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Louis XVI à la prison du Temple
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Véronique
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MessagePosté le: Ven 2 Sep - 14:17 (2011)    Sujet du message: Louis XVI à la prison du Temple Répondre en citant

Le récit écrit par Cléry, fidèle valet de chambre de Louis XVI, témoin oculaire de toutes les ignominies que l'on a fait subir au Roi et à sa famille à la prison du temple, jusqu'au 21 janvier 1793, date de l'exécution de Louis XVI.

Accessible sur google books

http://books.google.fr/books?id=oHUOAAAAQAAJ&printsec=titlepage&sou…


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MessagePosté le: Ven 2 Sep - 14:17 (2011)    Sujet du message: Publicité

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Lastic
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MessagePosté le: Jeu 15 Sep - 21:27 (2011)    Sujet du message: Louis XVI à la prison du Temple Répondre en citant

J'avais lu il y a peu un long extrait des mémoires de Cléry. C'était très émouvant, j'en ai pleuré.
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Mavendorf
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MessagePosté le: Ven 16 Sep - 17:00 (2011)    Sujet du message: Louis XVI à la prison du Temple Répondre en citant

Les mémoires de Cléry, valet de chambre du Roy. Un très bel exemple de fidélité, il a tenu a rester avec Louis XVI jusqu'au bout.
A lire et à relire, pour se replonger dans la lourde atmosphère de l'époque.

http://beaudricourt.hautetfort.com/archive/2009/05/30/les-dernieres-heures-…


Citation:
Les dernières heures de Sa Majesté le Roy Louis XVI.



Le 20 janvier, le ministre de la Justice Garat vint signifier au Roy le décret qui le condamnait à mort. Le secrétaire du Conseil exécutif Grouvelle, chevrotant, lut la sentence. Le Roy l'écouta sans un mot. Il remit à Garat une lettre demandant un délai de trois jours pour se préparer à la mort, l'autorisation de revoir sa famille et d'appeler auprès de lui un prêtre de son choix. Pour ce ministère, il désignait l'abbé Henri Essex Edgeworth de Firmont. La Convention rejeta le délai, mais accorda les autres demandes. Le décret proposé par Cambacérès portait que «la nation française, aussi grande dans sa bienfaisance que rigoureuse dans sa justice, prendra soin de la famille du condamné et lui fera un sort convenable»Ce « sort convenable », on le connaît…

Garat fit donc prévenir l'abbé Edgeworth et le ramena lui-même au Temple dans sa voiture. Le prêtre voulut échanger son habit bourgeois contre un costume ecclésiastique, mais Garat lui dit:

- C'est inutile, d'ailleurs le temps nous presse.


Le 20 janvier à six heures du soir, le confesseur entra chez le Roy. Tous les assistants s'étant écartés, ils restèrent seuls. Louis XVI parla un moment avec l'abbé et lui lut son testament. Puis il le pria de passer dans le cabinet voisin pour lui permettre de recevoir sa famille.La porte s'ouvrit et la Reine entra, tenant son fils par la main ; derrière venaient Madame Elisabeth et Madame Royale. Tous pleuraient. Ils ne savaient rien de précis encore, mais ils craignaient le pire. Le Roy s'assit, entouré de son épouse et de sa soeur. Sa fille était en face de lui et il tenait l'enfant entre ses genoux. Avec de tendres ménagements, à voix basse, il les avertit. Par la porte vitrée, Cléry les vit s'étreindre en sanglotant.

Tenant ses mains dans les siennes, Louis XVI fit jurer à son fils de ne jamais songer à venger sa mort. Il le bénit et bénit sa fille. Par instants, il gardait le silence et mêlait ses larmes aux leurs. Cette scène poignante se prolongea plus d'une heure et demie… A la fin, quel que soit son courage, il n'en put plus. Il se leva et conduisit sa famille vers la porte. Comme ils voulaient rester encore et s'attachaient à lui en gémissant, il dit:


- Je vous assure que je vous verrai demain matin à huit heures.

- Vous nous le promettez? supplièrent-ils ensemble.

- Oui, je vous le promets.

- Pourquoi pas à sept heures? dit la Reine.

- Eh bien oui, à sept heures… Adieu.

Malgré lui, cet adieu rendit un son tel que les malheureux ne purent étouffer leurs cris. Madame Royale tomba évanouie aux pieds de son père. Cléry et Madame Elisabeth la relevèrent. Le Roy les embrassa tous encore, et doucement les poussa hors de sa chambre.

- Adieu, adieu, répétait-il, avec un geste navrant de la main.

Il rejoignit l'abbé Edgeworth dans le petit cabinet pratiqué dans la tourelle.

- Hélas, murmura-t-il, il faut que j 'aime et sois tendrement aimé!

Sa fermeté revenue, il s'entretint avec le prêtre. Jusqu'à minuit et demi, le Roy demeura avec son confesseur. Puis il se coucha. Cléry voulut lui rouler les cheveux comme d'habitude.

- Ce n'est pas la peine, dit Louis XVI.

Quand le valet de chambre ferma les rideaux, il ajouta : « Cléry, vous m'éveillerez demain à cinq heures.» Et il s'endormit d'un profond sommeil.

21 janvier 1793 :A cinq heures, Cléry allume le feu. Au peu de bruit qu'il fait, Louis XVI ouvre les yeux, tire son rideau :


- Cinq heures sont-elles sonnées?

- Sire, elles le sont à plusieurs horloges, mais pas encore à la pendule.

- J'ai bien dormi, dit le Roy, j'en avais besoin, la journée d'hier m'avait fatigué. Où est Monsieur de Firmont?

- Sur mon lit.

- Et vous? où avez-vous dormi?

- Sur cette chaise.

- J'en suis fâché, murmure Louis XVI, soucieux toujours du bien-être de ses serviteurs.

- Ah, Sire, dit Cléry en lui baisant la main, puis-je penser à moi dans ce moment?

Il habille et coiffe son maître devant plusieurs municipaux qui, sans respect, sont entrés dans la chambre. Puis il transporte une commode au milieu de la pièce pour servir d'autel. Revêtu de la chasuble, l'abbé commence la messe, que sert Cléry. Le Roy l'entend à genoux et reçoit la communion, il remercie ensuite le valet de chambre de ses soins et lui recommande son fils.

- Vous lui remettrez ce cachet, vous donnerez cet anneau à la Reine, dites-lui que je le quitte avec peine… Ce petit paquet contient des cheveux de toute ma famille, vous le lui remettrez aussi. Dites à la Reine, à mes chers enfants, à ma soeur, que je leur avais promis de les voir ce matin, mais que j 'ai voulu leur épargner la douleur d'une séparation nouvelle…

Essuyant ses larmes, il murmure alors:

- Je vous charge de leur faire mes adieux.

Il s'est approché du feu, y réchauffe ses mains froides. Il a demandé des ciseaux pour que Cléry lui coupe les cheveux au lieu du bourreau. Les municipaux, défiants, les refusent.Dans l'aube triste de ce dimanche d'hiver, un grand bruit environne la Tour. Alertées par la Commune, toutes les troupes de Paris sont sous les armes. L'assassinat, la veille au soir, de Lepeletier de Saint-Fargeau, l'exalté Montagnard, tué d'un coup de sabre par l'ancien garde du corps Deparis, a fait redoubler les précautions militaires. Partout les tambours battent la générale. Les sections armées défilent dans les rues, les vitres résonnent du passage des canons sur les pavés. A huit heures Santerre arrive au Temple avec des commissaires de la Commune et des gendarmes. Nul ne se découvre.

- Vous venez me chercher? interroge le roi.

- Oui.

- Je vous demande une minute.

Il rentre dans son cabinet, s'y munit de son testament et le tend à un municipal qui se trouve être le prêtre défroqué Jacques Roux.

- Je vous prie de remettre ce papier à la Reine… Il se reprend, et dit: « à ma femme. »

- Cela ne me regarde point, répond Roux. Je ne suis pas ici pour faire vos commissions, mais pour vous conduire à l'échafaud.

- C'est juste, dit Louis XVI.

Un autre commissaire s'empare du testament qu'il remettra non à la Reine, mais à la Commune *.Louis XVI est vêtu d'un habit brun, avec gilet blanc, culotte grise, bas de soie blancs. Cléry lui présente sa redingote.


- Je n'en ai pas besoin, donnez-moi seulement mon chapeau.

Il lui serre fortement la main, puis, regardant Santerre, dit :

- Partons!

D'un pas égal, il descend l'escalier de la prison. Dans la première cour, il se retourne et regarde à deux reprises l'étage où sont les siens : au double roulement qui a retenti lorsqu'il a franchi la porte de la Tour, ils se sont précipités vainement vers les fenêtres, obstruées par des abat-jour.

- C'en est fait, s'écrie la Reine, nous ne le verrons plus!

Le Roy monte dans sa voiture, un coupé vert, suivi de l'abbé Edgeworth de Firmont. Un lieutenant de gendarmerie et un maréchal des logis s'assoient en face d'eux sur la banquette de devant. Précédés de grenadiers en colonnes denses, de pièces d'artillerie, d'une centaine de tambours, les chevaux partent au pas… Les fenêtres, comme les boutiques, par ordre restent closes. Dans la voiture aux vitres embuées, Louis, XVI la tête baissée, lit sur le bréviaire du prêtre les prières des agonisants.Vers dix heures, dans le jour brumeux, la voiture débouche enfin de la rue Royale sur la place de la Révolution. A droite en regardant la Seine, au milieu d'un espace encadré de canons et de cavaliers, non loin du piédestal vide qui supportait naguère la statue de Louis XV, se dresse la guillotine. La place entière est garnie de troupes. Les spectateurs ont été refoulés très loin. Il ne sort de leur multitude qu'un faible bruit, fait de milliers de halètements, de milliers de soupirs. Tout de suite, sur un ordre de Santerre, l'éclat assourdissant des tambours l'étouffe…

L'exécuteur Sanson et deux de ses aides, venus à la voiture, ouvrent la portière ; Louis XVI ne descend pas tout de suite ; il achève sa prière. Au bas de l'échafaud, les bourreaux veulent le dévêtir. Il les écarte assez rudement, ôte lui-même son habit et défait son col. Puis il s'agenouille aux pieds du prêtre et reçoit sa bénédiction. Les aides l'entourent et lui prennent les mains.


- Que voulez-vous? dit-il.

- Vous lier.

- Me lier, non, je n'y consentirai jamais!

Indigné par l'affront, son visage est soudain devenu très rouge. Les bourreaux semblent décidés à user de la force. Il regarde son confesseur comme pour lui demander conseil. L'abbé Edgeworth murmure:

- Faites ce sacrifice, Sire; ce nouvel outrage est un dernier trait de ressemblance entre Votre Majesté et le Dieu qui va être sa récompense.

- Faites ce que vous voudrez, je boirai le calice jusqu'à la lie.

On lui attache donc les poignets derrière le dos avec un mouchoir, on lui coupe les cheveux. Puis il monte le roide degré de l'échafaud, appuyé lourdement sur le bras du prêtre. A la dernière marche il se redresse et, marchant d'un pas rapide, il va jusqu'à l'extrémité de la plate-forme. Là, face aux Tuileries, témoins de ses dernières grandeurs et de sa chute, faisant un signe impérieux aux tambours qui, surpris, cessent de battre, il crie d'une voix tonnante :

- Français, je suis innocent, je pardonne aux auteurs de ma mort, je prie Dieu que le sang qui va être répandu ne retombe jamais sur la France ! Et vous, peuple infortuné…

A cheval, Beaufranchet, adjudant général de Santerre, se précipite vers les tambours, leur jette un ordre. Un roulement brutal interrompt le Roy. Il frappe du pied l'échafaud :

- Silence, faites silence!

On ne l'entend plus. A quatre, les bourreaux se jettent sur lui, l'allongent sur la planche. Il se débat, pousse un cri… Le couperet tombe, faisant sauter la tête dans un double jet de sang qui rejaillit sur l'abbé Edgeworth. Sanson la prend et, la tenant par les cheveux, la montre au peuple. Des fédérés, des furieux escaladent l'échafaud et trempent leurs piques, leurs sabres, leurs mouchoirs, leurs mains dans le sang. Ils crient « Vive la nation! Vive la République! »Quelques voix leur répondent. Mais le vrai peuple reste muet. Pour le disperser, il faudra longtemps… L'abbé descend de la plate-forme et fuit, l'esprit perdu. Une tradition lui a prêté ces mots, adressés au Roy comme adieu : “Fils de Saint Louis, montez au ciel!“









Savez-vous que la Tour du temple a été rasé par la suite ? Les révolutionnaires redoutant que cette tour devienne un lieu de pèlerinage Catholique et Royaliste...
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MessagePosté le: Ven 16 Sep - 19:46 (2011)    Sujet du message: Louis XVI à la prison du Temple Répondre en citant

dommage qu' il ne reste rien de cette tour, car cela aurait été intéressant de la visiter.

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Lastic
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MessagePosté le: Sam 17 Sep - 11:06 (2011)    Sujet du message: Louis XVI à la prison du Temple Répondre en citant

Cela s'avère inutile. La mémoire de l'ignominie demeure...
On peut déplorer la perte d'un monument historique qui fut, faut-il le rappeler, construite par les Templiers et qui abritait le Trésor Royal.
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MessagePosté le: Dim 25 Sep - 23:08 (2011)    Sujet du message: Louis XVI à la prison du Temple Répondre en citant

Est-il possible d'imaginer la détresse humaine de la famille royale pendant sa captivité dans la tour du temple ? Ces longues journées d'attente, que pouvaient-ils espérer encore ? Jamais ce Roi de France n'eut trahi et vendu son pays, ses torts étaient ceux de sa malheureuse situation, ses fautes celle de sa naissance.

Il y avait un maçon, du nom de Mercereau, qui pérorait au Temple avec plus d'ardeur qu'il n'y travaillait; il tutoyait tout le monde, et avait acquis par ses allures démagogiques une réputation qui devait bientôt lui ouvrir les portes du conseil général de la Commune. Comme le jeune Prince n'avait point pour lui le respect auquel prétendait la vanité de ce futur dignitaire de la révolution :

- "Sais-tu bien, dit-il un jour au Dauphin, sais-tu bien que la liberté nous a rendu tous libres, et que nous sommes tous égal ?"

- "Egal tant que vous voudrez, répondit l'enfant; mais ce n'est pas ici, ajouta-t-il en jetant un regard sur son père, que vous nous persuaderez que la liberté nous a rendus libres."


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Lastic
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MessagePosté le: Dim 25 Sep - 23:57 (2011)    Sujet du message: Louis XVI à la prison du Temple Répondre en citant

Merci Mavendorf d'avoir posté cet extrait, c'était celui que j'avais lu. C'est terriblement bouleversant.
L'idée que cette famille et son entourage, écrasés d'angoisses, puissent demeurer ainsi dans cette prison, en proies faciles pour leurs geôliers est abominable.
Et penser ensuite aux longues semaines de veuvage de la reine avant son exécution, puis les mois d'incarcération du Dauphin orphelin, dans les conditions que l'on connaît, jusqu'à sa mort atroce, cela devient insoutenable.
Insoutenable sensiblement, en terme de compassion et d'émotion et insoutenable idéologiquement. Comment soutenir la pensée politique qui mena vers un tel traitement du Roi, père de la nation et de sa famille, son enfant innocent. Cette ignominie, cette monstruosité intellectuelle, c'est celle des révolutionnaires.
L'exemple donné par franciscain est à ce titre édifiant. La Révolution donne le pouvoir, à tout les niveaux, à des brigands et des escrocs. Et le Dauphin, qui ose répondre à ce misérable de Mercereau, en relevant sa faute de français grossière, avec une justesse qui force le respect. Il y eut du désespoir au Temple, mais il y eut du courage. La France perdit sûrement en la personne de Louis XVII, un Grand Roi.
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julie
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MessagePosté le: Lun 26 Sep - 17:35 (2011)    Sujet du message: Louis XVI à la prison du Temple Répondre en citant

Lastic a écrit:
La France perdit sûrement en la personne de Louis XVII, un Grand Roi.


A la lecture de la bien triste anecdote rapportée par franciscain, j'ai pensé exactement la même chose que vous.


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franciscain de bourges
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MessagePosté le: Lun 26 Sep - 21:35 (2011)    Sujet du message: Louis XVI à la prison du Temple Répondre en citant

Quant à Madame de Lamballe, il est facile de voir qu'une destinée particulière attendait cette malheureuse princesse, les mots de Savoie et de Bourbon-Lamballe mis en intention en saillie, tout semble indiquer qu'un sort exceptionnel lui était réservé.



Madame de Lamballe fut interrogée par Fieffé, greffier de la Force. Les bourreaux lui ayant fait quelques questions sur la Reine, elle s'était bornée à répondre : "Je n'ai rien à vous dire; mourir plus tôt ou plus tard m'est devenu indifférent; je suis toute préparée." La princesse fut alors entraînée dans cette partie de la rue des Ballets qui séparait, il y a peu encore, la Force de la rue Saint-Antoine, et qui était, en 1792, une impasse appelée cul-de-sac des Prêtres; et que là, un premier coup de sabre l'atteignit derrière le coup et la jeta sur un tas de cadavres.



Après avoir tué cette amie de la Reine à coups de pique et de sabre, on exposa son beau corps aux regards lubriques, et on le livra à des indignités dont auraient rougi des cannibales. La mort même devint une impuissante gardienne de la pudeur. En suite avec des couteaux on lui enleva les seins et d'autres parties du corps, on lui coupa la tête, et chacun de ces débris sanglants fut placé au bout d'une pique; puis on lui ouvrit le flanc gauche, une main d'homme s'y plongea tranquillement et en arracha un coeur saignant qui fut également placé au bout d'une lance pour être promené par les rues. Cette civilisation dépassait ainsi d'un seul bond les fureurs sauvages; et de dix-huitième siècle, si fier de ses lumières et de son humanité, finissait par l'anthropophagie.

Un cavalier d'ordonnance, vint annoncer qu'une foule se dirigeait sur le Temple, apportant la tête de la princesse de Lamballe pour la faire, disait-on, baiser à la Reine, et les traîner ensuite toutes deux par les rues de Paris. deux municipaux sortent du Temple et vont faire une reconnaissance. peu à peu le bruit se rapproche. La meute déblatérait contre Marie-Antoinette, affirmait qu'il n'y aurait point de salut pour la France tant qu'on aurait point guillotiné le dernier royaliste.

Les cris au dehors de la Tour du Temple augmentent, on entend très distinctement des injures adressées à la Reine. Un municipal suivi de quatres hommes députés par le peuple pour s'assurer si la famille capet est dans la tour, l'un d'eux, en habit de garde national traînant un grand sabre, insiste pour que les prisonniers se montrent à la fenêtre. Les premiers municipaux s'y opposent. L'un d'eux (Mennessier) : "Oh ! non, non, de grâce ! s'écrie-t-il en barrant le passage à Louis XVI, de grâce, n'approchez pas ! ne regardez pas ! quelle horreur !". Voyant l'opposition des commissaires; le garde national, chef de députation, s'écrie d'une voix satanique : "On veut vous cacher la tête de la Lamballe que l'on vous apportait, pour vous faire voir comment le peuple se venge de ses tyrans. Je vous conseille de paraître, si vous ne voulez pas que le peuple monte ici."

La Reine tombe évanouie; Clery vole à son secours; Madame Elisabeth aide à la placer sur un fauteuil; ses enfants fondent en larmes, et cherchent à la ranimer par leurs caresses. Cet homme ne s'éloigne pas; le Roi lui dit avec énergie : "Nous nous attendons à tout, monsieur." Il sort alors avec ses camarades : leur but était rempli. Marie-Antoinette, revenue à elle-même, mêle ses larmes aux larmes des ses enfants, et passe avec la famille royale dans la chambre de Madame Elisabeth, d'où l'on entendait moins les clameurs du peuple.

Avant d'être recueillis par les soins pieux du duc de Penthièvre, le cadavre et la tête de la princesse de Lamballe eurent à divertir encore une populace immonde, quant à son coeur, le hideux cannibale qui s'en était fait le maître se rendit, vers trois heures, chez le marchand de vin en face de la porte du Temple, où, trouvant un cuisinier il le fit cuire et le dévora avec avidité, en compagnie d'un camarade qu'il avait convié au festin.

Quant au commissaire qui s'était opposé à ce que la famille royale regardât par la fenêtre le spectacle abominable qui était venu la chercher, Louis XVI n'avait pas attendu jusqu'au soir pour connaître son nom; il le lui avait demandé lui-même, et, dans les derniers jours de sa vie, il exprimait encore à M. de Malesherbes combien il avait été touché de rencontrer une compassion au milieu de cette scène d'horreur. 


Dernière édition par franciscain de bourges le Lun 26 Sep - 21:54 (2011); édité 2 fois
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Henryk
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MessagePosté le: Lun 26 Sep - 21:44 (2011)    Sujet du message: Louis XVI à la prison du Temple Répondre en citant

Yolande de Polignac, née le même jour qu'elle, qui l'avait remplacée, la suivie dans une similaire tragédie.

A lire de Beauchesne:" la vie de madame Elisabeth" en deux volumes
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Dernière édition par Henryk le Lun 26 Sep - 22:52 (2011); édité 1 fois
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Mavendorf
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MessagePosté le: Lun 26 Sep - 22:40 (2011)    Sujet du message: Louis XVI à la prison du Temple Répondre en citant

Infortunée princesse de Lamballe, amie dévouée de la reine Marie-Antoinette, qui avait eu la faiblesse de se laisser affilier à la Franc-Maçonnerie, dont elle ne soupçonnait pas les tendances. Le but de la secte était, à cette époque, d’accaparer quelques personnes de la Cour, surtout celles admises dans l’intimité des souverains. La princesse aimait les fêtes ; on la prit par son faible... D’un esprit très léger, elle ne comprit pas ce qui se tramait dans les Loges et n’ouvrit les yeux trop tard lorsque la Révolution eut éclaté.    
 
Elle s’efforça de réparer le mal dont elle avait été la complice inconsciente. En novembre 1791, elle prit l’initiative de la surveillance qu’il était nécessaire d’exercer sur les foyers de conspiration. La secte jura de lui faire payer de sa vie son loyal retour au bien. Au 10 août 1792, la princesse de Lamballe suivit, avec le plus grand courage, la famille royale à l’Assemblée, puis au Temple. Dans la nuit du 19 au 20 août, elle fut transférée à la Force. Son sacrifice était héroïque ; je pense qu'elle savait, la malheureuse, quel sort l’attendait. 
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julie
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MessagePosté le: Mar 27 Sep - 10:11 (2011)    Sujet du message: Louis XVI à la prison du Temple Répondre en citant

Je ne connaissais pas les détails de l'histoire de cette pauvre princesse de Lamballe, c'est monstrueux. J'ai bien lu que son coeur a été mangé par un homme ???

Shocked

Pincez-moi si c'est un cauchemar !


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Julie Cathelineau
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MessagePosté le: Mar 27 Sep - 10:40 (2011)    Sujet du message: Louis XVI à la prison du Temple Répondre en citant

Malheureusement, ce n'est pas un cauchemar... Mad elle est tombée entre les mains de républicains... Sad
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julie
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MessagePosté le: Mar 27 Sep - 14:03 (2011)    Sujet du message: Louis XVI à la prison du Temple Répondre en citant

Bonjour julie ! Very Happy

Ce que je n'explique pas, c'est comment des français (nos frères) ont-ils pu commettre de telles atrocités ? Je n'arrive pas à réaliser que des faits aussi odieux que celui-ci aient pu se produire. Rien, absolument rien au monde ne peut justifier une telle barbarie.

Crying or Very sad


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Henryk
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MessagePosté le: Mar 27 Sep - 15:41 (2011)    Sujet du message: Louis XVI à la prison du Temple Répondre en citant

Chère Julie, c'est souvent dans les effets de groupe que l'on voit les pire atrocités. Et spécialement dans une guerre civile. Les pauvres  et braves gens qui assitaient a ces horreurs,  se sont tu par honte et respect des victimes. Il faut surtout se tourner vers le M... principal bénéficiaire, car les yeux se ferment, et ils deviennent des machines de leur propre cruauté. C'est effrayant!
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 05:37 (2016)    Sujet du message: Louis XVI à la prison du Temple

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