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Saint Casimir, duc de Pologne et Lithuanie

 
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Henryk
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MessagePosté le: Mar 10 Mar - 06:32 (2015)    Sujet du message: Saint Casimir, duc de Pologne et Lithuanie Répondre en citant

Ce prince était second fils de Casimir III, roi de Pologne et grand-duc de Lithuanie, et d'Elisabeth d'Autriche, fille de l'empereur Albert, que Martin Chromer, évoque d'Ermeland, dans la Prusse, appelle très-sainte et très religieuse princesse. Cette pieuse mère prit un soin merveilleux de le faire instruire et élever en l'amour et en la crainte de Dieu, avec ses autres enfants, qui étaient au nombre de douze six garçons d'une part, et de l'autre six filles, qui furent mariées dans les maisons de Bavière, de Saxe et de Brandebourg. L'aîné des fils fut élu roi de Hongrie et de Bohême, après Mathias Corvin trois autres furent successivement rois de Pologne, et le dernier fut cardinal-archevêque de Gnesen et évêque de Cracovie.



Pour notre Saint, il fit de grands progrès dans les lettres et dans la vertu, sous les bons gouverneurs que la reine lui donna dès ses premières années, il méprisa les plaisirs, les divertissements et les délicatesses que les autres enfants recherchent avec passion, pour s'adonner entièrement aux exercices de la vie spirituelles. Il était l'ennemi juré, non-seulement du vice, mais aussi de la plus petite liberté et de l'ombre même du péché. II étudiait avec une telle ardeur et obtenait de si heureux succès, qu'il était admiré de tout le monde. Il joignait la piété à ses études, car ses thèmes, ses poèmes et ses discours ne roulaient que sur des sujets sacrés. II macérait son corps, encore tendre et délicat, par le jeûne et l'usage fréquent de la discipline; sous ses riches habits, il portait ordinairement la haire et le cilice. Souvent il passait les nuits entières sur la dure ou bien à la porte des églises, où il priait longuement le visage contre terre. Il a vécu dans une extrême austérité parmi les honneurs dus à sa naissance et à sa qualité quoiqu'il ait été fils, frère et oncle des rois de Pologne, on peut dire de lui ce que Panigarola, évêque d'Asti, disait du grand saint Charles Borromée, cardinal et archevêque de Milan qu'il était comme un pauvre chien en la maison de son maître, ne mangeant qu'un peu de pain, ne buvant qu'un peu d'eau et ne couchant que sur un peu de paille.



Il exhortait souvent le roi, son père, à gouverner ses sujets selon la règle de la justice. S'il arrivait quelquefois qu'il s'en écartât, il ne manquait pas de l'en avertir doucement, en demeurant toujours dans les bornes du respect qu'un fils doit à son père. Le roi l'écoutait volontiers et comme, outre la droiture de cœur, il remarquait en lui un grand fond de jugement et une pénétration d'esprit au-dessus de son âge, il suivait avec plaisir ses conseils dans le gouvernement de ses Etats.



Quelques Hongrois, mécontents de Mathias, leur roi, voulurent élever notre Saint sur son trône, ils envoyèrent pour ce sujet une députation au roi de Pologne, son père. Le jeune Casimir, qui n'avait pas encore treize ans accomplis, eût bien voulu refuser la couronne qu'on lui offrait; mais par complaisance pour son père, il partit à la tête d'une armée pour soutenir le droit de son élection. Etant arrivé sur les frontières de la Hongrie, il apprit que Mathias venait de ramasser seize mille hommes pour aller au devant des Polonais et qu'il avait regagné les cœurs de ses sujets. Il sut aussi que le Pape Sixte IV s'était déclaré pour le roi détrôné et qu'il avait envoyé une ambassade à son père pour lui faire abandonner son entreprise.



Toutes ces circonstances réunies donnèrent une joie secrète au jeune prince. Il demanda à son père la permission de revenir sur ses pas ce qui ne lui fut que très-difficilement accordé mais pour ne pas augmenter le chagrin que son père ressentait d'avoir vu échouer ses desseins, il évita d'abord de paraître en sa présence ainsi, au lieu d'aller droit à Cracovie, il se retira au château de Dobz, qui en est à une lieue, et il y passa trois mois dans les pratiques d'une austère pénitence. Ayant reconnu dans la suite l'injustice de l'expédition qu'on l'avait forcé d'entreprendre contre le roi de Hongrie, il refusa constamment de se rendre à une seconde invitation que lui firent les Hongrois, et cela malgré les sollicitations et les ordres réitérés de son père. Il était si dévot à la Passion de Notre-Seigneur et au saint sacrifice de l'autel, que souvent, quand il entendait parler des douleurs et des tourments que Jésus-Christ a soufferts pour nous au jardin des Oliviers et sur le mont du Calvaire, ou qu'il assistait à la sainte messe, il tombait en extase et en ravissement.



Sa pureté et sa chasteté furent, dès son enfance, toutes virginales et tout angéliques elles paraissaient si admirablement en toutes ses actions, qu'elles rendaient chastes et continents ceux qui, en conversant avec lui, le regardaient aussi prit-il un grand soin de les conserver inviolables tout le temps de sa vie étant malade de langueur, il préféra la mort (que le philosophe appelle la plus terrible de toutes les choses du monde) à la santé et à la vie, rejetant avec une héroïque constance les avis des médecins, qui s'efforçaient de lui persuader de perdre sa. virginité pour prolonger ses années et se marier afin de pouvoir régner après le roi, son père. Car, quoique dans la nation polonaise, qui n'est pas moins jalouse de sa liberté entière et généreuse, les rois montassent sur le trône par élection, et que la succession n'eût point lieu dans ce royaume, néanmoins, si le fils du roi se rendait digne, par ses vertus et par ses belles actions, de porter le sceptre de son père, les Ordres du royaume l'élisaient ordinairement, comme on l'a vu pour Ladislas IV et pour Casimir V, qui ont succédé à leur père Sigismond. Ceux qui considéreront la conduite de notre prince, l'honneur et la gloire de la royale maison des Jagellon, qui a gouverné près de deux siècles entiers le royaume de Pologne, ne s'étonneront plus de ce que, au milieu des douceurs et des délices de la cour, il ait mené une vie si sainte et si chaste, vu la tendre dévotion qu'il portait à Notre-Dame, Vierge des vierges et Mère de Dieu. Il composa, à son honneur, une longue prière en latin, qu'il récitait tous les jours, et avec laquelle il voulut être enterré; car, lorsqu'en l'an 1604, on ouvrit son tombeau, en l'église de Vilna, on trouva son corps frais et entier, et l'hymne entre ses mains. 


Saint Casimir est particulièrement loué pour avoir été extrêmement ennemi de la médisance, très-modeste et retenu en ses discours. Il ne parlait jamais, même avec ses plus familiers, des fautes du prochain, ni des imperfections d'autrui, mais seulement des affaires de sa conscience, du mépris et de la vanité du monde, de la misère de cette vie périssable, de l'horreur du vice et du péché, de la beauté de la vertu et de l'heureux et saint état de la grâce.



Son palais, était une pépinière où croissaient toutes les plantes des vertus, un parterre où s'épanouissaient toutes les fleurs de la dévotion, et comme un temple où l'on ne faisait que prier Dieu. En effet, l'oraison y était aussi parfaitement pratiquée que dans les monastères et les maisons religieuses les plus étroites et les plus réformées. Tous ses domestiques étaient, à son exemple, si pleins de bonté, que, quand ils étaient à la cour du roi de Pologne, ou en celle de Ladislas, roi de Hongrie, son frère aîné, l'on connaissait plutôt ceux qui étaient de sa maison, par l'exercice d'une vertu extraordinaire, que par ses couleurs et ses livrées. Il était plein d'attachement pour la religion catholique, et son zèle lui fit employer tous les moyens dont il disposait pour extirper le schisme des Russes. Il avait tant d'amour et de charité pour tous les pauvres, les veuves et les orphelins de ses terres, qu'il s'est acquis, par cette vertu, le beau surnom de « Père et de défenseur des pauvres et des malheureux.


Le saint duc ayant mené une vie si pure, si vertueuse et si innocente, Dieu lui fit la grâce de lui révéler le jour et l'heure de son départ de ce monde. Ce fut vers le 4 mars de l'an 1483, et, après qu'il eut reçu, avec une grande ferveur et une grande dévotion, le saint Viatique, en présence de plusieurs prêtres et religieux qu'il chérissait et honorait extrêmement.
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MessagePosté le: Mar 10 Mar - 06:32 (2015)    Sujet du message: Publicité

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