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St Etienne

 
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Henryk
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MessagePosté le: Jeu 20 Mar - 10:18 (2014)    Sujet du message: St Etienne Répondre en citant

Tous lous jours lou bon Diô s'ay fâzit se courvée;
Vou veït tous lous jours prêtres ou capucins
Confessa de fiorous mai de quarante, cin ;
Vous entendia le gens par toute la charreire,
Disant: Un tou ei mort, je lou venou de véire;
Una tellas'en va; vieu n'y a que quatrois jour
Que tréy de sous effans sont partis sen tambour ;
Vou n'y a encore dou que vant pleyer bagageau.
La mort din pô de tion l'ay a fat de ravagéau...
Un autrou tantequant vous donne par dessert
Que pôrou hulegniay devint pis qu'un désert ;
Qu'ô l'ai veut plus leugun; qu'ey Tant sara boutiqua ;
Qu'éy lai sont tous férus de quaqua fievra étiqua ;
Qu'ô n'ei bien descendu environ milla corps,
Qu'aut metta noutran crô puyant comma un chat mort,
Et qu'aux autrous quartiers voué tout la même chôsa :
Lon Fessaut, lou Mont-d'Or, vez lou Gaux, vez l'Enclosa,
La Moutat, Chavanai, la viala, lou fauxbourg,
Tous lou petits endrets que s'ai sont à l'entour.
Si noutrou parc grands êriant inquô sur terra,
Sariant-y pas surpréy de s'ay véire la guerra,
La pesta, la famina...


Ecrit particulièrement pour Saint-Etienne, ce morceau nous donne une idée de l'état dans lequel devait se trouver le reste du pays.
Nous avons déjà parlé des ravages que la peste avait faits à plusieurs époques à Saint-Etienne, mais jamais encore on avait eu autant de désastres à déplorer qu'en août 1628, elle continua jusqu'en septembre 1630. « Là » maladie contagieuse , dit un chroniqueur, a commencé en cette ville par la maison du sieur Antoine Thomas, cordonnier. La peste fit un grand ravage pendant deux ans et trois mois. Les sieurs consuls Antoine Ronzil, Pierre Bessonnet et Jean-Pierre Fort, firent faire en plusieurs endroits, des loges pour héberger les pestiférés , comme à la Croix-Tourette et sur le Mont-Granit, dit Palrua, et un cimetière au-dessous du côté de Bise ; il y avait environ 500 logettes. Ces Messieurs, qu'on doit bien appeler les pères de la cité, firent, le 21 novembre 1629, avec les habitants, le vœu solennel de célébrer à jamais comme dimanche, la fête de la Présentation de la sainte Vierge, et de faire ledit jour, à perpétuité, une procession générale qui se rendra aux Capucins. La contagion a été si furieuse, qu'il est mort en cette ville sept h huit mille personnes. Le peuple a souffert de grandes misères ; le bichet de blé valait 5 livres et la livre de pain 2 sous. »
Cette peste fut générale dans tout le Forez et une partie du Lyonnais. Le clergé fit partout preuve d'un grand dévouement, suivant l'exemple que lui donnait l'archevêque Duplessis de Richelieu. A Saint-Étienne, les trois consuls que nous avons nommés furent admirablement secondés par les ecclésiastiques et Tes religieux. Les capucins eurent constamment , et pendant plus de dix-huit mois, quatre des leurs occupés au service des malades. L'un deux, le P. Cyrille, fut victime de son dévouement. Le fait est consacré par un tableau fait à cette occasion , et qu'on voit encore dans la grande église. Ce tableau représente les trois consuls de la ville, vêtus de leur costume de cérémonie, faisant à Dieu le vœu dont nous avons parlé, et le P. Cyrille priant le ciel de détourner de Saint-Etienne les maux qui l'accablent.



Ce tableau, qui perpétue le souvenir de l'abnégation de ces dignes citoyens , devrait être placé dans la principale, salle de l'Hôtel-de-Ville de Saint-Etienne. De pareils services , de pareils actes de dévouement exigent un courage plus grand que celui dont est doué l'homme qui affronte les dangers des combats ; ils sont d'une plus grande utilité et présentent des dangers bien plus grands.
En 1640 et 1643 , la peste vint encore visiter Saint Etienne, mais elle fit peu de- mal. Une grande partie de la population s'était réfugiée dans les montagnes ; on compta environ 600 victimes.



Un grenier à sel qui existait à Saint-Etienne depuis fort longtemps, et qui était situé place Roannel, fut attaqué en 1652 ou 1633 par le peuple. Voici ce qui est dit à ce sujet : Le peuple n'aimait pas les gabelous ; il y avait rumeur et effervescence. La foule se porta au Grenier-à-Sel, et la foule était composée d’émeutiers. On voulait enfoncer les portes. Une lutte était imminente entre le peuple et les agents de la gabelle. En comptant les assiégeants, en examinant leurs bras nerveux, leurs mains noircies par de rudes travaux , l'issue du siège n'était pas douteuse. Une émeute est toujours un dangereux précédent, une émeute victorieuse est pire encore. Que faire, essayer de l'éloquence ? niais le peuple a son langage à lui, et dans ces moments le plus grand orateur ne parvient pas à calmer sa colère... Alors un homme ministre de Dieu , employa un pieux stratagème qui fut couronné d'un plein Succès. S’étant muni de l'ostensoir, il pénétra dans le Grenier-à-Sel par une porte de derrière, et s’étant fait ouvrir à deux battants la porte assiégée, il éleva le Saint-Sacrement devant la foule, tous tombèrent à genoux: le ministre les bénit ; ces tigres, Tout-à-coup métamorphosés en agneaux , suivirent le saint prêtre , accompagnèrent en silence, et la tête découverte, le Saint-Sacrement jusqu'à l'église. Ils n'avaient pas leurs habits de fête, les enfants dé chœur ne faisaient pas brûler l'encens , les rues n'étaient pas jonchées de fleurs , et c'était bien pourtant une vraie procession triomphale.
Les dames ou sœurs Ste-Ursule, furent installées à Saint-Etienne en 1636.
Ce fut en 1645 que la fondation de l'hôpital de Saint-Etienne eut lieu par les libéralités de dame Jeanne Roussie, veuve de Jacques Bardonnanche. Cette pieuse dame, qui s'était faite religieuse de Sainte-Catherine, mourut l'année suivante, en 1665. M. Colombet, curé de Saint Etienne , plaça clans l'Hôtel-Dieu qui existe aujourd'hui, les religieuses hospitalières de Notre-Dame sous la règle de Saint-Augustin.



Cet hôpital ou Hôtel-Dieu , ne fut probablement pas le premier, car nous voyons dans un manuscrit, qu'en 1440, Guy de Saint-Priest, seigneur de Saint-Etienne , fonda la chapelle de l'Hôtel-Dieu sous le vocable de Notre-Dame-de-Pitié , et plus loin , qu'il fut donné à l’Hôtel-Dieu de Saint-Etienne, douze setiers de blé par an ; aucune désignation de lieu ni de rue ne suivent ces deux articles. Nous présumons que c'est celui qui fut établi par les frères Saint-Laurent dans le milieu du XVI siècle , et qui était situé rue de la Ville.



En 1667, de grands débats s'élevèrent entre les habitants de Saint-Etienne et leur seigneur Gilbert de Chalus, marquis de Saint-Priest, et le comte d'Orceval son frère. Ces derniers avaient soulevé l'indignation publique par leurs déprédations et leurs attentats journaliers. Sur la plainte des habitants, la cour des Grands-Jours se transporta à Saint-Etienne pour informer contre eux, et à la suite de l'instruction, ils furent condamnés à la peine de mort par arrêt du parlement de Paris des 30 avril et 20 juin 1667. Cet arrêt fut exécuté. La royauté montrait sa puissance, et les deux frères eurent la tête tranchée sûr un échafaud dressé dans Saint-Etienne même , le plus beau fleuron de leur apanage.



Il est assez difficile d'admettre l'exécution de ces deux seigneurs, si ce n'est par contumace; car, d'autre part, nous lisons que : Gilbert de Chalus, ex marquis de Saint-Priest, mourut sur une botte de paille, dans la maison de Magdeleine de Maisonnette, le 30 mai 1682, étant errant et poursuivi par la justice, depuis la sentence des Grands-Jours. Comme on le voit, quinze années s'étaient écoulées depuis que cette sentence avait été prononcée. Cette maison servait déjà comme établissement de charité.





"La France par cantons et par communes. Département de la Loire" Gallica
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MessagePosté le: Jeu 20 Mar - 10:18 (2014)    Sujet du message: Publicité

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Henryk
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MessagePosté le: Jeu 20 Mar - 10:21 (2014)    Sujet du message: St Etienne Répondre en citant

C'était la fêté de la Chandeleur, des ouvriers charbonniers devisaient tristement, ils trouvaient que c'était trop bon jour pour descendre dans la mine ; mais le gouverneur commanda, et ils se soumirent à là loi du travail qui, ce jour là, leur semblait dur. Ils étaient tous rendus à leurs divers chantiers, quant un coup de pic ouvrit passage à une masse d'eau qui fit irruption dans les galeries. Seize ouvriers restèrent enfermés. Le soir, le curé du village ne dormait pas, il calculait que d'après la disposition de la mine, quelque galerie ascendante avait pu donner asile à des malheureux destinés à périr dans les tortures de la faim, dans les angoisses du désespoir.
Il pénètre par une fendue, il frappe contre la roche noire, d'abord elle reste muette, il frappe encore, puis il entend comme un écho sourd et lointain, il se couche à terre, il prèle une oreille attentive, ce n'est pas l'écho; les malheureux captifs ont entendu le signal de délivrance, ils y répondent; aussitôt des exprès parlent pour la ville, annoncent qu'au bois Monzis, des ouvriers sont enfermés dans la mine; on bat la générale, on appelle du secours.
La foule arrive en toute hâte; pendant 136 heures la garde nationale et des escouades d'ouvriers travaillèrent sans relâche, et leurs efforts, habilement dirigés , Eurent enfin un heureux succès: huit ouvriers sortirent de ce tombeau. Le respectable curé dût ressentir en les voyant une de ces joies ineffables que Dieu réserve à ses élus.
Parmi ces huit mineurs, cinq s'étaient trouvés enfermés dans le même chantier, dans cet espace cir conscrit par des masses de houille, et par un lac, ils se crurent condamnés à une mort certaine, et pourtant ils ne songèrent qu'à mettre en commun leurs faibles chances de salut.
L'un avait apporté ses provisions pour la journée, il pouvait en user seul, il partagea. Quelques semaines après, plusieurs des ouvriers sauvés reprenaient leurs travaux, ne se souvenant des périls courus que pour les braver de nouveau, avec ce mépris du danger qui est la philosophie pratique de ceux qui croient, prient et travaillent.





Ibid
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 10:57 (2016)    Sujet du message: St Etienne

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