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« Mon principe est tout, ma personne n'est rien » Henri V, Comte de Chambord

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Précisions dynastiques et branches cadettes
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Vodrebka
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MessagePosté le: Mer 14 Déc - 00:13 (2011)    Sujet du message: Précisions dynastiques et branches cadettes Répondre en citant

Voilà un très bon article, très simple à lire et qui remet les choses à leur place.
Ceux qui doutent de la légitimité de Louis XX devraient être invités à le consulter, les orléanistes les premiers.

A quelqu'un qui me disait que le prétendant "légitime" au trône de France était le comte de Paris et non Louis XX j'avais d'ailleurs répondu :

Vodrebka a écrit:
A la vérité les prétentions orléanistes se fondent sur le traité d'Utrecht, par lequel Philippe V d'Espagne, petit fils de Louis XIV et ancêtre direct de notre roy Louis XX, renonce au trône de France.

Selon le traité en effet, les couronnes d'Espagne et de France, ne doivent jamais être réunies, ce qui arriverai en cas de manque d'héritier de la part des Bourbons de France, faisant de Philippe ou de ses descendants, les ainés de la maison de Bourbon.

Pire encore, dans ce traité, dans l'article VI Philippe énonce clairement cette renonciation pour lui et ses descendants, déclarant même que la couronne de France devait être transmise à son frère puiné le duc de Berry et à ses descendants, comme si Philippe et ses descendants n'étaient jamais nés, et qu'au cas où il arriverai que le duc de Berry n'ai plus de descendance, ce qui arriva, la couronne de France, passerai automatiquement entre les mains de son oncle, le duc d'Orléans, et de ses descendants.

Les prétentions orléanistes, se basent donc sur deux "légitimités" :

1 - le fait qu'ils furent les derniers à régner avant Louis-Napoléon Bonaparte
2 - qu'en cas de manque d'héritiers, la succession au trône, selon l'ordre de la primogéniture salique, conforme aux lois fondamentales du royaume, et en vertu du traité d'Utrecht devait passer au duc d'Orléans, (Philippe d'Orléans (1674-1723)), dont ils sont les descendants.


Leurs droits, peuvent être considérés, par certains, comme légitimes, car ils ont de solides arguments.

Mais à cela j'oppose deux arguments moi aussi.

Le premier c'est que le traité d'Utrecht fut signé pour éviter que les couronnes d'Espagne et de France soient unies.
Or, Henri VI de France, le fils du roi Alphonse XIII d'Espagne a renoncé pour lui et sa descendance au trône d'Espagne. Il n'existe pas, à ma connaissance, de loi fondamentale du royaume d'Espagne, concernant l'indisponibilité de la couronne d'Espagne, comme c'est le cas en France. Ainsi Jacques-Henri de Bourbon, notre Henri VI, pouvait-il renoncer au trône d'Espagne, comme le fit en 1724, Philippe V d'Espagne en faveur de son fils, avant de reprendre la couronne à la mort de celui-ci, au lieu de la laisser à un autre de ses fils.
Cette renonciation, permet donc aux fondamentaux du traité d'Utrecht, empêcher l'union des royaumes de France et d'Espagne, d'être respectés.

Le deuxième concerne justement les lois fondamentales du royaume de France, et cette fameuse indisponibilité de la couronne.
En vertu de ces lois fondamentales, Philippe V, ne pouvait renoncer pour lui et sa descendance au trône de France, comme il pouvait le faire pour l'Espagne.
Ce faisant par l’hérédité, la primogéniture, la masculinité, la collatéralité masculine  l'indisponibilité, bref par les règles de dévolution de la couronne, il ne peut être, ni par lui, ni par quiconque, être écarté de l'ordre de succession de la couronne, ni lui, ni ses descendants, et Louis XX est donc, légitimement, le premier dans cet ordre de succession, et donc le roi légitime.


Enfin s'il fallait un troisième argument, je dirai que quiconque se rend coupable de régicide, s'exclut lui et toute sa descendance d'hériter de quelque manière que ce soit, du trône de France, c'est le cas pour tous les conventionnels qui ont voté la mort du roi Louis XVI, parmi lesquels, Philippe Egalité, duc d'Orléans. Et on pourrait dire la même chose pour quiconque renverse un monarque en place, or Louis-Philippe est monté sur le trône après un coup d'Etat qui renversa Charles X en 1830.


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MessagePosté le: Mer 14 Déc - 00:13 (2011)    Sujet du message: Publicité

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Lastic
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MessagePosté le: Mer 14 Déc - 00:51 (2011)    Sujet du message: Précisions dynastiques et branches cadettes Répondre en citant

Voilà de saines paroles auxquelles on ne peut que souscrire. Okay
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Gilgalaad
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MessagePosté le: Mer 14 Déc - 01:41 (2011)    Sujet du message: Précisions dynastiques et branches cadettes Répondre en citant

Il est certain que le Duc d'Anjou est légitimement le premier dans cet ordre de succession, mais pas encore roy.
Je pense aussi que les bourbons ont fait leurs temps et leurs oeuvres et que Dieu nous donneras un roi, issu du peuple, non pas pour faire une romance ou je ne sais quoi, mais il va falloir unifier la France et je pense qu'une personne va monter à sa tête, si par Dieu il est choisi par le peuple de France, alors il sera aussi légitime.



Mais, il est vrai que je suis amplement favorable à la succession au trône de France par le Duc d'Anjou, que par la famille d'Orléans, qui pour moi est une famille de traître et d'opportuniste.



La France est la Fille ainée de l’Église et Dieu ne laissera pas sa fille devenir une catin.



Je ne conteste aucunement la légitimité du Duc d'Anjou, mais pour moi, il est possible que le prochain Roy soit ou autre.
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Vodrebka
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MessagePosté le: Mer 14 Déc - 11:11 (2011)    Sujet du message: Précisions dynastiques et branches cadettes Répondre en citant

On prendrai alors le risque de voir un Bonaparte comme roi, un Orléans ou pire un Sarkozy.

Ceci dit je comprends votre point de vue. On ne peut de toutes manières pas forcer le peuple à avoir pour roi quelqu'un dont il ne veut pas. La restauration se fera avec le consentement populaire. Il nous appartient de convaincre le peuple de soutenir le bon prétendant. Et ainsi par l'expression populaire la restauration se fera tout en respectant les lois fondamentales du royaume, d'une pierre deux coups.


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Gilgalaad
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MessagePosté le: Mer 14 Déc - 12:32 (2011)    Sujet du message: Précisions dynastiques et branches cadettes Répondre en citant

Vodrebka a écrit:

On prendrai alors le risque de voir un Bonaparte comme roi, un Orléans ou pire un Sarkozy.

Non, car si le Roy est choisi par Dieu, le trône de France retrouveras son Roy de droit Divin et donc Catholique, il n'y a jamais eu de roy tyrannique, du moins pas après la mort du dernier vrai Roy de France, Louis XVI. Il nous faut un Roy de la trempe de Saint Louis (Louis IX).
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Vodrebka
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MessagePosté le: Mer 14 Déc - 12:38 (2011)    Sujet du message: Précisions dynastiques et branches cadettes Répondre en citant

J'ai donc du me méprendre sur vos propos lorsque vous disiez
Citation:
si par Dieu il est choisi par le peuple de France
.

Vouliez vous dire que l'expression de la volonté Divine se matérialisera à travers la voix du peuple? Si tel est le cas alors je suis bien évidemment d'accord avec vous, seul le roi légitime sera désigné.


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Gilgalaad
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MessagePosté le: Mer 14 Déc - 12:44 (2011)    Sujet du message: Précisions dynastiques et branches cadettes Répondre en citant

  
Citation:
 Vouliez vous dire que l'expression de la volonté Divine se matérialisera à travers la voix du peuple? Si tel est le cas alors je suis bien évidemment d'accord avec vous, seul le roi légitime sera désigné.


Oui, pardonnez moi si je me suis mal fait comprendre.




Saint Pie X 



"Vous direz aux français qu'ils fassent trésor des testaments de saint Remy, de Charlemagne et de saint Louis, ces testaments qui se résument dans les mots si souvent répétés par l'héroïne d'Orléans : "Vive le Christ qui est Roi des Francs !"
A ce titre seulement, la France est grande parmi les nations ; à cette clause, Dieu la protégera et la fera libre et glorieuse ; à cette condition, on pourra lui appliquer ce qui, dans les Livres Saints, est dit d'Israël : que personne ne s'est rencontré qui insultât ce peuple, sinon quand il s'est éloigné de Dieu.
Ce n'est pas un rêve, mais une réalité ; je n'ai pas seulement l'espérance, j'ai la certitude du plein triomphe."

Saint Pie X, à Mgr Touchet, évêque d'Orléans, lors de la lecture du décret de béatification de Jeanne d'Arc, 13 décembre 1908.



"Un jour viendra, et nous espérons qu'il n'est pas très éloigné, où la France, comme Saül sur le chemin de Damas, sera enveloppée d'une lumière céleste et entendra une voix qui lui répètera : "Ma fille, pourquoi me persécutes-tu ?" Et sur la réponse : "Qui es-tu Seigneur ?", la voix répliquera : "Je suis Jésus que tu persécutes. Il t'est dur de regimber contre l'aiguillon, parce que dans ton obstination, tu te ruines toi-même." Et elle, tremblante et étonnée, dira : "Seigneur, que voulez-vous que je fasse ?" Et lui : "Lève-toi, lave tes souillures qui t'ont défigurée, réveille dans ton sein tes sentiments assoupis et le pacte de notre alliance, et va, fille aînée de l'Eglise, nation prédestinée, vase d'élection, va porter, comme par le passé, mon nom devant tous les peuples et tous les rois de la terre."

Saint Pie X, extrait de l'allocution prononcée lors de l'imposition de la barrette aux cardinaux de Cabrières, Dillot, Dubillard et Amette, le 29 novembre 1911.
In Marquis de la Franquerie, La Mission divine de la France.
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Vodrebka
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MessagePosté le: Mer 14 Déc - 16:04 (2011)    Sujet du message: Précisions dynastiques et branches cadettes Répondre en citant

En ajout à ce qui c'est déjà dit précédemment on peut citer Daniel de Monplaisir l'auteur de "Louis XX, petit fils du roi soleil" qui a rédigé un article où il dévoile une appréciation contemporaine du traité d'Utrecht.


http://www.institutducdanjou.fr/fr/daniel-de-montplaisir/109-pour-en-finir-…


Le 11 avril 2013, célébrera-t-on les 300 ans du traité d’Utrecht ? Conclu pour mettre fin à la guerre de succession d’Espagne et comportant, comme garantie multilatérale, la renonciation de Philippe V et de toute sa descendance à la couronne de France, il fut toujours ressenti par les royalistes comme une épine dans le pied de la légitimité. On crut pouvoir s’en débarrasser en affirmant que la renonciation n’était pas valide, car contraire aux lois fondamentales du royaume, ou en arguant que les guerres intervenues depuis lors entre les signataires du traité effaçaient automatiquement les engagements antérieurs des belligérants. Rien de cela n’est exact. Utrecht ne fait nullement obstacle à la succession de France par le chef de la maison de Bourbon, aujourd’hui le prince Louis. La légitimité aurait donc le plus grand intérêt à assumer Utrecht et à l’intégrer dans son argumentation plutôt que de se réfugier dans des arguties sans valeur juridique.

I. Les clauses du traité d’Utrecht sont valables.

Les renonciations, de Philippe V et de sa descendance à la couronne de France, comme de Philippe d’Orléans et de sa descendance à la couronne d’Espagne, actes d’abord unilatéraux, furent valablement enregistrées, en Espagne par les Cortès, le 3 décembre 1712, et en France par le parlement de Paris, le 15 mars 1713. Elles furent, quatre semaines plus tard, annexées aux conventions d’Utrecht dont elles avaient permis la conclusion. Aucun vice de forme ne peut leur être reproché. Leur enregistrement en droit national, préalablement à leur inscription comme clause d’un traité, peut s’analyser comme une forme de ratification par avance, ne donnant que davantage de poids à l’acte final.

Les renonciations contredisent certes les lois fondamentales du royaume. Mais, dès cette époque, il était généralement admis par la doctrine que les normes de droit international l’emportaient nécessairement sur celles de droit interne, quel que fût leur rang. Faute de quoi, aucune convention internationale n’eut été possible et l’Europe aurait vécu en état de guerre permanent. On peut se reporter à cet égard aux travaux des juristes de l’époque qui faisaient autorité dans le sillon de Grotius, tels que l’abbé de Saint-Pierre, auteur d’un Projet pour rendre la paix perpétuelle en Europe (1713-1717) et, surtout Emer de Vattel, dans Le droit des gens ou principes de la loi naturelle appliqués à la conduite et aux affaires des nations et des souverains (1758).

On a beaucoup dit que les juristes, français comme britanniques, de l’époque, jugeaient les renonciations non valides. En vérité, ils les regardaient comme inapplicables en cas d’extinction de la branche aînée des Bourbons et de transmission du droit de succession au roi d’Espagne, qui n’avait alors nulle intention, dans cette hypothèse, de se considérer comme tenu par Utrecht.

Mais, par-dessus tout, l’invalidité de la clause d’un traité ne peut se présumer ; affirmer la nullité des renonciations d’une façon purement académique ou professorale est ainsi dépourvu de toute portée : la nullité d’un acte en droit n’a d’effet que si cet acte est dénoncé selon la voie diplomatique ou déclaré nul par une juridiction internationale. Ce qui ne fut évidemment pas le cas.

Enfin, selon les juristes internationaux interrogés, si la Cour internationale de Justice avait à se prononcer sur les renonciations annexées au traité d’Utrecht, le plus probable, et de très loin, serait la confirmation de leur validité, que n’entache aucun vice de forme ni de fond.

Certains légitimistes ont fait valoir que si, à la rigueur, Philippe V pouvait renoncer pour lui-même, il ne pouvait le faire pour ses descendants, car on ne saurait stipuler pour autrui. Cet argument n’est pas davantage recevable car il s’agit d’une règle exclusivement de droit civil, inopérante en droit international. Par son acte, Philippe V a engagé sa parole de souverain, c’est-à-dire celle de l’Espagne. Ses successeurs ne sauraient la méconnaître, de même qu’un changement de gouvernement dans un pays ne saurait remettre en cause les engagements d’État pris par les gouvernants antérieurs.

Enfin, la survenance ultérieure de guerres entre les signataires d’un traité n’emporte nullement, contrairement à une idée reçue, annulation de leur signature internationale antérieure. L’ONU a publié en 2005 une étude très complète sur cette question. Elle conclut que, en règle générale, les conflits armés ne mettent pas fin aux traités existants : tout au plus en suspendent-ils l’application durant les hostilités et peuvent-ils, lors de la négociation d’un nouveau traité de paix, provoquer une remise en question d’accords antérieurs, mais toujours de façon explicite. Or, jamais la question des renonciations ne fut réévoquée à l’occasion des nombreux traités que la France et le Royaume-Uni conclurent postérieurement à 1713.



II. Pour autant, Utrecht ne fait pas obstacle aux règles de succession.

On aurait pu considérer que les renonciations d’Utrecht modifiaient, par elles-mêmes, la loi fondamentale du royaume de France. L’assemblée constituante en débattit virulemment en septembre 1789 et apporta une réponse négative. Les juristes anglais avaient déjà adopté le même point de vue : les renonciations constituaient un moyen (un « expédient » disait-on alors) pour mettre fin à une guerre et pour s’assurer que, jamais, les couronnes de France et d’Espagne ne se poseraient sur la même tête. Rien de plus, rien de moins. On pensait surtout que la question ne se présenterait pas avant longtemps et, en tout cas, pas avant que les protagonistes de 1713 eussent tous disparu. Elle ne fut en effet soulevée qu’en 1883 avec la mort sans enfants du comte de Chambord. La loi salique désignait Don Juan, son plus proche cousin. Il y a fort à parier que si celui-ci avait conservé un lien étroit avec la France et n’était pas apparu, d’une part, comme totalement désintéressée à la chose publique, d’autre part comme l’héritier du carlisme, tout entier tendu vers la question de la légitimité en Espagne, on l’eut probablement regardé comme le successeur d’Henri V. C’est bien moins la nationalité espagnole qui l’aurait handicapé que l’absence totale d’implication dans la vie de la France. Le droit à la couronne constitue un statut davantage qu’un droit. C’est pourquoi il est inaliénable autant qu’incessible et qu’on ne peut lui opposer, quoique séduisante, la formule de l’historien Jean Favier : « Quand on a vendu la maison de famille, peut-on continuer de la léguer à ses enfants ? »

Le parlement de Paris aurait-il d’ailleurs aussi facilement enregistré les renonciations s’il avait seulement soupçonné qu’elles pussent emporter la moindre conséquence sur les lois fondamentales du royaume dont il se considérait comme le gardien selon une tradition maintenue sans changement depuis plus d’un siècle ? Dans son Traité de la souveraineté du roi, publié en 1632, Cardin Le Bret avait déjà théorisé cette compétence des magistrats, « garants des lois du royaume ». Sa conception fut reprise et précisée, postérieurement à Utrecht, par Louis-Adrien Le Paige, dans ses Lettres historiques de 1753 et 1754, approuvées par le dauphin fils de Louis XV : « toute l’autorité du Parlement consiste à ne jamais rien enregistrer qui soit contraire aux lois du Royaume ».

Durant les décennies qui s’accumulèrent par la suite, la renonciation de Philippe V paraissait d’ailleurs compter pour si peu en face de la règle de succession dynastique que le comte de Paris tenta, à la veille des funérailles du comte de Chambord, le 3 septembre 1883 à Goritz, de faire signer à Don Juan et à ses deux fils, Don Carlos et Don Alfonso, un renouvellement de l’acte de Philippe V, s’attirant en réponse une des formules qui résume le mieux l’intangibilité des principes : « Je ne sais pas encore si nous avons des droits à la couronne de France ; si nous n’en avons pas, il est ridicule de signer cette déclaration ; et si nous avons, ces droits sont des devoirs, on ne peut les abdiquer ». Car renoncer n’est pas abdiquer. Accepter de ne pas exercer un droit afin d’assurer la paix de l’Europe n’implique pas de l’abandonner et encore moins d’en nier l’existence. Si Utrecht a bien une incidence internationale indiscutable, il n’en a aucune en droit interne, laissant intacte la loi de succession au trône, pour la simple raison qu’un traité ne saurait, par lui-même, modifier une Constitution. A telle enseigne que celle de 1958, dans son article 54, a réservé les hypothèses selon lesquelles un traité serait contraire à la Constitution, exigeant pour que celui-ci soit ratifié que celle-là soit préalablement modifiée. C’est notamment pourquoi la France ne se rallia que tardivement, en 1980, la Convention de Vienne sur le droit des traités, conclue en 1969 et stipulant que les clauses d’un traité sont de valeur supérieure aux lois internes d’un État, y compris les lois constitutionnelles. Or une jurisprudence constante du Conseil d’Etat considère que la validité d’un engagement international s’apprécie au moment de sa signature et non de son application.

Nous nous trouvons ainsi en face d’un conflit entre deux normes juridiques, dont il est a priori impossible d’affirmer que l’une l’emporte sur l’autre mais que les moyens juridiques actuels, incontestés et stabilisés, permettent de surmonter. Les légitimistes peuvent désormais accepter, et mieux : assumer Utrecht, plutôt que de tenter de l’évacuer avec embarras.



III. Accepter et assumer Utrecht.

Il s’agit d’abord d’une question d’honneur et de cohérence. Car on ne saurait, à la fois, fonder le principe de légitimité sur la lignée dynastique et, dans le même temps, considérer commun nul et non avenu les engagements pris par ceux qui se situent à la base de cette lignée. En d’autres termes encore, le roi ne saurait ni renier la parole de ses ancêtres, ni manquer à celle de la France vis-à-vis de l’Europe. Plutôt que de considérer Utrecht comme un handicap pour la légitimité, mieux vaudrait l’assumer puisque ses clauses ne modifient pas les règles de succession dynastiques. Sur le plan du droit, il est aisé d’ « en finir avec Utrecht ». Car nous sommes en face d’un conflit de normes des plus classiques : d’un côté une norme de droit interne, loi fondamentale du royaume, de l’autre un engagement international, qu’il serait stérile, comme nous l’avons vu, de tenter de hiérarchiser.

Il ne s’agit pas de déterminer qui est le chef de la maison de Bourbon : personne, pas même dans les milieux dits orléanistes, ne conteste qu’il s’agit du prince Louis, aîné des capétiens. Il s’agit de savoir qui, dans l’hypothèse d’une restauration monarchique, serait sollicité pour accéder au trône en tant que chef de la maison de France. Notons au passage que la question ne se pose que dans le cadre d’une restauration de la légitimité puisque, hors de celle-ci, on peut parfaitement imaginer soit le rétablissement de la monarchie de Juillet, et donc le recours au comte de Paris, soit un deuxième appel à l’Empire, l’héritage devant alors être éclairci entre les différents prétendants bonapartistes, soit enfin, pour épuiser la série, la création d’une monarchie ex nihilo faisant appel à n’importe quel « Machin premier ».

Une restauration de la légitimité devrait donc, en tout premier lieu, apurer la question des engagements d’Utrecht. La consultation, aujourd’hui, du fichier des conventions internationales en vigueur, scrupuleusement tenu par les services du ministère des Affaires Étrangères, ne mentionne les stipulations du traité d’Utrecht qu’à deux titres : la délimitation de la frontière entre la Savoie, qui servit de base à la détermination des deux départements français créés en 1860, et le royaume de Piémont (soit l’actuelle frontière entre la France et l’Italie) et le partage des zones de pêche au large de Terre-Neuve. Cela signifie-t-il que toutes les autres clauses du traité seraient devenues caduques en vertu du principe rebus sic stantibus1 ? Les juristes consultés estiment que s’il y a bien lieu d’appliquer le principe en l’espèce, ce même principe ferait renaître les clauses regardées comme devenues sans objet du fait de l’institution de la république : en cas de restauration, les clauses relatives à la succession monarchique reprendraient ipso facto vigueur, n’étant que suspendues faute d’effet opératoire et non annulées ou invalidées en droit. C’est donc sur le terrain diplomatique que réside la solution. Dans l’hypothèse d’une restauration monarchique, trois possibilités s’offrent aux représentants de la souveraineté française : ignorer purement et simplement le traité ; en dénoncer la clause portant sur la succession à la couronne ; ouvrir des négociations avec les puissances signataires.

Ignorer le traité ne devrait guère soulever de problème pratique : on imagine mal le Royaume-Uni, les Pays-Bas, l’Italie ou l’Espagne déclarer pour ce motif la guerre à la France. Mais, il serait évidemment plus correct, surtout lors des premiers pas d’un nouveau régime et compte tenu du rapprochement continu des nations européennes depuis la signature du traité de Rome en 1957, de respecter la parole de la France et ne pas chercher à « inaugurer un règne réparateur par un acte de faiblesse ».

Notifier aux partenaires de la France sa décision de dénoncer les renonciations est évidemment bien préférable : il serait alors facile de faire observer aux puissances que l’objectif historique de séparation des couronnes de France et d’Espagne, maintenant garantie par la séparation des familles royales des deux pays, rend inutile la clause de renonciation.

La solution la meilleure consiste cependant à proposer l’ouverture de négociations afin de réviser le traité. On pourrait ainsi proposer une formule nouvelle de renonciation croisée pour le cas où l’une des deux branches des Bourbons viendrait à s’éteindre, les Bourbons d’Espagne étant alors déclarés inaptes à la succession de France et de même les Bourbons de France à celle d’Espagne dès lors que leur droit dynastique subsiste dans leur royaume d’origine. Dans ce cas, il conviendrait d’achever le travail commencé à Utrecht et sur lequel la Constitution de 1791 n’avait pas osé trancher : compléter la loi fondamentale du royaume en inscrivant le principe de non cumul des deux couronnes, un exercice bien moins laborieux que l’exhumation de la prétendue lois salique en 1328...


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Rodolphe von Thierstein
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MessagePosté le: Mer 14 Déc - 16:23 (2011)    Sujet du message: Précisions dynastiques et branches cadettes Répondre en citant

Gilgalaad a écrit:
Il est certain que le Duc d'Anjou est légitimement le premier dans cet ordre de succession, mais pas encore roy. Je pense aussi que les bourbons ont fait leurs temps et leurs oeuvres et que Dieu nous donneras un roi, issu du peuple, non pas pour faire une romance ou je ne sais quoi, mais il va falloir unifier la France et je pense qu'une personne va monter à sa tête, si par Dieu il est choisi par le peuple de France, alors il sera aussi légitime.


Qui sait ce que Dieu a pour dessein ? Dans le doute soutenons Louis XX, car jusqu'à nouvel ordre, il est roi de jure.
Si il doit y avoir Roi, alors il triomphera dans l'adversité, l'amertume de la République honteuse et défaite. Ainsi nous obtiendrons la vox populi.

Excellente démonstration Vodrebka, les Orléans n'ont rien à faire sur le Trône de France.
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MessagePosté le: Mer 14 Déc - 17:47 (2011)    Sujet du message: Précisions dynastiques et branches cadettes Répondre en citant

En tant que légitimiste nous n'avons pas à nous prononcer pour ou contre un prétendant! Il se trouve qu'en suivant la filiation selon la Loi Salique (dont l'origine remonte aux Francs saliens d'où son nom) qui remonte aux règne de Clovis 1er. Elle désigne le privilège de masculinité et de primogéniture qui caractérise la succession à la couronne de France! En vertu de cette Loi qui a fait la grandeur et la puissance de la monarchie française, il se trouve que le prétendant naturel et légitime du Trône de France EST LOUIS XX!

Ne nous dispersons pas! Oeuvrons au retour de la Monarchie Catholique et Traditionnelle dans le respect de la Légitimité!

Il est donc important de ne pas transgresser les règles de l 'institution monarchique!
Nous n'avons pas à choisir notre Roy par convenance personnelle ou autres critères!
Attendre un autre Roy que celui désigné par l'institution, cela amène à violer les lois de la légitimité!


"Travaillons pour l'institution et prions.
Alors Dieu nous donnera les grâces pour le reste car nous aurons fait notre devoir." Manifeste Légitimiste



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Gilgalaad
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MessagePosté le: Mer 14 Déc - 19:37 (2011)    Sujet du message: Précisions dynastiques et branches cadettes Répondre en citant

 
Citation:
 En vertu de cette Loi qui a fait la grandeur et la puissance de la monarchie française, il se trouve que le prétendant naturel et légitime du Trône de France EST LOUIS XX!
Je suis entièrement d'accord avec vous.


Citation:
 Il est donc important de ne pas transgresser les règles de l 'institution monarchique!
Nous n'avons pas à choisir notre Roy par convenance personnelle ou autres critères!
Attendre un autre Roy que celui désigné par l'institution, cela amène à violer les lois de la légitimité!


Quelle loi peut empêcher le choix de Dieu ?
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Lastic
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MessagePosté le: Mer 14 Déc - 20:04 (2011)    Sujet du message: Précisions dynastiques et branches cadettes Répondre en citant

Gilgalaad a écrit:
 Quelle loi peut empêcher le choix de Dieu ?

Et si Dieu choisissait Louis XX, ce serait plus simple, non ?!
Qui peut dire quels sont les desseins de Dieu, hormis ce qu'il a bien voulu nous révéler ? Personne. Je pense qu'il est inutile de pérorer sur ce que Dieu pourrait faire. Il fait en temps et en heure et selon son bon vouloir.
Rien ne peut contrer la toute-puissance divine et si il montre clairement son intention, je la suivrai. Seulement Dieu ne va pas contre ses propres lois, et la Création répond aux lois de Dieu, comme la Cité. Dieu est libre de choisir mais il ne va jamais contre ce qu'il institue.
Souvenez-vous de Sainte Jeanne d'Arc, qui a fait monter sur le trône le Roi selon les Lois, et non le meilleur dans la noblesse ou le peuple. Elle aurait pu choisir Dunois, par exemple. Il n'en a rien été. On pouvait à cette époque penser que les Capétiens avaient fait leur temps.

Il n'y a aucune raison valable de ne pas soutenir le roi de France selon les Lois de succession.
Je sais qu'il existe toutes sortes de prophéties à consonnance eschatologique annoncant le retour d'un Roi en France. Elles sont belles, et elles peuvent donner de l'espoir. Mais elles ne guident pas les actions politiques.
Le problème de cette attente, c'est qu'on a tendance à cacher ainsi son royalisme, car on se contente trop facilement de cette promesse.
C'est oublier la phrase de Jeanne d'Arc, qu'on place à toutes les sauces (ici plus complète) : "En nom Dieu, les hommes d'armes batailleront et Dieu donnera la victoire."
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Gilgalaad
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MessagePosté le: Mer 14 Déc - 20:52 (2011)    Sujet du message: Précisions dynastiques et branches cadettes Répondre en citant

Oui, je crois que vous me comprenez mal.

Je soutien le Duc d'Anjou est si un jour (je l'espère) il prend le trône de France, je serais avec lui.

 
Citation:
 Rien ne peut contrer la toute-puissance divine et si il montre clairement son intention, je la suivrai.

Voila, c'est mon raisonnement, ne pas ce fier dans des querelles de successions, Dieu le feras et nous seront prêt.
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Lastic
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MessagePosté le: Mer 14 Déc - 21:18 (2011)    Sujet du message: Précisions dynastiques et branches cadettes Répondre en citant

Ma réflexion était plutôt générale et ne s'appliquait pas strictement à vous.
Je comprends votre raisonnement, mais il nous faut rappeler pourquoi nous ne poussons pas jusqu'au providentialisme, histoire que les choses soient bien claires pour ceux qui lisent.


Les querelles de succession, c'est sûr qu'on s'en passerait volontiers ! Il nous faut pourtant réfuter les fables orléanistes et libérales, car elles sont un danger constant sur beaucoup de royalistes.
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Rodolphe von Thierstein
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MessagePosté le: Mer 14 Déc - 21:25 (2011)    Sujet du message: Précisions dynastiques et branches cadettes Répondre en citant

J'ai compris votre position, personnellement. Mais à quoi bon évoquer une supposition assez hasardeuse ? Contentons-nous de soutenir Louis XX, bien entendu que si Dieu venez à, du fait d'une circonstance particulière, élire telle ou telle personne, nous devrions lui obéir. Cependant, au point ou on en est, je crois qu'il n'est guère profitable de s'attarder sur les prophéties du Grand Monarque et autre. Cela ne fait pas avancer notre combat, qui a déjà de la peine à démarrer. Le Grand Monarque alimente les rêves de beaucoup, qui ne rêve pas du Roi Arthur, de Salomon, du Prêtre Jean ? C'est votre côté amateur de légendes et de chevalerie, je suis tout à fait comme vous si c'est cela.
Le Forum est avant tout Légitimiste, il est donc question de Louis XX. Que nos rêves nourrissent notre féauté envers le roi et fasse que l'on ait une haute idée de la royauté, c'est un bien. Mais il faut savoir raison garder, en politique pour convaincre il faut le droit, des arguments concrets. Les Orléanistes ne se convertissent pas malheureusement avec les légendes.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 20:48 (2016)    Sujet du message: Précisions dynastiques et branches cadettes

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