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1832 Louis Philippe écrase de sa botte les derniers bastions légitimistes
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Henryk
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MessagePosté le: Sam 4 Fév - 15:30 (2012)    Sujet du message: 1832 Louis Philippe écrase de sa botte les derniers bastions légitimistes Répondre en citant

 Armoiries de la Monarchie de Juillet





 Chronologie de la fin du règne de Charles X


14 juin :
 La flotte française accoste près de la presqu’île de Sidi-Ferruch, 25 km à l’ouest d’Alger.


5 juillet :
 Prise d'Alger par l'armée française, commandée par le comte de Bourmont, c'est le début de la conquête de l'Algérie par la France (1830-1847). lire (La dernière conquête du Roi)


25 juillet :
Le roi utilise l'article 14 de la Charte et signe les ordonnances de Saint-Cloud qui restreignent la liberté de la presse, modifient la loi électorale (modification du cens, la patente étant exclue des impôts considérés comme valables), dissolvent la chambre des députés et convoquent les collèges électoraux pour le mois de septembre, et procèdent à des nominations de conseillers d'État.

25 juillet :
Protestation rédigée par quarante-quatre journalistes.


26 juillet :
Publication dans Le Moniteur des six ordonnances de Charles X.


27-29 juillet :
 Révolution de juillet ou les Trois Glorieuses ( journées d'émeutes des 27, 28, 29 juillet).


27 juillet :
À la suite de la saisie des presses de quatre journaux (Le National, Le Temps, Le Globe, Le Journal du Commerce) qui ont paru sans autorisation du gouvernement, la résistance des ouvriers typographes déclenche l'insurrection parisienne contre les ordonnances. Celle-ci est en outre électrisée par la nomination du maréchal Marmont, duc de Raguse, comme commandant militaire de Paris. La Révolution est le fait de l'élite du monde du travail et d'une bourgeoisie instruite (typographe, étudiants, gardes nationaux).


28 juillet :
Marmont écrit à Charles X qui se trouve au château de Saint-Cloud : « Ce n'est plus une émeute, c'est une révolution. » Charles X signe une ordonnance mettant Paris en état de siège. Les insurgés parviennent à s'emparer de l'hôtel de ville pendant que les ministres apeurés se réfugient au palais des Tuileries sous la protection de Marmont. La défense du régime échoue : manque d'effectifs, mauvaise coordination et manque d'approvisionnement des troupes. Les combats font 800 morts et 4500 blessés du côté des insurgés, 200 morts et 800 blessés de celui de l'armée.


29 juillet :
 À la suite de la défection de deux régiments qui passent aux insurgés, les troupes de Marmont doivent évacuer Paris et s'installer dans le bois de Boulogne. La Fayette est nommé commandant de la garde nationale (dissoute en 1827). Une commission municipale provisoire, composée de Casimir Perier, du général Mouton, de Pierre-François Audry de Puyraveau, François Mauguin et Auguste de Schonen, est chargée d'administrer la capitale. Charles X, isolé à Saint-Cloud, remplace malheureusement  Polignac.


30 juillet :
Sous l'impulsion du banquier Jacques Laffitte, d'Adolphe Thiers et du général Sebastiani, les orléanistes
passent à l'offensive. Un manifeste invitant à appeler comme roi le duc d'Orléans est publié dans Paris après avoir rallié 47 des 50 députés présents dans la capitale, désireux d'éviter la proclamation de la République ou celle du duc de Reichstadt. À Neuilly-sur-Seine, dans la soirée, une délégation de députés propose la lieutenance générale du royaume à Louis Philippe d'Orléans, qui se rend au Palais Royal où il passe la nuit.


31 juillet : 
 Charles X quitte Saint-Cloud pour Trianon. Au matin, Louis Philippe publie une proclamation dans laquelle il déclare accepter la lieutenance générale du royaume et conclut : « La Charte sera désormais une vérité. » Dans l'après-midi, une proclamation concordante de 90 députés répond à celle du duc d'Orléans. À l'hôtel de ville, Louis Philippe rencontre La Fayette qui approuve le nouveau régime, écartant ainsi la menace républicaine.


1er août :
 Dans la nuit du 31 juillet au 1er août, Charles X arrive au château de Rambouillet. Il signe une ordonnance confiant au duc d'Orléans la lieutenance générale du royaume, que Louis-Philippe refusera de recevoir, l‘ayant déjà acceptée des députés. Louis Philippe désigne des commissaires provisoires aux différents départements ministériels, en reprenant à peu de choses près les nominations faites par la commission municipale et remplace Bavoux par Girod de l'Ain à la préfecture de police. Une ordonnance rétablit officiellement la cocarde tricolore. Une autre ordonnance convoque les chambres pour le 3 août.


2 août :
À Rambouillet, dans l'après-midi, Charles X abdique et son fils, le dauphin, contresigne cette abdication en faveur du jeune duc de Bordeaux, fils posthume du duc de Berry. Un message est adressé à Louis-Philippe pour l'inviter à faire proclamer l'avènement d'« Henri V ». Louis-Philippe décide d'envoyer l'acte d'abdication aux Chambres afin qu'elles se prononcent, ce qui revient à le priver d'effet. Il envoie à Rambouillet quatre commissaires - Odilon Barrot, le maréchal Maison, de Schonen et le duc de Coigny - chargés de négocier les conditions du départ de Charles X et de sa famille vers l'exil.


2-5 août :
Séries de nominations au gouvernement, dans la haute administration, dans l'armée et dans la magistrature.


3 août :
Sur ordre de Louis-Philippe, une troupe de 10 à 20 000 hommes de la Garde nationale, commandée par le général Pajol et le colonel Jacqueminot, marche sur Rambouillet pour contraindre Charles X au départ. Ce dernier se met en route vers Cherbourg où deux paquebots américains ont été dépêchés pour le prendre en charge.

Louis-Philippe accorde, sur sa cassette personnelle:

une pension de 1 500 francs à l'auteur de La Marseillaise, Rouget de Lisle,
accorde des sous-lieutenances à tous les élèves de l'École Polytechnique qui ont pris part aux Trois Glorieuses,
décorations aux étudiants des facultés de droit et de médecine qui se sont distingués pendant l'insurrection,
de manière plus polémique, il nomme le baron Pasquier à la présidence de la Chambre des pairs,
accorde au duc de Chartres le droit de siéger à la Chambre des pairs,
confère au duc de Nemours la grand-croix de la Légion d'honneur.

Une ordonnance prescrit de rendre la justice au nom de « Louis-Philippe d'Orléans, duc d'Orléans, lieutenant général du royaume ».

À une heure de l'après-midi, Louis-Philippe préside à l'ouverture de la session des Chambres au Palais-Bourbon, accompagné de son deuxième fils, le duc de Nemours. Dans son discours, il jure de maintenir la Charte tout en annonçant les principes d'un certain nombre de réformes à conduire (organisation de la Garde nationale, application du principe du jugement par jury aux délits de presse, formation des administrations départementales et municipales, interprétation de l'article 14 de la Charte, fondement des ordonnances du 26 juillet), et communique l'abdication de Charles X, contresignée par le dauphin.

Dans la soirée, plusieurs députés mécontents se retrouvent chez Jacques Laffitte et décident d'en finir avec les Bourbons de la branche aînée en établissant clairement une nouvelle dynastie.

Une proclamation est rédigée par Louis Bérard qui propose de conférer la couronne au duc d'Orléans à la condition qu'il entreprenne une révision de la Charte fondée sur les principes mentionnés dans son discours d'ouverture de la session parlementaire, complétés par plusieurs autres : responsabilité des ministres et des agents secondaires de l'administration, statut légal des militaires, réélection des députés promus à des fonctions publiques, égalité des cultes devant la loi, interdiction des troupes étrangères dans l'armée nationale, abolition de la noblesse, initiative des lois accordée aux Chambres, suppression du double vote, abaissement de l'âge et du cens électoral, reconstitution totale de la pairie.


4 août :
 Lors d'un conseil des ministres qui examine la proposition de Bérard, Louis-Philippe charge Broglie et Guizot de préparer une révision de la Charte.


5 août :
Perier est proposé par la Chambre des députés comme président (174 voix contre 160 à Laffitte) et ce choix est ratifié par Louis-Philippe.


6 août :
Guizot communique à Bérard le projet de révision de la Charte qu'il a élaboré avec le duc de Broglie et reçoit de Boinvilliers le projet concurrent élaboré par les républicains (constitution républicaine sous forme de monarchie, déclaration des droits, ratification de la Constitution par le peuple, dissolution de la Chambre des députés, reconquête par la guerre de la frontière naturelle du Rhin).
Dans la matinée, la Chambre des députés engage la discussion sur le projet de Bérard, tandis que les manifestants républicains cernent le Palais Bourbon. Le débat se focalise autour de la question de l'hérédité de la pairie.
Une ordonnance décide que le coq gaulois remplacera la fleur de lys sur la hampe des drapeaux.


7 août :
Lors du conseil des ministres réuni le matin au Palais-Royal, Louis-Philippe
écarte l'emploi de la force publique en cas d'émeute provoquée par la question de l'hérédité de la pairie.

La Chambre des députés adopte  le projet de Bérard. Invoquant le départ de Charles X et de sa famille et la violation de la Charte, les députés déclarent le trône vacant de fait et de droit et appellent Louis-Philippe d‘Orléans au trône comme « roi des Français » (et non plus comme « roi de France ») en contrepartie de l‘engagement par celui-ci de respecter la Charte, qui est modifiée sur plusieurs points :

1)suppression du préambule, de l'article 6 (qui déclarait le catholicisme religion État),
2)abolition de la censure, modification de l'article 14 sur les ordonnances royales, désormais cantonnées à l'exécution des lois, initiative des lois accordée aux deux Chambres,
3)publicité des débats de la Chambre des pairs,
4)élection des députés pour 5 ans,
5)abaissement de l'âge d'éligibilité de 40 à 30 ans et de l'âge de l'électorat de 30 à 25 ans,
6)élection des présidents des collèges électoraux par les électeurs et du président de la Chambre des députés par les députés,
7)extension des possibilités de mise en accusation des ministres,
8)abolition des tribunaux d'exception,
9)serment de fidélité à la Charte prêté par le roi devant les Chambres,
10)rétablissement de la cocarde tricolore,
11)annulation des nominations de pairs faites par Charles X.
L'article 27 sur l'hérédité de la pairie est renvoyé à un nouvel examen lors de la session de 1831.


Enfin, la Chambre demande de pourvoir par des lois à un certain nombre de points :
1) jury pour les délits de presse et les délits politiques,
2)responsabilité des ministres et des fonctionnaires,
3)réélection des députés promus à des fonctions publiques salariées,
4)vote annulé du contingent de l'armée,
5)organisation de la Garde nationale,
6)institutions départementales et municipales fondées sur l'élection,
 7)instruction publique et liberté de l'enseignement,
8)fixation des conditions d'exercice du droit de vote et d'éligibilité.

Dans la soirée, les députés se rendent en corps au Palais-Royal où Louis-Philippe proclame son adhésion à leur déclaration qu'il affirme « conforme aux principes politiques professés toute sa vie ». Il paraît au balcon avec sa famille et reçoit les acclamations de la foule.

Louis-Philippe signe un acte de donation-partage qui répartit ses biens personnels entre ses enfants en s'en réservant l'usufruit, afin d'éviter que ceux-ci ne soient incorporés au domaine de la Couronne lors de son avènement.


8 août :
Sur les instances de La Fayette, et contre son premier mouvement, Louis-Philippe décide de régner sous le nom de Louis-Philippe Ier (sic)(et non de Philippe VII).
 Les formules « Par la grâce de Dieu… », « l'an de grâce… » et « sujets » sont abandonnées.

Les ministres perdent les titres de « Monseigneur » et d'« Excellence ». Le fils aîné du roi est titré « prince royal », les filles et la sœur du roi sont titrées « princesses d'Orléans » (et non « filles de France ») et il est décidé que le sceau officiel de État portera les armes de la maison d'Orléans (de France au lambel d'argent), ce qui n'avait jamais été le cas par le passé lors de l'accession au trône d'un cadet (celui-ci prenant alors les pleines armes de France), manière de marquer le changement de dynastie et la solution de continuité entre le nouveau régime et celui qui l'a précédé.


9 août :
 Proclamation officielle de la monarchie de Juillet au Palais-Bourbon. Constatant la vacance du trône (V. hésitation de 1830), les Chambres proclament Louis-Philippeer « roi des Français » (et non plus roi de France).


11 août :
Constitution du premier ministère du règne de Louis-Philippe Ier: Molé devient ministre des Affaires étrangères, le général Sébastiani, ministre de la Marine, le duc de Broglie, ministre de l'Instruction publique et des Cultes tandis que sont nommés quatre ministres sans portefeuille : Jacques Laffitte, Casimir Perier, André Dupin et Bignon.


15 août :
 L'église Sainte-Geneviève de Paris est retirée au culte et rendue à sa destination de temple des grands hommes, fixée par la Révolution, sous le nom de Panthéon.


16 août :
Charles X et sa famille s'embarquent à Cherbourg pour l'Angleterre.

La Fayette est nommé commandant général des Gardes nationales du royaume.



27 septembre :
La Chambre des députés vote à une forte majorité la mise en accusation des ministres de Charles X responsables des ordonnances du 26 juillet.


30 septembre :
Suppression des 8 000 demi-bourses de 150 francs qui avaient été accordées aux écoles secondaires catholiques.


8 octobre :
Loi mettant en œuvre le principe du jugement par jury pour les délits de presse.
La Chambre des députés vote, par 225 voix sur 246 votants, une adresse au roi l'invitant à présenter un projet de loi abolissant la peine de mort, au moins pour les délits politiques.


11 octobre :
Une ordonnance décide que des récompenses seront accordées à tous les blessés de la révolution de Juillet, que des pensions seront allouées aux parents, veuves et enfants des victimes. Une médaille commémorative est créée pour les participants aux Trois Glorieuses.
Abrogation de la loi de 1825 dite « du sacrilège », punissant de mort les profanateurs d'hosties consacrées.


13 octobre :
Suppression des indemnités versées aux prêtres auxiliaires.


17-18 octobre :
 Émeute à Paris : les manifestants envahissent le Palais-Royal puis marchent sur Vincennes pour lyncher les ministres de Charles X qui y sont détenus, mais que le général Daumesnil refuse de leur livrer.


21 octobre :
Suppression des traitements des quatre cardinaux résidentiels.


15 décembre :
Début du procès des ministres de Charles X devant la Chambre des pairs au Palais du Luxembourg, tandis que l'émeute gronde autour du palais.


21 décembre :
 La Chambre des pairs condamne les ministres de Charles X à la réclusion à perpétuité, assortie de la mort civile pour le prince de Polignac.


1831
Février : Louis-Philippe refuse pour son fils, le duc de Nemours, la couronne de Belgique.


14-15 février :
Émeutes à Paris à la suite d'un service funèbre organisé par les légitimistes à Saint-Germain-l'Auxerrois pour l'anniversaire de l'assassinat du duc de Berry. L'église est envahie et mise à sac par les républicains. Le lendemain, l'émeute saccage l'archevêché et de nombreuses églises à Paris et en province.


16 février :
Une ordonnance supprime les fleurs de lys sur le sceau de État qui porte désormais un livre ouvert avec les mots Charte de 1830.

2 mars :
 Émeutes républicaines à Paris.

8 mars :
Démission du ministre de la Justice, Joseph Mérilhou, qui estime le Gouvernement insuffisamment favorable au mouvement.


9 mars :
Loi créant la légion étrangère (première loi du train de réformes engagées par le maréchal Soult dans l'organisation de l'armée).
Départ de Jacques Laffitte et gouvernement Perier (parti de la résistance).



10 avril :
Loi renforçant les mesures contre les attroupements.


19 avril :
Loi électorale qui abaisse le cens électoral à 200 francs de contributions directes et le cens d'éligibilité à 500 francs.

Fin mai : Accord entre la France et les États-Unis concernant l'indemnisation des dommages causés par les corsaires français pendant les guerres napoléoniennes.


31 mai :
Ordonnance prononçant la dissolution de la Chambre des députés et fixant les élections au 5 juillet et la réunion des Chambres au 9 août.


14-16 juin :
Émeutes à Paris, réprimées par la Garde nationale et les unités de ligne.


23 juin :
Ordonnance avançant au 23 juillet l'ouverture de la session parlementaire.


8-14 juillet :
Expédition victorieuse de l'amiral Roussin au Portugal : Devant le refus de Michel Ier de Portugal de reconnaître la monarchie de Juillet, la Sainte-Alliance autorise la France à intervenir militairement. La flotte française bombarde Lisbonne le 11 juillet.


23 juillet :
Séance solennelle d'ouverture de la session parlementaire.


2-12 août :
Une contre-offensive française, commandée par le maréchal Gérard, contraint l'armée néerlandaise qui a envahi la Belgique après en avoir été chassée par la révolution belge, à se retrancher dans la forteresse d'Anvers avant, finalement, de se rendre.


27 août :
Perier présente à la Chambre des députés un projet de loi abolissant l'hérédité de la pairie.


16-19 septembre :
Louis-Philippe refuse de soutenir les insurgés polonais contre la Russie (1830-1831) : Manifestations à Paris en faveur de la Pologne.

21 septembre :
Louis-Philippe renonce à habiter au Palais-Royal et s'installe aux Tuileries.


10-18 octobre :
La Chambre des députés adopte le projet de loi abolissant l'hérédité de la pairie.



21 novembre-9 décembre :
 Révolte des Canuts à Lyon :


23 novembre :
Le général Roguet, commandant la garnison de Lyon, fait évacuer la ville par la troupe. Le maire de Lyon, Prunelle, quitte également la ville.
Communication de Perier à la Chambre des députés pour annoncer les mesures prises afin de rétablir l'ordre à Lyon. Le maréchal Soult et le duc d'Orléans prennent la tête d'une armée de 20 000 hommes pour reconquérir la ville.


Adoption par la Chambre des pairs du projet de loi abolissant l'hérédité de la pairie.


1832



4 janvier :
 La police évente un complot dit « des tours de Notre-Dame ».

1er février :
 La police évente le complot dit « de la rue des Prouvaires » : à l'occasion d'un bal aux Tuileries, les conjurés légitimistes voulaient capturer le roi et la famille royale et proclamer Henri V.

7 février :
En riposte à l'occupation de Bologne par les Autrichiens à la demande du légat pontifical, la France envoie le vaisseau Suffren et deux frégates transportant
1 100 hommes du 66e de ligne à Ancône, dans les États pontificaux. Les troupes françaises occuperont la ville jusqu'au départ des Autrichiens de Bologne en 1839.


2 mars :
Loi relative à la liste civile, fixée à 12 millions par an plus un million pour le prince royal, auxquels s'ajoutent les immeubles de la Couronne (le Louvre, les Tuileries, l'Élysée-Bourbon, les domaines de Versailles, Marly, Saint-Cloud, Meudon, Saint-Germain-en-Laye, Compiègne, Fontainebleau et Pau, les manufactures de Sèvres, des Gobelins et de Beauvais, les bois de Boulogne, de Vincennes et de Sénart et tous les biens composant l'apanage d'Orléans) et la dotation mobilière comprenant les pierreries, statues, tableaux et meubles des palais royaux et du Garde-Meuble de la Couronne.


20 mars :
Début de l'épidémie de choléra à Paris.


21 mars :
La loi Soult impose un service militaire de sept années. L'armée est constituée d'appelés incorporés et de conscrits formant la réserve.


10 avril :
 Loi condamnant les membres de la famille de Charles X au bannissement perpétuel. La loi sera ensuite étendue aux Bonaparte.


21 avril :
Loi supprimant la Loterie royale à compter du 1er janvier 1836.


28 avril :
Loi réformant le Code pénal et le Code d'instruction criminelle, l'un des grands textes législatifs de la Monarchie de Juillet : suppression des châtiments corporels, abolition de la peine de mort dans neuf cas, extension importante du domaine d'application des circonstances atténuantes.

Débarquement de la duchesse de Berry dans le Midi, près de Marseille, où elle tente de fomenter une insurrection royaliste.

16 mai :
 Perier meurt du choléra. Louis-Philippe assume lui-même la direction du gouvernement jusqu'en octobre.


29 mai - 1er juin :
Louis-Philippe reçoit le roi des Belges au château de Compiègne. L'entrevue vise à arrêter les conditions du mariage du roi Léopold avec la princesse Louise d'Orléans, fille aînée de Louis-Philippe.


1er juin :
 Le général Lamarque, figure de l'épopée napoléonienne, puis de l'opposition libérale sous la Restauration et de l'opposition républicaine sous la Monarchie de Juillet, meurt du choléra.


2 juin :
L'enterrement du mathématicien républicain Évariste Galois, tué lors d'un duel, donne lieu à un grand rassemblement républicain prélude à celui qui marquera les obsèques du général Lamarque, trois jours plus tard.

Article détaillé : Insurrection royaliste dans l'Ouest de la France en 1832.



3-4 juin :
Tentative de soulèvement de la Vendée par la duchesse de Berry, aisément réprimée par les troupes du général Dermoncourt.


5-6-7 juin : Émeutes déclenchées à l'occasion des obsèques du général Lamarque, député républicain. Paris est mis en état de siège. Le Gouvernement reprend facilement la situation en main. 800 morts.


9 août :
 Mariage, au château de Compiègne, du roi des Belges Léopold Ier et de la princesse Louise d'Orléans.


11 octobre : Premier gouvernement du maréchal Soult :
 Avec Guizot, les « doctrinaires », favorables à la monarchie constitutionnelle mais hostiles à l'extension du suffrage, sont appelés au gouvernement.
Guizot, ministre de l'Instruction publique (fin en 1837), organise l'enseignement en favorisant l'ouverture d'écoles primaires dans les communes.


7 novembre :
La duchesse de Berry est arrêtée à Nantes et internée dans la citadelle de Blaye sous la garde du général Bugeaud.


19 novembre :
Avec l'accord de l'Angleterre, la France envoie une armée de 70 000 hommes, commandée par le maréchal Gérard, en Belgique afin de contraindre les Pays-Bas à exécuter le traité du 15 novembre 1831.
Ouverture de la session parlementaire.


23 décembre :
Capitulation de la citadelle d'Anvers, que la France remet aux Belges.


L'encyclique Mirari vos, du pape Grégoire XVI, condamne le journal l'Avenir et ses positions libérales.

_________________


Dernière édition par Henryk le Jeu 19 Sep - 09:08 (2013); édité 6 fois
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MessagePosté le: Sam 4 Fév - 15:30 (2012)    Sujet du message: Publicité

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Henryk
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Inscrit le: 12 Juil 2011
Messages: 3 609

MessagePosté le: Mar 7 Fév - 12:55 (2012)    Sujet du message: 1832 Louis Philippe écrase de sa botte les derniers bastions légitimistes Répondre en citant

Après avoir dû abdiquer en août 1830, Charles X a trouvé asile en Écosse, au palais de Holyrood.

La mère du duc de Bordeaux, la duchesse de Berry, considère, pour sa part, que la régence lui revient de droit. Conseillée par ses amis, le maréchal de Bourmont et Amédée de Pérusse, duc des Cars, elle estime qu'il n'y a rien à attendre de la diplomatie et qu'une restauration ne peut venir que d'un soulèvement des provinces restées attachées à la monarchie légitime.

Malgré les réticences de Charles X, elle organise, pendant l'hiver de 1831, une expédition en Provence et en Vendée.
Au début du printemps 1832, elle quitte l'Angleterre, suivie de près par les agents secrets de Louis-Philippe, traverse l'Allemagne et se rend en Italie auprès du duc de Modène, François IV, seul monarque européen à refuser de reconnaître la monarchie de Juillet.

Le 24 avril 1832, dans le port de Viareggio, elle s'embarque sur un petit bateau à vapeur, le Carlo Alberto, débarque dans une calanque proche de Marseille dans la nuit du 28 au 29 avril.
Une opération a été préparée pour prendre le contrôle de Marseille, mais elle échoue. Plutôt que de se rembarquer, la duchesse décide de gagner secrètement la Vendée, où elle parvient le 16 mai

La duchesse du Berry se rendit à Nantes durant L'insurrection royaliste de 1832.

Partie du château de la Preuille à Saint-Hilaire-de-Loulay, elle fit halte au château du Mortier (aujourd'hui disparu), puis traversa la rivière et séjourna une nuit au hameau d'Écomard (Remouillé). Elle retrouva des légitimistes au hameau de la Fételière appartenant à Benjamin de Goyon. Ensuite elle rallia Montbert et passa les nuits des 18, 19, 20 et 21 mai 1832 au manoir de Bellecour.
Les premiers rassemblements ont lieu dans le bocage à partir du 23 mai.

En avril 1832
 Il a pris en conséquence ses dispositions militaires et le gouvernement est parfaitement informé de la situation. Louis-Philippe n'est nullement inquiet : « Il n'y a pas d'homme sensé, écrit-il au maréchal Soult le 30 mai, qui ne sache que la France repoussera toujours ce qui lui viendrait de la Vendée et des Chouans, que leurs insurrections doivent nécessairement finir par leurs défaites, et par fortifier le gouvernement qu'ils attaquent. »

Article détaillé : Armée catholique et royale (1832).
Du côté des carlistes, l'unanimité fait défaut, puisque de douze divisions dont on veut composer l'armée royale, sept se prononcent contre le soulèvement, soit parce qu'on manquait de fusils et de munitions, soit parce que les événements du Midi n'étaient point de nature à encourager, soit enfin, comme l'écrivait, le 17, M. de Coislin à la duchesse, qu'une prise d'armes sans le concours de l'étranger parût devoir amener l'entière destruction du parti royaliste en France.

La duchesse de Berry persiste et ordonne à tous d'être prêts pour le 24. Le commandement en chef est déféré à Bourmont. Mais celui-ci pense comme M. de Coislin, et les royalistes de Paris, qui partagent l'opinion de Coislin et de Bourmont, ont envoyé Berryer à la duchesse, afin de l'éclairer sur sa position; de là l'indécision des ordres et des mouvements. La duchesse, malgré sa promesse à Berryer, se décide à agir, et la prise d'armes est fixée par elle, d'accord avec Bourmont, à la nuit du 3 au 4 juin.

Pour le général Dermoncourt, auquel les détails échappent, la guerre civile est imminente. Il prend aussitôt son parti : s'emparer des chefs et multiplier ses postes à l'effet d'empêcher les rassemblements.

Le 4 juin, le tocsin se fait entendre, et la guerre commence, guerre d'embuscade et de surprise, qui coûte du sang et qui se prolonge sans résultats définitifs. Marches et contre-marches, visites et attaques des châteaux, combats partiels, arrestation de quelques chefs, poursuite incessante des autres, direction militaire qui ne laisse aucun repos, et qui exige une activité et une intelligence peu communes, voilà ce que fait et fait faire le général Dermoncourt pendant la durée de ce mouvement insurrectionnel. L'insurrection est rapidement matée, les conjurés dispersés, mais la duchesse de Berry reste introuvable.

Les troupes royales ignorent que, le 9 juin, elle est entrée dans Nantes, mis en état de siège le 15, sous un déguisement de paysanne et y a trouvé un asile secret dans une maison d'où elle entretient une correspondance avec les cours européennes. Lorsque cette correspondance est éventée, le roi et le gouvernement – accusés soit d'incompétence, soit de complicité – sont fort embarrassés.
L'arrestation et emprisonnement de la duchesse de BerryThiers reprend contact avec un fils de rabbin converti au catholicisme et introduit dans les entours de la duchesse de Berry, Simon Deutz, qui avait déjà fait des ouvertures à Montalivet. Thiers l'envoie à Nantes. Pour justifier sa conduite, Deutz évoquera le patriotisme, la duchesse étant en relation avec Guillaume I des Pays-Bas qu'elle encourage à attaquer l'armée française en Belgique afin de créer une situation de trouble plus favorable à une insurrection en Vendée.

Deutz voit la duchesse une première fois, le 31 octobre, et la seconde et dernière fois le 6 novembre, sous le prétexte de communications graves que, dans l'émotion qu'il avait éprouvée lors de l'entretien du 31, il avait entièrement oublié de lui faire.
Le 6, en quittant la duchesse, et contre une forte somme d'argent, il livre l'adresse au préfet. Aussitôt, la maison est investie par la police, fouillée et, après seize heures de recherches, la duchesse sort de sa cachette, où il lui est impossible de rester plus longtemps, et demande le général Dermoncourt. En le voyant, elle court à lui :

– Général, lui dit-elle, je me rends à vous, et me remets à votre loyauté.
– Madame, répond le général, Votre Altesse est sous la sauvegarde de l'honneur français.

La duchesse de Berry est faite prisonnière le 7 novembre 1832. Le surlendemain, tandis que le général se rend au château de la Chaslière pour s'emparer de Bourmont, qu'on dit s'y trouver, elle est embarquée pour la forteresse de Blaye où elle est incarcérée.

Avec l'arrestation de la duchesse de Berry, Thiers a atteint son but : sa réputation est faite. Officiellement, le roi et le gouvernement se réjouissent. Mais la prisonnière est encombrante ; comme le déclare Louis-Philippe à Guizot : « Les princes sont aussi incommodes en prison qu'en liberté : [...] leur captivité entretient chez leurs partisans plus de passions que n'en soulèverait leur présence. »

Le roi aimerait faire expulser la duchesse de France en invoquant la récente loi du 10 avril 1832 condamnant au bannissement perpétuel tous les membres de la famille de Charles X. Mais la duchesse est prévenue de complot et de rébellion armée, et il semble difficile de la faire échapper à la justice. En même temps, en cas de procès, toutes les issues possibles apparaissent également mauvaises : « l'acquittement ferait du roi un usurpateur, la condamnation, un bourreau, et la grâce, un lâche ! »
Pour éviter d'avoir à trancher à chaud, le gouvernement fait interner la princesse dans la citadelle de Blaye, sur l'estuaire de la Gironde, sous la garde du général Bugeaud.
En janvier 1833, le bruit court que la duchesse de Berry est enceinte.

Le 29 février, Le Moniteur publie une déclaration de la princesse, datée du 22, dans laquelle elle affirme s'être mariée secrètement pendant son séjour en Italie. Les légitimistes – d'ailleurs épaulés par quelques républicains comme Armand Carrel – ont beau fustiger l'inélégance du procédé du gouvernement, le mal est fait : la princesse passe désormais, selon le mot du comte Apponyi, pour une « aventurière de bonne maison », et l'épisode ne manque pas de jeter le doute sur la légitimité de l'« enfant du miracle », le duc de Bordeaux lui-même.
Le 10 mai 1833, la duchesse de Berry donne naissance à une fille, qu'elle déclare née de son époux secret, le comte Lucchesi-Palli, second fils du prince de Campo-Franco, vice-roi de Sicile, que toute la France ne tarde pas à appeler ironiquement saint Joseph.

Le 8 juin, la princesse, complètement déconsidérée, est embarquée sur l’Agathe et transportée à Palerme. Le garde des sceaux, Félix Barthe, répond le 10 juin en invoquant « des circonstances rares, où un gouvernement doit, sous sa responsabilité, [...] prendre sur lui de mettre les intérêts du pays au-dessus de l'exécution des lois. »(sic)
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MessagePosté le: Mar 7 Fév - 20:16 (2012)    Sujet du message: 1832 Louis Philippe écrase de sa botte les derniers bastions légitimistes Répondre en citant

Pour ceux que l'histoire incroyable de la duchesse de Berry intéresse, je ne saurais que vous conseiller la lecture de La duchesse de Berry d'André Castelot. Je viens de terminer le livre et l'histoire de cette incroyable princesse est passionnante.
Mes ancêtres eurent la chance de la voir le soir du 7 juin 1832, après la défaite finale des légitimistes lors de la bataille du Chêne, lorsqu'elle vint coucher, accompagnée d'Eulalie de Kersabiec, de M. de Mesnard et M. de Brissac, au logis de Tréjet, à la Chevrolière.


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MessagePosté le: Mar 27 Mar - 12:25 (2012)    Sujet du message: 1832 Louis Philippe écrase de sa botte les derniers bastions légitimistes Répondre en citant

Certainement le dernier mouvement traditionaliste en France, du moins de cette ampleur. 

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MessagePosté le: Mer 28 Mar - 22:22 (2012)    Sujet du message: 1832 Louis Philippe écrase de sa botte les derniers bastions légitimistes Répondre en citant

Louis-Philippe est décidément un meurtrier... co-assassin de la France...
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MessagePosté le: Jeu 29 Mar - 21:24 (2012)    Sujet du message: 1832 Louis Philippe écrase de sa botte les derniers bastions légitimistes Répondre en citant

Oui, c'est pourquoi je suis outré quand je vois des orléanistes prétendrent défendre la mémoire des Vendéens. On ne peut être du côté des victimes et des assassins en même temps.
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MessagePosté le: Sam 14 Avr - 12:53 (2012)    Sujet du message: 1832 Louis Philippe écrase de sa botte les derniers bastions légitimistes Répondre en citant

Merci à Henryk pour cette chronologie des événements sonnant le glas de la Monarchie Traditionnelle et Catholique sur notre terre, la France ! Comment aujourd'hui de jeunes Français qui se tournent vers l’idée royaliste peuvent-ils se laisser berner par les mouvements orléanistes ! Après cette lecture des actes odieux perpétrés par Louis-Philippe l'usurpateur, comment peut-il encore se trouver un monarchiste sincère à ne pas ouvrir les yeux et accepter l'évidence que seul le respect des Lois Fondamentales du Royaume guide notre combat de royalistes ! Soutenir les Orléans c'est supporter l'héritage de la révolution des élites franc-maçonnes, supporter la lutte des "lumières" contre l'Eglise Catholique, supporter la compromission du monarchisme libéral avec le régime républicain. C'est finalement se poser en l'égal de Dieu au nom d'un courant dit du savoir et de la science qui prétend tout savoir et régenter au nom de la nouvelle religion universelle des droits de l'hommes! Ou plutôt des droits de quelques-uns à s'enrichir et à tirer les ficelles en laissant au plus grand nombre l'impression de cette fausse bonne idée qu'est le principe de démocratie. Et, au bout du compte, après tant de bassesses, de reniements, les Orléans ont perdu leur petit pouvoir de roi fantoche aux mains d'une assemblée. C'est la leçon que l'on peut tirer de cette alliance contre nature monarchie-régime républicain ! À force de concessions et d'abandons de la tradition, le pouvoir perd en cohésion et finalement à la première manifestation d'opposant tombe comme un fruit mur remplis d’asticots malfaisants qui pourrissent le fruit par l'intérieur ! Cela peut enfin nous amener à la conclusion qu'il faut, en tant que légitimistes, maintenir le cap fixé par les Lois Fondamentales du Royaume ! Notre rôle est de maintenir vivace le principe royal, de nous former à notre foi ! Nous devons être capables d'accueillir et d'inculquer notre doctrine, toute idée de regroupement avec des royalistes de sensibilité hostiles à nous au nom du principe de nous retrouver sur quelques points essentiels n'amènerait qu'à l'échec, voire à notre perte. Notre dilution dans un ensemble plus grand serait inévitable. Il faut tenir et séduire. Il nous incombe à nous de rallier de nouveaux fidèles.
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MessagePosté le: Lun 16 Avr - 21:27 (2012)    Sujet du message: 1832 Louis Philippe écrase de sa botte les derniers bastions légitimistes Répondre en citant

Merci Henryk !

Excellente chronologie très détaillée. Louis-Philippe était bien illégitime notamment parce qu'il avait été mis sur le trône par une révolution. L'orléanisme est un produit révolutionnaire, le Roi (des français) est porté au trône par un soulèvement populaire qu'on ne peut aucunement confondre avec un soulèvement populaire comme celui des Vendéens et des Chouans (là uniquement il s'agit bien d'une vraie contre-révolution).
Ne peut être qualifié de contre-révolution qu'un soulèvement populaire légitime en faveur des droits du monarque de plein droit, car il s'agit bien à ce moment là de remettre en ordre ce qui ne l'est plus et non l'inverse.
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MessagePosté le: Jeu 5 Juil - 14:39 (2012)    Sujet du message: 1832 Louis Philippe écrase de sa botte les derniers bastions légitimistes Répondre en citant

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k204818b/f4.image.r

Livre  d'un capitaine de gendarmerie en 1832
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Henryk
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MessagePosté le: Mer 13 Mar - 18:34 (2013)    Sujet du message: 1832 Louis Philippe écrase de sa botte les derniers bastions légitimistes Répondre en citant

Edifiant, non?



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Henryk
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MessagePosté le: Lun 1 Avr - 17:04 (2013)    Sujet du message: 1832 Louis Philippe écrase de sa botte les derniers bastions légitimistes Répondre en citant

Lettre adressée par le duc d'Orléans à l'évêque de Landaff, à l'occasion de l'oraison funèbre du duc d'Enghien, prononcée à Londres.
Twikenheim, le 28 juillet 1804.
Mon cher lord", je vous remercie beaucoup de votre obligeante lettre. J'ai vivement regretté de ne point vous voir lors de votre séjour à Londres. Du moment que j'ai su que vous y étiez, je suis allé à George-Street de très-bonne heure, afin d'être plus sûr de vous trouver; mais j'ai appris là que vous aviez changé de demeure, et je n'ai pu me procurer d'autre adressse sinon que vous demeuriez; dans dès environs d'Albermarle-Street, et, quant au numéro de votre maison, on n'a pu m'en désigner aucun.

Cependant, si j'avais été fixé à Londres, bien sûrement aurais fait en sorte de vous trouver, mais je n'y fus que très-rarement l'hiver dernier, et je n'y avais même ni maison ni appartement; je suis resté ici dans la retraite que j'aime de plus en plus tous les jours de ma vie.
J'étais certain, Milord, que votre âme élevée réprouverait une juste indignation à l'occasion du meurtre atroce de mon infortuné cousin. Sa mère était ma tante, lui-même , après mon frère, était mon plus proche parent; nous fûmes camarades ensemble pendant nos premières années; vous devez penser, d'a- près cela, que cet événement a dû être pour moi un coup bien rude. Son sort est un avertissement pour nous tous; il nous indique que l'usurpateur corse ne sera jamais tranquille tant qu'il n'aura pas effacé notre famille entière de la liste des vivants. (sic)

Cela me fait ressentir plus vivement que je ne le faisais, quoique cela ne soit guère possible , le bien ait de la généreuse protection qui nous est accordée par votre nation magnanime. J'ai quitté ma patrie de si bonne heure que j'ai à peine les habitudes attaché à l'Angleterre, non-seulement par la reconnaissance, mais aussi par goût et par inclination. C'est bien dans la sincérité de mon coeur que je le dis Puissé-je ne jamais quitter l'Angleterre!... (sic)

Mais ce n'est pas en raison de mes sentiments particuliers que je prends un vif intérêt au bien-être à la prospérité et au succès de l'Angleterre ; c'est aussi en ma qualité d'homme. La sûreté de l'Europe, celle du monde même, le bonheur et l'indépendance du genre humain, dépendent de sa conservation et de son indépendance, et c'est là la noble cause de la haine de Buonaparte pour nous et celle de tous les siens. Puisse la Providence déjouer ses projets iniques et maintenir ce pays dans sa situation heureuse et prospèré. C'est le voeu de mon coeur, c'est ma prière la plus fervente. Vous devez être également instruit, Milord; de mes opinions touchant la dissidence des chrétiens, en d'autres termes, parmi les hommes qui professent la même religion.(sic)

Je pense que chacun doit rester fidèle aux principes dans lesquels il a été élevé, et je pense également que ce n'est point dans les temps comme ceux où nous vivons que pareilles dissidences doiventêtre une cause de leur désunion. Il ne s'agit pas d'être chrétien de telle ou telle manière, mais d'être chrétien ou de ne pas l'être.
Mais si un homme a été élevé dans de mauvais principes, doit-il y rester fidèle? Non, sans doute. Donc, il existe des principes que non-seulement on ne doit pas suivre, mais dont il est urgent de se délaire dès qu'on reconnaît qu'ils ne sont pas fondés sur la vérité, et voilà le conseil de la raison.


D'après mon humble avis, c'est de cela seul qu'ils'agit à une époque où les parties vitales de la religion et de la morale sont attaqués d'une manière si redoutable, et où la triste expérience de ces trois dernières années, montre avec quelle rapidité se propagent l'irréligion et l'immoralité.

Je jugeai bien, Milord, d'âpres la connaissance que j'ai de votre belle âme, que votre opinon sur tous ces faits serait telle que je l'ai trouvée; mais permettez-moi d'ajouter que je vous félicite d'avoir des sentiments à la fois si dignes d'un prélat anglais et d'un véritable chrétien.
Veuillez bien me rappeler au souvenir de Mme et de Mlle Waton, et croire aux sentiments d'estime et de considération avec lesquels je suis....

L.-P.-P. D'ORLÉANS.

P. S. Mes frères me chargent de vous faire leurs compliments ainsi qu'à toute votre famille. Ils vous ont cherché comme moi à Londres, et chacun de nous, moi-même en particulier, nous conservons le souvenir le plus agréable du court séjour que vous avez fait à Calgortt.






N'avons-nous pas vu, sous le règne de Louis-Philippe, la politique anglaise recourir à toutes les intrigues pour nous arracher cette colonie, notre gloire et notre orgueil? N'est-ce pas entraîné, aveuglé par des promesses ou par des menaces, que le nouveau gouvernement de France entra en négociation, par les soins d'un juif de confiance, avec Hussein, le dernier dey, alors à Livourne, dans le but de le faire rentrer dans son ancienne possession, moyennant une indemnité secrète de dix à douze millions? Le dey offrit la moitié de cette somme ; on continua de négocier. La France laissa éclater son indignation, et les négociations furent interrompues. Quand le maréchal Clauzel, après son échec de Constantine, jetait à Louis-Philippe le défi suivant : « Oui, je vous accuse de ne pas vouloir garder Alger, et jusqu'à ce que vous soyez venu le jurer de manière à ce que personne n'en puisse douter, a même les puissances étrangères, je dirai que vous travaillez « secrètement à cet abandon. » Le gouvernement de France restait muet, parce que les engagements pris avec l'Angleterre ne lui permettaient pas de faire le serment demandé sans s'exposer à de terribles révélations. La France a protesté contre ce honteux trafic, et la terre d'Afrique lui est restée comme l'un des plus beaux fleurons de sa couronne.

page 427 Crimes de l'Angleterre contre la France  gallica
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Dernière édition par Henryk le Sam 3 Aoû - 18:34 (2013); édité 1 fois
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Henryk
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MessagePosté le: Lun 1 Avr - 17:20 (2013)    Sujet du message: 1832 Louis Philippe écrase de sa botte les derniers bastions légitimistes Répondre en citant




Arrestation de la Duchesse de Berry sous L.P. en 1832  source (Mme en Vendée) Gallica

Dans sa dernière entrevue avec la duchesse, Simon Deutz (qui vendit la princesse pour 300 000 francs) avait entendu parler du dîner; en sortant, il avait jeté un coup d'œil dans la salle à manger et avait compté sept couverts. Mlles Duguigny habitant seules la maison, il ne douta plus que Madame n'y logeât, ou ne dût au moins y dîner. Il courut d'un trait chez le préfet; M. Maurice Duval l'attendait. Les dispositions étaient prises depuis le matin. Douze mille hommes attendaient prêts à marcher. Ce nombre avait été jugé nécessaire parce que, outre qu'il y avait un large pâté de maisons à cerner, on pouvait craindre une émeute.
Deux bataillons se divisèrent en trois colonnes, dont le général Dermoncourt prit le commandement; il était accompagné du général comte d'Erlon et du préfet qui dirigeait l'opération.
L'investissement fut bientôt complet; il était environ six heures, le ciel calme, la soirée belle. La princesse n'avait aucun soupçon, quand tout à coup M. Guibourg, placé près d'une fenêtre, vit briller les baïonnettes de la colonne conduite par le colonel Simon Lorière :
« Sauvez-vous, Madame, sauvez-vous, » s'écria-t-il! La duchesse se précipita sur l'escalier, suivie de ceux de ses amis qu'il importait de cacher. Mmes Duguigny, de Charette et Céleste de Kersabiec restèrent à table, s'efforçant de maîtriser leur émotion. La cachette était, nous l'avons dit, dans la chambre de la duchesse; il importe d'en donner la description.
La cheminée placée au fond de la chambre, au lieu détenir au mur nn de la maison, était appuyée contre un mur de refend pp élevé à quatorze pouces — environ quarante centimètres — du gros mur nn. L'espace vide présentait, en largeur pp, un peu plus de quatre pieds (un mètre quarante centimètres environ) et, en hauteur, cinq pieds et trois pouces un mètre soixante-quinze. Telle était la cachette, qu'on pourrait appeler une cheminée à double fond.

Une plaque de cheminée mm mobile et de quarante centimètres sur trente, et montée sur des gonds, en fermait l'entrée. On n'arrivait à y pénétrer qu'en se traînant. Elle avait été plu- sieurs fois essayée, et l'on ne pouvait s'y placer que par rang de taille. Elle était ouverte quand la duchesse entra dans la chambre. «Allons, dit-elle, comme à la répétition.... »

M. de Mesnard entra le premier, et ensuite M. Guibourg, puis Mlle de Kersabiec, et enfin Madame; la légende du plan donne leurs places respectives.

La maison des dames Duguigny avait été cernée par les agents au moment où Deutz y était entré. En sortant, il avait dit à l'un d'eux que Madame y était, et que la porte ne devait pas cesser d'être l'objet de leur surveillance. Personne n'était sorti depuis le départ de Deutz; on avait donc la certitude d'y trouver la Duchesse.

Les portes de la maison s'ouvrirent au moment où la cachette se refermait; les commissaires de police venus de Paris, réunis à ceux de Nantes, entrèrent les premiers le pistolet au poing. C'étaient MM. Lenormand et Prévost, commissaires de police de Nantes, et Dubois et Joly, commissaires de police de Paris.

Ils ne trouvèrent que des femmes effrayées, ce qui n'empêcha pas M. Prévost de faire partir son pistolet qui le blessa à la main. Les autres gagnèrent les étages et la troupe se répandit dans la maison que cernait le général Dermoncourt, laissant aux policiers le soin de la fouiller.

Deutz avait donné des lieux une description si exacte que M. Joly parcourut toutes les pièces comme s'il avait été un habitué de la maison; il remarqua la salle à manger et les sept couverts, bien qu'il ne se trouvât que quatre convives : les deux demoiselles Duguigny, Mme de Charette et Mlle Céleste de Kersabiec. Il commença par s'assurer de ces quatre dames; puis, montant l'escalier, il alla droit vis-à-vis de la chambre mansardée où la duchesse avait reçu Deutz; il dit en y entrant : « Voilà la salle d'audience. »
Ces mots retentirent jusque dans la cachette. Madame ne douta plus que la trahison ne vînt de Deutz; elle murmura avec un mouvement de satisfaction : « Du moins ce malheureux n'est pas Français. »




Le préfet, M. Maurice Duval, après avoir pris la précaution d'enfermer Deutz dans un cabinet, à la préfecture, arriva pour donner plus d'autorité aux recherches. Des sentinelles avaient été placées dans tous les appartements, tandis que la force armée fermait toutes les issues.
Le peuple s'amassait et formait une seconde enceinte autour des soldats; la ville tout entière était descendue dans ses places et dans ses rues. Les perquisitions étaient commencées à l'intérieur; les meubles étaient ouverts lorsque les clefs s'y trouvaient, défoncées lorsqu'elles manquaient; les sapeurs et les maçons sondaient les planchers et les murs à grands coups de hache et de marteau; des architectes, amenés dans chaque chambre, déclaraient qu'il était impossible, d'après leur conformation intérieure, comparée aux dimensions extérieures, qu'elles renfermassent une cachette ou bien trouvaient des cachettes sans importance qui recelaient des bijoux, de l'argenterie, des vêtements de femme appartenant aux demoiselles Duguigny, mais qui, dans les circonstances, ajoutèrent à la certitude du séjour de la princesse dans la maison. Arrivés à la mansarde où se trouvait la duchesse, les architectes déclarèrent que, moins que toute autre, cette-chambre leur paraissait pouvoir contenir une cachette.
Alors les recherches s'étendirent aux maisons environnantes; on fit venir des ouvriers qui se mirent à sonder, à attaquer les murs, les planchers, les cheminées à coups de hache et de mandrin avec une telle violence qu'on put croire un instant à la démolition de l'hôtel des demoiselles Duguigny et de deux maisons environnantes. Les maçons qui sondaient la maison voisine arrivèrent tout près de la cachette dans le mur contre lequel M. de Mesnard était debout; il dit à la duchesse : « S'ils arrivent jusqu'à nous, il faudra ouvrir la plaque et se rendre; autrement, voyant du monde dans ce trou, il est à craindre qu'on ne tire des coups de fusil sur Madame.
Les travailleurs s'arrêtèrent à quelques pouces de la cachette. Un seul coup de marteau de plus, peut-être, y eût pénétré.
Le préfet Duval, dans un nuage de poussière, se faisait remarquer, au milieu des travailleurs, des plâtres et des débris, donnant des ordres, animant les démolisseurs du geste et de la voix; et, répondant aux observations des demoiselles Duguigny :

« Les ouvriers qui démoliront la maison seront chargés de la reconstruire. J'ai des ordres. »
Ces ordres venaient de M. Thiers qui avait dit de s'emparer de la duchesse coûte que coûte, quand bien même il aurait fallu détruire toute la ville. Du fond de la cachette, on entendait tout ce bruit, ainsi que les injures et les imprécations des soldats, fatigués et furieux de l'inutilité de leurs recherches.
« Nous allons être mis en pièces, c'est fini, mes pauvres enfants, dit alors Madame, qui ajouta: C'est cependant pour moi que vous vous trouvez dans cette affreuse position!... »
Pendant que ces choses se passaient en haut, les demoiselles Duguigny avaient montré un
grand sang-froid, et, quoique gardées à vue par les soldats, elles s'étaient mises à table, invitant Mme de Charette et Mlle de Kersabiec à faire comme elles.
Deux autres femmes étaient l'objet d'une surveillance toute particulière de la police.



C'étaient la femme de chambre Charlotte Moreau, signalée par Deutz — il n'avait oublié personne comme très-dévouée à la duchesse, et la cuisinière, Marie Boissy. Cette dernière avait été conduite au château, puis à la gendarmerie, où, voyant qu'elle résistait à toutes les menaces, on tenta de la corrompre. Des sommes de plus en plus fortes lui furent offertes et étalées devant ses yeux; mais elle répondit constamment qu'elle ignorait où se trouvait la duchesse de Berri.
Les recherches se prolongèrent sans résultat pendant une partie de la nuit. Les démo- lisseurs, rendus de fatigue, demandèrent un instant de repos que le préfet leur accorda en disant :
« Les travaux ont cessé pour ce soir; je reviendrai demain de bonne heure. »
Un nombre d'hommes suffisant pour garder toutes les pièces et occuper les issues, fut laissé dans la maison; les commissaires de police s'établirent au rez-de-chaussée, et une partie de la troupe fut remplacée par la garde nationale, qui continua l'investissement de la maison et des quartiers environnants.
C'est maintenant dans la cachette que nous conduirons le lecteur.




LA CACHETTE
Les seize heures qui s'écoulèrent depuis l'entrée dans la cachette jusqu'à l'arrestation se passèrent au milieu d'une vraie agonie et dans des tortures que l'on pouvait à peine adoucir en s'ingéniant de mille façons.
Les ouvriers n'avaient pas attendu le retour de la lumière pour recommencer leurs travaux. Il semblait qu'on voulût abattre l'hôtel Duguigny et les maisons voisines. Les madriers et les barres de fer frappaient à coups redoublés et l'on ne savait si, après avoir résisté aux flammes, comme on va le voir, Madame ne serait pas accablée sous les décombres.
On fit presque continuellement du feu dans la cheminée, tant pour se chauffer que pour s'assurer qu'il n'y avait personne dans le tuyau. Deux fois les habitants de la cachette en avaient été fort incommodés. On ne voyait absolument rien, tant était petit le trou ménagé pour appeler l'air; et, cette ouverture ne suffisant pas lorsque la plaque était chaude par le feu brûlant de l'autre côté, on en pratiqua une autre en dérangeant des ardoises, quitte à en faire tomber quelques-unes dans la cour, ce qui aurait certainement dénoncé la retraite — mais il fallait vivre

Il y eut des moments où chacun, à son tour, approchait sa bouche de ce point pour y aspirer la vie de quelques minutes.

Il était très-difficile de se mouvoir dans un si petit espace ; cependant, M. de Mesnard, après avoir été treize heures immobile dans le seul endroit où il pût se tenir debout, dit à ses compagnons :

« Je n'en puis plus. Les jambes me manquent, je me sens défaillir. Si je me trouvais mal je ferais du bruit. Tâchez de vous arranger pour me laisser asseoir; alors on se mettra sur moi comme on pourra. » Ce qui fut fait.

Entrés dans la cachette au moment du dîner, et n'ayant rien pris depuis le déjeuner, les reclus commençaient à endurer la faim. M. de Mesnard découvrit auprès de lui un sac dans lequel on trouva quelques morceaux de sucre. Il les offrit à la duchesse qui les partagea entre tous.

Malgré les angoisses d'une situation terrible, Madame dormit assez longtemps pour donner des inquiétudes ; son sommeil- était, si tranquille que, comme on ne l'entendait pas respirer, on la crut évanouie et on eut, bien innocemment il est vrai, la cruauté de la réveiller.

Les officiers avaient, une fois encore, abandonné la maison, ainsi que les autorités. Les gardes s'étaient repliés au rez-de-chaussée ; le troisième étage n'était plus gardé que par
deux gendarmes qui se tenaient dans la chambre de la cachette. Le bruit des travaux diminuant progressivement, on espérait d'être sauvé, mais cet espoir ne fut pas de longue durée. Les gendarmes avaient rallumé le feu, la plaque, qui n'avait pas eu le temps de se refroidir, était devenue brûlante une seconde fois, et le mur ébranlé laissait pénétrer la fumée.

La duchesse était celle qui souffrait le plus, car, entrée la dernière, elle se trouvait appuyée contre la plaque. Déjà deux fois le feu avait pris à sa robe, et elle l'avait étouffé à pleines mains, au prix de deux brûlures dont elle eut longtemps les marques. Chaque minute raréfiait l'air intérieur. La poitrine des prisonniers devenait de plus en plus haletante. Rester dix minutes encore dans cette cachette,
c'était compromettre la vie de la duchesse !

Madame le sentait comme les autres, mais ne pouvait se résoudre à se livrer elle-même; pourtant son coeur fut obligé bientôt de se rendre à la nécessité, car les deux gendarmes ayant allumé des tourbes et des journaux, la fumée devint d'une insoutenable intensité. La duchesse ordonna d'ouvrir la porte de la plaque.
M. Guibourg, qui était à côté d'elle, appuya sur le ressort, mais la plaque, qui s'ouvrait toujours très-facilement, était dilatée par la chaleur ; elle résista au point qu'il fallut la frapper du pied.

Elle ne céda pas davantage ; mais un gendarme avait entendu le bruit des coups. « Qui est là? » fit-il. Ce fut Mlle de Kersabiec qui,répondit :
« Nous nous rendons, nous allons ouvrir, ôtez le feu. »
Un nouvel effort fit tomber la plaque, et les gendarmes, plus empressés de secourir les prisonniers que de crier victoire, s'élancèrent aussitôt sur le feu qu'ils dispersèrent à coups de pied.

La première personne qui s'offrit à leurs regards fut une femme faible et presque défaillante, se traînant péniblement sur un foyer mal éteint. L'un des gendarmes la reconnut; il l'avait vue jadis, à Dieppe, affable pour chacun, chérie de tous et entourée de voeux et d'honneurs. En la voyant dans ce misérable état, il s'écria avec émotion :
« Quoi, c'est vous, Madame la duchesse ! »

Madame, vivement touchée du ton de cette voix amie, lui répondit en se relevant :
« Vous êtes Français et militaire, je me fie à votre honneur. Allez prévenir le général Dermoncourt. »
Il était neuf heures du matin; les tortures de la cachette avaient duré seize heures !... D'autres allaient commencer.







L'ARRESTATION
Le général Dermoncourt se trouvait dans la maison. Il accourut aussitôt à l'appel de la duchesse; le substitut du procureur du roi, Baudot, et quelques officiers, le suivirent. La duchesse s'avança alors en disant :
« Général, je me rends à vous et me remets à votre loyauté.
— Madame, répondit-il, votre Altesse Royale est sous la sauvegarde de l'honneur français. »

Il lui apporta une chaise. Elle avait le visage animé quoique pâle, la tête nue et les cheveux en désordre; sa robe de napolitaine brune, simple et montant jusqu'au cou, était sillonnée par le bas de plusieurs brûlures; elle était chaussée de petites pantoufles en lisière. En s'asseyant elle dit d'un ton bref et en serrant fortement le bras de l'officier :

« Général, je n'ai rien à me reprocher, j'ai rempli les devoirs d'une mère pour reconquérir l'héritage d'un fils-. »

Dans cet instant arriva le préfet Maurice Duval; et, comme en toutes circonstances, dans celles surtout où chacun cherche à faire face aux situations exceptionnelles par un redoublement de tact, il faut qu'il y ait un maladroit pour montrer que sur terre la race des goujats sera éternelle : l'homme de M. Thiers entra le chapeau sur la tête. Il s'approcha de la duchesse, la regarda en se découvrant à
peine et dit :

« Ah oui, c'est bien elle. » Puis il sortit pour donner ses ordres.
« Quel est ce monsieur, fit Madame?
— Le nouveau préfet, répondit le général, qui ajouta : c'est un homme nouveau. » Madame comprit que M. Maurice Duval n'avait pas servi sous la Restauration; elle le montra en disant : « J'en suis bien aise pour la Restauration. »

On procéda à la saisie des effets, de la correspondance et de l'argent se montant à trente six mille francs, dont douze appartenant à la suite de la princesse.

Le comte d'Erlon se présenta alors, et se conduisit envers la prisonnière avec tous les égards dus au courage et au malheur. Le château de Nantes avait- été disposé pour recevoir madame la duchesse de Berri; le général Dermoncourt l'en informa et lui dit que, si elle se trouvait mieux, il serait à propos de quitter la maison à moitié démolie des demoiselles Duguigny.

La princesse demanda un chapeau, se jeta un manteau sur les épaules, prit le bras du général et donna elle-même le signal du départ en disant à ses fidèles : « Mes amis, partons. » En passant devant la mansarde, Madame jeta un dernier regard sur la plaque restée ouverte.





" Ah ! général, dit-elle, si vous ne m'aviez pas fait une guerre à la Saint-Laurent — ce qui, par parenthèse, ajouta-t-elle en riant, est au-dessous de la générosité militaire — vous ne me tiendriez pas sous votre bras à cette heure. »
Il n'y avait qu'un pas de l'hôtel Duguigny au château de Nantes, dont les portes se fermaient, quelques minutes plus tard, sur les quatre prisonniers. Il était alors midi.


L'OPINION PUBLIQUE
Le soir même, par le télégraphe, l'arrestation de Madame était connue de tout Paris, où elle produisit une impression des plus vives.
La presse légitimiste signalait, avec une grande véhémence d'expressions, l'impassibilité extraordinaire de, la famille d'Orléans, qui, le jour même où elle apprenait l'arrestation d'une si proche parente dépossédée par eux, avait assisté à la première représentation de la Laitière Suisse, à l'opéra.


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Henryk
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MessagePosté le: Mer 24 Avr - 14:43 (2013)    Sujet du message: 1832 Louis Philippe écrase de sa botte les derniers bastions légitimistes Répondre en citant

L'aubaine de l'auberge de Peyrebeille, plus connue sous le nom de L'Auberge rouge, fut le lieu d'une affaire criminelle par le prétendu assassinat d'Antoine Enjolras pour la monarchie de juillet.

Cette "affaire" que Régis Sahuc rapporte  d'un procès Verbal du 30 germinal an IV  ""une bande de chouans revenait du hameau de Montlor, après avoir saccagé la maison d'un 'bleu', le juge patriote "Enjolras" citoyen exemplaire de commission républicaine, et selon le rapport, les brigands royaux se dirigèrent vers Peyrebeille comme ils allaient à la "Coula" de Peyrebeille, autre cabaret du beau père (dit Leblanc) de Martin, ou la troupe des chouans bandits ripaillaient le Samedi Soir.

Le sieur Enjolras assassiné par une fracture au genou. La phase occitane qui fit jurisprudence au procès "lé chéou fa peta" passa de l'animal pour qui elle est souvent destiné, à l'homme. Beaucoup de phrase du dialecte, suivant à qui elles sont adressées changent de formulation. Ce village à 1200 mètres d'altitude, ou rodait la burle comme les loups, porte la chaine alimentaire dans ses flancs. Ainsi se termina un procès pour l'exemple, à Privas, par l'exécution des tenanciers quelque peu trop bagarreurs pour les juge de Louis Philippe.

"La mère de Me Ollier, notaire à Coucouron, raconte son ancêtre, notaire,  revenant de la foire à St Cirgues, fit halte à l'auberge. Il ne fut pas arrivé chez lui,  que le domestique  de l'auberge lui rendit la sacoche, avec l'argent." Fin de citation.

Il faut rappeler que le prince de Polignac fut détenu dans les prisons de Louis Philippe.

un notaire de Goudet nommé M. raconte que les terres de ces ancêtres, au delà du  hameau de peyrebeille dans la partie oriental volées à la révolution, et celle ci passée, la restauration ne fit point rentrer son aïeul dans ses biens. Malgré l'ordonnance du roi pour des amendes honorables aux spoliés, se faisaient aux fêtes religieuses. Il dormit à l'auberge avec des sacoches pleines d'écus de ses fermiers, et les posa sur la cheminée de l'auberge. Au lever les sacoches furent retrouvées intactes. "Combien de fois ai je pris la route sans avoir à me plaindre de ces honnêtes gens" disait il.

Je vous laisse juge...
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Henryk
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MessagePosté le: Jeu 2 Mai - 08:03 (2013)    Sujet du message: 1832 Louis Philippe écrase de sa botte les derniers bastions légitimistes Répondre en citant

Sur la politique de la branche cadette d’Orléans, un rappel ,
(issue de Louis XIII) a toujours consisté à faire accepter comme valides les renonciations d’Utrecht à la Couronne de France arrachées à Philippe V ― petit fils de Louis XIV. À l’instar de Paul Watrin et Sixte de Bourbon, de nombreux juristes ont montré la nullité de ces renonciations, tant sur le plan du droit international que sur celui du droit public français. De fait, les descendants de Philippe V ― les Bourbons de la branche aînée d’Espagne ― sont toujours restés successibles, à la fureur des Orléans. C’est l’histoire de cette haine que Sixte de Bourbon nous conte ici dans un extrait de sa thèse de doctorat.


Permanence des intrigues orléanistes
Après la naissance du Dauphin, fils de Louis XV, la santé même du roi étant devenue bonne, le problème de la succession au trône ne se pose plus. Aucun acte officiel ne viendra, jusqu’à la Révolution, témoigner pour ou contre les droits de la branche de Philippe V.


Mais la question sera soulevée à la Constituante, en 1789, et cette publique résurrection du problème, dévoilant tout à coup les menées du duc d’Orléans et de ses partisans, témoigne avec évidence que l’affaire n’a pas cessé un instant de hanter la branche cadette. Cette extraordinaire intervention fut même, on ne peut en douter, le résultat et la conclusion d’un système bien établi, constamment suivi et dont l’origine remonte au Régent.


En dépit de l’opinion presque universellement favorable à la branche d’Espagne, la branche cadette, en effet, ne se lassa point de poursuivre le rêve, transmis de père en fils, de se substituer à la branche aînée en s’assurant le trône de France. Ce fut sa grande affaire, on peut dire son unique affaire, qui la mena insensiblement du mécontentement à la révolte, de la révolte à la rébellion. Lorsque le moins scrupuleux de ses ducs en trouvera l’occasion, il entrera en lutte, non plus contre la seule maison d’Espagne, mais contre le roi de France lui-même dont la lignée fermement établie défiait par l’ensemble de ses princes tout espoir de substitution légale.

Sous le règne de Louis XV
Un document de premier ordre : les Mémoires du marquis d’Argenson
On ne saurait s’étonner que les actes officiels soient muets sur la lente préparation à une telle conclusion finale ; c’est dans les papiers mêmes de cette maison qu’il faudra chercher les étapes marquant cette route ascendante.
Ne pouvant, il est vrai, retracer dans tous ses détails la longue et occulte histoire, nous nous contenterons d’en détacher quelques pages. Écrites de la main du chancelier même de la maison d’Orléans, elles éclatent de sincérité.
René-Louis, marquis d’Argenson (1694-1757), l’auteur des Mémoires, était le frère du comte d’Argenson, chancelier de la maison d’Orléans ; il lui succéda dans cette charge, lors de la nomination de celui-ci à l’intendance de Paris (août 1740).

Dès lors il prit en main les intérêts de cette maison, et s’y dévoua passionnément....
http://www.viveleroy.fr/Les-intrigues-orleanistes-a-l-aube,72.html
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Svetozar
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MessagePosté le: Ven 3 Mai - 06:17 (2013)    Sujet du message: 1832 Louis Philippe écrase de sa botte les derniers bastions légitimistes Répondre en citant


Ce procès était truqué?


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 21:11 (2016)    Sujet du message: 1832 Louis Philippe écrase de sa botte les derniers bastions légitimistes

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