Forum du Royaume de France Index du Forum

Forum du Royaume de France
« Mon principe est tout, ma personne n'est rien » Henri V, Comte de Chambord

 FAQFAQ   RechercherRechercher   MembresMembres   GroupesGroupes   S’enregistrerS’enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 

Le Manifeste Légitimiste
Aller à la page: 1, 2  >
 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Forum du Royaume de France Index du Forum -> Patrimoine -> Littérature
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Mavendorf
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 11 Juil 2011
Messages: 3 841
Localisation: Lorraine
Religion: Catholique Romain
Masculin

MessagePosté le: Sam 30 Juil - 09:34 (2011)    Sujet du message: Le Manifeste Légitimiste Répondre en citant

Manifeste Légitimiste



Non ! La Monarchie n'est pas morte !

Deux cent ans après 1789, la Monarchie Française paraît définitivement enterrée pour le commun des mortels, abreuvé par les médias de la philosophie vomitive des droits de l’homme, gangrené par cette nouvelle vérole qu’est l’esprit républicain, laïcard et maçonnique !


Les Idées ? La Question des Institutions ? La Formation politique ? Plus personne ne s’y intéresse ; « les petits esprits ne voyant », nous dit Bonald, «dans les meilleures institutions que leurs abus et dans les plus mauvaises, que leurs avantages ».
Dans un volume de plus de 300 pages, l’Union des Cercles Légitimistes de France (UCLF) nous interpelle, nous sort de notre léthargie, pour réveiller en nous le sentiment monarchique et présenter au peuple français ce qu’était l’Ancienne France, tant décriée par nos gouvernants actuels.

Cet ouvrage nous expose tout d’abord une introduction à la Politique, puis développe certaines notions-clés, comme la Légitimité d’une institution, la notion du Bien Commun, ou encore, la question de l’Autorité.

Une étude claire et précise des Lois Fondamentales du Royaume, véritable constitution monarchique, le fonctionnement et l’histoire des corporations, et l’évolution de la Politique, à travers les différentes périodes de l’histoire de France, font de ce Manifeste  un important corpus doctrinal, dont on ne peut que saluer la parution.
Dans une France en pleine décadence, ce Manifeste, d’une lecture simple et agréable,  et résolument tourné vers l’avenir, est un traité indispensable à tout Français désireux de restaurer la Grandeur perdue de son Pays.




http://beaudricourt.hautetfort.com/archive/2010/09/29/manifeste-legitmiste.…
 

_________________
Va, va et advienne que pourra...



Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
Publicité






MessagePosté le: Sam 30 Juil - 09:34 (2011)    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
REQUETE CARLISTE
Modérateur

Hors ligne

Inscrit le: 06 Aoû 2011
Messages: 1 150
Localisation: Provence
Religion: catholique romain FSSPX
Masculin

MessagePosté le: Mar 13 Déc - 02:01 (2011)    Sujet du message: Le Manifeste Légitimiste Répondre en citant

Parce que les fêtes de fin d'année approchent !! Un ouvrage que tout légitimiste se doit d'avoir lu !
Une idée cadeau pour un proche, un ami ! Pour un royaliste à ramener sur le chemin de la Monarchie Catholique Traditionnelle !
Parce que la maîtrise du Manifeste Légitimiste est la première arme du chouan du XXI° siècle face au système républicain qui nous entoure !
_________________
POUR DIEU, LA PATRIE ET LE ROI



Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
Henryk
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 12 Juil 2011
Messages: 3 611

MessagePosté le: Mer 1 Fév - 20:08 (2012)    Sujet du message: Le Manifeste Légitimiste Répondre en citant

Eléments de Science Morale   
- Les trois parties de la science morale
On distingue trois parties dans la science morale :

La monastique (ou morale personnelle). Elle considère les actes de l’individu en tant qu’ils sont ordonnés à une fin.

La domestique (ou morale familiale). Elle considère les actes de la collectivité familiale en tant qu’ils sont ordonnés à une fin.

La politique (ou morale de la cité). Elle considère les actes de la collectivité civile en tant qu’ils sont ordonnés à une fin.

- Principe premier de la science morale : “ l’homme est un animal social et politique”
Il s’agit d’un principe : on ne peut le démontrer, on ne peut que le constater dans les faits. On constate que l’homme seul ne peut subvenir à ses besoins ni développer la fabrication, l’action et la contemplation. Pour cela il doit vivre en famille, en village, en corps de métier, en associations diverses qui se répartissent les tâches et les connaissances pour le bien de tous. L’homme sans la société, c’est l’enfant-loup. Par nature l’homme est un animal social. Familles, villes, corps de métiers, associations sont appelés communautés naturelles ou encore corps intermédiaires. Aucune communauté naturelle ne suffit à répondre par elle-même à tous les besoins, aussi elles tendent à se regrouper au sein de la Cité ou communauté politique dont le propre est l’autosuffisance, l’autarcie. Donc par nature l’homme est un animal politique (= qui vit dans une cité).
La nature d’un être c’est sa fin, ce vers quoi il tend pour s’accomplir (principe métaphysique). Donc dans l’ordre pratique, ce qui achève la nature de l’homme, ce qui réalise sa fin ultime, c’est de vivre, d’agir au sein d’une communauté politique.
- La finalité de la politique : le bonheur possible ici-bas = le bien commun

Dans un premier temps, on peut remarquer que le bonheur et la communauté politique présentent une analogie dans leur définition par leur caractère d’autosuffisance :
- Le bonheur est un bien qui se suffit à lui-même (puisqu’il rassasie).
- La cité est une communauté qui se suffit à elle-même (autarcie).
Le bonheur est la fin ultime de nos actes, nous le désirons pour lui-même, c’est le bien le plus élevé.
Or, on a démontré que dans l’ordre pratique, la fin ultime de l’homme est d’agir dans la cité. Donc le bonheur de l’homme nécessite au moins qu’il vive et agisse au sein d’une cité. Ainsi, on ne peut envisager le bonheur en terme individuel : même si quelqu’un possède tout ce qu’il désire, il ne peut être heureux si autour de lui les autres ne le sont pas, ou s’il n’a personne avec qui agir et partager ses sentiments (désespoir de Robinson Crusoé). D’un point de vue naturel, il est impossible d’être heureux tout seul. Ici-bas, le bonheur est toujours relatif, on ne peut échapper à certains malheurs (deuils, maladies...). Le rôle de la politique est de réaliser le bonheur maximal possible ici-bas : le bien commun.


La politique considère les actes de la collectivité civile en tant qu’ils sont ordonnés au bien commun. Ce raisonnement est celui d’Aristote et d’autres philosophes de l’Antiquité, il se place sur un plan strictement naturel et aboutit à un constat assez amer : si vivre dans une cité est la condition du bonheur en cette vie, celui-ci demeure malgré tout très imparfait, on le nomme bien commun. Grâce à la Révélation, dans la cité chrétienne, le bien commun est transcendé : la fin ultime est le bonheur parfait dans l’autre monde (la contemplation éternelle de Dieu). Mais ce bonheur ne peut être atteint que si l’on a agi conformément au bien commun en ce monde.

- Conséquences : morales personnelle et familiale sont ordonnées à la politique.
On dit qu’une science est rectrice de toutes les autres si elle considère la fin ultime.
Dans l’ordre spéculatif, la science rectrice de toutes les autres est la métaphysique.
Dans l’ordre pratique, la science rectrice de toutes les autres est la politique.
Donc dans l’ordre pratique, sur le plan naturel (et non sur le plan surnaturel de la morale révélée), la morale personnelle et la morale familiale sont ordonnées à la politique. “Il n’y a de morale naturelle que politique, si l’homme est un animal social il ne peut en être autrement”. Marcel de Corte (L’ordre français N° 239).


Remarque 1 :
 il faut bien souligner que l’on parle ici de la morale naturelle (accessible par la raison seule) : un bon traité de morale naturelle est l’“Éthique à Nicomaque” d’Aristote (350 av. J-C). La morale surnaturelle, quant à elle, est une morale révélée par Dieu aux hommes dans la bible. Elle vient éclairer nos intelligences (obscurcies par le péché originel) qui n’arrivent pas à retrouver par elles-mêmes la morale naturelle.


Remarque 2 :
Contrairement à ce que prétendent les catholiques libéraux, la morale naturelle n’a pas pour fondement la dignité de l’homme mais le bien commun. “De la forme donnée à la société, conforme ou non aux lois divines, dépend et découle le bien ou le mal des âmes...”. Pie XII.
“La forme du gouvernement... n’est pas une simple étiquette sans importance... Si la doctrine catholique exige seulement que le gouvernement... assure le bien commun, la raison et l’expérience demandent en outre qu’il y ait dans le gouvernement le plus possible d’unité, de stabilité, de cohérence”. Abbé Barbier.
“Choisir entre les formes de gouvernement de la Cité que sont la république, l’aristocratie, la monarchie, ce n’est pas seulement un problème d’ordre politique, mais peut-être même LE problème politique !” Adrien Loubier, in Politique d’abord.


 
Légitimité Naturelle et Légitimité Théologique IntroductionEn ces temps de Révolution il importe de rappeler certaines réalités aux catholiques soucieux de restaurer une société chrétienne.


Obj.1
Par une extraordinaire naïveté ils sont encore nombreux à croire à la loi du nombre : une majorité numérique de catholiques dans le pays suffirait à rendre celui-ci catholique. D’autres, plus avertis, estiment qu’il suffit que les institutions reconnaissent le Christ-roi, son Église et ses enseignements.


Obj.2
Des mouvements comme la Cité Catholique de Jean Ousset et plus récemment Civitas pensent sérieusement faire de la politique en se contentant d’énoncer les principes chrétiens du pouvoir sans se soucier de la forme des institutions à mettre en place.
Obj.3
Dans le présent exposé nous nous proposons de montrer que ces bonnes intentions ne sauraient suffire. Il importe avant tout de bien comprendre à quoi sert l’institution, puis à l’école de l’Histoire, de chercher sa forme la meilleure pour rétablir la Cité de Dieu dans notre pays.


 
I - Qu’est ce qu’une Institution ?Un constat : les limites humainesComme nous l’avons vu dans le chapitre sur l’introduction à la politique, par nature l’homme est un animal politique. Sans la société l’homme est un enfant loup.
Grâce à la société il jouit d’un certain bonheur (toujours relatif ici-bas) non seulement par les connaissances, la sécurité, le confort que celle-ci lui procure mais aussi par le fait même de participer à la vie de cette société. Ce bonheur est directement tributaire de l’unité de la société qu’est la paix (la paix est la tranquillité de l’ordre, la concorde ordonnée qui existe entre les hommes lorsqu’on rend à chacun ce qui lui est dû).
Pour assurer l’unité de la paix appelée bien commun, pour ordonner les activités multiples de la Cité, il faut une coordination, un gouvernement, une autorité politique. L’autorité peut être détenue par un ou plusieurs individus qui devraient avoir le souci constant du bien commun.


Malheureusement tout homme est caractérisé par ses limites et par son instabilité


1. Il n’est jamais à l’abri de passions qui peuvent altérer son jugement : comment protéger le peuple des passions de celui qui gouverne, et celui qui gouverne des convoitises de ceux qui désirent sa place

2.  Il est toujours tenté de sacrifier le bien commun à des intérêts personnels.

3. Il est limité en connaissances.

4. Sa vie est limitée dans le temps : à qui doit revenir l’autorité quand son détenteur disparaît ?
Nous venons de mettre en relief la nécessité d’une institution politique, car il entre précisément dans les attributions de l’institution de :

– garantir la continuité du bien commun par delà les fragilités, les limites des hommes, soustraire le bien commun aux aléas de leurs passions.


Ce que dit le dictionnaire du mot institution Étymologie : du latin instituere = instituer, établir
Définition : ensemble des organismes et des règles établis en vue de la satisfaction d’intérêts collectifs.
Au pluriel : lois fondamentales d’un pays.


Il ressort de cette définition que :

1. La finalité de l’institution est l’intérêt collectif autrement dit le bien commun.

2. L’institution désigne l’ensemble organismes + règles.

3. Une institution s’établit, ce qui implique une réflexion sur sa forme et sur ses règles.
Il faut donc penser l’institution, mais à ce stade de notre développement il convient de souligner
deux éléments importants :


A la différence d’autres institutions plus ou moins contingentes, l’institution politique est nécessaire, elle ne se décrète pas, elle s’impose à nous de par notre nature d’animal politique (en effet, il ne saurait exister de cité sans gouvernement). Il n’y a pas, à la naissance de l’institution politique, de contrat social. En revanche, il y a bien intervention humaine pour expliciter ses règles, pour lui donner sa forme. Il en va ainsi pour une autre institution : l'Église qui, elle non plus, ne découle pas de la volonté humaine, mais d’une prescription divine. Ses règles (le droit canon) sont le fruit de la réflexion des hommes : Il a fallu s’organiser pour mettre en œuvre le message divin en tenant compte des limites de la nature humaine. Ainsi le mode de désignation du pape, la nomination des évêques, la liturgie ont été pensés pour respecter le plus possible la volonté de Dieu.


 Il ne faudrait pas se méprendre sur l’expression “penser l’institution” en ce sens que ce n’est pas une pensée “a priori”, mais une pensée essentiellement inductive. Il s’agit de tirer les leçons de l’observation du réel, de l’expérience et en fin de compte de l’Histoire.
_________________


Dernière édition par Henryk le Mer 1 Fév - 21:20 (2012); édité 1 fois
Revenir en haut
Rodolphe von Thierstein
Les Chevaliers de la Couronne et de la Foi

Hors ligne

Inscrit le: 04 Oct 2011
Messages: 720
Localisation: Duché de Bourbonnais
Religion: Chrétien catholique
Masculin

MessagePosté le: Mer 1 Fév - 20:19 (2012)    Sujet du message: Le Manifeste Légitimiste Répondre en citant

C'est très intéressant ce que vous avez posté Henryk !
J'essayerai de caser cela dans mes dissertations de philosophie. Mr. Green
_________________
Plus fideli quam vitae- Défiance et Fidélité.


Revenir en haut
Lastic
Modérateur

Hors ligne

Inscrit le: 10 Sep 2011
Messages: 1 466
Localisation: Duché de Bourbonnais
Religion: Catholique
Masculin

MessagePosté le: Mer 1 Fév - 21:00 (2012)    Sujet du message: Le Manifeste Légitimiste Répondre en citant

C'est un extrait du Manifeste Légitimiste, Rodolphe. Pour tes dissertations, le mieux serait que tu en lise une bonne partie. Wink
_________________
Vera nobilitas virtute virescit - Droit quoiqu'il soit !


Revenir en haut
Henryk
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 12 Juil 2011
Messages: 3 611

MessagePosté le: Mer 1 Fév - 21:18 (2012)    Sujet du message: Le Manifeste Légitimiste Répondre en citant

J'ai pris cet extrait pour deux raisons, l'un la partialité de l'homme qui agit sans la société, comme nos élus actuels, misant sur l'éléctorat et l'électoralisme, la deuxième est que nous ne pouvons fabriquer des constitutions comme Siéyés en faisait à chaque sortie de chambre. Je l'ai détaché du Manifeste parce que cette réflexion est importante pour saisir l'histoire.

Caser, Rodolphe, au bon endroit, sans trop vous faire casser sur la note!
_________________


Dernière édition par Henryk le Lun 27 Fév - 10:42 (2012); édité 1 fois
Revenir en haut
Henryk
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 12 Juil 2011
Messages: 3 611

MessagePosté le: Lun 27 Fév - 10:42 (2012)    Sujet du message: Le Manifeste Légitimiste Répondre en citant

Or justement les institutions imposent à l’homme l’obéissance à une hiérarchie qu’il n’a pas choisie : obéissance s’oppose à liberté ; hiérarchie s’oppose à égalité. Dès lors la Révolution n’a de cesse de combattre les institutions, de “libérer” les hommes de leur joug pour lui substituer le sien, abstrait et libertaire :

Destruction de l’institution Eglise (détruire le fanatisme, on dit aujourd’hui l’intégrisme).

Destruction de l’institution monarchique.

Destruction du mariage et de la famille (divorce, avortement, contraception, remise en cause de
l’autorité paternelle...).

 Destruction des corporations.

Destruction des provinces.

L’institution de l’Ancienne France s’était élaborée au fil des siècles, au gré des nécessités grâce à la pensée inductive. La Révolution lui a substitué des embryons d’institutions créés de toutes pièces par une pensée déductive avec comme point de départ les idéologies.

Les institutions sous l’empire romain, quoique très imparfaites car elles se situent à un stade historique premier, reconnaissaient la nature politique de l’homme, alors que la révolution la nie. Les institutions qui en découlent sont donc encore plus imparfaites que celles des premiers siècles. Situation d’autant plus aberrante après des siècles d’histoire particulièrement riches sur le plan institutionnel.

Dans ce cas peut-on encore parler d’institution pour désigner les démocraties révolutionnaires ? Comme Tocqueville, nombre de sociologues estiment en effet que la démocratie moderne est plus un état d’esprit qu’une institution. Le terme “institutions” est quand même incontournable en ce sens qu’aucune société ne saurait exister sans gouvernement. Cette réalité engendre d’ailleurs une véritable schizophrénie chez les démocrates : D’une part ils dénoncent la “ tyrannie ” de la société et des institutions qui s’opposent à la liberté et à l’égalité, d’autre part ils ne peuvent s’en passer car elles sont le fait de notre nature d’animal politique ; leurs existences échappent donc totalement à leur volonté et malmènent leur orgueil.

Nous avons là une explication de cette défiance surprenante qu’ils ne peuvent s’empêcher de nourrir à l’égard de l’autorité politique qu’ils ont pourtant élue. Cependant les institutions démocratiques sont dénaturées car leur finalité n’est plus le bien commun mais la libéralisation des individus.
En outre, soulignons la passion de l’égalité qui dévore  inexorablement les hommes vivant en démocratie. Rien n’est plus opposé à l’idée d’institution qui ambitionne au contraire le triomphe de la raison sur la passion et celui de la hiérarchie bienfaisante et constructrice sur l’individualisme de citoyens égaux.
_________________


Revenir en haut
Henryk
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 12 Juil 2011
Messages: 3 611

MessagePosté le: Ven 9 Mar - 08:58 (2012)    Sujet du message: Le Manifeste Légitimiste Répondre en citant

De par son Origine, le Pouvoir du Roi est Paternel.



Comme un enfant doit la vie à ses parents, la société doit son existence à la présence de l’autorité qui la gouverne. C’est la présence de cette puissance qui lui assure l’unité et la paix dans la recherche du bien commun. Sans elle, la société ne saurait durer ni même naître. Le pouvoir qui donne naissance est donc nécessairement paternel.
Il y a de ce point de vue une analogie parfaite entre le pouvoir de Dieu, le pouvoir du roi et le pouvoir du père de famille : à chacun successivement tout individu doit l’existence, et ces trois pouvoirs ont les mêmes caractéristiques car les deux pouvoirs du roi et du père de famille tirent leur origine et sont l’image du premier. Bossuet fait très justement remarquer “l’obéissance qui est due à la puissance publique ne se trouve, dans le décalogue, que dans le précepte qui oblige à honorer ses parents.”  : le roi est le père de son peuple comme Dieu lui même est notre père.



Ce lien qui unit le roi à ses sujets est le plus inviolable qui puisse être car c’est le lien naturel qui unit le père à ses enfants, l’amour filial et l’amour paternel : bien des historiens ont rappelé à quel haut degré la monarchie française avait incarné cette réalité.
“Rien n’est plus propre à assurer l’unité que ce qui est un par soi” selon la formule de St Thomas, et c’est ce qui justifie le fait que le pouvoir soit exercé par un seul. Mais il y a aussi le fait qu’il est plus naturel d’éprouver des sentiments d’amour filial à l’égard d’une personne que d’une assemblée de personnes : de ce point de vue, le pouvoir monarchique correspond mieux aux caractères naturels de l’autorité que n’importe quelle autre forme d’institution...



Il est donc parfaitement logique que l’autorité publique dont l’origine et l’exercice sont paternels se transmette avec les mêmes caractères. Ainsi que le rappelle Bossuet “rien n’est plus durable qu’un état qui se perpétue par les mêmes causes qui font durer l’univers, et qui perpétue le genre humain” .
Le gouvernement monarchique de la cité est le meilleur parce qu’il est celui par lequel l’autorité est établie sur les bases les plus solides parce que les plus naturelles. C’est d’ailleurs de ce caractère paternel de l’autorité que sont tirées toutes les autres “ lois fondamentales” destinées à assurer la transmission dans le temps de ce pouvoir et des bienfaits qui en découlent : loi de primogéniture, agnation, collatéralité, etc...
_________________


Revenir en haut
serge
Banni définitivement

Hors ligne

Inscrit le: 14 Jan 2012
Messages: 152
Localisation: Languedoc Roussillon
Religion: PAX ET BONUM + Fraternité st Louis + FSSPX
Masculin

MessagePosté le: Jeu 15 Mar - 11:31 (2012)    Sujet du message: Le Manifeste Légitimiste Répondre en citant

j'attends mon exemplaire et mon abonnement, avec Patience...



je me contente du Lien en attendant...
http://www.monarchiefrancaise.fr/Manifeste%202%E8me%20%E9dition%2020-07.pdf



« Dieu établit les Rois comme ses ministres et Règne par eux sur les peuples. C'est pour cela que nous avons vu que Le Trône Royal n'est pas le trône d'un homme, mais Le Trône de Dieu même. Le modèle pour Le Gouvernement Monarchique est l'Autorité Paternelle, se trouve donc dans la nature même. Les rois de France se font sacrer à Reims, ce qui donne à leur pouvoir un caractère religieux. »
Bossuet, La politique tirée de l’Écriture Sainte, 1679, Extrait du livre III.
_________________
Serge Marc Marie-Antoine de Clermont-en-Beauvaisis, Tertiaire de La Pénitence par la Grâce du Bon Dieu
UT UNUM SINT SICUT NOS ✝ Catholique et Français, Toujours ✝ OMNIA INSTAURARE IN CHRISTO


Revenir en haut
Henryk
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 12 Juil 2011
Messages: 3 611

MessagePosté le: Jeu 22 Mar - 09:54 (2012)    Sujet du message: Le Manifeste Légitimiste Répondre en citant

L'autorité.
Bossuet décrit l’autorité royale par quatre de ses principaux caractères : sacrée, paternelle, absolue, rationnelle. Sa “Politique tirée de l’écriture sainte” est un enseignement très utile pour illustrer notre propos : principalement pour établir ce qui a été le plus controversé, à savoir ces trois caractères étroitement liés : sacrée, paternelle, absolue. C’est en effet par ces trois mots que nous pouvons expliquer ce que signifie cette expression “pouvoir absolu de droit divin”.

Sacrée : le droit divin, c’est le droit du créateur sur la création
C’est à l’un des plus grands juristes qu’il fût donné à l’ancien régime de posséder que nous allons nous adresser, qui fût Chancelier de France : il s’agit du chancelier d’Aguesseau à qui Louis XV avait confié l’énorme tâche de réformer le droit rendu archaïque par l’évolution de la société . Qu’écrit le chancelier, l’homme le plus important en France après le roi lui même, en plein milieu de ce XVIIIe siècle et dont l’historiographie révolutionnaire et catholique ne veut retenir que les erreurs ?
“Il n’y a jamais, il n’y aura jamais de puissance qui ne soit sortie du sein de Dieu même. C’est Lui qui ayant formé les hommes par la société a voulu que les membres dont elle serait composée fussent soumis à un pouvoir supérieur (...). C’est de lui par conséquent que le chef de chaque nation le tient...” .
Ce qu’écrit ici d’Aguesseau , c’est exactement ce qui avait toujours été affirmé jusqu’à son époque comme l’avait magistralement rappelé Bossuet chargé par Louis XIV de l’éducation du Dauphin, utilisant largement l’Ancien Testament inspiré de l’Esprit Saint, et les Pères de l’Eglise. Dans son livre sur l’autorité royale, il cite ainsi saint Paul “Que toute âme soit soumise aux puissances supérieures car il n’y a point de puissance qui ne soit de Dieu” .
De l’Ancien Testament “Écoutez, ô rois, ... C’est Dieu qui vous a donné la puissance : votre force vient du Très Haut..” .
De Tertullien “Nous jurons, non par le génie des Césars, mais par leur vie et par leur salut… Mais nous regardons donc dans les empereurs les choix et les jugements de Dieu, qui leur a donné le commandement.. César est plus à nous qu’à vous parce que c’est notre Dieu qui l’a établi.”
De saint Grégoire de Nazianze “ Respectez votre pourpre, reconnaissez le grand mystère de Dieu dans vos personnes... Soyez donc ses lieux tenants à vos sujets.”  Et Bossuet commente “C’est-à-dire gouvernez les comme Dieu gouverne.” et il précise “...les princes agissent comme ministres de Dieu et ses lieutenants sur terre.”
Ce qui a pour conséquence que tout pouvoir est sacré. “Mais même sans l’application extérieure de cette onction, ils sont par leur charge comme étant les représentants de la majesté divine, députés par la providence...”  et l'auteur prend l’exemple de Cyrus païen “C’est ainsi que Dieu même appelle Cyrus son oint. “Voici ce que dit le Seigneur à Cyrus mon oint pour lui assujettir tous les peuples” .
 

 

Le cardinal Bellarmin écrivait : “Le pouvoir vient directement de Dieu seul, car il accompagne nécessairement la nature de l’homme. Il vient donc de Celui qui a fait la nature de l’homme (…). De plus, le pouvoir est de droit naturel : il ne dépend pas du consentement des hommes. Qu’ils le veuillent ou non, ils doivent être régis par quelqu’un, à moins de vouloir que le genre humain périsse…” et l’auteur qui le cite conclut “Avoir une autorité qui le gouverne est un bien dû à sa nature. Donc l’autorité est de droit naturel (…) nous pouvons étendre, au pouvoir en général, les deux qualités d’origine que lui attribuent les scolastiques : de venir de Dieu et d’être de droit naturel. ”
 

Nous pouvons constater que le droit divin tel qu’il était entendu sous la monarchie restait dans la plus parfaite orthodoxie des Pères et Docteurs de l’Eglise, puisque le chancelier d’Aguesseau, reconnu comme le plus grand juriste à son époque, reprenait presque mot à mot ce qui avait toujours été enseigné. Bonald, cent ans après Bossuet, écrivait également : “Ce droit divin est le droit naturel, c’est-à-dire le moyen d’ordre établi dans la société pour sa conservation par l’auteur de la nature, et jamais personne n’a jamais imaginé que ce droit divin soit l’effet d’une révélation particulière ou d’une inspiration surnaturelle.” 
 

Même à l’origine de toutes les civilisations, aux époques les plus reculées de l’ancien testament, il n’y a pas eu de choix. Les sociétés, si petites soient-elles, sont nées de la force des choses et les hommes ne sont entrés pour rien dans cette naissance. Comme le fait remarquer Bonald, le peuple ne peut pas choisir qui va le gouverner, car il aurait fallu qu’il existât avant d’être gouverné. S’il existe en tant que peuple, s’il a la possibilité factice de choisir l’autorité, c’est qu’il y a déjà une autorité. Cette institution de l’autorité dépasse sa volonté. Il s’agit d’un impératif qui conditionne l’existence humaine elle-même.
C’est en fait surtout à partir de la Réforme que certains penseurs vont émettre des affirmations contraires aux principes énoncés ci-dessus:
Locke,
Hotmann,
Jurieu,
Suarez,
Saint- Simon,
Boulainvilliers vont diffuser cette idée que le peuple ou les grands peuvent prétendre, par la voie des élus, à un contrôle de l’exercice du pouvoir sur celui qui en est le détenteur. Cette idée va faire son chemin. John Locke voit ainsi les lois comme des conventions entre gouvernants et gouvernés . En France, certains vont se prétendre les gardiens du bien commun, ayant pour rôle de reprendre le souverain qui pourrait manquer aux engagements du sacre : ils se voient les protecteurs du peuple contre les dérives possibles de l’autorité. C’est d’ailleurs au nom du peuple qu’ils parlent. Or il n’y a jamais eu de contrat entre le roi de France et ses sujets.
Comme le rappelle Michel Antoine :
“les droits et les intérêts de la nation n’étaient pas distincts de ceux du roi et ne reposaient qu’en ses mains. Il n’était responsable que devant Dieu. Par là se trouvait rigoureusement exclue l’existence ou même l’hypothèse d’un contrat synallagmatique entre le roi et ses sujets” .
Le peuple n’a jamais ni choisi la loi ni même désigné si peu que ce soit celui en qui réside le pouvoir suprême. Si cela avait été le cas, on conçoit que ledit peuple puisse contrôler son délégué . Mais ce délégué n’est qu’un officier, un ministre parmi d’autres, le plus important sans doute mais officier seulement et non souverain . Cette supposition est de plus complètement factice : puisque il eût fallu pour envisager un tel processus que le peuple existât avant même d’être gouverné, et ceci est une impossibilité :
“Bien loin que le peuple en cet état ( sans loi et sans pouvoir) pût faire un souverain, il n’y aurait même pas de peuple” écrit Bossuet  et Bonald poursuit “Une loi, ne fût-ce que celle qui réglementerait les formes à suivre pour faire la loi , un homme, ne fût-ce que celui qui l’aurait proposée, aurait toujours précédé cette prétendue institution du pouvoir, et le peuple aurait obéi avant de se donner un maître”.
Louis Dimier faisait ainsi remarquer : “Rien n’est moins selon le témoignage de l’histoire que d’imaginer les prétendues pratiques d’un pouvoir arbitraire, appuyées d’un faux droit divin, s’étalant au XVIIe siècle comme des nouveautés” .
Même en des temps reculés comme celui de Clovis par exemple, le peuple ne joue absolument aucun rôle actif dans l’établissement du pouvoir : tout au plus est-il appelé pour reconnaître celui qui désormais exerce l’autorité, mais cet homme ou celui qui va le remplacer si il est tué, destitué… est ce qu’il est, c’est-à-dire détient les capacités pour commander ni de lui ni du peuple mais des lois générales de toute société humaine dont Dieu seul est l’auteur : c’est le sens des paroles que Bossuet tire de l’Ecriture Sainte .
 Le roi est lieutenant de Dieu , non pas du peuple. La désignation comme la mise en place du pouvoir échappe au peuple. Bien sûr, son adhésion est demandée :
“...Tous ceux qui ont bien parlé l’ont regardée (la loi) comme un pacte et un traité solennel par lequel les hommes conviennent ensemble, par l’autorité des princes, de ce qui est nécessaire pour former leur société. On ne veut pas dire par là que l’autorité des lois dépende du consentement des peuples, mais seulement que le prince, qui d’ailleurs par son caractère n’a d’autres intérêts que celui du public, est assisté des plus sages têtes de la nation et appuyé sur l’expérience des siècles passés…. Dieu n’avait pas besoin du consentement des hommes pour autoriser sa loi , parce qu’il est leur créateur, qu’il peut les obliger à ce qui lui plaît ; et toutefois, pour rendre la chose plus solennelle et plus ferme, Il les oblige par un traité exprès et volontaire, c’est pourquoi tous les peuples ont voulu donner à leur loi une origine divine…” .
Il y a cependant eu des exemples dans l’histoire où quelques grands, voire le peuple entier, ont élu ou fait venir un souverain. Mais outre que ce fait soit relativement rare et lié non à l’exercice habituel du pouvoir mais plutôt à quelques circonstances particulièrement graves, il convient d’analyser ces quelques exemples plus en détail. En effet, quand le peuple franc acclame Clovis, quand les grands élisent Hugues Capet et quand les Romains appellent Tarquin, il ne faut pas voir là que le peuple donne l’autorité et crée le souverain : la nécessité de l’autorité ne dépend pas de sa volonté de même que les qualités personnelles du nouveau souverain ; si celui-ci est choisi par les grands, il le doit d’abord à ses qualités personnelles ou familiales sur lesquelles il ne peut pas grand chose et sur lesquelles les grands ne peuvent rien du tout. Il s’agit donc là plus d’une reconnaissance par les sujets d’un fait : la capacité d’untel pour gouverner et leur soumission à ce fait. C’est Dieu qui est à l’origine des capacités de cet homme, c’est Lui aussi qui rend nécessaire cette autorité (Lui pour les catholiques, le hasard pour ceux qui n’ont pas la foi), Lui et non le peuple. L’autorité est donc sacrée de par son origine.

_________________


Revenir en haut
serge
Banni définitivement

Hors ligne

Inscrit le: 14 Jan 2012
Messages: 152
Localisation: Languedoc Roussillon
Religion: PAX ET BONUM + Fraternité st Louis + FSSPX
Masculin

MessagePosté le: Jeu 22 Mar - 10:15 (2012)    Sujet du message: Le Manifeste Légitimiste Répondre en citant

Merci

j'ai bien reçu Le Manifeste et Le Numéro de La Gazette

Patience et Longueur de Temps ...

Je concilie ces Lectures Terrestres avec celles du Carême, pour La Gloire de Dieu et Le Salut des Âmes...




La Légitimité philosophique.

Au-delà de la construction empirique de la légitimité qu’a su réaliser la monarchie française pour répondre à des besoins historiques en édifiant un certain nombre de règles de gouvernance, ce qui mérite l’attention de nos contemporains est l’essence même de cette légitimité, sa Philosophie.
Nous connaissons le règne souvent oppressant de la légalité : nul n’est censé ignorer la loi, et personne n’est tenu qu’au respect des lois (ce qu’une loi n’interdit pas est autorisé). La légalité se définit comme le simple respect des règles de droit, lesquelles ne sont souvent que la traduction d’un rapport de forces politiques, économiques ou sociales, à un moment donné.
Ce positivisme hérité de la révolution conduit à un relativisme évinçant toute Notion de Bon ou de Bien : est bon ce qui est légal. Il conduit également nécessairement à une multiplication des lois et règlements, puisque la loi est censée tout régir, d’où une situation de permanente insécurité juridique, pour ne pas dire de harcèlement juridique, qui contribue à paralyser toute entreprise humaine, et à placer chacun en position de fautif, voire de délinquant, souvent à son insu.
À l’opposé, La Légitimité s’attache à privilégier La Recherche du Bon et du Bien pour déterminer les règles qui doivent constituer le Droit Positif. Cette recherche du bon et du bien est ancrée au cœur de l’homme. En politique, c’est le bien commun qui constitue la légitimité du pouvoir. Le pouvoir n’est pas légitime parce qu’il est le pouvoir, le résultat d’un rapport de forces (telle une démocratie ou une tyrannie), mais parce qu’il poursuit la recherche du Bien Commun.
Parce que l’héritage chrétien a façonné la civilisation occidentale (sans méconnaître les apports grecs et romains) en déterminant les règles du bon et du bien, en dénonçant les égoïsmes de toutes sortes pour extraire l’homme de sa simple condition matérielle et en lui réservant une destinée éternelle à l’aune de ses actions à l’égard de ses semblables, en refusant de juger l’homme sur son origine mais seulement sur ses vertus, parce qu’il a su extraire progressivement l’antique monarchie franque de son héritage tribal pour rechercher le bien commun, il détermine durablement les règles de conduite d’une politique légitime.
Le droit naturel et chrétien, dégagé par des siècles de civilisation, s’est affirmé comme la source des seules valeurs qui peuvent fonder durablement l’action politique, et il est symptomatique d’observer que les révolutionnaires se sont inconsciemment référés à certaines de ces valeurs, en les travestissant dans ce qu’ils ont appelé « les valeurs démocratiques », voire dans les fameux « droits de l’homme », pour mieux les annihiler au profit de leur contraire.
La Légitimité est, à cet égard, l’expression d’une Transcendance, la réconciliation entre ce qui doit être et ce qui est, entre l’esprit et l’action. C’est La Garantie pour les gouvernés que les gouvernants agissent pour le bien et non pour la simple recherche du pouvoir, de la gloire ou de l’argent...

L’incarnation de ce Principe de Légitimité est historiquement, en France, Le Roi : Il est Lieutenant du Christ ; Il est au-dessus des partis et des intérêts personnels, car Il ne dépend de personne d’être roi ou de le demeurer et son sort ne dépend d’aucun autre ; Il n’a lui-même aucune faculté de modifier l’Ordre du Pouvoir ou d’aliéner une partie du royaume, et son autorité découle de son aptitude à concourir au Bien Commun ; son sort est indissociable de celui de son royaume.


Si la naissance prédestine le prince en le désignant de façon incontestable, en lui conférant un héritage génétique prestigieux, si son éducation le conduit à la connaissance du métier de roi, c’est Le Sacre qui lui confère Les Grâces Surnaturelles nécessaires au Gouvernement et qui marque La Communion du Prince avec ce qui constitue l’Identité Profonde de la France, entraînant l’Adhésion et la Fidélité de son peuple, tant il est vrai qu’il ne peut y avoir de Fidélité sans Foi. C’est cette Communion dans une même Foi qui constitue la meilleure Garantie de la poursuite de la recherche du Bien Commun, et qui fait du Roi Le Gardien Naturel et Primordial de La Légitimité. C’est la raison pour laquelle, en France, La Légitimité Philosophique est indissociable de La Légitimité Historique ou Juridique.


C’est pourquoi, Henri V ne pouvait renoncer à ses principes pour le seul besoin d’assurer une pseudo-restauration monarchique, et qu’il a pu déclarer alors : « Ma personne n’est rien, mon principe est Tout.»

Laurent Hay “La légitimité a plusieurs définitions “ : N° 130 * La Gazette Royale * Janv.- Fév.- Mars 2012

_________________
Serge Marc Marie-Antoine de Clermont-en-Beauvaisis, Tertiaire de La Pénitence par la Grâce du Bon Dieu
UT UNUM SINT SICUT NOS ✝ Catholique et Français, Toujours ✝ OMNIA INSTAURARE IN CHRISTO


Revenir en haut
Henryk
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 12 Juil 2011
Messages: 3 611

MessagePosté le: Mer 28 Mar - 09:43 (2012)    Sujet du message: Le Manifeste Légitimiste Répondre en citant

Véritablement, nous pouvons redire avec Mgr Pie que “pas plus de 1830 à 1849 que de 1792 à1815, les hommes bien pensant n’ont pu parvenir à bien penser”, et même rajouter “de 1849 à 1873” et jusqu'a nos jours.

Ceci étant, il reste qu’Henri V avait un bon jugement politique, et que l’expérience, l’induction n’étaient pas pour lui de vains mots : la bassesse et la félonie des royalistes les plus ha...ut placés dans les “chambres” issues du “suffrage universel”, royalistes en lesquels il avait toute confiance, le séparèrent de ses vues sur la légalité parlementaire.

N’a-t-il pas accordé sa pleine confiance au général Ducrot, en lui donnant le soin de préparer un coup d’état ? Lequel général Ducrot “quand le duc d’Aumale lui demandait par quel moyen on pourrait passer le pressant danger, devait répondre qu’il ne faut compter ni sur le suffrage universel ni sur le parlementarisme”.
Il eût été extraordinaire qu’avec les conseillers qu’il avait, Henri V ait agi autrement en 1873.
Le marquis de La Tour du Pin, une des plus grandes figures du royalisme à la fin du siècle, qui avait beaucoup étudié la société, a pourtant repris les erreurs de son temps pour ce qui regarde les institutions de l’Etat : dans son ouvrage Vers un ordre social chrétien - qui a été à juste titre admiré pour avoir prouvé le bien-fondé des corporations pour résoudre les problèmes de la vie ouvrière au XIXe siècle:
- il reprend exactement les mêmes erreurs que l’on a vues dans la lettre du Comte de Chambord, et adopte son explication concernant l’échec de la représentation populaire sous la Restauration. Il défend la représentation nationale et les chambres .
Que le suffrage soit direct ou indirect, censitaire ou non , ne change rien au problème. Il ne s’agit pas d’innover un mode de scrutin qui favorise Charles X ou Henri V, il faut analyser l’histoire. Or rien n’y justifie le principe de la représentation nationale.

L’air du temps, sans doute, le voulait, mais il était vicié, et il fallait le changer, sans tomber dans le panneau de ceux qui voudraient absolument faire croire que “le peuple” est attaché à leurs lubies tricolores ou sénatoriales. Le peuple se désintéresse des unes comme des autres. Pour qu’un esprit tel que La Tour du Pin ait pu reprendre ces erreurs, il fallait vraiment qu’elles soient incrustées dans la mentalité royaliste. D’ailleurs, comme bien d’autres, n’est-il pas devenu orléaniste lui aussi ? “Loin des yeux, loin du coeur” affirme le dicton. Les Bourbons d’Espagne étaient loin des yeux sans doute. Il n’y a pas eu de place pour eux dans le cœur des ex-légitimistes. Ce revirement reflète bien la trop grande place des sentiments chez beaucoup.
_________________


Dernière édition par Henryk le Lun 9 Avr - 21:40 (2012); édité 2 fois
Revenir en haut
Henryk
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 12 Juil 2011
Messages: 3 611

MessagePosté le: Lun 9 Avr - 21:39 (2012)    Sujet du message: Le Manifeste Légitimiste Répondre en citant

Car ce sentimentalisme, chez les légitimistes,  a nui en premier  à leur cause : plus on avance dans le XIXe siècle, plus les sentiments envers Charles X s’effacent, tandis que Napoléon III, à cheval entre Charlemagne et Napoléon Ier, a tout pour exalter et frapper l’imagination des Français.
Et les catholiques, à la suite de leurs chefs, Veuillot, Montalembert, Ozanam, etc. furent incapables de rétablir le bien commun catholique, parce qu’ils n’en prenaient pas les moyens institutionnels. Ils ne firent que suivre les “ mouvements de rêve et d’imagination de 1789, 1830, 1848 ”. La débandade de la Restauration n’a fait que s’amplifier. Il suffit de lire les paroles d’Ozanam, du Père d’Alzon, de Donoso Cordès, de Montalembert, de Lacordaire, de Veuillot, de Berryer, de Chateaubriand, etc. déjà citées : pas un seul qui dénonce la supercherie de la représentation nationale et qui cherche à rétablir un pouvoir absolu ; au contraire, qui plus, qui moins, ils proclament la nécessité d’une représentation du peuple. Par le fait, ils héritaient de l’impuissance politique de ces institutions débiles parce que déduites et non induites sur des faits, et de plus déduites des droits de l’homme ! Leurs adversaires, eux, n’y avaient jamais cru. Ils savaient trop bien comment s’en servir, bien mieux que Villèle lui-même. La loi de ces matérialistes était le mensonge justifié par l’égoïsme issu de la philosophie des Lumières.
Nous ne pouvons que regretter amèrement les divagations de ces catholiques luttant désespérément contre les effets du mal social matérialiste, dont ils chérissent les causes institutionnelles, tel Ozanam fondant les conférences de Saint Vincent de Paul pour soulager l’effroyable misère des esclaves des oligarques, mais défendant ardemment les institutions qui en ont été la cause, en donnant le pouvoir aux oligarques : les institutions parlementaires, le mensonge institutionnel. L’impuissance des catholiques, nous en savons les racines ; elles sont profondes, très profondes même : c’est l’absence de science, la prédominance de l’instinct ; c’est le romantisme politique, “ce fléau” disait l’abbé Roussel.
_________________


Revenir en haut
serge
Banni définitivement

Hors ligne

Inscrit le: 14 Jan 2012
Messages: 152
Localisation: Languedoc Roussillon
Religion: PAX ET BONUM + Fraternité st Louis + FSSPX
Masculin

MessagePosté le: Mar 10 Avr - 06:36 (2012)    Sujet du message: Le Manifeste Légitimiste Répondre en citant

...il semblerait bien qu'à force de "juger" l'histoire sans en retenir forcément les leçons,

à "juger" la chapelle et/ou le groupuscule et les mouvements des voisins,

le temps continue de passer sans nous !

à "analyser" la paille du prochain... vous voyez où nous en sommes !



Il n'est pas de plus bel étendard qu'un Peuple Unifié ! "Voyez comme ils s'aiment." Actes des Apôtres.


Galates V:15  Mais si vous vous mordez et vous dévorez l’un l’autre, prenez garde que vous ne soyez consumés l’un par l’autre.





 
_________________
Serge Marc Marie-Antoine de Clermont-en-Beauvaisis, Tertiaire de La Pénitence par la Grâce du Bon Dieu
UT UNUM SINT SICUT NOS ✝ Catholique et Français, Toujours ✝ OMNIA INSTAURARE IN CHRISTO


Revenir en haut
Henryk
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 12 Juil 2011
Messages: 3 611

MessagePosté le: Mar 10 Avr - 16:32 (2012)    Sujet du message: Le Manifeste Légitimiste Répondre en citant

Serge, pour un texte montrant l'évidence du choix politique de certains religieux qui veulent faire de la politique, vous sabrez le travail d'explication, de réflexion, des administrateurs. Nous faisons un travail de fond, non de forme. Dans ce forum, nous prévenons, nous ne guérissons pas.

Vous montrez la poutre de notre jugement moral sur le XIXème, nous servons le Roy et la continuité de l'ancien régime, par les écrits du manifeste, par cette leçon de l'histoire que je souligne. Le temps passe humainement, sur le Royaume depuis 200 ans et plus. Nous faisons un travail d'information sur le droit régalien. Votre post est hors sujet, il touche à la Foi à moins que vous ne serviez larvairement la république. Faites du travail d'instruction, au lieu de prendre ce forum, comme une vulgaire page de FB.

A partir de maintenant, vos posts que je trouverai contrevenants dans l'ordre du sujet traité, seront censurés.
_________________


Revenir en haut
Contenu Sponsorisé






MessagePosté le: Aujourd’hui à 14:30 (2016)    Sujet du message: Le Manifeste Légitimiste

Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Forum du Royaume de France Index du Forum -> Patrimoine -> Littérature Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Aller à la page: 1, 2  >
Page 1 sur 2

 
Sauter vers:  

Index | forum gratuit | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com