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Méditation
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christelle
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MessagePosté le: Lun 10 Fév - 23:25 (2014)    Sujet du message: Méditation Répondre en citant

JESUS ADOLESCENT
«Le plus beau des enfants des hommes.»
                                  Psaume XLIV.
  
                  MEDITATIONS
Pour le temps de la septuagesime
                   par
L ABBE MAX. CARON
Superieur du petit séminaire de Versailles.
                   1913
Permis d Imprime par l Ev.de Versailles
le 22 décembre 1896
                    LETTRE
DE L EXAMINATEUR THEOLOGIQUE
CHER SUPERIEUR ET AMI


  
  Dans ce livre, laissant de côté les questions ardues, vous avez, comme saint Paul pour ses néophytes de Corinthe, apprêté la doctrine: Ut mensa lactesceret (afin que la table fut chargée de lait), selon la parole de saint Augustin.

                     Jésus Adolescent!

Quel pur idéal, quel modèle accompli, quelle grâce, quel attrait pour une âme neuve qui rêve du beau et du vrai!
Tout ce que rejette une génération élevée sans Dieu : l’obéissance, la pureté, l'esprit de pauvreté et de sacrifice, l'amour filial, le silence, la prière, l'étude des Saints Livres, la fréquentation du temple, le travail manuel, Jésus a quinze ans l'enseigne par son exemple; et avec quelle autorité, quel charme!
ces pages d un brillant coloris, écrites avec amour, les yeux fixes sur l'invisible, saisiront surtout les adolescents; ils y respireront le divin, et leur âme se dilatera. Leurs mères les liront aussi, et elles béniront l'auteur.
Avec mes félicitations sacerdotales, daignez agréer, cher Supérieur et ami, mes sentiments dévoués en Notre Seigneur Jésus-Christ.

L.NEVEU,

Docteur en théologie,
Archiprêtre de Pontoise.
Pontoise le 18 décembre 1896.
                    
 PREFACE
De toute les années que le fils de Dieu est venu passer sur notre terre, les plus insondables sont celles qui commencent  a son retour du temple, pour se terminer qu a son entrée dans sa vie publique.
Durant ces dix-huit années, que fit le Christ Jésus?
Ce volume est l essai d une réponse a cette question.
Ainsi que pour les précédents,notre plume a écarté tout le récit de l'Évangile. Comment,en effet,ne pas sentir que prétendre ajouter au Livre Sacre, c est, en quelque sorte, le diminuer? Peut être certains lecteurs trouveront-ils que le CHRIST ADOLESCENT, que nous leur présenterons en ces pages,est trop humain. Nous leur dirons d avance : Ne vous arrêtez pas aux premiers chapitres; allez jusque aux derniers. Ou nous vous abusons étrangement, ou vous n'achèverez pas le livre sans avoir reconnu que si le céleste Adolescent, dans l ombre et le silence de Nazareth, vous semble moins le FILS DE DIEU, il vous apparaît davantage FILS DE L HOMME, c est a dire votre Grand Frère d’humanité. Alors, vous ne l adorerez pas moins, vous l aimerez davantage.
C est le but de l humble livre.
Petit Séminaire de Versailles.
11Decembre 1896. en la fête de saint Damase.
           
     INDULGENCES Accordées a la lecture de l'Évangile
Sa Sainteté Léon XIII, dans l audience du 13 Décembre 1898,au cardinal soussigné, préfet de la congrégation des indulgences, accorde a tous les fidèles qui auront fait dans l'Évangile une lecture pieuse d'au moins un quart d heure, une indulgence de 300 jours a gagner une fois par jour, pourvu que l'édition de l'Évangile ait été approuvée par l autorité légitime. De plus,  le Souverain Pontife accorde par mois une indulgence plénière a tous ceux qui auront fait lecture tous les jours du mois; elle pourra être gagnée le jour du mois ou,  s’étant confesses et ayant communie, ils feront les prières habituelles aux intentions du Saint-Siège. Ces indulgences sont applicables aux âmes du purgatoire.
Donne a Rome, le 13 décembre 1898.
Cardinal Gotti, préfet.
                       


MEDITATION I
Jésus Adolescent descend a Nazareth.
Jésus descendit avec Marie et Joseph, et vint a Nazareth.           Saint Luc, II.
                          prélude
Ces trois lignes d'Évangile ouvrent et contiennent, en son entier, l'Adolescence du Christ Jésus.
On peut dire, des années qui la composeront, qu elles vont constituer la phase la plus étrangement mystérieuse de la vie de l Homme-Dieu.
«Durant ces dix huit années, a écrit un suave mystique,chaque jour, qui nous apparaît comme un simple et silencieux battement d aile du temps, va produire des prodiges insondables aux intelligences angéliques elles-mêmes ( le Pere Faber. Bethleem,chap.II.)» Ce sont des prodiges que,pendant tout ce temps de la Septuagésime, nous allons essayer d entrevoir non de nos yeux, mais avec notre âme, car ces choses ne se voient qu avec l’âme.
                           
                                I
Sans doute la naissance du Fils de Dieu dans l'étable de Bethléem avait été un abaissement prodigieux; cependant le ciel s était illumine sur cette étable, les Anges avaient acclame Celui qui venait d y naître, les bergers et les rois étaient accourus l adorer.
Plus encore la mort par laquelle il terminera sa vie terrestre sera un mystère épouvantable; mais la terre ébranlée jusque dans ses fondements, le soleil obscurci, le ciel en deuil, les morts ressuscites, les vivants consternes diront que Celui qui meurt ainsi ne peut être que le Maître de l Univers.
Puis Bethléem n aura dure que quelques jours; le Calvaire, quelques heures seulement; Nazareth, au contraire, durera dix huit ans! Et la rien, rien ni du cote du ciel ni du cote de la terre, ne viendra révéler aux habitants de cette bourgade qu un Dieu habite parmi eux! ....
jusqu’à douze ans, Jésus en tout semblable a nous, avait voulu n'être qu un enfant, et sa vie s’était, pour ainsi dire, écoulée sur les genoux, dans les bras, sous les baisers de sa mère.
En ce moment, il descend de Jérusalem. Un instant dans le temple, la Divinité, dont la plénitude habite en lui, a illumine son front, éclaire son regard, donne a sa parole l'accent des prophètes; et tous les docteurs de la loi se sont ranges autour de lui, muets d’étonnement. Marie elle-même et Joseph ont entendu tomber de ses lèvres des paroles qui les ont remplis d une admiration plus grande encore. Ainsi le Fils de Dieu faisait-il connaître qu une heure nouvelle venait de sonner dans sa vie, et qu il allait être, plus que jamais, aux choses de son Père.

En effet, Jésus revient a Nazareth; mais ce n est plus pour y vivre dans les caresses de sa mère. L'exil du ciel et de la pauvreté de la terre ne suffisent deja plus a son rôle de Rédempteur. Toutes nos souffrances, toutes nos fatigues, toutes nos humiliations, toutes nos misères, ce Dieu veut les prendre sur lui, les résumer en sa personne.

L un des prophètes charges d annoncer au monde la venue du Rédempteur, avait dit: Nous l'avons vu...Homme de douleur, il a connu nos infirmités. Il a vraiment pris sur lui-même nos langueurs... C'est a cause de nos iniquités qu il a été blesse... Le châtiment, prix de notre salut, est tombe sur lui.( Isaïe, chap LIII.)
Voila ce que le divin Adolescent vient faire a Nazareth. Demain il déposera la robe de lin que lui tissa Marie, et ce sera pour revêtir la dure tunique du travailleur. Demain, des l aurore, il s approchera de sa Mère, pour lui demander un baiser qui soit une bénédiction; puis, avec Joseph, il s en ira, dans l atelier, travailler afin de souffrir. Demain, enfin, lorsque,le soir venu, il prendra place a la pauvre table de famille, le Ciel tout entier se penchera vers notre terre, et les Archanges resteront silencieux et stupéfaits, en voyant le Roi éternel des siècles, le Créateur des mondes qui mange un pain acheté avec le prix de ses sueurs! ( la raison humaine est trop orgueilleuse pour admettre un pareil abaissement. Depuis quelques années, les ennemis de notre Foi affectent de croire que, durant les années de son Adolescence, Jésus voyagea, pour s instruire, dans les lointaines contrées de l Inde. Récemment même, un savant russe est allé jusqu'au Thibet pour y retrouver les traces de son séjour!... De retour dans sa patrie, ce savant a publie un livre intitule : Vie inconnue de Jésus.
pauvre savant! pauvre raison humaine!...)
Oh!  lorsque Dieu fait quelque chose, il ne le fait jamais a demi! Puisque Jésus avait entrepris d'expier nos orgueils par ses humiliations n'était -il pas conforme a ses desseins qu il s’humiliât jusqu’à devenir le dernier des hommes? Puisque-il avait résolu de nous mériter le pardon de nos crimes par ses souffrances, pouvait-il ne pas descendre jusque aux excès de l expiation?
Sans doute Jésus, entrant dans son Adolescence, aurait pu rester dans le temple de Jérusalem,et,la, grandissant chaque jour en science et en sagesse devant les Prêtres et devant le peuple, attendre, au milieu des admirations de tous,  l heure de sa divine immolation. Les honneurs et la gloire l auraient environne de toutes parts. Mais,- qui ne le sent? - son rôle de Rédempteur eut été incomparablement moins sublime pour lui, moins fécond pour nous.
Lorsque,au contraire, nous voyons ce Dieu descendre a Nazareth, lorsque nous le voyons, lui dont la demeure était le Ciel, s enfermer, pour de si longues années, dans la pauvre maison; lorsque nous le voyons.

se revêtir d une bure grossière, lui dont la gloire éternelle était le vêtement; se nourrir d un pain acheté avec le prix de son travail, lui, l exile volontaire des félicités sans noms; lorsque, en un mot, nous voyons ce Dieu de toute innocence, de toute justice, de toute puissance toute beauté, prendre en sa personne toutes les apparences et toutes les suites du péché, devenu un homme,  mais un homme de douleur, se présenter ainsi devant son Père et marcher en cet état, durant tant d'années, vers la croix qui se dresse au terme de son chemin, oui, a ce spectacle la Rédemption nous apparaît ce qu elle est vraiment: immense, universelle, en un mot, digne d un Dieu. Aussi l'étonnement se change en une adoration et en un amour tels que l on voudrait avoir la langue du Ciel pour en parler, l’âme des Séraphins pour en sentir tout le prix et en goûter tout le bonheur!
                            II
Désarmer le Ciel irrite n’était pas le seul but du Fils de Dieu. Il lui fallait ramener l homme dans le chemin de la vertu. Souffrir pour nous n eut pas suffi; nous aurions continue de marcher loin de la vérité, vers les régions de la mort, pour aller, fatalement, tomber un jour dans d éternels abîmes.
Tous le savent: quatre mille ans après la création de  l'homme, quant Jésus naquit en Palestine, le genre humain en était venu a des excès d aberration tels, que non seulement il ne connaissait plus la vérité et ne pratiquait plus la vertu, mais qu il avait divinise les vices. Le Mensonge, la Fraude, l'Ivrognerie, l'Impudicité, la Vengeance avaient des autels, des prêtres, des temples ou le peuple venait leur offrir des victimes. Or le Sauveur,  en même temps qu il expirait nos crimes, voulait redresser les erreurs de notre raison, et guérir les perversions de notre cœur. Donc tout ce que le genre humain aimait, lui va le haïr. Tout ce que le monde haïssait, lui va l'aimer. Jésus divinisera le bien,  la vérité, le devoir, comme le monde a divinisé le mal, le mensonge, le vice.

Voyez- le, en ce moment, revêtir les livrées du travail, et du travail le plus dur, le travail manuel. D'un bout du monde a l autre, ce travail est méprise; on le laisse aux esclaves ou plutôt on le leur inflige. Aussi le maudissent-ils comme un châtiment! Voila pourquoi Jésus veut être un travailleur.
L'humilité est une honte. Dans la langue latine, qui se parle alors par toute la terre, humilitas veut dire bassesse. Les philosophes eux-mêmes enseignent que tous ceux qui resteront humbles,  obscurs, petits dans ce monde, en seront éternellement punis dans le noir Tartare. Voila pourquoi Jésus veut s ensevelir, dix hui années durant,  dans une humilité telle que les habitants de Nazareth ne le croiront que fils d un charpentier, charpentier lui-même!

La douleur sous toutes ses formes est regardée comme le grand, le seul vrai malheur de la terre. Des plaisirs de toute nature, a n importe quel prix, par n importe quels moyens, telle est la suprême ambition de ces humains dégradés par quarante siècles d aberration. Or la première fois que Jésus, entre dans sa vie publique, parlera a la foule, il dira: bienheureux ceux qui pleurent. Bienheureux ceux qui souffrent. Aussi,regardez, aujourd'hui, l adorable Adolescent: dans cette pauvre maison ou il vient vivre, n est ce pas la douleur, la douleur sous ses formes multiples qu il s y est préparée?  La, au fond d un atelier, des sueurs tomberont de son front sur le bois qu il travaille, des larmes, ce sang de l'âme! arroseront plus d une fois cette poussière ou souvent on le verra s agenouiller devant son père céleste, afin de demander grâce pour lui-même et pitié pour nous...

Aussi l’Humanité emportera de Nazareth des visions qu elle ne pourra jamais plus oublier. Vainement un jour les juifs crucifieront Jésus et tueront ses disciples; nous les croyants de l'Évangile, nous nous rendrons, du calvaire ou il est mort, a Nazareth ou il a vécu; nous rechercherons les débris de l humble maison qu il habita; nous baiserons ce sol qui but ses sueurs et ses larmes; puis redescendant dans la vie, nous ne pourrons plus oublier su il y a, ici-bas, quelque chose de plus doux que le repos, c est de travailler, chacun selon l’état ou Dieu nous fit naître; quelque chose de plus beau que la gloire, c est d aimer a vivre obscur, a n’être compte pour rien; quelque chose enfin de plus heureux que le bonheur, c est de souffrir pour le devoir, la vérité ou la justice.
                     
prière et résolution
O Jésus, depuis vos jours de Nazareth, l homme peut encore être un oisif, mais l'oisiveté lui est une honte; il peut être un orgueilleux,  mais plus il s’élève dans sa propre pensée, plus il sent que ses semblables l'abaissent dans leur estime; il peut se donner a la poursuite des plaisirs,  mais tous, et lui plus que tout autre, savent qu il se méprend.
Ainsi donc, adorable Adolescent, je n ai fait encore que vous entrevoir, et déjà l'enthousiasme fait battre mon cœur! Je veux m attacher a vos pas ; je veux,  d'une main discrets, soulever le voile derrière lequel vous vous dérobez a mes regards.  Si je ne suis pas digne de baiser vos mains, ni même d’arrêter mes regards sur vous,  oh! du moins, laissez-moi rechercher vos traces sur le chemin, et toucher par Derrière la frange de votre vêtement.
Car nul n approche de vous,  O Dieu de vérité et de vertu, sans sentir en son cœur plus de pureté, en sa volonté plus de force, en sa raison plus de clarté, en sa vie plus de bonheur.

Ainsi soit-il.
_________________
Vierge Lorraine - Libératrice et Patronne secondaire de la France - Sainte des soldats ; Sainte Jehanne d'Arc : "Messire Dieu premier servi !"


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MessagePosté le: Lun 10 Fév - 23:25 (2014)    Sujet du message: Publicité

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Henryk
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MessagePosté le: Mar 11 Fév - 16:29 (2014)    Sujet du message: Méditation Répondre en citant

Très belle lecture, prière, et résolution, Christelle.
_________________


Dernière édition par Henryk le Dim 16 Mar - 22:16 (2014); édité 1 fois
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christelle
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MessagePosté le: Mar 11 Fév - 23:08 (2014)    Sujet du message: Méditation Répondre en citant

MEDITATION II
Nazareth aux jours du Christ Adolescent
Philippe rencontrant Nathanael lui dit :
« nous l avons trouve, Celui dont parle Moise dans la loi, et qu ont annonce les prophetes:
c est Jesus,fils de Joseph de Nazareth.»
Nathanael lui repondit: « De Nazareth peut il sortir quelque chose de bon?  »
Philippe lui dit : «Vient et vois par toi meme.»
                                               Saint Jean, I
                          
                              PRELUDE
Si nous voulons suivre Jesus Adolescent dans l obscurite et le travail, ou nous venons de le voir descendre,  il convient, avant tout,de connaitre un peu la contree qu il habita, la petite cite qui fut le theatre de ses dix huit annees de labeurs, l atelier vers lequel il se rendait chaque matin, et enfin la maison ou il vecut de la vie de famille, entre Marie sa mere et Joseph son pere par adoption.
L Orient est le pays du reve et de l immobilite. Sauf la desolation sans egale qui, sous le souffle des coleres divines, est venue remplacer la fecondite d un sol ou coulaient jadis le lait et le miel, de nos jours tout y est reste tel qu aux temps de l Evangile.
                                I
Nazareth est une bourgade assise sur les versants d une large et profonde entaille des montagnes de la Galilee. Sa population, presentement, s eleve a environ douze mille habitants. Il est probable qu elle n en comptait guere que trois a quatre mille aux temps de l Evangile; la preuve en est qu elle n avait qu une seule synagogue.
Ses maisons,  comme dans les villages orientaux, sont construites sans style et disseminees sans ordre. Vue de quelque distance, chacune d elles ressemble a un cube de pierres blanches, perce, au hasard, d une porte et de quelques rares fenetres. Les moins pauvres ont dans leur voisinage un pressoir, une etable,un four a cuire le pain
Une haie de cactus ou une barriere en bois leur sert de cloture. Des oliviers, des palmiers
des amandiers,et surtout des figuiers ou s entrelace la vigne, achevent le tout et forment un encadrement plein de silence et de mystere.
L horizon de la petite cite est etroit pour celui qui la contemple du bas de la vallee; mais si l on gravit l un des sentiers qui serpentent aux flancs des collines sur lesquelles s etagent les habitations, on ne tarde pas a jouir de la plus splendide perspective. De leurs sommets, en effet, le regard plonge de tous cotes dans un horizon qui semble sans limite. A l est, le mont Thabor dresse au loin sa cime mysterieuse; au sud, la verdoyante plaine d Esdrelon s etend, immense. Au sud-ouest, c est la chaine du Carmel avec ses puissants souvenirs. Si l atmosphere est pure, le regard peut meme apercevoir, au loin, un peu au nord,ce lac Tiberiade dont le seul nom fait battre le coeur du vrai croyant de l Evangile.
Bientot, a la suite du divin Adolescent, nous ferons l ascension de ces sommets ; et quelques-unes de ces pensees surhumaines, debordant de son coeur dans les notres, viendront nous enflammer des plus saints enthousiasmes; aujourd hui, avancons seulementde quelques pas a l etroit chemin qui monte devant nous. L une des premieres maisons que nous rencontrons,-car elle est presque au bas de la colline,- c est celle de Joseph le charpentier. Cette maison, longue de dix metres environs et large de quatre, est placee transversalement a la colline. Ses murs, faits de terre grasse et de paille hachee
sont revetus d une couche de chaux dont la blancheur est eblouissante. Le toit, qui termine cette petite construction d un seule etage, est en forme de terrasse.Car, en Orient
chaque famille, la nuit venant, aime a se reunir sur cette plate-forme pour les entretiens du soir, et surtout pour la priere au Dieu dont les etoiles disent le nom, et le profond azur, l infinie puissance.
Mais la maison que nous apercevons n est pas toute l habitation. Ainsi que cela se voit souvent en ces contrees, la roche de la colline a ete entaillee et deux excavations y furent pratiquees qui forment maintenant des chambres. La tradition attribue a Marie la plus grande de ces deux pieces : sa longueur est de cinq metres et sa largeur de deux metres et demi. Elle recoit le jour par une porte qui la met en communication directe avec le dehors. La seconde piece est contigue a la premiere; mais, profondement encaissee dans la roche, elle ne recoit aucune lumiere de l exterieur. Tout fait croire que la se retirait Jesus pour la priere et le repos de la nuit.
Apres ce premier et rapide coup d oeil jete sur l humble maison, franchissons-en le seuil.
Dans la piece ou nous entrons d abord, quelques escabeaux de bois, une lampe, des vases d argile, une meule a bras pour receuillir la farine.
Dans les deux autres pieces, une natte, quelques peaux de brebis, un coussin pour le sommeil, et, comme ameublement, un coffre en bois qui contient les vetements.
Et c est la que, pendant pres de trente ans,voulut vivre le Fils de l Eternel! C est sur cette natte qu il s etendit chaque nuit, quelques heures, pour se reposer ses membres fatigues comme les notres!  C est dans cette grotte, dont la vue evoque par avance la pensee de celle de Gethsemani, que durant tant d annees,- peut-etre de longues heures chaque nuit,- agenouille sur le sol, les mains jointes,les yeux vees le ciel, il pria, il pleura, disant a son pere :« Mon Pere, que votre volonte se fasse et non la mienne. Je boirai le calice de votre colere jusqu a ce qu il soit epuise. Moi, j en mourrai; mais eux, les humains que vous m avez donnes pour freres, ils vivront!»
Ah! sans doute, devant de telles realites, notre pauvre raison succombe! Mais, apres tout, quand c est Dieu qui aime, pourquoi n aimerait-il pas jusqu a de tels exces? 
                               II
Comment, d ailleurs, nous etonner d un pareil mystere? Ce Dieu, cache, inconnu, n est il pas reste sur notre terre, ne vit-il pas presentement encore pres de nous? 
Oui, partout ou l Evangile a penetre, au sein meme de la bourgade la plus ignoree, il est une maison qui a Jesus pour habitant. Il y vint un jour, descendant de Jerusalem, non de Jerusalem en Palestine, mais de la Jerusalem du ciel; et depuis lors, il n en est jamais sorti. Hommes de peu de foi que nous sommes! nous avons peine a croire que le Fils de Dieu ait pu vivre trente ans a Nazareth de Galilee dans l obscurite la plus complete? Etonnons-nous donc plutot de l obscurite sans egale, il faudrait dire de l aneantissement ou ce Dieu vit maintenant dans chacune de nos eglises, non pas depuis quelques annees, mais depuis tant de siecles.
Par la pensee, parcourez simplement la patrie qui vous vit naitre. Ne vous arretez pas, si vous le voulez, devant ces vieilles et splendides cathedrales, vrais palais que la piete de nos peres a eleves au Dieu de l Eucharistie ; n entrez pas non plus dans ces pieuses chapelles de monasteres ou l amour fait, a ce Dieu, une cour que ne connurent pas les plus puissants monarques du monde; mais marchez, au hasard du chemin, a travers nos provinces. Voyez au milieu de la plaine, au sommet de la colline, au fond de la vallee, au flanc de la montagne, ces milliers
de petites cites ou de pauvres bourgades. Dans chacunes d elles, vous remarquerez une maison d un aspect particulier. Comme celle de Nazareth, elle se dresse humblement
a deux pas du chemin, souvent quelques arbres l entourent, une haie, une barriere en bois, une pauvre muraille la protege.
Et bien, sachez-le, la habite le Maitre de la terre et du ciel.
Pour trouver depuis combien d annees, il faudrait souvent remonter a travers les siecles. Il y a six cents ans, mille ans, quelque-fois plus encore, un pretre, un apotre arriva en cette contree. Il portait un Evangile et un Crucifix. Il planta sa Croix, il ouvrit l Evangile; puis il dit, en priere, des paroles dont Jesud, dans son amour pour nous, s est fait l esclave. Alors ce Dieu quitta le Ciel, traversa les Anges plus etonnes encore que ne le furent autrefois les Docteurs du Temple de Jerusalem, et il descendit vers Nazareth. La, comme un autre Joseph, le pretre le recut; quelques femmes pieuses, figurant Marie, l entourerent de sollicitudes et d amour. Mais les autres habitants de ce lieu?...Ne soyons pas injustes : parfois, une generation, en passant dans la vie,  le reconnut, l acclama, l adora. Le plus souvent, entenebres par leurs peches, ils l oublierent, le meconnurent, le persecuterent peut-etre! Jesus n en est pas moins reste au milieu d eux, plus abaisse qu a Bethleem, aussi aimant qu au Calvaire!
sur la croix, la Divinite seule etait cachee.
Ici, l humanite meme est invisible.( Hymne de saint Thomas.)
Cependant ce Dieu ne reste pas inactif. On compterait plutot les rayons du soleil que les bienfait de tout ordre qu il repand sur ces populations au milieu desquelles il est venu vivre sa mysterieuse vie. Parfois meme, comme a Nazareth, Jesus sort de la maison qui l abrite. Jadis il allait travailler pour nous donner l exemple du devoir, de l humilite,

de la souffrance. Maintenant il va ou l on souffre, afin de consoler. Il va ou l on pleure; et il compte les larmes. Il va ou l on a faim; et sa main laisse une aumone. Il va ou l on meurt; et sa parole ouvre le Ciel a celui qui part, soutient et console ceux qui restent.
                        prieres et resolution
O Jesus! les heureux de ce monde ne vous connaissent pas et pensent n avoir jamais besoin de vous. Aussi passent ils devant votre demeure comme autrefois on passait a Nazareth devant la maison du charpentiet Joseph. Vous restez cependant parmi nous,
parce que demain l epreuve, la maladie, le deuil entreront sous notre toit et que notre ame, en quelques heures, comprendra le mensonge qu est le monde, et le peu qu est cette vie!
Alors beaucoup, parmi nous, se souviendront
de vous avoir rencontre et d avoir cru en vous au matin de leur vie. On nous verra reprendre le chemin de votre pauvre demeure. Et la, agenouilles dans la tristesse et les larmes, entre le souvenir et l esperance,
pres de ce Tabernacle qui, en meme temps, cache et revele votre presence, nous vous parlerons et surtout nous vous ecouterons.
Et jamais, non jamais, nous ne nous leverons sans avoir entendu quelques-unes de ces paroles qui ne peuvent venir que de vous, o mon Dieu, puisqu elles eclairent nos tenebres
qu elles guerissent nos blessures et qu a des douleurs qui semblaient sans limite, elles font succeder, en un instant, des esperances sans borne ni dans le temps ni dans l eternite
                                     ainsi soit il.
_________________
Vierge Lorraine - Libératrice et Patronne secondaire de la France - Sainte des soldats ; Sainte Jehanne d'Arc : "Messire Dieu premier servi !"


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christelle
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MessagePosté le: Mer 12 Fév - 21:35 (2014)    Sujet du message: Méditation Répondre en citant

MEDITATION III obeissant jusqu a la mort
Et Jesus etait soumis a Marie et a Joseph.
                                           Saint Luc,II.
                    PRELUDE
Jesus etait soumis a Marie et a Joseph.
Bien simples et courtes sont ces paroles de l Evangile, mais quels abimes elles recouvrent!
« Qui etait soumis? Etait-ce simplement le fils de Joseph et de Marie? Non, c etait le Fils de Dieu! S il avait un instant, dans le Temple, dechire le nuage de son obscurite, c etait pour mieux y rentrer, et nous faire mieux comprendre que cette obscurite, cette soumission, cette obeissance etaient pleinement volontaire.» ( Auguste Nicolas. La Vierge Marie.T.II,chap.XVI.)
Mais ce qui acheve de faire de ce mystere un abime insondable, c est que cette soumission
va durer dix huit ans! 
                             I
Examinons d abord en quoi ce Dieu etait soumis, ce qu il faisait lorsqu il obeissait aux ordres que lui donnait Marie, que lui donnait Joseph.
En Orient, il y a deux mille ans comme maintenant encore, la vie de famille, chez les gens du peuple, etait de la plus grande simplicite. Or, tout le monde sait que le pere et la mere de Jesus appartenaient au peuple:
c etaient des artisans vivant de leur travail, dans cet etat qui n est ni la misere ni la richesse. Marie, comme la femme forte dont l ecriture a loue les merites, ne mangeait paq son paindans l oisivite. Ses reins etaient ceints pour le travail; et son bras, affermi. C est d elle que ceux de sa maison recevaient la nourriture. La laine et le lin etaient en reserve chez elle ; ses doigts dirigeaient le fuseau; autour d elle, on ne craignait pas le froid de la neige, car tous avaient un double vetement. ( Proverbe,XXXI,)
Le bonheur de Jesus etait d aider sa Mere dans tous les travaux de la vie quotidien.« Car, a ecrit saint Bonaventure, notre Dame n avait pas de serviteur.» Pour elle donc, balayer les trois pauvres pieces dont se composait l habitation de Nazareth; en sa place, ecraser, sous la petite meule, le froment dont elle ferait le pain- et Jesus pouvait- il alors ne pas penser a ce froment dont l Eglise, cette autre mere, ferait bientot, et a travers tous les siecles, le pain eucharistique dont se nourriraient les Elus a leur passage en ce monde? - ou bien encore,
aller, a sept ou huit minutes de la maison, puiser de l eau a la fontaine; voila ses travaux privilegies.
Ecoutons l illustre Pere Faber nous raconter, en son style inimitable, ce dernier episode,peut-etre renouvele chaque matin, de Jesus allant a la fontaine pour en epargner la fatigue a Marie: « Le vase dans lequel on va puiser l eau n est pas desormais un poids trop fort pour le Createur du monde.Cependant, il suffit encore pour le faire plier et rendre son pas incertain quand il gravit avec son fardeau le sentier glissant. Bien des habitants vont a la fontaine ou en viennent, tous ont un mot a dire au Fils de Marie; il repond quelquefois par une parole, plus souvent par un coup d oeil, tous sont contents. Il est ordinairement silencieux; mais sa presence dans cette petite ville a l influence du soleil dont la lumiere agit sur les hommes, les animaux et les plantes, plus qu on le saurait dire.  Les femmes, en portant leurs urnes sur la tete, s arretent, se retournent, le regardent et portent envie a Marie, dont le fils est si different des leurs.»
( Le Pere Faber. Bethleem, T.II, VII. )
Ainsi donc, epargner une fatigue a sa Mere, lui eviter une peine,  et en echange avoir d elle un nouveau sourire, une caresse nouvelle
un baiser de plus, voila quelle etait la recompense ambitionnee par le divin Adolescent, le plus aimant de tous les fils!
Mais, l Evangile l affirme, Jesus obeissait aussi
a Joseph.
Joseph, lui, gagnait la vie de tous par son travail de charpentier.
Maintenant donc que Jesud a l age de travailler, chaque jour il suit Joseph et avec lui
descent a l atelier. A vrai dire, il ne travaille pas encore; car, o prodige qui s acheve de confondre tous les orgueils du savoir humain
lui, le Dieu qui fit l Univers du seul bruit de sa pensee, maintenant dans ce pauvre atelier, il veut apprendre a tenir un marteau, a manier un ciseau, conduire une scie, a assembler deux pieces de bois. Comme nos apprentis, il regarde, afin de bientot pouvoir faire! En attendant, son principal travail, c est de se tenir aux ordres de Joseph. Le bon charpentier lui dit d apporter un outil, Jesus l apporte; de soutenir une planche, il la soutient; d enfoncer quelques chevilles de bois dans les trous creuses, il s y emploie; de rouler en bonne place un fragment de poutre, il y depense toutes ses forces, sans cependant pouvoir toujours y reussir! Dans ce derniercas Joseph, un sourire sur les levres, des larmes dans les yeux, vient au secours de l adorable Enfant!
Devant une telle vision, qui donc, d entrr nous, pourrait continuer de lire?...Ne sentons-nous pas montee en notre ame, comme Joseph dut le sentir cent fois le jour, un immense desir de tomber aux pieds de ce Dieu cache, pour l adorer et le remercier de ces sublimes lecons d obeissance qui, commencees a Bethleem, continuees a Nazareth,le meneront jusqu au Calvaire?
                              II
Nulle generation, plus que la notre, n eut besoin de venir contempler un tel spectacle et recevoir ces divines lecons.
Nous ne savons plus obeir! Ou,pour dire plus vrai, nous ne voulons plus obeir! En cela, d ailleurs, rien que detristement logique. Toute autorite vient de Dieu. La foi et l obeissance doivent donc nessairement baisser du meme degre dans une societe. «Pas de Dieu dans le ciek, plus de maitre sur la terre! » Ces deux blasphemes, au fond, n en forment qu un, tellement le second est contenu dans le premier. Ils ne sont du reste que l echo lointain du terrible Non serviam! je n obeirai pas!  que firent entendre au commencement des temps, dans les profondeurs celestes,Lucifer et ses freres de revolte.
Sans vouloir, en ce moment, penetrer plus avant dans ce mystere, affirmons que le Fils de Dieu est venu en ce monde se mettre a la tete de tous les etres crees, afin de les ramener a l obeissance. Le Christ entrant en ce monde, ecrira plus tard aux hebreux le grand Apotre, dit a son Pere: Les hosties et les sacrifices ne pouvaient desarmer votre justice. Alors j ai dit: Me voici; je viens, o mon Dieu, pour faire votre volonte.( Saint Paul, chap. X, passim.)
Aussi etre chretien, c est avant tout obeir, obeir a Dieu, aux lois qu il nous a dictees, aux hommes qu il a fait, pres de nous, ses representants.
Ses lois, Dieu les agravees d abord au pkus intime de notre conscience.«Il y a deux choses en ce monde, a dit un philosophe de notre siecle, qui me remplissent d admiration
les etoiles dans les profondeurs du firmament, et la loi morale au fond de mon coeur.» L homme peut obscurcir cette loi avec des peches et des crimes, comme l atmosphere obscurcit les etoiles avec de la poussiere et des nuages, mais il lui est aussi impossible de l arracher de son coeur qu a l orage d arracher les etoiles des profondeurs celestes.
D ailleurs, dans la crainte que l homme ne la puisse pas toujours lire assez clairement en sa conscience, Dieu a voulu que cette loi imprescriptible fut gravee sur la pierre du Sinai. Le Decalogue est son nom; elle ne se compose, en effet, que de dix lignes: chez lui,
tout bientot tombera en poussiere! Malheur a l homme qui a cru pouvoir se passer de ces dix lignes: les vices les plus miserables le guettent comme une proie facile, et souvent c est l Enfer meme qui, des cette vie, commence en son coeur!
Au- dessus de la conscience, plus parfait encore que le Decalogue, nous, les chretiens,
nous avons l Evangile. Jesus ne dira-t-il pas un jour, au cours de sa vie apostolique: je ne suis pas venu abolir la Loi, mais la rendre parfaite.
Oh! l Evangile! qu il soit notre code, notre regle, la loi supreme de nos actes, de nos paroles et meme de nos pensees les plus secretes, les plus intimes.
Si,fils malheureux de peres qui ont, dans des heures de folie, dissipe l heritage de nos ames, nous n avons pas assez de foi surnaturelle pour nous incliner, comme il le faudrait, devant les depositaires de l autorite chretienne, sous pretexte que ces christs, qui devraient etre d or ou d ivoir, ne sont que du platre, ah! du moins, inclinons-nous devant l Evangile. Ce livre des livres, l Homme-Dieu,
avant de nous le donner, a comnence de l ecrire avec ses sueurs et ses larmes, en attendant l heure ou il l achevera avec son sang!
                    priere et resolution
Verbe eternel, venu en ce monde de desobeissance pour obeir jusqu a la mort, quand je vous vois ainsi vous soumettre a Marie et a Joseph; quand, penetrant dans la maison de Marie ou l atelier de Joseph, je considere en quoi vous leur obeissez; quand je vous trouve, vous le Maitre de  l Univers, le Roi des siecles, courbe aux besognes les plus vulgaires, abaisse aux travaux les plus penibles, sur un simple mot de Joseph ou de Marie, oh! j ai honte de moi-meme!

Prenez pitie du pauvre orgueilleux que je suis. Venu a la vie a une heure de revolte, je n ai jamais connu le merite, ni goute le bonheur de l obeissance chretienne. Eclairez mon intelligence, inclinez ma volonte, et surtout entrainez mon coeur. Car celui qui vous aime, o Jesus, trouve, dans l obeissance a tous ceux qui tiennent ici-bas votre place, un bonheur qui depasse tout ce que le monde peut concevoir; et il n y a de vraiment libre que celui qui soumet, a vos lois saintes et bonnes, sa raison, sa volonte et son coeur.
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MessagePosté le: Jeu 13 Fév - 21:08 (2014)    Sujet du message: Méditation Répondre en citant

Vrai Dieu et vrai Homme
Jesus progressait en sagesse, en age et en beaute, devant Dieu et devant les hommes.
                                          Saint Luc, II.
                             
                            PRELUDE

Le plus insonsable des mysteres contenus dans l Evangile est celui de la nature divine et de la nature humaine unies en la personne de Jesus.
Comment dans cette rencontre l humanite ne fut-elle pas absorbee dans la divinite, ainsi
qu une goutte d eau qui tombe dans l ocean;
ou bien encore consumee, ainsi qu une perle
de rosee que l on jette dans une fournaise incandescente? Prodige de la Toute Puissante et de l Infini Amour! Ne cherchons pas a penetrer ce mystere. Mais affirmons,
sans crainte, avec toute la Theologie catholique, que, durant les trente-trois annees qu il vint passer sur la terre, le Christ voulut etre et fut:
totalement Dieu comme son Pere,
totalement homme comme nous.
                              I
Cette affirmation est plus necessaire qu on ne le pense generalement. Car, selon la remarque du Pere Faber, il n est pas rare que de pieux fideles commettent une erreur pratique en concevant Notre Seigneur comme un prodige colossal, chez qui l union
des deux natures en une seule personne est sans proportion. Dans leur esprit, le miraculeux, le divin absorbe et, en quelque sorte, aneantit l humain. Par la, le tresor de ses adorables exemples est fatalement appauvri. Car les souffrances de Jesus ne sont plus nos souffrances, sa pauvrete n est plus notre pauvrete, et les larmes qu il versa n avaient pas l amertume des notres ( Le Pere Faber. Bethleem, T.II,chap.IX.)
Jesus ne cessa pas, un seul instant de sa vie terrestre, d etre totalement Dieu. Ou, pour parler plus clairement : en se faisant homme,
le Verbe eternel ne perdit rien de sa gloire, rien de son immensite, rien de sa puissance.
Contemplons, en ce moment, cet Adolescent qui vient d entrer, pour le labeur du jour, dans le pauvre atelier de Joseph. Cet Adolescent, incline a toutes nos faiblesses, c est Dieu!
Dieu! devant ce seul mot, la raison se trouble,
la pensee succombe.
Dieu! c est l etre de qui tout decoule : le mouvement, la vie, l ordre, l harmonie, la beaute, le bien, la verite.
Dieu! c est la lumiere qui baigne notre pensee, l amour qui fait battre notre coeur, la
force qui meut notre volonte, la grace qui vivifie notre ame.
Dieu! c est l Idee vivante qui n a ni commencement ni fin; elle presidait en ce jouant a la creation de l Univers; elle se jouera encore sur les ruines de notre monde,
sans que toutes nos evolutions dans l espace aient pu produire en Elle le moindre changement, ni toutes nos successions dans le temps, ajouter une minute a son existence.
Dieu! c est Celui qui, d une parole, peupla l abime de mondes innombrables, et dont la
pensee maintenant les commande sans avoir
besoin meme de leur parler.
Dieu! Dieu! c est quelqu Un de si grand que,
quand l homme a balbutie son nom, il ne lui reste plus qu a tomber le front dans la poussiere, et a adorer...
Et bien, Dieu est la devant moi! S il laissait percer un rayon de sa gloire, oh!  seulement un, a l instant meme, comme plus tard les trois Apotres sur le Thabor, je tomberais a genoux. Mon ame, enivree d extase, deborderait de bonheur, mais mes yeux eblouis se fermeraient, et, pour les proteger,
mon front chercherait la poussiere du sol.Que dis-je? Si un rayon direct de cette gloire eternelle arrivait a l Univers, a l instant meme l Univers entier s evanouirait en fumee
et toute la creation s abimerait, sans retour, dans le neant!....
Ces pensees me font peur! Qui suis je donc pour oser m approcher de vous, o Dieu eternel? Ne devrais-je pas, comme autrefois Adam au Paradis Terrestre, fuir de devant votre presence, et m ecrier : «Seigneur Dieu,
j ai seulement senti votre presence; et je me suis cache parce que j avais peur!»
                                  II
Mais non, ce n est pas pour nous inspirer l epouvante que le fils de Dieu est descendu du Ciel. Il ne vient pas faire de nous des esclaves, il veut nous avoir pour amis.
Aussi relevons-nous, et ne craignons pas d arreter sur lui nos pensees et nos regards. Lui-meme d ailleur, en ce moment, nous regarde.
Le Dieu Adolescent, en effet nous voyant venir, s est arrete de travailler. Et maintenant,
au fond de cet atelier dont nous foulons le seuil, il est debout, um pied encore pose sur la piece de bois qu il taillait, et les mains gracieusement au repos sur le manche de sa hache.
Oh! la celeste apparition! Non, jamais la terre
n a vu ni ne reverra rien de pareil. Le Fils de Marie est vraiment le plus beau des enfants des hommes.( Psaume XLIV,3.)
Les Esprits celestes eux-memes doivent s incliner vers notre monde pour emporter de
Nazareth des visions imperissables.
Jesus vient d entrer dans sa quinzieme annee;
il n est plus un enfant, il n est pas encore un jeune homme; c est l Adolescent qui garde les charmes doux et captivants de l enfance,
alors que deja ses traits, son front, ses regards, toute sa personne enfin se transforme dans une force, une dignite, une beaute qui annoncent que l homme va paraitre.
Depuis trois ans deja, chaque matin, il vient ainsi a l atelier.
Regardez-le: une longue chevelure a la nazareenne tombe en flots ondoyants sur ses epaules.(une chevelure, dont le fer n avait jamais approche, etait chez le jeune Israelite le signe de sa consecration a Dieu, comme on peut le voir au Livre 1er des rois,II,11.)
Une tunique de lin, file et tisse par sa Mere, enveloppe le corps, mais laisse les bras demi-nus. Une cordelette de laine ramene autour des reins les plis du vetement, en meme temps qu elle en rehausse le bas, laissant ainsi la marche plus libre, A la facon orientale
les pieds apparaissent a decouvert, sillonnes seulement par les legeres courroies qui retiennent la sandale. Malgre cette simplicite,
quelque chose de divin rayonne de tout son etre. On le dirait environne d une lumiere d amour que l oeil de la chair ne peut percevoir
mais qui attire et captive l ame. Si pur est son frond! si harmonieux ses traits! si celestr son regard! si divin le sourire, melange d amour et de tristesse, qui erre sur ses levres!
Rien qu a l entrevoir, on se sent entraine dans un monde qui n est plus le notre.Aussi, dire que cet Adolescent est pur, celeste, adorable, ce n est pas encore assez; il faut aller plus loin dans la verite: il est la Purete sans tache, la Beaute sans ombre, l Harmonie absolue, l Amour eternel, en un mot: il est Dieu, sous la forme d un homme!
Que serait-ce donc si, apres l avoir ainsi contemple, votre foi etait assez grande et votre coeur assez pur pour meriter de l entendre vous adresser quelques paroles?
« Oui, vous dirait-il, en arretant sur vous l un de ces regards qui remuent et boulversent une ame jusqu en ses plus mysterieuses profondeurs, je suis l Eternel, ton Dieu, Par un amour que tu ne comprendras jamais, amour qui fut l occasion d une revolte pour un grand nombre d Esprits celestes, et qui est reste et restera un mystere insonde pour tous les autres, j ai desire devenir ton frere d humanite. Deja, depuis quinze ans, je vis au milieu des hommes. Comme toi, j ai voulu avoir une mere; comme toi, j ai ete un petit enfant qu on enveloppait de langes, qu on couchait dans un berceau. Maintenant je suis
un faible adolescent, obscur, inconnu; ici meme, dans cette bourgade, on ne m appelle que le fils du charpentier. Vois, mes mains s endurcissent au travail, mes pieds a la fatigue; ces outils sont encore bien pesants pour mes bras, ces arbres bien dur pour mes coups; souvent la sueur perle a mon front; parfois meme un outil ou un eclat de bois me blesse, et les gouttes de mon sang rougissait l arbre que mon pere d adoption m a dit d entailler. Je ne me plains pas alors; au contraire, mon coeur tressaille, car je pense a cet arbre qu un jour mon sang rougira en entier, et du haut duquel se tendant les bras et inclinant vers toi ma tete defaillante, je te dirai : Crois-tu maintenant que j etais vraiment ton frere? Et veux-tu m aimer comme on aime un ami? »
                 priere et resolution
o mon sauveur adore, vos paroles eclairent divinement tout votre Evangile, qui est l histoire de votre amour pour les hommes.
On a dit :« L amitie trouve ou fait des egaux.»
Vous vouliez m avoir pour ami, et comme je ne pouvais monter jusqu a vous, c est vous qui etes desce.du jusqu a moi.
Voila pourquoi aujourd hui, je vous rencontre
dans les abaissements d un travail manuel. Si vous permettez a la fatigue d endolorir vos membres,  aux outils de peser a vos bras, a la chaleur de faire couler vos sueurs, au bois de resister a vos coups, au tranchant de la hache ou a l eclat de la poutre de blesser votre chair; c est que vous etes en tout semblable a moi, excepte dans le peche.(
Saint Paul aux hebreux, IV,15.)
Jesus, o mon Dieu, o mon Frere, revelez-vous
a moi de plus en plus. Les creatures me lassent, et cependant l apparence et le mensonge me retiennent dans leurs chaines...
Soyez donc, pour moi, l Ami au-dessus de tout ami. Votre amour affranchira mon ame de la vanite et du mensonge.
                                               AINSI SOIT IL.
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MessagePosté le: Ven 14 Fév - 20:05 (2014)    Sujet du message: Méditation Répondre en citant

MEDITATION V
                       L amour filial.
Honore ton pere et ta mere, afin de vivre longuement sur la terre ou le Seigneur ton Dieu t introduira.
                                            Exode,XX.
                          prelude
L amour filial! loi exquise et sainte que le Createur a gravee des l origine dans le coeur de tout etre vivant.
Cependant, l homme s etant degrade jusque dans les choses les plus naturelles, Dieu avait ete contraint de lui rappeler cette loi. C est ce qu il avait fait sur le Sinai, dans ces paroles que nous venons de lire.
Malgre tout, ce noble sentiment ne cessa de s obliterer dans la conscience humaine.
La tyrannie du pere, l abaissement de la mere
dans les societes antiques, etaient une atmosphere peu propice au developpement
de cet amour.
Comment l enfant, grandissant, aurait-il pu aimer tendrement un pere dont trop souvent le brutal egoisme le terrorisait? Comment aurait-il pu honorer, toujours, une mere qu il
voyait releguee dans l abandon et vouee a tous les avilissements?
Or, le Christ venait tout restaurer.
Combien donc il nous sera suave de le voir, aujourd hui, restaurer l amour filial. Car,ici, c est pour chacun de nous en particulier qu il travaille. Nous pouvons bien n avoir pas de frere, de soeur, d epoux ou d epouse, mais chacun de nous a le bonheur d avoir, ou d avoir eu, dans les jours qui sont restes sans doute les meilleurs de sa vie, un pere, une mere.Presents ou absents, vivant ou morts, leur nom, aime entre tous, reste dans notre ame comme en un sanctuaire.
                             I
Quelques auteurs  anciens ont ecrit sans aucune preuve,- et de nos jours beaucoup, helas! le repetent,- que Joseph etait deja in vieillard lorsqu il epousa la Vierge Marie.
Comment ne se sont-ils pas apercus que c etait la diminiuer, vraiment trop, la grandeur morale de celii qui, bientot, sera le pere adoptif du Verbe incarne? Car, s il en etait ainsi, ce ne serait pas sa vertu, mais sa vieillesse qui l aurait fait choisir par le ciel pour epoux de la Mere de Dieu!
Puis, lorsqu un jour Jesus Adolescent viendra se mettre sous sa direction dans l atelier de Nazareth, le pauvre artisan ne serait donc plus qu un septuagenaire, courbe sous le poids des annees et du travail?
Non,non, ne faisons pas de l epoux de Marie un vieillard. Lorsqu il penetra, pour s y fixer, sous cet humble toit qui allait abriter leur nouvelle existence, l humble artisan etait dans la plenitude de la virilite; mais son ame n eprouva et ne devait eprouver d autres sentiments que ceux d une admiration religieuse, d un culte ou il ne se melait rien d humain.
Jamais jeune pretre, meme parmi les plus fervents, au matin inoubliable de sa premiere Messe, ne monta vers l autel, ne s approcha du tabernacle, d un coeur plus emu
d une ame plus penetree de crainte et d admiration religieuse que Joseph, lorsqu il s approcha ainsi de la Ste Vierge Marie, arche vivante ou deja habitait le Dieu trois fois saint
qui venait sauver le monde.
A partir de ce jour, le role du modeste artisan
ne cessa de grandir.
Maintenant, ce role semble avoir atteint toute sa sublimite.
A son entree dans l adolescence, tout jeune Israelite devait venir se mettre sous la direction de son pere pour l apprentissage d un metier.Ainsi a fait Jesus.
Deja donc, depuis plusieurs annees, le Dieu Adolescent descend chaque matin avec celui qu il nomme son pere. Il l aide dans tous ss travaux et le suit dans toutes les allees et venues, a travers la petite cite.
Jesus a quinze ans, et son pere en peut avoir quarante cinq. Insensiblement, comme ol arrive dans toute famille ou regnent le respect chez l enfant et l amour chez le pere, les distances d age se sont affaiblies. Sans cesser d etre le plus soumis, le plus respectueux des fils, Jesus est devenu pour son pere in compagnon, un ami: un compagnon qui ne le quitte jamais, un ami dont le plus grand bonheur est de lui eviter une fatigue, ou de lui prouver, davantage encore, l etendue de son affection.
Et cette douce intimite, cette amitie ideale va durer, va grandir, douze ou quatorze annees encore!
O Joseph! o Jesus! le coeur devine,- alors meme que la parole succombe dans la douce
impossibilite de le redire,- oui, le coeur devine l affection qui vous lia l un a l autre!....
C est ainsi que Jesus et Joseph, sous l humble toit de Nazareth, rendaient deja a notre terre,
qui les avait meconnu, l amour filial.
                                  II
Maintenant il nous faudrait dire ce que Jesus fut pour sa Mere.
Mais comment oser l entreprendre?
Comme ce moine de genie qui ne peignait nos mysteres religieux qu a genoux, nous, nous devrions ne mediter de telles merveilles
qu apres avoir flechi les genoux pour la priere et l extase.
Marie n etait-elle pas la bonte, la douceur, la purete, la beaute elevees au plus haut degre que puisse atteindre un etre cree? C est bien d elle surtout que l on peut dire :« Dieu ne crea jamais rien de plus semblable a lui-meme que quand il crea le coeur de la mere»
Et Jesus,lui, n etait-il pas la source de l eternel amour? Meme au point de vue simplement humain, son affection etait quelque chose auquel rienici-bas ne peut comparer; et jamais l amour d une mere pour son enfant, d une soeur pour son frere, d une epouse pour son epouxn approchera de l ineffable amour de Jesus pour sa Mere.
Quand il etait petit enfant, son berceau le plus aime, c etaient les bras de la Vierge benie.
Maintenant qu il a grandi en age et en sagesse, les tendresses, les sollicitudes, son amour pour sa Mere ne font que s affirmer davantage encore.
Ce n est pas seulement chaque matin et chaque soir, c est vingt fois, cent fois le jour qu il s approche d elle pour lui donner les preuves de sa soumission sans borne, de son amour sans terme. S il la trouve occupee aux soins du menage, il l aide avec bonheur. S il la voit filant le lin ou la laine, il s approche d elle avec respect pour lui ouvrir son coeur dans des epanchements qu aucune plume ne pourrait transcrire. S il la surprend en priere, il s agenouille pres d elle; et sans doute qu alors, dans le Ciel, les harpes d or restent immobiles et muettes sous les doigts des Seraphins, tandis que la cour celeste se penche vers notre monde pour ecouter...
Parfois aussi l adorable Adolescent vient vers sa Mere, tenant en ses mains le rouleau des divines Ecritures, ou les Voyants d Israel, ses historiens par avance, ont raconte sa vie, mais aussi sa mort! Marie s assied alors pour ecouter, et Jesus, sur un escabeau, le plus pres d elle possible, deroule le mysterieux parchemin. Par instant, l heureuse Mere tressaille de bonheur, car un Prophete raconte les grandeurs du Messi. Mais ces paroles de gloire ne sont qu un eclaire dans la nuit sombre. Bientot la terrible verite se montre a elle: son adorable Enfant, celui-la meme dont la voix l enchante, dont la main lui montre le texte sacre, son Jesus dont le frond est si pur, le regard si doux, le coeur si debordant d amour, oui, une heure viendra ou ceux qu il voulait sauver l arreteront comne le dernier des criminels!...Alors des larmes voilent les yeux de l infortunee Mere.
Mais Jesus se leve, deja ses bras enlacent le cou de Marie, tandis que ses levres effleurent sa joue humide de pleurs: « Mere bien-aimee, murmure-t-il suavement, ne pleurez pas. Nous mettrons tout en commun,
mes grandeurs et mes abaissements, mes joies et ma mort. En vous associant ainsi a la redemption de l humanite, j accomplirai en vous de grandes choses; et un jour, toutes les nations vous proclameront bienheureuse»
On a dit souvent que, sur le Calvaire, quand Marie vit agoniser son Fils adore, si son coeur
ne se brisa pas de douleur, ce fut par une assistance de Dieu. Ne pourrait-on pas dire aussi que c est par un miracle cent fois repete,que, sous le toit de Nazareth, ne se brisa pas de bonheur et d amour le coeur de cette Vierge Mere, ainsi aimee par cet adorable Adolescent, qu elle savait etre en meme temps et son Fils et son Dieu!
                    
                 Priere et resolution
O Jesus! souvent, en ma vie, ma foi s est arretee anxieuse devant l insondable obscurite de votre Adolescence. Aujourd hui la verite m apparait peu a peu; et, comne tout ce qui vient de vous, elle a des clartes eblouissantes. N est-ce pas vous qui aviez ecrit, d abord dans la conscience humaine, puis sur les tables du Sinai: Honore ton pere et ta mere? Mais cette loi constitutive de tout ordre, de tout bonheur, les hommes ne savaient plus la lire ni dans leur coeur, ni dans vos livres Sacres. Aussi, la famille n existait plus, et la vie d ici-bas semblait souvent le commencement de l enfer.
C est pour tout retablir dans l ordre que vous etes venu vivre votre vie de Nazareth.
Qui donc, desormais, pourrait ne pas venerer son pere en vous voyant, vous le Maitre du monde, entourer de tant de deference et d affection l humble artisan auquel vous lie une simple adoption? qui pourrait regarder sa mere autrement qu a travers des larmes d admiration et d amour lorsqu on vous voit, vous le Fils de l Eternel, trouver des charmes a votre exil du Ciel, venant vous asseoir pres de votre Mere pour lui prodiguer les temoignages d un amour chaque jour plus tendre et plus fort?
C est donc a vous que tous nous sommes redevables de ces saintes affections de famille, qui sont et resteront toujours la meilleure, souvent la seule part de notre bonheur d ici-bas.
Adolescent sublime, soyez-en beni, adore sur la terre, au Ciel et jusque dans les profondeurs de l eternite.
                                            Ainsi soit-il.
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MessagePosté le: Dim 16 Fév - 08:39 (2014)    Sujet du message: Méditation Répondre en citant

MEDITATION VI
  Jésus à la synagogue de Nazareth.
Souviens-toi de sanctifier le jour du sabbat. Pendant dix jours tu travailleras et tu feras tes ouvrages; mais le septième jour est le sabbat du Seigneur ton Dieu. En ce jour tu ne feras aucun ouvrage, ni toi ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ta bête, ni l’étranger qui est au dedans de tes portes. Car c est en six jours que le Seigneur a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qui est en eux, et il s est repose le septième. C est pour cela que le Seigneur a béni ce jour et l a sanctifie.
                                                  Exode, XX.
                        PRELUDE
C est le jour de sabbat.Un silence religieux enveloppe Nazareth et ses alentours. Nul homme ne sort de sa maison pour aller travailler aux champs; nulle femme, pour puiser de l eau a la fontaine; nul berger, pour guider ses brebis ou ses chèvres a travers les vallées. Car, au jour du Seigneur, en Israël, tout doit se reposer, tout, jusqu aux
animaux eux-mêmes.
                                I
Cependant bientôt les étroites rues de la petite cite s animent, et des groupes nombreux se montrent, qui tous prennent la meme direction. Le moment est venu, en effet, ou chaque famille doit se rendre a sa synagogue.
Regardons bien : Joseph, le charpentier, va passer l un des premiers.

Voici venir, en effet, un groupe de trois personnes.
A droite s avance une femme, jeune encore; son vêtement est une extrême simplicité; mais que de grâce, de candeur, de beauté en toute sa personne! On ne peut la regarder sans rêver du Ciel.
A gauche marche un homme; c est un simple artisan, sa mise l indique. Mais un grand air de bonté rehausse merveilleusement sa simplicité.
entre cet homme et cette jeune femme, un adolescent. Ses longs cheveux séparés du milieu du front retombent sur ses épaules.
Son teint est d une blancheur austère; ses yeux, d une ardeur pénétrante. Sa physionomie, d une douceur inexprimable, semble voilée par une mystérieuse tristesse.

(ce portrait du Sauveur est trace d'après une peinture du cimetière Domitille(a Rome),qui parait remonter au II e siecle.cf l abbe Fouard. La vie de N.S Jésus-Christ,T.I,p 230).

Oh! le ravissant Nazaréen! Est-ce donc un enfant des hommes? Ne serait-ce pas plutôt un Ange du Ciel, venu en mission vers notre monde? Mais non; on le connait a Nazareth;
et dans cette foule qui monte vers la synagogue, les uns ralentissent le pas, les autres hâtent la marche; car tous veulent le voir passer. Il ressemble tellement a sa Mère, qu on l a nomme: le Fils de Marie.
Nous aussi, hâtons le pas et pénétrons dans cette synagogue ou tous trois viennent d entrer.
  Extrême est la simplicité de ce lieu. Quatre murs blanchis a la chaux, voila tout l"édifice. Il est oriente de façon que les croyants en prière y soient tournes vers Jérusalem. Ainsi d ailleurs en est-il pour les synagogues de toute la Palestine. A terre, des nattes de jonc,
sur lesquelles prennent place, a droite les hommes, a gauche les femmes.
Au sommet de l'édifice le sol se surélevé de quelques marches. La se voient, d un cote, un candélabre énorme a neuf branches( le candélabre a sept branches était réservé au Temple de Jérusalem.) , de l autre, un siége élevé, en forme de chaire. Entre cette chaire et le candélabre, tout au fond, un long voile de soie, en une excavation ménagée dans l épaisseur du mur, que repose le Livre des écritures.
Mais le moment de l office sabbatique est arrive. Les assistants se lèvent, tous la tète couverte par signe de respect ; et le Rabbi commence un psaume que toute l assemblée
continue, en une sorte de mélopée confuse.
La psalmodie achevée, le Kazan ( maitre des cérémonies) se dirige vers la mystérieuse armoire, et il en écarte les voiles. Tous peuvent voir ainsi le coffre de bois précieux qui contient la Loi.La porte en est bientôt ouverte. On aperçoit alors plusieurs rouleaux de parchemin dresses les uns prés des autres et recouverts d une riche étoffe. Le Hazan prend l un de ces parchemins et l apporte sur la chaire. La, il le déroule.
Alors est appelé, pour la lecture sainte, un prêtre, un lévite, ou, s il ne s en trouve pas dans l assemblée, un simple laïque. C est le moment principal de l office, car en Israël on se réunit ainsi, avant tout, pour entendre et étudier la Loi et les Prophètes.
Oh! les profonds mystères que cachent et en même temps révèlent ces étranges parchemins!
Dieu et l homme, la vie et la mort, la terre et le ciel, le temps et l'éternité, tout est la; mais
il faut le chercher.
D ailleurs, jamais cette recherche ne fut plus captivante qu'a l'heure ou nous place cette contemplation, car les temps prédits par vingt Prophètes sont accomplis et le Messie ne peut tarder a paraitre.
Quelle mission pour ces Rabbis, ces Docteurs d Israël! Arracher le peuple aux sens et a la matière; ressusciter en leur âme la foi d Abraham, de Moise, de David; leur prophétiser que Celui que tous ces grands ancêtres ont seulement salue de leur vœux, a travers quinze, vingt, quarante siècles, ils vont, eux, le voir de leurs yeux, le toucher de leurs mains, s attacher a ses pas, entendre sa voix, s agenouiller sous ses bénédictions, pour se relever dans d immortelles espérances!...
Hélas! hélas! regardez et entendez l homme qui est la en ce moment devant vous, dans le sanctuaire de cette humble synagogue; et, par lui, apprenez ce que vous deviendrez,- seriez-vous docteur de la loi, -si jamais par votre orgueil, vos égoïsmes, vos impudicités, vous forciez l esprit de Dieu a se retirer loin de vous.
Pour ce Rabbi, la synagogue n est plus que le théâtre de sa vanité puérile. Ce qu il y aime, c est la première place qu il occupe, le siège d honneur ou il trône, les larges franges qu il porte a sa robe. Ce qu il demande, c est que,
dans un instant, lorsqu il sortira, on le salue par de profonds révérences...( saint Mathieu,XXIII.)
Ah! autrefois la Bible, c'était Dieu ; maintenant la Bible, c est eux, c est a dire le livre de leur vanité sotte et de leurs cupidités insatiables! Que leur importe, après cela, la loi, la vérité, la justice, les hommes, la nation,
Dieu lui-même?
Le Messie en personne, le Christ Sauveur est la, confondu dans la foule; il incline la tête; il se tait. Un jour, c est vrai, lorsque sera venue l heure de sa mission publique, il laissera éclater l indignation de son âme en ces terribles apostrophes: Malheur a vous,  Scribes et Pharisiens hypocrites! Vous avez ferme la porte a ceux qui voulaient entrer dans le royaume des cieux!...
Mais en ce moment, son heure n’étant pas encore venue, le Christ Adolescent incline la tête et se tait.
Dix-huit années durant, il reviendra ainsi dans cette synagogue, sans que jamais un mot, un geste trahisse sa douleur.
( c est en se recueillant plus tard, vers le VIe siècle, ces enseignements puérils, souvent même ridicules, que les juifs compenseront le Taldumd de Jérusalem, vaste compilation ou sont venues s entasser les doctrines de deux Rabbins, célèbres entre tous: Hillel et Schammai.
Voici ce que l on peut lire, au Traite du Sabbat, Tome IV: « il n est pas permis, le jour du Sabbat, a un bancal de sortir avec une jambe de bois!... a une femme de porter de fausses dents!... il est défendu, le jour du Seigneur, d enlever une vermine de son vêtement!... Tuer une puce, le samedi, est aussi blâmable que tuer un bœuf!...
Rabbi Samuel se contentait de lui couper les pattes pour lempêcher d avancer! » Voir:
Talmud de Jérusalem, traduit pour la premiere fois par Moise Schwab, Tome IV, traite Schabbath.


La Talmud de Babylone, rédigé un siècle plus tard, a une importance bien plus grande. C est une œuvre de guerre contre le Christ et ses disciples.
En voici quelques passages textuels: « Les chrétiens sont une race de bétail...Le monde est aux juifs; dérober a d autres qu aux juifs, n est pas une injustice... La vie du Gohi- c est- a- dire du chrétien- appartient aux juifs a plus forte raison son argent...» Voir: Talmud de Babylone, Mischna et Ghemara, passim.
Or, ces talmuds sont maintenant pour les juifs des livres en quelque sorte supérieurs a la Bible. C est la qu est renferme la doctrine sur laquelle leur âme doit se former
Des hommes qui professent une telle morale ne méritent-ils pas etre mis au ban de tous les peuples civilises? ).
Croyants de l Évangile, apprenez a courber le front, a vous résigner, a vous taire, a refouler
au fond de votre cœur vos dédains irrites, devant ceux qui, honores d une mission divine, la méconnaissent ou même la trahissent.
Et surtout, apprenez a vous réfugier dans votre conscience, comme en un sanctuaire inviolable, ou votre foi peut se passer des hommes, parce qu elle n attend rien d eux, mais tout de Dieu.
                                
                                  II
Maintenant, le peuple de Dieu,c est nous; toujours prés de nous se dresse une Église; et nous avons le Dimanche comme Israël avait le Sabbat.
Or, combien nos réalités chrétiennes dépassent les ombres judaïques!
Nous venons d accompagner Jésus Adolescent se rendant a la synagogue de Nazareth. Prenons maintenant, en Esprit, le chemin de l'Eglise, ou, nous aussi, enfant, adolescent, ou homme, nous nous rendons chaque semaine.
Ne serait-elle que l'Eglise de la plus humble bourgade, que de trésors elle renferme!
A son seuil nous rencontrons cette fontaine baptismale, bien pauvre peut-être! ou coula cependant sur notre front une eau surnaturelle qui nous fit le dauphin d un trône, cent fois plus beau que tous ceux  de la terre, puisque c est dans le ciel qu il nous est préparé.
A quelques pas de la se dresse la chaire de vérité. Bien modeste est-elle! Mais quels enseignements en sont descendus sur notre âme au matin de la vie! Oublier ces enseignements?  mieux vaudrait mourir! Les blasphémer? mieux vaudrait n etre jamais ne!
Comment passer sans émotion prés de ce tribunal de la pénitence ou, tremblant, nous sommes venus apporter l aveu de nos premières fautes, ou notre cœur comprit le bonheur de pleurer, quand on est coupable?
C est la, peut etre, que nous avons ete crees « honnete homme»
(chateaubriand. Mémoires d Outre-Tombe.)

Cependant ne nous arrêtons qu'au pied de l autel, devant le Tabernacle.
D abord, souvenons-nous de ce que nous avons vu, il y a seulement un instant, dans la synagogue ou Jésus allait prier.
La-bas était aussi un tabernacle; mais sous ses voiles, il n abritait que quelques rouleaux de parchemin sur lesquels était venue se refroidir la parole des Prophètes.
Ici, sous des voiles qui cachent a nos sens le grand mystère de l amour divin, s abrite un pain auquel la parole des Apôtres, ces Prophètes de la Loi nouvelle, a donne la vie.
Bien plus, sous ces voiles, c est Jésus lui-même qui se dérobe a nos sens pour mieux se relever a notre âme. Oui, ce Dieu fait homme que vous suiviez de vos admirations quand vous le voyiez passer, il n y a qu un instant, dans les étroites rues de Nazareth; ce
Dieu si beau, mais si humble,que vous contempliez, avec une sorte de stupeur, confondu dans la foule, et écoutant, sans la moindre protestation, les enseignements puérils d un sacerdoce de décadence, voulez-vous le retrouver ici? Voulez-vous sentir son regard s'arrêter sur vous, et sa parole remuer votre cœur? Agenouillez-vous sur la froide dalle, joignez les mains, courbez le front, dites-lui: Seigneur, parlez...votre pauvre serviteur écoute.

-« Ta foi ne te trompe pas, vous répondra-t-il, je suis ici, derrière ces voiles, moi, ton Seigneur et ton Dieu. Autrefois je parlais aux hommes par mes Prophètes; maintenant a ceux qui ont le coeur pur ou repentant, je parle directement. Peux tu, d ailleurs, l ignorer? Ne te souvient-il plus des jours de ton enfance? Lorsque ta mère, ainsi qu autrefois la mienne, t amenait au temple, n est-ce pas moi que tu venais entendre? et ce que tu appelles ta premiere Communion fut-ce autre chose qu une solennelle rencontre entre toi, faible enfant des hommes, et moi, l éternel Fils du Dieu vivant? Toi, tu venais de la terre, moi je descendais du Ciel. Tu étais David, le pauvre petit pâtre;moi j'étais Jonathas,le royal héritier d un trône éternel. Je t ai ouvert mes bras, presse sur mon cœur
et toi, tu m as jure une amitié qui devait être immortelle...Oh! ne crains pas. Je ne te demande pas comment tu as tenu tes serments... Non, mais moi, je n ai rien oublie.
Tu le vois bien; car aujourd hui c est encore moi le premier qui te tends les bras en te disant: Maintenant que tu commences a connaitre le mensonge des creatures, les perfidies du monde, la vanite de la vie, le neant de tout ce qui n est pas eternel, veux tu reprendre notre amitié d autrefois? Encore une fois, ne crains rien; celui a qui j ai beaucoup pardonne, je l'aime davantage.»
                

Prière et résolution.
Lorsque, en commençant ces pages, je vous voyais passer, divin Adolescent, dans les carrefours de Nazareth, malgré moi je me prenais a regretter d'être venu si tard dans la vie. J aurais voulu être du nombre de ces Nazaréens qui furent vos contemporains. J aurais pu alors courir a vous, non pour vous presser sur mon cœur, jamais je ne l eusse ose! mais pour me prosterner a vos pieds, vous demander de me bénir, puis m attacher a vous comme votre disciple, dans la vie et jusqu a la mort.
Ame de peu de foi que je suis! lorsque je franchis le seuil d une de vos églises, lorsque je m approche d un tabernacle, ne suis- je pas plus pres de vous que les Nazaréens, vos compatriotes?....
Moi, qui ai tant besoin de me sentir aime! Quand donc, cessant d aller boire a des citernes desséchées, me tournerai-je vers vous, mystérieuse source d une eau qui jaillit jusqu a la vie éternelle!
                                        AINSI SOIT-Il.
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MessagePosté le: Mar 18 Fév - 19:35 (2014)    Sujet du message: Méditation Répondre en citant

MEDITATION VII              La Loi fondamentale.
Dieu dit a Adam: Puisque tu as mange du fruit que je t avais defendu de manger... c est
par le travail que tu tireras ta nourriture de la terre, tous les jours de ta vie.
                                                  Genese, III.
                          PRELUDE
Dans toute la vie de Jesus-Christ, le mystere le plus ecrasant pour notre raison, c est ce travail de dix huit ans au fond d une echoppe
de charpentier.
Aussi l incredulite moderne se refuse-t-elle a l admettre.
Sans aucume preuve, et malgre tous les documents contraires, elle fait voyager le Christ Adolescent dans l Orient, jusqu aux Indes memes.
Pauvre incredulite! en niant ce mystere, n acheve-t-elle pas d en monter la beaute?
Sans nul doute, en effet, les Evangelistes, s ils
n eussent ete que des hommes ecrivant d un homme, n auraient jamais imagine quelque chose d apparences si mediocre.
L un deux, d ailleurs, ne le cache pas: cette vie ouvriere de Jesus, commencee a douze ans et continuee jusqu a trente, ce fut le grand scandale qui nuisit au succes de sa predication evangelique, et souleva contre sa mission de Sauveur tous ses compatriotes.
N est-il pas, disaient les Juifs, le fils d un ouvrier?(saint Mathieu,XIII,55)
ouvrier lui-meme?( saint Marc, VI,3.)
Mais, au lieu de regarder ce mystere aux lueurs toujours vacillantes de la raison humaine, essayons de le contempler dans les clartes de la revelation.
                                I
Pourquoi le Fils de Dieu venait-il en ce monde?
Pour y prendre rang parmi les fils d Adam, se
mettre a leur tete, les resumer en sa propre personne, puis les faire rentrer en possession
des celestes heritages, dont le peche les avait
depossedes.Or, dans l ordre naturel, la Loi primordiale de notre monde, c est le travail.
Le Seigneur Dieu, lisons-nous a la premiere page de la Bible, ayant cree l homme, le placa
dans un jardin de delices, pour qu il le cultivat.
Ainsi donc, meme dans l etat d innocence, l homme aurait travaille. Travail exempt de fatigue, il est vrai, et qui ne lui aurait apporte que de joies nobles et pures, ainsi que le chef d oeuvre en apporte maintenant encore
a l artiste.
La faute originelle ne crea donc pas la loi du travail; mais elle y ajouta la peine, la fatigue, l expiation: Maudite soit la terre que tu travailleras, dit Adam le Seigneur Dieu...
C est a la sueur de ton front que desormais tu en tireras ta noirriture.
Qui donc maintenant pourrait s etonner de voir le Restaurateur de l humanite consacrer
sa vie presque entiere au travail, et au travail
dans sa forme la plus rigoureuse? En morale,
est-ce que dire est quelque chose? Non; faire,
voila qui est tout.
Si Jesus Adolescent etait venu vivre dans les palais des Herodes de Jerusalem ou des Cesars de Rome, si la terre ne l avait contemple que la pourpre sur les epaules, le sceptre d or dans les mains, le diademe etincelant au front, l Humanite serait-elle jamais revenue a l estime et a l amour du travail? Mais depuis que notre monde a vu ce
Dieu, pendant tant d annees, revetir chaque matin les habits du travailleur, descendre dans un chantier, durcir ses mains au maniement d une scie, d un rabot, en un mot
gagner son pain a la sueur de son front, qui donc d entre nous pourrait se croire dispense
de la Loi du travail?
Puis,  ce n est pas seulement le funeste amour d une oisivite toujours degradante que Jesus va condamner et detruire. Comme
plus tard ses paroles, deja ses exemples ont des rayonnements infinis. Ce qu il va condamner, pour jamais, dans cet atelier, c est tout ce que le monde estime et poursuit de ses reves.
Trois siecles apres Nazareth et le Calvaire, un Rheteur paien, (cf Auguste Nicolas. La Vierge Marie, T.II,page 387.) servile courtisan de Julien, l empereur apostat, voulant railler un disciple de l Evangile, lui dit:« Que fait maintenant le fils du charpentier?» Le chretien, eclaire sans doute en ce moment d une lumiere d En- haut, lui fit cette foudroyante reponse: «Jesus, mon maitre, fait un cerceuil pour ton empereur.»
A quelques semaines de la, on apprit que Julien etait tombe sous la fleche d un ennemi
invisible. Un cerceuil avait enferme, toit entier, cet empereur, sa puissance, sa gloire et aussi sa haine du Galileen!
A ceux donc qui, de nos jours demandent a nouveau, ironiquement, ce que notre Dieu a pu faire durant tant d annees au fond de cet atelier de Nazaret nous pouvons repondre :
«il y faisait le cerceuil dans lequel bientot il enfermerait le vieux monde paien, et, helas!
le monde de tous les siecles, c est a dire vos orgueils et vos convoitises, vos mensonges et vos vices, vos grandeurs qui ne sont souvent que bassesses, et vos bonheurs d un jour qui ne conduisent qu a des malheurs eternels! Ainsi se preparait-il a etre ou votre Sauveur, ou votre Juge! »
                                  II
La conclusion qui, en ce moment, s impose a
chacun de nous, c est que le travail est pour tout homme et surtout pour le chretien une necessite.
Lorsqu on ne veut vivre que dans la mollesse,
le repos, le bien-etre; lorsqu on mange un pain gagne par d autres; lorsque les joirs, les mois, les annees passent sans qu on puisse,
dans un si vastelaps de temps, indiquee une seule heure d un travail utile, comment oser croire le disciple du Dieu de Nazareth?
Loin de nous la pensee de pretendre que le travail manuel est le seul approuve et beni de Dieu. Jesus l a choisi pour lui, de preference a tout autre, parce qu il est la peine la plus immediate du peche, et aussi parce que, au moment de sa venue dans notre monde, ce travail etait tombe dans un tel discredit, qu un homme libre ne pouvait s y livrer sans deshonneur. Le travail intellectuel du penseur, de l ecrivain, de l artiste, est tout aussi bien un travail veritable;
mais celui-la n avait pas besoin d etre rehabilite.
Cependant, ne craignons pas de l affirmer, les regards et les pensees arretes sur l atelier de Nazareth, le premier travail de notre monde, c est celui qui nous courbe sous le poids des fatigues physiques; la Loi primordiale de notre terre, c est ce travail qui l accomplit en sa perfection.
Aussi l homme, la famille, la nation, qui demande le pain du jour aux fatigues du corps, aux sueurs du front marche dans la force, la prosperite et la vie.
Par contre, la famille, la nation, la societe,qui
ne reve que le repos, ne s entoure que de jouissances, est une famille qui s en va a l extinction, une nation qui descend vers sa fin, une societe vouee aux pires catastrophes.
Lorsque le peuple romain allait chercher aux champs ses soldats et ses generaux, il fit la
conquete du monde. Lorsque, avec les richesses, lui vinrent l oisivete et les plaisirs, on eut les romains et la decadence!
Sans aller a de si illustres exemples, regardez
autour de vous. Toute famille qui s est elevee, doit sa prosperite a un homme qui fut un laborieux. Mais si, avec la fortune, ou meme la gloire, l oisivete est venue un jour s asseoir a son foyer, faites-vous montrer ses descendants. Devant ce que vous aurez alors sous les yeux, vous comprendrez, mieux que jamais, pourquoi le Sauveur du monde, apres
avoir ecarte la richesse de son berceau, a voulu, Adolescent, fuir le palais des rois, et pourquoi, toute sa vie, il ne mangea que le pain du travailleur.
Aussi, vous,peres ou educateurs, que Dieu a appeles a l honneur de fonder une famille, de
former la jeunesse, avant tout, ecartez le bien-etre du berceau de vos enfants, du milieu de vos adolescents. Habituez-les au froid, a la chaleur, a la societe, aux marches, aux fatigues corporelles. Montrez-leur souvent l Adolescent divin courbr sous un fardeau qu il porte peniblement, lui qui, de sa pensee, soutient l Univers; et dites- leur que ce travail, appele autrefois servile- travail d esclave- est devenu, depuis les jours de Nazareth, une noblesse; faites-leur comprendre que le simple ouvrier qui travaille pour gagner son pain et celui de sa famille, est plus grand devant Dieu que le millionnaire qui ne sert de sa richesse que pour le luxe et les plaisirs.
Et vous, jeunes gens, qui essayez vos premiers pas dans la vie, n oubliez jamais que « tout oisif est un mechant commence».
Oui, c est l oisivete qui commence le mechant
c est le vice qui, bientot, l acheve!
Toujours arrive, dans la vie du parresseux, un momenr ou il maudit la paresse qui l a rendu inhabile a toute besogne, et envie le manoeuvre qui passivement accomplit sa tache.
Aimons donc tout travail utile. L homme des champs qui fait pousser le ble, le bucheron qui abat l arbre des forets, le macon qui eleve la maison que son frere habitera, sont plus grands devant le Dieu de l Evangile que ne l etaient Herode dans ses palais et Cesar Auguste sur son trone imperial. Car, nous le voyons en ce moment, ce n est ni a Jerusalem
ni a Rome, c est a Nazareth, dans un atelier de charpentier, que Jesus voulut vivre. Ce n est pas contre un manteau de pourpre, mais pour un vetement de travail qu il echangea sa gloire

immortelle; et aux sceptres des rois ses ancetres il prefera les outils d un ouvrier!
          
                  PRIERE ET RESOLUTION
Roi du jeune age et de tous les ages, vous etes vraiment le Sauveur envoye a la terre pour tout ramener a la verite, a la justice et, par la, au bonheur.
Si vos exemples etaient suivis, quelle paix regnerait parmi les hommes! Chacun de nous
vivrait de son travail. On ne verrait ni le riche se pervertir dans l oisivete, ni le pauvre s irrite aux convoitises de la richesse.
Nous souvenant que, voyageur d un jour au desert de ce monde, nous n y pouvons avoir de demeure permanente, nous placerions au terme du chemin nos vraies esperances; et nos reelles grandeurs, nous ne les chercherions ni dans une puissance qui n est que faiblesse, ni dans une science qui n est qu obscurite, ni dans une gloire qui n est qu un mensonge; nous les chercherions encore moins dans les biens dont la possession est un peril ou souvent succombent les meilleurs
Le travail, sous toutes ses formes, nous apparaitrait alors ce qu il est veritablement, la Loi fondamentale de notre monde; et, nous aussi,« nous nous ferions les sujets du travail, pour rester les freres de la vertu( parole du Pere Lacordaire.) ,« c est a dire vos imitateurs, vos desciples, vos amis.
                                       AINSI SOIT IL.
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MessagePosté le: Mar 18 Fév - 19:35 (2014)    Sujet du message: Méditation Répondre en citant

MEDITATION VIII LE travail continue la Creation
Le Seigneur Dieu placa l homme dans le paradis de delices, pour qu il le cultivat.
                                                      Genese,II.
                          PRELUDE
Les premiers feux du jour commencent a inonder de lumiere le sommet des collines de Nazareth, et deja dans la vallee, au flanc des coteaux, les blanches maisons se detachent de leur sombre cadre de verdure.
Prenons a nouveau le chemin de l atelier de Joseph le charpentier.
Le voici a quelques pas de nous, a gauche du sentier que nous suivons.
Joseph et le tant aimable Adolescent n y arriveront que dans une heure. Profitons-en pour examiner en detail ce pauvre chantier, ou, durant de si longues annees, va travailler le Maitre de l Univers.   
                                   I
Comme presque toutes les constructions de Nazareth, l atelier a ete adosse a la colline.
On a entaille la roche en forme de voute, et eleve, de droite et de gauche, un mur en pierres seches. Quelques planches, posees transversalement sur ces deux pans de mur,
forment sur le devant un toit incline. En face de nous est la porte, large ouverture par laquelle l air et la lumiere penetrent a l interieur. Une barriere a claire-voie nous en defend l entree: mais nous pouvons regarder
Des planches dressees contre la muraille; diverses pieces de bois les unes sur les autres
un tronc d arbre dont la hache a commence l equarrissage; plusieurs instruments d agriculture, en mauvais etat, qui attendent sans doute une reparation; puis, ici et la, des scies a poignee, des maillets, des haches. Mais nulle part nous n apercevons cet etabli dont une imagerie sans savoir orne si souvent l atelier de Nazareth. C est que Joseph et Jesus ne sont pas des menuisiers,
faconnant des meubles de luxe; ils sont de simples charpentiers, qui taillent sous leur pied nu, a la facon orientale, des troncs d arbre, pour en faire les poutres, les solives, les lourdes planches, a l aide desquelles ils construisent les toits en plate-forme de la bourgade, ou faconnent des instruments de labour d une simplicite primitive.
Telle est la tache quotidienne de l Homme Dieu! Et cela depuis bien des annees deja,car, a l epoque ou nous place cette contemplation, Jesus a dix huit ans. C est dire
que, depuis six annees, il vient chaque matin
ici, pour de longues heures de travail! et il y
viendra encore douze annees durant!
En Israel, d ailleurs, chacun doit avoir un metier, ordinairement celui de son pere; car c est le pere qui a le devoir d apprendre a son fils a gagner sa vie. « Quiconque, disaient
alors les Rabbis, n enseigne pas un etat a son fils, c est comme s il lui enseignait le brigandage. » Les celebres docteurs Hillel et Aquiba etaient fendeurs de bois.(Cf.Stapfer.La Palestine au temps de Jesus-Christ.)
Le Fils de Dieu se faisant charpentier! abime insondable, qui se creuse sous le regard a mesure que l homme se penche pour essayer
d en sonder la profondeur!
Quelle grande chose ce doit donc etre,le travail, pour que Dieu soit venu en apporter a notre monde de pareilles lecons!
                                 II
Sur le seuil de cet atelier ou nous voici, essayons de penetrer un peu le mystere du travail.
« Depuis qu il a plu a Dieu de me mettre dans le coeur que son amour est la cause de tout ce que nous croyons, cette reponse me persuade plus que tous les livres.( Bossuet. Oraison funebre de la princesse Palatine.)»
Parole profonde, qui n est pas seulement vraie dans le monde surnaturel auquel nous croyons par la foi, mais aussi dans le monde naturel que nous voyons de nos yeux. Tout aussi bien que le Ciel ou nous vivrons un jour
la terre ou nous vivons presentement est l oeuvre de l amour. « Oh! la grande chose que l amour! s ecrie l auteur de l Imitation.Il
n est rien de plus doux, rien de plus fort, rien de plus eleve, rien de plus abaisse, rien de meilleur dans le ciel ou sur la terre, car l amour est ne de Dieu. » (livre III.chap.V.)
C esr cet amour qui, en quelque sorte, a force Dieu de sortir de son eternite pour creer le monde. Mais la Creation ne vient-elle
pas aboutir a l homme? Tout a ete fait pour vous, (Aux corinthiens, EpitreI, chap.III, verset22.)nous dit saint Paul. Un Dieu qui s eprend d amour pour un etre aussi petit, aussi faible que l homme! quel mystere! Et,
cependant, n est-ce pas une des lois de l amour de s incliner vers la faiblesse? « L amour, a-t-on dit, descend et ne remonte pas.» Nous qui ne sommes que des creatures imparfaites et egoistes, lorsqu un etre, petit et faible, a su meriter notre affection, que ne ferions-nous pas pour lui? L
aimer ne nous semble meme pas assez, nous
voulons le grandir, l elever, afin de pouvoir le cherir davantage encore. Si nous avons la richesse, nous revons de la partager avec lui;
si nous avons le savoir, nous voulons le lui communiquer; si nous avons la gloire, les rayons les plus doux ne sont-ils pas ceux qui tombent sur son front? Et,  si nous avions la puissance creatrice, ne serait-ce pas un besoin pour nous de lui en donner une part
afin de l associer a nos oeuvres?
Ainsi a fait Dieu; car, prise a sa plus haute origine, la Loi du travail n est pas autre chose
que la Toute-Puissance divine associant l homme a la Creation.
Partout et en Dieu commence; puis il laisse l
homme achever.
Voyez le pain qui fait notre nourriture: Dieu a
cree le froment et le champ qui le recevra, mais l homme devra creuser le sillon, semer le grain, moissonner la gerbe, battre l epi,
ecraser le bl petrir et cuire la farine.
Voyez la maison qui nous abrite: Dieu a cree la pierre, le bois, le fer; mais l homme a du extraire cette pierre, tailler ce bois, forger ce fer.
Voyez la statue par laquelle sont immortalises le courage, le devouement, le genie, la vertu: Dieu a cree le marbre; mais l homme a du travailler durant des annees, quelquefois toute une vie, avant de pouvoir nous livrer son chef- d oeuvre.
Voyez un livre. Un livre beau et bon, n est-ce pas ce qu il y a de plus excellent, parmi les oeuvres de l homme? Or, n est-ce pas Dieu que sont vrnues, comme de leur source eternelle, les idees qui le composent, les verites qui en font la valeur? Mais les lettres, les mots, les phrases, les couleurs du style, les elans de la pensee, la chaleur des sentiments, tout cela est bien de l homme.
Voila notre grandeur : nous sommes, ici-bas,
les associes de Dieu pour travailler a son plan eternel.
Peut on concevoir, de la part de Dieu, une idee plus genereuse? pour l homme, une destinee plus sublime et en meme temps plus facile a atteindre? Oh!il n est pas donne a tous d etre savants, puissants illustres. Mais
qui donc, d entre nous, arrive a l adolescence
comme le Christ Jesus, n a pu, a tout le moins
descendre dans un chantier, ramasser un instrument de travail, faire de ses forces naissantes quelque chose d utile? L homme dit l Ecriture, est ne pour travailler, comme l oiseau pour voler.( Job,V,27.) L oiseau qui ne vole pas, qui ne sait plus voler, n est-il pas un etre dechu, meprisable?
Aussi, le monde nouveau, qui se souvient d avoir vu un Dieu travailler durant sa vie entiere, n a-t-il que du mepris pour quiconque ne fait rien.
« Plus que jamais dans nos jours d egalite et de labeur universel, ecrivait naguere une plume puissante, le monde est inexorable envers ceux qui se resignent a n etre que des points morts dans ce mouvement general qui entraine l univers. Vous aurez beau vous prevaloir de votre nom, de votre naissance, et vous croire ainsi quelque chose; on est vraiment quelque chose que lorsqu on est personnellement quelqu un. Or, pour arriver a cela, il n y a qu une voie, le travail: qui ne fait rien, n est rien.» ( Mgr Baunard. Dieu dans l Ecole,VIIIe instruction. )
                                III
Combien redeviennent necessaire a notre siecle ces exemples du Dieu de l Evangile!
Les conditions de la vie sociale ont ete bouleversees. Autrefois on aspirait a la richesse pour etendre son action et faire de grandes choses; maintenant on poursuit la fortune, non plus par le travail mais par des
speculations, souvent d une honnetete douteuse, et si on l atteint, c est pour s environner de luxe, jouir de la vie, et ne plus rien faire.
Erreur funeste, qui deja a conduit tant de familles, autrefois nobles et admirees, a la ruine, au deshonneur et finalement a l extinction!
Mal profond, qui menace d une decadence irremediable nos vieilles civilisations europeennes!
Non, mille fois non, affirmons-le, les regards tournes vers cet atelier, la main etendue vers des troncs d arbres, ces outils, qui voient chaque jour le Christ, Fils de Dieu, venir travailler, ni la richesse, ni le nom, niles honneurs, ne donnent le droit de ne rien faire!
Etes- vous riche? Jesus l etait infiniment plus que vous,  lui, le Createur et Maitre souverain de l Univers. Si donc il a travaille chaque jour de sa vie; comment osez-vous vous croire le droit de manger un pain gagne par d autres?

C est le bonheur dans l oisivete que vous cherchez ainsi? C est le vice qui viendra a vous. Les hommes et Dieu s unissent pour vous en avertir: « Souvent, a dit l Ecriture, l oisivete enseigna une grande mechancete.»
( Ecclesiaste, XXXIII,29.)
«la paresse engendre tous les vices,» dit le bon sens populaire.
«On a pu voir quelquefois des jeunes gens, qui, prives par le malheur de leur education de principes religieux, se sont exceptionnellement preserves de la contagion; ceux-la avaient une sauvegarde: le travail, l etude. Mais ce que l on n a pas vu,
ce que l on ne verra jamais, c est un jeune homme, meme chretien, conserver la purte de ses moeurs, s il ne travaille pas.» (Mgr Baunard.Dieu dans l ecole.)
Etes-vous pretre, moine, religieux? Jesus etait le pretre universel. Si donc il a travaille de ses mains, pourquoi regarderiez-vous comme un abaissement le travail manuel?
Tous les grands fondateurs d Ordre ont exige de leurs sujets ce travail que leurs Constitutions nomment le saint travail des mains.
Le Benedictin devait, chaque jour et durant de longues heures deposer la plume avec laquelle il transcrivait les chefs-d oeuvre de l esprit humain, pour aller prendre la beche avec laquelle il defrichait les forets ou assainissait les marecages.
Le Chartreux, chaque apres-mid doit cultiver son jardin, ou travailler le bois avec la scie, la hache, le ciseau.
Qui ne sait que l illustre Bellarmin, religieux et cardinal, fut rencontre par des admirateurs, venus a Rome pour le voir, balayant les corridors de son monastere? Quand la pourpre romaine est portee par d aussi vrais imitateurs du Christ Jesus, elle a sa pleine signification; car ces hommes-la, pour defendre Dieu et les ames, ne reculeraient pas devant l effusion de leur propre sang.
Etes -vous simplement fils d ouvrier, ouvrier vous-meme? Soyez plutot fier de votre naissance. Un homme de la campagne disait recemment a un ecrivain de talent! (M.Jules Delahaye.) :« Vous savez lire,puis ecrire, puis parler; moi, je sais faire pousser le ble, la vigne, la luzerne et le reste. Nous sommes peut etre aussi utiles l un que l autre.»
Jesus, lui aussi, fut d une famille d artisans. Comme vous il gagna de bonne heure sa vie avec ses bras; comme vous il aida son pere et soutint sa mere. Vos vetements de travail furent les siens; vos travaux, ses travaux; vos fatigues, ses fatigues; votre salaire, son salaire; et votre nourriture est moins pauvre que ne l etait la sienne.Comme la seule vraie richesse de la vie est la vertu, la seule vraie noblesse en est le travail. C est pour rendre l une et l autre a l humanite que le Sauveur du monde voulut, dix-huit annees durant, travailler dans ce pauvre atelier, sur le seuil duquel nous sommes venus aujourd hui faire notre meditation.
                     PRIERE ET RESOLUTION
O Jesus Adolescent, a mesure que je lis ces pages, ou la plume impuissantr essaie de dire les merveilles de votre vie cachee, je sens l admiration, mais aussi le trouble envahir mon ame.
Nous-meme, vos Croyants sinceres, qui nous faisons honneur d etre vos disciples, combien
peu nous savons imiter vos exemples!
Si puissant contre nous sont encore les mensonges du monde! Habiter un palais, s habillee richement, avoir une table somptueuse, et vivre dans l oisivete, voila ce qu apres vingt siecles de christianisme nous continuons de considerer comme une grandeur!
Cependant vous nous avez envoyes en ce monde non pour le repos, mais pour le travail, non pour y chercher le bonheur, mais pour le meriter; et la Loi primordiale de cette terre d exil restera toujours le travail.
Dieu de Nazareth, donnez-moi de comprendre de llus en plus la dignite du travail, quelle qu en soit la nature; et de trouver mon plus grand bonheur pour le temps present, comme aussi mes meilleurs espoirs pour l eternite, travailler selon mes forces, la ou m a place votre divine Providence.
                                     Ainsi soit-il.
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MessagePosté le: Mer 19 Fév - 17:49 (2014)    Sujet du message: Méditation Répondre en citant

MEDITATION IX Le travail nous associe a la Redemption divine
C est a la sueur de ton front que tu mangeras ton pain, jusqu a ce que tu retournes a la terre, d ou tu as ete tire.
                                             Genese,III.
                     PRELUDE
Si etrange est le prodige des dix huit annees de travail manuel dans la vie du Sauveur des hommes, que nous eprouvons le besoin d y ramenee notre pensee.
Dans cet atelier de Nazareth, comme un jour au Calvaire, c est la destinee de notre monde et peut-etre de tous les mondes qui s agite.
En tout cas, ce que l on peut, ce que l on doit affirmer, c est que, malgre l humilite du lieu, malgre la pauvrete du travail, chaque battement de coeur de l Ouvrier divin, chaque effort de son bras, chaque respiration de sa poitrine, a plus forte raison
chaque fatigue, chaque souffrance, chaque
goutte de sueur qui tombe de son front, influent sur les destinees temporelles et eternelles de tout homme qui a passe, qui passe, ou qui passera en notre monde.
Essayons donc de penetrer, plus avant encore, dans le mystere du travail.
                             
                                 I
Aux pages precedentes, nous avons etabli que, par la loi du travail, Dieu avait voulu faire a l homme.l honneur incomparable de l associer a la Creation.
Nous allons tenter aujourd hui de prouver que le travail fait davantage encore, puisqu il nous associe a la Redemption.
Est -il besoin de dire que la Creation, qui cependant confond notre pensee, est, de la part de Dieu, un acte moindre que la Redemption?
Pour creer l Univers, depuis l atome invisible jusqu a l astre incommensurable, un mot avait suffit a Dieu: il dit et tout fut fait.(genese,I,3.)
Pour racheter le monde, trente-trois annees durant il travailla, il souffrit; puis vint le jour ou il donna son sang jusqu a la derniere goutte, dans la plus terrible des agonies. Or, c est a cette divine Redemption que le travail, et tout particulierement le travail corporel,- parce qu il est le plus douloureux, - associe tout homme passant en ce monde.
Remontons a l origine des etres.
Dieu, Justice absolue, mais aussi Misericorde infinie, condamna le premier homme a la peine du travail, beaucoup moins pour le chatier que pour le sauver; par la, en effet, il lui fournissait le moyen d expier sa faute.
On le comprend donc, meme au point de vue simplement naturel, tout travail est unz redemption, parce que tout travail est une souffrance.
Mais Jesus ne venait-il pas surnaturaliser toute chose?
A Bethleem deja, il avait surnaturalise la pauvrete.
Au Calvaire bientot, il surnaturalisera la mort.
En ce moment, a Nazareth, il surnaturalise le travail.
Chaque heure qu il passe dans ce chantier, chaque coup qu il donne sur le bois, chaque pas, chaque mouvement qu il fait, ont des retentissements a travers le monde, et cela pour jusqu a la fin des siecles. Mieux encore que ses paroles, les actes d un Dieu n ont-ils pas des effets que rien ne saurait limiter, ni dans l espace, ni dans le temps?
Aussi, tout homme qui avait travaille, meme avant les jours de Nazareth, tout homme qui travaillait pendant que le Christ s inclinait a sa tache quotidienne au fond de cet atelier, tout homme qui depuis lors a travaille ou travaillera, cet homme a ete, est ou sera le frere du Redempteur. Car, malgre ses trentes trois annees d expiations, notre grand Dieu a voulu laisser sa Redemption inachevee. Ne vous effrayez paq de ce mot, c est saint Paul qui, le premier, a ose le dire: j accomplis ce qui manque aux souffrances du Christ.(Epitre aux Colossiens,I,24)
« il nous faut ajouter nos souffrances aux souffrances du Christ et numeriquement les completer. Jesus-Christ et les chretiens ensemble, satisfaisant a la divine Justice, voila le sacrifice de la loi nouvelle, le sacrifice
theandrique, a la fois divin et humain.
Le divin n appartient en propre qu au Sauveur, l humain nous appartient et lui appartient en meme temps. chacun de nous doit se preter a cette immense attraction par laquelle le Christ s unit les creatures de bonne volonte et compose son corps mystique.»(L abbe Planus.Saint Jean Baptiste, page 103.)
                                 II
L incredulite nous demande souvent pourquoi notre Redempteur, venu pour expier le peche d Adam, n en a pas detruit les consequences?
La reponse, la voila: Jesus-Christ a fait mieux que de detruire la souffrance, la tentation et la mort; il en a fait des moyens de salut, des elements de grandeur morale, le prix d une eternelle gloire.(Saint Paul aux Corinthiens EpitreII,chap.IV,vers.17.)
Oui, apres Bethleem, nous souffrons encore dans notre corps par la maladie; dans notre coeur par les brisements de toutes sortes; dans notre ame, par la tentation; mais desormais nous avons la verite et la force pour nous. La victoire nous est facile, et la lutte nous aura faits si grands! 
Oui, meme apres le Calvaire et la Resurrection, nous mourrons encore. Mais notre mort n est qu une apparence; desormais le sepulcre a deux portes : l une visible, par laquelle nous descendons dans la nuit; l autre invisible, par laquelle nous sortons dans une immortelle lumiere.
Oui, depuis Nazareth, la terre continue de produire des ronces et des epines, malgre les sueurs dont nous l arrosons. Mais,  puisque le Fils de Dieu a, comme nous, mange le pain du travail quotidien, qui donc ne se sentirait fier d aller prendre place a cote de lui, pour etre aujourd hui son compagnon, demain son frere aime,et, un joir, recevoir de ses mains l eternel salaire?
Sur la porte d un des cimetieres de Rome, le passant lit cette inscription enigmatique :
                      Pleure sur le mort
                 Parce qu il s est repose!
Oui, il faut plaindre les morts, mais souvent pour cette seule raison : leur journee est achevee, jamais plus ils ne travailleront.
                       Pleure sur le mort
                 Si sa vie fut inutile!
                                 III
A l oeuvre donc, qui que vous soyez. Le regard et la pensee tournes du cote de Nazareth, affirmez les bienfaits et la grandeur surnaturelle du travail.
Que, pour vous, l amour de vivre se confonde avec l amour de travailler.
Des que l age vous le permet, et tant que les infirmites ne vous en feront pas une impossibilite, tenez a honneur de manger votre pain, comme Jesus le mangeait a Nazareth: en le payant du prix de vos fatigues
Ayez meme l ambition d etre, vous aussi, un
crucifie du travail, crucifie pour votre propre redemption et, s il plait a Dieu, pour la redemption de vos freres.
Si le travail commence en vous la redemption
un jour la grace de Dieu l achevera.
Vous surtout, jeune homme qui avez l age du celeste Adolescent, revez avant tout, d etre un laborieux.
A d autres de poursuivre le bonheur a travers les futilites, les fetes, les eternels riens d une vie mondaine.
Vous, cherchez le bonheur dans le travail, quelle qu en soit la nature.
La plume de l ecrivain, le crayon de l artiste, l epee du soldat, le scalpel du medecin, sont aussi lourds a la main, et souvent plus meurtrissant au cerveau, que le marteau du forgeron ou la hache du charpentier.
N est-ce pas dans ce sens que l un des plus grands genies de notre siecle a pu dire cette belle parole :« Chaque jour, er pour de longues heures, je me crucifie a ma plume.»
( le Pere Lacordaire)
Quand on aura ainsi travaille, comme il sera doux, au grand Soir de la vie, de s en aller vers un Dieu qui, lui aussi, fut un ouvrier, pour lui demander l eternel salaire!
                  
                      PRIERE ET RESOLUTION
Comment douter de votre divinite, o Jesus, quand de telles clartes s echappent de vos moindres actes!
L Humanite, dans sa mysterieuse marche a travers les siecles, est de nouveau arrivee sur le versant d affreux abimes. Aussi, de tous cotes, les clairvoyants, epouvantes, cherchent des moyens de salut.
Mais qui pourra jamais sauver le riche du peril de l oisivete, en le ramenant au travail?
Qui pourra sauver le pauvre du danger de la convoitise et de la haine, en lui faisant accepter sa dure condition?
Vous seul, o Christ Jesus! Et cest en cela que vous m apparaissez vraiment, dans le present comme dans le passe, le Sauveur du monde.
Pour moi, afin d etre votre disciple sincere, j aimerai de plus en plus le travail,  le travail sous toutes ses formes, meme le travail des mains.
Ainsi m acheminerai-je tranquillement vers le terme de mon terrestre voyage. Et quand viendra le grand soir, ne regrettant rien du passe, je pourrai tout esperer de l avenir!
                                      Ainsi soit-il.
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MessagePosté le: Jeu 20 Fév - 21:51 (2014)    Sujet du message: Méditation Répondre en citant

MEDITATION X Divines lecons d humilite
Ayez en vous les sentiments qu avait le Christ Jesus, qui semblable a Dieu... s est aneanti lui-meme jusqu a prendre la forme d un esclave; voulant ainsi ressembler aux hommes, et etre lui-meme exterieurement un homme.
                                            Saint Paul,
                               Epitre aux Philippiens,II.
                            PRELUDE
Pour mesurer d un regard le chemin que l Evangile a fait parcourir aux hommes,  nous n avons qu a considerer ce qu est maintenant
pour nous, l humilite, et ce qu elle etait avant
Jesus-Christ.
Ce qu est l humilite pour les chretiens? Il est facile de le dire en peu de mots: elle est plus
qu une vertu, car elle est l atmosphere dans laquelle naissent et grandissent toutes les vertus et hors de laquelle elles ne tardent pas a se fletrir, a mourir.
Ce qu etait l humilite pour les paiens? Rien! elle n existait meme pas de nom, car le mot latin humilitas n avait parmi eux d autre signification que celle de bassesse. Ainsi donc
pour un paien, s humilier c etait s avilir!
Comme il va nous etre bon de venir, a Nazareth recevoir du celeste Adolescent les lecons de la veritable humilite chretienne.
                                  I
Un historien paien( Suetonne.Cf.Jules Cesar, chap.VII.) nous a rapporte un trait qui peint en quelques mots l orgueil antique. Cesar, jeune encore, etant questeur en Espagne, vit un jour, a l entree d un temple, une statue d Alexandre le Grand. A cette vue il s arreta, pensif. «voici un homme, se disait-il, qui, a l age ou je suis, avait deja conquis le monde; et moi, je n ai encore rien fait!» Cette pensee
ne le quitta plus. Aussi, a quelques jours de la, il abandonnait l Espagne et venait a Rome pour saisir toutes les occasions de faire quelque chose de grand.
« voila bien l homme; il a besoin de se hater parce que le temps lui manque, les occasions lui echappent, et la mort l attend.»
( Auguste Nicolas. La Vierge Marie, chap.XVI.)
Or, vers cette meme epoque, un jeune enfant
de douze ans s arretait, lui aussi, sur le seuil d un temple, en Palestine. La beaute ideale qui rayonnait de son front, la sagesse surhumaine qui eclatait dans sa parole attiraient l attention et lui meritaient l admiration des plus hauts personnages.
Mais ecoutez ce qu il fit: il descendit a Nazareth,en une bourgade ignoree; et la, il ne voulut plus passer que pour le fils d un artisan inconnu!
Qui ne sent tout ce qu il y a de vraiment divin dans une pareille maniere de faire? Jesus, lui, peut attendre. Le temps, les evenements, les choses, les hommes, la vie et la mort sont sous sa main; il en dispose a son gre. Mais ce dont nous avons besoin, nous qu il vient instruire et sauver, oh! ce n est pas de recevoir des lecons d ambition, d orgueil, d egoisme, ce n est pas d apprendre a paraitre, a nous faire une place, a nous hausser sur les ruines des autres; nois n y sommes que trop enclins! Ce dont nous avons besoin, c est d avoir sous les yeux des exemples d abnegations et de desinteressement, afin « d aimer a vivre inconnus et a n etre compte pour rien.»
(Imitation, Livre I, chap.II,3.)
Voila pourquoi Jesus est descendu a Nazareth et s y est enferme.
« Quel abime pour un Dieu que cette chambre de la Vierge, en partie creusee dans le rocher; que ce pauvre atelier de l ouvrier Joseph; que ces habitudes forcement plebeiennes; que ces confusions, que ces deconvenues de petites gens dependant par etat de la volonte et parfois du caprice des riches; que ces privations frequentes, que ce regime grossier, que cette obscurite complete, que cette mesure de dedain qui, plus ou moins, entoure les conditions vulgaire; que cette absence apparente de toute science, de toute litterature et de toute culture; enfin, que ce semblant d inaptitude a tout ce que les hommes prisent le plus ici-bas: le credit, l influence, les honneurs, le pouvoir! Quels abimes encore un coup; et,  dans cette universelle humiliation, quelle humilite! quelle serenite! quelle paix! La paix de la justice, la paix des lois volontairement subies,aimees, embrassees; la paix des besoins et des desirs pleinement satisfaits. Qu un ruisseau de cette source arrosat journellement et le jardin de notre ame et le champ de notre vie, mon Dieu! quelles fleurs, quels fruits, quelle moisson riche et sainte en sortiraient pour vous, pour nous, pour les autres!»( Mgr Gay. Elevations,chap.XXIII.)
jesus adolescent
Mais,  encore une fois, combien nous avions besoin de telles lecons, puisque, malgre nos vingt siecles de Christianisme, le monde, c est a dire la vanite, le semblant, le reve, le mensonge ont encore tant d empire sur notre ame!
Car paraitre, etre admire, loue, applaudit, n est ce pas comme le fond et le terme de nos actes, de nos paroles, de nos pensees les plus intimes?
Insenses que nous sommes! Lors meme que nos reves se realiseraient, lors meme que nos plus folles esperances seraient meme depassees, que resterait-il de nois, bientot? Un peu de poussiere, dans le silence et l abandon d une tombe!...
Quoi? tant d efforts, tant de luttes, tant de souffrances, souvent tant de fautes, parfois helas! tant de crimes, pour en venir la!
                                II
Qu elle est donc divinement belle, la religion de l Evangile!
Si, en effet, Jesus de Nazareth n eut ete qu un homme, un homme transcendant, il est vrai, resumant en sa personne tout le genie, tous les sentiments eleves, toutes les aspirations de notre humanite,- ainsi que le pretend l incredulite contemporaine,- l.idee lui serait-elle venue d ensevelir sa vie, jusqu a l age de trente ans, dans l obscurite d une echoppe miserable? Car, nous le savons par le temoignage de ses compatriotes, le Fils de Marie ne frequente meme pas les ecoles de Nazareth.( Saint Jean, VII,15.)
Cependant concedons pour um moment a l incredulite que cette idee est venue naturellement a Jesus, que sa nature superieure lui a revele, de bonne heure, le neant de la gloire, le mensonge de la puissance, la vanite de toutes nos contingences terrestres...
Mais alors, comment a-t-il trouve dans l obscurite de cet atelier ou il est descendu, ce que Cesar a vraiment demande a la gloire de Rome, a la puissance de ses armes et a la force de son genie?
Car, en verite, qu est-ce que Cesar, maintenant? Qui songe a lui? L ecolier lit, d un esprit distrait, la page qui lui raconte don ambition, les moyens qu il employa pour la satisfaire; puis il ferme le livre, tout est fini!
Chaque jour, au contraire, des milliers d enfants et de vieillards, d hommed et de femmes, de richew et de pauvres, de savants et d illettres, de puissants et de faibles, relisent la page d Evangile qui raconte que Jesus, arrive au seuil de la jeunesse, descendit a Nazareth, ne voulant passer que pour un fils d ouvrier, ouvrier lui-meme; et, devant cette vision du dedain de toutes nos grandeurs, il n est pas un seul de nous qui ne comprenne que la vraie grandeur, c est le mepris des grandeurs; la vraie gloire, le devoir, meme obscur, courageusement accompli; et la seule ambition permise, travailler, la ou la Providence nous a places, a l oeuvre du Pere que nois avons dans le ciel
Aussi, chaque jour, des adolescents se levent dans le chateau, parfoid meme dans le palais
qui, a, l exemple de l adorable Adolescent de Nazareth, aspirent a descendre avec autant et plus d ardeur que d autres aspirent a monter.
Ils descendent en effet dans ces noviciats, au seuil desquels ils deposent leurs vetementsdu siecle pour revetir la bure du travail; ils laissent meme jusqu au nom de leur ancetres pour en recevoir un emprunt.
Oh! lorsque, a quelques jours de la, leurs parents, leurs amis, les reverront sous ces pauvres vetements,  les entendront nommer
de ces noms obscurs, apprendront que les jours se passent a travailler des mains, a servir les pauvres et les malades, ils en auront des etonnements dont ils ne reviendront jamais.
Mais eux, ces jeunes hommes, mais elles, ces jeunes filles, se rediront souvent que c est ainsi que Jesus, a Nazareth, etait vetu, que c est ainsi qu il avait laisse le nom de son Pere celeste, que c est ainsi qu il travaillait; et, dans l espoir qu en l imitant de son humilite, en s ensevelissant dans son obscurite, ils vivront plus pres de lui, le connaitront mieux,
l aimeront davantage...deja le Ciel commencera dans leur ame!
Qui n admirerait cette simple histoire de l un de ces jeunes imitateurs du divin Adolescent.
Il etait ne et avait grandi dans un chateau seigneurial, entre l affection d un pere aimant et les caresses de la plus tendre des meres.
A vingt ans, le monde lui montrait les plus brillantes carrieres ouvertes devant ses pas.
Mais lui il demanda et obtint d entrer...dans un seminaire!
Cependant les siens penserent, non sans un secret espoir, que la pauvrete de sa nouvelle
vie, l austerite du coucher, le denument de la cellule, lui paraitraient si durs qu il reprendrait bientot le chemin du chateau.
Vain espoir! Lorsque

le soir du jour d adieu, il se vit seul dans la pauvre cellule de quelques pieds carres, blanchie a la chaux comme celle de Nazareth, n ayant pour tout ameublement qu une dure couche, une chaise de paille, une table en bois blanc, le jeune homme pensa au celeste Adolescent... et tombant a deux genoux sur le sol, il pleura... de bonheur!
                     PRIERE ET RESOLUTION
Humilite de mon Sauveur, vertu sublime que l Humanite avait perdue dans le peche, et que jamais elle n aurait retrouvee par elle seule,  c est vous qui nous delivrez de la vanite et de la servitude; c est vous qui nous faites rencontrer dans une cellule de seminaire, au fond d un atelier de travail, plus de bonheur que n en goutent les puissants du jour au sein de leurs palais; c est
vous qui nous faites prendre en pitie la richesse et ses vains eclats, la puissance et ses violences, la gloire et ses devevants mirages; c est vous qui trempez nos caracteres pour les resistances necessaires, et qui elevez nos ames vers les fiers dedains. Celui qui n attend rien des hommes, pourquoi courberait-il le front devant leur injustices? pourquoi applaudirait-il a leurs petitesses?
Aussi, me souvenant que l homme n est reellement que ce qu il est devant vous, o mon Dieu, je veux marcher desormais d un pas plus genereux, a des destinees plus hautes que celles de la terre. Et jamais je ne me trouverai plus heureux que quand, ignore du monde, je pourrai me croire connu et aime de vous.
                                             Ainsi soit-il.
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MessagePosté le: Jeu 20 Fév - 21:52 (2014)    Sujet du message: Méditation Répondre en citant

MEDITATION XI Beaute et bonte incomparable.
La grace s epanouit sur vos levres; vous etes beau au-dessus des enfants des hommes...
Roi tout-puissant, venez triomphalement, et regnez par votre beaute...C est pour cela que les peuples vous loueront dans les siecles des siecles.   
                                                Psaume XLIV.
                          PRELUDE
Tels sont les elans d amour par lesquels, tant de siecles par avance, David chantait la splendeur ideale du Dieu fait homme.
Oh! Jesus-Christ a vingt ans, quelle vision pour l ame d un vrai croyant de l Evangile!
Mais, lorsqu on veut en dire quelque chose, en fixer quelques traits, la plume s arrete, le pinceau demeure inerte; seule la pensee reste charmee, jusqu a l extase, devant ce qu elle entrevoit.
On a dit que « l amour nait de la beaute.» (Le Pere Lacordaire.)
Mais la beaute, qui suffit a faire naitre l amour, ne suffirait pas a le faire vivre. Il lui faut, de plus, la bonte.
Aussi, lorsque le Fils de l Eternel vint habiter parmi nous, s il avait abdique la puissance et la gloire, avait-il voulu garder le rayonnement
de sa Bonte infinie.
La preuve, c est que l Humanite, qui se souvient d avoir rencontre ce Dieu incarne aux plaines de la Palestine, ne lui a jamais donne d autres noms que celui-ci : Le Bon Dieu.
Dailleurs, pouvait-il en etre autrement?
Sa vie entiere n a-t-elle pas ete faite, avant tout, de douceur, de misericorde, de bonte?
Sans cesse ne nous a-t-il pas recommande d aimer nos ennemis, de pardonner a ceux qui nous font du mal, de donner sans espoir de rien recevoir?
Elle etait si grande, sa bonte, que, pour arriver jusqu a lui, les petits enfants, en le voyant passer, s arrachaient des bras de leurs
meres, fendaient la foule, bravaient les duretes des Apotres. La foule faisait davantage encore : c etait au peril de tomber
de fatigue et de faim sur les grands chemins
qu elle suivait le bon Jesus jusqu au fond des lointains deserts.
Mais ce qui, plus que tout le reste encore, nous donnera une idee de l ineffable bonte qui resplendissait sur les traits et dans le regard du Christ, c est cette simple parole de saint Luc, en son recit de la passion: Le Sauveur se tournant vers Pierre, le regarda...Alors, Pierre sortit dehors et pleura amerement.(saint Luc, XXII,62.)
Jesus n avait rien dit a l Apotre prevaricateur;
mais tant de mansuetude, unie a tant de tristesse, brillait dans son regard, que Pierre sentit s allumer en son coeur un repentir que, dans l avenir, rien ne pourrait eteindre.
La tradition, en effet, nous a fait connaitre que le chef des Apotres ne se pardonna jamais sa faute; et vers la fin de sa vie, a vingt- cinq annees de la, les larmes avaient grave, sur ses joues amaigries, deux profonds
sillons.
D ailleur, nous-meme, qui maintenant, helas! ne pouvons plus entrevoir Jesus-Christ qu a travers vingt siecles ecoules, ne sentons-nous
pas encore la puissance de sa bonte, le charme de sa beaute?«Il suffit de regarder Jesus, et de contempler ses perfections et ses vertus, a ecrit quelqu un en nos jours. Cette vue seule est capable de produire de merveilleux effets sur l ame...Son humilite nous rend humbles; sa purete nous purifie;
sa pauvrete, sa patience, sa douceur s impriment en ceux qui les contemplent.» (
Rigoleuc. L homme d oraison.)
    
                                II
Revenons maintenant vers Nazareth.
Nous sommes au soir d un jour de sabbat.
Le soleil, avant de disparaitre derriere les sommets du Carmel pour aller s abimer dans les flots de la Mediterranee, illumine d un dernier rayon les contours des collines environnantes. L ombre descent peu a peu sur la vallee. Dans une heure la nuit sera venue.
Voyez, en ce moment, ce jeune homme qui s avance d un pas souple et gracieux par un sentier solitaire. Il vient de quitter l humble maison de Joseph le charpentier, et sa marche le porte vers le sommet des collines.
Quel charme dans toute sa personne! Et cependant, quelle simplicite!  Une longue robe de laine blanche, qui des epaules tombe
jusque sur ses pieds nus, voila son vetement.
Les larges manches de cette robe enveloppent les bras en leur entier. Une corde, pour ceinture, en maintien, autour de la taille, les larges plis.La  main gauche s appuie sur un baton de voyage, dont le haut semble esquisser une croix. La droite, legerement portee en avant, indique le chemin a quiconque voudrait venir a sa suite.(C est ainsi que l a represente un grand artiste, M. Bogino, dans le marbre que l on admira au salon de 1893.Cette statue est presentement au Petit Seminaire de Versailles, dont elle orne l escalier d honneur.
L heliogravure placee en premiere page de l edition illustree en est la fidele reproduction.)
La dignite de sa marche, la noblesse de son    maintien, la purete de ses traits, la majeste de son front, qu encadre une chevelure ondoyante dont le tranchant du fer n approcha jamais, tout en lui a quelque chose
de surhumain. Meme a la distance qui nous separe de lui, nul de nous ne peut le regarder sans se tenir entraine. Pourquoi nous etonnee? Ce celeste jeune homme, que nous voyons ainsi s avancer par ce chemin, n est-il pas ce Dieu cache qui, biento passant sur les bords des lacs de Gallilee, entrainera a sa suite de simples pecheurs qui n auront fait que l entrevoir?
         
                               III
Mais ou va le divin Adolescent en cette heure tardive? Nous pouvons croire qu il va la ou il ira si souvent, le soir, durant les annees de sa vie publique: sur la montagne pour y passer la nuit en priere.( Saint Luc,VI,12)
Nulle part Dieu n est mieux admire,(PsaumeXCII,4) mieux adore, mieux prie que sur les montagnes.« Les anciens prophetes priaient ainsi. De tout temps les «hauts lieux»
comme les appelle la Bible, avaient passe pour le lieu d election de l ame qui cherche l intimite divine.» (Le Pere Sertillanges.Jesus.)
Puis, la nuit n est-elle pas l heure des offenses et des crimes chez ces hommes qu il
vient sauver?
Ce soir donc, Jesus a quitte, comme bientot il
va le faire pour toujours, l humble maison de famille; il a dit adieu a son pere et a sa mere de la terre, pour etre tout entier a l oeuvre du Pere qu il a dans le Ciel.
Ah! Marie n a pas chercher a le retenir. Ne sait elle pas qu il vient sauver le monde, non dans les joies, mais dans les larmes; non dans le repos, mais dans les fatigues? Ne sait-elle pas que c est ainsi, dans la priere et dans l immolation, qu il passe, pres d elle, les plus longues heures de chaque nuit?
Suivons donc notre Sauveur adore.
D ailleurs, le voici arrive sur le sommet eleve que cherchaitent ses pas. Osons nous approcher de lui, et avant qu il entre en sa mysterieuse priere, tombons a ses genoux.
Qu il est donc beau le Christ a vingt ans!  Non jamais enfant des hommes ne lui ressembla. Ses traits n ont rien d humain; c est bien la pensee divine qui rayonne de son front; son moindre geste semble commander
a des mondes invisibles. Et son regard! Ah! le coeur succombe a vouloir en parler, tant ce regard contient de douceur, de bonte, d amour!
Mais en meme temps que ce regard se posera sur vous, ses levres adorables s ouvriront.« Approche sans crainte, vous dira-t-il. Tu n es pas le jouet d un vain reve. C est bien moi, ton Sauveur et ton Dieu. Pourquoi
s etonner de me voir, ce soir, quitter ma demeure et ma Mere? N est-ce pas ainsi que, autrefois, j ai quitte le Ciel et mon Pere? C est pour toi que je suis venu sur ce sommet solitaire. De toute eternite mon amour t y avait donne rendez-vous. Je n ignore pas tes fautes. Regarde cette croix : elle est l image de celle sur laquelle je mourrai bientot pour toi, et deja je la montre a mon Pere. Ceux a qui j ai du pardonner le plus, je les aime davantage encore. Si tu le veux,  c est ainsi que desormais je t aimerai... »
     
                  PRIERE ET RESOLUTION
Comment vous remercier, o mon celeste Ami, de ce que je viens de voir et d entendre?
Il est vrai : si je le veux, toutes mes offenses passees ne serviront qu a me faire davantage
aimer de vous, puisque vous ne vous souviendrez de ces offenses que pour savoir
combien j ai ete malheureux!
Moi aussi je veux en rappeler souvent la pensee en mon ame, afin de mieux comprendre combien vous etes bon.
Pierre, votre Apotre, ne vous avait renie qu une fois, durant une heure seulement, et il pleura sa faute durant plus de vingt ans.
Moi, je vous ai renie a la voix de passions plus miserables que la servante de Pilate, combien de fois, helas! Puis je suis reste des mois et des annees loin de vous, jurant par mes actes et ma vie que je ne vous connaissais pas! Et voila que, lorsque je vous rencontre, votre regard s arrete sur moi avec
bonte, votre main se tend vers la mienne, et votre bouche ne s ouvre qu a des paroles de mansuetude et d amour!
O le meilleur, le plus clement, le plus adorable des amis, avant d oser vous repondre, laissez-moi me souvenir et pleurer.
                                       Ainsi soit-il.
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MessagePosté le: Ven 21 Fév - 17:57 (2014)    Sujet du message: Méditation Répondre en citant

MEDITATION XII
             
                         Purete ideale.
Oh! combien belle est une generatiom dont la purete est sans tache! Imperissable sera son souvenir; car Dieu et les hommes l admirent. Presente, on l imite; on la regrette lorsqu elle a disparu. Une couronne immortelle, voila le prix du triomphe qu elle aura remporte de ses combats sans souillures.
                          Livre de la Sagesse, IV.
                            PRELUDE
Le plus grand chatiment du peche, ce n avait pas ete la douleur sous ses mille formes: acceptee avec resignation, ne devait-elle pas commencer notre redemption? Ce n etait pas non plus la mort: elle ne fait souvent que
mettre un terme a nos maux.
Le grand chatiment du peche, c est la concupiscence, a savoir: l asservissement de l esprit a la chair, l assujetissement de l ame au corps, l esclavage de l ange a la bete humaine qui est en chacun de nous.
Car le resultat immediat de la desobeissance originelle fut de plonger l ame dans les sens,
de l enfoncer, pour ainsi parler, dans la chair. « l Ecriture dit ce mot, qui est effroyable a force d etre vrai: Depuis le peche, a cause du peche, l homme est devenu chair, et cette chair meme corrompt sa voie.» (Mgr Gay, Des Vertus chretiennes, T.II.La Chastete.)
Venons admirer, aujourd hui, comment Jesus
est venu rendre a notre monde cette ideale vertu: la purete; vertu sans laquelle il n y a plus pour l homme aucune grandeur veritable.
                                  I
Tout d abord, pour donner a la purete un prestige incomparable, le Christ avait voulu naitre d une mere vierge.
Jusque la, la virginite, qui est la purete dans sa plus haute perfection, n avait pas eu d expression sur notre terre degradee. Nous ne pouvons pas, en effet, parler ici des Vestales. Outre que, dans tout l empire romain, il est difficile d en reunir sept, il faut dire avec saint Ambroise, pour caracteriser leur pretendu merite: « Leur virginite etait remuneree, temporaire et pleine d orgueil!»
Combien differente est la virginite de Marie!
Si douce, si humble, si desinterressee nous apparait Marie de Nazareth!
Puis, ce qui acheve son prestige et bientot amenera a ses pieds toutes les generations, dans un sentiment d admiration et d amour inepuisable, c est que, tout en restant vierge,
elle va devenir mere, et mere de Dieu!
Aussi, Jesus n etait encore qu un tout petit enfant, reposant sur le sein de sa Mere, que deja on ne pouvait plus sapprocher de lui sans se sentir enveloppe d une atmosphere de purete surnaturelle.
Que dire donc, maintenant que la vingtieme annee est venue couronner son front de ce je
ne sais quoi de divin, qui trouble et ravit quiconque vient vers lui? Car, avant tout, Jesus-Christ est comme le sejour de Dieu.La plenitude de la Divinite habite en lui corporellement, ( Aux Colossiens,II,9.)disait saint Paul. «Regardez donc cette humanite de
Jesus, a travers laquelle Dieu, present et vivant vous regarde, vous parle. Ni la nature, ni l art, ni l apparition meme d un ange ne vous revelerait, ne vous traduirait Dieu comme cette humanite sacree. .. Il est beau entre tous les enfants des hommes...( Psaume XLIV.)
Regardez, sans doute et avant tout, sa beaute
interieure, celle qui ressort de son esprit humain, de son caractere, de sa physionomie
morale...Mais aussi contemplez son admirable corps, le plus parfait assurement de tous les corps, d ailleurs tout chaste, tout virginal, rayonnant de saintete autant que de beaute; contemplez sucessivement ses pieds,
ses mains, ses yeux, ses levres, son front, son visage. ..Rien que de le chercher ainsi est deja une des plus grandes douceurs que l ame puisse gouter sur la terre. Mais, quand a force de foi, d humilite, de desir, de confiance, de patience, d amour, vous aurez
enfin merite de l entrevoir, comme on le peut
entrevoir dans nos ombres, vous direz si votre coeur n est pas gagne, conquis et saintement asservi.» ( Mgr Gay. Des Vertus chretiennes, T.II.  La Chastete.)
« Car, a ecrit le Pere Faber, la terre s eleve jusqu a la hauteur du ciel, quand nous venons a vivre et a respirer dans l atmosphere de l Incarnation. Jesus produit le ciel partout ou il se trouve.» ( Bethleem, T.I,page 14.)
C est bien ainsi que vivaient et respiraient la Vierge Marie et le charpentier Joseph, a Nazareth, dans l atmosphere de l adorable Adolescent. Par instants n etait-ce pas le ciel
meme qui semblait etre descendu sous le toit de l humble famille?
Cependant nous savons, a n en pas douter,
- puisque c est l Evangile qui nous le dit,-que les habitants de Nazareth ignorerent Jesus. Car c est a eux, plus encore qu aux autres enfants d Israel, que Jean Baptiste dira bientot: il est au milieu de vous quelqu un que vous ne connaissez pas.( Saint Jean,I,26.)
Oh! c est que cette beaute divine de Jesus-Christ ne ressemble en rien aux vulgaires beautes de la terre. Ce n est pas dans une lumiere increee. Ce n est pas avec des yeux de chair, ici la chair ne sert de rien,( Saint Jean,VI,64.) c est avec son esprit, avec son coeur, avec son ame.
Ce que Jesus etait pour Marie et pour Joseph,
il ne pouvait donc l etre pour des etrangers, pour des Nazareens a l esprit orgueilleux, au coeur dur, a l ame enfoncee dans les convoitises de la chair.
Ainsi Jesus commencait-il, meme avant de parler, a faire comprendre au monde cette verite, peut etre la plus profonde et la plus immense de sa doctrine: Bienheureux ceux qui ont le coeur pur; ils verront Dieu!
                                   II
La beaute ideale de Jesus-Christ bientot soulevera la foule sur son passage.
Car ce sera pour le voir, non moins que pour l entendre, que des milliers d hommes, de femmes et d enfants s attacheront a ses pas et le suivront sur le rivage des lacs, au versant des coteaux et jusqu au fond des solitudes steriles.
Ses disciples les plus enthousiastes et les plus fidelement devoues ne seront pas les Apotres eux-memes. Non, ce sera MarieMadeleine, Marthe sa soeur, Marie de Cleophas et d autres pieuses femmes que saint Luc appelle des femmes de Galilee.( Evangile, chap.XXIII,49.) Elles, du moins, ne l abandonneront jamais. Au soir de sa mort, le Calvaire les verra rester au pied de la Croix, pour recueillir le dernier soupir de Jesus. C est elles qui recevront dans leurs bras son corps inanime; c est elles qui l enseveliront de leurs mains; c est elles qui verseront les aromates dans le creux de son sepulcre; et c est elles encore qui, le lendemain du sabbat,
arriveront les premieres au Tombeau, pour y
prier et y pleurer!
Et cependant, chose bien digne d etre remarquee, jamais les ennemis de Jesus, meme les plus perfides, n ont songe a incriminer l enthoisiasme de ces femmes. Ils ont lance contre lui des calomnies souvent si
grossieres que la plume n ose les transcrire.
Celle-la, jamais!
Oh! c est que non seulement Jesus est la Beaute, mais en meme temps il est la purete,
la purete increee.
Quiconque s approche de lui sent cette Purete rayonner sur son ame et jusque dans sa chair, ainsi qu il sent la Verite illuminer son intelligence, et son Amour vivifier son coeur. Souvenons-nous de Madeleine, la grande pecheresse. Ne lui avait-il pas suffi de venir s agenouiller un instant aux pieds de Jesus, pour se relever dans l innocence retrouvee? A ce point que, un jour, quand nous la verrons sur le Calvaire, pres de la Croix, avec saint Jean, nous ne pourrons dire quel est le plus grand, aux regards du ciel, oi de l Apotre qui personnifie la purete, ou de la Convertie qui personnifie le repentir.
D ailleurs, en ce sujet, nous n avons besoin du temoignage, ni des livres, ni des choses.Jesus est encore en ce monde. Il y est d une facon plus divine qu aux jours de sa vie mortelle. Maintenant Nazareth est partout, et quiconque a le coeur pur peut souvent le voir passer sur le chemin
N est ce pas pour avoir ainsi rencontre, sur les chemins de Rome, deux siecles apres les temps de l Evangile, cette celeste Beaute, que la douce Agnes, la jeune Patricienne si admiree a cause de ses graces, s ecriait:
« mon fiance, a moi, c est Celui que servent les Anges, Celui dont les astres admirent la beaute... J aime le Christ, et je serai l epouse de Celui qui est ne d une Mere vierge, et que son Pere a engendre spirituellement. En l aimant, je suis chaste; en le touchant, je suis pure; en l epousant, je reste vierge.» ( Breviaire romain. Office de Sainte Agnes).
N est-ce pas pour s etre lie, bien jeune encore, par un pacte d amour, au Christ Jesus
que le doux et aimant saint Bernard, douze cents apres Nazareth, ecrira du fond d une cellule qu il a echangee contre le manoir de ses ancetres:« Qu y a-t-il, ici-bas, de plus beau que la chastete? Elle rend pur ce qui est ne d une source impure; d un homme elle fait un Ange! Car, si l Ange et l homme chaste different, c est en bonheur et non pas en vertu; et si la chastete de l un est plus heureuse, celle de l autre est plus courageuse
En ce sejour de mortalite, seule la chastete represente

l etat d immortabilite; sur cette terre ou se voient les fetes nuptiales, seule elle produit la
maniere de vivre de cette region bienheureuse ou il n y a ni epoux, ni epouses, et c est elle seule qui peut nous donner un avant-gout de cette sainte existence.» (EpitreXLII,Ad Henr.Senon. Archiep.)
N est-ce pas dans des sentiments semblables que fut ecrite, de nos jours, cette page admirable: «oui, chaque jour des milliers de creatures aimees sortent des chateaux comme des chaumieres, des palais comme des ateliers, pour offrir a Dieu leur coeur, leur ame, leur corps virginal, leur tendresse et leur vie...C est la fleur du genre humain, encore chargee de la goutte de rosee, qui n a reflechi que le rayon du soleil levant, et qu aucune poussiere terrestre n a encore ternie.
« Un matin donc, une fille bien-aimee se leve et vient dire a son pere et a sa mere: - Adieu, tout est fini; je vais mourrir a vous, a tout...Je ne serai jamais ni epouse, ni mere, je ne suis plus qu a Dieu...- Rien ne la retient; la voila qui apparait deja paree pour le sacrifice avec un sourire angelique. Fiere de sa riante et derniere parure, elle marche a l autel, ou plutot elle y court, comme un soldat a l assaut, pour courber la tete sous ce voile qui sera un joug pour le reste de sa vie, qui doit etre aussi la couronne de son eternite...
« Mais quel est donc cet amant invisible, mort
sur un gibet il y a dix-huit siecles, qui attire a lui la jeunesse et la beaute... qui apparait aux ames avec un eclat et un attrait auquel elles ne peuvent resister?...Est-ce un homme?.. Non; c est un Dieu.
« Voila le grand secret, la clef de ce sublime et douloureux mystere..Un Dieu seul peut remporter dextels triomphes et meriter de tels abandons. Ce Jesus, dont la divinite est tous les jours insultee, la prouve tous les jours( entre mille autres preuves) par ces miracles de desinteressement et de courage qui s appellent des vocations...Des coeurs jeunes et innocents se donnent a lui pour le recompenser du don qu il nous a fait de lui-meme...et le sacrifice qui les crucifie n est que la reponse de l amour humain a l amour d un Dieu qui s est fait crucifier pour nous! »
( Montalembert.Les Moines d Occident)
   
                  PRIERE ET RESOLUTION
« O bon Jesus! quand me sera-t-il donne de vous voir, de contempler la gloire de votre regne? Quand me serez-vous tout en toute chose?»
« J ai ete delaisse, pauvre, exile, en une terre ennemie, ou il y a guerre continuelle, et de grandes infortunes. Je voudrais m unir intimement a vous, et je ne puis atteindre a cette ineffable union.
« Je voudrais m attacher aux choses du ciel, et mes passions immortifiees me replongent dans celles de la terre.
« Mon ame aspire a s elever au-dessus de tout, la chair me rabaisse au- dessous, malgre mes efforts.
« Eternelle Verite, pretez-moi votre secours, afin que nulle chose vaine ne me touche.
« Venez vers moi, celeste Beaute,et que tout ce qui n est pas pur s evanouisse devant vous»( tire de l Imitation.)
                                 Ainsi soit-il.
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MessagePosté le: Sam 22 Fév - 19:34 (2014)    Sujet du message: Méditation Répondre en citant

MEDITATION XIII                   Pauvrete evangelique.
Bienheureux l homme qui ne s est point attache a l or, et n a pas mis son esperance dans des amas d argent. Qui est cet homme?
Nous ne lui menagerons pas la louange: il a vraiment fait des merveilles en sa vie.
                        Ecclesiastique, XXXI,8et9.
                            PRELUDE
Dans les pages precedentes, nous avons vu que la purete etait l atmosphere dans laquelle germent et grandissent toutes ces belles vertus dont se constituent, peu a peu, la valeur et la vraie grandeur de l homme. Par
la purete, l esprit se degage de la matiere: nous devenons par vertu ce que l Ange est par nature.
Dans la presente page, et dans celles qui suivront, nous etudierons les moyens que Jesus venait nous apporter pour nous aider a garder ou reconquerir l incomparable tresor de la purete.
Le premier de ces moyens, dans l ordre naturel, c est la pauvrete.
On peut affirmer, en effet, que la pauvrete est la gardienne de la chastete, comme, par contre, la richesse est la pourvoyeuse de la luxure.
Voila pourquoi, un jour, le divin Redempteur fera entendre aux foules ces paroles etranges
et terrifiantes: Bonheur aux pauvres!(Saint Mathieu,V,3.)Malheur aux riches! (Saint LucVI,24)
Mais en attendant l heure de sa mission publique, c est par des exemples qu il va nous precher la sainte et feconde vertu de pauvrete.
                                 I
Joseph et Marie descendaient en droite ligne des rois de Juda. David et Salomon, ppur ne parler que des plus illustres, etaient de leurs ancetres. Donc, dans l ordre naturel des choses, Jesus devait trouver la richesse autour de son berceau. Mais, volontairement,
du fond de son eternite, ce Dieu avait conduit
a la pauvrete ceux dont il viendrait bientot partager la vie.
Cependant, n exagerons rien; ce n etait pas la misere que Jesus voulait trouver sous le toit de Nazareth.
La misere est un malheur, et jamais Jesus ne dira : Bienheureux les miserables!
Une extreme simplicite de vie, qui ecarte tout besoin factice, tout luxe, toute mollesse,
et rend la richesse inutile, voila la vraie pauvrete que le Fils de Dieu s etait preparee et dont il voulait vivre a son passage sur notre terre.
Un matin donc,- c etait sans doute quelques jours apres son retour du Temple,- son heure
etant venue d entrer totalement dans cette noble pauvrete qui ne permet pas que l on mange le pain sans le gagner de ses labeurs,
Jesus revetit la robe d une etoffe plus grossiere, que Marie lui avait tissee: c etait son vetement de travail. A ses pieds il attacha avec une courroie des sandales plus dures; dans ses mains, encore si delicates, il
prit une hache, don de Joseph; puis, il vint s agenouiller aux pieds de sa Mere.
Une nouvelle phase de son mysterieux exil allait commencer pour lui.
La Vierge divine, ce matin-la, put-elle retenir ses larmes? Le Fils de l Eternel devenu un pauvre artisan qui s en va gagner sa vie en travaillant pour les autres! Pouvait-elle ne pas se souvenir de la prophetie dans laquelle
David annoncait cet etrange prodige: Mon Dieu, ne detournez pas de moi vos misericordes...Car me voici devenu un indigent, un pauvre! Alors,ouvrant ses bras a son adorable Enfant, elle le pressa sur son coeur; et, pour benediction, ses levres imprimerent sur le front de Jesus le plus tendre des baisers. Puis l Adolescent suivit son pere, et tous les deux s en allerent a l atelier, pour y travailler toute une longue journee!
Ainsi Jesus venait d entrer dans cette pauvrete qu il glorifia un jour de sa parole.
Car cette descente dans un atelier n etait pas un gracieux simulacre de quelques heures; c etait bien une douloureuse realite qui allait durer dix-huit annees! A partir de ce jour inoublie du Ciel, mais helas! trop oublie de notre terre, l Homme-Dieu fut un vrai pauvre.
Son vetement etait celui de l artisan. Sa Mere
le lui tissait avec la laine achetee des economies de ses journees.
Sa demeure etait celle du peuple. Joseph et lui construisirent, plus d une fois peut-etre, des habitations mieux amenagees ppur de riches Nazareens; la leur resta toujours de la plus grande simplicite.
Sa nourriture etait celle de l ouvrier d Orient; alors, comme aujourd hui encore, chaque repas ne consistait guere qu en un pain cuit au four de famille. C etait generalement du pain d orge, le pain de froment ne paraissant
guere que sur la table du riche.( Les rois, Livre III, chap.IV,42.)
L unique mets,- rarement de la viande, presque toujours des feves ou des lentilles,- etait servi dans des ecuelles separees. Chacun avait le sien. Un seul plat de sauce servait pour tous; chaque convive y trempait son pain.( Saint Mathieu,XXVI,23.)
Pour terminer le repas principal,-qui se prenait generalement a midi, celui du soir n etant qu une frugale collation,- apparaissaient sur la table, tour a tour, le mie le lait, le fromage, le raisin, la figue, ou quelques fruits secs.
L eau fraiche etant la boisson du peuple, deux fois par jour, le matin et le soir, la Vierge Marie ou Jesus lui-meme allait la chercher a la fontaine. Aussi, lorsque plus tard, au cours de sa vie publique, il exhortera ses auditeurs a donner un verre d eau fraiche au mendiant du chemin, sa parole sera faite de souvenirs personnels, et son exhortation paraitra bien naturelle dans un pays si souvent brule par un soleil de feu.( Cf. Stapfer. La Palestine au temps de Jesus-Christ).
Puis, lorsque, apres toute une journee de durs labeurs, la nuit venue, il lui fallait prendre un peu de repos, sa chambre n etait qu un reduit etroit et obscur, ou une natte etendue sur le sol, a la facon orientale, lui servait de couche; un coussin soutenait sa tete; quelques peaux de brebis le defendaient du froid. Et, naguere encore, Jesus avait pour palais le ciel, pour marchepied les soleils, pour trone l immensite, pour vetement la gloire, et pour sceptre la toute-puissance!
Ah! que la pauvrete doit donc etre une noble
une sublime chose, pour qu un Dieu, venu en ce monde, ait voulu en vivre, et jusque-la!
Au reste,  comment concevoir qu il aurait pu en etre autrement? Imagine-t-on un Messie, - ainsi que le revaient les juifs,- plus riche que Salomon et plus fastueux que les rois d Assyrie? Se represente-t-on le Christ etablissant son siege dans une des grandes capitales du monde, habitant un palais de marbre et d or, ayant ici la salle de ses festins
la ses appartements de reception, ailleurs son trone? En un mot tout cet attirail de pompes mensongeres a l aide desquelles nos pauvres souverainetes de la terre cherchent a relever leur indigente majeste et a consolider leur puissance toujours chancelante?
Que tout cela eut ete humain et vulgaire! Puis lorsque, un jour, cet Homme-Dieu aurait dit: Bienheureux les pauvres! o ciel! qui donc d entre nous aurait pu croire a sa parole?
« Mais, lorsque je vois devant moi, s ecriait Tertulien, un Christ sans gloire, sans faste, sans richesse, c est la mon Christ a moi, le vrai, l unique, Celui que les prophetes ont annonce et que me depeignent les ecritures.»
   
                                 II
Or, sachons-le, ce n est pas pour etre admire que notre Sauveur a voulu vivre ainsi dans la pauvrete; c est pour etre imite. La pauvrete volontaire est comme le bain dans lequel se trempent les ames fortes et grandes.
A nous, disciples d un Dieu pauvre jusqu a l exces, s il nous est permis parfois de posseder la richesse, toujours il nous est defendu de l aimer.
Vous qui lisez ces pages, peut-etre la Providence vous a -t-elle laisse naitre au sein de l opulence. Alors, prenez garde; oh! oui, prenez garde! l epreuve est redoutable, pour vous et pour les votres. Beaucoup d ames se sont perdues dans la richesse, qui se seraient
sauvees dans la pauvrete; beaucoup de familles se sont miserablement eteintes dans le luxe, qui auraient grandi dans le travail et la simplicite.
Lors donc que vous habiteriez un chateau, in palais, et que les exigences du monde bous entoureraient de faste, restez un pauvre volontaire; en realite, vivez pauvre. Oui, pauvre dans votre vetement, parce que ce vetement, conforme a votre rang, restera toujours sans recherche; pauvre dans votre nourriture, parce que la simplicite et la sobriete presideront a tous vos repas; pauvre
dans votre ameublement, parce que toute inutilite couteuse sera bannie de vos depenses; pauvre dans vos delassements, vos promenades, vos plaisirs permis, parce que vos gouts seront simples; pauvre jusque dans votre sommeil, parce que votre couche sera sans mollesse et que votre repos ne s y prolongera pas au dela de ce qu exige votre sante.
Autrement, toutes ces richesses qui vous environnent vont asservir votre ame et diminuer miserablement votre personne. Car ces biens, ce luxe, ce faste, qui ne sont pas vous, qui n ont rien de vous, vous ne tarderez pas, o mensonge ridicule! a les considerer comme une extension de votre etre, un agradissement de votre personnalite.
Pauvre riche! que vous seriez a plaindre! Votre pretendue grandeur

ne serait qu un edifice de mensonges et d apparence. D un seul souffle, la mort bientot ferait tout crouler en poussiere, ruinerait tout, jusqu au neant...
Mais, si la Providence vous a fait naitre, comme le Christ Fils de Dieu, d une famille d artisans, ne regrettez rien; ou plutot soyez heureux.
D abord, dans l ordre naturel, une nourriture plus sobre fortifiera davantage votre corps, des vetements plus simples vous aguerriront mieux contre le froid de l hivers, la chaleur de l ete; une habitation sans luxe vous affranchira de mille assujetissements inutiles;
et la necessite de gagner votre pain, de vous ouvrir une voie, de vous creer une situation, sauvera votre jeunesse des perils de l oisivete
votre vie entiere de la honte de rester un etre inutile.
Dans l ordre surnaturel, c esr bien mieux encore. La pauvrete vous rangera parmi les amis de predilection du Dieu de l Evangile; elle vous constituera en l etat de ces petits, de ces desherites a qui ce Dieu revele les grandes choses que souvent il laisse cachees aux sages, aux heureux du monde.
Vous, en effet, pour qui la vie sera si dure, et souvent les hommes si injustes, quel interet auriez-vous a ne pas croire a l Evangile, c est -a-dire a un Dieu juste et bon qui voit vos maux et un jour les reparera par d immortelles recompenses?
                    PRIERE ET RESOLUTION
Adorable Adolescent, qu il fait bon a venir pres de vous!
Lorsque je n ecoute que mes prejuges et mon miserable orgueil, je suis tente de me sacandaliser en vous voyant, vous le Messie, Fils du Dieu vivant, sous ce pauvre toit de Nazareth, au fond de ce vulgaire atelier de charpente! Je concois meme que les Nazareens, qui vous virent passer et repasser dans leurs chemins sous vos humbles vetements de travailleurs, n aient jamais eu l idee de reconnaitre en vous le Sauveur promis au monde.
Mais lorsque je viens a reflechir que c etait l.orgueil qui nous avait perdu, helas! qui continue de nous perdre, je comprends que vous ayez voulu rejeter loin de vous toute richesse, tout luxe, toute inutilite.
Alors mon etonnement se change en admiration. Et vous m apparaissez si grand, si
sublime, si vraiment le Sauveur du monde, que n osant pas,- dans le souvenir de mes fautes,- me jeter a vos pieds pour les eteindre
je cherche sur le sentier les traces de vos pas,
pour les toucher de mon front humilite, les couvrir de mes baisers d amour!
                                     Ainsi soit-il.
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MessagePosté le: Dim 23 Fév - 22:05 (2014)    Sujet du message: Méditation Répondre en citant

MEDITATION XIV                       Vers le Calvaire
Lui, qui ne commit jamais le peche...il a voulu
en sa chair, porter nos peches sur la croix. Afin qu etant morts au mal nous vivions pour la justice. C est par ses meurtrissures que vous avez ete gueris.
                        Saint Pierre,Epitre I,chap.II.
                           PRELUDE
De toutes les vertus que Jesus-Christ rapportait a notre monde, la plus etrange, apres l humilite,  c etait certainement la mortification.
Le peche, au fond, avait ete une tentative de divinisation de la chair: Mangez de ce fruit et vous serez comme des dieux, avait dit a nos premiers parents le Genie du mal.
Depuis cette heure a jamais fatale, notre terre ne fut plus que le theatre de toutes les convoitises et de toutes les sensualites. Voici l allegresseet le bonheur, s ecriait le grand Voyant d Israel au spectacle de cette degradation: tuer des veaux et egorger des beliers,manger des viandes et boire du vin. Mangeons et buvons, puisque demain il nous faudra mourir! ( Isaie,XXII,13).
Si le peuple d Israel etait tombe jusque-la, il faut renoncer a parler des nations paiennes!
Comment donc arrter ce torrent qui, sans cesse grossissant, emportait l Humanite aux abimes?
Jesus lui-meme ne voulut pas se contenter de dire quelques mots; ce sont des exemples
c est sa vie entiere qu il jeta en travers de ce torrent, comme nous allons le voir.
                                   I
Jesus-Christ a souffert pour nous, vous laissant un exemple, afin que vous marchiez sur ses pas.(1er Epitre de saint Pierre,II,21).
Ces deux lignes du chef des Apotres resument la vie entiere du divin Sauveur.
Ne vous contentez paq d un regard superficiel; essayez de penetrer un peu dans la vie reelle du Dieu fait homme, et vous ne tarderez pas a comprendre que les trente-trois annees qui la composerent, en verite ne furent qu une longue marche vers la mort. Ce
n est pas de Jerusalem, du Pretoire, c est de Bethleem, de la Creche meme, que Jesus partit pour monter au Calvaire. Or, dans cette
mysterieuse ascencion, la halte la plus douloureuse fut celle de Nazareth.
Son Enfance avait connu des joies, des triomphes meme. Aussi la piete de l Eglise, guidee par une theologie superieure, a-t-elle assigne a cette partie de sa vie les mysteres joyeux.
Pour les annees qui commencerent a sa descente du Temple et qui ne se termineront qu a son entree dans la vie publique, rien de semblable. Il y a la une nuit qu aucun rayon ne vient eclairer, et cette nuit dure dix-huit annees! C est une longue halte sur le chemin
de la mort, une halte dans les tenebres, les
humiliations, les souffrances!
Le Christ Adolescent souffre, dans sa chair,
par des duretes de la pauvrete, et plus encore par les accablements du travail.
Oh! croyez-le, ce travail n etait pas un jeu, une recreation. Les heures du jour passaient sur lui lourdes, pesantes; et,le soir, c etait bien las qu il reprenait le chemin de la maison, pour y refaire ses forces par un peu de nourriture, par quelques heures de repos.
Le Christ Adolescent souffre, en son esprit, par l oubli ou le laissent ces hommes qu il voudrait sauver. Ou donc sont ces Bergers qui autrefois vinrent l adorer? ces Mages qui se prosternerent devant son berceau? Ou sont ces Pretres et ces Docteurs qui naguere,
dans les parvis du Temple, se pressaient autour de lui et le faisaient asseoir sur leur chaire pour le mieux entendre? Helas! autour
de sa personne, plus rien, si ce n est le silence et l obscurite. Dans toute cette bourgade, il n a pas meme de nom, on ne l appelle pas Jesus, simplement le fils du charpentier.( Saint Mathieu,XIII,55).Lorsqu un habitant de Nazareth a besoin d une charrue, d un coffre en bois, d une porte ppur sa demeure, de quelques planches sur le toit de sa maison, il se rend a l atelier de Joseph, il explique ce qu il veut. Joseph et Jesus ecoutent humblement ses ordres et travaillent durant quelques jours. Puis, un soir, bien fatigues, ils partent portant a deux, sur leurs epaules, l objet commande. On leur en donne le prix convenu. Mais, auparavant,
il leur faut parfois, entendre des reproches et courber le front en silence, afin de ne pas demeriter de recevoir, par la suite, un nouveau travail a faire!
Pauvre Fils de Dieu! C etait donc la ce que vous vouliez offrir a votre Pere comme rancon de nos orgueils!
Mais, surtout, le Christ Adolescent souffre dans son ame. La plus grande de ses souffrances, a vrai dire la seule,tellement elle
depasse les autres, c est la vue des peches du monde.
Deja, pour nous, etres bornes et miserables, le mot peche a quelque chose d effrayant. N est-il pas, en effet, la negation de tout ordre,
de tout bien, de tout bonheur, la negation meme de Dieu? Qui donc pourrait concevoir ce qu il etait pour Jesus? Lui, l Intelligence infinie, l Amour sans borne, la Purete sans ombre, se voir enveloppe de toutes les fanges terrestres, savoir que l heure approche ou il en sera totalement submerge,
et deja se sentir le maudit ciel( Factus pro nobis maledictum. Saint Paul aux Galates,III.)
Voila par quelles meurtrissures du corps, du coeur et de l ame le divin Adolescent commenca notre guerison.
Vous qui lisez ces pages, voulez-vous etre vraiment le disciple de l Evangile? Voulez-vous que votre corps ne soit pas aujourd hui
la prison de votre ame, et demain son tombeau? Portez en vous la mortification de Jesus.( Saint Paul aux Corinthiens, Epitre II,chap.IV,10)
D abord, mortifiez votre corps. De tous les ennemis de votre ame, le plus dangereux c est votre chair. Sans doute il faut, contre elle,
garder une sage mesure. Saint Francois de Sales, avec la force de son bon sens et le charme de son style, a ecrit : « Les cerfs courent mal en deux temps : quand ils sont charges de venaison et quand ils sont maigres. Ainsi nous sommes grandement exposes aux tentations quand notre corps est bien nourri et quand il est trop abattu; car l un le rend insolent en son aise, et l autre
desespere en son mesaise.( introduction a la vie devote, Part.III,chap.XXIII.) »
Accordez donc a votre corps ce qui lui est necessaire, mais refusez-lui tout ce qui ressemble a de la sensualite. D ailleurs regardez souvent du cote de Nazareth : aux somptueux festin des riches vous prefererez le modeste repas du pauvre; votre ame et votre corps lui-meme ne s en trouveront-ils pas beaucoup mieux?
Mortifiez votre coeur. N y laissez penetrer aucune affection dont votre conscience puisse s alarmer. « La vertu, dit saint Augustin, c est l ordre dans l amour. (Cite de Dieu, Livre XV,chap.XXII. )» Ceux que Dieu vous dit d aimer, vous ne les aimerez jamais trop car jamais vous ne les aimerez autant que le Dieu Adolescent aima Marie, aima Joseph. Mais toute affection, dont l amour de Jesus-Christ n est pas l atmosphere et la vie, tombe vite dans les sens. Des lors, elle n a plus rien de vrai ni de durable. Combien de ces affections qui, apres avoir commence pour ainsi dire dans le ciel, par des unions de
prieres, entre deux anges, sont allees finir, de chute en chute, plus bas que terre, entre deux miserables!
Mortifiez votre esprit. Loin de vous toute lecture dangereuse, toute curiosite malsaine,
toute frequentation frivole. Defiez-vous de votre sens propre. Aimez a obeir plutot qu a
commander. Ne repoussez pas, avec durete,
une louange sincere; vous contristeriez quelqu un qui cherchait a vous etre agreable.
Mais non plus, ne vous irritez pas d un reproche meme immerite. Pensez alors au Fils de Dieu, a l Architecte des mondes, ecoutant, avec douceur et humilite, l habitant
de Nazareth qui lui reproche d avoir peu compris son ordre et mal assemble deux planches!
Mais surtout, mortifiez votre ame. D abord souvenez-vous de vos fautes. Jesus vous les a pardonnees. Vous,  pouvez-vous les avoir oubliees? Au pied de la Croix, pres du Tabernacle, aimez a redire, comme David, le regard arrete sur ces aberrations morales, que peut-etre les hommes ont ignorees, mais
que le ciel a vues: Seigneur, lavez-moi davantage encore de mon iniquite,  je la connais, et sans cesse son souvenir se leve contre moi. ( Psaume Misere.)
Pensez aussi aux peches du monde. Jesus ne vous demande t-il pas de l aider a en porter le poid?
Si vous l eussiez rencontre dans un sentier solitaire de Nazareth flechissant sous le lourd fardeau d un bois qu il venait de couper dans la colline pour l apporter a l atelier, ou d une poutre qu il avait equarrie et dont il allait soutenir quelque pauvre maison branlante dans la bourgade, ne vous
seriez-vous pas jete a ses pieds pour le supplier de vous permettre d unir vos efforts
aux siens, afin d avoir le bonheur immense de porter une part de son fardeau? Or, comprenez-le, cette poutre, cet arbre, ce fardeau enfin etait fait des peches des hommes; et chaque jour encore Jesus passe ainsi sur nos chemins, courbe et chancelant sous la terrible charge des offenses humaines. Ce n est plus, il est vrai, a un atelier qu il se rend, ou vers une maison en ruine que se

dirige sa penible marche; notre eternel Sauveur monte a son mysterieux Calvaire, pour y guerir nos blessures dans l effusion de son sang.
Supposons que, dans un instant, lorsque vous sortirez de votre demeure, sur le grand chemin, a quelques pas de vous, vienne a passer un homme, un inconnu, qu un fardeau accable. Il tremble, il chancelle, il va etre blesse, tue peut-etre. Cet homme, vous ne le connaissez pas, vous ne l avez jamais vu
Cependant vous accourez a lui, vous le soutenez, vous demandez du secours pour lui.. Jesus sera t-il donc le seule a ne jamais
meriter vos compassion?
    
                     PRIERE ET RESOLUTION
O Dieu Sauveur, non, il n en sera pas,il n en sera plus ainsi. Si mon amour pour vous ne va pas jusqu a desirer la douleur, du moins je
ne la maudirai pas lorsqu elle viendra a moi.
Je me souviendrai que toute votre vie terrestre ne fut qu une longue marche vers la mort, et que, chaque jour encore, vous passez sur nos chemins pour aller porter nos
peches sur l arbre de la Croix.
Pour vous aider a sauver le monde et a me sauver moi-meme, je veux donc, comme vous et pour vous, etre mortifie dans mon corps. Aussi, habitation, nourriture, vetement
tout me sera de peu.
Je veux, comme vous et pour vous, etre mortifie dans mon esprit : l estime des hommes,leurs louanges ou leurs blames me trouveront peu sensible. La regle de ma vie, de mes actes, de mes paroles, mes pensees,
ce sera votre verite; ma seule ambition, votre
approbation; et mon vrai bonheur, votre amour.
Enfin, je veux, comne vous, avec vous et pour vous, etre mortifie dans mon ame. Le souvenir de mes peches et la pensee des peches du monde hanteront souvent mon coeur. Et si les contradictions, les ingratitudes
les trahisons,  ou simplement l infortune, la pauvrete, la maladie viennent meurtrir ma vie
je tacherai d etre assez chretien pour me rejouir de vous aider ainsi a porter a votre Calvaire les peches du monde et les miens!
                                          Ainsi soit-il.
_________________
Vierge Lorraine - Libératrice et Patronne secondaire de la France - Sainte des soldats ; Sainte Jehanne d'Arc : "Messire Dieu premier servi !"


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 06:45 (2016)    Sujet du message: Méditation

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