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le Recteur Deshayes de Beignon.

 
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Henryk
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MessagePosté le: Mar 2 Juin - 21:27 (2015)    Sujet du message: le Recteur Deshayes de Beignon. Répondre en citant

L'abbé Gabriel Deshayes, né le 4 décembre 1767 à Beignon en Bretagne (France) et décédé le 28 décembre 1841 à Saint-Laurent-sur-Sèvre (Vendée) est un prêtre français (breton) connu pour son engagement dans l'enseignement, en particulier auprès des sourds. Il est considéré comme le second fondateur des frères de Saint-Gabriel.

Il est le fondateur, avec Michelle Guillaume, de la Congrégation des Sœurs de l'Instruction Chrétienne, appelées également Sœurs de Saint-Gildas-des-Bois.


Le père de Gabriel jouissait d'une certaine aisance, et exerçait le double métier de laboureur et de boucher. Gabriel a gardé les troupeaux avant son entrée au collège.

Il fit ses études primaires à Saint-Malo dans une institution tenue par des ecclésiastiques dont le supérieur était l'abbé Girard.

Ses premières classes achevées, à l'exemple de ses maîtres il souhaitait devenir prêtre. Il entrait au petit séminaire de Saint-Malo, puis quelques années plus tard au grand séminaire de Dinan.

C'est à Jersey que s'était réfugié Mgr Lemaintier, dernier évêque de Tréguier, en Bretagne, l'un de nos plus illustres confesseurs de la foi. Dans un mandement publié le 14 septembre 1789, le courageux prélat avait dit : « Le sang de nos concitoyens, de nos frères a coulé; il fume encore, et dans un siècle qui ose s'arroger le titre fastueux de siècle des lumières, la capitale d'une nation polie a été souillée par des proscriptions inouïes , par des assassinats dont les nations les plus barbares rougiraient. » — Un pareil langage n'était pas de nature à plaire aux tyrans. — « Ce mandement est affreux ! » s'était écrié Robespierre. Et l'Assemblée nationale avait mandé l'auteur à sa barre. Insulté jusque dans son palais, Mgr Lemaintier ne s'était arraché à sa ville épiscopale qu'après avoir fait une dernière ordination.

Ce fut ce Pontife qui, le 24 mars 1792, imposa les mains à l'abbé Deshayes et à ses deux compagnons.

Quelles paroles brûlantes un tel évêque dut adresser à de tels ordinands !

Après son ordination, Gabriel Deshayes retourne en France et exerce son ministère clandestinement. Il sert d'agent de liaison au clergé réfractaire, et visite en secret les paroisses et les familles, pour y célébrer la Messe, confesser et prêcher. Recherché par les gendarmes de la toute jeune République, il leur échappe toujours.

Lorsqu'il entrait - dans une maison, il ne disait jamais d'où il venait, jamais où il allait, quelques instances qu'on lui fît. Une seule personne dont il était sûr avait son secret, et c'était à cette personne qu'il fallait s'adresser chaque fois qu'il y avait un enfant à baptiser, ou un malade à administrer. Elle lui désignait l'heure, et il ne manquait jamais au rendez-vous. Quand il se présentait, (ordinairement pendant la nuit), il était convenu qu'il frapperait trois légers coups à la porte. Si l'on n'ouvrait pas immédiatement, il s'éloignait en toute hâte : il y avait danger.

Quand il devait célébrer, et il y manquait rarement, les fidèles le précédaient, les uns pour tout préparer, ou pour faire la ronde pendant la messe, ou pour la répondre, les autres pour l'entendre.

Jamais il ne célébrait deux fois de suite dans le même lieu. Le saint sacrifice achevé, les ornements et les vases sacrés étaient soigneusement renfermés dans un sac, et un homme de confiance les transportait dans la chapelle ou dans la maison désignée pour la prochaine messe. Le commissionnaire faisait le trajet pendant la nuit, et il avait ordre d'aller toujours à travers champs, sans jamais suivre aucun sentier battu.

Mais l'apôtre de la Bretagne se prodiguait tellement, que bien des fois il n'avait plus d'autre moyen ni d'autre expédient que la fuite.

- Un matin, en grande tenue, et armé d'une badine, il se dirigeait vers une chapelle, lorsqu'en traversant une route, il vit un homme étendu sur la terre. Il comprit aussitôt quel ennemi l'avait renversé Le malheureux était ivre : c'était s'y prendre de bonne heure!

Le charitable passant se fait un devoir de lui donner la correction fraternelle; et de sa baguette il lui applique un coup qui réveille en lui le sentiment. L'ivrogne soulève pesamment la tête, regardé d'un œil hagard, et fait entendre une espèce de grognement. Gabriel continue tranquillement son chemin. Quelques jours après, il retrouve le même individu à la même place et dans la même position. La rechute méritait, pour le moins, une admonition semblable à la première.

Elle eut lieu. Mais cette fois, au lieu d'un misérable enseveli dans le vin, c'est un athlète qui se dresse sur ses deux pieds, et s'écrie d'une voix formidable : « Attends , Deshayes ! » Deshayes était de force ; mais il voulait guérir et non lutter; il disparut comme l'éclair.

Cette aventure fut suivie d'une autre, non moins alarmante.

Un soir, en regagnant son gîte, il rencontra un citoyen qu'il ne connaissait pas ; et voulant savoir s'il était en lieu sûr, il lui fit cette question : « Citoyen, dans quel département suis-je ici? » — « Mais, monsieur, lui répondit l'inconnu, vous êtes dans le département où vous avez dit la messe ce matin !» Enfin, un républicain vint dire au père de Gabriel : « Recommande donc à ton garçon de mieux se cacher. Je l'ai vu passer tel jour, à telle heure, en tel endroit ; il ne tenait qu'à moi de le faire prendre. »

Ce fut vraisemblablement dans l'une de ces circonstances, que Deshayes eut besoin de toutes ses forces morales et physiques, pour échapper au plus grand danger qu'il ait peut-être jamais couru. Laissons-le parler lui-même.

« Un jour, dit-il, après nos courses ordinaires, nous devions dîner, M. Georges et moi, dans un château où nous étions attendus. Nous avions besoin d'une bonne réfection, car la faim se faisait vivement sentir. Nous entrons, et par prudence, on nous fait monter au premier. Nous trouvons le repas servi ; mais nous n'en eûmes que la vue. A peine étions-nous à table, qu'une servante, qui faisait le guet, se précipite vers nous et s'écrie : « Les bleus à pleine cour! » Nous étions vendus. M. Georges tremblait comme la feuille; heureusement, je me possédais mieux. Je lui dis tout bas : « Cette fenêtre donne sur le jardin , élançons-nous. » Voyant qu'il n'osait, je le saisis dans mes bras, je le laisse tomber sur le sol et je le suis. « Silence ! lui dis-je alors; il y a au bout du jardin une douve large et profonde, je vais vous ensevelir dans les broussailles qui la bordent ; moi, je la franchirai. » Ce n'était pas le moment de discourir. Je le prends donc, je le jette dans le hallier à l'endroit le plus épais, et d'un bond, je franchis la douve. A peine étais-je raffermi sur mes pieds, que j'aperçois, aux deux coins du mur qui confinait à la douve, six bleus armés de leurs fusils, prêts à tirer.

Que faire ? Rentrer dans le jardin ? Il était rempli de soldats. C'était me livrer à la mort, pieds et mains liés ; il valait mieux la braver. Trois fois le cri : Halte là! se fit entendre, et je l'entendais très-bien ; mais au lieu de m'arrêter, je fuis à toutes jambes. A l'instant, douze coups de fusils partent à la fois, et douze balles sifflent à mes oreilles; mais, grâce à la Providence , aucune ne m'atteignit. Mes ennemis n'en deviennent que plus furieux. Ils se précipitent sur mes pas, sans se donner le temps de recharger leurs armes. Malgré mon jeûne, la présence du danger avait triplé ma vitesse. Je ne tardai pas à être en avant d'un quart de lieue ; et pour surcroît d'avantage, je me vis sur le bord d'une petite rivière qui barrait le chemin. Sans hésiter, je la franchis à l'endroit où je me trouve. Le détachement fut moins hardi, il prit son temps pour chercher un passage, et j'en profitai pour me perdre dans une vaste lande, où j'aperçus un paysan qui coupait la bruyère. J'étais auprès de lui avant que la troupe reparût. Mon villageois, que je connaissais, était un brave homme.

D'une main, je lui enlève son bonnet rouge ; de l'autre, je saisis sa serpe, et cela faisant : « Cours, lui dis-je, me chercher de la galette et du cidre, les bleus me poursuivent, et je meurs de faim. » Il partit à l'instant, et je continuai sa besogne. Les républicains m'aperçurent, et quand ils purent se faire entendre, ils me demandèrent si je n'avais pas vu quelqu'un fuir, et dans quelle direction. Je m'évertuai du geste et de la voix pour leur faire précipiter leur marche dans un sens opposé à l'endroit où j'étais, et aussi à la demeure de l'honnête paysan dont j'attendais un secours de plus en plus nécessaire. Nos gens se mirent à courir du côté que je leur avais indiqué, et ils disparurent pour toujours.

Et moi, avec une joie égale à la faim qui me dévorait, je vis revenir mon charitable villageois, chargé de plusieurs galettes et d'une cruche de cidre. Je bus et mangeai tout. Puis, après avoir remercié la divine Providence et le digne homme dont elle s'était servie, je ne pensai plus qu'à m'assurer d'un gite. Quant à M. Georges, je le sauvai comme je l'avais espéré.

Les bleus avaient cru que j'étais seul. Après avoir fait au château ce qu'ils faisaient en pareille circonstance, ils laissèrent mon confrère trembler dans son buisson. M. Georges eut la vie sauve ; mais la frayeur mortelle qu'il avait éprouvée, dut beaucoup contribuer au tremblement qui ne le quitta plus le reste de sa vie. »

Dans cette terrible alerte, le signal de la fuite avait été donné, par une servante ; mais dans d'autres circonstances, il n'y avait personne pour avertir.

Alors le bon ange s'en chargeait.

Un jour, Gabriel se tenait blotti derrière un buisson, et la retraite lui paraissait sûre. Tout à coup, il lui semble entendre une voix qui lui dit : « Sors de là, fuis, ou tu es pris ! » Il obéit ; et à peine s'était-il éloigné, qu'il vit des soldats fouiller le buisson.

En 1805, l'évêque de Vannes le nomme curé de la paroisse Saint-Gildas à Auray. Il y exerce un important ministère de charité auprès des plus pauvres de la ville, s'occupe aussi de l'instruction des enfants (fonde des écoles), prêche des missions.

En 1821, il est élu supérieur des congrégations des Pères Montfortains et des Filles de la Sagesse. Il s'installe à Saint-Laurent-sur-Sèvre. il y meurt le 28 décembre 1841.
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MessagePosté le: Mar 2 Juin - 21:27 (2015)    Sujet du message: Publicité

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