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St Rémy

 
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Henryk
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MessagePosté le: Mar 8 Oct - 14:31 (2013)    Sujet du message: St Rémy Répondre en citant


En ce temps vivait à la Fère, près de Laon, un solitaire aveugle nommé Montan (2). Tout occupé des besoins de l'Eglise, alors troublée par l'hérésie de Nestorius, sans cesse il adressait ses voeux au Seigneur, le conjurant avec larmes de se laisser attendrir devant les misères de son peuple. Un jour que, dans la ferveur de son oraison, il s'en plaignait tendrement, un doux sommeil appesantit sa paupière ; une légion d'esprits célestes l'environne, et pendant qu'étonné il admire leur allégresse, une voix s'élève et lui annonce que Dieu va mettre un terme aux maux de son Eglise en donnant à Cilinie un fils qui convertirait le roi et la nation des Francs.

 

Après la résistance la plus vigoureuse, la ville de Reims fut prise (406); les habitants se réfugièrent dans la cathédrale, auprès de saint Nicaise, qui fut massacré à la porte de l'église, au moment où il implorait la pitié des vainqueurs pour son malheureux peuple. Florent, son diacre, et Jocond, son lecteur, tombèrent à ses côtés, ainsi que sa soeur Eutropie.

(2) On dit que Montan était fils de Turian, roi d'Allemagne. Poussé du désir de la perfection, il changea la cour en désert. Il vint poser sa tente en un lieu dit Wabrince, maintenant Juvigny, sur la rivière du Cher, où était un monastère de vierges chrétiennes dont il fut le père spirituel. Du temps de Marlot, les religieuses de Juvigny possédaient une partie de ses reliques dans leur église; l'autre est honorée dans l'église de La Fère.

Montan se réveille, et se montre d'abord incrédule à cette révélation ; mais trois fois la vision merveilleuse se renouvelle : Montan croit aux paroles de l'envoyé céleste.

Cilinie était avancée en âge ainsi qu'Emilius, son époux ; elle se défia des paroles du solitaire. Eh bien ! reprend celui-ci, vous aurez en moi-même un témoignage de la vérité de mes paroles, car je recouvrerai la vue en appliquant sur mes yeux quelques gouttes du lait qui doit nourrir l'enfant du miracle.

L'événement justifia pleinement la prédiction. Neuf mois après, Cilinie eut un fils (436) ; il reçut au baptême le nom de Remi. Montan recouvra la vue et vécut encore quelques années dans la solitude de la Fère, où il s'endormit dans la paix du Seigneur, content d'avoir vu celui qui devait être le salut et la consolation de son peuple. « Certes quiconque voudra considérer la fin de l'oracle et devait conduire la barque de notre Eglise à travers les flots ondoyants de cette vie pour la faire surgir en un port assuré. Quelques auteurs du moyen âge l'appellent Remedius comme si ses ferventes prières avaient servi de lénitif et de salutaire remède aux faiblesses dont les Gaules étaient atteintes pendant la crise de l'empire romain. »  

Ce saint solitaire mourut en 452, le 17 mai. C'est le patron de la ville de la Fère.

La maison de Cilinie était une maison de sainteté et de bénédiction. Cette femme était recommandable par sa piété et par ses vertus. Emilius, comte de Laon, son époux, était un seigneur très-noble et très-riche qui mérita les éloges de saint SidoineApollinaire. Emilius et Cilinie sont révérés en qualité de saints dans l'Eglise.

Cilinie mourut environ vers l'an 460 et fut enterrée à Laurigny, diocèse de Laon. Son corps fut rapporté à Reims. Sa fête arrive le 20 octobre. Le jeune Remi eut donc, dans sa famille et dans sa nourrice, sainte Balsamie, de nobles exemples à suivre, de grandes vertus à imiter. Son éducation vint encore ajouter à l'heureuse influence de ces exemples domestiques. Elle fut confiée à des maîtres aussi vertueux qu'habiles.

Ses progrès dans la vertu et dans la science furent également rapides. On voit encore des vers de sa composition, qui prouvent qu'on n'avait pas négligé de lui donner le goût de la poésie. « Son esprit était comme une belle plante, qui par ses productions, témoigne la fécondité de sa nature, sans que l'art y apporte ce qui est nécessaire aux autres. » Une politesse exquise, une douceur inaltérable, une sagesse peu commune et une piété angélique, rehaussaient l'éclat de ses belles qualités.

Indifférent pour tous les jeux, Remi se rendait docile aux impressions de l'Esprit-Saint. La solitude avait pour lui tant d'attraits qu'il résolut de rompre tout commerce avec les hommes. S'arrachant aux bras de ses parents et de ses amis, il se retira dans un lieu écarté où il n'eut que Dieu pour témoin de sa ferveur. « A peine eut-il passé dix ans pour recueillir ce qu'il y a de plus agréable dans les sciences humaines, qu'il voulut se retirer du tracas du monde pour vivre en solitude afin de digérer à part, à la façon des abeilles, le suc qu'il avait tiré. C'est chose bien étrange de voir comme le désert a toujours servi d'école aux plus grands saints, et comme le ciel a rarement élevé des personnes à chose grande, qu'elles n'aient fait en ce lieu leur apprentissage. »

Saint Rémy quitta donc le monde à l'âge de seize ans pour vivre en un lieu assez écarté dans Laon où il demeura quelques six ans solitaire, s'adonnant à l'oraison et à l'étude de la sainte Ecriture. »

On cherche le pieux solitaire ; il est découvert, et, malgré son humble résistance et ses pressantes représentations sur son incapacité et sa jeunesse, on s'obstine à le placer sur le siège de Reims. Remi n'avait en effet que vingt-deux ans, et les canons en exigeaient trente. Mais il y a des vocations extraordinaires où Dieu semble dispenser des institutions canoniques. Ainsi, saint Ambroise, encore catéchumène, est appelé à l'épiscopat par la voie d'un enfant. Un miracle aussi confirma l'élection de Remi ; une lumière céleste l'investit tout à coup ; « l'Eglise fut remplie de tant de lumières, qu'on eût dit que le soleil et les astres fussent tombés pour l'éclairer. » Une huile sainte se répand sur sa tête. Le peuple, à la vue de ce prodige, n'entend plus la voix de Remi ; de toutes parts on s'écrie que Reims n'aura pas d'autre pontife. Remi croit ne devoir pas résister plus longtemps aux voeux empressés du peuple ; il se soumet à l'ordre du Ciel. Le choix universel est confirmé par le consentement des évêques de la province, et le jeune saint prend possession de son siège.

L'église de Reims, autrefois la ville des basiliques, cette ville puissante, comme l'appelle saint Jérôme (1), était une des plus considérables des Gaules. Dès ce temps, comme aujourd'hui, elle avait le titre de métropole. L'évêque (1) avait sous sa juridiction les églises de Soissons, de Laon, de Beauvais, de Châlons, de Noyon, de Cambrai, de Tournay, d'Arras, de Thérouenne, d'Amiens et de Senlis (2).

 

Remi était digne d'être le chef de ces églises. La grâce et la nature avaient concouru à former ce nouvel apôtre. Il était d'une haute taille, et parfaitement proportionnée ; il avait le front large, les yeux vifs, la barbe longue, les traits du visage beaux et réguliers. Tout son air avait quelque chose de grave et de doux qui inspirait l'amour et la vénération. Les qualités de l'âme répondaient en lui à celles du corps : son esprit était éminent, solide, vaste ; il était doué d'une grande sagesse, jointe au zèle le plus ardent pour les intérêts de Dieu, la conversion des pécheurs et des hérétiques : il était naturellement éloquent et savant dans l'Ecriture Sainte, dont il faisait sa nourriture quotidienne. Hincmar le compare à saint Paul lui-même ; Grégoire de Tours (3) fait l'éloge de son Saint Remi était un évêque d'une science fort admirable, et éloquence, et Sidoine-Apollinaire le compare à un fleuve qui répand partout l'abondance de ses eaux fertilisantes (1).

 

Cette douceur, il la portait surtout dans ses rapports avec ses diocésains ; ferme et inflexible lorsqu'il s'agissait de la discipline, il tempérait admirablement cette fermeté et ce que le commandement peut avoir de dur, par les précautions touchantes de sa charité. Il fallait le voir employant toutes les ressources de son zèle pour attirer et ramener les pécheurs !

Un jour qu'il parlait à son peuple, avec cette foi vive, cette onction pénétrante à laquelle rien ne résistait, le seigneur de Rethel, allié de Clovis, et son épouse, présents dans l'auditoire, se sentirent tout-à-coup intérieurement changés. Sa parole disposant merveilleusement leurs coeurs, ils comprirent la vérité, et formèrent le généreux dessein de l'embrasser. Ils viennent donc trouver Remi et lui demandent le baptême. Le saint évêque, que dévorait le zèle du salut des âmes, s'empressa de les instruire et leur conféra le sacrement de la régénération. Ce n'était pas la seule grâce qu'il dût leur obtenir. Rogatien et Quintienne n'avaient pas d'enfants et ils en désiraient ardemment. Remi, sensible à leur peine, offrit pour eux ses voeux au Ciel; ils furent exaucés. Rogatien devint père d'un enfant ; il lui donna le nom d'Arnoul au baptême, qu'il reçut des mains du saint. Rogatien, en reconnaissance de cette faveur, donna à l'église de Reims tous les biens qu'il possédait à Rethel. Plus tard, saint Remi fit entendre la parole évangélique dans ces contrées ; il y construisit à Rethel une église sous l'invocation de Notre-Dame et sainte Croix. Quant à Arnoul, cette chaste étoile détachée du firmament pour dissiper les ténèbres de l'ignorance, il fut déposé par ses parents dans les bras du vénérable apôtre. Ses progrès dans la vertu furent rapides. Remi lut sur son front une vocation toute divine, et dès que l'âge le permit, il lui conféra les ordres. Arnoul devint évêque de Tours (1).

Un des plus grands obstacles que rencontra saint Remi pour amener le triomphe de la religion fut, sans contredit, la corruption du siècle. Ni les dignités, ni l'âge, ni la religion n'arrêtaient les fureurs de la débauche. On ne se pouvait arracher aux jeux du cirque et du théâtre. Nous pouvons juger de ce qui se passait dans le diocèse de Reims par les faits qui se sont accomplis dans d'autres villes. Quatre fois Trèves est envahie, et le reste de ses citoyens s'assied, au milieu du sang et des ruines, sur les gradins déserts de son amphithéâtre.

Cologne succombe au moment d'une orgie générale ; les principaux citoyens n'étaient pas en état de sortir de table, lorsque l'ennemi entrait dans la ville. A Carthage, des hommes erraient dans les rues, couronnés de fleurs. Voilà le tableau des mœurs du Ve siècle.

Cette réforme, saint Remi l'entreprit, et la force de ses exemples fit faire des progrès rapides à la cause de Jésus-Christ. Il se multipliait avec ardeur; il s'élançait avec courage à la recherche de la brebis égarée; on le voyait parcourir les campagnes, écoutant les plaintes des malheureux, les' consolant, arrêtant les oppresseurs, délivrant les faibles, terminant les querelles, laissant en tout lieu des traces de sa bonté. Deux clercs l'accompagnaient dans ses pieuses excursions. L'un portait une bourse, et l'autre l'Evangile, qu'il expliquait avec sagesse et avec force. Les miracles que Dieu daignait opérer à la prière de son serviteur achevaient de lui gagner les cœurs. Le saint prélat semait alors les miracles autour de lui, et laissait partout des traces de sa sainteté. La foule se pressait sur son passage ; il touchait les plaies du pauvre et les plaies se fermaient. L'élu de Dieu avait un pouvoir plus grand que n'en ont eu plus tard les élus des hommes. Les rois de France n'ont jamais guéri que es scrofuleux et saint Remi guérissait tous les maux.

Il entrait un jour dans Cormicy. Un mendiant aveugle et possédé du démon, informé de son arrivée, se présente à lui, dans l'espérance d'obtenir de sa charité quelques secours pécuniaires. Aussitôt une tendre compassion s'empare de Remi ; il se prosterne, et après quelques moments de prière, fort de l'appui de Dieu, il ordonne à l'esprit infernal de quitter le corps de l'aveugle. Le démon obéit ; le pauvre recouvre la vue. Le saint ajoute une généreuse aumône à ce double bienfait, et renvoie l'infortuné comblé de joie.

Une autre fois, il multiplia le vin qui manquait dans la maison d'une noble dame, sa parente, nommée Celse. En reconnaissance de ce miracle, elle céda à saint Remi la propriété de sa terre. C'est un village qui porte le nom de Saulx-Saint-Rémi. « Et le vin venant à manquer, la mère de Jésus lui dit : Ils n'ont plus de vin. » (St Jean, II, 3).

Un jour que le bienheureux était occupé à faire ses dévotions dans l'église de Saint-Agricole, bâtie par Jovin , et située à un quart d'heure de sa métropole, le démon, jaloux des prospérités que les prières du prélat attiraient sur ses ouailles, excita un grand embrasement dans la ville. En peu d'instants le danger fut imminent. Remi était la ressource ordinaire de son peuple. Son absence augmenta la consternation. On le cherche avec empressement de tous côtés ; enfin il reparaît. En apprenant cette nouvelle, ce bon père, accablé du malheur de ses enfants, lève les yeux et les mains au ciel en s'écriant : O Seigneur, secourez-nous ! En même temps il se lève, se dirige où l'incendie cause le plus de ravages, et, saisi d'une inspiration subite, il menace de la main les flammes dévorantes, et leur commande en maître de se retirer. Aussitôt les flammes se rassemblent en globe ; il les chasse devant lui et leur ordonne de sortir par une porte qu'il fit fermer pour toujours. « Cette porte fut fermée pour jamais, après avoir servi de passage au diable renfermé dans ce funeste globe de feu.

 

L'auteur de la Légende dorée raconte ainsi ce miracle : « Et une fois qu'il était l'hôte d'une dame, et qu'elle n'avait presque plus de vin, Remi entra au cellier et il fit le signe de la croix sur le tonneau, et aussitôt le vin coula en si grande abondance, qu'il se répandait dans tout le cellier. » Ce miracle est ainsi expliqué dans une tapisserie de l'église saint Remi.

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MessagePosté le: Mar 8 Oct - 14:31 (2013)    Sujet du message: Publicité

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