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Marie Leczinska (1703-1768)

 
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Henryk
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MessagePosté le: Sam 15 Fév - 17:27 (2014)    Sujet du message: Marie Leczinska (1703-1768) Répondre en citant

Marie-Catherine -Sophie-Félicité Leczinska était la fille de Stanislas Leczinski, issu d'une grande famille noble polonaise, Comte du Saint-Empire et de Lesno,  élu roi de Pologne et Grand-Duc de Lithuanie sous le nom de Stanislas 1er en 1704, et de la comtesse Catherine BRIN-OPOLINSKA, fille du Palatin de Posnanie.
 

 
Elle naquit le 3 juin 1703 à Breslau (Wroclaw).  
Bigote, laide, sans esprit, frigide... Les livres d'histoire et les biographies anciennes la décrivent ainsi. La vérité est autre, l'on reste stupéfait lorsqu'on découvre la vie de cette princesse polonaise, sans dot ni état, qui fut certainement la reine la plus malheureuse de son temps, pour avoir été trompée.




Son enfance, troublée durant le règne très mouvementé de son père par des départs précipités du palais royal, les longues étapes en voitures et les installations de fortune, fit de Marie une princesse fugitive. Les avatars de l'Histoire écartent son père du trône : elle se réfugie tout enfant à Stockholm, puis débuta en 1716 un exil précipité dans la principauté de Deux-Ponts, dans le plus grand dénuement matériel.



Toutes ces épreuves et la bonne éducation pédagogue pleine d'intuition et de justesse que lui offrit son père, lui donnèrent très tôt un grand courage, un caractère aimant, une douceur raisonnable, une excellente réflexion mêlée de principes religieux qui remplira son âme d'une sérénité réfléchie. En 1717, Marie perd sa soeur aînée, Anne Leczinska, âgée de 18 ans. Ses parents reportèrent alors leur tendresse sur Marie, qui entrait dans sa quinzième année et poursuivait son éducation accomplie..



 Après la mort du Roi de Suède, direction Wissenbourg. Plusieurs propositions de mariage seront imaginées par son père dès cette époque, malgré son souhait profond de partager l'infortune de ses parents.



Le décès de leur second protecteur allait bouleverser sa vie tranquille et retirée. Une intrigue de cour fit de Marie, jeune fille sans fortune, la reine du plus prestigieux royaume de l'époque.

Son mariage a lieu le 5 septembre, le lendemain de leur rencontre, dans la chapelle du château de Fontainebleau. Louis XV décida alors d'établir ses beaux-parents à Saint-Germain-en-Laye, puis leur octroya l'immense domaine royal de Chambord.


Pour la première fois, la Cour de France assista au spectacle idyllique d’un jeune couple épris l’un de l’autre, car le début de mariage fut très heureux et suivi de dix ans de bonheur et de fidélité. « Je trouve la reine la plus belle », disait Louis XV en amoureux enthousiaste.



Reine de France
Malgré les adulations et flatteries, Marie fit preuve d’une grande capacité d’adaptation : de la vie simple et un peu bohème qu’elle avait menée, elle s’adapta très vite à l’existence organisée, méthodique et emprisonnante d’une reine de France. Elle se résigna à vivre en souveraine et à l’écart de ses enfants, comme toutes les reines l’avait fait avant elle. Sa docilité entre les mains du premier ministre et de Mme de Prie va lui faire encourir la colère du roi et du cardinal Fleury, qui remplacera, en 1726, le duc de Bourbon définitivement disgracié. Elle se retrouva isolée, sans appui ni expérience.. Son seul réconfort restera son abondante correspondance qu’elle échangera avec son père. Très attachée à son mari, la reine ne manquera pas de suivre les conseils de soumission inconditionnelle que lui prodigue son père dans ses lettres.


Enfants de la reine
L’heureuse union fut couronnée par dix grossesses si régulières dans la chambre de la reine  de Versailles, Marie mettra au monde publiquement, selon l’usage établi, en douze ans, ses dix enfants, dont de nombreuses filles, appelées Mesdames de France :
1. Marie-Louise-Elisabeth de France, appelée à sa naissance Mme Première puis Mme Infante après son mariage (plus tard mariée à son cousin, l’Infant Philippe de Bourbon, Duc de Parme (1727-1759)).
2. Anne-Henriette de France, sa sœur jumelle appelée Mme Seconde à sa naissance puis Mme Henriette en 1739 après le mariage de sa sœur (1727-1752), célibataire.
3. Marie-Louise de France, appelée Mme Troisième (1728-1733), morte en bas âge.
4. Louis-Ferdinand de France, Dauphin de France (1729-1765).
5. Philippe de France, Duc d’Anjou (1730-1733), mort en bas âge.
6. Marie-Adélaïde de France, appelée successivement Mme Quatrième à sa naissance, Mme Troisième en 1733 après la mort de la précédente, Mme Adélaïde en 1737 (1732-1800), célibataire.
7. Victoire-Louise-Marie-Thérèse de France, appelée Mme Quatrième à sa naissance puis Mme Victoire en 1745 (1733-1799), célibataire.
8. Sophie-Philippine-Elisabeth de France, appelée Mme Cinquième à sa naissance puis Mme Sophie en 1745 (1734-1782), célibataire.
9. Thérèse-Félicité de France, appelée Mme Sixième (1736-1744), morte en bas âge à l’abbaye de Fontevrault.
10. Louise-Marie de France, appelée Mme Septième (ou Mme Dernière), puis Mme Louise en 1747 (1737-1787) (religieuse au Carmel de Saint-Denis sous le nom de Sœur Thérèse de Saint-Augustin (1770), prieure du Carmel en 1773).
Ses maternités la fatiguèrent et la feront vieillir précocement. Elle devint frileuse, abandonnant peu à peu toute espèce de coquetterie vestimentaire et se couvrant de fichus, châles, mantelets et camisole douillettes, qui lui donnèrent cet air un peu suranné qu’on lui connaît dans ses portraits.



Temps d'épreuves

Pour se consoler du renoncement de son amour conjugal brisé et de l'indifférence du roi, Marie s'enferma dans une vie de charité, à l'écart des cabinets de son appartement de Versailles. Là, elle vivra comme elle l'entendait, jouissant - à certaines heures de la journée - d'une liberté "inconnue jusqu'alors aux reines de France". Gourmande, au point d'en être souvent indisposée par des indigestions nombreuses, et d'être à l'origine de certains plats.("bouchées à la reine", le "consommé à la reine", le "filet d'aloyau braisé à la royale" et l'apparition des lentilles dans notre alimentation.)



Marie Leczinska séduisit tous ceux qui l'approchèrent par son accueil simple, charmant, ses manières exemptes d'affectations, son esprit spirituel, son caractère vif et sa physionomie enjouée.
Mais c'est surtout le souvenir de la charité de la "bonne reine" qui marquera un peuple entier par une bonté, une générosité chrétienne. Elle n'hésitait pas à porter des pierreries fausses pour vendre ses véritables bijoux et effectuer ses aumônes infinies aux indigents, travaillant en effet sans cesse, aidée plus tard par ses filles, à des ouvrages de bienfaisance, emplissant ses appartements de linge et de vêtements destinés aux pauvres, visitant couvents, ouvroirs, hôpitaux, quartiers pauvres etc. Elle aida de nombreuses communautés religieuses, faisait délivrer des prisonniers pour dettes, faisant envoyer des provisions aux familles nombreuses. Elle sortait réglièrement de Versailles pour renouveler les vêtements destinés aux nécessiteux et pour en surveiller elle-même la distribution... Simple et grande tour à tour, humble dévote dans son oratoire et si digne reine dans son Grand Appartement, Marie Leczinska fut la seule et la dernière à supporter courageusement l'Etiquette, symbole et sauvegardede la majesté royale. Ce fut la seule qu'épargnèrent chansons, libelles et calomnies...


La fin de sa vie fut assombrie par le temps des deuils : elle perdit d'abord ses deux filles aînées, Mme Henriette, sa préférée, en 1752, puis Mme Infante en 1759, son petit-fils, le Duc de Bourgogne, enlevé tout jeune par une cruelle maladie... Elle vit disparaître son ancienne rivale, devenue Duchesse en 1764, qui ne lui fit éprouver nulle joie vengeresse mais que des mélancoliques réflexions sur la vanité du monde...



Le destin redoubla encore, avec un deuil qui détermina sa fin : le plus cruel à son pauvre cœur fut le décès de son fils, le Dauphin Louis-Ferdinand. Elle avait mis en lui tous ses espoirs, partageant ses idées, faisant cas d'une haute élévation morale. Marie fut au désespoir et atteignit les sources mêmes de sa vie, d'autant plus qu'elle était seule, ayant perdu également sa confidente et amie la plus chère, Mme de Luynes. La disparition tragique de son père en 1766, brûlé vif par accident, acheva de la meurtrir.



Durant l'automne 1767, un rhume lui donna de fréquents accès de fièvre qui l'affaibliront rapidement. Son état devint préoccupant. Le Roi revint à son chevet, suivant les progrès des langueurs et de la tuberculose. Louis XV, que la mélancolie accablait, fut pour elle plein de sollicitudes: les deuils récents les unissaient à nouveau. Son agonie fut longue, avec des rémissions spectaculaires.
Affaiblie, fiévreuse, à demi inconsciente, la Reine Marie Leczinska s'éteignit le 24 juin 1768 dans la chambre de son appartement de Versailles, au milieu des siens, dans sa soixante-cinquième année, au terme d'une vie émouvante et mouvementée. Louis XV était revenu, elle avait été exaucée... L'émotion fut immense, quand arriva sa dernière heure. Pendant une semaine, on vit le défilé incessant de petites gens venant prier pour elle.
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MessagePosté le: Sam 15 Fév - 17:27 (2014)    Sujet du message: Publicité

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