Forum du Royaume de France Index du Forum

Forum du Royaume de France
« Mon principe est tout, ma personne n'est rien » Henri V, Comte de Chambord

 FAQFAQ   RechercherRechercher   MembresMembres   GroupesGroupes   S’enregistrerS’enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 

Les Français et le rendez-vous du 21 janvier.
Aller à la page: <  1, 2, 3, 4
 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Forum du Royaume de France Index du Forum -> Patrimoine -> Histoire
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Pierre ISAAC
Chevalier

Hors ligne

Inscrit le: 19 Juin 2013
Messages: 97
Localisation: La Valette du Var
Religion: Catholique
Masculin

MessagePosté le: Mer 22 Jan - 19:14 (2014)    Sujet du message: Les Français et le rendez-vous du 21 janvier. Répondre en citant

Messe de requiem pour Louis XVI hier soir Eglise Saint François de Paule ( Bas du Cours Lafayette ) à Toulon, émouvante cérémonie !!!
_________________
A Dieu Mon Âme ! Ma Vie Au Roi ! Mon Cœur Aux Dames ! Mon Honneur À Moi !!! Vicomte Jean de La Varende


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
Publicité






MessagePosté le: Mer 22 Jan - 19:14 (2014)    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Henryk
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 12 Juil 2011
Messages: 3 609

MessagePosté le: Mer 22 Jan - 22:13 (2014)    Sujet du message: Les Français et le rendez-vous du 21 janvier. Répondre en citant

Толпу окаменевших тел
Один лишь тихо покидал,
Он что-то странное шептал
Накинув серый капюшон.
Он повторял, и повторял:
Жак Де Моле, ты отомщен…..
Ты отомщен……
                         Ты отомщен…..
Отмщен!

Svetozar, est-ce un autre auteur qui a écrit cela?
_________________


Revenir en haut
Svetozar
Comte

Hors ligne

Inscrit le: 06 Mai 2012
Messages: 920
Localisation: Russia
Masculin

MessagePosté le: Jeu 23 Jan - 09:01 (2014)    Sujet du message: Les Français et le rendez-vous du 21 janvier. Répondre en citant

Oui. est un autre auteur. (Poète Sikambr)
http://www.stihi.ru/avtor/sikambr   Voici ses poèmes


L'histoire de "quand il a laissé tomber la guillotine et la tête du roi est tombé dans le panier, un inconnu a sauté hors de la foule à l'échafaud et de la main d'irrigation avec du sang jaillissant du corps décapité triomphalement s'écria: 
                     - Jacques de Molay, vous êtes vengé! "
-Est très fréquent en Russie.


Revenir en haut
Francatho
Les Chevaliers de la Tradition

Hors ligne

Inscrit le: 28 Oct 2012
Messages: 242
Religion: catholique romain
Masculin

MessagePosté le: Jeu 23 Jan - 18:59 (2014)    Sujet du message: Les Français et le rendez-vous du 21 janvier. Répondre en citant

Messe Louis XVI Mardi 21 Janvier 2014
  

Introduction

Pendant plus de deux siècles, avant de devenir en 1804 église paroissiale, Saint Jérôme a été l’église de la confrérie royale des pénitents-bleus dont tous les rois de France, à partir de Louis XIII, étaient premiers dans la liste des confrères.

C’est dans la continuité historique de cette dimension de notre église, qu’année après année, est célébrée chaque 21 Janvier, une messe à la mémoire du roi Louis XVI, en ce jour anniversaire-le 221° en cette année 2014-, de son exécution publique.

Le 21 janvier, l’Eglise nous invite à faire mémoire de sainte  Agnès, une toute jeune martyre, de douze ans qui offrit volontairement sa vie par amour pour le Christ en fidélité jusqu’au sang à la foi de son baptême. Le nom d’Agnès,  évoque l’agneau sans tâche  immolé en offrande d’expiation, victime innocente dont le sacrifice enlève le péché du monde, comme Jean-Baptiste le déclarera après avoir baptisé Jésus. Jésus-Christ, notre Sauveur et notre Dieu, roi dont la royauté s’étend d’autant plus sur l’univers qu’elle n’est pas de ce monde. 221 ans après la mort violente de Louis XVI, cette coïncidence liturgique n’est absolument pas fortuite. Pour un chrétien, il n’est pas illégitime, du fait de la rectitude de sa vie de chrétien et de la noblesse de son attitude dans l’adversité, de considérer  l’attitude spirituelle du monarque décapité  revêt les dimensions d’innocence et d’expiation qui conviennent particulièrement avec la célébration de l’eucharistie, réitération non-sanglante du sacrifice du Christ sur la Croix, en ce jour de sainte Agnès, Vierge et Martyre.

Préparons- nous à la célébration de l’Eucharistie en reconnaissant que nous sommes pécheurs.
 
Homélie :

Il n’y a pas de hasard pour le regard que porte le chrétien sur les réalités de la vie, et encore moins dans la liturgie. Les textes prévus dans la lecture continue pour l’épître de ce jour nous retracent précisément l’origine biblique de la monarchie sacrée avec le choix de David. L’huile répandue sur le front de celui qui reçoit l’onction de la main de Samuel, pour accomplir le choix de Dieu, inaugure celle qui consacrera les rois, prêtres et prophètes du Premier Testament et préfigure le contenu de la sainte ampoule dont saint Rémy oindra le front de Clovis. Cet acte, confère à qui  en est le destinataire  la fonction de guide et défenseur du peuple qui lui est ainsi confié et  à prendre soin au nom du Seigneur de la prospérité de la terre de France. Son caractère sacré implique que son dépositaire vive et agisse en fidélité aux valeurs bibliques et évangéliques au nom desquelles et pour la promotion desquelles il est précisément consacré. Au-delà des aspects politiques au sens étroit du terme, la fonction royale apparaît comme un véritable ministère, c’est-à-dire un service ; celui de l’autorité exercée au nom de Dieu et pour promouvoir le bien, la justice sociale,  établir la paix intérieure et la concorde entre les membres de la société et à l’égard des autres nations. C’est en raison de cette mission que l’onction royale était le cœur d’une cérémonie religieuse calquée sur l’ordination épiscopale.

Les porteurs successifs de cette noble et haute fonction ne l’ont malheureusement pas toujours remplie dans un esprit évangélique et en suivant dans leur vie privée et leur action publique les principes de la foi au nom de laquelle ils étaient revêtus de l’autorité sacrée  qui leur était dévolue à cet effet. A n’en pas douter, en ajoutant évidemment les aléas de l’Histoire et l’incapacité progressive de l’institution de s’adapter à l’évolution des situations et des mentalités, il y a là la cause principale de son obsolescence qui semble bien irrémédiable depuis plus de deux siècles malgré les tentatives de restauration sous diverses formes.

Sans céder à une nostalgie stérile et fort peu compatible avec la foi et l’espérance chrétienne, force est cependant de constater que les valeurs constitutives pendant quatorze siècle du lien social et du socle sur lequel reposait la conscience du bien commun ont peu à peu déserté la réalité de nos sociétés.

Lorsque le Roi Louis XVI monte à l’échafaud, condamné à mort à une seule voix de majorité par une assemblée nationale  soumise à un  véritable terrorisme sous la pression de la peur, empêché par le roulement des tambours de la garde d’adresser au peuple ses dernières paroles protestant de son innocence et proclamant son pardon, ce n’est pas seulement un prince qu’on exécute. C’est un principe qu’on veut éradiquer de l’histoire des hommes. C’est un principe qu’on veut anéantir dans le sang de ce prince qui en est l’ultime porteur.

Ce que l’acharnement des révolutionnaires veut éradiquer de l’histoire,  c’est la dimension verticale de ce qui fonde le vivre ensemble. C’est la dévolution d’un pouvoir à la fois fondé sur la transcendance et limité dans son exercice par cette même transcendance pour demeurer un service et ne jamais verser dans les excès de la tyrannie et du mépris de la dignité de tous les êtres humains créés à l’image et à la ressemblance de Dieu. La société reposera désormais sur des principes horizontaux et le lien social sera circonscrit à l’horizon limité des contemporains du moment, soumis au bon vouloir de faire société ensemble par les liens de l’intérêt et de la pratique. Les principes chargés d’unifier la nation seront transférés dans l’abstraction républicaine, déconnectée  du support humain d’une famille, celle des quarante rois qui ont fait la France. Pas de principe supérieur à la volonté populaire pour fonder ultimement les valeurs du vivre ensemble sur la Parole du Créateur de l’homme qui est aussi le Créateur de la raison humaine.

Ce qui se joue en ce froid matin parisien il y a 221 ans est le triste prélude de la Terreur, des pontons de Rochefort, du génocide vendéen, de la volonté de casser les circonscriptions comme héritées naturellement de l’histoire millénaire au profit de nouveaux territoires qui sont déjà remis en question au bout d’à peine deux siècles. En voulant établir un homme nouveau, auto-créé, adviendra en fait le prodrome des totalitarismes qui vont laisser le monde exsangue et horrifié deux siècles après par les excès de régimes totalitaires et ignorant le fondement sacré de la dignité humaine. Hitler, Staline, Pol Pot, pour ne citer que les plus marquants, seront les tristes et sanglants héritiers des philosophies politiques ennemies de la Transcendance.

Le mal vient de plus loin que du siècle si improprement appelé des lumières. Le 18° est en effet une étape qui voit s’étendre à l’ordre  politique un mouvement beaucoup plus ancien et qui a commencé dès le XII° siècle dans le monde naissant de l’université pour détrôner la théologie de son rôle de clé de voûte unifiant le savoir humain. Déjà, avec la crise nominaliste se dessine le divorce entre le Dieu créateur, fondement et fondateur de la raison humaine et la Révélation Divine. Au seizième siècle, avec la découverte de continents inconnus et la redécouverte de la culture gréco-latine païenne, la fracture va s’étendre au monde de l’art et de la culture. Au XVIII° siècle, la philosophie dite des lumières va continuer de saper les bases d’une société cimentée par les valeurs du christianisme. L’exécution du roi Louis XVI est l’aboutissement de campagnes d’éditions, comme la fameuse encyclopédie, de journaux, de pamphlets, de caricatures qui avaient pour but de désacraliser la personne du monarque, et, au-delà d’attaques circonstancielles, de déconnecter l’organisation sociale de ses racines chrétiennes, et d’éliminer Dieu et sa parole de l’espace public. Les événements de 1968 et leurs conséquences sociales et morales ont continué de détisser la trame si laborieusement élaborée pendant plus d’un millénaire et demi.

Les récentes remises en cause des structures profondes de la vie sociale et de la nature même de l’homme en sa différentiation sexuée comme condition et fondement rationnel du droit et de l’organisation de la société sont dans la droite ligne de ce mouvement, avec ses corollaires récents, comme la production artificielle d’êtres humains, le suicide assisté et légalisé,  qui achèvent de priver l’humanité de son inviolabilité. On voit ainsi comment ce n’est pas seulement l’influence de considérations d’origine religieuse sur la vie publique et privée qui disparaît peu à peu. Mais bien davantage, comment c’est la raison elle-même, patinée par l’expérience humaine de toutes les civilisations sur tant de millénaires et toutes les parties de notre monde, le droit exercice de la raison , du sens commun, au service du bien commun qui est remis en cause en ses fondements universels de la façon la plus basique, lorsqu’elle cesse de se référer aux valeurs religieuses qui en sont le garant et le référent transcendant. L’homme n’est pas que culture. Il est aussi nature. La nature de l’être humain ne peut pas être manipulée, décrétée, modifiée, sous peine de voir disparaître précisément jusqu’à la culture elle-même. On a assez montré comment l’impossibilité de se situer dans une filiation naturelle et d’être structuré psychologiquement, affectivement, intellectuellement et socialisé dans un  environnement humain qui honore la différence et l’altérité des personnes est générateur de violence et signe la mort de cet état de culture au nom duquel on veut bannir et ignorer la nature.

 La Transcendance  limitée à la sphère privée, comme on l’entend répéter à l’envi, prive la société du bienfait de sa présence et s’oppose à son influence bienfaisante au service de l’humanité de l’homme créé à son image. En plein début du drame de la seconde guerre mondiale, le P. Henri de Lubac, pressentant les bouleversements affreux qui se préparaient pour l’Europe et le monde, avait déjà osé affirmer cette vérité élémentaire que nazisme et communisme ont amplement démontrée : « Un monde qui se construit sans Dieu finit pas se construire contre l’homme » ! Privé de sa dimension spirituelle et transcendante, l’homme, personne et société, finit par s’évanouir, comme le répète le concile Vatican II. Quel sens a la créature déconnectée du Créateur ? Comment vivre la fraternité si le Père commun n’est pas reconnu comme son fondateur irremplaçable ?

Faut-il en rester à ce triste constat et laisser ainsi l’homme se défaire ?

L’évangile d’aujourd’hui qui nous répète que le Fils de l’Homme, le Christ, est maître même du sabbat, la loi religieuse fondamentale de la société  de l’Ancien Israël, nous laisse aussi entendre que Le Christ est aussi   le maître de l’Histoire.

L’Histoire ne se répète pas et, telle un fleuve, ne remonte pas vers sa source ! Ce n’est pas à des formes extérieures d’organisation et d’institutions que nous devons être attachés, mais aux principes qui ont fait leurs preuves et les font encore dans la vie de tant d’hommes et de femmes qui défendent la dignité et le bien véritable de l’homme, personne et société, comme l’Evangile en a suscités dans les millénaires d’histoire biblique et chrétienne et en suscite encore , grâce à Dieu, dans notre aujourd’hui, souvent dans la discrétion et l’efficacité du bien qui ne fait pas de bruit. Pour qu’ils puissent contribuer à irriguer la vie sociale des valeurs évangélique tous les baptisés sont revêtus par ce sacrement de l’onction royale, avec le saint-Chrême. Grâce à Dieu, le ministère épiscopal ne manquera jamais à l’Eglise pour que demeure l’onction sainte  qui invite et habilite les baptisés-confirmés que nous sommes à prendre le relais de nos prédécesseurs dans la foi pour que notre société du vingt et unième siècle soit fidèle aux valeurs qui ont fécondé notre pays et son rayonnement de civilisation chrétienne pendant ses nombreux et féconds siècles de régime monarchique. L’Esprit de Dieu qui a su inspirer la production de tant d’institutions et de réalisations positives pour l’homme dans sa longue montée vers la civilisation n’est pas inactif aujourd’hui. Il travaille le cœur de tous les humains de bonne volonté pour  l’établissement de la justice, la promotion de la véritable fraternité qui repose sur la reconnaissance du Père commun et la croissance spirituelle dans la liberté des enfants de Dieu jusqu’à réaliser le Corps mystique du Christ que toute l’humanité est appelée à constituer. La Royauté du Christ, celle que nous fêtons le dernier dimanche de l’année liturgique, nous est confiée pour étendre son règne de justice, de lumière et de paix. C’est à tous les chrétiens que la charge royale, que le ministère royal, que le service du Roi-Serviteur lavant les pieds de ses disciples est aujourd’hui confiée, dans le service des pauvres et le témoignage rendu à la vérité, vérité de Dieu, vérité de l’homme et de la femme créés à son image et à sa ressemblance. En fidélité inventive et créatrice à notre grande tradition, demandons à Dieu  la grâce nécessaire pour infuser aujourd’hui à notre société qui en a tant besoin ce supplément d’âme qui seul peut la remettre sur la voie du Bien et la faire grandir  vers son véritable accomplissement.

(homélie donnée par le curé de St Jéröme à Toulouse) 


Revenir en haut
REQUETE CARLISTE
Modérateur

Hors ligne

Inscrit le: 06 Aoû 2011
Messages: 1 150
Localisation: Provence
Religion: catholique romain FSSPX
Masculin

MessagePosté le: Jeu 23 Jan - 21:01 (2014)    Sujet du message: Les Français et le rendez-vous du 21 janvier. Répondre en citant

La messe pour le roi Louis XVI et le Salut de la France à la chapelle Sainte Philomene de la FSSPX de Toulon a rassemblé une trentaine de personnes mardi soir.
_________________
POUR DIEU, LA PATRIE ET LE ROI



Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
Floriancatho
Chevalier

Hors ligne

Inscrit le: 08 Mar 2013
Messages: 63
Localisation: Orléanais/Alsace
Religion: Catholique
Masculin

MessagePosté le: Ven 24 Jan - 16:34 (2014)    Sujet du message: Les Français et le rendez-vous du 21 janvier. Répondre en citant

Une cinquantaine de personnes réunies à Mulhouse afin de prier pour l'âme du roi Louis XVI et des victimes de la Révolution. Le messe était organisée par le Cercle Saint-Materne.


_________________
Fondateur du Cercle légitimiste Saint-Materne en Alsace. Séminariste de l'Institut du Bon Pasteur.


Revenir en haut
Henryk
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 12 Juil 2011
Messages: 3 609

MessagePosté le: Sam 25 Jan - 20:19 (2014)    Sujet du message: Les Français et le rendez-vous du 21 janvier. Répondre en citant

Oraison funèbre de Louis XVI en 1817
_________________


Revenir en haut
suzanne
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Dim 26 Jan - 09:23 (2014)    Sujet du message: Les Français et le rendez-vous du 21 janvier. Répondre en citant



Revenir en haut
Floriancatho
Chevalier

Hors ligne

Inscrit le: 08 Mar 2013
Messages: 63
Localisation: Orléanais/Alsace
Religion: Catholique
Masculin

MessagePosté le: Dim 26 Jan - 12:16 (2014)    Sujet du message: Les Français et le rendez-vous du 21 janvier. Répondre en citant


_________________
Fondateur du Cercle légitimiste Saint-Materne en Alsace. Séminariste de l'Institut du Bon Pasteur.


Revenir en haut
Francatho
Les Chevaliers de la Tradition

Hors ligne

Inscrit le: 28 Oct 2012
Messages: 242
Religion: catholique romain
Masculin

MessagePosté le: Mar 4 Fév - 18:01 (2014)    Sujet du message: Les Français et le rendez-vous du 21 janvier. Répondre en citant

Oraison funèbre de Louis XVI
Chapelle expiatoire
Samedi 25 janvier 2014
 
Si ambulem in medio umbrae mortis non timebo mala
quoniam Tu mecum es
.  
Si je marche à l’ombre épaisse de la mort je ne crains aucun mal
puisque Vous êtes avec moi  
(Office des morts) 
  
Mecum habeo custodem Angelum Domini.  
Avec moi j’ai pour gardien l’Ange du Seigneur  
(Office de Ste Agnès). 
Bien aimé Fils de Saint Louis, 
Bien chers Frères, 
C’est en toute sincérité qu’à son avènement un prince de vingt-ans fit sien le sentiment de son épouse d’un an moins âgée : « Nous régnons trop jeunes ! ». Sans perdre cœur à ce constat, il ne laissa pas de se mettre au travail, riche de quelque idée, que la suite allait perturber mais sérieuse, sur le renouvellement et les continuités qu’il fallait à la France. La crise de la chose publique puis le triomphe de la subversion, des limites personnelles aussi - il fut variable et indécis - le firent échouer. Au point de perdre sa puissance et sa réputation puis la couronne et finalement la vie.
Mais d’où vinrent l’inaltérable paix, la grandeur plus que royale que ce vaincu de l’Histoire montra jusque dans le pire ? Eut-il un secret ? Oui, Monseigneur ! Oui, mes Frères ! Le christianisme de son enfance lui fit faire de Dieu, au long de tant d’épreuves, les ultimes surtout - aux Tuileries, au Temple, à l’échafaud - une expérience vraie, à la fois profondément intérieure et assez manifeste pour que certains de ses ennemis même en demeurassent à jamais frappés. Comme par avance, on en trouve l’expression saisissante dans le psaume 22e  chanté par notre chorale, par lequel, peut-être au temps de son fils Absalom, rebelle et usurpateur, le saint roi des Hébreu David s’adresse à Dieu, préfigurant Jésus-Christ au Jardin des Oliviers : Si ambulem in medio umbrae mortis non timebo mala quoniam Tu mecum es. Si je marche à l’ombre épaisse de la mort je ne crains aucun mal puisque Vous êtes avec moi. A quoi font écho les paroles de sainte Agnès en son martyre célébré chaque 21 janvier : Mecum habeo custodem angelum Domini : Avec moi j’ai pour me garder l’Ange du Seigneur. Ange qu’avait en vue l’auteur du beau marbre que nous contemplons ici, avant que de descendre au lieu funèbre.
De là, pour montrer à tout chrétien et à tout homme, de France et d’ailleurs, la nécessité de s’abandonner au Dieu vivant, dans l’accomplissement du devoir d’état jusqu’au ténèbres de la mort s’il le faut, abandon sans lequel il n’est point de sainteté en ce monde ni de béatitude en l’autre, nous allons méditer ensemble, en cet anniversaire qui est moins de tristesse que d’éveil et d’espérance, quelque chose de la vie, si tragique et si édifiante, de
TRES HAUT, TRES PUISSANT, TRES EXCELLENT  
LOUIS 
XVIe DE CE NOM GLORIEUX, 
ROI de FRANCE et de NAVARRE. 
  
O veritas Deus, dit l’auteur de l’Imitation de Jésus-Christ, fac me unum tecum in charitate perpetua ! O, vérité qui êtes Dieu, faites-moi un avec vous en l’amour qui n’aura pas de fin ! Chrétiens, c’est là toute notre raison d’être. Si l’homme en effet n’avait à s’unir à Dieu pour toujours, il n’existerait pas même puisque Dieu ne l’aurait jamais créé. Or, en attendant l’éternel embrassement avec Celui qui nous a faits, c’est de deux façons différentes, contraires en un sens mais complémentaires, qu’Il nous unit à Lui. Par la première, et ce sera un point de mon discours, Il nous détache peu à peu de cette vie, par la seconde, et ce sera l’autre, Il nous fait solidaires du prochain.
Ainsi, pour une fois, nous regarderons ce matin en Louis XVI moins la politique et l’histoire que la vie spirituelle en soi, que cette grâce intérieure dont le Saint-Esprit est l’auteur et l’acteur en tout baptisé autant qu’en tout roi très chrétien, et qui, transcendant les époques, ne se révèle en nos grands disparus que pour inviter chacun de nous à les imiter aujourd’hui, en ce paradoxe évangélique que je viens de dire : le détachement par rapport à la présente existence, laquelle un jour, fatalement, se détachera de nous, et un attachement au prochain qui, en revanche, doit durer éternellement. Commençons.
I 
Louis XVI aima la vie. Goûtant les arts physiques, manuels et militaires, la géographie, le droit et l’histoire ; aimant sa famille, les gens de bien, sa couronne, la France. Si l’affection qu’il avait pour les siens et la joie qu’il trouvait à leur intimité restent hors de doute, il est vrai que les doctes ne s’accordent point après deux siècles sur ses dispositions pour la royauté : on pense volontiers que, la fonction se désacralisant, il s’y sentait peu et n’y croyait guère. N’est-ce point faute de voir assez que sa célèbre formule « le malheur d’être roi » procédait en réalité d’un double sentiment : celui, initial, des responsabilités devant Dieu - et qui ne tremblerait en montant sur un trône d’avoir à en rendre compte un jour ? - celui, ultérieur, des affres subies en exerçant. S’il fut toujours aisé à Louis XIV de chérir un métier de roi qui le laissa mourir en paix et, malgré le mécontentement de ses sujets las de tant d’impôts et de guerres, respecté encore, c’est, à n’en pas douter, une vertu très au-dessus de l’ordinaire qu’il fallut à son infortuné successeur pour aimer une position qui devait mener un jour à la fin que l’on sait le traitre qu’il ne fut pas. Pour sentir quelque chose des transformations que la grâce opéra en lui, il suffira d’évoquer brièvement ce qu’il supporta au long des presque vingt ans qui séparent son sacre de sa mise à mort. La perte du premier dauphin son fils, en juillet 1789, alors que déjà les événements se précipitent et lui échappent, les déchirements de sa conscience à la signature de la Constitution civile du clergé, l’interdiction de préférer, même en privé, le culte catholique à celui des jureurs et schismatiques, l’échec d’un voyage de Montmédy qui, loin d’être une « fuite à Varennes », ne visait à rien moins que ressaisir politiquement la conjoncture, les horribles émeutes de juin et août 92 puis les massacres de septembre. Enfin, le même mois, l’abolition d’une monarchie dont les huit siècles avaient fait la France.
Si nous interrogions la simple politique, nous ne manquerions pas de trouver mille explications et plus à pareille destinée mais pour en saisir la raison suprême, ce sont les mystères du Salut qu’il faut sonder.
Que dire ? Tout simplement ceci, que, d’épreuves en épreuves, Dieu entend détacher du monde présent l’âme de chacun, du prince autant que du mendiant, de notre Prince ici présent comme de celle de chacun de nous. Pourquoi ? La création, œuvre d’un créateur si bon, est-elle donc assez mauvaise pour qu’il faille s’en abstraire et non sans douleurs ? Nullement. Mais, quoique bonne, elle demeure transitoire par nature. Or, par nature, notre âme intransitoire, notre âme immortelle, notre âme promise à de l’ineffable, n’est point faite pour vivre toujours en son corps - au moins tel qu’il est maintenant - et en ce monde ; en un corps qu’elle habite un instant, en un monde dont la figure passera au temps marqué.
C’est là, pour ainsi dire, le nécessaire moment négatif de l’action divine. Mais ce négatif a corrélativement et immanquablement son positif. Dieu en effet ne fait jamais l’un sans l’autre. De la sorte, chaque fois qu’une épreuve, même non méritée, est bien vécue, chaque fois qu’en l’ombre épaisse de nos morts, nous laissons Dieu descendre et nous soutenir, c’est, chaque fois, une aspiration au monde futur, un éclat de sa lumière, un transport de l’amour qui nous y comblera qui s’emparent de nous, ici et maintenant, qui nous habitent, nous transforment, nous comblent, nous transfigurent. Que David le redise : Si je marche à l’ombre de la mort le Seigneur est avec moi, qu’Agnès nous le répète : J’ai avec moi pour me garder l’Ange du Seigneur, et par lui, en moi, le Seigneur lui-même. Alors, devant qui tremblerais-je ?
Voilà ce que Louis, chrétien et roi, eut charge de vivre. Plutôt malgré lui d’abord car, d’abord, il ne fut comme tant d’autres en son temps qu’un fidèle sincère mais moyen, ensuite, et peu à peu, de son plein gré. Jusqu’à cette veille du 10 août 1792 où, dépouillé de lui-même, il appela son confesseur d’alors par la missive bien connue et si poignante : « Venez me voir. Jamais je n’eus plus besoin de vos conseils. Tout est fini pour moi parmi les hommes. C’est vers le ciel que se tournent mes regards ». « Tout est fini » : voilà, à force d’endurer, le renoncement au présent monde, « vers le ciel mes regards » : voilà l’aspiration au Royaume qui vient, royaume qui n’est si désirable que parce qu’il n’est pas de ce monde, ainsi qu’au jour de Sa Passion le proclama devant Pilate notre Seigneur et divin Frère Jésus-Christ.
  
  
II 
Mon second point est une question. Comment concilier ce « tout est fini pour moi parmi les hommes » et le devoir d’état ? Et la vocation royale ? Louis acheva-t-il sa vie sur un mépris pour ses calomniateurs, pour ses bourreaux, pour ceux que la peur empêchait de se porter à son secours, pour la France, pour l’humanité ? Certes, il n’aima ni les factieux conjurés contre sa monarchie, ni la sanglante populace, que jamais il ne confondit avec le Peuple. Certes, il usait avec tous de cette fierté princière et royale qu’il garda toujours et que sentirent au « procès » même les acteurs ou observateurs les moins favorables. Tel le jacobin Prudhomme, partisan d’une sentence de mort, quand il écrit : « Le président a questionné à perte de vue » mais « Louis a parlé avec une brièveté royale, brevitate imperatoria, et la Convention n’a eu partout qu’un style lâche, sans force et sans dignité ». Certes, il eut le sentiment croissant de devenir comme étranger au tourbillon révolutionnaire. Etranger à un monde si cruel et même, nous venons de le voir, au monde tout court. Certes. Mais, au fond, homme, chrétien, roi, il aima ses semblables, et les aima jusqu’à subir par eux, et en pardonnant, l’ultime humiliation. On rapporte que de Talleyrand, son aîné de sept mois, le demi-sourire en fin de vie semblait subtilement plein de longs mépris reçus et donnés : en Louis, j’ose le dire, à qui l’on reprocha d’avoir trop bonne opinion des autres et non assez de lui-même, ne furent jamais que des mépris reçus. « Me lier, s’écria-t-il au pied de l’échafaud ? Jamais ! - Sire, répondit la grave et tendre voix du confesseur, je ne vois là qu’un trait de ressemblance supplémentaire de V.M. avec le Dieu qui va être sa récompense. – J’y consens, acheva le roi, mais il ne faut rien moins que son exemple pour me soumettre à pareil affront ».
Il aima les grands cœurs. Quelle n’était pas son émotion devant les derniers sujets fidèles, devant le repentant Malesherbes, devant l’humble Edgeworth, devant ceux du personnel de la sombre tour qui lui gardaient ou retrouvaient à sa vue le respect qui lui était dû, se risquant parfois à lui offrir, à la dérobée, quelque menu service.
Il aima la France, sa France, la nôtre. Il s’était fait gloire d’y commander. Il n’avait régné que pour sa réforme et son bonheur. Il voulut la refonder sur la religion, au début en décidant, contre l’opinion, de se faire sacrer dans les formes traditionnelles, en promettant, peu avant sa chute, de la vouer au Sacré-Cœur dont il avait la dévotion, en refusant, à la fin, de l’accuser du régicide, interdisant toute vengeance à son fils, consentant au sacrifice pour détourner d’elle la colère divine et lui gardant mystérieusement par ce pardon dernier un avenir ouvert …
Pourquoi ? Parce qu’aimer Dieu et aspirer au ciel c’est aimer le prochain qu’on y retrouvera et dont on est chargé en attendant, et lui en fut chargé comme roi.
Parce qu’être soutenu au plus profond de soi au temps de l’épreuve par un Dieu qui l’a endurée le premier, c’est le répandre autour de soi, c’est l’offrir au prochain. Quelle impression, par exemple, ne retira pas le bourreau ? « Il a soutenu tout cela, écrira Sanson édifié, avec un sang-froid et une fermeté qui nous a (sic) tous étonnés. Je reste très convaincu qu’il avait puisé cette fermeté dans les principes de la religion dont personne plus que lui ne paraissait pénétré ni persuadé ».
Parce que recevoir de Dieu une nation à gouverner, c’est rester attaché à elle toute sa vie et par delà la mort, d’où le sens religieux de l’antique formule politique encore prononcée par Louis au Temple, peu avant la tragédie : « le roi ne meurt pas en France ». Grande vérité ! Chez nous le roi ne meurt pas, parce qu’à l’instant où il emporte au tombeau son amour pour les siens, cet amour à la fois remonte à Dieu qui l’inspirait et se perpétue dans les successeurs.
Louis, mort fidèle aux promesses de notre commun baptême, mort fidèle, autant que le permirent en vous la faiblesse humaine, les incertitudes de l’événement et les violences de la période, à celles de votre sacre qui vous liaient à nous pour toujours, nous espérons vous avoir pour intercesseur. A saint Louis et à vous nous confions la France, l’Eglise qui est en France, nos familles, nos cœurs, le présent et l’avenir.
Obtenez-nous la grâce d’accomplir nos devoirs de chaque jour, dans la joie d’aimer et de servir, sans nous laisser abattre par l’échec ou les ingratitudes.
Obtenez-nous la force de résister avec les armes de la vérité, de la raison et de la paix, sans violence physique ou verbale aucune, aux programmées destructions spirituelles et morales.
Obtenez-nous aussi de ne jamais céder, par réaction, à la reviviscence des vieilles idéologies, païennes et idolâtres, de la nation ou de la race. De quelque côté, effet, que vienne la culture de mort, il faut la combattre, et on ne la combat que par la vie et par l’amour. Amen.


Revenir en haut
Washie
Les Chevaliers de la Tradition

Hors ligne

Inscrit le: 08 Oct 2011
Messages: 538
Localisation: BRETAGNE
Religion: CATHOLIQUE

MessagePosté le: Mar 4 Fév - 22:54 (2014)    Sujet du message: Les Français et le rendez-vous du 21 janvier. Répondre en citant

Merci pour cet article. J'ai écouté l'oraison le 25 Janvier à la Chapelle Expiatoire. Journée de recueillement.
_________________
Mon âme à Dieu, mon coeur au Roy !


Revenir en haut
Yahoo Messenger MSN Skype
Mavendorf
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 11 Juil 2011
Messages: 3 841
Localisation: Lorraine
Religion: Catholique Romain
Masculin

MessagePosté le: Dim 4 Jan - 20:51 (2015)    Sujet du message: Les Français et le rendez-vous du 21 janvier. Répondre en citant

A l'approche du 21 janvier, voilà un sujet qui me semble important de remonter pour les nouveaux (et même les anciens) du forum.

Wink
_________________
Va, va et advienne que pourra...



Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
henri
Baron

Hors ligne

Inscrit le: 04 Sep 2014
Messages: 223
Localisation: SUD
Masculin

MessagePosté le: Dim 4 Jan - 22:12 (2015)    Sujet du message: Les Français et le rendez-vous du 21 janvier. Répondre en citant

Il faut venger Louis XVI, et cesser de se lamenter sur l'horreur du régicide ! il faut abattre la république, par tous les moyens (même légaux), la dévotion est respectable mais ne suffit pas. 
_________________
Dans l'attente de la Restauration !.


Revenir en haut
Contenu Sponsorisé






MessagePosté le: Aujourd’hui à 09:30 (2016)    Sujet du message: Les Français et le rendez-vous du 21 janvier.

Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Forum du Royaume de France Index du Forum -> Patrimoine -> Histoire Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Aller à la page: <  1, 2, 3, 4
Page 4 sur 4

 
Sauter vers:  

Index | forum gratuit | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com