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Comment concevoir une constitution?

 
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Henryk
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MessagePosté le: Ven 8 Aoû - 14:10 (2014)    Sujet du message: Comment concevoir une constitution? Répondre en citant






a) On parle régulièrement de la constitution d'un peuple. Cet effort combiné des siècles et du consentement des hommes, prodigieux équilibre de vitalité auquel ont concouru les soins de la Providence et le travail d'un peuple, inexplicable produit d'unité dans ce qu'il y a de plus divers;  A l'opposé de ce concert de mouvement, il n'existe qu'un chaos, d'acquiescement où il n'y a point d'accord, de paix où il n'y a que tumulte, d'adhésion où il n'y a qu'indocilité; résultante presque divine d'un ensemble de libertés humaines étrangères les unes aux autres, équilibre auquel le plus puissant législateur ose à peine toucher, voilà ce que des rêveurs croient, avoir mission de produire!

b)1ère objection:

La constitution d'un peuple, c'est l'érection d'un peuple. C'est sa croissance suivant les impulsions, les lois intimes, les habitudes et même les défauts de son tempérament. Quand une constitution vit, l'écrire ou la libeller serait déjà chose impossible. Et croire que d'une semblable rédaction pourrait sortir un peuple, ou plutôt qu'un peuple n'est pas la source de sa constitution, mais qu'une constitution écrite est la source d'un peuple, c'est vraiment prendre la Patrie pour un homme!



c)La constitution d'un peuple, c'est la manière dont il est historiquement, religieusement et politiquement établi. Or, comme une semblable constitution est progressive et que, sans varier, elle se modifie dans son application suivant les temps et les circonstances, elle ne saurait être écrite, du moins dans sa totalité. Écrire serait circonscrire. Il faut d'ailleurs que personne n'ait le droit de l'écrire, pour que personne n'ait celui de l'abolir. La famille, par exemple, pourrait-elle avoir ses lois par écrit? Un médecin prescrirait-il ce que doit faire le tempérament ?



d)Il peut y avoir des règlements, des concordats religieux ou politiques partiels rétablissant a mesure quelques points ébranlés. Ce sont là des réparations. De telles stipulations indiquent plutôt le côté mort que le côté vivant de la constitution. On écrit surtout lorsqu'on voit l’institution mal assurée. Toute loi écrite signale un point où la civilisation est en danger. Mais si l'on vient à ébranler toute la constitution, historique, religieuse et politique, c'est alors que tout ce qu'on voudra écrire ne pourra servir à rien. Lorsqu'une époque ne pense qu'a faire des lois, c'est parce que tout croule. Quand songe-t-on à faire des lois contre l'ivrognerie, et a quoi aboutissent-elles? Si l'on ne peut tracer sur le papier les lois de la constitution française, on peut du moins en discerner les jets dans le cœur de la France et écarter les ronces qui les étouffaient, II ne faut rien moins ici que nettoyer le sol et le déblayer des décombres immenses dont l'obstrue la Révolution alors nous verrons de toutes parts s'élever la Royauté française.



e)On peut étudier l'esprit de cette constitution vivante, en désigner les sources, faire voir comment on doit en favoriser les principes, en apporter l'application, puis demander à Dieu le souverain qui en protégera la libre croissance auquel il confiera le travail magnanime d'une résurrection si grande.



f)Que dire de ceux qui, après nous avoir proposé les constitutions anglo-saxonnes, nous proposent la leur? Une patrie changera-t-elle son impulsion constante, sa mission, ses vrais besoins, ses pensées, son allure, parce qu'on lui collera sur les lèvres un morceau de papier ? On doit étudier la France, et non vouloir lui appliquer de force des élans d'imagination ou des lois qui lui sont étrangères. Il faut chercher ce qui doit la rendre à sa nature et à ses destinées, car elle en a qui lui sont propres. il faut enfin ne point l'observer où elle n'est pas, c'est-à-dire dans ces esprits surexcites, sans distinction, trop souvent pleins d'envie, dont le fleuve Révolution a couvert le pays et inondé depuis deux cent vingt ans nos villes.



g)Demander si un royaume, qui a vécu quatorze siècles, sans constitution écrite, a une tradition , c'est demander si une nation qui a vécu et qui vit, peut vivre encore. Évidemment, on n'improvise pas une nation républicaine comme de nos jours on bâcle une constitution écrite. Je dirai même malheur à la nation qui n'a qu'une constitution écrite. C'est une preuve qu'elle n'a pas de tradition, ou qu'elle a rompu avec elle ; par contre, heureuse la nation qui n'a pas de constitution écrite mais qui a une tradition : elle grandira, et, comme le grain de sénevé de l'Evangile, elle deviendra un grand arbre, qui portera beaucoup de fruit.



h)Les grands troubles de l'Europe comme du Moyen-Orient sont nés des hérésies. La rupture des croyances amena celle des lois et des institutions. Du jour où une religion se dissout, il se prépare autant de peuples que de sectes. Les États, fatigués, ont eu recours à des traités d'équilibre et d'équilibristes, et les Princes à des constitutions. On a cédé une partie de l'autorité dans l'espoir de préserver l'autre. Mais le mal poursuit intérieurement sa marche. On a vu les garanties des lois supérieures tomber les unes après les autres dans les esprits. Et, à l'heure où nous sommes, une matinée de révolution a suffi pour montrer la société renversée dans chaque État. Les foules se pressent sur les dernières barrières pour échapper à la civilisation et elles espèrent, à tout instant être délivrées de la Société, et consommer les biens qu'elle a recueillis dans la noblesse, le clergé, et les corporations. Que l'Eglise ne maintienne pas le principe de la divinité de Jésus-Christ, et voilà l'Europe en proie aux Dieux divers, sortis des degrés divers de la raison. Que l'Eglise elle-même ne soit pas fondée sur Jésus-Christ, et elle disparaît sous la diversité des hérésies, sorties des besoins divers de l'orgueil.



i)La source des idolâtries comme de toutes les hérésies, n'est-elle pas évidente? Ne voit-on pas tous les hommes faire des efforts inouïs sur eux-mêmes pour réduire leur foi à la mesure de leur cœur?
_________________


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MessagePosté le: Ven 8 Aoû - 14:10 (2014)    Sujet du message: Publicité

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