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La Sainte Tombe d'Arles-sur-Tech

 
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Henryk
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MessagePosté le: Sam 28 Mai - 13:12 (2016)    Sujet du message: La Sainte Tombe d'Arles-sur-Tech Répondre en citant

A une dizaines de lieues d’Argelès sur Mer, nous arrivons dans une bourgade de l’arrière pays, Arles sur Tech.

Tout a commencé à une époque, alors qu' Arles-sur-Tech était en proie à la fois à la maladie, a la perte de la foi et d’un animal dont les paléontologues n’ont pas encore retrouvé la trace.
Devant une recrudescence de malheurs dans le Vallespir, l’abbé Arnulfe, prieur de l’Abbaye d’Arles, décida d’entreprendre le long et périlleux voyage, dans le but d’obtenir du Pape des reliques de saints protecteurs.

Arrivé à Rome, Arnulphe exposa au Saint-Père la misère de ses concitoyens et lui présenta sa requête. Le pape, l'accueillit avec bonté, et lui permit de choisir parmi les reliques conservées à Rome, exceptant toutefois celles de saint Pierre et d 'un certain nombre de saints, dont il eût été imprudent de se dessaisir.

Arnulphe était embarrassé pour se décider, après avoir passé tout un jour en prières, il s'endormit et eut un songe dans lequel deux jeunes hommes lui apparurent: « Nous sommes, dirent-ils, Abdon et Sennen, saints tous deux. De notre vivant, nous étions princes. La Perse est notre patrie. Nous avons été martyrisés à Rome, et nos corps sont enterrés en tel lieu; exhume-les et porte-les dans ton pays, ils feront cesser les maux qui l'affligent. »

Le lendemain, accompagné d'une grande foule du peuple, et suivi de travailleurs pourvus d'instruments convenables, fit fouiller l'endroit indiqué. On trouva bientôt les corps des deux jeunes gens, parfaitement conservés, reconnaissables pour saints à l'odeur. Il les exhuma en grande pompe, et se disposa à les emporter. Arnulphe était un homme prudent ; il pensa que, pendant le long voyage qu'il avait à faire pour retourner dans son pays, il pouvait trouver bien des gens qui voudraient s'approprier le trésor qu'il portait, car on se faisait peu de scrupule alors de s'emparer, même par force, des reliques de vertus bien constatées.

Pour détourner les soupçons, il mit ses saints dans un tonneau enfermé dans un autre beaucoup plus grand, qu'il remplit d'eau. Dès qu'il fut en mer, les matelots firent un trou au tonneau, croyant qu'il contenait du vin ; mais, s'étant aperçus qu'il n'y avait que de l'eau, ils ne poussèrent pas plus loin leurs recherches. Je passe rapidement sur les événements du voyage, tempêtes apaisées, vents favorables et le reste.

Le chemin de la mer jusqu’à  Arles était alors extrêmement mauvais et praticable seulement pour les mulets. Le tonneau est donc chargé sur un mulet, et le saint homme, avec un guide, se met en route. Dans un sentier dangereux, bordé d'affreux précipices, le muletier, homme grossier et brutal, crut qu'il fallait donner du courage à sa bête et lâche un gros juron. Soudain, le mulet tombe dans le précipice et disparaît. On juge de la tristesse de l’Abbé. Retrouver le mulet et retourner à Rome en quête d'autres reliques était impossible. Il prit le parti de poursuivre sa route et de rentrer dans sa ville natale. Quelle est sa surprise et sa joie en rentrant à Arles, d'entendre sonner les cloches et de voir, sur la place de l'église, la population à genoux entourant le mulet et son tonneau qui avait déjà opéré la guérison des malades et fait déguerpir les bêtes féroces.

Arnulphe tira d'abord les saints de leur tonneau et quant à l'eau, il la versa bonnement dans un tombeau vide pour s'en débarrasser, où un lépreux, qui vint s'y laver fut gueri dans l'instant. D'autres malades vinrent bientôt constater la vertu de cette eau miraculeuse. Avertis de sa propriété, les moines du lieu la renfermèrent avec soin et n'en donnèrent que contre des oboles.


Des reliques des saints Abdon et Sennen étaient exposées à Soissons, dans le monastère de saint Médard, où elles furent hélas brûlées par les Huguenots. Mais la ville de Florence en possède aussi, et ce depuis l'an 370. Saint-Marc de Rome en détient, quelques menues parcelles, depuis le pape Grégoire IV (828-844). Arles ne détient les reliques que depuis l'an mil environ, si l'on en croit le témoignage d'un bénédictin du XVIIIème.

Un témoignage encore plus précis et plus déroutant nous est fourni par un érudit italien du XIXe siècle, à propos des reliques de Rome. Selon lui, les restes des saints Abdon et Sennen furent déposés à Rome dans une chapelle du cimetière de Pontien qui renfermait un baptistère. Or ce baptistère avait sa propre légende, qui ressemble étrangement à celle d'Arles : le prêtre Eusèbe y avait baptisé un jeune paralytique nommé Pontien, et ce dernier était sorti guéri des eaux saintes. C'était là aussi que saint Pierre avait baptisé les nouveaux chrétiens.


En 1910, l'abbé Craste, curé-doyen d'Arles, avait publié un ouvrage dans lequel il mettait au défi les "libres-penseurs" d'expliquer la présence de l'eau dans le sarcophage, leur promettant une récompense de mille francs si le mystère était éclairci. Personne n'a gagné cette somme, qui avait été déposée chez maître de Noëll, notaire à Arles-sur-Tech.

Appelé Sainte Tombe, il donne une eau qui se renouvelle sans cesse.
La tradition rapporte qu’il abrita pour un temps les reliques des Saints patrons d’Arles, Abdon et Sennen. Sarcophage de marbre blanc, il est le seul vestige conservé du sanctuaire paléochrétien installé dans le site des thermes romains (Les Bains d’Arles).

Dans son besoin de reprendre sa foi chrétienne, la population, se tournait vers des demandes visuelles de miracles ; chaque abbaye se devait de posséder quelques reliques de saint, chargées de préserver du malheur  la contrée environnante.

Ce sarcophage de marbre dans lequel a été déposée une partie des reliques produit régulièrement une eau très pure dont aucun scientifique, pour l’instant, n’a pu expliquer la provenance.
Un habitant est chargé de recueillir le précieux liquide avec un antique siphon de cuivre à l’intérieur du sarcophage. Il raconte :
« En une année, nous en tirons entre 500 et 800 litres. Cette eau ne se corrompt pas. Tous les 50 ans, le sarcophage est vidé, nettoyé et séché, explique mr Adoue. Immédiatement, de l’eau suinte sur les parois intérieures. »

Les Arlésiens, attachés à ce patrimoine, décident de fêter chaque année les Saints Abdon et Sennen.
Un pèlerinage a lieu le 30 Juillet depuis l’an 1465. Les habitants de Montbolo, empruntant en procession le chemin antique, apportent chaque année, en offrande à l’Abbaye d’Arles, un disque d’enroulement de cire d’abeille; un cierge long et fin enroulé en spirale autour d’une armature en bois, la Rodella, en remerciement pour la protection accordée par les Saints Abdon et Sennen à un berger de Montbolo au cours d’un terrible orage.

Ce cierge sera débité en petits cierges enroulés qui seront vendus, censés protéger des orages ou utilisés lors des deuils.

Pèlerinage (cours)
La procession part, a pied, de l'église Saint André de Montbolo à 7 heures précises, s'arrête au Pla Bernadou vers 8h30 pour se rafraîchir devant la maison de la famille Barry, puis repart vers Arles-sur-Tech.

A l'entrée du village, la Rodella (roue de cire) stationne à la maison Rouet, puis vers 10 heures les Saintes reliques d'Abdon et Sennen, portées par 4 catalans costumes, accueillent la Rodella venue du Montbolo. Elle prend la tête du cortège jusqu'à l'église Sainte Marie d'Arles-sur-Tech.
Là, les pèlerins se recueillent, embrassent les saintes reliques et assistent à la messe.
A 11h30, extraction et distribution de l'eau de la Sainte Tombe.
 
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MessagePosté le: Sam 28 Mai - 13:12 (2016)    Sujet du message: Publicité

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