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Principes subversifs des physiocrates sur la France et l'Europe Sous Louis XV

 
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Henryk
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MessagePosté le: Ven 18 Avr - 06:38 (2014)    Sujet du message: Principes subversifs des physiocrates sur la France et l'Europe Sous Louis XV Répondre en citant

Extrait de Vive le Roy:

De la sorte, les célèbres athées Voltaire et Rousseau, et d’autres matérialistes de leur acabit avaient édité et publié divers ouvrages consistant, Dieu nous en préserve, en insultes et calomnies contre les purs prophètes et les grands rois, réclamant la suppression et l’abolition de toute religion, et pleins d’allusions à la douceur de l’égalité et du républicanisme, tout cela exprimé dans des mots et des phrases aisément intelligibles, sous forme de moquerie, dans le langage du peuple.

Séduits par la nouveauté de ces écrits, la plupart des gens, jusqu’aux jeunes et aux femmes, ont eu de l’inclination pour eux et y ont accordé une grande attention, de sorte que l’hérésie et la scélératesse se sont répandues comme la syphilis dans les artères de leur cerveau et ont corrompu leurs croyances. Lorsque la révolution s’intensifia, personne ne se formalisa de la fermeture des églises, de l’assassinat et de l’expulsion des moines, et de l’abolition de la religion et de la doctrine : ils avaient tourné leur cœur vers l’égalité et la liberté, par lesquelles ils espéraient atteindre la parfaite félicité en ce monde, selon les enseignements mensongers de plus en plus colportés dans le peuple par cette pernicieuse équipe qui a fomenté la sédition et le mal par égoïsme ou intérêt.
Nul n’ignore que l’ordre et la cohésion de tous les États reposent avant tout sur la solidité des racines et des branches de la sainte loi, de la religion et de la doctrine ; que seuls les moyens politiques ne suffisent pas à assurer la tranquillité du pays et l’obéissance des sujets ; que la nécessité de la crainte de Dieu et le respect du châtiment dans les cœurs des esclaves de Dieu sont un des décrets divins les plus indéracinables ; que jadis comme aujourd’hui chaque État et chaque peuple a sa propre religion, vraie ou fausse.
Pourtant, les chefs de la sédition et des maux surgis en France, avec une ampleur sans précédent, afin de faciliter l’accomplissement de leurs projets néfastes, et dans le plus complet mépris de leurs redoutables conséquences, ont ôté au peuple la peur de Dieu et du châtiment, ont autorisé toutes sortes d’actions abominables et entièrement fait disparaître la vergogne et la pudeur, préparant ainsi la voie à la réduction du peuple de France à l’état de bétail.
Non contents de se satisfaire de cela, ils ont partout cherché leurs semblables, afin d’occuper les autres États à la protection de leurs propres régimes et ainsi prévenir une attaque contre eux, ils ont fait traduire dans toutes les langues et publier en tous lieux la déclaration rebelle qu’ils appellent les « droits de l’homme » et se sont efforcés d’inciter le peuple de toutes les nations et de toutes les religions à se rebeller contre les rois dont ils sont les sujets.

Ahmed Atif Efendi, reis ul Kutta

Il est facile, de dire la vérité, lorsque l'on n'y est pas confronté. Que dirait ce penseur et écrivain de la Turquie actuelle? Mais son regard de supporter sur un jeu tragique qui ce déroule en France, est percutant.





Les défenseurs de Voltaire qui le mystifie en laboureur, trainant une araire, sur ses terres suisses, montrent l'avarisme des nouvelles dynasties bourgeoises anglophiles et leur lubies via Madame de Pompadour, Marigny, son frère, ces personnes au faît de la société qui veulent s'acheter l'honneur du pauvre, mais surtout leurs biens. (C'est un peu le trio CSA,MEDEF, et les Syndics actuels.)


Le point de départ est l'attaque violente contre le pouvoir royal, la réglementation, la police des grains, déja commencée, par Sully, pour la libre circulation de ceux ci. les défenseurs de la liberté de circulation, comme Dupont de Nemours, Turgot, herbert, Condorcet Grimm* (les compteurs)...

Le travail de formatage des esprits commence en 1763, contre la police des grains et les les laboureurs, contre l'abondance des grains qui est une misère pour les grosses fortunes comme Voltaire, Turgot, Rousseau, ...


* Il y avait alors en France, dit Michelet(jules), « un misérable prisonnier, le blé, qu'on forçait de pourrir au lieu même où il était né. Chaque pays tenait son blé captif. Les greniers de là Beauce pouvaient crever de grains on ne les ouvrait pas au voisins affamés. Chaque province séparée des autres était comme un sépulcre pour la culture découragée ».

Vous êtes, écrivait l'abbé Baudeau dans les années trente de 1800, en lui objectant comme il l'aurait fait à Rousseau et à Voltaire, un négociant de Dantzig, de Lubeck, d'Amsterdam. Je prends une carte et je vous dis tenez voilà trois ou quatre Etats où vous pouvez faire le commerce du blé dans celui-là vous n'avez aucune espèce de liberté: on commencera par vous faire subir des formalités et par vous faire payer des droits, puis on vous taxera votre blé au prix courant actuel, puis on vous forcera de le vendre à ce prix, dans un temps et dans un lieu qu'on vous déterminera sans qu'il vous soit permis de le sortir ni même d'interrompre ` la vente, encore moins de le renchérir pour quelle que raison que ce soit ».

Et le bon abbé d'insister « Ceci n'est pas une fiction, il y a dans le monde une grande ville capitale, où toutes ces gênes ont été mises sur le commerce du blé, même avec ce qu'on appelle forme légale, chez un peuple et dans un siècle que les beaux esprits appellent éclairés pour piller le grain et les terres »


Delamarre sous Charles X luttera de façon ambigue contre cettte économie de guerre libérale.


Pour revenir sous Lous XV, vous pouvez consultez ses édits aux provinces sur le commerce des grains. Ecoutons les spéculateurs de l'époque:


Quel avantage y aurait-il d'ailleurs à intervenir, puisque la liberté amène le maximum d'avantages possibles. « L'usage simple de la propriété, écrit Morellet, ne peut jamais être contre l'intérêt général. Celui-ci est au contraire que chaque citoyen fasse de sa propriété l'usage le plus varié, le plus étendu, le plus illimité, pourvu qu'il soit borné à sa seule chose, à sa seule personne. C'est de cette activité et de cette liberté de chaque individu que résulte le bien général » (1).

C'est d'après leur doctrine générale que les économistes condamnaient les privilèges et les règlements. Pour justifier l'intervention du gouvernement. leurs adversaires essaieront de ruiner cette doctrine. « La source de ces erreurs, dit Forbonnais, vient du tableau économique, dont le vice dominant est de sacrifier partout la vérité locale aux calculs spéculatifs. » Il critique leur théorie de l'état de nature, état très beau et très désirable, « mais comme la chose n'est ni sera jamais, on raisonne toujours faussement quand les suppositions se font d'après cette chimère. Il arrive de là qu'on donne des paradoxes pour des principes prouvés » (2).

En ce qui concerne la liberté, Forbonnais distingue entre la liberté naturelle et la liberté civile. La première n'a pour bornes que les forces de l'individu, la deuxième est limitée par la volonté générale. En rentrant dans la société, l'homme a renoncé à sa liberté naturelle pour ne conserver que sa liberté civile, « il s'est privé dans cet état de plusieurs avantages qu'il tenait de la nature, mais il en a gagné de si grands qu'il doit bénir sans cesse l'instant heureux qui l'arracha pour jamais de l'état de nature, et qui d'un animal stupide et borné fit un être intelligent et un homme » (1). Contrairement aux affirmations des Physiocrates qui prétendent que la plénitude de propriété suppose la plénitude de liberté, Forbonnais admet une liberté civile et une liberté politique, la première étant enchaînée par l'autre, ce qui restreint nécessairement le droit de propriété. « C'est d'une partie de ses biens et de sa liberté qu'on achète le précieux avantage d'en conserver l'autre partie sous l'administration des lois civiles.» Il résulte de là que le gouvernement a le droit d'accorder des privilèges et de faire des règlements.


(1) Abbé Morellet. Réfutation des Dialogues sur le commerce des blés, pp. 109 et MO.

(2) Forbonnais. — Principes et observations économiques (Journal de l'agricult., du com.et des fin., juin 1767. pp. i et 5).
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MessagePosté le: Ven 18 Avr - 06:38 (2014)    Sujet du message: Publicité

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Henryk
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MessagePosté le: Ven 18 Avr - 06:49 (2014)    Sujet du message: Principes subversifs des physiocrates sur la France et l'Europe Sous Louis XV Répondre en citant

Comment aurait-il pu en arriver autrement, avec ces pratiques dont Condorcet (1) nous a tracé une critique acerbe dans le tableau suivant : L'incendie et la grêle avaient ruiné un fermier déjà accablé par les impôts toujours aggravés par les exemptions des riches. Ayant beaucoup de fèves, il s'avisa de les vendre pour en tirer de l'argent. « Elles furent confisquées, et pour se les faire rendre il lui en coûta plus que leur valeur. Comme il n'avait pas recueilli de blé, il en acheta d'un de ses voisins. Un juge le sut, il était alors défendu d'acheter ailleurs qu'au marché, et notre laboureur fut trop heureux d'en être quitte pour perdre son blé. Il alla donc au marché acheter d'autre blé et de l'avoine. Il se proposait de l'emporter, mais on lui saisit le tout, et on le condamna à l'amende parce qu'il était, disait-on, interdit aux fermiers d'acheter au marché. Il ne lui restait qu'un petit écu, que j'achète du moins quelques pains pour mes enfants, s'écriait-il en pleurant, et il va chez un boulanger, mais on l'arrête à la porte de la ville. Il était défendu, lui dit-on encore, d'exporter du pain, et comme il n'a plus de quoi payer l'amende on le mène en prison.

« Sorti de prison, il retrouve sa femme et ses enfants en larmes. Le fermier voisin, qui était riche, avait racheté sa corvée ce qui augmentait de moitié celle du pauvre laboureur. Il fallait aller travailler à quatre lieues. Il court trouver l'ingénieur. Monsieur, lui répond l'homme aux jalons, j'ai toujours observé que plus l'on travaille loin de chez soi, mieux on travaille. Comme cela est beaucoup plus coûteux et surtout plus pénible, on est pressé de finir.

(1) Condorcet. — Lettre d'un laboureur de Picardie à M. N..., auteur prohibitif à Paris, 1775, pp. 9-10-11.

J'ai donc pour principe général de faire travailler les gens le plus loin de leur village qu'il m'est possible. Le laboureur se plaignit de cette maxime générale, on lui dit qu'il était un mutin. Ses chevaux moururent, sa corvée ne fut point faite, et il fut condamné à l'amende et à la prison pour lui apprendre à être plus docile. »


P.S. : Comment Condorcet peut-il savoir cela? Soit ce témoignage est faux, ou cousu de fil blanc, soit il a des amis en Picardie qui font ce qu'ils veulent avec les biens d'autrui,  et retournent la plaidoirie qui les condamnent contre le pouvoir de la police des grains et contre le pouvoir royal.
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Henryk
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MessagePosté le: Ven 18 Avr - 08:11 (2014)    Sujet du message: Principes subversifs des physiocrates sur la France et l'Europe Sous Louis XV Répondre en citant

Dans sa Diatribe à l'auteur des Ephémérides, Voltaire (1) relève les mêmes abus, constatant qu'en France les laboureurs n'ont été heureux que deux fois, sous Julien le Philosophe et sous Henri IV. « C'est à un payen et à un huguenot que nous devons les seuls beaux jours dont nous ayons jamais joui jusqu'au siècle de Louis XIV. » (Son opinion semble être la volonté générale par ces termes forts)

Il raille l'absurde sévérité des règlements sur le commerce des blés. « Je suis laboureur, dit-il, et cet objet me regarde. J'ai environ quatre-vingts personnes à nourrir. Ma grange est à trois lieues de la ville la plus prochaine, je suis obligé quelquefois d'acheter du froment parce que mon terrain n'est pas si fertile que celui de l'Egypte et de la Sicile.





Voltaire laboureur ? Il se sert de sa plume comme aiguillon ? Il sillonnait la Tamise ?









« Un jour un greffier(qui ?) me dit : « Allez-vous-en à trois lieues payer chèrement au marché de mauvais blé. Prenez des commis un acquit à caution; et si vous le perdez en chemin,(ou dérodé par des brigands à la solde de Dupont de Nemours ) le premier sbire qui vous rencontrera sera en droit de saisir votre nourriture, vos chevaux, votre femme, votre personne, vos enfants. Si vous faites quelques difficultés sur cette proposition, sachez qu'à vingt lieues il est un coupe-gorge (outrage à la justice)qu'on appelle juridiction; on vous y traînera, vous serez condamné à marcher à pied jusqu'à Toulon(ou à Rochefort) où vous pourrez labourer à loisir la Méditerranée.





(1) Voltaire. — OEuvres complètes, édit. Garnier. t. XXIX, pp. 159-170.





« Je pris d'abord ce discours instructif (si c'est cela un discours instructif)pour une froide raillerie. C'était pourtant la vérité pure(sic). « Quoi ! dis-je, j'aurai rassemblé des colons(sic) pour cultiver avec moi la terre et je ne pourrai acheter librement du blé pour les nourrir, eux et ma famille! (Mr fait dans l'humanitaire et le raillou*? ) Et je ne pourrai en vendre à mon voisin quand j'en aurai de superflu!(Misère et pauvreté, que de bassesse en ton nom et contre la réglementation du roi)

*railleur


  • Non, il faut que vous et votre voisin creviez vos chevaux (pauvres bêtes qui courent dans son esprit) pour courir pendant six lieues. (proverbe d'époque)

Non il faut que vous et votre voisin, creviez votre dos, pour courir à 24 km pour du boulot (six lieues, non sept, il aurait pur se faire poursuivre par la poste royale)
proverbe actuel républicain
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Henryk
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MessagePosté le: Sam 19 Avr - 09:27 (2014)    Sujet du message: Principes subversifs des physiocrates sur la France et l'Europe Sous Louis XV Répondre en citant

Autres objections des Physiocrates  passant pour Lois et Charité dans leur esprit.



A)Aussi l'ancien régime interdit-il toujours le négoce aux classes élevées. « Reconnaissons, est-il dit dans un article du Journal économique (3), que la noblesse, consacrée aux armes, et la magistrature, sont des états trop élevés au dessus du commerce pour qu'il ne soit pas contre le bon ordre de les exciter à s'en mêler. L'avidité, trop soutenue par des soins mal partagés, ruinerait l'homme de guerre ou le détournerait entièrement du service en avilissant ses sentiments, et son aiguillon empoisonné corromprait le magistrat. » Dans le même esprit est écrit le passage suivant: «Les deux édits(il s'agit de ceux de 1763 et 1764) permettent le commerce à toute personne de quelque condition et qualité qu'elle soit; mais ces termes sont relatifs aux défenses précédentes, et ce serait insulter à la sagesse et bonté du prince que de penser que son intention a été de permettre à la noblesse, à la magistrature et au clergé de faire le commerce des blés. Il est au dessous des mains de rendre au corps le service des pieds, et, quelle que soit l'opinion que les négociants, que les gros marchands aient d'eux-mêmes, de quelque faste qu'ils se décorent, il demeurera toujours constant en France que le négoce et la marchandise sont affectés aux dernières classes des sujets qui, n'ayant ni fortune ni talent, trouvent dans l'achat et la vente le moyen de subsister et de s'enrichir (1). »
1)Critique des Dialogues de Galiani. Journ. écon., février 1770, ,p. 73.





B)En 1775, Condorcet écrit (1) : « Le peuple déteste les marchands de grains qu'il appelle monopoleurs, comme il déteste les financiers qu'il appelle maltôtiers, et les marchands d'argent qu'il appelle usuriers. » Ce préjugé ne disparaît que pour les deux derniers. Il signale comme une cause de cette haine persistante les chanteurs populaires, « colporteurs d'histoires inventées pour rendre les hommes imbéciles et méchants », qui parcourent les campagnes en chantant des complaintes où on voit des fermiers avides et cruels pour les pauvres, des négociants escamotant le blé pour produire la famine.
(1)Condorcet. — Lettre d'un laboureur de Picardie, ouv. cité, pp. 19 et suivantes.


C)Crainte vaine diront les Physiocrates; le meunier moudra pour son compte pendant l'hiver alors qu'il a beaucoup d'eau, et ne refusera pas le bénéfice que lui vaudra la mouture à façon (1)

L'article 8 de la même ordonnance défend aux marchands se s'associer, à moins dit l'article 9, d'en passer actes écrits, lesquels devront être enregistrés dans un mois au plus tard après leur date. L'article 10 leur défend les achats de blés en vert, sur pied et avant la récolte, à peine de confiscation, retrait de commerce, amende de 3.000 livres et punition corporelle s'il y échoit.

Une fois autorisés les marchands étaient tenus d'assurer l'approvisionnement des villes où ils avaient leur résidence, et restaient soumis aux règles générales sur la police des marchés. Ils ne pouvaient vendre ni acheter ailleurs qu'au marché, et encore dans ceux situés au delà du cercle d'interdiction ; et sur le marché même, qu'à de certaines heures déterminées, les zones d'interdiction étaient très nombreuses. Par un privilège exceptionnel les marchands de la capitale exclus de la seule zone de Paris pouvaient acheter sur toutes les autres, et même hors du marché. Mais sitôt achetés les grains devaient être expédiés sans retard ni arrêt sur la ville « sans qu'ils puissent mettre en greniers et magasins, ni vendre par les chemins, ni délier les sacs sous quelque prétexte que ce soit », portait un arrêt du Parlement du 19 août 1661 (2).


(1) Objections et réponses contre la liberté du commerce des grains. (Eph. 1769, 1, 9' objection).

  1. Archives nationales. AD XI, 37. Cité par Afanassiev, ouv. cité, p. 9




D)Le commerce veut être libre dans ses opérations, et certain dans la conduite qu'il a à suivre, et c'est justice puisque c'est sa fortune qu'il expose en travaillant. L'ancien régime ne lui donnait aucune de ces garanties. Gêné dans ses transactions, il se perdait au milieu d'une législation touffue, souvent contradictoire, dangereuse à tel point que Turgot a pu dire avec raison : « Les règlements sont un glaive toujours levé avec lequel les magistrats peuvent frapper, ruiner, déshonorer à leur gré tout négociant qui leur aurait déplu, ou que les préjugés populaires leur auraient dénoncés » (1).

Quant au mépris général pour les marchands de grains, le XVIIIe siècle le professait pour tous les négociants, mais plus spécialement pour ceux-ci, qu'il appelait monopoleurs. Or il suffit d'avoir lu les ouvrages de l'époque pour comprendre tout ce que ce nom contenait de haine et de mépris. Et peut-être le peuple n'avait-il pas tout à fait tort. Nous avons vu que les honnêtes gens hésitaient à embrasser cette profession qui devenait le refuge des hommes peu scrupuleux. « Si le commerce des grains est celui où il y a le plus de fraudes, dit le Parlement du Dauphiné, c'est que jusque-là les gènes en ont détourné les honnêtes gens » (2). Puis, comme l'écrit Morellet, « n'ayant vu pratiquer en grandie commerce des blés que par monopole pendant plus d'un siècle et demi, l'idée de monopoleur et celle de marchand de blé s'étaient identifiées dans sa tête. On lui a dit que les négociants étaient cause de la famine et il l'a cru » (3).




E)On se figurait que, laissés à leur libre initiative, les marchands ne manqueraient pas de s'entendre pour enlever les produits et les revendre à des prix exagérés. Avec les formalités de l'inscription, ces desseins deviennent impossibles. On a peu de commerçants, et ils sont faciles à surveiller. D'ailleurs, comme on ne voyait en eux que des intermédiaires coûteux, leur suppression ne pouvait que profiter aux échangistes. Il n'y a en effet que deux sortes d'hommes essentiels au commerce : le premier, vendeur, et le dernier acheteur consommateur. Les intermédiaires ne font que vivre aux dépens d'eux. « Plus l'eau a de canaux à traverser, plus il s'en dépense pour les humecter. Il en est de même du commerce. La multiplicité des mains par lesquelles il passe le diminue en raison du nombre des intermédiaires. S'il était possible que tous les objets de consommation passassent directement de la main du cultivateur et du fabricant au consommateur, le commerce serait bien plus étendu et bien plus profitable, et il n'y aurait ni négociant ni revendeur (1). »

  1. Principes sur le commerce. Journ. de l'ag., du com. et des Fin. décembre 1765, p. 18.





F)Fidèles à leurs principes, les Physiocrates réagissent contre ces réglementations et travaillent à réhabiliter le commerce. Déjà Herbert avait écrit dans son Essai sur la police générale des grains : « Chaque profession devient plus ou moins utile et honnête à proportion de la faveur ou du mépris qui se répand sur elle celles qui n'ont pas besoin de distinction pour être recherchées s'élèvent d'elles-mêmes par l'espoir du gain, pourvu que la loi les mette en sûreté et ne les rende point odieuses. C'est elle qui dirige les sentiments et les occupations des sujets. » Et plus loin il ajoute : « Ce n'est ni par persuasion ni par force que l'on peut faire naître des marchands, c'est par l'appât seul du bénéfice. Si cette espérance est bornée, elle n'agit que faiblement et pour un temps seulement, et nous n'aurons que peu de marchands (1). »

  1. Sentiments sur l'essai sur la police générale des grains. Journ. écon., sept. 1755, p. 122.




G)On s'élève contre les marchands de grains parce qu'ils font des bénéfices, mais n'en est-il pas de même des autres marchands? et cependant personne ne songe à les taxer d'avarice. Et les Physiocrates réhabilitent le commerce en général. « Pourquoi d'ailleurs ne considère-t-on pas, toutes proportions gardées, celui qui vend autant que celui qui donne. Le besoin mot le prix au service du commerce comme au bienfait de la charité (3). »(sic)
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