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Vie de la vénérée Mère Marie de Sales Chappuis

 
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Henryk
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MessagePosté le: Mer 25 Juin - 23:50 (2014)    Sujet du message: Vie de la vénérée Mère Marie de Sales Chappuis Répondre en citant

née Marie Thérèse Chappuis au village de  Soyhières.

1)La famille Chappuis comptait parmi les meilleures de ce bon pays. M. Chappuis, l’un des Cent-Suisses de Louis XVI, avait conservé sous l’habit militaire toutes les vertus de sa première éducation, et il perpétuait dans ce village les traditions d’honneur, de bonnes manières, qui caractérisaient alors la nation française. Sa femme offrait l’exemple de toutes les vertus domestiques; l’économie la mieux raisonnée, une piété forte et généreuse distinguaient Mme Chappuis.


2)La Providence avait ménagé à ce bon peuple des pasteurs dignes de ce troupeau de choix. L’un d’eux, mort il y a cent cinquante ans, avait laissé une réputation de grande doctrine et d’une foi des plus vives envers le très saint Sacrement, dont il avait défendu le dogme contre les calvinistes. On a découvert, il y a quelques années, son corps à l’état de squelette, mais ayant deux doigts de la main droite dans un état de conservation complète; sa chair en était transparente, et les jointures étaient aussi flexibles que si cette main eût appartenu à une personne vivante. On remarque, dans le cimetière du village, son tombeau sur lequel on voit une main bénissant et consacrant le vin du calice.

3)Quand elle vint au monde, elle était si chétive et si faible, que l’on crut qu’elle ne pourrait exister que quelques heures. Mais sa mère, à qui Dieu avait donné un sentiment tout particulier, assura que le saint baptême donnerait à la petite fille ce qu’il fallait pour vivre, et demanda que l’on se hâtât de la faire baptiser. Mais l’embarras était grand : aucun des prêtres catholiques cachés chez M. Chappuis ne se trouvait à la maison au moment de la naissance de l’enfant. D’un autre côté, il n’aurait pas été prudent de faire sortir le cher oncle de sa cachette ignorée. Cependant Mme Chappuis insistait sur la nécessité de faire donner tout de suite le baptême à la petite fille, qui était attaquée de convulsions violentes.

4)Un des frères de M. Chappuis, venu pour voir sa belle-soeur, prit alors une résolution qui n’était pas  sans danger pour lui et qui témoignait bien de la vivacité de sa foi. « Je vais aller, dit-il, faire baptiser ma petite nièce à Petit Lucelle » Petit-Lucelle est un village distant de près de deux lieues de Soyhieres, pour y arriver, il faut gravir la montagne abrupte qui sépare les deux communes cette montagne servait alors de frontière entre les pays dont s’était emparé la France et le pays resté à la Suisse. Ce village, n’étant pas sous la domination révolutionnaire, avait conservé son église, son curé, et c’était là que se rendaient en cachette ceux de Soyhières qui voulaient participer aux sacrements et entendre la messe. Le frère de M. Chappuis fait mettre sa petite nièce dans un panier à vendange que l’on couvre d’une serviette, et chargeant son précieux fardeau sur son épaule, il s’en va à Petit-Lucelle par un chemin détourné a travers les broussailles et les rochers pou ne pas donner l’éveil aux gens du gouvernement. Mais, arrive au sommet de la montagne, il fait la désagréable rencontre d’un employé de la douane française, qui lui crie d’avoir à déclarer ce qu’il porte dans son panier. Ah! c’est de la bonne marchandise, répond-il à l’agent du fisc républicain. — Eh bien! reprend le douanier, si c’est de la bonne marchandise, continue ton chemin, citoyen. »

5)La petite Thérèse fut donc baptisée le jour même de sa naissance; et, selon que l’avait prévu Mme Chappuis, quand on rapporta l’enfant, elle était blanche et rose de toute noire qu’elle était avant son baptême, et Mme Chappuis disait : « Nous l’élèverons tout aussi bien que ses autres frères et ses autres soeurs. »

6)A sept lieues de Troyes, se trouve un pèlerinage célèbre dans le pays : le pèlerinage de Notre-Dame-du-Chêne, de Bar-sur-Seine. La bonne Mère, en passant près de la montagne où est établi ce sanctuaire, se sentit comme tout inondée de grâces et de lumières. La communauté lui fut de nouveau montrée comme à Annecy, et elle reçut alors une force et une vigueur incomparables pour tout ce qu’elle avait à faire à Troyes. « C’est là, disait-elle, que j’ai obtenu le plus de lumières, et que j’ai éprouvé une plus grande confiance; » aussi devint-elle une des plus dévotes, à Notre-Dame-du-Chêne.

7)L’avènement au trône de la branche cadette était pourtant un fait douloureux au coeur de la bonne Mère. Fille d’un des Cent-Suisses de Louis XVI, son éducation de famille lui avait inspiré deux cultes celui de Dieu, poussé jusqu’à l’extase, et celui du roi, porté jusqu’aux dernières limites du dévouement et du sacrifice. Elle avait appris chez son père, dans les conversations du soir, les moindres détails de la vie intime du roi. Le roi avait témoigné à M. Chappuis la plus grande confiance; il lui avait exprimé le regret de le voir partir, quand il avait quitté le service pour revenir à Soyhières.On gardait dans la famille un souvenir donné par le petit prince, fils aîné de Louis XVI, au garde-suisse que son papa aimait bien. Ce n’était donc pas par indifférence aux choses qui se passaient que la bonne Mère n’y voulait rattacher aucune prévision sinistre.

Rien ne semblait devoir troubler, au dedans ni au dehors, cette vie si privilégiée de nos chères soeurs de Troyes. Aucun indice inquiétant ne venait alarmer personne; on devait, au contraire, se promettre toutes les douceurs de la paix sous le gouvernement du roi Charles X. Cependant la bonne Mère avait reçu de Dieu un avertissement dont elle ne connaissait pas les conséquences, mais qui lui présageait un grand événement. Pendant son oraison, elle avait vu Notre-Seigneur lever son bras sur la France pour la frapper; le geste menaçant était accompagné d’un regard irrité qui faisait présager les plus rudes châtiments. « Le voyant ainsi, ajoute elle-même la Mère, je me précipitai sur son bras pour lui dire que je me confiais à lui, qu’il ne nous frapperait pas. Le Seigneur daigna lui-même me rassurer; me dit que la crise par laquelle la France allait passer serait une épreuve pour les âmes peu sincères et peu fortes, mais que Dieu nous épargnerait et laisserait aux hommes le temps de revenir à lui après les avoir avertis. »
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MessagePosté le: Mer 25 Juin - 23:50 (2014)    Sujet du message: Publicité

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Henryk
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MessagePosté le: Sam 28 Juin - 17:23 (2014)    Sujet du message: Vie de la vénérée Mère Marie de Sales Chappuis Répondre en citant

Vers le même temps, les idées de M. de Lamennais avaient fait invasion dans le jeune clergé. Le jeune clergé ne se rattachait pas au gouvernement de Juillet; mais les opinions de M. de Lamennais trouvaient une espèce d’application dans ce qu’on appelait le parti libéral, et, sans accepter les principes du jour, on ne laissait pas que d’y voir un acheminement vers l’ère de liberté annoncée par le prophète de la Chesnaye. Le génie incontestable de M. de Lamennais, son système séduisant, le prestige de son école, avaient gagné les jeunes professeurs de théologie dont nous avons parlé plus haut. L’un d’eux ne craignait pas de hasarder de temps à autre, devant la bonne Mère, quelques phrases à l’éloge du génie du jour. Comme il la savait douée d’une extrême facilité d’esprit pour saisir les questions métaphysiques, il lui exposait ses pensées, il lui disait ses espérances sur l’avantage que la religion devait en retirer. La bonne Mère restait muette sur les éloges adressés à M. de Lamennais; mais, quant aux conclusions qu’on en tirait, elle répondait vivement: « Ah! ce n’est pas ainsi que le bon Dieu fait son oeuvre; prenez garde ! ... Ce prenez garde », dit avec autorité, avait frappé tous ceux qui l’avaient entendu, excepté un de ces jeunes professeurs. Plus tard, après la condamnation de M. de Lamennais, ce professeur dit à ses amis : " La bonne Mère n’a jamais été pour lui."
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 10:50 (2016)    Sujet du message: Vie de la vénérée Mère Marie de Sales Chappuis

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