Forum du Royaume de France Index du Forum

Forum du Royaume de France
« Mon principe est tout, ma personne n'est rien » Henri V, Comte de Chambord

 FAQFAQ   RechercherRechercher   MembresMembres   GroupesGroupes   S’enregistrerS’enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 

Saint Loup 479

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Forum du Royaume de France Index du Forum -> Patrimoine -> Histoire de l'Eglise
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Henryk
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 12 Juil 2011
Messages: 3 612

MessagePosté le: Mar 11 Aoû - 21:16 (2015)    Sujet du message: Saint Loup 479 Répondre en citant

Pape Saint Simplicius. Roi des Francs Childéric I

Venit contra civitatem rex magnus et vallavit eam inventusque est in ea vir pauper et sapiens et liberavit urbem per sapientiam suam.
Il vint un roi puissant pour assiéger la ville, et il se trouva dans cette même ville un homme pauvre, mais sage, qui la délivre par sa sagesse.
Ecclésiastique, IX, 14, 15.

Saint Loup naquit à Toul, au diocèse actuel de Nancy, de parents nobles et vertueux. Son père, qui se nommait Epiroque, le laissa bientôt orphelin sous la tutelle d'Alistique, son oncle, qui fut pour lui un second père. Ce seigneur prit un très grand soin de son éducation et le fit former dans toutes les études convenables à sa condition. Bientôt il s'acquit un nom illustre parmi ses concitoyens, et l'éloquence qu'il déploya dans les luttes du barreau, la beauté de sa figure, la douceur de son caractère, la sûreté de son jugement, le firent rechercher des sociétés les plus brillantes. Il ne put résister aux instances de Germain, gouverneur d'Auxerre, et plus tard évêque de la même ville, qui l'attira à sa cour; mais jamais les grandeurs et les dissipations du siècle ne furent capables de détourner son cœur de la vertu qui lui était si chère. Malgré ses répugnances pour le mariage, il se rendit aux sollicitations de saint Germain, qui lui fit épouser, en 417, à l'âge de trente ans, une de ses parentes, Piméniole, sœur de saint Hilaire, évêque d'Arles, laquelle était extrêmement recommandable par sa pudeur, sa modestie et la beauté de son esprit. Comme ils avaient tous deux beaucoup de piété, de crainte de Dieu et de fidélité à son service, leur vie dans le mariage fut véritablement une école de sagesse et un exemple de religion et des plus belles vertus du Christianisme.


Cependant, sachant ce que dit Notre-Seigneur :« Si vous voulez être parfait, allez, vendez tout ce que vous avez, donnez-en le prix aux pauvres et venez à ma suite. Ils résolurent d'un commun consentement de se défaire de leurs biens, de les mettre entre les mains des pauvres, afin qu'ils les portassent dans le ciel, et de se retirer du monde. Saint Loup s'en alla au monastère de Lérins, alors gouverné par le grand saint Honorat, qui fut, depuis, élevé pour ses mérites sur le siège d'Arles, et il prit l'habit religieux sous son obéissance (424). L'année de sa probation ne fut qu'une pénitence et une oraison continuelles. Il ne se contenta pas des abstinences et des veilles de la communauté, qui, néanmoins, étaient très rigoureuses; mais, avec !a permission de son saint abbé, il y ajouta de nouvelles austérités. Après cette épreuve, il fut obligé de faire un voyage à Mâcon pour achever de vendre ses biens et de les donner aux pauvres. Ce fut alors que saint Ours, évêque de Troyes, étant mort, saint Loup fut enlevé tout d'un coup pour remplir ce siège, sans qu'il lui fût possible de résister aux désirs du clergé et du peuple qui l'avaient élu (426). Il fut sans doute bien heureux de succéder à de si saints évêques qui avaient travaillé avec un grand zèle à sanctifier leur troupeau et à établir un bon ordre dans leur diocèse; mais les mœurs étaient en ce temps-là si corrompues, qu'il eut encore beaucoup à travailler pour corriger les déréglements des clercs et des laïques. Il s'y appliqua d'abord avec une prudence et une vigueur vraiment apostoliques, employant pour cela la force de la parole de Dieu, des remontrances publiques et particulières, et même, lorsqu'il était nécessaire, la sévérité des réprimandes et des punitions.


Il travaillait à cette œuvre de Dieu depuis deux ans, quand on apprit en France que l'hérésie de Pelage et de Célestius faisait beaucoup de progrès dans la Grande-Bretagne. Les catholiques de ce royaume, ne croyant pas avoir assez de lumière ni d'adresse pour réfuter cette hérésie, supplièrent les prélats des Gaules de les secourir et de leur envoyer quelqu'un de leur corps pour combattre une doctrine si pernicieuse. Par ordre du pape Célestin ler, les évoques des Gaules se rassemblèrent en Concile, probablement à Troyes, y condamnèrent le pélagianisme, et chargèrent d'aller le combattre en Grande-Bretagne saint Germain d'Auxerre et saint Loup de Troyes. Les deux Saints acceptèrent avec joie cette commission, malgré les difficultés qu'ils y prévoyaient, et, sachant que le secours que l'on donne promptement est comme une double assistance, ils partirent au plus tôt pour se rendre sur le lieu du combat, avec l'autorisation du pape Célestin I" (429). Ils passèrent par Nanterre et donnèrent le voile à une jeune bergère c'était Geneviève qui, plusieurs années après, devait venir à Troyes d'abord, puis à Arcis, faire provision de blé pour Paris décimé par la famine, et récompenser le service rendu à sa patrie par de nombreux et éclatants miracles.


Le voyage de nos deux prélats à travers la Gaule ne fut qu'une suite d'honneurs rendus à leur dignité et à leurs vertus. Mais la traversée ne fut pas aussi heureuse. Le vénérable Bède, qui rapporte les circonstances de leur voyage, dans son premier livre, dit que les démons firent ce qu'ils purent pour le traverser sur mer, ils excitèrent une si horrible tempête, que les marins ne doutaient plus de la perte du navire les vents étaient si impétueux et la mer si orageuse, qu'il n'y avait point d'apparence qu'un vaisseau passager en pût soutenir la violence. Les rames se brisaient; les mats s'abattaient sous les coups redoublés des vents en fureur; encore quelques instants, et matelots et passagers allaient disparaître sous les ondes écumantes. Mais les prières des saints prélats furent plus fortes que toute la malice de l'enfer ils bénirent quelques gouttes d'huile, les jetèrent sur les ondes en invoquant la très-sainte Trinité, et aussitôt la fureur de cet élément s'apaisa, et l'esquif arriva doucement au port. On savait déjà qu'ils devaient venir, car les possédés l'avaient publié, et on en avait d'ailleurs reçu la nouvelle des Gaules. Ainsi, grand nombre de catholiques vinrent au-devant d'eux pour les recevoir, et les conduisirent, avec beaucoup de joie et d'applaudissements, dans les lieux où l'erreur commençait à jeter de plus profondes racines. Le royaume sentit bientôt le bonheur de leur présence, car, par le moyen de leurs prédications, où l'érudition et l'éloquence chrétienne paraissaient dans tout leur éclat, et qui, d'ailleurs, étaient pleines de l'esprit de Jésus-Christ, ils convertirent la plupart de ceux qui s'étaient laissé tromper. Les miracles qu'ils firent ne contribuèrent pas peu à cet heureux succès car, par l'imposition de leurs mains, le signe de la croix et l'application des saintes reliques, ils guérirent beaucoup de malades et chassèrent les esprits malins des corps de plusieurs possédés.


Les principaux ministres de l'hérésie, bien qu'étonnés de ces merveilles, auxquelles ils ne pouvaient rien opposer de semblable, ne se tinrent pas, néanmoins, pour vaincus. Ils eurent encore la témérité de demander une discussion publique contre les saints prélats, se flattant que, s'ils ne pouvaient pas établir et persuader leurs dogmes, ils embrouilleraient les questions et ébranleraient les esprits par la subtilité de leurs raisonnements. Saint Germain et saint Loup acceptèrent volontiers la conférence, mais ce fut à la confusion des hérétiques car ils réfutèrent si doctement toutes leurs raisons, et firent voir si nettement la fausseté de leurs opinions et la vérité de la doctrine de l'Eglise, que ces impies demeurèrent sans réponse et n'osèrent plus paraître. Le vénérable Bède, qui décrit excellemment ce combat, dit qu'il se fit en présence d'une foule immense; que la foi divine, la véritable piété, et Jésus-Christ parlant par ses serviteurs, étaient d'un côté; et de l'autre, l'orgueil, la présomption humaine, et Pelage, rempli de la bonne opinion de lui-même et que l'éloquence des saints prélats y ayant paru comme un grand torrent qui, par les témoignages évidents de l'Ancien et du Nouveau Testament, entraînait tous les esprits, il se fit, en leur faveur, un cri et un applaudissement général de toute l'assemblée. Ils servirent encore extrêmement, dans l'île, à exterminer les restes de l'idolâtrie et ù y établir partout la religion chrétienne. Nous rapporterons, dans la vie de saint Germain, toutes ces merveilles.


Les affaires de la religion étant heureusement terminées, les saints prélats revinrent dans leurs diocèses. On ne peut assez dignement représenter la sainteté de vie, dont le bienheureux Loup donna partout des exemples. Les grandes occupations de sa charge pastorale ne lui firent rien diminuer des austérités dont il avait fait profession dans le cloître. Durant vingt ans, il ne se coucha point sur un lit, mais seulement sur une planche. Il portait continuellement le cilice, et n'avait par dessus, en hiver et en été, qu'une simple robe fort pauvre. De deux nuits, il n'en dormait qu'une, ou plutôt, que la moindre partie d'une, et passait le reste en prières accompagnées de. larmes, de soupirs et de fréquents regards vers le ciel. Il ne mangeait aussi ordinairement que de deux jours l'un et les samedis, il se contentait d'un peu de pain d'orge. Ses revenus étaient plus aux pauvres qu'à lui, et il les leur distribuait avec une si grande profusion, qu'il ne lui en demeurait presque rien pour la subsistance de sa maison.

C'est ainsi qu'il passait sa vie dans son diocèse, lorsque Attila, roi des Huns et cruel persécuteur des chrétiens, entra comme un torrent de feu dans les Gaules, pour en dépeupler les provinces. On ne voyait sur toute sa marche que pillages, violences, massacres, incendies, ruines entières des villes et des villages. Enfin, après s'être assouvi de tous côtés du sang des Gaulois et des Francs, qui commençaient à être mêlés ensemble, il vint à Troyes pour l'assiéger, la piller et en faire un grand sépulcre. Il devait être d'autant plus avide de vengeance qu'il venait d'être battu par Aétius, aux environs de Méry-sur-Seine. Les habitants en furent si épouvantés, qu'ils n'eurent pas le courage de se mettre en défense; et de fait, la ville était alors sans armes, sans garnison, sans fortifications et nullement en état de résister à un si puissant ennemi. Saint Loup demeura seul sans appréhension; il assembla son peuple, l'exhorta à la pénitence et à la prière, et lui donna une ferme espérance dans le secours de Dieu, s'il persévérait à lever les mains au ciel dans un esprit contrit et humilié. Pour lui, il sollicita ce secours par des austérités extraordinaires et par des larmes continuelles qu'il versait au pied des autels, revêtu d'un sac et couvert de cendres. Enfin, ayant eu révélation que sa ville serait préservée, il se revêtit de ses habits pontificaux, et, se faisant accompagner par ses clercs, dont l'un était saint Némorius, diacre, qui portait sur sa poitrine le livre des Evangiles, couvert de lames d'or, il marcha en procession au-devant de ce roi barbare.

Quand Attila aperçut cette sainte compagnie, il commanda à ses soldats de faire main basse dessus et, de fait, Némorius et quelques autres clercs furent massacrés mais saint Loup, s'étant avancé pour lui parler, le barbare fut saisi d'un si profond respect, qu'il arrêta le carnage et se présenta pour lui donner audience. Le Saint lui demanda qui il était, et en vertu de quoi il avait entrepris de faire de si grands ravages par toute la terre « Je suis », répondit le prince, « Attila, roi des Huns, et le fléau de Dieu n. « Si vous êtes le fléau de Dieu », répliqua le bienheureux évoque, « soyez le bienvenu, et châtiez-nous autant que la main qui vous conduit vous la voudra permettre ». Ces paroles amollirent tellement le cœur du barbare, qu'il protesta qu'il ne ferait aucun mal à la ville de Troyes. Le Saint l'en remercia mais le voulant éloigner au plus tôt de son diocèse, il lu; fit traverser toute la ville avec son armée, sans que lui, ni aucun de ses soldats pussent reconnaître où ils étaient, frappés d'un aveuglement semblable à celui des Syriens que le prophète Elisée fit entrer dans Samarie, sans qu'ils vissent où ils entraient. Ce conquérant, qui avait jeté la terreur dans tout l'Orient et tout l'Occident, fut si étonné de ce prodige lorsqu'il s'en aperçut, qu'il avait peine à le croire, et il avouait qu'un évêque seul lui avait fait plus de confusion que toutes les armées de l'empire ensemble. Comme la même chose lui arriva encore en Italie, lorsque saint Léon, pape, triompha de son courage et de sa fureur, et l'empêcha d'assiéger Rome, les Latins, faisant allusion aux noms de Lion et Loup, disaient qu'il n'y avait qu'un Lion et un Loup capables de vaincre un ennemi si terrible. Il y a beaucoup de ces circonstances qui ne sont pas dans la vie de saint Loup transcrite parSurius mais elles sont tirées de quelques autres auteurs cités par Baronius, en l'année 451, lesquels ont traité plus au long de l'irruption d'Attila dans les Gaules.

Ce que nous trouvons dans cette vie, c'est que ce prince, admirant la vertu de notre Saint, et reconnaissant la force invincible de ses prières, voulut qu'il le conduisît jusqu'au Rhin, espérant que sa présence serait d'un grand secours à son armée, pour sortir sûrement des Gaules, où on lui avait déjà taillé en pièces deux cent mille hommes dans les plaines de Méry-surSeine. Lorsqu'il fut arrivé au Rhin, il le renvoya, le suppliant instamment do ne le pas oublier dans ses prières. Le Saint, à son retour, trouva le peuple dans une terrible émotion comme il fallait, après de si grands miracles, que la tentation l'éprouvât et le maintînt dans l'humilité, il y eut des esprits malfaisants qui commencèrent à prendre ombrage de lui, et à le soupçonner d'intelligence avec Attila, à cause des faveurs extraordinaires que son insigne piété lui avait fait mériter de ce prince. Cette calomnie, se répandant de plus en plus, saint Loup jugea à propos de se retirer pour un temps de Troyes, en attendant que Dieu eût fait connaître son innocence. Il se retira sur le mont Lansuine éloigné de cette ville de quinze lieues, et y vécut deux ans dans de grandes privations mais voyant que ses diocésains demeuraient toujours dans leurs sentiments, il se retira à Mâcon, où il avait autrefois possédé de grands biens. Ce fut là que la divine bonté fit paraître son innocence et sa sainteté par de nouveaux prodiges. En y allant, il guérit une femme paralytique qui était couchée sur le grand chemin. Depuis, il rendit l'usage de la parole à une fille que le démon avait rendue muette. Il rétablit en santé Claude, fils d'un grand seigneur, nommé Germanien, qui était à deux doigts de la mort. Il remit dans une parfaite convalescence une mère de famille, soeur du saint prêtre Rustique, qui, depuis dix mois, était si percluse de tout son corps, qu'elle ne remuait ni les pieds ni les mains. Enfin, ces merveilles le rendirent si célèbre dans l'Europe, que tous les princes se faisaient un plaisir de lui accorder ce qu'il demandait, au point même que Gébavulte, roi des Allemands, renvoya, sans rançon, à sa prière, plusieurs prisonniers de guerre du pays des Brions ou comté de Brienne.

Le retour de saint Loup à Troyes fut salué avec enthousiasme par ses diocésains reconnaissants. Mais si la ville n'avait point eu à souffrir de l'invasion, grâce à la puissante influence de son illustre pontife, il n'en était pas de même des campagnes, théâtre du stationnement et de la défaite de l'armée d'Attila elles n'avaient que trop expérimenté que l'herbe ne poussait plus où le cheval du barbare avait passé. Aussi saint Loup, touché des désastres de ces malheureuses populations, s'empressa-t-il de les réparer, autant qu'il dépendait de lui, et d'être le père de son peuple après en avoir été le défenseur. Le pays des Lassois, près de Châtillon-sur-Seine venait d'être ruiné par les Vandales que conduisait le féroce Chrocus. Saint Loup installa sur ces terres abandonnées les victimes de la nouvelle invasion. Bientôt après, il conduisit d'autres colons au village de Mâcon, près de Nogent-sur-Seine, et leur donna ce qui lui restait de ses biens patrimoniaux. C'est sans doute en souvenir de ce bienfait que le village voisin a pris le nom de Saint-Loup (de Buffigny).
_________________


Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: Mar 11 Aoû - 21:16 (2015)    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Forum du Royaume de France Index du Forum -> Patrimoine -> Histoire de l'Eglise Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Index | forum gratuit | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com