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Notre dame de Vassivière.

 
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Henryk
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MessagePosté le: Mer 8 Juil - 14:35 (2015)    Sujet du message: Notre dame de Vassivière. Répondre en citant

Ce lieu de dévotion fut pillé par les anglais, les protestants, et les révolutionnaires

Au sein des cônes basaltiques qui appartiennent à la chaîne du Mont Dore, et projettent leurs anneaux du côté de la Creuse, du Limousin et du Cantal, au-dessus de ces ravins abruptes, creusés par les déchirements du sol, entre le pic de Sancy dont l'aiguille perce la nue, et le lac Pavin dont les eaux couvrent des abîmes, il est un lieu où l'âme, fatiguée des bruits du monde, vient goûter les charmes de la prière. Parmi les accidents de ces sites alpestres, dans cette nature, tantôt riante, tantôt sévère, les hommes ont élevé à la Mère de Dieu un sanctuaire dont elle a fait le théâtre de ses merveilles.

C'est Notre-Dame de Vassivière, comprise dans la paroisse de Besse. L'église, bâtie en laves du pays, est du XIème siècle elle est sous le vocable de saint André. Son chevet et sa flèche dominent le paysage. A l’intérieur, des nefs romanes, des chapelles disposées dans un ordre régulier, un chœur gothique, des chapiteaux à sujets, tel est l'ensemble de l'édifice. Derrière le Maître-autel est la chapelle qui reçoit le plus d'hommages elle garde, pendant neuf mois, la statue de Notre-Dame de Vassivière.

Le culte de la sainte Vierge se répandit de bonne heure à Besse. De nombreuses confréries s'y établirent, et s'épanouirent autour du pèlerinage de Vassivière, comme les rameaux croissent et se développent autour du tronc qui les nourrit. On comptait les confréries de Notre-Dame, de Notre-Dame de Bethléem, de Notre-Dame de la Nativité, de Notre-Dame du Rosaire, de Notre-Dame du Carmel.

D’après une tradition authentique, Vassivière formait jadis une paroisse, et avait une église consacrée à Marie. L'image de la Vierge y était en grande vénération : les habitant et les voyageurs lui durent bien des grâces, dont on conservait un fidèle souvenir.


1)On donne deux étymologies au mot de Vassivière. Selon les uns, il viendrait du mot Vacca, à qui paissaient sur cette montagne, cinq ou six mois de l'année. Selon d'autres, il viendrait des mots Vas-y-veire, langage que tenaient ordinairement les habitants du pays à ceux qui refusaient de croire aux miracles opérés devant la sainte Image.
2)Besse est une petite ville située dans l'arrondissement d'Issoire. à l'extrémité occidentale du département du Puy-de Dôme. Elle appartenait autrefois au duché d'Auvergne, et relevait de la maison de La Tour, une des premières familles de France et d'Europe.



En 1369, les Anglais, en guerre avec la France, dévastèrent la ville de Besse, et montèrent jusqu'à Vassivière. Ils démolirent les habitations, renversèrent l'église, et ne laissèrent debout qu'une muraille.


A la vue de leurs chaumières détruites, de leurs autels abattus, les habitants s'enfuirent. Une joie secrète tempérait leur douleur ils emportaient l'image de Marie qu'ils avaient sauvée du pillage. Quand la paix fut rétablie, ils revinrent sur leur plateau, élevèrent une croix sur les débris de la chapelle, et pratiquèrent dans la muraille une niche où fut placée la statue de Notre-Dame de Vassivière. C'était une Vierge noire, tenant l'enfant Jésus entre ses bras on la disait semblable à Notre-Dame du Puy. Elle demeura là près de deux siècles. Bien qu'elle fût exposée aux injures des saisons, rien ne l'endommagea, ni la rigueur des hivers, ni l’abondance des neiges. Cette circonstance, jointe aux grâces déjà obtenues à ses pieds, la fit regarder comme miraculeuse. Aussi les voyageurs, reprenant les habitants avaient-ils coutume de s'y arrêter, et d'invoquer Marie. Le mépris que l'un d'eux fit de cette dévotion, fut l'occasion d'un miracle qui eut du retentissement.

Au mois de juin de l'année 1547, un habitant de Besse, nommé Pierre Get, allait à la ville de La Tour avec Guillaume de Chalus et quelques autres marchands. Quand ils furent à Vassivière, Guillaume de Chalus et les autres se dirigèrent vers la muraille. Arrivés au pied de la sainte Image, ils se mettent à genoux et font une prière. Pierre Get sourit de leur dévotion, la méprise, et continue sa route jusqu'au ruisseau qui coule au bas de la montagne. Là, il fut contraint de s'arrêter un éblouissement le saisit, et il perdit la vue.

Reconnaissant dans ce coup un châtiment du ciel « Mon Dieu s'écriat-il, « qu'ai-je fait? Sainte Vierge, secourez-moi. A ce cri plusieurs fois répété, ses compagnons accourent ; ils voient son malheur. Persuadés que son impiété seule en est la cause, ils l'excitent au repentir, lui inspirent des sentiments de confiance en Marie, et le conduisent par la main devant son image. Pierre Get se prosterne à ses pieds, et pousse de profonds soupirs.

Il avoue sa faute, la déplore, et promet de l'expier. Il fait vœu de se consacrer, s'il recouvre la vue, au service de la sainte Vierge, et s'engage à donner cinq livres de cire, à la prochaine fête de la Visitation, pour être brûlées sur son autel dans l'église de Besse. Ses compagnons, unissant leurs prières aux siennes demandent à la Sainte Vierge d’en avoir pitié, et de lui accorder la grâce qu'il implore. Elle se rendit à ces supplications, et vit d'un œil favorable le repentir du coupable. Pierre Get recouvra en effet, la vue d’une manière aussi soudaine qu'elle lui avait été ravie. Son bonheur et celui de ses compagnons n'eut d'égale que leur reconaissance. De retour à Bessse, ils s'empressent de publier ce double prodige; ils en font la déclaration devant les magistrats et les principaux citoyens, et on en dresse un acte juridique, le premier qui ait été fait des miracles de Notre-Dame de Vassivière.



Cependant Marie témoigna par plusieurs signes qu'elle voulait être honorée à Vassivière. On forma le projet d'y construire une chapelle. Malgré les difficultés de l'entreprise, les habitants de Besse consentirent à tous les sacrifices, et leur zèle aplanit tous les obstacles. On choisit pour l'emplacement de l'église le lieu où la croix s'élevait sur les ruines de l'ancienne chapelle. Tout le monde mit la main à l'œuvre les uns creusèrent les fondements, les autres arrachèrent des blocs de lave du flanc des montagnes. Comme les pèlerins affluaient en grand nombre, on fit en bois une chapelle provisoire au-dessous de laquelle on construisit un petit oratoire (1S50). Il y jaillit une source dont les eaux fraîches et limpides, quoique peu abondantes, ne tarissent jamais. Les pèlerins s'en lavent les yeux et les mains ; beaucoup en emportent, comme un souvenir de leur voyage. La chapelle sortait à peine de ses fondements quand eut lieu, en 1531 un miracle qui donna plus de célébrité à ce pèlerinage. Un possédé ayant été amené vers l'oratoire, fut délivré du malin esprit, en présence d'un grand nombre de personnes, par l'intercession de la Mère de Dieu. Les populations voisines, en apprenant ce prodige, conçurent envers Marie de nouveaux sentiments de piété. Dès lors s'épanouit son pèlerinage les villes et les bourgs vinrent en procession des groupes de pèlerins gravirent la montagne à genoux ou pieds nus la confiance fut dans tous les cœurs et attira les peuples de plusieurs provinces. De nouveaux miracles favorisèrent cet élan.



Les familles de Besse furent les premières à invoquer Marie sur sa chère montagne. Les paroisses voisines partageaient ce bonheur, et lui prodiguaient à l'envi les noms de Reine, de Protectrice et de Patronne. De ce plateau, conquis à la piété publique, elle étendit sa souveraineté sur les pays d'alentour. Parmi les fiefs qui, depuis trois siècles, lui rendent hommage avec une dépendance que les révolutions n'ont pas ébranlée, il faut nommer Eglise-Neuve, jadis chef-lieu de la baronnie d'Entraigues, le Valbeleix, ancienne seigneurie, Murol, aux majestueuses ruines, le Chambon, assis sur les rives de son beau lac, Saint-Diéry, aux côtes abruptes, SaintVictor, Espinchal, Compains, Collamine, Saint-Anastaise et une foule de hameaux qui, éparpillés au milieu de ces gorges, se confondent dans cette unité d'amour qui les rattache à son culte.


En 1639, le pape Urbain VIII accorda au pèlerinage de Vassivière d'abondantes indulgences qui y attirèrent jusqu'à quinze mille pèlerins aux fêtes de la Pentecôte, qui, cette année, se célébrèrent avec la plus grande pompe. L'évêque de Clermont, qui ne perdait pas de vue ce pèlerinage qui était une des gloires religieuses de son diocèse, délégua, à deux reprises différentes, en 1641 et en 1648, des commissaires pour recueillir, dans des documents officiels, les faveurs accordées en ces divers temps.

Des richesses plus précieuses ornaient cette insigne chapelle nous voulons parler des reliques qui étaient l'objet de la vénération publique. Outre les reliquaires qui y avaient été placés en 1553 et en 1571, il y avait ceux de saint Jean-Baptiste, de sainte Lucie, de saint Blaise et des saints Apôtres. Dans le reliquaire de saint Jean-Baptiste, on voyait des reliques de ce Saint, de saint Jean l'Evangéliste, des saints Julien, Valentin, Valens, Hilarion, Léon et Athanase 1.

Dans le reliquaire de sainte Lucie, il y avait un ossement de cette Sainte, des reliques de saint Romain, de saint Roch, des saintes Marthe, Marie-Madeleine, Barbe, Agnès, Ursule, et une partie du voile de sainte Catherine.

Le reliquaire de saint Blaise contenait des reliques de ce Saint, et des saints Laurent, Sébastien, Protais, Antoine l'Ermite, Antoine de Padoue, Eloy, Félix, Valentin, Juste, Vincent, et de plusieurs autres saints, martyrs et confesseurs. Celui des Apôtres renfermait des reliques de saint André, de saint Jacques, de saint Paul, et de saint Timothée, son disciple. On voit que la chapelle de Vassivière abritait le culte et la mémoire d'un grand nombre de Saints. Mais aucun nom n'y était prononcé avec plus d'amour que le nom de Marie il n'en était pas que les multitudes fissent entendre avec plus d'enthousiasme aux échos que réveillaient dans la solitude les concerts de la piété publique.

Mais, en 1669, dans la nuit du 4 au 5 septembre, un vol sacrilège dépouilla la chapelle de Vassivière d'une partie de ses richesses. Des malfaiteurs s'y introduisirent et enlevèrent, avec beaucoup d'autres objets

1)Ces reliques avaient été données, en 1616, par le P. Coyssard. Archives de l'église de Besse.
2)Ce reliquaire fut donné à la chapelle de Vassivière, en 1651, par les membres de la confrérie de Sainte-Lucie, établie à Besse.

précieux, un calice, deux ciboires, six lampes d'argent, des couronnes, des chandeliers d'argent et plusieurs reliquaires de même métal. La consternation fut grande à Besse et dans les environs quand on apprit ce malheur. On se rendit en foule à Vassivière, afin d'adresser à Marie une amende honorable de l'outrage fait à son sanctuaire. De son côté la justice fit des poursuites actives. Après deux jours de recherches, un des voleurs fut arrêté au village de la Vedrine, dans le Cantal. On trouva un tiers environ de l'argenterie elle était fondue ou brisée. On ne laissa pas impuni un crime si odieux le coupable fut pendu et brûlé à Saint-Flour.


La pauvreté, à laquelle la chapelle de Vassivière se trouva tout à coup réduite, provoqua la générosité des fidèles on eut à cœur de faire une réparation solennelle du sacrilège par lequel elle avait été profanée. La duchesse de Noailles, Anne-Louise Boyer, donna la première l'exemple, et fit présent d'un grand ciboire d'argent, qui fut porté à Vassivière, par M. Garnier, officier du diocèse. Peu après, le 16 septembre, un bourgeois de Clermont donna une lampe de cuivre argenté.

Gilbert de Veny d'Arbouze, qui avait succédé, en 1664, à Louis d'Estaing, apprit avec douleur le sacrilège qui avait été commis. Le 29 octobre, il écrivit aux curés des seize paroisses les plus voisines de Vassivière, et les invita à s'y rendre, les uns le dimanche, les autres le lundi, qui devaient suivre la fête de la Toussaint, pour prendre part aux cérémonies expiatoires de l'outrage fait au très-saint Sacrement. Le concours fut général chacun voulut expier par ses regrets et ses larmes la profanation dont Notre-Dame de Vassivière avait été l'objet.

Dans le cours de l'année suivante, on refit, avec l'argenterie qu'on avait retrouvée, deux grandes lampes, un encensoir et un reliquaire, à l'effigie de la Vierge, comme celui qui avait été dérobé. Mais la chapelle ne fut pas aussitôt rendue à son ancien éclat.

Avec les aumônes qu'on recueillit, on refit la voûte de la chapelle qui menaçait ruine, et on remit son trésor à peu près dans l'état où il se trouvait avant le vol de 1669. Pendant les années qui suivirent, on fit des dons particuliers.

Ainsi le pèlerinage de Vassivière réparait ses désastres, en même temps qu'il poursuivait le cours de ses bienfaits. La fin du XVIIe siècle fut marquée par plusieurs prodiges.

Dans le cours du XVIIIe siècle, l'affluence des pèlerins continua. Les prêtres de la collégiale de Besse, pour correspondre au zèle des peuples, ne cessèrent d'aller tous les ans, depuis les premiers jours de mai jusqu'à ceux de novembre, passer chacun quinze jours sur la montagne de Vassivière. Dévoués au salut des âmes et à la prospérité d'un pèlerinage qui faisait l'honneur et la joie de leur ministère, ils y opéraient chaque année des conversions admirables et propageaient par ce moyen le règne et la gloire de Notre-Dame de Vassivière.

Touché du bien qui se faisait en ces lieux, illustrés par tant de miracles, Bochart de Saron, évêque de Clermont, implora pour la chapelle les faveurs apostoliques. Clément XI, qui occupait le Saint-Siège au milieu des orages soulevés en France par le jansénisme, accorda, par un bref du 21 août 1713 une indulgence plénière pour sept ans, à quiconque visiterait, en remplissant les conditions requises, la sainte chapelle, depuis les premières Vêpres de la Nativité de la sainte Vierge jusqu'au coucher du soleil du jour de la fête.



Quand ils eurent reçu le bref de Clément XI, les prêtres de la collégiale et les officiers de la ville de Besse écrivirent à l'autorité diocésaine, pour en demander la publication. Le siège de Clermont était vacant. Bochart de Saron était mort, le 11 août 1715, et Massillon, son illustre successeur, ne devait être sacré que le 31 décembre 1718. La supplique fut adressée aux vicaires généraux. Le 12 mai, Chamflour, vicaire général, donna la permission de publier le bref de Clément XI. Il désigna et approuva pour principale fête de la Confrérie, le jour de la Visitation, et pour les autres quatre jours de l'année mentionnes dans le bref, il désigna le lundi de la Pentecôte, la fête de saint Louis, la Nativité de la bienheureuse Vierge, et le dimanche qui suit la fête de saint Matthieu.

Quelques jours après, on établit régulièrement la Confrérie de la Visitation. Chaque année, les pèlerins demandaient à y entrer. Prêtres et fidèles, familles et particuliers, seigneurs et villageois y inscrivaient leurs noms. Tous voulaient avoir part à l'union de prières et de mérites qui ralliait tant de cœurs dans un même culte et dans un même amour.

Les pèlerins se pressaient sans cesse autour de la chapelle, et aux jours de fête, ils couvraient de leurs pieuses multitudes la montagne d'où se répandaient sur eux, sans interruption, les grâces les plus abondantes. Les évêques de Clermont comprenaient ce sanctuaire parmi les objets de leur plus vive sollicitude. Massillon le visita le 17 juin 1727 Le Maistre de la Garlaye vint y payer le tribut d'un religieux hommage François de Bonal voulut prier au pied de ses autels. Les prêtres et les magistrats de Besse, de concert avec le peuple et les populations voisines, y maintinrent dans tout son éclat ce pèlerinage. Le peuple, indifférent aux sarcasmes des impies et aux railleries des faux sages, inondait de ses flots le parvis du sanctuaire, et faisait résonner de ses cantiques les échos de la sainte montagne. La chapelle de Vassivière restait le rendez-vous habituel de la piété et de l'espérance, au milieu des paisibles montagnes de l'ouest de nombreux ex-voto, gages d'une généreuse reconnaissance, ornaient ses autels et ses murs, et l'Image miraculeuse, objet, depuis trois siècles, de la vénération publique, y recevait les plus fervents hommages.

Mais au moment où les habitants de ces monts pouvaient croire qu'aucune force humaine n'arrêterait l'élan de leur foi, et ne détruirait l'empire qu'avait conquis sur leurs âmes leur cher et vénéré pèlerinage, une révolution terrible éclata en France. Aveugle dans sa fureur, elle confondit dans sa haine le ciel et la terre, le sacré et le profane. Elle proscrivit le culte des aïeux, bannit de la patrie la foi qui avait tenu son berceau, renversa les temples où avaient retenti les chants de nos pères, et démolit les sanctuaires où le peuple venait en paix chercher dans la prière un remède à ses douleurs.

Le souffle de l'impiété, plus fort que celui des tempêtes, circula partout avec une violence inouïe. Le pèlerinage de Vassivière fut livré aux profana- tiens qui, pendant le cours de la révolution française, souillèrent les sanctuaires du culte catholique. Autels, calices, ornements sacrés, reliques, ex-voto, tout disparut dans le pillage ou les flammes. La statue, qu'on vénérait de temps immémorial, fut mise en pièces et brûlée on en sauva pourtant quelques débris qui sont restés l'objet d'un culte particulier. L'autre statue, qui était révérée à l'oratoire, fut préservée des atteintes du vandalisme par un habitant de Besse, qui la garda, dans sa maison, et la laissa en mourant à sa famille, qui lui rend encore de pieux honneurs. La chapelle, après avoir été dévastée, fut vendue comme propriété nationale, et livrée, pendant plusieurs années, à de vils usages. On ne saurait dire la consternation qui régna à Besse, et dans les populations voisines, quand on apprit un pareil attentat. Les fidèles gémirent en secret de ne pouvoir plus recourir à Notre-Dame de Vassivière, dans un temps où son intercession eût été si nécessaire pour détourner les maux qui désolaient la France et l'Auvergne.


Mais Dieu avait fixé un terme à ces insolents triomphes. Déjà, en 1796, quelques pèlerins reprenaient la route de Vassivière bientôt le Concordat proclama libre l'exercice du culte catholique les temples s'ouvrirent les pèlerinages furent rendus à la piété publique.

La ville de Besse n'avait pas oublié quelles grâces répandit sur elle Notre-Dame de Vassivière. Il tardait à ses habitants de regagner sa montagne, et d'y célébrer de nouveau ses fêtes vénérées. Quoique la chapelle fût encore une propriété particulière, le pèlerinage refleurit, grâce à la piété des fidèles, et par les soins de M. Seronde, curé de Besse, qui déploya une rare énergie pour la restauration du culte de Notre-Dame de Vassivière. II rétablit ses processions et ses fêtes, et remit dans son ancien éclat la Confrérie de la Visitation dans laquelle on vit, dès l'année 1805, entrer de nombreux associés.

Une nouvelle statue, dans laquelle on mit des fragments de l'ancienne, reçut les hommages qui, comme dans les âges écoulés, devaient remonter à Marie elle représente la sainte Vierge tenant l'enfant Jésus sur ses genoux. L'église de Besse, restaurée avec décence, devint son premier séjour. On put bientôt la replacer, en été, dans la chapelle de Vassivière, rachetée par Mlle Marie Admirat, qui en fit don à la fabrique de Besse.

Lorsque Notre-Dame de Vassivière eut été rendue à elle-même, les beaux jours revinrent pour son pèlerinage. La générosité des fidèles pourvut sans retard à l'entretien et à l'ornement de la chapelle. Tandis qu'à Besse on réparait le chœur de l'église (1816), à Vassivière, on relevait les autels abattus, et on rendait aux murs du sanctuaire la décence et l'éclat dont ils brillaient autrefois. Ce qui toucha surtout les cœurs, et ce qui fit revivre la gloire de ce pèlerinage, ce fut la continuité des faveurs que Marie distribua du haut de la sainte montagne. Chaque année, les pèlerins rapportaient de leur voyage des grâces qu'ils gardaient avec soin.

La fête de la Visitation était, comme dans les siècles écoulés, la fête privilégiée de Vassivière. Mais la solennité la plus imposante avait lieu le dimanche qui suit le 2 juillet. En ce jour, les paroisses voisines vont processionnellement à la chapelle, et assistent, au pied des mêmes autels, à la célébration des divins offices. En 1841, et le 4 juillet, la présence de Mgr Féron donna à ces fêtes un éclat inaccoutumé. Quinze à vingt mille pèlerins, venus de tous les points de l'Auvergne et d'autres diocèses, couvraient le plateau de Vassivière. `

L'année suivante, la fête du 2 juillet fut célèbre par la guérison d'un paralytique, dont le souvenir est resté dans beaucoup de mémoires. En 1851, un nouveau prodige, arrivé le jour de la fête, accrut la célébrité de ce pèlerinage. La même année, le dimanche de la fête de la Visitation, on compta jusqu'à vingt mille pèlerins qui étaient venus de tous les coins de l'Auvergne et du Limousin, pour prendre part aux bénédictions que Marie répandait en ce jour, et assister aux solennités de Vassivière, auxquelles donnait un lustre nouveau la présence des évêques de Clermont et de Saint-Flour. La sainte Vierge y multipliait ses faveurs auprès de tous les âges. L'enfance et la jeunesse en particulier recevaient des gages de sa maternelle bonté.

Tandis que ces grâces particulières, accordées par Marie, relevaient son pèlerinage dans son antique éclat, les curés de Besse déployaient une grande activité pour restaurer ou embellir son sanctuaire. On décora le maître-autel dans l'état où on le voit, et le 9 juillet 1854, après en avoir reçu l'autorisation du pape Pie IX, on érigea un Chemin de la Croix, en présence d'une foule considérable que cette cérémonie avait attirée. Ces croix sont dressées sur un piédestal en pierre, où on a gravé, sur des tablettes de marbre blanc, les noms des personnes et des paroisses qui en ont fait don. Les pèlerins sont dans l'usage, en gravissant le plateau, de faire le Chemin de la Croix, exercice que l'Eglise a enrichi de si nombreuses indulgences. En 1856, la fabrique de Besse fit l'acquisition de la montagne qui entoure la chapelle.

En 1859, Pie IX enrichit la chapelle d'une indulgence plénière que pouvaient gagner, aux sept fêtes principales de Marie, et pendant leurs octaves, les personnes qui, s'étant confessées et ayant communié, prieraient, au pied de ses autels, aux intentions du souverain Pontife. Il accorda de plus trois cents jours d'indulgence à tous ceux qui visiteraient la chapelle de Vassivière, et y prieraient aux mêmes intentions.

Le cours des grâces accordées par Marie ne se ralentit jamais. Des différentes parties de la France, et souvent même des pays étrangers, on lui envoie des témoignages de reconnaissance. Tantôt, c'est un soldat qui, du fond de l'Afrique, lui fait parvenir ses hommages tantôt, c'est un pilote, égaré sur les flots, qui lui adresse ses vœux. Aujourd'hui, une mère lui recommande son fils; demain, une sœur lui enverra une offrande pour avoir obtenu le rétablissement de son frère. Il n'est pas de saison où ne montent, vers la sainte montagne, les prières d'une multitude d'âmes qui ont pour Notre-Dame de Vassivière un culte que ses bienfaits justifient et répandent. Aujourd'hui, son pèlerinage a conservé son importance. La chapelle a revêtu une modeste élégance qui réjouit le pèlerin. L'autel principal, au-dessus duquel on voit l'image de la sainte Vierge, est orné d'un retable. La statue est entourée d'une guirlande au sommet de laquelle deux anges tiennent un diadème suspendu sur sa tête. Les deux chapelles ont chacune un autel l'un, a droite, est dédié au Sacré-Cœur l'autre, à gauche, l'est à saint Joseph. Des cœurs nombreux, gages d'un filial amour et renfermant des noms destinés à immortaliser la reconnaissance, ornent l'autel du sanctuaire. Les murs sont aussi enrichis d'ex-voto, de tableaux et de médaillons qui contiennent le récit de faveurs extraordinaires. On remarque à droite un tableau donné par le monastère des Ursulines, de Clermont, et qui représente un parterre où croissent les fleurs les plus variées. Autour de la chapelle, la nature étale comme autrefois ses âpres beautés, et les monts séculaires dressent toujours leurs pics qui servent d'éternels remparts à cette aimable solitude. Dans ces dernières années, on a dressé, au milieu de la montagne, vers le midi, un autel en pierre, afin qu'aux grandes solennités de Vassivière, on pût y célébrer la messe, en présence des pèlerins, dont la chapelle ne pouvait contenir la multitude. L'église de Besse, où la statue de Notre-Dame de Vassivière réside pendant neuf mois de l'année, a été restaurée et embellie. Une flèche récente domine, depuis quelques années, le paysage d'alentour. L'intérieur de l'édifice a été en partie revêtu de décorations poly-chromatiques qui s'harmonisent avec le style grave de son architecture. On a ornementé la chapelle où on vénère l'Image miraculeuse. L'autel est roman et orné de trois bas reliefs qui représentent l'Annonciation, la Naissance du Sauveur et l'Adoration des Mages. Les murs sont décorés de peintures où figurent, dans divers médaillons, la Présentation de la sainte Vierge, sa Nativité, sa Purification et sa Visitation. Cette chapelle est, en tout temps, l'objet d'un culte spécial le saint Sacrement y repose, on y célèbre la messe tous les jours et tous les jours les fidèles de Besse ou des pèlerins étrangers viennent invoquer Marie.
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MessagePosté le: Mer 8 Juil - 14:35 (2015)    Sujet du message: Publicité

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