Forum du Royaume de France Index du Forum

Forum du Royaume de France
« Mon principe est tout, ma personne n'est rien » Henri V, Comte de Chambord

 FAQFAQ   RechercherRechercher   MembresMembres   GroupesGroupes   S’enregistrerS’enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 

Méditation
Aller à la page: <  1, 2, 3  >
 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Forum du Royaume de France Index du Forum -> Actualité -> Religion
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
christelle
Chevalier

Hors ligne

Inscrit le: 29 Juil 2012
Messages: 50
Localisation: Lorraine
Religion: Catholique
Féminin

MessagePosté le: Mar 25 Fév - 21:16 (2014)    Sujet du message: Méditation Répondre en citant

MEDITATION XVI Lecture des divines Ecritures.
L iniquite des superbes s est multipliee contre moi...Mais, moi, j ai medite votre loi...
Cette loi, tombee de votre bouche, m est meilleure que des tresors d or et d argent.
                                         Psaume CXVIII.
                               PRELUDE
Chaque soir, en Israel, la famille entiere, rangee dans un religieux silence autour de son chef, ecoutait quelques pages de ces Livres Sacres qui racontaient tant de choses etranges, mysterieuses, sublimes: l origine du
monde, la chute lamentable de la race humaine, la promesse d un Redempteur, la dispersion des fils d Adam, la corruption des hommes et le deluge; Noe reconstituant la grande famille humaine; Abraham, Jacob, Moise detachant du desert la tribu dont Jehovah veut se faire un peuple fidele; David
saluant, a travers les siecles a venir, le Fils de
sa posterite, auquel Dieu donnera les nations
pour heritage;( psaumeII,8) et enfin les Prophetes venant, tour a tour, chanter Celui qui naitra d une Vierge,( Isaie,VII,14) pour etre Roi d un royaume eternel.(Daniel,VII,14.)
On comprend ce qu une pareille lecture devait eveiller, au coeur des enfants d Israel, de craintes et d esperances, de fierte nationale et d enthousiasme religieux.
                                  I
Jesus, afin de nous ressembler en tout, excepte en ce qui aurait offense l eternelle Justice, voulut avoir besoin qu on lui apprit a lire.
Joseph fut son seul maitre, car jamais le Fils de Marie ne frequentera aucune ecole de Nazareth.( Saint Jean, VII,15.)
Maintenant qu il a grandi, tout naturellement les roles sont intervertis. D ailleurs, comment
le bon et simple artisan oserait-il lire encore et expliquer les Ecritures a Celui dont les paroles, semblables a des eclaires, repandirent naguere la stupeur dans l ame des docteurs les plus exerces, lorsque, dans le Temple de Jerusalem, ils voulurent l interroger sur la Loi?
C est donc ledivin Adolescent qui, le soir venu, deroule les manuscrits sacres et lit la page sainte.
Quelle scene sublime sous cet humble toit d artisans! Il faudrait le pinceau de Raphael pour en tenter l esquisse; et encore, l oserait-
on?
Une lampe de terre, posee un peu de cote sur un boisseau, ne progette autour d elle qu une clarte obscure; et cependant tout l interieur de la maison semble rempli de la plus suave lumiere; la Vierge divine s est assise sur un coussin, a droite de son Fils, mais un peu en avant, comme pour pourvoir tout a la fois l entendre et le voir; Joseph, selon son habitude, par modestie, s est place
a gauche. Quant au Christ Adolescent, ainsi
qu un jeune docteur, il a pris place au milieu et s est assis sur un escabeau. La simplicite de son vetement contraste etrangement avec
La majeste qui rayonne de tout son etre. Vingt annees ont passe sur notre terre depuis
Qu il a quitte le Ciel pour habiter parmi nous, et chacune de ces annees est venue ajouter a sa sagesse comme a sa beaute. Maintenant l adolescence s acheve et la jeunesse commence. L intelligence de son front, la profondeur de son regard, les traits de son visage, l ineffable douceur de sa voix, la noblesse de son geste, la dignite incomparable de toute sa personne, en font un etre surhumain qu on ne peut regarder ni entendre sans entrer en une sorte d extase.
Ce soir-la, Jesus vient de derouler les propheties d Isaie. Avec David, Isaie est son prophete de predilection; et, au cours de sa predication evangelique, c est ce grand Voyant qu il citera a toit instant.- Nul, en effet, n a dit avec plus de precision et les grandeurs eternelles et les abaissements temporels du Messie.-En ce moment, sa main
tient le mysterieux parchemin tout couvert de caracteres fins qui s enchevetrent et se suivent sans solution de continuite. Mais c est a peine si ses yeux s abaissent pour y regarder. On dirait, - et ce serait verite, - que le Fils de Marie sait toutes ces Ecritures sans avoir besoin d y jeter meme un regard. Sa voix, plus melodieuse que celle des Anges qui chanterent sur son berceau, se fzit entendre, et ces paroles arrivent distinctement aux oreilles de Marie et de Joseph:
Vision d Isaie, fils d Amos.
Ecoutez donc, enfants de David: Voici qu une Vierge concevra et enfantera un fils, et son nom sera Emmanuel ( c est-a-dire Dieu avec vous)...
Les peuples qui marchaient dans les tenebres
ont vu une grande lumiere; pour ceux qui habitaient a l ombre de la mort, une lumiere s est levee....Car un Enfant est ne..dont l empire s accroitra; et la paix n aura plis de fin
Il s assiera sur le trone de David et l affirmera
pour toujours....
Mais faites silence, iles de la mer; soyez attentifs, peuples eloignes...Couvert d opprobres et le dernier des hommes, il a connu l infirmite. Son visage etait cache et meprise; lui-meme n etait llus compte pour rien.
Il avait pris sur lui nos langueurs, il portait nos douleurs. Nous ne l avons regarde que comme un lepreux frappe de Dieu. C est a cause de nos iniquites qu il a ete blesse; ce sont nos crimes qui ont brise sa vie! Le chatiment, prix de notre paix, est tombe sui lui; nous n avons pu etre sauves que par ses meurtrissures!....
Cependant il n a pas ouvert la bouche pour se plaindre; conduit a la tuerie, il etait muet comme l agneau devant celui qui tond...
Il a ete retranche du nombre des vivants...
et compte parmi les scelerats!...( Isaie, passim.)
Ces pages ont ete ecrites sept cents ans auparavant; mais ne sont- elles pas l histoire,
jour par jour, de Celui-la meme qui les lit en ce moment?Ah! tous trois le savent bien.
Aussi, tandis que Joseph en ecoute la lecture avec la plus religieuse attention, des larmes
viennent a tout instant voiler ses yeux.
Quand a Marie, comment ces pages n eveilleraient-elles pas en son ame l echo de la terrible prophetie de Simeon: Un glaive transpercera votre coeur? Aussi, pour peindre sa douleur, il nous faudrait recourir a la parole du chantre des grandes detresses d Israel : A qui te comparai-je...Vierge, fille de Sion? Immense comme l ocean est la douleur! Qui pourra jamais te consoler? ( Jeremie.Lamentation,Ii,13.)
Nous nous ecoutons, parfois, de voir que Marie, pres de la croix, se tenait debout; et, nous pensons que, si cette Mere ne mourut pas alors aux pieds de son Fils expirant, ce fut par une intervention surnaturelle; nois avons raison. Mais sachons aussi que, mille fois et plus, dans le mystere tantot doux, plus
souvent terrible, des trente annees de Nazareth, elle avait gravi par avance les pentes de ce Calvaire, et verse aux pieds, entre les bras, sur le coeur de son Jesus, toutes les larmes, ou, pour mieux dire, tout le sang de son ame!
                                   II
Pourrions-nous etre venus aujourd hui a Nazareth, avoir rencontre Jesus lisant les saintes Ecritures, sans en degager la plus utile lecon?
Ces livres, que l Adolescent divin lisait a Marie et a Joseph, sont encore la a notre portee; et,pour les prendre, nous n avons qu a etendre la main.
Tous les autres livres ne sont que des lettres mortes et ne cachent sous leurs plis glaces que quelques fragments de verite.
Les Ecritures sont le Verbe de vie, c est-a-dire Dieu lui-meme sous la forme d une Parole. Deja« Il n y a rien de plus doux que la parole de l homme quand elle sort d une intelligence droite et d un coeur qui nous aime; elle noud penetre, elle nous touche, elle nous charme, elle endort nos douleurs et exalte nos joies, elle est le baume et l enscens de notre vie. Que doit-ce etre de la parole de Dieu pour qui sait reconnaitre et l entendre? Que doit-ce etre de pouvoir se dire
Dieu a inspire cette pensee; c est lui qui me parle en elle, c est a moi qu elle est dite, c est moi qui l ecoute? Et lorsqu on est venu, de page en page, a la parole meme de Jesus-Christ, a cette parole qui n a plus ete une simple aspiration interieure et prophetique, mais le souffle sensible de la Divinite, l expression palpable du Verbe de Dieu, entendue des foules aussi bien que des disciples, que reste-t-il sinon a se taire aux pieds du Maitre et a laisser retentir dans notre ame l echo de sa bouche?» ( Le Pere Lacordaire. Lettres a un jeune homme.)
Donc, tout d abord, tenez a avoir, dans votre maison, le livre des Ecritures, specialement le Nouveau Testament. Placez-le en un lieu d honneur. Que le volume soit de forme soignee, riche meme si vous le pouvez. N est-il pas comme le ciboire de l autel, qui doit etre d or, ou a tout le moins d un metal precieux, parce qu il abrite Dieu!
Puis, le possedant ainsi, prenez l habitude de l ouvrir chaque jour. De preference, ouvrez-le
le matin.
« Le matin est le reveil du monde, qu il soit aussi le votre. Consacrez-en l aube virginale a cette aube plus splendide et plus pure encore qui est la parole de Dieu. L une est la lumiere de vos yeux, l autre est celle de votre coeur; que toutes les deux se levent en meme temps sur vous pour eclairer votre vie.
(Le Pere Lacordaire. Lettres a un jeune homme).
Comme vous serez fort tout le jour, si,
des le matin, vous avez nourri ainsi votre ame
de la verite divine. Car, sachez-le, dans ce Livre des livres, sous chaque mot est une force mysterieuse qui porte les choses et les etres. Celui qui va contre cette force s y meurtrit et s y brise. Celui qui s y soumet, elle le porte, soutient ses efforts, decuple sa puissance.« Ouvrez-le, mon fils, ecrivait encore le Pere Lacordaire a un jeune homme tendrement aime, et, apres y avoir imprime vos levres, livrez-vous a lui comme a l ame de votre mere...»
Mais ne pourriez-vous faire mieux encore?
Le soir venu, souvenez-vous du Christ Adolescent. Lorsque vous voyez les votres reunis, levez-vous modestement, les divines Ecritures a la main; et que, dans le silence general, votre voix s eleve.( Ainsi fait-on dans chaque famille, chez ces Boers qui en ce moment etonnent le monde par tant de vaillance et de grandeur d ame.) Peut etre vos levres sont-elles bien inexperimentees? Ne craignez rien. Un instant Dieu fera de vous son Prophete; et, par vous, ces ames que vous aimez entendront une parole plus grande que le monde; oui, plus grande que le monde, car c est elle qui le crea; llus ancienne que les siecles, car c est d elle qu ils naquirent; plus pure que la lumiere, car c est elle qui la fit jaillir des tenebres; plus puissante que la vie et la mort, car elle commande a l une comme a l autre; et, enfin, aussi aimante que l amour infini, puisqu elle en est comme la mysrerieuse incarnation.
Que les fatigues du jour sont legeres a ceux qui pretent ainsi l oreille a cette incomparable parole! En leur coeur, les tristesses du temps viennent s eteindre dans les joies deja pressenties de l eternite; aussi les songes de la nuit se ressentent de la presence de Dieu et du voisinage du Ciel!
  
                   PRIERE ET RESOLUTION
Votre loi est la verite...donnez-moi, o mon divin Seigneur, de la comprendre, et je vivrai.( Psaume CXVIII,144.).Comment d ailleurs ne pas vous aimer, vous adorer, lorsque, ouvrant vos livres, on reconnait que votre histoire est l histoire de la terre et du ciel, du temps et de l eternite? C est vous qui nous apparaissez sous les ombrages du paradis terrestre; et de l Eden au Calvaire, sur une route de quarante siecles, nous pouvons vois voir passer, vous suivre. Ceux qui deja s inclinent sous votre benediction recoivent la verite et marchent dans la lumiere. Ceux qui vous meconnaissent s enfoncent dans les tenebres et disparaissent bientot, sans espoir
dans la mort.
Aujourd hui, moi, je vous ai rencontre, une fois encore, sous ce pauvre toit de Nazareth.
Un quart d heure a suffi pour faire de moi votre auditeur, emu, entousiasme. Ah! Laissez-moi revenir ainsi, souvent, pres de vous.Laissez-moi, surtout, emporter de votre
rencontre d inoubliables souvenirs, qui m aideront a me detourner des vulgarites et des
mensonges de la vie,  pour me tourner de plus en plus vers les eternelles realites.
                                             Ainsi soit-il.
_________________
Vierge Lorraine - Libératrice et Patronne secondaire de la France - Sainte des soldats ; Sainte Jehanne d'Arc : "Messire Dieu premier servi !"


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
Publicité






MessagePosté le: Mar 25 Fév - 21:16 (2014)    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
christelle
Chevalier

Hors ligne

Inscrit le: 29 Juil 2012
Messages: 50
Localisation: Lorraine
Religion: Catholique
Féminin

MessagePosté le: Jeu 27 Fév - 19:03 (2014)    Sujet du message: Méditation Répondre en citant

MEDITATION XVII             Jesus Pontife universel.
Benissez le Seigneur, vous tous, ouvrages du Seigneur; louez-le, exaltez sa gloire a travers les siecles...
Benissez le Seigneur, o cieux...
Et vous, vertus du Seigneur, celebrez votre Maitre...
Que la terre elle aussi loue le Seigneur, qu elle le loue et qu elle exalte son nom d age en age...
                                                    Daniel,III.
                            PRELUDE
Un livre plus beau encore que la Bible, c est l Univers.« La nature et l Evangile, a -t-on dit, ont le meme langage et resument tout par l amour.» ( Emile Olivier.)
Mais dans la nature, c est avec des objets, des fleuves, des montagnes, des oceans, des astres, des mondes, que Dieu a ecrit son oeuvre.
Dans le plan divin, l Univers devait etre, sans doute, le seule livre que l homme aurait sous les yeux.
Les Anges n en lisent pas d autre. Apres avoir contemple la Beaute divine dans la splendeur de son essence, ils eprouvent encore de vraies extases a considerer sa puissance dans l oeuvre de la creation, a mesurer son immensite a travers les abimes de l espace, a ecouter un echo des eternelles harmonie dans le mouvement des spheres celestes.
Mais le peche du premier Adam avait etendu sur les regards de l ame humaine un voile, qu etaient venus epaissir encore, de siecle en siecle, les peches personnels de ses descendants.
Or, n est ce pas pour tout restaurer dans le ciel et sur la terre, ( Saint Paul aux Ephesiens, I,10.) que Jesus, le second Adam, venait se meler a notre race?
                                 I
Le Christ Jesus, en effet, est le sommet de la Creation, le premier-ne de toutes creatures, celui par qui toutes choses ont ete creees dans les cieux et sur la terre;( Saint Paul aux Colossiens,I,15et16.) et c etait pour se mettre
a la tete de tous les etres crees, afin de les reconduire a Dieu son Pere, qu il etait venu sur notre terre, c est a dire, sans doute, aux derniers confins de la Creation. Par lui, l Univers allait recevoir une intelligence pour connaitre son Createur, des levres pour le prier, un front pour s incliner dans l adoration, un coeur pour l aimer. En lui et par lui, non seulement les Anges et les hommes, mais les astres du ciel, la lumiere et les tenebres, les jours et les nuits, les nuees et la foudre, les pluies et les rosees, les neiges et les glaces, en un mot toutes les creatures dont la puissance de son Pere peupla l etendue, allaient trouver une pensee, une voix, une ame et chanter l hymne immense, universel, infini.
« Quand Jesus-Christ s agenouille devant son Pere, il agenouille avec lui l humanite representee par l une de ses natures, et la divinite par l autre. Il agenouille tous les astres, tous les mondes. Il y a donc un Dieu adorant et un Dieu adore; il y a un culte parfait. Le grand probleme a recu sa solution:
Tout est pour vous, mais vous, vous etes pour le Christ, et le Christ est pour Dieu.»( Leon Gautier. Etude sur le Pere Faber.)
Dans ces pensees, relisez les quatres Evangelistes, et vous serez emerveille de l amour de Jesus, meme pour les etres inanimes ou sans raison.
Ici sa parole evoque les lis des champs, plus splendides en leur blancheur que Salomon dans toute sa gloire;( Saint Mathieu,VI,28) la,les oiseaux du ciel, qui ne sement ni ne moissonnent mais que nourrit son Pere celeste;( Saint Mathieu,VI,26) plus loin, la foudre qui parait en Orient et aussitot est vue
En occident...(Saint Mathieu,XXIV,27)
Mais il est plus simple de dire que le Fils de Dieu a emprunte a ce merveilleux monde de la nature toutes les paraboles, toutes les figures, toutes les comparaisons de son Evangile.
Bien mieux encore, lui-meme s est nomme la pierre, la lumiere, le feu, l eau vive, la fleur, la vigne, le vin, le froment,etc...
Aussi, remarque bien digne d etre faite en une telle etude, a sa mort les etres inanimes eux-memes prendront le deuil: Les rochers se fendront, la terre tremblera, la foudre grondera, les astres refuseront leur lumiere!
Revenons maintenant a Nazareth, et consideront, dans les abaissements ou son amour pour nous  l a fait descendre, ce Roi,
Ce Pontife universel de la Creation.
Nous n aurons pas a le chercher longtemps.
Le voici qui passe pres de nous sur le sentier.
Ou donc va ainsi l Homme-Dieu?
Il va la, ou jusqu a sa derniere heure il aimera
a aller se receuillir et prier, sur la montagne.( Saint Marc,VI,46.)
Non loin des habitations de Nazareth est un rocher, dont l altitude au-dessus de la mer est de cinq cents metres environ.
De son sommet, splendide est la perspective qui se deroule sous le regard. Au bas, dans le fond de la vallee, c est la petite bourgade qui, le soir, semble s envelopper d ombre et de silence pour mieux gouter le repos de la nuit; au dela des dernieres maisons, semblable a un ocean de verdure, s etend l immense plaine d Esdrelon. Tout a l entour, mais dans le lointain, c est le Thabor qui dresse sa cime qu immortalisera bientot la Transfiguration;
ce sont les monts de Galaad, que le soleil dore d un dernier rayon; c est la mer de Tiberiade, que le regard entrevoit a peine, mais que le coeur salue avec emotion. Au-dessus de nous, c est le ciel qui etend ses abimes encore azures, au fond desquels s allument, l un apres l autre, les astres de la nuit.
Mystere insondable! En cet instant tout se tait et tout parle!
L Univers est le temple et la terre est l autel!
Le Pontife de ce temple universel, c est le Christ Jesus, que vous avez suivi, ce soir, sur ce rocher solitaire; c est lui, et lui seul, qui resume en sa pensee et en son coeur les voix
des choses, les sentiments des etres, la parole de notre monde et de tous les mondes
Aussi, -il est permis de le penser et bien doux
de le croire,- c est sans doute dans l une de ces heures pleines de mystere, sur l un de ces sommets de Nazareth, que Jesus, s agenouille ainsi devant la majeste de son Pere celeste, ouvrit ses levres a cette priere qui allait bientot devenir la priere de l Humanite entiere: notre Pere qui etes dans les cieux...que votre regne arrive, que votre volonte soit faite sur la terre comme au ciel...
Ainsi se trouvait enfin realisee l invitation que Dieu, par son Prophete, adressait a tous les etres crees: Benissez le Seigneur, vous tous, ouvrages de ses mains; louez-le, exaltez sa gloire de siecle en siecle...
                                II
Ici, comme partout et en tout, Jesus nous dit: Je vous ai donne l exemple, afin que ce que j ai fait, vous aussi vous le fassiez.( Saint Jean, XIII,15) Aimons donc a lire dans ce livre incomparable, dans cette Bible immense que l on appelle l Univers. C est de Dieu que chacune de ses pages nous parle. D ailleurs,
Ce livre merveilleux n a pas d autre but. La raison, comme le Revelation, nous dit que les siecles, a savoir tout ce qui est dans le temps et l espace, ont ete crees pour que l Invisible devint visible.( Saint Paul aux Hebreux,XI,3)
« Ceux qui contemplent le monde exterieur au point de vue de l art peuvent atteindre deja un ideal eleve: les formes s eclairent pour eux du reflet des pensees divines.. Mais la foi nous mene a un ideal incomparable-
ment plus haut...Derriere toutes ces choses, il y a la science, la sagesse, la toute-puissante
souverainete de Dieu; il y a son amour infini d ou sort son grand et misericordieux dessein de sanctifier toutes ces creatures dans le Christ.» ( Mgr Gay.De la Foi)
Quand u. Chretien s agenouille, il ne s agenouille pas seul; il agrnouille avec lui tous
les etres materiels dont il est le representant,
le Pontife. C est ce qui fait que le chretien est tenu plus etroitement que tous les autres hommes a aimer la nature, les champs, les bois, les animaux, les plantes. A tous ces etres, il.peut crier: Je suis votre intelligence et votre voix. Epanouissez-vous en toute liberte, fleurissez en toute beaute. Je m agenouille, je prie, j adore en votre nom.»( Leon Gautier.Etude sur le Pere Faber.)
Comment, en effet, voir passer, dans le mystere de nos nuits, ces astres incalcula-
bles dans leur nombre, incommensurables dans leur masse, inconcevables dans leurs courses vertigineuses, et ne pas se demander quelle main les a ainsi lances dans l espace, quelle volonte les soutient sur le vide, de quel lieu ils viennent, a quel port ils vont?
Comment, dans la splendeur du jour, lever les yeux vers cet ocean d azur, dont notre globe terrestre est baigne, sans que nos pensees prennent la direction de nos yeux, pour rester bientot confondues devant ces profondeurs insondables
_________________
Vierge Lorraine - Libératrice et Patronne secondaire de la France - Sainte des soldats ; Sainte Jehanne d'Arc : "Messire Dieu premier servi !"


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
christelle
Chevalier

Hors ligne

Inscrit le: 29 Juil 2012
Messages: 50
Localisation: Lorraine
Religion: Catholique
Féminin

MessagePosté le: Jeu 27 Fév - 19:06 (2014)    Sujet du message: Méditation Répondre en citant

Qui, cependant, ne peuvent etre encore que le seuil des mondes eternels, de ces mondes ou deja sont partis tant des notres, ou nous-memes allons entrer demain?
Comment, de la cime d un rocher, considerer
L ocean, contempler le perpetuel mouvement
De ses flots, ecouter la plainte incessante de ses lames,  assister a ses terribles courroux et
ne pas s ecrier: O mer, qui donc te trouble ainsi? Pourquoi, depuis tant de siecles, n as-tu jamais trouve le repos?
Comment voir briller la foudre et eclater le tonnerre, entendre le mugissement des vents
Le grondement de la tempete, et ne pas saluer avec crainte la colere divine qui passe en ces elements dechaines, pour nous inspirer de salutaires terreurs?
Comment, des pentes d une montagne, ou simplement du sommet d une colline, contempler les plaines, les bois, les rivieres, les moissons, sans se sentir pris d emotion, d enthousiasme meme pour cette misericordi-
Ieuse Bonte qui avait prepare a l homme un sejour splendide, oui splendide! puisque, malgre le peche qui le devasta, comme un ouragan devaste une plaine, ce sejour garde encore tant de richesse et tant de splenseurs!
Il n est pas jusqu a la goutte d eau, la perle de
rosee, le brin d herbe, le grain de sable, la feuille que le vent emporte, qui ne soit comme un fragment de l immense miroir destine a refleter la puissance et l amour de l Etre souverain: Seigneur! Seigneur! s ecriait David, que votre nom est admirable dans toute la terre! (Psaume VIII.)
Oui, ayons seulement le coeur pur, et partout
nous verrons Dieu. Pour nous aussi, comme
pour le celeste Adolescent, a certaines heures
le monde des etres visibles ne nous sera plus
que ce qu il est en realite: une invitation a l adoration. Et notre bonheur, ainsi que notre
grandeur, sera de preter a tous ces etres une voix pour nommer Dieu, des levres pour le celebrer, et surtout un coeur pour l aimer.
  
                         PRIERE ET RESOLUTION
Pour ceux qui ne croient pas en votre Evangile, o Jesus, le monde est une enigme sans reponse ; l Univers, un livre ferme; la vie
elle-meme n a plus de sens.
Mais pour nous, vos heureux disciples, - nous en avons la revelation dans vos livres Sacres et mieux encore en votre Personne:
- ce monde est un poeme immense compose
par la Toute - Puissance; et chacun de nous doit etre l intelligence qui en epelle les mots
et le coeur qui chante la reconnaissance, l amour, l adoration.
Oh! qu elle est belle votre sainte Religion, ainsi comprise! Car, ne serais-je qu un enfant
inconnu, un artisan ignore, une humble servante, un patre errant dans la montagne, un bucheron perdu dous la foret, si je vous
connais, si je dis votre nom matin et soir, si je
fais le signe de la croix quand votre foudre eclate, si je m agenouille lorsque je suis dans le dangee ou la peine, malgre ma petitesse, malgre mes fautes,  je me sens plus grand que l Univers entier. Car l Univers ne sait meme pas votre nom, et moi je crois en vous,
je vous aime, je vous adore!
                                              Ainsi soit-il.
_________________
Vierge Lorraine - Libératrice et Patronne secondaire de la France - Sainte des soldats ; Sainte Jehanne d'Arc : "Messire Dieu premier servi !"


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
christelle
Chevalier

Hors ligne

Inscrit le: 29 Juil 2012
Messages: 50
Localisation: Lorraine
Religion: Catholique
Féminin

MessagePosté le: Ven 28 Fév - 20:56 (2014)    Sujet du message: Méditation Répondre en citant

MEDITATION XVIII                      La Paque en Israel.
Le Seigneur dit a Moise: Ce mois ( de Nisan) sera pour vous le premier dans les mois de l annee...Au dixieme jour, chaque famille prendra un agneau...L agneau sera sans tache...Le quatorzieme jour, tout le pleuple d Israel l immolera, vers le soir..
                                                    Exode, XII.
                           PRELUDE
Lorsque le jeune Israelite approchait de sa douxieme annee, sa famille le conduisait, en un jour de fete, a la synagogue de la cite ou de la bourgade.La, dans une ceremonie pieuse, on le declarait solennellement Fils de la Loi(C est encore ainsi qu en nos jours le petit Israelite, vers sa douzieme annee, est amene a la synagogue pour son initiation.Cette ceremonie est la pale image de notre premiere communion.)
A partir de ce jour, il devait se montrer fidele a toutes les observances religieuses, dont l une des plus graves etait de se rendre, chaque annee, a la Ville Sainte, pour y celebrer la Paque.
Ainsi avons-nous vu Jesus, age de douze ans, monter avec ses parents au Temple de Jerusalem.
Bien que l Evangile ne nous en ait pas conserve le souvenir, tenons pour certain que, chaque annee, le Dieu Adolescent, parfait observateur de la Loi mosaique, monta fidelement a Jerusalem au temps de la Paque.
C est dans l un de ces pelerinages annuels que nous le suivrons aujourd hui.
                                 I
Nous sommes au mois de Nisan.( Mois de Mars) Des que la lune nouvelle, annoncant le mois qui commence l annee pour les fils d Israel, a ete apercue au firmament, un grand feu, allume le soir sur le mont des Oliviers, a donne le signal aux bourgades voisines de Jerusalem.Rapidement, de sommet en sommet, chaque nuit, le signal s est transmis
jusqu aux extremites de la Palestine. Ainsi les
Pretres, ou a leur defaut les Hazans( Le Hazan etait une sorte de sacristain) , appellent tous les vrais Israelites a partir pour celebrer la Paque dans la Ville Sainte.
A Nazareth, deja les preparatifs du voyage sont acheves. Les pelerins ont choisi leur groupe; le lendemain, de grand matin, ils partiront.
Pour gagner Jerusalem par la route la plus sure, il faut descendre vers le Jourdain dans la direction de Jericho, et longer la rive gauche du fleuve jusqu au gue de Bethabara;
c est quatre jours de voyage, et environ huits lieues par jour.
Les riches voyagent a dos de chameau. Joseph n etant qu un simple artisan, Marie, Jesus et lui feront le chemin a pied.
Les hommes et les adolescents marchent ensemble, le baton de pelerin a la main, la besace sur les epaules, la robe relevee a la ceinture afin de laisser la marche plus libre.
Les femmes viennent ensuite, mais en petit nombre, car la Loi pascale ne les oblige pas.
Lorsque la chaleur du jour devient accablante, on s arrete sous un bosquet d oliviers seculaire, le long d un champ de ble dont les epis commencent a murir, ou bien encore on stationne pres d un puit dont la pierre, qui le couvrait, a ete retiree en vue du passage des pelerins. On y puise l eau fraiche
on prend quelque nourriture pour refaire ses forces; et bientot on repart.
Le soir venu, la pieuse caravane suspend sa marche, generalement a l entree d une ville ou d une bourgade. Chaque groupe y dresse
sa tente; et c est la,  sur le sol nu, avec une pierre pour y poser la tete, que tous prennent un peu de sommeil...
Enfin, dans l apres midi du quatrieme jour, c est-a-dire vers le douze ou treize de Nisan, le groupe parti de Nazareth traverse Bethanie, et, quelques instants apres, on le voit deboucher sur les hauteurs du mont des Oliviers. «Jerusalem! Jerusalem!» Ce cri part du premier rang et se repercute, en un instant, jusqu au dernier. A ce cri, tous hatent
le pas, et successivement tombent a genoux, joignent les mains, qui touchent la poussiere
de leur front. Alors des larmes de bonheur coulent de tous les yeux...
Il faut cependant songer a passer la nuit. Il serait inutile de descendre a la Ville Sainte. Pres de deux millions de pelerins encombrent ses maisons, ses places publiques, ses rues elles-memes.Aussi la multitude a-t-elle deborde sur les collines voisines et jusque dans les campagnes environnantes..
C est donc la, sur les pentes des Oliviers que les Nazareens vont passer les sept jours que doit durer la fete pascale.( Exode,XII,15.)
Joseph et Jesus appellent a eux ceux de leur parente. On dresse la tente; on s assied sur le sol ppur prendre quelques pauvres aliment
Et Jesus, en compagnie de Joseph et de Marie
voulut, a chaque Paque, dix-huit annees durant, refaire ce voyage a Jerusalem!
Souvenez-vous-en, courageux pelerins, qu on rencontre si souvent sur les chemins qui menent aux sanctuaires les plus celebres. Ce
que vous faites, Jesus l a fait avant vous, comme vous, pour vous.
Souvenez-vous-en davantage encore, chretiens sans courage, qui n avez que quelques pas a franchir pour aller au temple accomplir votre devoir pascal, et qui ne trouvez pas le temps de satisfaire a ce precepte, sans l accomplissement duquel cependant on cesse d etre le disciple du Dieu
de l Evangile!
                                       II
Le lendemain matin, tous les pelerins sont leves avant le jour. Ils savent, en effet, qu aux
premiers rayon du soleil les pretres ouvriront
le Temple.
Laissant donc leur tente, et le peu qu elle abrite, a la garde de Dieu, Joseph, Marie et Jesus descendent la pente des oliviers, traversent le torrent du Cedron, et penetrent
bientot dans la Ville Sainte.
C est tout d abord au Temple qu ils se rendent, et ils y consacrent un long trmps a la priere.
Puis Joseph va acheter, avec les economies prelevees sur le travail de toute une annee,
l agneau d un an(Exode,XII,5) necessaire a la
manducation pascale.
Cependant de toute part accourent les levites charges d immoler les victimes. Ils se rendent dans la partie du Temple qui est affectee aux sacrifices. La est l autel des holocaustes.
En un instant l immense autel est entoure par la foule des fideles, qui viennent, deux a deux, portant un agneau suspendu a un baton de grenadier. A mesure qu ils arrivent, un levite immole la victime ainsi suspendue, en lui plongeant dans la gorge une lame dont la pointe atteint le coeur. Le fer ne doit briser ni meme toucher aucun os.( C est encore ainsi que de nos jours, les juifs tuent les betes qui serviront a leur nourriture. C est
la ce qu ils appellent la viande Kascher.)
Un autre levite tend un bassin dans lequel il recueille le sang. L agneau est ensuite ecorche. Les visceres et la graisse sont portes sur l autel, ou les pretres les jonchent d encens, puis les poussent dans le brasier ardent. La victime peut, des lors, etre emportee.
Aussi, vers le soir, des milliers de feux s allument au fond des ravins, dans les plaines, sur les pentes ou au sommet des collines d alentour. La branche de grenadier qui a servi
a transporter l agneau pascal sert maintenant
a le tenir au-dessus de la flamme qui rotit ses chairs. Pendant ce temps, chaque groupe
se rassemble. Bientot le festin pascal commence. La duree en est d environ deux heures car le temps a autre la psalmodie s y mele.
Enfin, vers la troisieme heure du soir, c est-a-dire, d apres notre facon de compter, vers neuf heures, le repas va s achever.
A ce moment, celui qui y preside rompt un pain azyme en autant de morceaux qu il y a de convives; et chacun recoit et mange l un de ces morceaux trempes( Saint Jean, XIII,26)
dans le sang de l agneau.
Lointaine et pale figure de la Communion eucharistique!Car n est-ce pas ainsi que le Chretien qui, maintenant, vient s agenouiller a la Sainte Table, recoit un fragment de pain azyme, tout empourpre du sang de l Agneau divin? (Jusqu en nos jours les Juifs ont conserve l usage du pain azyme pour la celebration de leur Paque. La disparition de tout sacrifice ne leur permettant plus de tremper ce pain dans le sang de l agneau, en certaines contrees, les plus fanatiques d entre eux, s ils peuvent enlever un enfant baptise ou une jeune vierge chretienne l immolent rituellement et c est avec son sang qu ils petrissent le pain pourim(pain pascal).
Ainsi s expliquent ces crimes rituels, dont on ne saurait douter, puisque l Eglise a place sur ces autels un certain nombre de chretirns ainsi immoles par eux, tout specialement saint Simon, enfant de deux ans, martyrise a Trente, en Italie, le vendredi Saint, 24 mars 1475. )
Les os de l agneau pascal, avec ce qui restait de sa chair, devaient etre religieusement receuillis et brules.
D ailleurs la nuit etait venue.
De ces milliers de feux, rallumes par les debris jetes sur leurs charbons encore ardents, se degagent tout a coup des lueurs qui semblent embraser les collines et les vallees environnantes, tandis que la-bas, au centre de la Ville Sainte, de l autel des holocaustes monte vers le ciel une immense colonne de fumee embrasee qui projette, sur le Temple et la Cite entiere, des reflets etranges,  ou y dessine les ombres les plus fantastiques.
O Jesus!
_________________
Vierge Lorraine - Libératrice et Patronne secondaire de la France - Sainte des soldats ; Sainte Jehanne d'Arc : "Messire Dieu premier servi !"


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
christelle
Chevalier

Hors ligne

Inscrit le: 29 Juil 2012
Messages: 50
Localisation: Lorraine
Religion: Catholique
Féminin

MessagePosté le: Ven 28 Fév - 21:29 (2014)    Sujet du message: Méditation Répondre en citant

qui dira vos pensees et vos sentiments devant le spectacle que vous avez alors sous les yeux? Malgre les rites dont Moise l a entouree, qu elle semble pauvre, etrange, vaine, la Paque en Israel!
Aussi, comme il doit tarder a votre coeur de l abolir pour remplacer l ombre par la realite!
    
                     PRIERE ET RESOLUTION
La realite, le veritable Agneau pascal, c etait vous, o Jesus! et deja, du haut de cette colline
ou je vous rencontre aujourd hui, votre pensee impatiente walue la grotte de Gethsemani, situee a quelques pas, cette grotte ou vous vous substituerez definitivement, sous la main de votre Pere, a toutes ces victimes impuissantes; elle salue aussi ce Temple ou bientot votre mort fera cesser toutes ces immolations devenues inutiles.
Votre pensee salue surtout ce Golgotha qui dresse a vos pieds dans les tenebres, son humble et mysrerieuse cime.
L heure approche ou vous serez amene la, apres avoir ete achete, vous aussi, quelques deniers! La, ils vous attacheront au bois;la, le
fer, sans briser vos os, vous atteindra au coeur; la votre sang coulera, mais vos sacricateurs l estimeront si peu, que nul d entre eux ne songera a le receuillir! Cependant ce sang sauvera notre pauvre monde, et tous les mondes...
Aussi, en ce moment, votre ame tressaille t-elle des plus saints enthousiasmes, dans l attente de cette heure desiree....
O Jesus! O divin Redempteur! Pour tant d amour, soyez a jamais beni et adore.
                                               Ainsi soit-il.
_________________
Vierge Lorraine - Libératrice et Patronne secondaire de la France - Sainte des soldats ; Sainte Jehanne d'Arc : "Messire Dieu premier servi !"


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
christelle
Chevalier

Hors ligne

Inscrit le: 29 Juil 2012
Messages: 50
Localisation: Lorraine
Religion: Catholique
Féminin

MessagePosté le: Mer 5 Mar - 18:12 (2014)    Sujet du message: Méditation Répondre en citant

MEDITATION XIX                             ses amis.
N est -il pas un charpentier, fils de Marie, frere de Jacques et de Joseph, et de Jude et de Simon? Ses soeurs ne sont-elles pas avec nous? Et ils se scandalisaient.
                                              Saint Marc,VI.
                           PRELUDE
Une lecture attentive des Evangiles ne tarde pas a nous faire decouvrir les tresors de tendresse caches dans le coeur de l Homme-Dieu.
Nul homme n aima jamais comme Jesus de Nazareth.
De lui on pourrait dire,- et ce serait encore rester bien au-dessous de la verite : -« Fort comme le diamant, tendre comme une mere».
Or,pour se manifester, cette tendresse ideale n attendit pas les annees de sa vie publique.
Par les quelques lignes de saint Marc que nous venons de lire, il est facile de comprendre que le divin Adolescent ne vecut pas sans relation a Nazareth.
Essayons donc, d une main discrete, de soulever un coin du voile qui derobe a nos regards sa vie cachee et nous verrons le Dieu
Adolescent preluder a ces nobles et divines amities dont il donnera bientot a la terre d inoubliables lecons.
                                   I
Ceux et celles que l Historien sacre nomme du doux nom de freres et de soeurs de Jesus
etaient les fils et les filles de Marie, soeur de la Vierge sa mere, et de Cleophas que la tradition nous dit avoir ete le frere de saint Joseph. Les deux familles etaient donc unies par les liens de la plus etroite parente. Elles habitaient la meme bourgade; et nous savons
par l Evangile de saint Luc que, chaque annee
elles faisaient ensemble le long pelerinage de Jerusalem pour y celebrer a Paque en commun.
Or, malgre les abaissements sous lesquels volontairement Jesus voilait sa divinite, il n en restait pas moins le plus beau des enfants
des hommes. L approcher, le voir, l entendre, n etait-ce pas, invinciblement l admirer et l aimer?
«L amitie est le plus parfait des sentiments de l homme, parce qu il en est le plus libre et le plus profond. Fondee sur la beaute de l ame, elle nait dans des regions plus pures que toute autre affection. L age ne saurait l affaiblir, car l ame n a pas d age. Superieure au temps, elle habite le lieu eternel des esprits...mais n est-ce pas un songe? L amitie est-elle autre chose qu un nom sublime et consolant? Il y a des meres qui aiment leurs fils; il y a des epouses qui aiment leurs epoux
L amitie existe -t-elle? N est ce pas une fleur de la jeunesse qui se fletrit avant le printemps? N est ce pas un de ces nuages d or qui apparaissent au lever du matin et qui ne voient jamais le soir?» (le Pere Lacordaire.Marie Madeleine, passim)
Mais oui, l amitie existe; car Jesus-Christ l a rapportee a la terre.
Sans doute, avant qu il vint sur notre terre, il y eut des amis; mais lui seul pouvait donner a
l amitie pour objet l ame, pour atmosphere la purete, et pour terme le Ciel.
Les divines Ecritures, il est vrai, ne nous ont rien appris des amities de Jesus durant ses annees de Nazareth. Mais il est impossible d admettre que ce Dieu si bon, si aimant, ait vecu pendant toute son adolescence, toute sa jeunesse, sans affection aucune pour ces adolescents de son age, pour ces jeunes hommes de sa parente qu il rencontrait chaque samedi a la synagogue, que des relations de famille amenaient peut etre chaque jour sous le toit paternel, avec lesquels il faisait chaque annee, a l aller comme au retour, le long chemin de Jerusalem. Les acceuillir avec bonte, se meler a leur conversations, partager leurs recreations, et deja semer en leur ame quelques unes de ces pensees d humilite, de
douceur, de purete, de charite qu il venait rapporter a notre monde, n etait-ce pas, pour
lui,commencer sa mission de Sauveur?
Ecoutons, sur ce sujet,l illustre Pere Faber:
« les rudes manieres de ces jeunes Nazareens s adoucissent aux rayons de son sourire, les coeurs froids s echauffent, ceux qui sont grossiers deviennent aimables, la colere se calme quand il vient parmi eux. Il est deja un roi, un petit roi des coeurs, couronne par l amour et le devouement du village le plus rustique de toute la Syrie. Ils ont couronne l enfant, mais ils oteront sa couronne a l Homme quand sa royaute deviendra serieuse. Il le sait d avance et dans le regard qu il jette sur eux, il y a plus que la tristesse, plus que l amour; c est un sentiment indescriptible qui anime tous ses traits. Ils l ont fait roi, mais pour leur bonheur il desire plutot etre pretre.» ( Bethleem, T.II,chap.VII.)
                               II
D ailleurs, parmi ces jeunes amis du Dieu Adolescent, il en est dont l Evangile nous a conserve le nom: ils s appelaient Jacques, Joseph,Jude, Simon. D apres une coutume orientale, le texte sacre leur decerne meme le titre de freres de Jesus.
Freres de Jesus? Oh! Oui, ils l etaient,  au sens le plus eleve, car les liens de l affection n ont-ils pas quelque chose de plus sacre encore que ceux du sang?
Un ami, c est un frere, mais « un frere sue l on s est choisi ».
Or rien n arrive ici-bas sans l ordre ou la permission du Ciel; donc c etait bien Jesus lui-meme qui avait choisi et choisi de toute eternite, ces adolescents de sa parente pour en faire ses compagnons, ses amis, ses freres
Mais le prefere, l ami de coeur du celeste Adolescent fut Jacques, l aine des fils de Cleophas. Son age etait celui de Jesus.
D apres une croyance qui remonte aux origines memes de l Evangile,( voir Hegesippe,historien du IIesiecle.) comme Jean Baptiste, il aurait ete sanctifie des le sein
de sa mere.
Ce qui accredita cette opignon, ce fut l austerite de ses moeurs et la saintete de sa vie.
Ce frere de Jesus voulut rester vierge.( saint Epiphane.) Quelle place, en effet aurait pu occuper la creature dans un coeur de vingt ans qui avait pour ami le Dieu Adolescent?
A cette sublime ecole, le fils de Cleophas fit de si rapides progres dans toutes les vertus que les Nazareens eux-memes ne tarderent pas a le surnommer le juste.
Des la premiere heure de la vie publique de Jesus, nous le retrouverons parmi les douze  apotres, avec Jude son frere, que son exemple a entraine.
Touchant detail, enfin, qui acheve de faire de ce doux et pieux Nazareen le vrai frere de Jesus: Jacques, fils de Cleophas, par les traits de son visage, par stature, par tout l ensemble de sa personne, ressemblait tellement a Jesus lui-meme, que les premiers chretiens,- c est saint Jerome qui nous l affirme,- passerent plus d une fois les mers pour aller le contempler de leurs yeux, et ainsi retrouver, un instant, la vivante image du Dieu qu ils adoraient.
Heureux ami du Dieu Adolescent,  o frere de Jesus! Comment achever de lire cette page sans que, nous aussi, en desir,en pensee, nous franchissions les distances, nous passions les mers pour aller vous retrouver, ou du moins parcourir ces lieux qui virent naitre votre affection pour Jesus. Nous voudrions vivre des mois, des annees, dans cette bourgade benie de Nazareth. On nous verrait parcourir, silencieux et recueillis, ces sentiers qui si souvent vous virent passer l un apres l autre. Nous nous assierons a l ombre de ces rochers qui entendirent Jesus vous dire de ces paroles que jamais encore un ami n avait dites a son ami. Nous gravirions ces pentes d ou il vous faisait admirer la puissance de son Pere celeste dans la beaute de la nature, l immensite des horizons, l infini de l azur. Nous irions, surtout, nous agenouiller sur ces cimes elevees, ou vous vous teniez pres de lui dans une admiration melee d etonnement et de tristesse, lorsque cet Ami, faible comme un homme, mais beau comme un Dieu, la main tendue vers Jerusalem, vous disait que la-bas, un jour, vous douteriez de lui, de sa mission divine, et que vous l abandonneriez...oh!des larmes devaient alors venir voiler vos yeux. Mais pour en tarir la source, ce frere vous disait sans doute: « Ne crains rien...par la suite, toi-meme tu trouveras, non loin du lieu de mon supplice, une mort que tu auras longtemps appelee de tes voeux. Car, dans l amitie que je t apporte a la terre, desormais la supreme ambition de l ami sera de donner sa vie pour celui qu il aime.» (saint Jean,XV,13)
                                III
Oh! Cette amitie de Jesus, ce n est pas un vain mot, croyez-le bien. Chaque jour, autour de vous, dans la cite, a la campagne, dans le palais, et plus souvent encore dans la mansarde des villes ou sous le chaume des campagnes, des adolescents, de tout jeunes hommes, de timides jeunes filles se donnent a lui par le plus tendre le plus fort des amours.
Comment et ou l ont-ils rencontre, ce Jesus tant aime? Mystere! C etait au soir d un bonheur longtemps attendu, au lendemain d une fete souvent desiree; plus ordinairement encore, c etait dans une heure de deception, pres d un lit d agonie, au bord d une tombe aimee: l ombre, la nuit descendait sur leur ame; la tristesse, la lassitude, le degout pesaient sur leur coeur; des larmes voilaient leurs yeux. Alors Jesus est venu; il n a dit qu un mot. Mais son regard,

Sa bonte, sa beaute les ont boulverses....
A quelques mois de la, penetrez dans ce cloitre aux austeres murailles. Sur le chemin qui mene de sa cellule a la chapelle, voyez passer ce jeune homme. Il a vingt ans, l age des grandes esperances, des aspirations sans limites, des enthousiasmes delirants; et ces etroites murailles,ces sombres corridors contiennent sa vie avec tous ces reves! Son vetement est grossier, sa couche austere, sa nourriture a peine suffisante. Quelques livres au fond d une chambre de dix pieds carres, voila sa seule distraction.
Mais allez a lui, vous qui croyez posseder tous les bonheurs de la terre.
Racontez-lui vos plaisirs et vos fetes; son sourire vous laissera comprendre combien il vous trouve indigent, miserable meme, puisque, votre coeur vous demandant un ocean d affection, la ou vous vivez, il ne s en trouve que quelques gouttes.Encore ces quelques gouttes sont-elles souvent troubles et fangeuses. Ceux qui en boivent, bientot ont soif davantage encore. Lui, au contraire, a trouve une source intarissable. Quand on a une fois trempe ses levres a l eau qui en jaillit
ce n est plus la soif qui y ramene, c est le bonheur.
Laissez donc passer ce jeune homme, qui fut peut-etre votre compagnon d enfance, votre camarade de classes, laissez-le s enfoncer, grave et calme, sous ces arcades noircies par les siecles, ou tant de ses freres ont passe; il va ou tous ils allaient; il va s agenouiller devant le Tabernacle, pour y rencontrer le Dieu qui eut son age, et l aimer comme on aime a vingt ans!
                        PRIERE ET RESOLUTION
O mon Jesus, maintenant, tout enfant baptise est votre frere, tout adolescent chretien est votre ami prefere, et vous vivez pres d eux dans la plus mysterieuse des intimites. Chacun d eux est aime de vous, comme si vous n aviez que lui a aimer...
Si je savais, moi aussi, boire a cette fontaine mysrerieuse de l amour d un Dieu devenu mon frere! Comme, bien vite, je cesserais de m epuiser en vains efforts pour trouver ces citernes dessechees qui ne peuvent tenir l eau, et pres desquelles l homme, voyageur au desert de cette vie, se voit si vite condamne a mourir, epuise!
Donnez-moi donc, de plus en plus, o mon Sauveur, la soif de votre saint amour! C est le seul qui ne trompe pas, le seul dont on ne se repente jamais, le seul que les annees et les interets n emportent pas. Que dis-je? Votre amour, le temps ne fait que le fortifier; car, lorsque, a vingt ans, on a le bonheur de vous connaitre et de vous aimer, on peut bien encore donner une part de son coeur aux choses et aux hommes; mais, a cinquante, a soixante ans,  lorsque les hommes ont revele leur inconstance et les choses leur neant, est-il possible de les aimer encore?...
Vous au contraire, o Dieu de verite, on ne vous en aime davantage.
                                             Ainsi soit-il.
_________________
Vierge Lorraine - Libératrice et Patronne secondaire de la France - Sainte des soldats ; Sainte Jehanne d'Arc : "Messire Dieu premier servi !"


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
christelle
Chevalier

Hors ligne

Inscrit le: 29 Juil 2012
Messages: 50
Localisation: Lorraine
Religion: Catholique
Féminin

MessagePosté le: Jeu 6 Mar - 18:06 (2014)    Sujet du message: Méditation Répondre en citant

MEDITATION XX                           Mort de Joseph.
Seigneur, laissez maintenant partir en paix votre serviteur...car mes yeux ont vu le Sauveur que vous avez envoye a tous les peuples de la terre.
                                            Saint Luc, II.
                            PRELUDE
Une annee encore, et Jesus entrera dans sa vie publique.
Jamais plus, alors, il ne sera parle de Joseph. Les Evangelistes nous montreront Marie venant retrouver son divin Fils; mais nulle part Joseph ne reparaitra.
Aussi, est-ce une croyance universelle que le pere adoptif de l Homme-Dieu mourut durant les dernieres annees que la Sainte Famille devait passer a Nazareth.
Receuillons-nous pour assister a la mort, ou plutot au grand sommeil de celui qui fut et sera toujours appele «le pere de Jesus Adolescent».         
                                  I
Jesus approche de sa trentieme annee; Joseph doit donc avoir soixante ans environ.
Peu a peu, les differences d ages, on le comprend, se sont attenuees. Sans cesser d etre son fils d adoption, le Christ est devenu pour lui un ami, un frere.
Quel frere! Quel ami!
Mais qui oserait entreprendre de raconter cette intimite?
Du cote de Jesus, que de bontes ineffables de prevenances exquises, afin d epargner, a un pere tant aime, une peine, une humiliation, une fatigue!
Du cote de Joseph, quelle admiration, quel amour, quel culte! Amour et culte vont jusqu a l adoration!
S il est vrai qu a certains jours, les Anges se penchent vers notre monde, pour se donner le spectacle des choses humaines, ne peut-on
affirmer que, durant ces longues annees de Nazareth, a tout instant la cour celeste tout entiere dut s incliner vers le pauvre atelier, pour emporter de la d imperissables visions; et que le plus brillant des Seraphins aurait condirere comme un honneur incommensurable pour lui de quitter son trone de gloire, pour venir prendre la place de Joseph?
Un matin, cependant, le bon charpentier ne se rendit pas a l atelier; il ne devait plus jamais y retourner! Etait-ce l age qui avait paralyse ses forces? Non, car il n avait que soixante ans. Etait-ce la maladie? Pas davantage. Il allait mourir, sans infirmite, sans maladie; simplement parce que sa tache etait achevee.
Ce matin-la Jesus, au lieu d aller a son travail quotidien, resta pres de sa Mere. Oh! Lui qui bientot ressuscitera les morts, il n aurait qu un mot a dire, qu un desir a laisser naitre en son coeur, et aussitot la force dans toute sa plenitude reviendrait au noble vieillard. Mais pourquoi prolonger son sejour ici-bas? Bientot Jesus lui-meme ne quittera t -il pas et l atelier, et le foyer de famille, et Nazareth?
Le saint vieillard le sait, car Jesus lui a tout revele. Aussi ne demande-t-il qu a mourir. Bien mieux encore que Simeon, il peut s ecrier :
                      Maintenant, o Seigneur.
Laissez votre serviteur s en aller en paix
                       Suivant votre parole.
Car mes yeux ont vu le Sauveur
                        Que vous avez prepare
Pour etre, a la face de tous les peuples,
         La lumiere qui eclairera les nations
          Et la gloire du peuple d Israel
Voyez Joseph etendu sur le pauvre grabat qui lui servait de couche pour le repos de la nuit.
Marie est venue s agenouiller a ses cotes.
Deja Jesus est pres de lui. D une main il soutient la tete du bon vieillard mourant, tandis que de l autre il releve avec tendresse le bras tombe hors de la couche. Jusqu alors, c etait le pere mourant qui benissait ses fils agenouilles a ses pieds. Mais Joseph sait qui est Celui que les Nazareens appellent « son fils». Ce n est pas a lui de benir l Auteur de toute benediction. Ne pouvant plus parler, d un regard, qui dit son amour et sa confiance, il demande a Jesus de le benir une fois encore.
Le Christ Dieu est debout; et, tandis que ses regards s elevent vers le ciel, que ses mains s etendent sur le mourant, ses levres, ou plutot son coeur murmure quelques paroles, suaves comme un chant d immortalite....
                                  II
Pres du lit ou Joseph venait de mourir, Marie et Jesus resterent sans doute longtemps a pleurer. Car,  mystere de bonte! L Homme-Dieu voulut verser des larmes, semblables a nos larmes,sur le cerceuil de ceux qu il aimait. Oh! Pourquoi s en etonner? La mort n est -elle pas le grand, le terrible chatiment du peche? Puis,si ameres sont ses separations!
Il fallut cependant songer a la sepulture. Voici quels en etaient alors les rites. Le corps erait place dans un cerceuil ouvert, les pieds
entoures de bandelettes, les mains croises sur la poitrine. Le visage restait a decouvert, afin que chacun put venir deposer sur son front le baiser supreme. La mise dans le tombeau se faisait huit heures au plus apres le deces, car dans les pays chauds c est une necessite de hater la sepulture. Il n y avait pas de porteur attitres; des amis se chargeaient de porter le corps.( cf. Stapfer. La Palestine au temps de Jesus-Christ.)
A Nazareth, comme dans toute la Palestine, chaque famille possedait, dans la proximite de sa demeure, un tombeau creuse aux flancs de la colline.
La, comme en un sanctuaire, dans leurs lits de pierre, dormaient les ancetres.
Jesus invita, on nen saurait douter, quelques parents, quelques amis, ceux avec qui, chaque annee, il faisait le pelerinage pascal. Ils vinrent a la petite maison, le lendemain de la mort.
Les freres du Sauveur, c est a dire les fils de Cleophas, porterent sur leurs epaules le defunt, etendu sur un brancard. Jesus, Marie sa mere, Marie de Cleophas et ses filles, qui sont appelees par saint Mathieu les soeurs de Jesus, quelques autres personnes suivaient le convoi funebre.
C etait bien l enterrement du pauvre!
Joseph fut ainsi conduit au lieu de son repos.( l opinion qui place le tombeau de Joseph dans la vallee de Josaphat, pres de Jerusalem ne repose sur aucun fondement et est denuee de toute vraisemblance.)
On le deposa dans le creux de la pierre, et quelques parfums y furent verses.
Alors, selon le rite oriental, chacun s approcha du defunt pour le supreme adieu. Le dernier qui s avanca, ce dut etre Jesus: desormais n etait-il pas le chef de la famille?
Oh! Il semble que,  tout mort qu il etait, Joseph tressaillit,lorsque sur son front s appuyerent les levres de son Dieu!....
Enfin, sur le corps, on etendit un suaire qui voila la tete elle-meme, et on roula sur le cerceuil de pierre la dalle qui devait tout recouvrir!
Pour les invites tout etait fini!
Mais Jesus et Marie souvent reprirent le chemin de ce sepulcre. Il est si doux d aller, pres d une tombe aimee, se souvenir et esperer! ...(c est une douce croyance que saint Joseph fut du nombre de ces Saints qui ressusciterent a la mort de Jesus, et monterent au Ciel en corps et en ame, au jour de l Ascension. Ainsi l ont enseigne saint Francois de Sales, Bossuet..)
                                 III
Vous qui venez de lire cette page, n oubliez pas l exemple qu un Dieu vous y donne.
Dans nos jours d impiete, des hommes se rencontrent partout qui travaillent a releguer,
loin des regards, les tombes ou dorment, dans le grand sommeil, ceux que nous pleurons. Ah! Ils savent bien ce qu ils font!
Mais vous, disciple de l Evangile, malgre les choses et malgre les hommes, gardez le culte
de ces tombes. N est-ce pas la que vous-meme irez bientot reposer? Que ces tombes soient pour vous un lieu de pelerinage. Si vous ne pouvez souvent accomplir ce pelerinage en realite, faites-le, du moins, par la pensee. Allez, pres de ceux qui dorment la, vous souvenir et esperer. Pres d une tombe aimee, n est-on pas comme sur l un des sommets de ces hautes montagnes, d ou le voyageur apercoit deux mondes, le monde d ou il vient et le monde ou il va?
De la, la vie presente vous apparaitra ce qu elle est en verite: une fiction, un reve, un mensonge. Mais, par contre, qu elle vous semblera belle, captivante, cette vie eternelle, qui, alors, ouvrira a vos regards ses horizons sans limites!
Et en meme temps, du sein de leur linceul de pierre, du fond de leur sepulcre lourd d eternite, ils vous diront tant de choses, ces etres cheris!
Car ils ne sont pas morts, ils ne sont qu endormis.
Ils ne sont qu endormis, parce qu eux aussi virent venir a leur chevet le Dieu de l Evangile
et que, dans le mystere de ses Sacrements, il a, comme autrefois a Nazareth pour Joseph, touche leur membres endoloris et depose sur leur front le baiser qui donnr l immortalite!
                      PRIERE ET RESOLUTION
O Jesus! Je ne puis achever cette lecture sans que l emotion la plus profonde s empare de mon ame. Je vous vois si ineffablement bon.pour celui qui fut ici-bas votre pere d adoption!
Ah! C est que vous l aimiez comme jamais fils n aima son pere.
Puis, vos actes ne sont-ils pas universels comme vos paroles? En assistant si tendrement Joseph sur son lit de mort, c est a nous tous, c est a moi, par consequent, que vous pensiez. Jusqu alors, la mort etait horrible. C etait la descente,

sans secours, sans guide, dans la sombre, dans l eternelle nuit! Mais, depuis les jours de Nazareth, la mort peut -elle encore nois epouvanter, alors qu il ne tient qu a nous de vous voir venir en adoucir l amertume?
O mon Sauveur, je ne sais ni quand, ni ou je
m arreterai, un jour, vaincu par la maladie, ou paralyse par la vieillesse; j ignore qui j aurai pres de mon lit pour alleger ma souffrance, soutenir mon courage; j ignore meme si jaurai quelqu un!  mais ce que je sais, c est que, si je le veux, vous viendrez et vous resterez pres de moi comme vous etes reste pres de Joseph; ce que je sais, c est que
vous me consolerez en me montrant le ciel; ce que je sais, c est que, quand mon ame se repliera sourde deja aux adieux de la terre, votre voix m arrivera encore, peut etre meme plus distincte que jamais!
O mon Redempteur, prosterne en ce moment devant vous,  les genoux en terre, les mains jointes, le front humilie par le souvenir de mes fautes, je vous le demande: a mon heure derniere, souvenez-vous de Joseph votre pere, et comme vous avez voulu etre pres de lui, soyez aussi pres de moi. 
                                                  Ainsi soit-il.

    
_________________
Vierge Lorraine - Libératrice et Patronne secondaire de la France - Sainte des soldats ; Sainte Jehanne d'Arc : "Messire Dieu premier servi !"


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
christelle
Chevalier

Hors ligne

Inscrit le: 29 Juil 2012
Messages: 50
Localisation: Lorraine
Religion: Catholique
Féminin

MessagePosté le: Sam 8 Mar - 08:08 (2014)    Sujet du message: Méditation Répondre en citant

MEDITATION XXI                      L ombre de la mort
A qui te comparerai-je ou a qui t assimilerai-je, Fille de Jerusalem?
A qui t assimilerai-je, pour te consoler, Vierge
de Sion?
Immense comme l Ocean est ta douleur; qui t apportera du remede?
                              Jeremie, Lamentation,II.
                           PRELUDE
Maintenant le deuil plane sur la maison de Nazareth.
Le matin,Jesus descend seul a l atelier.
Et lorsque, la journee achevee, le Dieu Ouvrier revient s asseoir a la table, pour le repas du soir, la place ou s asseyait Joseph reste vide.
Venons passer quelques instants sous ce toit attriste; notre ame y trouvera de grandes lecons.
  
                                 I
Parmi ceux d entre nous qui ont parcouru quelque espace de vie, qui n a connu de ces soirs douloureux ou l on rentre dans une maison, comme pour y attendre quelqu un, quelqu un qui ne revient pas, qui ne reviendra jamais, non, jamais!...
Mais ceux qui se retrouvent ainsi se sentent rapproches encore par le malheur. Pour consoler ceux que l on aime et trouver soi-meme un adoucissement a sa douleur, comment, en effet, ne pas eprouver le besoin
d aimer d un amour plus tendre ceux que la mort a encore epargnes?
Ainsi en dut-il etre pour Marie et pour Jesus, au lendemain de la mort de Joseph. Marie n avait plus que Jesus a aimer; et c etait sur sa Mere que Jesus concentrerait desormais toute l affection de son coeur d homme.
Cependant il fallait vivre.
Le travail de l atelier etait la seule ressource de l humble famille. Ainsi le voulait Celui qui dira bientot aux foules accourues pour l entendre: les renards ont leurs tanieres, les oiseaux du ciel leurs nids; le Fils de l homme n a pas ou reposee sa tete.( saint Luc, IX,58)
Jesus dut donc redescendre a l atelier pour y reprendre la hache et la scie. Mais desormais il y descendait seul, et seul il y travaillait tout le jour.
C est sans doute cette phase de la vie du Sauveur qui, plus tard, permettra a saint Justin d ecrire: « l Eglise naissante se souvenait encore des jougs et des charrues que Jesus avait faconnes.»
De toutes les annees de Nazareth, qui ne sent que ce fut la l epoque la plus humaine, et, partant, la plus douloureuse?
Grand fut notre etonnement, lorsque, autrefois, au retour du Temple, nous vimes Jesus, dans sa treizieme annee, revetir une tunique grossiere, armer sa main, si delicate encore, d un outil, et suivre Joseph a l atelier. Cependant notre pensee saisissait-elle la complete realite? A nos yeux Jesus allait-il vraiment travailler? Parvenions-nous a nous debarrasser de toute cette fantasmagorie de nimbes, de draperies, de colonnes et de miracles, que des legendes sans valeur ou des peintures sans savoir ont donnee pour cadre au travail du Dieu Adolescent, cadre qui fait croire que si ce Dieu travailla, ce fut plutot en maniere de jeu, comme l enfant du riche qui descend, avec les ouvriers de son pere, pour se delasser, un instant, de la contrainte des grandeurs?
Venons donc voir aujourd hui le Christ dans sa trentieme annee; nous le trouverons dans la poussiere et la chaleur d une echoppe, les epaules couvertes de la toile grossiere du travailleur, le bras demi-nu, les reins ceints a la facon orientale, tout le corps courbe sur la piece de bois que sa hache acheve. Si parfois
il interrompt son dur labeur et se redresse de toute sa hauteur, c est pour respirer un instant et essuyer la sueur qui perle a son front.
                                 II
Oh! Qu il est adorable ce Christ, que nous voyons si humble, si demain, si vraiment notre frere d humanite!
S il nous etait donne de remonter a travers les dix-neuf siecles qui nous separent de l Evangile, et qu on nous laissat choisir entre le Thabor ou l atelier de Nazareth, notre choix serait-il un instant douteux?
Chacun de nous, sans doute, paierait volontiers, de ce qui lui reste de vie, la vision du Thabor. Voir l Homme-Dieu dans le rayon-
nement de sa divinite, etre ebloui de sa gloire
sentir notre ame inondee d une felicite qui fait pressentir le Ciel, quel reve! Comment cependant ne pas preferer Nazareth? Comment ne pas courir a cet atelier ou travaille Jesus, depuis bientot dix-huit ans, ou il travaille seul, maintenant que Joseph dort du grand sommeil? Sur le mont de la Transfiguration, en effet, notre bonheur n eut pas ete sans terreur. Mais ici pourquoi tremblerions-nous? Ce n est Dieu, c est l Homme que nous rencontrons, oui, et un homme comme chacun de nous, homme par amour pour nous, homme pour expier nos fautes et devenir notre frere.
O Jesus, que d autres recherchent donc les eclats de votre puissance, les rayons de votre gloire divine, et que, pour les trouver, ils vous
suivent dans votre vie publique; qu ils montent dans cette barque d ou vous calmez d un mot les vents et les flots; qu ils s enfoncent, a votre suite, dans ces deserts ou avec quelques pains vous nourrissez des multitudes; qu ils gravissent ces collines au sommet desquelles vous faites entendre une parole qui va changer le monde, je le comprends et volontiers je les y suivrai. Cependant mon pelerinage de predilection sera toujours Nazareth. Car si les mers de Galilee, les solitudes du desert, les sommets des montagnes me disent que vous etes Dieu
et que je dois vous adorer ; ici,a Nazareth, la maison que vous habitez, les sentiers que vous parcourez, la fontaine ou vous allez puiser de l eau, les arbres sous l ombrage desquels vous venez vous reposer, les collines que vous gravissez, les sommets ou vous vous agenouillez pour prier; et surtout, cet atelier, dont le sol gardera a jamais l echo
de vos coups de hache, la trace de vos pas, l humidite de vos sueurs; oui, tout ici me dit que vous etes aussi un homme, et que, par consequent, je puis faire mieux encore que de vous adorer comme mon Dieu; je puis vous aimer comme mon Frere!
                                III
Il est de toute vraisemblance que Marie, surtout apres la mort de Joseph, dut descendre plus d une fois vers l atelier ou Jesus travaillait tout le jour.
Quelle mere ne l eut fait?
La Vierge benie savait que bientot son divin Fils allait la quitter.
Comme font nos meres, lorsque approche pour nous le moment de partir au loin et ppur longtemps,la mere de Jesus preparait ce qui allait lui etre necessaire durant les dures annees de sa vie apostolique. Prenant son rouet, elle s en allait donc vers l atelier et filait le lin dont elle ferait bientot une robe sans couture.( Saint Jean, XIX,23.)
C est cette robe a larges plis et tombant jusqu aux pieds que Jesus portera dans toutes ses courses evangeliques; c est cette robe dont il suffira aux malades de toucher les franges pour etre immediatement gueris.
Helas! C est aussi cette robe qui, au soir de l agonie, se tiendra de son sang.
C esr cette robe enfin que, pres de la croix, les bourreaux tireront au sort, pendant que lui, l Homme de toutes les innocences, le Dieu de toutes les bontes, il achevera de mourir, dans le plus terrible des supplices!
Marie n ignore rien de tout cela. Aussi, tandis
que ses yeux suivent le fil qui se forme sous ses doigts, sa pensee est souvent ailleurs: elle
est deja dans cet avenir que rapproche d elle
chaque heure qui passe.
Une larme vient alors voiler son regard. Elle l essuie silencieusement ; car jamais Marie ne songea a se plaindre.
Mais ne sont-ce pas la d inffables mysteres qu il faut adorer en silence, dans l impuissance ou l on se sent de les raconter?
Qu il nous soit cependant permis d evoquer ici l esquisse qu en a tentee un peintre de notre siecle, peintre dont la foi religieuse egala le talent.( Holman Hunt, peintre anglais
Ce tableau a pour titre: l ombre de la mort.)
La toile represente l atelier de Nazareth. Sur le devant, presque au seuil, se tient le Christ. Il est debout,tourne vers le dehors, les bras tendus, dans l attitude d un ouvrier qui, pour se remettre de durs efforts, respire l air pur a pleine poitrine. La lumiere qui le frappe en face a projete son ombre sur la blanche muraille du fond. La, comme au hasard, sont suspendus divers outils: des limes, une scie a poignee, des clous. O stupeur! L ombre du corps, avec ses bras tendus, donne, a s y meprendre, l image d un homme crucifie! Les limes, semblables a des epines, enlacent le front; les clous paraissent percer les mains;
la scie elle-meme ressemble a un ecriteau place transversalement au-dessus de la tete du Supplicie; et, pour achever la terrible vision, dans le mur, ici et la, se voient des eraflures, semblables a des gouttes de sang qui tombent a terre...
Ce jour la, la Vierge etait descendue a l atelier
Placee entre la porte d entree et la muraille du fond, ses regards ont rencontre, soudain, sur la paroi, la terrible ombre prophetique. Cette fois l emotion est trop forte. Ses genoux tremblent, son corps s affaisse, et un cri de terreur s echappe de son ame!...
Pauvre Mere! Pauvre Mere! A qui vous comparerai-je Vierge de Sion a qui vous assimilirerai-je? Immense comme
L ocean est votre douleur!
Cependant, aujourd hui, ce n est encore que l ombre; et le soleil, en declinant, deja l efface
D ailleurs, Jesus lui-meme a repris son travail;
et, dans la tranquilite echoppe, on n entend plus que le bruit de la hache ou le grincement de la scie, a l aide desquelles la main de Dieu taille la planche dont quelque habitant de Nazareth a besoin!
                      PRIERE ET RESOLUTION
O Jesus! O Marie! Combien vous ont coute mes peches! Car si deja, depuis trente ans, vous avez tant souffert l un et l autre, et si vous vous preparez tous deux a souffrir davantage encore, n est -ce pas pour ma Redemption? Qu il m est donc bon de venir ainsi a votre ecole! Mon indifference; ma tiedeur dont faites plus d ignorance que d ingratitude. Si je savais combien vous m avez aime, combien vous m aimez encore, me detournerais-je de l ocean de votre amour,pour m en aller puiser, avec le creux de ma main, quelques gouttes d eau trouvees a grand'peine dans l orniere du chemin?
Prenez pitie de ma misere. Je suis las; et la marche vers l avenir me devient de jour en jour plus penible. Venez a moi; faites briller a mes yeux cette douce lumiere dans laquelle on vous reconnait, on s attache a vos pas, et l on marche pres de vous, le coeur deja innonde d amour et les regards tournes vers l eternelle Patrie.
                                       Ainsi soit-il.
_________________
Vierge Lorraine - Libératrice et Patronne secondaire de la France - Sainte des soldats ; Sainte Jehanne d'Arc : "Messire Dieu premier servi !"


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
christelle
Chevalier

Hors ligne

Inscrit le: 29 Juil 2012
Messages: 50
Localisation: Lorraine
Religion: Catholique
Féminin

MessagePosté le: Sam 8 Mar - 08:09 (2014)    Sujet du message: Méditation Répondre en citant

MEDITATIO XXII                            Sa Mere
Tant que l heritier est enfant, il ne differe point de l esclave, bien qu il soit le maitre de tout. Mais il reste sous des tuteurs et des curateurs jusqu au temps marque par son pere. Ainsi, nous aussi, dans notre enfance, nous etions asservis aux elements de ce monde. Mais, lorsque fut venue la plenitude du temps,Dieu envoya son Fils, forme d une femme, et soumis a la loi. Il venait racheter ceux qui etaient asservis a la loi, pour qu ils devinssent les enfants de l adoption.
                                         Saint Paul,
                                  Epitre aux Galates,IV.
                            PRELUDE
Si les trente annees de Nazareth constituent pour le Dieu fait homme un abaissement insondable, on peut affirmer que, par contre,
elles constituent pour Marie une elevation incommensurable.
Ne nous en etonnons, d ailleurs, que pour mieux admirer le plan divin de l incarnation.
En elevant ainsi sa Mere, n etaient-ce pas «nos Meres» que Jesus relevait, pour leur rendre la dignite et leur assurer, par la, notre estime et notre amour?
C etait donc pour chacun de nous que Jesus accomplissait ce prodige; car on peut bien avoir ni frere, ni soeur, ni epoux, ni epouse, ni parent, ni ami, mais chacun de nous a une mere. Vivante, nous l entourons de respect et d affection; morte, nous portons son souvenir aime au plus intime de notre coeur, comme en son sanctuaire.
Qu il nous sera donc suave de venir a Nazareth pour y etre temoins du respect, de la veneration et de l amour dont Jesus entoura Marie, puisque, en traitant sa Mere avec tant de dignite, c etait la notre qu il.pensait.
                                   I
Meme chez le peuple d Israel, qui pour lors etait le peuple de Dieu, le role de la mere etait sans dignite et sans grandeur. On laissaitl enfant a la femme ta.t que son age et sa faiblesse ne permettaient pas de lui retirer la tutelle
D ailleurs, l enfant, lui non plus, ne comptait guere. Entendez saint Paul dire aux Galates:
Tant que l heritier de la famille n est qu un tout petit enfant, il ne differe en rien du fils dpe l esclave.
Mais, lorsque cet enfant avait grandi, le pere s en emparait; et, a partir de ce jour, la mere rentrait dans l ombre.
Si le pere ne pouvait ou ne voulait l instruire par lui-meme, il le confiait a des tuteurs et a des curateurs jusqu au temps determine par lui.
Aussi, lorsque l Evangile nous montre Jesus, age de douze ans, revenant a Nazareth, et, la, vivant dans une entiere soumission a Joseph et a Marie, ces trois mots« il leur etait soumis
portent tout un monde nouveau; car ils nous indiquent clairement que desormais, dans la famille, devant l enfant, la mere va redevenir l egale du pere. Que disons-nous, l egale? Dans la loi evangelique, qui deja commence a Nazareth, c est la mere qui, pour l education de l enfant, aura le role preponde-
rant, comme elle a la premiere place dans son coeur.
Le celeste Adolescent fut toujours pour Joseph, son pere d adoption, un modele inimitable de respect, d obeissance, d amour.
Mais pour Marie, sa mere, c etait plus que du respect, plus que de l obeissance, plus meme
que de l amour; c etait une sorte de culte; c etait ce culte religieux, sacre, qui, de son coeur, devait un jour deborder dans tout coeur d homme.
Vingt fois, au cours de cette etude, nous avons eu l occasion de contempler les prevenances exquise, les tendresses adorables du Dieu Adolescent pour la Vierge sa mere. Soit qu il prit plaisir a l aider dans les soins du menage, afin de rester plus longtemps pres d elle; soit qu il allat puiser de l eau a la fontaine publique, pour lui en eviter la fatigue; soit qu il revint, le soir, s assoir pres d elle, pour lui ouvrir son coeur et lui commenter les divines Ecritures, lui reveler les secrets glorieux ou terribles de sa Redemption, ne restions-nous pas confondus de tant de tendresse et d affection
il nous etait impossible, en effet, de ne pas nous souvenir que le Fils de Marie etait aussi le Fils de Dieu,le Verbe eternel, le Souverain Maitre de toutes choses, le Roi immortel des siecles.
Il fut une epoque, cependant, ou cette tendresse, de culte de Jesus pour sa Mere prirent une intensite, du moins dans leur manifestation exterieure, plus grande encore que par le passe: c est l epoque de la mort de Joseph.
Alors Marie fut tout pour Jesus, et Jesus tout pour Marie!
Oh!humble et sainte maison de Nazareth, pauvres murs faits d argile, mais mille fois plus precieux a nos coeurs que l or et les diamants, que ne pouvez-vous nous retracer les scenes d amour filial dont vous futes alors le theatre, nous redire les paroles attendries qui arriverent jusqu a vous, nous retracer les bontes incomparables dont vous etiez a toute heure les temoins? C etait le plus aimant des fils, honorant et glorifiant la plus ideale des meres! Et cela, non seulement ppur satisfaire les desirs de son coeur, mais plus encore afin de pouvoir bientot nous dire a tous: « Je vous ai donne l exemple, afin que, de meme que j ai honore et aime ma Mere,vous aussi, vous honoriez et vous aimiez la votre.»
Et comme Jesus a reussi divinement a glorifier sa Mere!
« depuis que les nations, ecrivait naguere un noble esprit, ont apercu cette unique figure de la Vierge Marie, enveloppee de lumiere, sur les hauteurs celestes; depuis ce jour, en verite, les nations ont connu ce que c est la femme. Toutes les femmes de la terre ont a peine entrevu cette merveilleuse vision, qu elles n ont pu en detourner leurs yeux; qu elles se sont noblement efforcees de devenir semblables a ce modele sans pareil, et qu elles sont devenues en effet de veritables epouses, de veritables vierges. Nous affirmoms sans crainte que le type de la femme n est plus susceptible d aucun progres depuis que la Vierge Marie s est levee sur le monde! » ( Leon Gautier. Portrait du XIXe siecle)
Cette deification de sa Mere n est -elle pas surtout l oeuvre de l enfance et de l adolescence de Jesus?
                               II
A nous en tenir a l ordre de la nature, le coeur d une mere est deja un chef d oeuvre de la puissance et de la bonte divines.
En meme temps qu il accorde a une faible femme l honneur de la maternite, Dieu fait venir en son coeur un amour qui semble avoir quelque chose d infini.
Voyez, en effet, quelle prodigieuse evolution vient de s operer dans l ame de la jeune femme au moment ou elle presse dans ses bras son premier-ne.
Elle qui auparavant avait horreur de la plus legere souffrance, desormais, sans y prendre garde, elle bravera les fatigues et les maladies pour veiller, nuit et jour, pres du berceau de son enfant.
Hier, son ame timide tremblait devant le regard du plus faible mortel; aujourd hui, si l enfant de sa tendresse etait en quelque danger, elle se leverait fremissante, et,  pour l arrachee a la mort,elle ne reculerait ni devant les flammes d un incendie, ni devant le fer d un assassin.
Ne lui parlez plus de fetes mondaines, ni d honneurs frivoles: des honneurs, elle n en veut que pour son enfant; des fetes, ou en trouverait-elle qui vaillent les heures qu elle passe a le combler de soins et de caresses?
Et ce mysterieux amour, si doux et si fort, au moment ou son enfant vient de naitre, ira sans cesse grandissant avec les annees, les devouements, les sacrifices.
Que si, maintenant, vous contemplez cet amour maternel dans la mere chretienne, votre admiration sera bientot sans bornes; car, lorsqu une mere est chretienne, ce n est plus seulement pour le temps, c est davantage encore pour l eternite qu elle aime son enfant. Elle a compris que, dans sa maternite, a l exemple de celle de la Vierge Marie, il y a quelque chose de divin. Tout enfant baptise n est -il pas le frere ou la soeur de Jesus? D abord frere ou soeur d humanite, par sa naissance, puisque le Fils de Dieu, lui aussi, a ete forme de la femme; puis, mieux encore, frere d adoption, car, tandis qu on le baptisait, le ciel s est ouvert sur sa tete, et une voix en est descendue qui disait, comme autrefois pour Jesus baptise dans le Jourdain: Celui-ci est mon Fils bien-aime.(Saint Mathieu,III,17.)
Aussi, en serrant dans ses bras son enfant tant aime, deja cette mere reve du Ciel et pressent l immortalite. L aimer seulement pour la vie? Oh! Non, non! Ce ne serait pas assez; ce n est pas pour si peu de temps, pour si peu de bonheur, que Dieu l a donne a son amour!
D ailleurs, ce qu elle aime en cet enfant, plus,  en quelque sorte, que son enfant lui-meme, c est son ame, son ame immortelle, son ame, vivante image du Dieu de Bethleem, a ce point qu a certains moments d ivresse maternelle, ces deux amours n en forment plus qu un seul en son coeur; car elle ne sait plus si ce n est pas Dieu lui-meme qu elle aime en aimant son enfant!
De la, ce cri sublime, echappe du coeur d une grande reine, mais que toute mere chretienne, sans seulement y prendre garde, est prete a faire entendre a son enfant : « Mon fols, Dieu qui sait tout, peut seul

Savoir combien je vous aime. Et cependant, j aimerais mieux apprendre votre mort que de vous savoir coupable d un seul peche mortel!»
C est une simple femme du peuple, sachant lire a peine, qui disait un jour a l un de ses fils
que Dieu avait honore du sacerdoce : «mon fils, vous voila devenu pretre de Jesus-Christ; si jamais vous etiez infidele a votre mission, votre mere ne vous ferait aucun reproche: elle n en a plus le droit. Mais elle s en irait sur le chemin, mendiant son pain jusqu a ce qu elle tombe morte de douleur.»
Chretien de tout age, de toute condition, voila vos meres, telles que Jesus les a faites en la personne de sa Mere. Comment, apres un bienfait d un tel prix, n aimeriez-vous pas a plein coeur
              LE CELESTE ADOLESCENT? 
                PRIERE ET RESOLUTION
O Jesus, Dieu de bonte et d amour, c est avec des larmes dans les yeux que je tombe a vos genoux. Souvent vos annees de Nazareth, scandale d un monde orgueilleux, me furent a moi-meme un etonnement. Mais, a mesure que j avance dans la contemplation de ce mystere, ses splendeurs eblouissent mon esprit,et,plus encore, ses bontes ravissent mon coeur. Aujourd hui, je le reconnais et le proclame, c est a Nazareth, c est sous cet humble toit qui vous abrita trente ans, c est dans cette vie de soumission et de condescendance envers votre Mere que vous avez rehabilite celles qui un jour devaient etre les notres; ce sont vos bontes, vos exemples, vos graces qui ont mis dans l ame de Marie ces vertus celestes dont nos meres ont herite. Comment pourrions-nous ne pas honorer ces meres, quand nous, vos disciples
nous vous voyons presque defier la votre? Comment ne pas les aimer dans une sorte de culte religieux, quand nous vous voyons envelopper la votre de tant de soins et de tendresse?
O divin Adolescent, Frere de son ame, qui vous revelez ainsi a moi chaque jour plus adorable, que n ai-je un coeur plus pur pour mieux vous aimer, et une vie plus sainte pour mieux vous servir!
                                                Ainsi soit-il.
_________________
Vierge Lorraine - Libératrice et Patronne secondaire de la France - Sainte des soldats ; Sainte Jehanne d'Arc : "Messire Dieu premier servi !"


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
christelle
Chevalier

Hors ligne

Inscrit le: 29 Juil 2012
Messages: 50
Localisation: Lorraine
Religion: Catholique
Féminin

MessagePosté le: Lun 10 Mar - 08:40 (2014)    Sujet du message: Méditation Répondre en citant

MEDITATION XXIII Jean Baptiste annonce que deja le Messie
                         est venu.
L an quinzieme du regne de Tibere Cesar, Ponce Pilate etant gouverneur de la Judee; Herode, tetrarque de la Galilee; Philippe, son frere, de l Ituree et de la Trachonite; et Lysanias, d Abilene; Anne et Caiphe etant grands pretres, Dieu fit entendre sa parole a Jean, fils de Zacharie, dans le desert.
Il vint donc dans tout le pays qui est aux environs du Jourdain, prechant le bapteme de penitence pour la remission des peches, ainsi qu il est ecrit au livre des paroles du prophete Isaie: Une voix crie dans le desert: preparez le chemin du Seigneur; rendez droits ses sentiers. Toute vallee sera comblee
toute montagne, toute colline sera abaissee: les chemins tortueux deviendront droits, les raboteux seront aplanis. Et tout homme verra
le Sauveur envoye de Dieu.
                                            Saint Luc, III.
                              PRELUDE
Tandis que, a Nazareth, tout est obscurite et silence, a trente lieues de la, en Judee, sur les rives du Jourdain, commence un mouvement qui bientot va soulever toute la Palestine.
Quittons donc aujourd hui Nazareth; laissons le Fils de Dieu y continuer, pres de Marie, l insondable mystere de sa vie d humble artisan; et transportons-nous a quelque distance de Jerusalem, sur les bords de ce fleuve ou Jean le Precurseur annonce aux enfants d Israel que deja le Messie est au milieu d eux, et que bientot ils vont voir paraitre.
                                  I
Avant de preter l oreille aux accents du Precurseur, relisons attentivement les quel-
ques lignes d Evangile qui forment comme l introduction a ce qu il vient annoncer a la terre.
Ces quatres lignes sont le tableau effroyable des hontes, des degradations et des malheurs ou est tombe le genre humain.
L an quinzieme du regne de Tibere Cesar...cela veut dire que « ce monstre couronne», depuis quinze ans deja, opprime le monde, et
donne a Rome l exemple des vices les plus bas, des crimes les plus laches!
Ponce Pilate, gouverneur de la Judee....c est le personnage a jamais meprise qui, par pusi-
llanimite, condamnera bientot le Juste par excellence a etre crucifie!
Herode, tetrarque de la Galilee...celui-la ne tardera pas a faire emprisonner et decapiter Jean-Baptiste, afin de ne plus l entendre lui ses vices!
Anne et Caiphe etant grands pretres...ce sont
les deux miserables que nous retrouverons bientot dans la Passion du Sauveur. Leur haine jalouse et basse les conduira au Deicide!
Donc Tibere, Ponce Pilate, Herode, Anne et Caiphe, voila par qui le monde est gouverne!
voila a quelles degradation en est venue la conscience humaine.
Comme il nous est maintenant facile de comprendre pourquoi le Christ, Fils de Dieu, n a voulu naitre ni a Jerusalem, ni a Rome; pourquoi il a dedaigne les palais de Cesar et d Herode; et pourquoi, depuis trente ans deja
il vit, la-bas, au fond d une bourgade ignoree de Galilee, entre Marie, la pure et douce Vierge, et Joseph, l honnete artisan.
Mais en ce moment, la parole de Dieu a retenti au desert. Jean, fils de Zacharie, a donc quitte sa retraite, et il vient dans toute la contree que le Jourdain arrose. Cette contree est celle que bornent, au nord, le lac
de Genezareth et, au sud, la mer Morte. La, un parcours de vingt lieues environ, le fleuve se precipite a travers les rochers arides, au milieu de sites souvent grandioses, mais silencieux et devastes. A plusieurs epoques de l annee, cependant, les rares chemins qui sillonnent ces solitudes, se couvrent de voyageurs. Ce sont des caravanes de pelerins
qui montent vers Jerusalem pour la celebration des grandes fetes hebraiques. Sur le fleuve, nul pont. Il faut connaitre les endroits gueables, et s y attendre les uns les autres, afin de s entr`aider dans la traversee
du courant. Le meilleur gue est celui de Bethabara; et l affluence des voyageurs y est
considerable. Aussi est-ce la qu est venu le Precurseur.
Preparez le chemin du Seigneur, crie-t-il a ces foules groupees un instant pres du rocher qui lui sert de tribune, que toute vallee soit comblee, que toute colline s abaisse...car tout homme va voir le Sauveur envoye de Dieu.
Tandis qu il parle ainsi, sa main etendue vers ces vallees, ces collines, ces chemins tortueux
que tous ont sous les yeux, montre la direction du nord; car c est la, derriere ces lointains horizons, que vit deja le Sauveur tant attendu, c est par ces sentiers tortueux que dans quelques jours il va paraitre.
Qu il nous semble grand, surhumain, le Precurseur du Christ Jesus! Sa vie ne compte guere que trente annees; mais ces annees, il
les a passees dans la plus austere solitude. Fils d une riche famille sacerdotale, il aurait pu habiter Jerusalem, vivre au milieu des honneurs, gouter toutes les joies de la richesse. Dedaignant le monde et ses petitesses, tout jeune encore, il s est laisse conduire au desert, et n a jamais voulu en sortir. Son habitation fut une excavation de rocher; son vetement, une grossiere etoffe de poils de chameau; sa nourriture, le miel et les sauterelles du desert; sa compagnie, les lions, les loups, les tigres des halliers de la mer Morte. Mais la solitude n est-elle pas l ecole des grandes ames? Sanctifie des le sein de sa mere, preserve par son education du contact du monde, le fils de Zacharie a marche a pas de geant dans les voies de Dieu
Dans quelques semaines; Jesus, s adressant aux enfants degeneres d Abraham, leur dira:
qu etes- vous alles voir au desert? Un roseau agite par le vent? Qu etes- vous alles voir? Un homme vetu mollement? Vous savez que c est dans le palais des rois qu habitent ceux qui sont vetus magnifiquement et qui vivent dans les delices. Qu etes-vous donc alles voir? Un prophete? Oui, certes, je vous le dis, et plus qu un prophete. C est de lui qu il a ecrit: voici que j envoie mon Ange; il  marche-
ra devant toi pour le preparer le chemin. Aussi je vous le declare, parmi ceux qui sont nes de la femme, il n en est pas de plus grand
que Jean le Baptiseur.( Saint Luc, VII,24 etsuiv.)
Nous, que l Esprit divin a amenes aujoird hui sur les bords du Jourdain, reconstituons un instant sous nos yeux la scene, il faudrait plutot dire le drame qui s y deroulait, il y a dix-neuf siecles. Voyons ce fleuve aux eaux silencieuses qui s en vont disparaitre dans la mer Morte, ces roseaux qui s inclinent sous le vent, ces collines desertes, ces chemins tortueux par lesquels le Sauveur du monde va venir; voyons surtout ces foules tumultueuses qui se pressent autour de l Envoye de Dieu...pour n avoir pas cru a sa parole, que de malheurs ont fondu sur elles et sur leur patrie! Pauvre Israel! Infortune peuple! Puis, dans le monde eternel ou elles sont allees disparaitre, quel est le sort de ces ames qui n ont pas su voir leur Sauveur, quand il etait la devant leurs yeux?
Et vous, vous qui en ce moment occupez la scene du monde, si toutes vos pensees restent pour la terre, sivtous vos efforts ne sont que l orgueil ou la jouissance, que va t-il
etre fait de vous, apres le si court instant de votre presente vie? ...
Quelle folie d y penser si peu!...
                            
                                    II
Le secret de l incomparable grandeur de Jean le Baptiseur, l Evangile nous le fait connaitre quand il nous dit: il fut un homme envoye de Dieu, son nom etait Jean; il vint au monde, pour rendre temoignage a la verite.( Saint Jean,I,6.) .C est,  en effet, pour s etre montre fidele a cette mission que le precurseur est devenu plus qu un Prophete.
Or, cette mission n est-elle pas desormais celle de tout disciple de l Evangile? Croyant, qui meditez en ce moment cette page, de vous aussi l Esprit-Saint pourrait faire ecrire:
Il fut envoye pour rendre temoignage a la verite. Peu importe votre condition, votre age, votre passe. Des l instant que le Dieu de l Evangile s esr revele a vous, vous devez rendre temoignage a la verite dont il eclaire votre ame.
Pauvre, rendez temoignage a la verite par votre resignation aux dures realites de la vie.
Riche, rendez temoignage a la verite par vos inepuisables compassions.
Malade, rendez temoignage a la verite par l acceptation sans murmure de vos souffrances.
Savant,rendez temoignage a la verite par votre humble soumission aux dogmes reveles.
Penseur, ecrivain, rendez temoignage a la verite en la defendant de votre plume comme un vaillant soldat defend la patrie avec son epee.
Ouvrier, rendez temoignage a la verite en restant fier et digne devant l ironie ou le blaspheme de l atelier.
Serviteur obscur, humble servante, rendez temoignage a la verite par vos labeurs et vos devouements. Si vous faites dire a vos maitres, incredules peut-etre, que ceux qui sont chretiens valent mieux que les autres, vous aurez, a votre maniere, contribue au triomphe de l Evangile.
Vous, surtout, jeune homme au seuil de la vie
ayez, pour supreme ambition, celle de rendre temoignage a la verite qui s est revelee a vous,  d abord sur les

genoux d une mere, et, bientot apres, dans la compagnie de maitres chretiens. A dix huit ans, a vingt ans, bien des causes sollicitent votre courage; une seule en est vraiment digne, la cause de la Verite. Toutes les autres sont de l homme; celle-la seule est de Dieu.
Que si, pour mieux servir cette cause, Dieu vous voulait pour apotre, benissez sa bonte:
c est l honneur le plus enviable qu il puisse faire a un mortel. Entendez, en effet, ce que dit aujiurd hui votre Dieu, sur cette rive du Jourdain ou il est venu commencer sa mission de Redempteur. Apres avoir declare que, parmi ceux qui jusqu alors etaient nes de la femme, il n en est pas de plus grand que Jean le Baptiseur, il ajoute aussitot: mais le plus petit du Royaume de Dieu est plus grand que lui.( saint Luc, VII,28)
Ici-bas, ce regne de Dieu, c est la diffusion de l Evangile. Le Precurseur avait prophetise la venue de ce Regne, il avait meme montre du doigt cette incomparable Terre Promise, mais il ne devait pas lui etre donne d y entrer. Voila pourquoi si Jean Baptiste est plus que le plus grand des Prophetes de l Ancienne Loi
il est reste cependant plus petit que le pkus humble des Pretres de la Nouvelle Loi. Le Bapteme, en effet, qu il donnait aux rives du Jourdain, n etait qu une preparation au Bapteme que donne maintenant le pretre catholique; et quand, du sommet d un rocher, montrant le chemin par lequel allait paraitre Jesus de Nazareth il s ecriait : Voici l Agneau de Dieu, voici Celui qui vient effacer les peches du monde, pouvait-il etre compare, meme de loin, au pretre de la Nouvelle Loi qui, chaque matin, du haut de l autel, tenant dans sa main le Dieu descendu du Ciel a sa voix, le presente a l adoration des Croyants en leur disant : voici l Agneau de Dieu, voici Celui qui efface les peches du monde. Ce pretre, lui, ne se contente pas de montrer aux foules l Agneau de Dieu, il le donne a quiconque desire le recevoir dans son ame, dans le mystere de la communion.
Oui, si Dieu vous voulait pour pretre, pour apotre, tout d abord benissez sa bonte; mais, en meme temps, comprenez que votre place n est plus dans le monde. Tout prophete vient du desert; vous le voyez une fois de plus aujourd hui, par l histoire de Jean Baptiste.
En verite, qu avez- vous attendre du monde? La, pour employer le terme de l Evangile, les hommes ne sont que des roseaux: l interet, l orgueil, l ambition, la volupte, et d autres passions plus miserables encore, ainsi que des souffles d orage, les ploient, les inclinent jusque dans la fange. Fuyez donc le monde; allez vous aussi au desert. Le seminaire, le cloitre vous ouvrent leurs portes. La une muraille de quelques pieds mettra plus de cent lieues d espace entre vos idees et celle du siecle. Il est vrai que votre vetement y sera grossier; votre nourriture, austere; pour habitation, vous n aurez qu une cellule; et pour couche, un grabat. Mais l Esprit de Dieu sera sur vous; des horizons plus vastes que l Univers s entr ouvriront devant vos regards; vous reverez de pauvrete, de sacrifices, comme on reve de fortune et de jouissances dans le monde...En retour, d immenses esperances empliront votre ame, et votre coeur lui-meme goutera des joies qui lui feront prendre en pitie les pauvres bonheurs du siecle.
  
                    PRIERE ET RESOLUTION
En quittant aujourd hui Nazareth, pour prendre la direction du Jourdain, j avais craint
un instant, o mon Jesus adore, de me separer de vous. Mais bientot ma crainte fut dissipee; car c est de vous que parlait Jean le Baptiseur, et c est vous que cherchaient ces foules accourues de Jerusalem, de toute la Judee et de toute la contree voisine du Jourdain.( Saint Mathieu, III,5.)
Mille fois plus heureux que ces infortunes enfants d Israel qui vous virent sans vous connaitre, et qui maintenant, apres deux mille ans ecoules, vous cherchent encore, moi, je vous reconnais comme mon Sauveur, je vous adore comme mon Dieu, j ose meme vous aimer comme mon Frere!
Ma joie cependant n est pas sans trouble: pour rendre temoignage a la verite, a cette Verite qui n esr autre que vous-meme, o mon Seigneur Dieu, qu ai-je fait, jusqu a ce jour?
La seule grandeur durable, cependant, la voila! Le faible enfanr qui, les mains jointes, le front incline, murmure votre nom avec amour, est plus grand que le savant qui vous ignore, que l homme d Etat qui vous persecute!
O Jesus! O mon Roi! O mon Dieu!  donnez-moi donc de vous connaitre un peu, puis de vous aimer et de vous faire aimer beaucoup.
                                              Ainsi soit-il.
_________________
Vierge Lorraine - Libératrice et Patronne secondaire de la France - Sainte des soldats ; Sainte Jehanne d'Arc : "Messire Dieu premier servi !"


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
christelle
Chevalier

Hors ligne

Inscrit le: 29 Juil 2012
Messages: 50
Localisation: Lorraine
Religion: Catholique
Féminin

MessagePosté le: Mar 11 Mar - 18:42 (2014)    Sujet du message: Méditation Répondre en citant

MEDITATION XXIV
                    
                     Adieu a sa mere.
Or Jesus venait d entrer dans sa trentieme annee. Et tous le croyaient fils de Joseph.
                                                  Saint Luc,III.
                             PRELUDE
Tandis que Jean le Precurseur annonce aux foules, accourues sur les rives du Jourdain, que le Messie va paraitre, a Nazareth, Jesus, entre dans sa trentieme annee, se prepare a quitter sa Mere.
Depuis si longtemps deja que ce Dieu a laisse le Ciel, que lui reste-t-il de sa puissance
de sa gloire? Helas! Ceux-la memes qui chaque jour coudoient, n ont vu en lui que le fils du charpentier!
Cependant, en sa longue expiation, une consolation, nous oserons dire meme un bonheur, lui restait: l amour de qa Mere!
Afin que l expiation soit plus complete encore, et le sacrifice dont l heure approche, sans attenuation, cette mere si aimante et tant aimee, aujourd hui Jesus va la quitter!
Par la pensee reconstituons cette scene d une grandeur incomparable, d une beaute morale si pleine des plus suaves emotions.
       
                                I
Jesus vient d achever la derniere nuit qu il devait passer sous l humble toit de Nazareth.
Plus que jamais le divin Redempteur a consacre a la priere les heures que les hommes donnent au sommeil.
Dans cette veillee supreme, ses pensees ne s eleverent pas exclusivement vers son Pere celeste. Dieu de Dieu dans l eternite, mais Homme comme nous dans le temps, son ame attristee retombait a tout instant vers Marie, sa Mere.
Encore quelques heures, en effet, et lorsque le jour blanchira de ses premieres lueurs la cime des collines environnantes, il lui faudra aller se jeter dans ses bras pour le grand adieu; car l oeuvre de son Pere l appelle, et deja, sur les bords du Jourdain, le Precurseur montre aux foules les chemins par lesquels va paraitre le Salut d Israel.
Mais la ou Jesus s en va, sa Mere desormais ne peut le suivre. D abord, parce que la Loi ancienne etant encore dans toute sa vigueur, la femme n a dans la societe qu un role efface, d ou la mere du Christ ne doit pas sortir. Puis, que deviendrait-elle, seule et inconnue en Judee, durant les quarante jours
que le Redempteur veut aller vivre au desert?
Marie restera donc a Nazareth. Mais combien
la vie va lui devenir triste et sombre!
Entre Joseph au tombeau et Jesus parti pour toujours, que peut-il rester a cette mere? Plus que jamais son ame se repliera sur elle-meme, pour y vivre de souvenirs et de pressentiments.
Les souvenirs! Ils sont: l inoubliable nuit de Bethleem, le sejour en Egypte, et surtout l intimite ineffable des dix-huit annees de Nazareth! Sans doute les tristesses s y melerent aux joies, les angoisses aux extases.
Cependant le bonheur y domina; et un jour les Croyants, bien inspires, attribueront a cette periode de sa vie les Mysteres joyeux.
Mais les pressentiments! Oh! Qu ils sont donc sombres pour cette mere! Aujourd hui c est Jesus qui la quitte, demain c est la contradiction qu il va rencontrer, bientot ce sera la persecution, la haine; mais c est surtout la hideuse Croix qui se dresse, la-bas,
derriere les monts de Galilee!...
                                II
Telles sont les angoisses au milieu desquelles
au matin, Jesus trouve sa bien-aime Mere.
« o ma Mere, lui dit-il, en se jetant dans ses bras, le temps est venu ou il faut que je me leve et que je marche pour aller glorifier mon Pere et travailler au salut de mes freres.
C est pour cela que je suis descendu du Ciel.»
Flechissant alors le genou, dit saint Bonaventure,(Vita Christi)ce Maitre de l humilite demanda a sa Mere de le benir!
Quelques instants apres Jesus, seul, le baton du voyageur a la main, les pieds nus dans leurs sandales de cuir, la tunique legerement relevee a l aidec d une ceinture, un manteau jete, a l orientale, sur les epaules, la tete couverte de ce voile dont tout voyageur, en ce pays du soleil, doit se munir, Jesus disons- nous, gravissait le sentier solitaire qui serpente aux flancs de la colline, a l orient de Nazareth. Puis, bientot, il disparaissait dans la direction du Jourdain...
Marie suivit longtemps son Jesus du regard. Puis, lorsqu il disparut dans le lointain, elle rentra sous le toit desert.
Alors la Vierge de Sion put redire la plainte prophetique du grand Voyant d Israel: j ai pleure, pleure durant la nuit, et mes larmes ont coule sur mes joues; car, parmi ceux qui me furent chers, il n est plus personne pour me consoler.( Jeremie. Lamentations,I,2)
Ainsi commencait pour la Mere du Sauveur cette vie de sacrifices et de douleurs qui allait faire d elle, aux regards du Ciel, la co-redemptrice de l Humanite, et lui meriter de la terre le nom de Reine des martyres!
                              III
Je suis venu separer le fils, du pere; la fille, de la mere, dira bientot Jesus aux foules; car celui qui aime son pere et sa mere plus que moi, n est pas digne d etre mon disciple.( Saint Mathieu,X,35.)
Nous venons de voir comment, avant de nous faire entendre cette sublime et terrible lecon d un amour de Dieu vainqueur de tout autre amour, Jesus-Christ nous en avait donne l heroique exemple. Depuis deux mille
ans, que de fois notre monde a revu cette scene des adieux d un fils, d une fille a son pere, a sa mere! Combien d adolescents, de jeunes hommes, de timides jeunes filles, dans le chateau comme sous la chaumiere, ont ainsi passe, dans la priere et les larmes, la nuit qui les menait a la grande separation!
Quelle erreur ce serait, en effet, de croire que l appel de Dieu detruit l affection et empeche la douleur!
Jesus, tout Dieu qu il etait, ne laissa-t-il pas, aux jours des adieux, la tristesse etreindre son coeur? Et la Vierge benie, elevee par la grace a une saintete transcendante, ne pleura-t-elle pas des larmes ameres comne les notres, lorsqu elle vit son fils s arracher de ses bras?
Ah! Souffrir quand on est seul a sentir sa peine, ce n est souffrir qu a demi! Mais faire souffrir ceux que l on aime! N est ce pas souffrir deux fois?
Cependant, quand c est Dieu qui appelle...
O pere, o mere,a qui le Ciel demande un enfant, comme autrefois il demanda a Jesus a Marie, ne le refusez donc pas.
D abords, n est-ce pas Dieu qui a donne ou plutot confie cet enfant a votre amour? Oui,  entendez-le bien: confie. Car tout enfant vient de Dieu et retourne a Dieu. Vous voudriez le garder pres de vous? Pouvez-vous
donc lui assurer le bonheur? Etre d un jour, vos biens sont encore plus ephemeres que vous-meme! Mais le Dieu qui vous demande votre fils, votre fille, est eternel, et ses biens lui ressemblent.Il estcla Vie, le Ciel, l Immortalite; et votre enfant,il l aime d un amour pres duquel votre amour n est qu une apparence.
Puis,ne savez-vous pas que devenir le pere, la mere d un pretre, d un apotre, d une religieuse, c esr quelque chose de plus grand que d etre le pere, la mere d un roi ou d une reine?...
Les sceptres, les couronnes et les trones de ce monde, qu est-ce que tout cela pour l eternite? Que peut bien etre un prince, un conquerant, un empereur, une seconde apres sa mort?
Mais les titres de noblesse du pretre, du religieux, portent la signature de Dieu, et valent pour le Ciel!
Et vous, adolescent, jeune homme, que Dieu appelle, souvenez-vous de Jesus, souvenez-vous de Marie. Votre mere pleurera, comme a pleure la Mere du Christ; mais pleurer et souffrir pour Dieu, est-ce vraiment pleurer, est-ce vraiment souffrir? La Redemption divine n est pas achevee; elle se poursuit sous nos yeux, ce n est que sur les ruines de notre monde qu elle s achevera.
Le Christ continue d expier, parce que l Humanite continue de pecher.
Chaque jour encore, sur des milliers d autels, il verse mysterieusement son sang; a vous, qui passez pres de son Calvaire, il demande de venir meler, a ce sang, vos larmes, parfois meme les larmes de ceux que vous aimez.
Oui, ce dernier sacrifice est le plus dur.
Mais ayez foi en Celui qui vous le demande.
Que sont toutes les souffrances et les larmes de la terre en comparaison des felicites et des gloires qu il reserve a ceux qu il veut ainsi associer a l Oeuvre de son Pere, c est a dire au salut de l Humanite?
Regardez un instant du cote de Nazareth, a travers les dix-neuf siecles qui nous en separent.
Voyez Marie assise dans l abandon et les larmes, parce que Jesus vient de partir...
Puis levez vos regards, vos pensees vers le Ciel,  et contemplez maintenant, au sein d une gloire eblouissante et d une felicite sans terme, la Vierge divine devenue la Reine des hommes et des Anges.
Vous comprendrez alors que les plus grandes
graces de ce monde sont celles qui nous menent...au Calvaire!
PRIERE ET RESOLUTION
Que j ai besoin ds revenir souvent a votre ecole, d entendre vos lecons, et surtout de contempler vos exemples, meilleurs encore que vos lecon, o Jesus! Malgre moi l apparence me fascine, l illusion me seduit, la vanite m enchaine. Cree pour l eternite, je me laisse entrainer a la recherche de bonheurs d un jour, a l amour de creatures dont la bonte n est qu un mensonge, et la beaute un piege. Ceux-la memes que je dois aimer, puisque vous m en avez fait un precepte avant de m en donner l exemple, je ne les aime pas bien, si je les aime sans vous, hors de vous, ou plus que vous.
Faites-moi donc comprendre que le seul moyen d immortaliser mes affections, c est de les surnaturaliser par le sacrifice.
Quand vous le demandez, quitter ceux que nous aimons, c est seulement nous en eloigner un instant pour bientot les retrouver a toujours; c est nous en separer dans les tenebres pour les revoir dans la lumiere; c est echanger, eux et nous, quelques jours de tristesse, pour une eternite de felicite et de gloire.
                                                Ainsi soit-il.
_________________
Vierge Lorraine - Libératrice et Patronne secondaire de la France - Sainte des soldats ; Sainte Jehanne d'Arc : "Messire Dieu premier servi !"


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
christelle
Chevalier

Hors ligne

Inscrit le: 29 Juil 2012
Messages: 50
Localisation: Lorraine
Religion: Catholique
Féminin

MessagePosté le: Mer 12 Mar - 07:57 (2014)    Sujet du message: Méditation Répondre en citant

MEDITATION XXV Le Ciel et la terre proclament que Jesus est le Messie.
Une voix descendit du ciel, qui disait: Celui-ci est mon Fils bien-aime, en qui j ai mis mes complaisances.
                                    Saint Mathieu,III.
                           PRELUDE
Dans la precedente meditation, nous avons vu le divin Inconnu se separer de sa Mere, et s eloigner de Nazareth; voyons-le, aujourd hui, arriver, seul, sur les bords du Jourdain.
La distance qu il vient de parcourir ainsi,a pied, est de trente lieues environs.
« O Seigneur, s ecrie, a ce spectacle, saint Bonaventure, ou allez-vous ainsi? N etes-vous pas superieur a tous les rois de la terre? Ou sont donc les guerriers, les chevaux, les chameaux, les elephants, les chars,les serviteurs,  et enfin la multitude de votre escorte? N etes-vous pas celui que servaient mille milliers d anges dans les celestes royaumes? Pourquoi donc marchez-vous ainsi,seul, et foulant la terre a vos pieds nus...
Ah! Vous vous etes fait esclave, pour que nous, nous devinssions rois.»( Vita Christi )
En ce moment,en effet, Jesus s avance confondu dans la foule des pelerins, qui le prennent pour l un d eux.ais la terre et le Ciel
vont s unir ppur proclamer sa grandeur surhumaine.
                                   I
Saint Jean, completant le recit de saint Mathieu, nous fait connaitre que le Precurseur, apercevant Jesus de Nazareth au sein de la foule, s ecria dans un elan divin, la main tendue pour le montrer: Voici l Agneau de Dieu, voici Celui qui porte sur lui le peche du monde! ( Saint Jean,I,29.)
L Agneau de Dieu, qui porte le peche du monde! Ici, chaque mot cache un abime.
Avant d aller plus loin dans le recit sacre, essayons de nois pencher un instant sur ces profondeurs.
Oui, cet Homme de trente ans, que jusqu alors, on a cru fils de charpentier Joseph,( Saint Mathieu, XIII,55.) resume en lui l Humanite tout entiere.
Du cote du Ciel il est le fils bien-aime de Dieu;
mais du cote de la terre il est le fils d Adam.
Fils de Dieu, Dieu lui-meme, chacun de ses actes, chacune de ses paroles, chacune de ses pensees, chaque battement de son coeur ont des retentissements infinis dans le temps comme dans l espace, dans le present comme aussi dans le passe et l avenir.
Mais, fils d Adam, il porte sur lui le peche du monde. Ce peche, fait de la desobeissance d Adam et de tous les crimes qui en furent, qui en seront jusqu a la fin des temps la consequence, ce peche, Jesus l a pris sur lui des son entree dans le monde.
Depuis trente ans deja il marche sous l epouvantable charge, et, a chaque pas, il l a sentie s aggraver encore sur ses epaules: a Bethleem, par l humiliation et la pauvrete; sur les chemins de l Egypte, par la fatigue et les privations; a Nazareth, dans une obscurite
des abaissements, um travail qui resteront un mystere eternel pour l Ange et l homme.
Mais a l heure ou nous place la page sainte, objet de notre etude, il semble que rien ne se peut plus ajouter au mysrerieux et terrible fardeau.
Aussi le grand Voyant des rives du Jourdain ne dit pas : « Voici le Fils de Dieu.»
On est au temps de la Paque,et tous ces enfants  d Israel se rendent vers Jerusalem pour immoler l Agneau pascal.
Des rives memes du Jourdain, chaque soir, on peut apercevoir dans la direction de la Ville Sainte la colonne de fumee embrasee, qui s eleve de l autel des holocaustes. Retablissez, en imagination, la scene que l Evangile vous decrit, et votre pensee restera confondue devant sa grandeur.« Vous montez vers le Temple pour immoler l agneau pascal, crie le Prophete a tous ces pelerins groupes autour de lui; mais le Ciel ne veut desormais ni de vos victimes, ni de vos offrandes, ni de vos holocaustes.( Saint Paul aux hebreux,X,8.) L Agneau veritable, l Agneau de Dieu, Celui qui porte sur lui les peches du monde et les votres, le voici devant vous. Moi non plus, je ne le connaissais pas, mais c est pour le montrer aux enfants d Israel que je suis venu.»
Helas! Ces fils degeneres d Abraham ne voulurent pas croire a la voix de celui qui criait dans le desert; et, au lieu d acclamer le Christ, bientot ils le crucifiront!
Comment ils ont paye leur Deicide, comment ils le paient encore apres tant de siecles ecoules, chacun le sait!
                               II
Parfois notre foi hesitante demande des preuves visibles de la verite evangelique.
Quelle preuve pourrait etre plus visible, plus convaincante que celle qui est mise ainsi sous nos yeux? N est-ce pas pour punir les Juifs d avoir meconnu et crucifie Jesus que Dieu a :
Aboli leurs sacrifices!
Renverse leur Temple!
Detruit leur religion!
Aneanti leur Sacerdoce!
Aboli leurs sacrifices:
Allez dans une de leurs synagogues,- ils en ont, de nos jours, dans le monde entier,- demandez-leur de vous montrer ou est l autel. Ils vous repondront qu ils n ont plus d autel, parce que, chez eux,les sacrifices ont cesse!
Renverse leur Temple :
Pour en retrouver quelques vestiges, il vous faudrait etre a Jerusalem un vendredi soir, et venir pres de la muraille des pleurs ou, la Bible a la main,  le front incline, des larmes dans la voix, se lamentent quelques centaines d enfants et de vieillards en haillons. Miserable reste de ce qui fut le peuple de Dieu!
Detruit leur Religion :
Les fils d Israel sont plus nombreux de nos jours qu aux temps de leurs plus grandes prosperites. Leur nombre depasse, dit-on, dix sept millions. Enrichis des depouilles des peuples qui les ont acceuillis, que n achetent-ils la Palestine? Que n entreprennent-ils de reconstruire leur Temple de Jerusalem, puisque la seulement la Loi leur permettrait d avoir un sacerdoce, des sacrifices, un culte,
une Religion enfin? Non, ils ne le feront pas, ils ne peuvent le faire, Dieu serait contre eux!
Aneanti leur Sacerdoce :
Ce qu on ignore generalement, mais ce qui ne fait pour les juifs aucun doute, c est que les Rabbins, meme ceux qui ont le titre de « Grands Rabbins», ne sont nullement des pretres. Pour leur confier cette charge, om ne se preoccupe pas de savoir s ils appartiennent a la tribu de Levi, hors de laquelle, d apres la loi de Moise, nul ne peut, sans un attentat sacrilege, pretendre au Sacerdoce. D ailleurs les douze tribus d Israel
ont ete confondues, et il n est plus possible de les discerner. Le Rabbin n est donc qu unr sorte de Scibe. On est Rabbin en Israel comme on esr Maitre d ecole parmi nous. C est meme moins que cela encore...
Quelle decheance, pour eux!... Pour nous, quelle lecon!....
                              III
Mais recevons sur les bords du Jourdain, ou le recit sacre nous a conduits.Le Ciel s y unit a la Terre pour dechirer, enfin, le voile d obscurite sous lequel, jusqu alors, le Messie s etait derobe a tous les regards...Voici, dit saint Mathieu, que les cieux s ouvrirent et une voix s y fit entendre, qui disait: Celui-ci est mon Fils bien-aime, en qui j ai mis mes complaisances.
Que Jesus soit vraiment le Fils de Dieu, c est ce qui desormais eclatera de toutes parrs, dans ses paroles comme dans ses actes.
Les elements, les vents, les flots,la lumiere, la foudre, la vie, la mort elle-meme, vont s unir pour proclamer la Divinite du Fils de Marie.
Nous,  venus tard dans la vie, nous n avons pu etre les temoins des miracles operes par sa toute-puissance; mais, en preuve de sa Divinite, nous avons la sublimite incompa-
rable de sa Doctrine.
Cette Doctrine est la, sous vos yeux. Pour en avoir la pleine revelation, il vous suffit d ouvrir et de lire le livre de ses Evangiles. Si vous n y croyez pas, qu avez-vous donc contre elle, si ce n est vos passions?
Ecoutez ce qu en a dit l un des plus beaux genies de notre siecle, egare cependant dans l irreligion : « La culture intellectuelle peut progresser a l infini; les sciences, s etendre davantage; l esprit humain se deployer tant qu il voudra; jamais il ne depassera cette hauteur et cette culture morale du christianisme, telle qu on la voit briller et resplendir dans l Evangile.» ( Goethe.)
Dans quelques jours, le Christ Jesus, que vous avez vu venir aujourd hui vers Jean le Baptiseur, fera entendre sa parole a la terre; et l humanite n oubliera jamais,-vivrait- elle des millions d annees sur notre globe,
-ce sermon sur la montagne qui est le renversement de toute la pauvre sagesse humaine.
Mais des maintenant,c est a dire en sortant des eaux du Jourdain, Jesus ne pourrait-il pas vous dire, comme bientot a ses Apotres : courage! car j ai vaincu le monde?( Saint Jean, XVI,33)
Oui, deja le monde est vaincu; car, dans dix-huit annees qu il vient de passer a Nazareth, le Christ Fils de Dieu a porte un coup si terrible a tous les orgueils, a tous les mensonges, a toutes les pretendues grandeurs du siecle, que rien ne les en saurait guerir.
Sans doute l homme pourra encore etre orgueilleux, mais il n aura qu a regarder du cote de Nazareth pour savoir que la vraie grandeur est dans l humilite.
Sans doute.l homme pourra encore poursuivre la richesse, s epuiser a la conquete de la fortune;
mais la simplicite du Christ lui dira que la seule vraie richesse de la vie, c est de n avoir pas de besoin inutiles.
Sans doute l homme pourra encore rever l oisivete comme un bonheur; mais le spectacle d un Dieu,  se faisant ouvrier pour gagner son pain, le couvrira de honte a ses propres yeux, de mepris devant ses semblables.
Sans doute l homme pourra encore se construire des palais qu il emplira des hochets du luxe, de la vanite et de la mollesse
mais n aurait-il, qu une seule fois dans sa vie, arrete son regard sur la pauvre maison de Nazareth, qu il saura que sous une chaumiere d artisan il y a souvent plus de bonheur et de grandeur veritable que dans un palais de roi.
                     PRIERE ET EESOLUTION
O Jesus! Vous etes ce que nous dit votre Evangile :
Fils d Adam comme nous, et en cette qualite vous portez nos infirmites et nos fautes. Mais
aussi, Fils de Dieu, Dieu vous-meme, vous avez les paroles de la vie eternelle.
Entrez donc desormais dans votre mission de Redempteur du monde. Les montagnes, les deserts, les plaines, les lacs, les mers, les bourgades; les cites de la Palestine vous attendent.
Pour nous, jamais nous n oublieront Nazareth. C est la que nous voudrions pouvoir aller vivre et mourir. La, pas un sentier que vos pieds n aient foule; pas une roche a l ombre de laquelle vous ne vous soyez repose; pas une colline que vous n ayez gravie; pas une cime du haut de laquelle
vos regards et vos pensees ne se soient eleves vees votre Pere du Ciel, et, peut etre plus souvent encore, abaisses vers vos freres de la terre!
Ah! sous votre regard, l avenir existait deja, aussi visible que le present : vous me voyez donc a travers les siecles, et votre coeur me donnait les noms si doux d ami, de frere!
Jesus!Jesus! Pauvre Fils de Dieu, que j ai si souvent oublie, meconnu, offense, du moins aujourd hui vous me trouvez a vos pieds que je baise, que je voudrais arroser des larmes de mon repentir! Oubliez mes actes, pour ne voir que mes pensees, mes sentiments,  mes desirs. Et que desormais, entre vous et moi, ce soit, comme vous me le demandez, a la vie et a la mort, pour le temps et l eternite.
                                           Ainsi soit-il.
_________________
Vierge Lorraine - Libératrice et Patronne secondaire de la France - Sainte des soldats ; Sainte Jehanne d'Arc : "Messire Dieu premier servi !"


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
christelle
Chevalier

Hors ligne

Inscrit le: 29 Juil 2012
Messages: 50
Localisation: Lorraine
Religion: Catholique
Féminin

MessagePosté le: Jeu 13 Mar - 08:37 (2014)    Sujet du message: Méditation Répondre en citant

MEDITATION XXVI JESUS reparait a Nazareth pour y precher son Evangile.
Jesus vint a Nazareth, ou il avait ete eleve; et etant entre le jour du sabbat, selon sa coutume, dans la sunagogue, il se leva pour lire.
On lui remit le livre du prophete Isaie.
Il le deroula et trouva l endroit ou il est ecrit: l Esprit de Dieu s est repose sur moi, c est lui qui m a consacre par son onction, et il m a envoye evangeliser les pauvres, guerir ceux qui ont le coeur brise, annoncer la liberte aux captifs, rendre la vue aux aveugles, delivrer ceux qu on opprime et publier l annee des graces du Seigneur et le jour de la retribution.
                                           Saint Luc,IV.
                          PRELUDE
Cet Evangile nous ramene a Nazareth. Mais que d evenements se sont accomplis dans la vie du Sauveur, depuis le jour ou nous l avons vu quitter la pauvre maison qui avait abrite son adolescence! Sa retraite de quarante jours au desert, l appel de ses principaux Apotres, son premier miracle aux noces de Cana, les vendeurs chasses du Temple, la guerison du fils d un officier de Capharnaum, celle du paralytique de Bethsaide, voila pour ne citer que les plus eclatants, par quels prodiges le fils du charpentier Joseph a manifeste a la terre la Divinite qui habite en lui. Le bruit en est venu jusqu a Nazareth; aussi ses compatriotes lui disent-ils : ce que tu as fait a Capharnaum, fais-le ici, dans ta patrie.( Saint Luc, IV,23.)
Au lieu de prodiges, dont le seil resultat serait de flatter leur curiosite, le Sauveur, ouvrant devant eux les Livres Sacres, va leur montrer, en sa personne, l accomplissement des propheties.
Nous aussi, venons etre du nombre de ses auditeurs. La preuve que Jesus donne, en ce moment, de sa Divinite, restera toujours la preuve par excellence.
                                  I
Pendant vingt annees, notre Sauveur avait frequente, chaque samedi, la synagogue ou nous le voyons revenir en ce jour. Mais l heure de se manifester au monde n etant pas encore venue, c etait, confondu dans la foule, aux derniers rangs sans doute, qu il se tenait. Ni la Rabbin qui commentait les Ecritures, ni les Croyants qui ecoutaient ou prenaient part a la  psalmodie, n avaient soupconne un instant que le Messie etait la, au milieu d eux.
Aujourd hui ce n est plus dans la foule que Jesus s est range. Au moment ou le Hazan( ministre subalterne), apres etre alle prendre religieusement, dans une sorte de tabernacle,
l un des parchemins sacres, revient vers la chaire situee a l entree du sanctuaire, pour le remettre au Docteur de la loi, Celui qu a Nazareth on ne connait encore que sous le nom de fils du charpentier, s avance, gravit les quelques marches, et, d un geste qui ne permet pas meme une hesitation,il se fait donner le mysterieux rouleau. Le deposant alors sur la chaire, pour l y derouler,Jesus, avec cette toute- puissance qui commande a tout sans avoir besoin d une parole ou d un signe, appelle sous son regard les lignes ou le plus sublime des Voyants d Israel, sept cents ans auparavant, decrivait ainsi sa mission: l Esprit du Seigneur s est repose sur moi; c est lui qui m a consacre par son onction, et il m a envoye evangeliser les pauvres, guerir ceux qui ont le coeur brise, annoncer la liberte aux captifs, rendre la vue aux aveugles, delivrer ceux qu on opprime.( Isaie, LXVI.)
Apres avoir lu le chapitre prophetique, Jesus roule le parchemin et le remet entre les mains du ministre; puis il s assied dans la chaire. C etait par respect pour la Parole Sainte qu il se tenait debout pour lire; maintenant il s assied pour affirmer, devant tous, son droit d enseigner.
Dans l assemblee l etonnement est au comble. Comment le fils de Joseph va -t-il pouvoir remplir le role de Docteur de la loi? Tous savent qu il n a frequente aucune ecole.
Son seul maitre fut le pauvre charpentier; lui-meme, jusqu a quelques mois de la, a passe sa vie a travailler pour eux.
Mais, o prodige! Des les premiers mots tous sont sous un charme indicible. Jamais homme n a parle comme cet homme. ( Saint Jean,VII,46.)
Un grand et solennel silence se fait. Le jeune Docteur en profite pour leur faire cette stupefiante declaration : Ces paroles de l Ecriture que vous venez d entendre s accomplissent aujourd hui.( Saint Luc,IV,21)
Comme elle etait vraie,  cette declaration! Ceux qui l ecoutaient, ses compatriotes, ses compagnons d enfance, n etaient-ils pas, par excellence, ces pauvres, ces aveugles, ces captifs qu il fallait secourir, guerir, delivrer, afin de les sauver?
Cependant, dans ces ames vulgaires, au premier mouvement d enthousiasmes succedent la jalousie, le depit, la colere. N est-ce pas la le fils de Joseph? (Saint Luc, IV,22) murmure une voix qui se fait l echo des sentiments de tous...
Aussi, dans un instant, a la sortie de la synagogue, ils se jetteront sur Jesus pour le trainer vers le sommet de la colline sur laquelle s etage leur bourgade. La se trouve un rocher dont le versant oppose est a pic. C est ce sommet qu ils voudront le precipiter. Ainsi lui feront-ils expier le crime d avoir ose se dire le Messie!
O pauvres Nazareens! Toutes vos infidelites passees, toutes vos avarices, toutes vos sensualites retombent en ce moment sur vos coeurs qu elles endurcissent, sur vos esprits qu elles aveuglent!
Le Messie serait-il donc plus grand,si, au lieu de naitre comme un pauvre et de vivre vomme un travailleur, il etait descendu dans un palais et avait grandi dans le faste et l oisivete?
Serait-il plus digne de votre amour,si, au lieu de se presentee aujourd hui devant vous, suivi deja d un cortege de pauvres gens dont il veut faire ses Apotres, il venait, ainsi qu un conquerant, precede, entoure, suivi de legions devant lesquelles tous devraient trembler?
En quoi serait-il votre Sauveur, si, en place de cette bonte,de cette douceur, de cette humilite dont il vous apporte, en sa personne
la vivante lecon, il vous donnait lui-meme l exemple de l orgueil, de l ambition, et enfin de l amour de cet or que vous, vous aimez deja avec tant de passion, que vous recherchez a travers tant d injustices, et dont l avidite, un jour, vous fera l execration de tous les peuples de la terre?
                                II
Ces preuves de sa mission divine, que Jesus donnait a ses compatriotes reunis dans la synagogue de Nazareth, redeviennent plus utiles, plus necessaires meme que jamais, aux hommes de notre generation.
Notre siecle a fait, et fait chaque jour encore, dans le domaine des sciences, des decouvertes merveilleuses, et l incredulite s en empare pour nier ou expliquer les miracles de l Evangile.
Laissons passer ce leger orage ; il n obscurcira pas longtemps le soleil de la verite
Un muet de naissance qui tout a coup se met a parler, un aveugle-ne auquel la vue est subitement rendue, un mort deja en decomposition qui sort de son sepulcre plein de sante, et, par dessus tout, Jesus lui-meme,
qui, detache mort de la croix, le corps en lambeaux, le coeur entr'ouvert d un coup de lance, est depose livide dans le creux d un sepulcre, d ou, le troisieme jour, il sort eblouissant de beaute et de gloire, voila des prodiges que la science ne saurait accomplir, et que les savants n expliqueront jamais. Mais les miracles de l Evangile ne sont pour nous que des preuves secondaires, pour ainsi dire exterieures, de la Divinite de Jesus-Christ. La preuve par excellence, c est celle que lui-meme nous donne dans l Evangile de ce jour:
L Esprit de Dieu s est repose sur moi... J evangelise les pauvres, je gueris ceux qui ont le coeur brise, j annonce la liberte aux captifs, je rends la vue aux aveugles, je delivre les opprimes... Aupres tant de siecles ecoules, Jesus ne peut -il pas nous dire, comme autrefois aux habitants de Nazareth :
Ces paroless de l Ecriture que vous venez d entendre s accomllissent aujourd hui en ma personne.

Jetez un regard autour de vous : vous ne trouverez pas un seul peuple marchant dans la justice qui n en soit redevable a l Evangile. Voila pour le passe. L avenir sera plus eloquent encore. Nous voici, en effet, arrives comme a un tournant de l Histoire; et le siecle dont nous venons de franchir le seuil semble devoir inaugurer pour l humanite une ere nouvelle. Or, bien des symptomes deja l affirment, ou les nations civilisees reviendront a l Evangile, ou elles iront a des abimes insondables! Aussi chacun tourne vers l horizon des regards inquiets: il est noir, cet horizon!
De toutes parts,  il est vrai, se levent des pretendus prophetes qui se posent en sauveurs. Vaines et miserables tentatives! Jesus-Christ est, et restera le seul Sauveur du monde.  lui seul peut nous sauver aujourd hui des exces de la civilisation, comme il nous sauva, il y a deux mille ans, des exces de la barbarie. A l heure presente, les nations
modernes vivent de ce qui leur reste d Evangile; et elles meurent de ce qui leur en manque!
Qu elles reprennent donc ce Livre de Verite et de Justice.
Le puissant y apprendra a etre doux et misericordieux; le faible, a etre patient et courageux.
Le riche y trouvera la force de ne pas abuser de la richesse; le pauvre, de ne pas maudire la pauvrete.
En le lisant, l enfant deviendra soumis; l adolescent restera pur.
L homme aimera le travail; la femme, la modestie et le devouement.
Le vieillard, ce livre divin a la main, verra s illuminer de radieuses clartes ce sombre au-dela, dont la nuit et le silence le glacaient de terreur.
Helas! D etre d un jour, il ne nous est guere permis d esperer voir l aurore de ces temps si beaux! Mais, simplement, regardons autour de nous. En voyant la bonte, la beaute des ames qui pratiquent sincerement l Evangile, n aurons- nous pas la plus belle, la
plus vivante demonstration de la Divinite de son Auteur?
C est un homme du monde qui ecrivait nagueres:«A ceux qui entassent devant nous les montagnes de leurs arguments philosophiques, combien de fois n avons-nous pas repondu, dans l intime de notre coeur, en songeant a la vie de nos meres,de nos femmes, de nos filles, aux ames de quelques saints que la Providence a places sur notre chemin! A qui de nous n est-il pas arrive de rencontrer, au fond d un tiroir secret, quelques lettres admirables d un aieul
d un ami, d une soeur? A qui n est-il pas arrive de les relire, en pleurant, et de leur trouver une telle beaute que nous nous ecriions tout aussitot, avec un accent emu et profond: De si belles ames possedaient evidemment la plenitude de la verite.» ( leon Gautier. Portraits du XIXe siecle.)
Or, ou donc trouver cette plenitude de la verite si ce n est dans l Evangile?
                    PRIERE ET RESOLUTION
Oui, o Jesus, vous etes ce que vous dites: le Messie promis par les Prophetes, le Sauveur attendu par tous les peuples. Pour croire en vous,je n ai pas besoin de voir la guerison d un malade, ni la resurrection d un mort. Je n ai pas besoin non plus de savanted demonstrations. Il me suffit d ecouter les reponses de mon coeur. Tout ce qu il y a de bon en moi, n est-ce pas vous qui l y a mis? Et, lorsque je suis devenu mauvais, n est-ce pas parce que j avais eu le malheur de ne plus ecouter votre voix, de mepriser vos graces?
Aidez- moi a me penetrer chaque jour davantage de vos divines verites. Ma vie passe, et l eternite vient
Le plus ardent de mes desirs, vous le savez, vous a qui rien n est cache, c est de devenir votre disciple; c est a dire d avoir votre Evangile pour unique regle de vie.
                                             Ainsi soit-il.
_________________
Vierge Lorraine - Libératrice et Patronne secondaire de la France - Sainte des soldats ; Sainte Jehanne d'Arc : "Messire Dieu premier servi !"


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
christelle
Chevalier

Hors ligne

Inscrit le: 29 Juil 2012
Messages: 50
Localisation: Lorraine
Religion: Catholique
Féminin

MessagePosté le: Ven 14 Mar - 09:00 (2014)    Sujet du message: Méditation Répondre en citant

MEDITATION XXVII Les Nazareens veulent precipiter Jesus du sommet d une colline.
En entendant Jesus parler ainsi, tous ceux qui etaient dans la synagogue furent remplis de colere.
Aussi ils se leverent,et, le jetant dehors, ils le menerent au sommet du mont sur lequel leur ville est batie, afin de l en precipiter.
Mais Jesus, passant au milieu d eux, s en alla.
                                             Saint Luc, IV.
                         PRELUDE
Les dernieres lignes que nous venons de lire nous transportent sur le sommet d un rocher qui domine Nazareth.
La, au cours de sa vie adolescente, Jesus est venu souvent s assoir et prier.
Splendides, en effet, sont les sites qui s y deroulent de toutes parts.
De ce sommet, les regards du Dieu Adolescent pouvaient contempler le Thabor,Naim, Cana, la vallee du Jourdain, la mer de Tiberiade, et vingt autres lieux que bientot immortaliseraient les prodiges de sa vie publique.
Mais, plus encore peut-etre, sa pensee se complaisait dans la contemplation de ce ciel d Orient, si eblouissant durant le jour, si mysterieux en ses profondeurs azurees durant la nuit. Quel dome, digne de la puissance de son Pere, pour ce temple immense, universel, dont la terre etait l autel, et dont lui-meme venait etre le Pontife, puis, un jour, la Victime!
Oh! Que ce lieu est saint! La,le roc n 'a t-il pas retenti du bruit des pas de notre Sauveur
la poussiere ne recut-elle pas l empreinte de ses pieds? L air ne garde-t-il pas encore quelque chose des vibrations de sa voix, des accents de sa priere?
Il semble donc que ce n est qu a genoux que nous devions en fouler le sol.
                                  I
Mais quel est donc ce tumulte qui monte vers nous, du bas de la vallee?...
La rumeur grossit d instant en instant. Elle s approche. Une foule parait. Avec des gestes de colere, des menaces, des cris, elle pousse devant elle,dans le sentier, un homme!
Malgre l orage dechaine contre lui,  cet homme est calme. Il avance, mais a pas lents.
Quelle dignite dans toute sa personne! Quelle noblesse surhumaine dans sa demarche! Il est encore loin de nous; mais qui ne le reconnait? Cet homme, c est Jesus!
Qu a donc fait le jeune Prophete a ses compatriotes? Par quel crime a-t-il souleve ainsi leur coleres?
Son seul crime fut son amour. Il est revenu, des bords lointains de la mer de Tiberiade, pour leur apporter la bonne nouvelle de l Evangile. Si suave etait sa parole, si convaincantes ses preuves, si entrainante son eloquence, que d abord ils l ont ecoute avec admiration. Mais il en est venu a leur dire que sa mission etait d evangelisee les pauvres, de guerir les coeurs brises, d annoncer la liberte aux captifs, d affranchir les opprimes; puis il a ajoute que si eux, les freres des Prophetes, les descendants d Abraham, ils se refusaient a faire partie de son Royaume, les bienfaits du Ciel seraient transportes aux peuples infideles.
C est alors que l admiration de ces hommes s esr changee, soudain, en colere. Comment, eux, les fils de la Loi, se verraient preferer des Syriens, des Samaritains, des infideles, des idolatres? ...
Jesus n a pu achever. Tous se sont rues sur lui pour le jeter hors de leur synagogue. Maintenant ils le poussent devant eux, dans le sentier qui conduit au sommet de ce rocher ou nous nous tenons. Leur dessein est de le precipiter dans l abime. Alors, c en sera fait de sa doctrine, de ses propheties, de sa mission, de lui-meme!
Cette scene evangelique n est qu un episode du grand drame humain. Le Dieu de l Evangile, le Bon Dieu, ne devrait-il pas etre le plus aime, le plus populaire des etres, puisqu il en est le meilleur, ou, pour mieux dire, puisqu il est la bonte fait homme? Oui, certainement. Mais sa parole, sa doctrine, sa justice heurtent nos prejuges, enchainent nos passions, evoquent les maux dont le Ciel punira nos crimes. De la, ces doutes qui, dans nos coeurs, viennent bientot prendre la place d une admiration momentanee, puis ces revoltes qui succedent aux doutes, et enfin ces haines. Oui, o misere du coeur humain! L homme peut en arriver a hair un Dieu qui est venu pres de lui, vivre et mourir pour le sauver!
Oh!  laissons les Juifs de Nazareth, les Juifs de tous les temps comme de tous les lieux, et ceux qui veulent leur ressembler, hair et persecuter Jesus-Christ. Jamais ils ne seront plus pres de leur propre ruine que quand ils croiront venue pour eux l heure de la victoire
Car Jesus-Christ est immortel, et sa Religion lui ressemble. Lorsque ses ennemis se croient surs de leur triomphe, Jesus,- comne nous le voyons dans l Evangile que nous meditons, -Jesus se derobe soudain a leur fureur ; et ils n ont plus devant eux que le precipice beant ou eux-memes viennent disparaitre l un apres l autre!
Ou sont les Herodes et les Nerons des siecles evanouis?...
Ou sont ceux qui, il y a cent ans, sur notre sol infortune, abattaient les croix, profanaient les eglises, brisaient les autels?...
Ou seront, demain, ceux qui, en ce moment, proscrivent l Evangile, ferment nos chapelles, ruinent nos monasteres, arrachent le Crucifix
des ecoles, des hopitaux, des cimetieres?...
L abime est devant eux. Ils croient y mener Jesus-Christ et son Eglise. Eux seuls y tomberont, et c en sera fait d eux, pour jamais!
                               II
Mais reprenons l Evangile que nous meditons
Voici Jesus arrive pres de nous. Le long trajet n a fait qu exasperer davantage encore la fureur de ses ennemis. Maintenant ils triomphent: leur Victime n est plus qu a quelques pas du precipice. Profond est ce precipice, car d un cote le rocher est a pic. Le malheureux qu on y pousse, roulant dans le vide, se meurtrit aux roches et s y tue.
O surprise! Parvenu sur le bord de cet abime, l Homme-Dieu se retourne,  face a face avec ses agresseurs. Il ne leur dit rien, ne fait meme pas un geste. Mais eux restent immobiles. Une force superieure enchaine leurs bras, paralyse leur langue, glace leur coeur!
Pauvres Nazareens! Il y a une heure, dans votre synagogue, vous demandiez un miracle au jeune Prophete, l assurant qu alors vous croiriez en sa mission messianique
Ce miracle, le voici. Pouvait-il etre plus terrifiant a vos esprits, plus suave a vos coeurs? Regardez donc cet Homme, ou plutot ce Dieu, qui est la devant vous. Oui, ce Dieu: car cette majeste, cette puissance, cette
beaute ideale, qui rayonnent de tout son etre
disent eloquement que Celui que vous alliez mettre a mort n est pas mortel. Tombez donc a ses pieds. Vos levres maintenant paralysees pour le blaspheme se delieront pour le repentir et l adoration. Ce Dieu vous l a dit lui-meme : il est venu pour rendre la vue
aux aveugles...et publier les graces du Seigneur. Sa main toute puissante se tendra vers vous pour vous relever; aujourd hui vous serez ses disciples, demain ses apotres, un jour vous deviendrez ses temoins, ses martyres, ses elus; et jusqu a la fin des temps
jusque dans l eternite, les generations envieront le bonheur, que vous avez eu, d etre les compatriotes et les amis du Fils de Dieu!...
Helas! Helas! Ces malheureux s obstinent dans leur haine.
Jesus passe donc au milieu d eux; et descendant seul, un sentier qui l eloigne de Nazareth, bientot il disparait. Jamais plus il n y reparaitra!
Chose terrible a mediter! Pendant les trois ans qui vont suivre, Nazareth n aura pas un seul disciple de l Evangile! Il est permis de croire que l Homme-Dieu ne s eloigna pas definitivement de cette infortunee bourgade sans se retourner vers elle. Debout sur la plate-forme de quelque rocher, comme bientot il le fera pour Jerusalem, Jesus dut regarder une derniere fois cette vallee ou il etait venu vivre, ces sentiers que si souvent ses pas avaient parcourus, cette maison ou il
avait grandi entre les adorations cachees de Joseph et l amour plus evangelique de sa Mere; il regarda surtout cette synagogue d ou, en recompense de tant de bienfaits, ses compatriotes venaient de le chasser pour le mener a la mort; et a la pensee des maux qui allaient durant tant d annees fondre sur ses habitants, il dut pleurer sur Nazareth comme plus tard il pleura sur la grande Cite deicide.(
Saint Luc, XIX,41.)
Or,si Jerusalem, dans nos Livres Sacres, est l.image de l ame humaine qui a vieilli au milieu
des graces du Ciel,et, trop souvent aussi dans le mepris de ces graces,Nazareth, dont le nom signifie rejeton, n est-ce pas votre image, adolescent, que le Dieu de l Evangile comble de tant de bienfaits, de graces, d amour? Oh! Ne le forcez pas a s eloigner de vous. Peut-etre deja l avez-vous souvent meconnu, offense? Du moins ne le persecutez jamais! Jesus pardonne tout, tout, excepte la haine. Lors meme que les passions vous entraineraient loin de lui, lors meme que les vices vous feraient leur esclave
gardez encore aux plus intimes profondeurs de votre ame, gardez la foi et l amour de votre Celeste Ami. Ne souffrez pas qu on parle mal de lui, de sa religion en votre presence; ne passez pas devant sa Croix sans la saluer d un repentir,
devant son Temple sans qu un souvenir, doux et triste, vienne a votre coeur.
Il fut si bon pour vous le Dieu Adolescent! Il vous aima tant! Vous, vous pourrez l oublier, lui ne vous oubliera jamais. Meconnu, abandonne par vous dans vos jours de bonheur, il reviendra, lui, dans vos jours d epreuves...
                 PRIERE ET RESOLUTION
Jesus Adolescent, Celeste Ami, c est a regret qu' aujourd hui je vous quitte.
Sur ces sommets ou je vous ai rencontre a nouveau, mais pour la derniere fois, il me semblait que tout votre etre gardait encore quelque chose de cette Adolescence que j ai tant aimee.
Autour de moi tout me parlait de vos jeunes annees : ces collines qui vous virent passer tant de fois, ces vallees qui si souvent arreterent vos regards, ces sentiers ou s etaient essayes vos premiers pas, ces rochers et ces arbres a l ombre desquels on vous vit souvent asseoir, cette maison qui tant d annees vous abrita tout entier, vous le Dieu que l Univers ne peut contenir, cette fontaine ou vous alliez puiser, pour epargner une fatigue a votre Mere, oui, tout, jusqu a ces fleurs que vous aimiez parce qu elles vous redisaient la bonte de votre Pere celeste
tout me parlait de vous! 
Mais aujourd hui, vous quittez Nazareth pour n y plus revenir jamais.
Si je me jetais a vos pieds pour vous supplier de ne pas vous eloigner de ces lieux qui vous furent si chers, pour toute reponse, votre main se tiendrait vers Jerusalem, et me montrant la terrible Croix, qui deja s y dresse
vous me diriez : « C est pour toi que j y veux aller mourir! »
Oh!  mon divin Redempteur, sur ce chemin de votre Calvaire, du moins laissez-moi marcher pres de vous. Que vos fatigues soient mes fatigues, vos tristesses mes tristesses, vos opprobres mes opprobres.
Pour recompense de ma fidelite a vous suivre, je me demanderai qu une chose: a votre heure supreme, du haut de votre Croix,
daignez abaisser sur moi un regard ou je lirai, avec le pardon de mes offenses passees, la certitude que je suis encore et resterai toute ma vie votre disciple et votre ami.
                                                Ainsi-soit-il.
_________________
Vierge Lorraine - Libératrice et Patronne secondaire de la France - Sainte des soldats ; Sainte Jehanne d'Arc : "Messire Dieu premier servi !"


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
christelle
Chevalier

Hors ligne

Inscrit le: 29 Juil 2012
Messages: 50
Localisation: Lorraine
Religion: Catholique
Féminin

MessagePosté le: Dim 16 Mar - 20:49 (2014)    Sujet du message: Méditation Répondre en citant

MEDITATION
POUR LE DIMANCHE DE LA SEPTUAGESIME
Les ouvriers de la derniere heure.
En ce temps-la, Jesus dit a ses disciples:
« le royaume des cieux est semblable a un pere de famille, qui sortit de grand matin, afin de louer des ouvriers pour sa vigne; et etant convenu avec les ouvriers d un denier pour la journee, il les envoya a sa vigne; il sortit encore sur la troisieme heure du jour, et il en vit d autres qui etaient oisifs sur la place publique; il leur dit : allez, vous aussi, a ma vigne, je vous donnerai ce qui sera raisonnable; et ils y allerent. Il sortit encore sur la sixieme heure, puis la neuvieme, et fit la meme chose. Enfin il sortit sur la onzieme heure,et,en trouvant d autres qui etaient la sans rien faire, il leur dit : pourquoi vous tenez-vous ici tout le jour a ne rien faire? C est,  lui repondirent-ils,que personne ne nous a loues. Il leur dit:
Vous aussi,  allez a ma vigne. Le soir etant venu, le maitre de la vigne dit a son intendant: appelez les ouvriers, payez-les en commencant par les derniers jusqu aux premiers. Ceux donc qui etaient venus sur la onzieme heure s etant approches, recurent chacun un denier. Les premiers, venant a leur tour, crurent qu on leur donnerait davantage; mais ils ne recurent chacun qu un denier. En le recevant, ils murmuraient contre le pere de famille, disant: ces derniers
n ont travaille qu une heure, et vous les traitez comme nous, qui avons porte le poid du jour et de la chaleur. Mais s adressant a l un d eux, il lui dit: mon ami, je ne te fais point
de tort; n es tu pas convenu avec moi d un denier?  prends ce qui est a toi et va. Pour moi, je veux donner a ce dernier autant qu a toi. Ne m est-il pas permis de faire ce que je veux? Faut-il que ton oeil soit mauvais parce que je suis bon?  ainsi les derniers seront les premiers, et les premiers seront les derniers:
car il y en a beaucoup d appeler,  mais tres peu d elus.»
                                 Saint Mathieu,XX.
                         PRELUDE
Cet Evangile pourrait s appeler l Evangile de la Misericorde infinie. La parabole est ici d une transparence qui en rend l explication presque superflue.
La place publique, c est notre monde; les ouvriers, c est nous; le pere de famille n est autre que Jesus lui meme.
Le temps de la Septuagesime, ou nous entrons aujourd hui, est comme le vestibule du careme. Dans le cycle liturgique il figure bien ces longues annees d obscurite, durant lesquelles Jesus vecut a Nazareth. C etait dans l humilite et le travail qu il voulait se praparer a sa mission ds Redempteur. Devant cette immense misericorde d un Dieu qui se prepare a mourir pour nous sauver, n etait-il pas convenable que l Eglise mit sous nos yeux la page que nous venons de lire?
Meditons-la, les regards leves vers cette Croix
qui deja se dresse au sommet du Calvaire et dont soixante-dix (telle est la signification du mot septuagesime) jours seulement nous separent.
                               I
Chez les Israelites, le jour se comptait de six heures du matin a six heures du soir. Donc le grand matin, dont nous parle l Evangile, correspond chez nous,  d une facon generale,
au lever du soleil.
C est bien l image de la premiere enfance, cette aurore dd la vie. Qui d entre nous, a cette heure si pleine de charme et de mystere
n a vu venir, pres de lui, le Pere par excellence de la grande famille humaine, Jesus-Christ? N est-ce pas lui qui, dans le bapteme, mit sur notre front ce sceau divin que ni le temps, ni l eternite, ni les hommes,ni les choses ne sauraient effacer? A partir de ce jour, Jesus ne s eloigna plus de nous. Et
comme si notre ame devenue chretienne avait des lors le sentiment de sa presence, c est son nom qui devanca sur nos levres le nom meme de notre mere. La seule vue de son image nous faisait joindre les deux mains pour prier; et son amour est le premier dont notre coeur ait tressailli. Aussi, lorsque, en nous,  la raison commenca a s eclairer, comme nous fumes heureux d apprendre du pretre ce qu etait le bon Jesus que nous aimions depuis longtemps deja, sans savoir de lui autre chose que son nom.
Puis vint le jour inoubliable de la premiere communion, «ce premier baiser du Ciel».
Ce jour la, Jesus se fit, pour ainsi dire, visible a nos sens eux-memes. Aussi, une main sur son Evangile, l autre sur notre coeur, nous lui jurames d etre son fidele ouvrier, jusqu au soir de notre vie.
La troisieme heure de la Parabole correspond a ce que nous appelons maintenant neuf heures du matin; elle est l image de la jeunesse.
Rien de plus genereux, de plus noble, qu un coeur de dix-huit ans, lorsque le vice ne l a pas fletri.« Tout accent magnanime le remue, l amour y surabonde avec la vie; il ne cherche qu une grande cause pour s y devouer.»( le Pere Lacordaire)
Jesus-Christ, pour venir a nous, s enveloppe alors d ideal, de beaute; et, passant pres de carrefour ou nous nous tenions dans le reve et l oisivete, il nous dit: venez travailler a ma vigne; je vous recompenserai comme il convient.
C est alors que l on voit le jeune homme briser avec tous les reves du monde, la jeune fille s arracher a toutes les tendresses, pour s en aller : le premier, dans les labeurs du sacerdoces, la seconde, dans les devouements de la charite ou les obscurites du cloitre.
Tous et toutes, il est vrai, ne sont pas appeles sur ces sommets; mais tous et toutes sont invites a aller travailler a la vigne, c est -a-dire a etre vertueux, purs, humbles,laborieux,
charitables. Ainsi feront-ils des oeuvres qui serviront la cause de Dieu.
L Evangile continue : Le pere de famille passa
encore vers la sixieme heure.
C etait le milieu de jour. Par la il faut donc entendre l age mur.
Pour l homme, c est l heure des desillusions, des angoisses, des larmes. Oh! Cette vie, si enchanteresse lorsqu on la contemplait sous les premiers reflets de la jeunesse, comme elle nous a menti, comme elle nous a trompes! Si parfois un rayon de bonheur a brille sur nos tetes,  n etait-ce pas comme le soleil d hiver qui ne luit qu entre deux nuages? Un instant apres tout n etait que plus noir et plus froid autour de nous!
C est alors que vient vers nous le Grand Oublie. Qu un revers de fortune nous atteigne, qu une maladie nous isole, que la mort nous enleve un etre cheri, et nous voyons s approcher Jesus,et nous l entendons nous dire: toi qui plies sous la fatigue ou la douleur, viens, je referai ton ame!
Malheur, oh! oui, malheur a l homme qui, arrive a cette heure de tristesse et d epreuve, ne reconnait pas Jesus, dedaigne sa voix!
Vivre sans religion n est ce pas se condamner a souffrir sans espoir!
Le pere de famille, continue la Parabole,passa de meme vers la neuvieme heure, c est-a-dire vers trois heure de l apres-midi.
Dans la vie humaine, cette heure figure la vieillesse qui commence. Oh! Quand la vie fut sans croyances religieuses, qu elle est triste cette heure! Le monde se retire! L abandon se fait! Le sombre cortege des infirmites arrive! La mort s avance! L eternite s entr'ouvre! Et du fond de la tombe s eleve la voix qui pose a chacun la terrible enigme :
quels reves peupleront le sommeil de la mort?( Shakespeare.)
C est alors que le Dieu de l Evangile, ce Dieu que trop souvent celui qui va mourir a oublie dans la jeunesse et trahi dans l age mur, vient frapper a sa porte,  s asseoir a son foyer desert. Il vient lui parler d immortalite et l inviter a profiter des derniers instants de la journee a son declin, pour travailler un peu a l oeuvre divine, dans la foi retrouvee, dans la souffrance acceptee, dans le repentir,
la priere, le devouement, l aumone; et par la se meriter encore une part des eternelles recompenses.
Quel maitre de la terre en usa jamais aussi genereusement avec ses ouvriers?
  
                                II

Il semble bien, en effet, que Dieu a la recherche de nos ames ne puisse aller plus loin. L Evangile cependant nous parle de la onzieme heure. Cette heure est plus que la vieillesse, c est l heure de la mort! Encore quelques instants et c est la douzieme heure, l heure eternelle qui sonnera.
Et bien, oui,Jesus, meconnu par notre enfance, abandonne par notre jeunesse, trahi par notre age mur, repousse meme par notre vieillesse, Jesus ne veut pas encore desesperer de nous; il vient donc nous attendre, cette fois, au seuil meme du tombeau. Quand deja la mort en ouvre la porte, et que l eternite projette ses clartes sur notre front agonisant, plus que jamais le Dieu de l Evangile est la, dans la personne de
son Pretre,dans le mystere de ses sacrements
Il n attend qu un signe, qu un soupir, qu un regard, pour nous pardonner l oisivete et les fautes de notre vie entiere,puis, en echange d une seule larme, nous donner le meme salaire,- c est lui qui nous l affirme aujourd hui,- oui, nous donner le meme salaire qu a l ouvrier de la premiere heure, c est-a-dire nous donner le Ciel.
L Eglise a bien compris cette infinie misericorde de son Dieu, car elle n a jamais refuse a personne le pardon

qui ferme l Enfer et ouvre le Ciel. Que dis-je? Docile aux lecons et aux exemples de son divin Fondateur, elle est la premiere a descendre vers la place publique pour convier le mourant au repentir. Aucun passe ne l arrete; aucun crime ne la desespere. Elle va trouver au fond de son cachot le criminel que la justice humaine a fletri, pour lui dire qu une larme effacerait tout devant la justice divine; elle gravit l echafaud aux cotes de l assassin, pour lui montrer le ciel, quand deja le bourreau etand sur lui une main implacable. Lors meme que l un de nos freres, dans une heure de vertige coupable, a termine sa propre vie par un criminel attenta, l Eglise ne veut pas encore desesperer des pities celestes. Elle connait trop, pour cela, les mysteres de la onzieme heure. Elle sait que la mort ne vient pas a l homme sans amener avec elle les clartes d outre-tombe; elle sait,- elle qui comprend l Evangile comme nul d entre nous, - que jusque dans la douzieme heure commencee, Jesus passe et repasse, non plus pour convier
au travail, desormais impossible, mais pour appeler a un repentir qui peut encore sauver de l eternel abime!
                     PRIERE ET RESOLUTION
Jamais je ne vous comprends mieux, o mon Christ Redempteur, et jamais je ne vous aime autant que quand je medite vos infinies misericordes.
C est vous-meme qui nous avez crees; c est votre toute-puissance qui a petri notre argile.
Vous connaissez, par consequent, les faiblesses de notre chair, les entrainements de notre coeur, les defaillances de notre volonte. Notre misere et votre amour, voila les deux sources d ou jaillissent, pour se repandre sur le monde entier, vos incommensurables pardons.
Mais en meme temps que j espererai tout de votre misericorde pour mes freres, je veux tout craindre de votre justice pour moi-meme. Mes freres, vous les avez combles de vos graces; moi, vous m en accablez. Aussi, ce que vous leur pardonnez a eux, pourriez-vous me le pardonner a moi?
O mon Sauveur, affermissez donc, chaque jour en mon ame, et l amour de vos bontes, et la crainte de vos justices.
                                            Ainsi soit-il.
_________________
Vierge Lorraine - Libératrice et Patronne secondaire de la France - Sainte des soldats ; Sainte Jehanne d'Arc : "Messire Dieu premier servi !"


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
Contenu Sponsorisé






MessagePosté le: Aujourd’hui à 10:53 (2016)    Sujet du message: Méditation

Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Forum du Royaume de France Index du Forum -> Actualité -> Religion Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Aller à la page: <  1, 2, 3  >
Page 2 sur 3

 
Sauter vers:  

Index | forum gratuit | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com