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Espalion et Saint Hilarian VIIIe siècle.

 
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Henryk
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MessagePosté le: Lun 2 Déc - 18:38 (2013)    Sujet du message: Espalion et Saint Hilarian VIIIe siècle. Répondre en citant

Le martyrologe  des bollandistes rend hommage à un enfant très pieux, qui, après avoir été élevé au sacerdoce au palais de Charlemagne, roi des Francs, futur empereur, aurait renoncé aux honneurs pour revenir dans son pays natal. il fut un temps son confesseur. Ceci dans le but de desservir l'église de Perse et, ajoute la légende, par amour pour sa mère et pour son lieu d'origine. La légende dit encore qu'il aurait été le confesseur de Charlemagne. Mais un martyrologe gallican du XVIIe siècle en fait un missionnaire venu évangéliser les populations du Rouergue. Les Maures, même chassés par Charlemagne du Rouergue vinrent souvent piller les vilage et les environs.


Traversée miraculeuse du Lot
Lorsque la rive gauche du Lot fut envahie par les Sarrazins, il se rendait, comme il le faisait habituellement, du lieu tenu secret, où se cachait sa mère, vers Lévinhac, pour dire la messe. Sa mère lui disait dans les jours d'inquiétude: "Tu vas finir par perdre ta tête" "Il lui répondit " Si je la perds, je te la rapporterais"

Lors d'une razzia et fuyant devant les hérétiques, il traversa le Lot sur son manteau étendu sur l'eau. Il s'en servant plusieurs fois comme d'une barque, notamment lorsque les eaux tumultueuses rendaient la traversée impossible. Une croix, portant le nom et la représentation du saint, marque l'emplacement où il abordait la rive.

Martyre et miracle.

Selon la tradition, les maures ou ariens s'emparèrent de lui alors qu'il officiait, le 15 juin 793, dans l'église de Perse, et lui tranchèrent la tête. La légende dit qu'il prit sa tête dans ses mains et après l'avoir lavée à la source de la Fontsange (source sainte ou, selon l'abbé Servières, voir bibliographie, fontaine de sang) la rapporta à sa mère, selon la promesse faite d'agir ainsi s'il devait être décapité. Cette source, du nom au quartier de la ville actuelle d'Espalion qui a été construit à cet endroit, était réputée, selon la tradition et divers témoignages, pour son eau aux vertus miraculeuses. Ces vertus seraient dues au fait que la tête tranchée du saint a été lavée là.
J. Vaylet, dans un texte en occitan, Lou martire de Sant-Hilarian (voir bibliographie) donne une information supplémentaire : cette fontaine où le saint aurait subi son martyre, était "la source sacrée des païens".
Représentation traditionnelle du saint
Sur l'une des faces de la croix du village d'Espalion, le saint est représenté de cette façon (tête entre ses mains, revêtu de ses habits sacerdotaux), ainsi que sur une statue du parvis de l'église paroissiale d'Espalion. Une autre statue du même type se trouve sur le côté droit du maître-autel de cette église. Saint Hilarian fait partie des saints céphalophores (qui portent leur tête entre leurs mains, après la  décapitation, ou vie de certains saints désignée sous le nom de céphalophorie).





La vie du saint ait été essentiellement connue à partir d'un ancien document manuscrit (un livre en parchemin), appelé Office de saint Hilarian, daté entre les XIe et XVe siècles, dont l'original semble perdu, mais dont il aurait existé deux copies, l'une datant d'avant la Révolution, l'autre de l'année 1860, selon l'abbé Servières. voir messe au missel du Diocèse de Rodez.

Après son martyre, saint Hilarian fut enterré à Perse où les premiers pèlerins de Compostelle viendront se recueillir sur ses reliques. L'église romane de Perse a été construite à l'emplacement de la chapelle primitive, et a été placée sous son vocable (Dédiée à l'origine à sainte Foy de Conques).

Chapelle de saint Hilarian
Dans l'actuelle église paroissiale Saint Jean-Baptiste d'Espalion (datant de la fin du XIXe siècle), ses reliques (quelques restes osseux) sont conservées, depuis 1893, à l'intérieur d'une châsse, dans la chapelle qui lui est consacrée. (Un vitrail de cette chapelle le représente en train de traverser le Lot sur son manteau, comme le rapporte sa vie. Bronze de Denys Puech, représentant la décollation du martyr, et, sur le devant de l'autel, un bas-relief où l'on voit le saint remettant sa tête tranchée à sa mère).

Si vous le lisez sur ouiki, les verbes concernant des miracles sont au conditionnel...

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MessagePosté le: Lun 2 Déc - 18:38 (2013)    Sujet du message: Publicité

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Henryk
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Inscrit le: 12 Juil 2011
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MessagePosté le: Ven 13 Déc - 10:36 (2013)    Sujet du message: Sainte-Reine d'Alise Répondre en citant

Comment sainte Reine, devenue chrétienne par les soins de sa nourrice, souffrit saintement la mort pour la foi et l'amour de la virginité, dans le pays d'Alise, où elle était née.

Sur le penchant du Mont-Auxois, à mi-côte, dans la partie exposée au midi, s'est formé, au pied de l'antique Alise, un petit bourg qui en a conservé le nom. Rien cependant, dans cette bicoque de fondation moderne, ne rappelle la gloire des Mandubiens.
Vous ne voyez, dans sa modeste enceinte, aucune trace de cette haute antiquité qui se perd dans la nuit des temps.

Comment donc un simple village est-il devenu autant et peut-être plus célèbre dans les chroniques de la France chrétienne, que la métropole des Éduens dans les annales des Gaules? C'est qu'il a joint au nom d'Alise le nom d'une vierge chrétienne, c'est qu'il se nomme Alise-Sainte-Reine aux jours où le Christianisme, à peine sorti de ses langes, s'avançait comme un géant contre l'enfer et contre Rome païenne, qui s'était faite son suppôt, au lieu même où son César, se mesurait avec la Gaule, avait terrassé l'amazone celtique, une jeune fille, trois siècles après, soutenait un grand combat.

1) Cette ville, nommée Alésia, est très célèbre par le fameux siège dont le succès assura aux Romains la domination dans les Gaules. Voyez la description des lieux et du siège dans les "Commentaires de César, livre VII". Les archéologues visiteront avec intérêt le Mont-Auxois ; ils y découvriront des vestiges d'Alise dans diverses ruiner. Des médailles et autres objets antiques ont été trouvés à différentes époques ; mais, à coup sûr, de nouvelles fouilles plus étendues conduiraient à des résultats précieux pour l'histoire. La société des Antiquaires de Dijon, si zélée et si intelligente, ne négligera pas un terrain qui est en quelque sorte son domaine!

On sait que le Mont-Auxois est dans le département du la Côte-d'Or, dans le voisinage des sources de la Seine, entre Semur, Montbard et Bussy; Bussy, ce lieu devenu historique par le château encore existant de la famille des Rabutins, et surtout par les noms de deux femmes célèbres à divers titres, sainte Chantal et madame de Sévigné, petite-fille de la fondatrice de la Visitation. On voyait, il y a peu d'années, leurs portraits dans une des galeries du château.
Elle aussi combattait pour sa liberté ; elle remporta la victoire; l’hérésie romaine fut vaincue cette fois, et la Religion, qui avait formé la jeune vierge comme sa fille, pouvait répéter avec une sainte fierté ce qu'elle avait eu le droit de dire tant de fois à la face de l'univers stupéfait : C'est ma foi qui a vaincu le monde, : Hœc est Victoria quœ rincit mundum, fides nostra.

Si l'héroïne succomba, sa mort fut sa gloire; c'était le triomphe de l'esprit sur la chair, le Christianisme faisait son œuvre ; le jour de son décès fut un jour natal; ses os prophétisèrent aussi bien que ceux d’Élisée; son sépulcre fut glorieux comme celui du Christ son époux; et son sang fut dans ces contrées une semence de nouveaux chrétiens.
Inspirée par une philosophie que Platon, non plus que Pythagore, n'avait pas enseignée, notre vierge martyre préféra aux jouissances d'un sensualisme enivrant, la croix, la croix nue, la croix hérissée de ses clous et de ses épines, et elle mit sa sagesse a l'aimer jusqu'à l'héroisme.
Une vieille chronique raconte ainsi son histoire : « Copie des actes du martyre de sainte Reine, tirée de la bibliothèque de Mgr l'évêque d'Osnabruck, ville d'Allemagne, où le culte de cette Sainte est en grande vénération. »
« Sainte Reine prit naissance dans la ville d'Alise, au pays d'Auxois, dans le duché de Bourgogne ; ses père et mère étaient païens, et joignaient, à l'idolâtrie gauloise le culte de toutes les fausses divinités de l'empire romain.

L'an sept cent de Rome, 52 ans environ avant Jésus-Christ, Jules-César, après la bataille qui rendit sujet les Gaulois aux Romains, se rendit maître d'Alise; il laissa quelques troupes pour démolir la place, raser les fortifications et combler les fossés.

» Un chevalier romain, nommé Lucius-Clementinus, devint éperdument amoureux de la sœur de Vergasillaune, général gaulois, fait prisonnier dans cette bataille; l'ayant épousée, il ne put jamais l'engager à le suivre à Rome; son amour ardent ne lui permit pas de se séparer d'elle; il obtint de Jules César le commandement du pays des Mandubiens, appelé aujourd'hui l'Auxois, dont Alise était la capitale; il se fixa dans cette ville. Il y fit bâtir une superbe maison auprès d'une petite source, sur le penchant de la montagne.
Lucius-Clementinus, un de ses arrière-petits-fils, fit bâtir le château de Grignon, situé à deux mille pas, ou à une lieue d'Alise; il épousa une riche demoiselle du pays, l'an de Jésus-Christ 236. Sa femme lui donna- pour premier enfant une fille, et mourut en la mettant au monde. Le père, désolé, choisit, une femme vertueuse, pour servir de nourrice et de mère à une enfant si chère. Il réussit au-delà de ses espérances, car cette femme, étant chrétienne, lui fit sucer, avec le lait, les vérités de la Religion. La fille de Clementinus fit des progrès inconcevables, et mérita d'être baptisée à neuf ans. Peu après, elle consacra sa virginité à Jésus-Christ, qu'elle choisit pour époux. Sa nourrice lui recommanda sur sa résolution un secret inviolable à l'égard de son père, qui formait dès lors les plus grands projets pour son établissement.



L’Empereur, l'an 250, envoya Olibrius que l'on nomme aussi Olibre, pour gouverner les Gaules; ce nouveau gouverneur voulut visiter la ville d'Alise, si fameuse par sa conquête sur les rebelles.
Il vit dans cette ville Lucius-Clementinus, que le vulgaire appelait Clément; le commandant d'Alise lui fit le plus grand accueil,-le mena à Grignon, sa maison de campagne, ou il' avait rassemblé toute la noblesse du pays. Il n'y eut point de fêtes ni déplaisirs qu'il ne cherchât à lui procurer. Olibrius, épris de la beauté de l'unique héritière de Clementinus, ne trouvait de plaisir qu'à la voir, et à converser avec elle. La candeur, l'ingénuité, la douceur de cette jeune fille, le déterminèrent à la demander on mariage à son père.
Clementinus, frappé d'une si noble alliance, promit sa fille au gouverneur, qui le pria de différer ce mariage jusqu'après son voyage d'Allemagne. Pendant ce temps, Clementinus devait prévenir en sa faveur sa fille, qui n'avait alors que quatorze ans. L'an 252, Olibrius, de retour d'Allemagne, somma Clementinus d'exécuter sa promesse. La douleur et le désespoir étaient peints sur le visage de cet infortuné père. Il avait appris de la bouche de sa propre fille qu'elle n'aurait jamais d'autre époux que Jésus-Christ, auquel elle s'était vouée. La vertueuse nourrice, pour éviter la fureur de ce père irrité, avait pris la fuite. La jeune élève, fortifiée par la grâce de son céleste époux, souffrait patiemment toutes les persécutions de son père, qui prétendait la forcer à changer de religion. Les plus durs traitements, la prison même, où il la tenait enfermée dans son château de Grignon (1), ne servirent qu'à allumer de plus ou plus la foi dans le cœur de la jeune vierge.

(1)Cette prison, en forme de tour, était en grande vénération chez les pèlerins. A l'époque surtout où ces peux étrangers étaient exposés pendant les nuits entières sous la voûte du firmament, s'abandonnant à la ferveur de leur naïve dévotion, il se passait, dit-on, peu d’années sans que des feux merveilleux, partis des bailleurs de Grignon, apparussent à leurs regards comme des marques de la bonté divine et des reflets sensibles de la gloire de la Sainte qu'ils étaient venus vénérer.
On sait que le bourg d'Alise et le village de Grignon, levés chacun sur une colline, comme sur des trônes formés par la nature, dominent gracieusement, l'un au levant, l'autre au couchant, la plaine appelée Vallée des Laumes, et couronnent avec élégance la vallée de Sainte-Reine, dont celle des Laumes fait partie.

» Olibrius, ne pouvant croire ces ruses, pria Clementinus de faire venir sa fille à Alise. Sitôt qu'elle y fut arrivée, il lui alla rendre visite. Plus épris que jamais de sa beauté, il donna une fête à toute la ville, où le luxe romain fut étalé dans toute sa pompe. Les peuples, enivrés de joies et de plaisirs, regardaient déjà la fille de Clementinus comme leur reine; de là, le nom de Reine lui est resté. Son futur époux lui présenta les bijoux les plus précieux, qu'elle refusa avec tant de grâce et de modestie, que le cœur du romain n'en fut que plus embrasé; il lui offrit enfin sa main, qu'elle ne put accepter, ayant pris, dit-elle, Jésus-Christ pour époux. A ces mots, l'amour d'Olibrius se tourna enrage; sa fureur d'abord se déchaîna contre le malheureux père, qu'il menaça de dépouiller de tous ses biens, si dans trois jours il n'obligeait pas sa fille à sacrifier aux dieux protecteurs de l'Empire, et à l'épouser. Les prières, les caresses, les pleurs, les, gémissements de l'infortuné Clementinus furent inutiles. Olibrius, étonné d'une si grande constance, la fit amener devant hû : n'ayant pu rien gagner sur elle, il désespéra de la vaincre.

Son zèle pour les faux dieux et son amour méprise changèrent tout à coup le plus tendre amant en tyran le plus cruel. Il la fit dépouiller et la fit fouetter pendant deux heures. Tandis que son sang ruisselait de foutes parts, Reine bénissait le Ciel, et montrait un visage si tranquille, qu'elle déconcertait ses bourreaux. On en substitua d'autres qui lui déchirèrent la chair avec des ongles de fer. Olibrius enfin rougit de sa cruauté; il ne put soutenir la vue d'un si tendre corps réduit à un état si affreux : il ordonna qu’on la conduisît en prison. A peine y fut-elle enfermée, qu'elle s'endormit. Le Ciel, qui lui envoyait ce sommeil pour la fortifier, lui procura une faveur plus grande; une croix d'une grandeur énorme lui apparut. Elle aperçut au haut une colombe qui lui annonça qu'elle recevrait le lendemain la couronne du martyre. Une espérance si flatteuse la réveilla tout à coup : mais quelle fut sa surprise de trouver son corps aussi sain que si jamais il n'eût été frappé!

Le geôlier, étant venu lui apporter quelque légère nourriture, pouvait à peine en croire ses yeux.
Il courut annoncer le prodige à Olibrius, qui, le prenant pour un effet de la magie, n'en devint que plus furieux. Il ordonna à son père de travailler pour la dernière fois à fléchir l'opiniâtreté du cœur de sa fille. Le désolé Clementinus, n'ayant pu réussir, la quitta désespéré, vomissant les plus exécrables imprécations et les plus horribles blasphèmes.

Le tyran Olibrius, hors de lui-même, la fit attacher à un poteau, lui fit brûler les mamelles et les flancs avec des torches de poix, allumées ; cet affreux supplice n'ayant servi qu'à ranimer le courage de la sainte, le tyran la fit jeter dans une cuve d'eau froide.
A peine y fut-elle plongée, que ses fers se brisèrent, ses plaies disparurent, et la même colombe que pendant son sommeil elle avait aperçue au haut de la croix, vint se reposer sur sa tête : la terre trembla-, la foudre gronda, les nuées s’entrouvrirent; une voix en sortit, et tous les spectateurs entendirent ces mots : ( Venez, Reine, venez recevoir la palme due à votre courage et à vos vertus. ) Ce nouveau miracle frappa les auditeurs, et un grand nombre se convertirent à. Jésus-Christ. Olibrius, craignant une émeute populaire, ordonna qu'on coupât la tête à la jeune vierge ; ce qui fut exécuté sur-le-champ. I1 renvoya son corps au malheureux père, qui le fit inhumer dans un endroit retiré de sa maison, près d'une petite fontaine, » Ce fut cil vain que la vertueuse nourrice et plu- sieurs autres chrétiens firent toutes les tentatives imaginables pour enlever des reliques si précieux.

La vigilance de l'aveugle et idolâtre Clément rendit tous leurs efforts inutiles. A peine cette vierge chrétienne avait-elle cessé de vivre, que toute la passion, d'Olibrius se réveilla. I1 cherchait de tous côtés celle qu'il venait de faire mourir si inhumainement ; pilla il détestait sa barbarie, et blasphémait horriblement contre le Dieu des chrétiens. Enfin, ne pouvant soutenir la vue d'un lieu où il avait lui-même sacrifié à ses dieux la personne qui lui était le plus chère, il abandonna le pays, trois jours après le martyre sainte Reine, arrivé au mois de septembre, l'an du Christ 253. Cette vierge était alors âgée de 17 ans.

» Quelques années après, vers l'an 274, l'empereur Aurélien renouvela la persécution contre les chrétiens. Le gouverneur des Gaules, trop fidèle aux ordres de l'empereur, en fit périr un grand nombre; il ne resta que fort peu de fidèles, qui furent obligés de ce cacher. La mémoire du martyre de sainte Reine se perpétua parmi eux, et, dès qu'ils commencèrent à jouir de la liberté, ils firent de nouveau découvrir les reliques de cette Sainte.

Mais tout leur zèle demeura sans fruit, la maison de Clément étant occupée par un seigneur païen qui ne leur en pénait pas même l'entrée. Ce ne fut que vers l'an 864, qu'on saint abbé du monastère de Flavigny, nommé Egil, ayant trouvé dans les manuscrits de son abbaye qu'une vierge nommée Reine avait souffert le martyre à Alise, et que son corps y était inhumé dans la maison de son père, se transporta dans cette ville, en parcourut toutes les maisons. Ayant aperçu dans une vaste cour une colombe qui planait sur une grande pierre, il s'en approcha ; la colombe prit son vol, mais revint jusqu'à trois fois, planant sur le même endroit, dès qu'Egil s'en retirait. Ce prodige étonna le saint abbé, à qui le Seigneur révéla la nuit suivante que, sous la pierre où la colombe s'était élevée, se trouvait le corps de sainte Reine, martyre." N'osant trop compter sur cette révélation, il alla trouver l'évêque d'Autun, nommé Jonas, qui vivait en odeur de sainteté; il lui déclara le sujet de son voyage. Quelle fut la surprise du saint évêque d'entendre, mot pour mot, ce que pendant le sommeil de la nuit .précédente il avait pris aussi pour un vain songe! Ne doutant plus que ce ne fût un avis du Ciel, les deux saints passèrent la nuit en prières, conjurant le Seigneur de guider leur démarche. Le lendemain, ils partirent pour Alise, et allèrent droit à la maison où Égil avait vu la colombe. Elle apparut encore aux deux saints, planant sur la même pierre.
Alors, sûrs de l'endroit où le corps de la Sainte était déposé, ils appelèrent le clergé du pays, et on récitât des psaumes, pendant qu'on pratiqua la fouille.

la-pierre. On trouva bientôt le corps de là sainte séparé de sa tête, aussi frais que si elle venait d'expirer ; son père avait fait enfermer ses chaînes avec le corps. On recueillit précieusement des monuments si remarquables. Le saint abbé Égil, craignant d'abuser de la crédulité du peuple qui s'était amassé en foule, passa trois jours et trois nuits en prières sur le tombeau de la Sainte. Pendant cet espace de temps, Égil ne prit aucune nourriture.

Puis, ayant aperçu prés de là une fontaine, il fit à Dieu cette prière : Seigneur, daignez exaucer votre serviteur ; faites-lui connaître combien vous chérissez vos élus ; et, pour me confirmer dans la persuasion ou je suis que je possède le véritable corps de sainte Reine, accordez au premier malade que je ferai plonger dans cette fontaine une parfaite guérison. »
Plein de confiance dans la bonté de Dieu, le saint abbé fit apporter un homme perclus de tous ses membres, le fit plonger dans la fontaine, et le miracle de sa guérison s'opéra devant une grande multitude de chrétiens; le bruit en courut de toutes parts ; des malades de toute espèce s'y firent porter, et, aussitôt qu'ils se plongeaient dans la fontaine, ils se trouvaient guéris.. La reconnaissance d'un si grand bienfait engagea quelques personnes riches à faire bâtir une chapelle sur le tombeau de la Sainte, et a y enclore la fontaine, où l'on vint, dans la suite, des extrémités de la France, de l’Italie et de l'Allemagne, pour implorer la puissante intercession de sainte Reine.
Un bourgeois notable de Paris ayant été guéri d'une paralysie par l'usage de l'eau de la fontaine et l'intercession de Sainte Reine, qu'il invoqua soir et matin pendant neuf jours, lui fit bâtir une chapelle dans cette capitale du royaume, ce qui propagea considérablement le culte de sainte Reine. Son corps fut transporté en grande pompe dans le monastère de Flavigny (en Bourgogne), qui conserve soigneusement un dépôt si.sacré. Les autres reliques sont restées à la chapelle que lui ont élevée ceux d'Alise. » Ainsi finit la légende Pendant que je relève les vestiges d'une antiquité aussi vénérable que touchante, j'apprends que, sur les lieux mêmes, on avance, au dix-neuvième siècle, en face d'une société savante, que la vierge de la Bourgogne, dans son martyre et dans sa mort, n'est autre chose qu'une vaine fantasmagorie de la Gaule.



Certes, il faut faire une rare abnégation de sens commun, ou avoir une foi robuste à la crédulité de ses lecteurs, pour espérer donner crédit à une opinion aussi saugrenue. Sans prétendre nous faire le garant de toutes les particularisés au moins vraisemblables relatées dans la chronique, nous demanderons de quel droit on vient aujourd'hui contester jusqu'à l'existence de notre héroïne, lorsque le monde chrétien est en possession, depuis quinze siècles, des principaux faits de son glorieux martyre; lorsqu'on lit dans le martyrologe romain, qui est sans doute autorité compétente en pareille matière : « Au territoire d'Autun, le septième des  ides de septembre est le jour natal de sainte Reine, vierge et martyre, qui sous le proconsul Olibrius, ayant souffert les supplices de la prison, du Chevalet et des torches ardentes, fut condamnée à la peine capitale et alla rejoindre son époux Jésus-Christ. 

Fleury, qui n'a jamais passé pour crédule ni pour enthousiaste, fait mention expresse, dans son histoire ecclésiastique, sous la date du 21 mars 864, de la translation des reliques de sainte Reine d'Alise à Flavigny, par Égil, ancien archevêque de Sens, devenu abbé du monastère de cette cité.
Ce n'est pas tout. Les archevêques de Paris et les vicaires-généraux de cette insigne église métropolitaine, et saint Vincent de Paul, aussi recommandable par l'éclat de sa vertu que par le caractère de sa haute prudence, et Anne d'Autriche, mère de Son Altesse Louis XIV, et, croyaient à sainte Reine, à son martyre, à ses reliques, eux qui ont agi comme de concert pour favoriser la dévotion et le pèlerinage de notre Sainte; eux-qui, rivalisant de zèle avec les évêques diocésains, s'en sont faits ouvertement les clients et les panégyristes.

Si au poids de ces autorités vient se joindre la voix des populations qui, de siècle en siècle, ont proclamé jusqu'à nous la gloire et la protection de la vierge martyre; si l'Allemagne et l'Angleterre ont, jusqu'à la réforme, réuni avec la France et l'Italie leurs vœux et leurs louanges dans un concert unanime, en son honneur ; si enfin des monuments de tous les genres viennent à l'appui de ces témoignages, qui osera s'inscrire en faux, contre celle masse imposante d'autorités, et d'un trait de plume effacer une tradition si constante, si uniforme, si avérée?

Or, au milieu des ruines qu'un vandalisme brutal, inspiré de l'incrédulité et du demi-savoir, a accumulées en ces derniers temps, une foule de monuments sont debout pour consoler les humbles pèlerins de Sainte-Reine, dont, à la vérité, A peine un petit nombre Ose des premiers temps nous retracer quelque ombre.



Je les ai vus, j'ai eu la joie de les évangéliser, ces petits, à qui Dieu se révèle, et dont le monde n'est pas digne ; j'ai admiré leur foi, leur courage ; j'ai senti leur cœur, j'ai vu leur âme s'épancher avec une naïve et admirable simplicité.
Je les ai vus aussi, ces monuments de la piété de nos bons aïeux, je les ai trouvés, sous la poussière qui les couvre, aussi palpitants de vie qu'au jour uù ils furent créés par le génie de la foi.

Qu'il me soit permis de faire un court récit de ce qui a frappé mes regards et de ce que j'ai recueilli du culte de la Sainte.
'Dans l'exposé des matières, je suivrai à peu près l'ordre des temps. Je parlerai successivement des reliques de la sainte martyre, du pèlerinage, de l'hospice d'Alise, qui doit au pèlerinage son origine, puis de la chapelle de l'hospice, et des tableaux qui la décorent; enfin, je terminerai par la procession qui se fait à Alise, de temps immémorial au jour de sa fête ; je donnerai, d'après un imprimé de l'époque, une relation curieuse et circonstanciée de cette procession telle qu'elle se fit en 1688; je dirai les modifications qu'à subies le cérémonial de cette solennité, en donnant les détails reçus de la bouche de témoins oculaires de ladite procession, telle qu'ils l'ont vu faire avant 1793; enfin, en rapportant comment elle s'ordonne aujourd'hui, je ferai voir ce que notre époque a retenu des temps passés, et ce qu'une sage discipline(sic) a cru devoir faire disparaître.












PRIERE A SAINTE REINE D'ALISE.

Bienheureuse sainte REINE, vierge illustre d’Alise, dans les traits de votre douce image, je vous contemple comme dans les splendeurs des cieux. Vous avez un glaive et une palme dans les mains, sur la tète une couronne. Le glaive rappelle vos combats et votre invincible patience; la palme est le signe de votre victoire ; et la couronne est la faible image d; votre gloire dans l'éternelle patrie.

Je me réjouis de cette gloire; je désire la partager un jour. Obtenez-m'en la grâce; je la sollicite par vous et avec vous, au nom des mérites de N.-S. J.-C., dont je veux, comme vous, être le disciple docile et l'imitateur fidèle. Ainsi soit-il.


Nous accordons quarante jours d'indulgence aux fidèles de notre diocèse qui réciteront pieusement, et avec un cœur contrit, la susdite prière à sainte Reine d'Alise.

Mgr FRANÇOIS, Évêque de Dijon.

Dijon, le 31 août 1854.

Monseigneur Cœur, Évêque de Troyes, a accordé la même indulgence à ceux qui, pendant l'octave de sainte Reine, ayant fait une visite ou un pèlerinage à l'une des chapelles qui lui sont consacrées dans son diocèse (Bérulles et Isle-au-Mont ), réciteront la prière susdite. L'indulgence (rescrit en date du 6 juin 1855) peut être gagnée une fois par jour.



Aux habitants d'Alise


Que tous, fidèles à Dieu, dociles à la sainte Église, unis en la Croix, placés sous Je patronage de sainte Reine et la protection de saint Vincent-de-Paul, ils ne forment qu'une famille de frères ! Qu'héritiers des traditions de leurs aïeux, ils soient les imitateurs de leur foi ! Enfants des Saints, qu'ils soient un jour réunis à leurs pères, dans cette vie immortelle que Dieu promet et donne à ceux qui lui sont fidèles jusqu'à la fin.



Aux habitants des pays voisins d'Alise.


Que tous ceux qui habitent la vallée, dite de Sainte-Reine, et les pays voisins d'Alise, honorent le nom de cette vierge martyre, comme celui d'une patronne commune! Qu'ils craignent, qu'ils aiment et glorifient le Dieu puissant et bon, Créateur et Conservateur de toutes choses !

Qu'ils sanctifient son nom, et le jour qu'il s'est réservé !

Que tons, chaque année, se réunissent au jour de la fête de sainte Reine, pour honorer et invoquer la commune protectrice, et resserrer les liens de la charité chrétienne, loin des plaisirs profanes qui déshonorent la mémoire des Saints et attirent la colère de Dieu !

Que la paix du Seigneur habite dans cette contrée où la guerre a jadis fait couler tant de larmes et tant de sang !

A tous les pèlerins de Dieu qui aiment sainte Reine; à tous ceux qui honorent noire vierge martyre, sous quelque soleil qu'ils se trouvent, à quelque nation qu'ils appartiennent, quelque langue qu'ils parlent. Enfants de l'Église Romaine, ils sont nos frères et nos amis en Dieu.

A tous les amis et dévots de suinte Reine.


DE LA FRANCE, DE L’ITALIE, DE L'ALLEMAGNE, DE LA GRANDE ET DE LA PETITE BRETAGNE, ET AUTRES LIEUX DU MONDE CHRÉTIEN.

Qu'ils viennent, comme autrefois leurs pères et leurs aïeux, de Paris, la capitale de ce vieil empire, de tous les pays de notre France; qu'ils viennent de la pieuse Italie, de la douce Allemagne, de Milan, la bonne ville de saint Ambroise et de saint Charles ; qu'ils viennent avec leur foi pure, simple et belle comme la fleur qui vient d'éclore ; avec leur piété qui porte la bonne odeur de Jésus- Christ, avec la ferveur d'une prière angélique qui monte au ciel comme un encens béni !

Qu'ils viennent !

L'hospice offrait, comme jadis, le pain du voyageur ; la fontaine a encore des eaux douces et bienfaisantes; sainte Reine a toujours entre les mains des grâces et des pardons ; qu'ils reviennent avec la roi antique ; les miracles reparaîtront avec elle; et sous son aimable empire, renaîtront ces temps heureux où le monde n'était qu'une famille, où toutes les nations étaient des sœurs, où tous les hommes étaient des frères dans Notre Seigneur Jésus Christ!

Récit de l'Abbé Tridon 
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