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L'hopital général et la Salpétrière en 93

 
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Henryk
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MessagePosté le: Mer 19 Fév - 09:43 (2014)    Sujet du message: L'hopital général et la Salpétrière en 93 Répondre en citant

Sur les enfants



A la Correction (salle St-Martin), les enfants étaient emprisonnés jusqu'à 25 ans sur la demande de leurs parents et même du curé de leur paroisse. Toutefois avant de les recevoir, on faisait une enquête pour se rendre compte, si les motifs invoqués étaient exacts.
On y enfermait également jusqu'à leur majorité les enfants de moins de 15 ans, arrêtés pour vagabondage ou vol. Lorsqu'ils atteignaient leur 17e année, ils passaient de la Petite à la Grande correction.



On leur apprenait le Cathéchisme. on leur enseignait à lire, à écrire et à compter. Le reste du temps on les occupait à faire du lacet ou à d'autres travaux peu fatigants. Maison no voulait point les laisser dans l'oisiveté. Si l'on était content d'eux, on apportait quelques adoucissements à leur régime ordinaire, souvent par trop sévère. Ils n'avaient pour coucher qu'une paillasse, des draps et une couverture et pour nourriture du pain et de l'eau; on ne leur donnait de la viande, que lorsque par leur travail, ils avaient gagné de quoi l'acheter.
Il y avait place à la correction pour 66 enfants; 15 à 20 d'entre eux servaient d'enfants de chœur. Ils étaient placés sous la direction d'un maître, d'un sous-maitre et d'un correcteur, chargé de leur administrer le fouet.
Un de leurs maîtres, à l'époque des discussions du jansénisme, ne s'imagina-t-il pas d'en vouloir faire des adeptes du cette doctrine, il les catéchisa si bien qu'ils refusèrent de se confesser aux prêtres de la maison. Grand émoi du recteur de l'Hôpital-Général! Il accourt aussitôt à Bicêtre, rassemble les correctionnaires, les admoneste et termine en leur disant: « Vos prêtres confessent ici deux mille âmes de caractère et ils ne pourraient pas diriger vos petites âmes ».



Tous ces enfants sous l'impulsion et la direction de leur maître étaient devenus des théologiens renforcés et discutaient imperturbablement sur la Fréquente Communion. A l'un d'eux, âgé de quinze ans, en danger de mort, le premier soin du prêtre, appelé à son chevet, est de demander l'acceptation de l'Huile Unigenitus ; l'enfant s'en défend d'abord, puis accepte et enfin se rétracte. Le recteur prévenu vient à la rescousse et lui propose une profession de foi, où il ne s'agirait point de là constitution « Êtes-vous soumis à l'Église et au Pape, lui demande-t-il ». « A l'Église oui, au Pape non, lui réplique l'enfant. Malgré toutes les objurgations on ne peut l'amener à résipiscence.



Si nous avons rappelé ce fait de minime importance : c'est que ce fut là le commencement de la fameuse querelle entre l'archevêque de Paris et les administrateurs de l'Hôpital Général, querelle qui faillit amener la ruine de ce grand établissement et qui dura près de dix ans. Les administrateurs, entachés de jansénisme, n'avaient point voulu accepter à la Salpêtrière, comme supérieure, une certaine dame Moissan, protégée et nommée par l'archevêque Christophe de Beaumont. Précédemment nous en avons parlé: aussi n'y insisterons-nous point davantage. Seulement aujourd'hui on ne peut qu'être surpris de l'acrimonie de pareilles discussions, si futiles au fond, et survenues pour un maître de la Correction, trop zélé janséniste aux yeux de l'archevêque et pour une supérieure de la Salpêtrière, qui ne l'était pas assez à ceux des administrateurs.(sic)



Les enfants de la Correction ne furent point épargnés par les massacreurs de Septembre. Ce fut leur maître Boyer, qui vint trouver les assassins et leur dit qu'ils oubliaient les correctionnaires. Ce misérable s'érigea en accusateur et désigna ceux qu'il voulait faire tuer. Sur cinquante cinq détenus, trente-trois périrent égorgés par ces bêtes fauves. L'un d'eux n'avait point encore dix ans; lorsqu'après le départ de ces sinistres coquins pour la Salpêtrière, où ils allaient continuer leur sanguinaire besogne, on voulut ensevelir ces pauvres victimes, on trouva son cadavre couché sur ceux de tous les autres; il ressemblait, écrivait cinquante ans plus tard un témoin de cette scène, à un ange endormi.


Histoire de l'hôpital de Bicêtre (1250-1791) p 102. Gallica
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Henryk
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MessagePosté le: Mer 19 Fév - 10:07 (2014)    Sujet du message: L'hopital général et la Salpétrière en 93 Répondre en citant

Toutefois, comme nous tenons à ne rien dissimuler, nous devons faire mention d'une autre statistique, bien différente de la précédente et publiée récemment par M. Lafabrègue, directeur des Enfants Assistés, elle est loin d'être aussi bonne. D'après lui, de 1780 A 1793 seize cent vingt-un enfants seraient entrés à Vaugirard, treize cent quatre-vingt-dix-sept seraient morts et on n'aurait eu à constater que deux cent vingt-quatre guérisons.
Pourtant, jusqu'à preuve certaine du contraire, nous inclinons à considérer les chiffres, donnés par La Rochefoucauld comme les seuls exacts.



M. Lafabrègue n'a eu sans doute entre ses mains que des documents incomplets. Colombier, qui a relevé mois par mois du 10 août 1780 au le février 1781 les entrées, les décès et les guérisons, n'est nullement d'accord avec lui ; tandis que ses résultats semblent concorder sous tous les rapports avec ceux de La Rochefoucauld. Les deux tableaux suivants en sont une preuve démonstrative :
(1) Archives nationales. F (?), 245. Papiers de Colombier.
(2) LA ROCHEFOUCAULD-LIANCOURT. LOC. cit.
(3) LAFABRÈGUE. Bulletin de la Société statistique, année 1883.


Voir numéros d'archives sur le livre



7° HÔPITAL DU FAUBOURG ST-JACQUES. — Malgré tous ces établissements, A Bicêtre, les salles de la Miséricorde et de St-Eustache no désemplissaient pas. En 1784 le ministre de Breteuil vint visiter cet hôpital, le spectacle que lui présenta l'Emploi des vénériens le peina tellement qu'il voulut améliorer leur situation.
A son instigation le roi résolut (Lettres Patentes, août 1785) d'en enlever les syphilitiques et de les réunir tous dans un même hôpital.
Les ressources de cet hôpital devaient consister, d'après le décret royal, dans les vingt-cinq mille livres de revenus, données antérieurement à Vaugirard, dans quarante-huit mille livres, prises sur le département des hôpitaux, dans soixante et un mille neuf cent livres, fournies par l'Hôpital-Général, somme représentant la dépense annuelle des six cent trente-six vénériens, soignés à Bicêtre et dans cent cinquante mille livres, payées parle trésor royal. On ne conserverait A Vaugirard que les nourrices et leurs nourrissons et on enverrait au nouvel hôpital toutes les personnes inutiles, c'est-A-dire les femmes enceintes, les accouchées incapables de donner le sein et celles qui, leur enfant mort, y étaient encore gardées deux mois.



On chercha aux portes de Paris un local assez vaste pour les contenir tous. Le couvent des Capucins du Faubourg St-Jacques fut acheté A cet effet. Les travaux poussés avec activité furent vite terminés.



Tout était prêt pour les recevoir, lorsqu'à la suite d'une visite de Mme Necker, à la Salpêtrière, il en fut décidé autrement. Mieux reçue dans cette maison qu'à Bicêtre, où elle avait été victime d'une ridicule mésaventure, elle obtint de son mari, qu'on transférât dans l'ancien couvent des Capucins les quatre cents folles de la Salpêtrière, au lieu et place des syphilitiques.


Ce ne fut qu'en 1792 que les vénériens quittèrent Bicêtre.
Depuis le 13 avril 1792, l'ancienne administration de l'Hôpital Général avait cessé d'exister et comme notre travail finit avec elle, nous n'avons plus à nous en occuper.



Ibid p 87.


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