles qu’avait mises en place la révolution, encore eûtil fallu connaître les principes de la politique, c’est-à-dire être royaliste par science et non seulement par instinct, afin de pouvoir juger par les causes (la science est la “connaissance par les causes”) de la vertu ou du vice de telle ou telle institution, par les causes et non par les sentiments dont le premier effet est de diviser (puisque les sentiments varient suivant les personnes) et le second de conduire à la révolution.

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Dernière édition par Henryk le Mar 16 Juil - 17:00 (2013); édité 1 fois
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MessagePosté le: Lun 15 Juil - 14:50 (2013)    Sujet du message: Publicité

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Henryk
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MessagePosté le: Mar 16 Juil - 16:44 (2013)    Sujet du message: Le romantisme royal, un écueil politique Répondre en citant

"La personne du roi est inviolable et sacrée". Constitution des 3 et 14 sêptembre 1791.
Titre III; cha3; section 2; article 1.

"Ne touchez pas à mes oingts" dit le seigneur à propos des rois d'Israël
Psaume 104 v15

La personne des rois est sacrée, est attenter sur eux est un sacrilège. Dieu les fait oindre, par les prophète d'une onction sacrée, comme il fait oindre ses autels et ses pontifes. la loi de sacralité pour corollaire la loi d'inviolabilité.
Politique tirée de l'écriture sainte tome X: Livre III.

Le romantisme royal en promiscuité du romantisme religieux, au XIX siècle fait opposition à la raison civile et royale, et à la raison religieuse dans l'addiction au paganisme de l'antiquité. Ces deux entités, les romantisme royal et religieux liés entre eux par le détachement du bien commun, de la cité, des peuples se délimitent dans des partis ou des dictatures qui pulluleront au XX siècle. Celles ci trouveront leur fin fin dans des groupuscules grossissants et se fondant  peu aprés un an, 10 ans  20ans, dans d'autres entités. Ultérieurement, par manque de souffle ou d'idées,  comme des partis, ils entraineront leurs suiveurs dans le débat stérile. C'est un choix à méditer à court terme, sur une génération humaine ou une utopie socialisante contemporaine partisane.

Un père doit il se conformer aux exigences de ses enfants? L'embryon sociétal humain, peut il exiger des devoirs au roi, s'il ne se les applique pas à lui même? Une société qui en grande déliquescence, peut-elle être juge de son père le roi ou ses descendants, alors qu'elle ne peut se suffire de façon légiste et éxécutive?
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Henryk
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MessagePosté le: Mar 16 Juil - 20:10 (2013)    Sujet du message: Le romantisme royal, un écueil politique Répondre en citant

Début de ce type de romantisme:
"Que la faction quête plutôt dans ses rangs. Les prétendants sont presque en même nombre que ces parvenus qui, ayant déjà franchi tant de degrés de bas en haut, s'imaginent que le dernier pas ne coûte pas plus que le premier.
Pour les contenter, il y aurait à faire sauter la couronne d'une tête à l'autre, de jour en jour, de minute en minute; ou à diviser la contrée en mille et mille fractions de souveraineté.

Au premier bruit que le Roi abdique, on verrait et les loyales, les perverses âmes, et les nobles, les lâches caractères, et les grands, les petits esprits, tous d'accord enfin, tous d'une voix unanime, s'écrier :
" Sire, nous sommes votre peuple et vous êtes notre roi : disposez de nous, sauvez-nous d'eux, préservez-nous de nous-mêmes.

Si je voulais gouverner sans la Charité, je ne le pourrais pas : et si je le pouvais, je ne le voudrais pas. "

Peut-être de telles paroles ne sont pas sortie de l'auguste bouche: mais, certes, une telle pensée est vivante dans l'âme royale.

C'est ailleurs, c'est au plus loin, c'est à l'autre extrémité, que se trament les complots contre la Charité; car enfin on est forcé de convenir que cet acte devenu synallagmatique, peut de même être violé par l'une ou par l'autre partie engagée."

Extrait de "La Royauté"
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