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« Mon principe est tout, ma personne n'est rien » Henri V, Comte de Chambord

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1832 Louis Philippe écrase de sa botte les derniers bastions légitimistes
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Henryk
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MessagePosté le: Ven 3 Mai - 10:30 (2013)    Sujet du message: 1832 Louis Philippe écrase de sa botte les derniers bastions légitimistes Répondre en citant

Svetozar, l'auteur est juge et parti contre les ex ministres de Charles X. Ce livre contient certainement des choses intéressantes.

Ce livre date de 1832? Emile babeuf est un républicain, Svetozar
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MessagePosté le: Ven 3 Mai - 10:30 (2013)    Sujet du message: Publicité

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Svetozar
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MessagePosté le: Ven 3 Mai - 10:57 (2013)    Sujet du message: 1832 Louis Philippe écrase de sa botte les derniers bastions légitimistes Répondre en citant

1831 année Smile

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Svetozar
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MessagePosté le: Ven 3 Mai - 11:02 (2013)    Sujet du message: 1832 Louis Philippe écrase de sa botte les derniers bastions légitimistes Répondre en citant

Émile Babeuf
"Arrêté le 26 février 1816 comme éditeur du Nain tricolore, il refuse d'en désigner les rédacteurs, ce qui lui vaut d'être condamné, conformément à la loi du 9 novembre 1815, à la peine maximale, c'est-à-dire la déportation. Demandant, au bout de deux ans d'emprisonnement à la Conciergerie l'exécution de son jugement, il est conduit au Mont Saint-Michel. Pendant le voyage, plusieurs déportés parviennent à s'échapper et passent à l'étranger. Resté seul à une lieue de Vire avec son escorte, il continue sa route jusqu'au Mont Saint-Michel, où il passe un an."-ce n'est pas un GOULAG(ГУЛАГ) Wink


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Henryk
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MessagePosté le: Sam 25 Mai - 10:16 (2013)    Sujet du message: 1832 Louis Philippe écrase de sa botte les derniers bastions légitimistes Répondre en citant


Ce que Charles X n'a pas fait, le gouvernement de la monarchie de Juillet n'a pas craint de le faire , il a donné l'ordre d'abattre les croix, objets de vénération de la Vendée, et il a choisi le plus léger prétexte pour établir un camp à Cholet, afin d'en finir plus tôt avec les glorieuses contrées qui ont donné dés preuves d'une fidélité et d'une valeur si exemplaires. Toutefois, le gouvernement de 1831, qui se croit sans doute très-sage et très-habile, devrait consulter le discours suivant d'un conventionnel :
« Il est temps de dire la vérité : la guerre de La Vendée n'a été rallumée que par les horreurs qu'on a commises dans ce pays. Il est bon que vous sachiez, citoyens, qu'un représentant du peuple, après avoir promis une amnistie aux habitants de ce pays, s'ils déposaient leurs armes, les a fait fusiller lorsqu'ils ont été désarmés : c'est Carrier. On lui amène une femme, qui peut-être était coupable, je n'en sais rien ; elle fut fusillée. Cette femme avait deux enfants, l'un âgé de trois ans et l'autre de vingt mois; lorsqu'elle fut morte, on examina ce qu'on ferait de ses enfants. Si on les laisse vivre, dit-on, ils se souviendront du traitement qu'a éprouvé leur mère, ce sont des serpents que la république nourrira dans son sein qu'ils périssent! ! ! »
Il est douloureux d'exhumer les souvenirs de la Convention ; mais cet exemple de modération d'un de ses membres sera peut-être profitable au gouvernement qui envoie une armée pour réduire la Vendée, et un général chargé d'exercer tous les pouvoirs qu'il jugera nécessaires pour rétablir le règne des lois ! Mais où les lois ont-elles été violées? Est-ce pour deux cents réfractaires et une centaine de vagabonds qui parcourent les campagnes qu'il faut jeter l'alarme dans toute la France, et même dans l'Europe? N'eût-il pas été plus convenable et surtout plus rassurant d'avoir recours aux autorités locales pour pacifier la Vendée? La mesure impolitique de M. Casimir Périer aura le double inconvénient d'aigrir contre le gouvernement les départements de l'Ouest jusqu'ici résignés, (malgré les visites domiciliaires), et d'enhardir les étrangers à nous faire la guerre croyant que nous sommes encore au temps où la Convention proclamait la déclaration suivante: " Soldats de la liberté, il faut que les brigands de la Vendée soient exterminés avant la fin du mois d'octobre !
Le salut de la patrie l'exige ; l'impatience du peuple français le commande ; son courage doit l'accomplir. La reconnaissance nationale attend à celle époque tous ceux dont la valeur et le patriotisme auront affermi sans retour la' liberté et la république! »

Espérons que les troubles de l'Ouest ne deviendront pas plus sérieux, et que le gouvernement
saura désormais que ce n'est pas par la rigueur qu'on pacifie une contrée héroïque et fidèle.

Nos libéraux se figurent qu'il nous faut dû désordre ! Un sincère amour pour le bien, et le repos de la France, voilà quel a été jusqu'à ce jour et quel sera désormais le motif des constans efforts des Royalistes. Si nous différons sur les remèdes à apporter au pays, si notre conviction nous entraîne dans des espérances pleines de bonheur pour lui, c'est une preuve que nous aimons la patrie et que nous ne voulons que sa prospérité. Notre cause est toute de principes et non une question de personnes. Nous disons : La légitimité est renversée; l'hérédité de la pairie, est contestée. Puisque ces deux grandes institutions représentaient la propriété, et qu'elle n'a plus aucune garantie, c'est ici que commence une opposition franche et loyale envers un gouvernement qui n'offre de protection que pour une fraction de citoyens, quoique tous soient habitants de la France et participent également aux charges de l'état.

Du reste, nous, serons les mêmes qu'avant l'exil des Bourbons. Si on nous retire des emplois publics ; si on nous ôte les moyens d'être utiles à notre pays, nous n'en ferons pas moins des vœux pour que son repos soit parfait, et c'est aux élections que nous porterons toute notre influence, afin d'éclairer le pays sur ses véritables intérêts. Nous n'emploierons aucun des moyens dont nos adversaires se sont servis. Nous nous passerons, nous Royalistes, de toutes les conspirations permanentes dont
les libéraux ont infecté la France pendant quinze années, et de la comédie qu'ils ont jouée sous la
Restauration. Nous donnerons l'exemple de la soumission aux lois ; si nous n'admettons pas la légalité de certains actes, ce n'est pas une raison pour troubler l'ordre que nous serons les premiers à faire respecter, ne désirant obtenir la victoire que du temps et de la raison publique, à qui nous soumettons volontiers la solution de ce dilemme, de qui dépendent les destinées de la France.

Néanmoins, les Royalistes, d'accord avec tous les bons Français, se sont effrayés d'une révolution
qui jetait la France dans un provisoire illimité, et la quasi-anarchie ; ils se sont indignés quand ils ont vu les domiciles violés par l'ordre d'un ministre du roi ; quand ils ont vu la liberté individuelle suspendue au mépris des lois et de la Charte qui devait être une vérité; quand ils ont vu le commerce et l'industrie mourir dans les bras d'une révolution qui leur avait promis une gloire éternelle et qui ne leur a donné que la misère aujourd'hui, et une ruine générale en perspective, si la Providence ne protégeait pas ce beau royaume que Rome expirante enfanta au milieu de ses ruines, comme un
dernier essai de sa grandeur.

Pendant quinze années, les libéraux ont conspiré contre les Bourbons et contre la Charte ; ils
n'ont pas craint de l'avouer à la tribune de la chambre des députés. Mettez-nous au pouvoir, disaient-ils, et vous jouirez de toutes les libertés que nous demandons ; vous aurez la stricte observation de la Charte ; vous aurez d'immenses économies au budget; le commerce et l'industrie prendront un nouvel essor ; le monopole sera aboli; les élections seront plus libérales, nous secourrons les peuples qui envieront notre bonheur ; enfin les masses seront heureuses.

Tant qu'ils n'ont pas été au pouvoir on a pu ajouter quelque foi dans leurs jérémiades; mais aujourd'hui qu'ils sont au comble de leurs vœux, qu'ont-ils fait pour le bonheur de la France ? Rien. M. Laffitte qui se plaignait de l'énormité des budgets de. M. de Villèle, en a apporté un de trois cent millions plus fort que ceux du ministère déplorable; il a demandé que l'on vendît une partie des bois de l'état pour subvenir aux dépenses extraordinaires, et puis sont venus les emprunts, les centimes additionnels, etc. M. Sébastiani, qui invoquait la générosité de la France pour porter des secours aux Grecs, est maintenant au pouvoir, et il abandonne les Belges elles Polonais qui ont été nos auxiliaires et qui nous sont restés fidèles aux jours de l'adversité. Leur Charte devait être une vérité et elle n'a été qu'un mensonge; elle promettait la protection pour tous les cultes, et elle a laissé abattre le signe de notre salut; elle promettait la liberté individuelle, et des lettres de cachet, pardon, je me trompe, des mandats d'arrêt ont été lancés contre des citoyens paisibles : après les avoir laissés deux mois en prison, on a déclaré qu'il n'y avait pas lieu à suivre, et les cours royales ont refusé de rendre justice à qui de droit. La charte-vérité promettait l'inviolabilité du domicile, et des visites domiciliaires ont été ordonnées par. de Montalivet, quand Danton lui-même demandait des lois à la Convention pour user d'un tel excès d'arbitraire. La révolution a été faite par le peuple, on a
proclamé sa souveraineté, et, au total, on n'a rien fait pour lui, sa misère l'atteste; la révolution a été faite en horreur du monopole, et le monopole a été conservé et accru; elle a été faite pour
soulager les contribuables d'un budget énorme, et la révolution, avec ses économies, ses suppressions de retraites, en a apporté un de seize cent millions, et seulement pour se mettre sur le pied de paix ; enfin, ils nous promettaient un paradis terrestre : regardez la France, et voyez comme ils ont tenu parole.

On promettait une loi d'élection sur des bases plus libérales, et on a abaissé le cens à 200 fr.;
mais pourquoi pas à 25 fr. , à 10 fr. , comme M. Berryer le demandait ; comme la Gazette de France le voulait également? Ce qui est incroyable , c'est que M. Lafayette, l'homme populaire de notre époque, a soutenu le monopole de 200 fr. Je le demande , pourquoi n'a-t-on pas fait électeurs tous ceux qui pourvoient aux charges de l'état, soit de leur fortune comme propriétaires, soit de leur personne dans la garde nationale. C'est alors que vous auriez eu une véritable représentation
nationale, tandis que vous n'aurez encore que les fruits des intrigues des partis. On a dit que si l'on
abaissait ainsi le cens on aurait des élections royalistes. S'il, en, est ainsi, vous n'êtes donc pas la
majorité de la nation, vous n'êtes donc qu'une faction chargée de contenir cette majorité, et la
souveraineté du peuple que vous avez proclamée n'est qu'un instrument dont vous vous êtes servi
pour tromper la France, mais qui vous terrassera un jour, parce que la véritable souveraineté nationale ne souffrira pas qu'on se joue impunément de la fortune de la France. Pour qu'on sache à quoi s'en tenir, il faut une élection générale, il faut, comme le voulait M. de Villèle, que les électeurs soient dans le plus grand nombre possible.

Je ne dirai rien de la loi municipale, car c'est le comble de la folie que d'avoir maintenu une centralisation qui fait de toutes nos provinces un humble vassal obligé de ramper devant le suzerain de Paris.

D'après ce que nous voyons journellement, il est impossible de dépeindre la forme du gouvernement qui nous régît.

Sommes-nous en république? Sommes-nous sous une monarchie? ou plutôt existe-t-il un gouvernement en France ? Tout ce qui m'entoure ne sert qu'à me mettre dans le doute. S'il en existait un, il ne saurait tolérer un grand nombre d'excès qui dégradent la nation française. M. Pasquier a dit qu'un ministère était plus coupable de tolérer un acte que de l'autoriser ; j'invite MM. les ministres à faire usage de ce conseil On ne peut nier qu'il n'y ait beaucoup de mauvaise foi à souffrir une licence telle que celle qui existe aujourd'hui.
Est-ce de la liberté que cette nuée de petits écrits anonymes, dont l'unique but est d'anéantir la religion, la morale et l'obéissance, qui sont les bases de toute société humaine? Je m'arrêterai principalement sur un fait qui mérite bien quelque attention de la part de quiconque est ami de la vérité. Je veux parler d'un écrit qui a la coupable prétention de prouver que la naissance d'Henri V est une duperie, et que conséquemment, il n'y a aucun mal à s'emparer de son héritage.

Toutes ces jolies choses se crient sous les fenêtres de Philippe Ier, et celte exécrable brochure se vend chez tous les libraires du Palais-Royal et se colporte dans toutes les rues de Paris. Dans les premiers jours de la révolution ces exagérations étaient excusables ; mais aujourd'hui, que tout est dans une quasi-tranquillité, on ne conçoit pas que l'on puisse souffrir de pareilles sottises. Ce qui lui donne une authenticité capable de tromper les gens honnêtes, c'est que l'on a pris le nom du duc d'Orléans pour faire une protestation contre la légalité de la naissance d'Henri V.

Je conçois que le roi des Français ne puisse s'occuper de si petites choses, en démentant officiellement toutes ces calomnies répandues en son nom ; mais je ne conçois pas l'incurie de ses ministres qui tolèrent des choses aussi scandaleuses.

Je ne m'efforcerai donc pas de prouver que le duc de Bordeaux est l'enfant de madame de Berry, je croirais être ridicule, et entrer dans le complot contre la raison elle bons sens.

Dans tous les pamphlets et caricatures qui pullulent dans Paris, je ne reconnais pas la générosité et la modération tant vantées par les journaux. Qu'ont fait mesdames d'Angoulême et de Berri pour mériter les atrocités dont on les accable chaque jour? du bien, seulement du bien. Partout où il y avait des malheureux à soulager des artistes à encourager, on était sûr de rencontrer le nom de ces augustes princesses, dont les bienfaits et les grandes infortunes resteront à jamais gravés dans le cœur de tous ceux qui les ont connues... Certes, quand on y réfléchit sérieusement, on a peine à concevoir l'existence d'un gouvernement qui a l'impudeur de souffrir que l'on vende des ouvrages qui ont pour titre : Vie scandaleuse et criminelle de mesdames d'Angoulême et de Berri, quand il n'y a pas d'expression pour louer tant de vertus et de sentiments généreux! Ce qui prouve davantage que
ces pamphlets sont l'ouvrage de malheureux écrivains sans conscience et sans réputation, c'est qu'aucun ne porte le nom de l'auteur, qui a la bassesse de se couvrir du vaste manteau de l'anonyme, comme un lâche soldat qui se cacherait dans l'ombre pour assassiner un héros qu'il n'oserait combattre.
De tous les temps les Bourbons ont voulu la gloire de la France. Écoutez le voeu de cette princesse proscrite : « J'aimerais mieux, pour mon fils,
« une chaumière dans la Bretagne, qu'un royaume donné par les étrangers. » Les voeux de l'enfant du miracle ne sont pas moins patriotes. Entendez cet enfant royal qui dit à Mademoiselle, sortant de communier : « Ma sœur, puisque Dieu n'a rien à te refuser, demande-lui le bonheur de la France. »

Existe-t-il un bon Français qui n'ait gémi en voyant les scènes qui se sont passées le 14 février à Saint-Germain-l'Auxerrois ? Que de honte ! Que de scandale dans un seul jour ! Quelle tache pour un gouvernement qui a protégé et secouru tant d'iniquités! Voyez ces croix qui succombent sous l'effort des salariés du ministère ! Voyez ces temples pillés, ces églises dévastées, ces autels de Dieu
foulés aux pieds ! Une populace dépravée qui danse et chante sur les ruines de nos monuments les plus sacrés ! Voyez cette foule égarée qui se réjouit dans le désordre ! Ecoutez ses cris sinistres ses applaudissements lugubres ! Cette joie, cet enthousiasme, tout cela est pour des pierres qui tombent sous le marteau dévastateur du peuple souverain.
Avec quel délire il détruit les propriétés particulières et les monuments publics ! et sous la protection du gouvernement de la France !

Qu'on nous vante maintenant le respect de l'autorité pour la religion de la majorité des Français !
Les preuves du contraire sont sur tous les monuments religieux de Paris. Ceux qui ont toléré de pareils, actes seront justement méprisés quand le peuple, revenu de son erreur, saura enfin qu'il n'était que l'aveugle instrument de toutes les trames dirigées contre la tranquillité de la France ; quand il saura qu'il n'a travaillé que pour quelques ambitieux impatiens de commander ! Que dira la
postérité en voyant les décombres de Saint-Germain-L’auxerrois, de Saint-Paul et de l'archevêché? Que dira-t-elle quand elle apprendra que c'est sous l'égide des lois de la révolution de juillet, sous le règne de la liberté et de la gloire nationale que l'on détruit des monuments que le temps et les siècles avaient respectés, que les autres insurrections avaient vénérés, et que les étrangers eux-mêmes, deux fois maîtres de notre capitale , n'ont pas osé profaner.


Il n'a pas fait arrêter les dévastateurs que la loi atteignait dans son article 256 que voici : « Quiconque aura détruit, abattu, mutilé ou dégradé des monuments, statues ou autres objets destinés à l'utilité ou à la décoration publiques, et élevés par l'autorité publique ou avec son autorisation, sera puni d'un emprisonnement d'un mois à deux ans et d'une amende de 100 à 500 francs. »




















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Dernière édition par Henryk le Sam 20 Juil - 17:51 (2013); édité 11 fois
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MessagePosté le: Sam 25 Mai - 10:31 (2013)    Sujet du message: 1832 Louis Philippe écrase de sa botte les derniers bastions légitimistes Répondre en citant

Bataille du Chêne et mort du comte de la Roche.










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MessagePosté le: Jeu 20 Juin - 13:39 (2013)    Sujet du message: 1832 Louis Philippe écrase de sa botte les derniers bastions légitimistes Répondre en citant

1) L'émeute ne s'abattit pas seulement sur les emblèmes religieux, elle proscrivit également les signes nobiliaires: Louis-Philippe s'inclina devant cette souveraine, et laissa effacer les fleurs-de-lys sur son écusson, ce qui fit dire à Casimir Périer: « Le lâche, il sacrifie ses armoiries parce qu'il a peur; c'était le lendemain de la Révolution qu'il fallait le faire; je le lui conseillai. Il y tient plus que les aînés. » (michaud.Ibid., p. 303. —L. Blanc, chap. II, pages 380 et 381.)   
 
 
2) Louis-Philippe ne dit certainement pas à M. Baude de laisser brûler la maison de Dieu pour sauver celle du roi, pas plus qu'il n'avait dit à madame de Feuchères d'empêcher le départ du duc de Bourbon et d'assurer le maintien du legs universel acquis au duc d'Aumale par un suicide du genre de celui du maréchal Brune. Mais le nouveau roi, entouré d'une famille plongée dans les plus vives alarmes, put exprimer, avec une émotion sans doute impérieuse, le désir que sa demeure fût avant tout préservée. Nous avons entendu M. Baude lui-même, chez un de nos amis communs, membre de la Chambre des députés, raconter peu de temps après les terreurs et les angoisses qu'il eut à calmer au Palais-Royal dans la soirée du 13 février 1831. — M. Baude avait d'ailleurs remarqué durant sa magistrature, que la nouvelle cour n'était jamais plus heureuse que lorsqu'elle se recrutait de quelques débris de l'ancienne. Le programme de l'Hôtel-de-Ville lui semblait bien compromis; mais que faire? disait-il.— «Conspirer encore, » lui répondit en souriant M. Froussard, précepteur des enfants de Casimir Périer, et qui fut depuis membre de l'Assemblée constituante. — M. Froussard et M. Baude s'étaient rencontrés, ainsi que le député chez lequel se tenait le colloque, dans les sociétés secrètes de la Restauration.   
Les conspirations, vraies ou simulées, spontanées ou provoquées, se mêlèrent bientôt aux émeutes.   
 
 
3)«Ainsi, dit M. Michaud, elle s'avançait dans la guerre civile et le sang, cette royauté sortie de tant d'intrigues et de complots, cette royauté qu'attaquaient sans cesse ceux-mêmes qui l'avaient créée Trompés par de fausses promesses, par d'hypocrites manifestations, ces fiers républicains s'étaient laissé escamoter leur triomphe des trois journées et ils ne pardonnaient pas à l'escamoteur Plus nombreux et plus puissant (c'est toujours M. Michaud qui parle), le parti légitimiste lui paraissait cependant moins redoutable. Composé pour la plupart d'hommes timides et sans énergie, ce parti était, en effet, bien moins à craindre. Il avait d'ailleurs réussi à en gagner un grand nombre par des moyens de corruption ou d'intimidation autant que par les ruses qui furent alors ajoutées à la police révolutionnaire. On sait combien, depuis le commencement de nos troubles, cette police s'était perfectionnée, depuis le comité des recherches jusqu'aux ministères desMerlin, des Fouché, desDecaze. Louis-Philippe y ajouta encore. Ce fut sous sa direction que le préfet Gisquet conduisit la conspiration des tours de Notre-Dame, celle de la rue des Prouvaires et d'autres encore   
 
 
4)«Celui (le complot) qui éclata peu de temps après la comédie des tours de Notre-Dame, fut si bien mené par les mêmes soins, et toujours sous l'inspiration du maître, que la plus grande partie de l'argent qu'envoyèrent les crédules royalistes, notamment la duchesse de Berry, qui donna huit cent mille francs, entra dans les caisses de la Préfecture et fut distribué à ses agents comme gratification   
 
 
5) «Mais il en éclata bientôt un autre plus remarquable et plus important dans l'histoire de Louis-Philippe, ce fut le guet-apens, le piège qu'il tendit à la mère du duc de Bordeaux, à cette princesse qui avait tant aimé ces bons d'Orléans, qui leur avait rendu de si grands services. Ce fut celle-là précisément qu'alors il choisit pour victime. On se rappelle qu'en 1830, madame la duchesse de Berry s'était réfugiée en Angleterre avec Charles X et ses enfants; mais elle ne les avait pas suivis dans le château d'Holyrood. Bestéeplus près de la patrie, elle en entendait du moins parler plus souvent; elle voyait chaque jour des Français qui lui en apportaient desnouvelles, qui lui disaient les vœux que l'on y formait pour son fils. Ce qu'il y eut de fâcheux, c'est que parmi ces visiteurs il se trouva des émissaires de Louis-Philippe qui luimontrèrent la France comme près de se soulever tout entière à son aspect, et qui lui présentèrent même des plans tout faits et que la trop confiante duchesse ne sut pas discerner. » (michaud, Ibid., p. 315 et suiv.)   
Cette déplorable tentative de résurrection vendéenne ayant amené devant la juridiction militaire quelques braves gentilshommes de Bretagne, la duchesse de Berry fit taire ses ressentiments contre la famille d'Orléans pour recommander ses malheureux serviteurs à l'âme généreuse de la reine Marie-Amélie, sa tante.   
LETTRE DE LA DUCHESSE DE BERRY A MARIE-AMÉLIE.   
«Quelles que soient les conséquences qui peuvent résulter pour « moi de la position dans laquelle je me suis mise en remplissant « mon devoir de mère, je ne vous parlerai jamais de mon intérêt, « Madame; mais desbraves se sont compromis pour la cause de « mon fils. Je ne saurais me refuser à tenter pour les sauver ce « qui peut honorablement se faire. Je prie donc ma tante, son bon « cœur et sa religion me sont connus, d'employer tout son crédit « pour intéresser en leur faveur. Le porteur de cette lettre don«nera des détails sur leur situation; il dira que les juges qu'on « leur donne sont des hommes contre lesquels ils se sont battus, a Malgré la différence actuelle de nos situations, un volcan est « aussi sous vos pas, Madame, vous le savez. J'ai connu vos ter«reurs bien naturelles à une époque où j'étais en sûreté; et je n'y « ai pas été insensible. Dieu seul connaît ce qu'il vous destine; et « peut-être un jour me saurez-vous gré d'avoir pris confiance dans « votre bonté et de vous avoir fourni l'occasion d'en faire usage « envers mes amis malheureux. Croyez à ma reconnaissance; je « vous souhaite le bonheur, Madame, car j'ai trop bonne opinion« de vous pour croire qu'il soit possible que vous soyez heureuse « dans votre situation.   
«Marie-caroline. »    
«L'officier qui eut assez de courage et de dévouement pour apporter cette admirable dépêche, dit M. Michaud, et qui avait ordre de ne la remettre qu'à Marie-Amélie elle-même, ne put ariver jusqu'à cette princesse. On lui rendit la lettre en disant qu'elle ne la lirait pas. » (michaud, p. 323.)   

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MessagePosté le: Sam 20 Juil - 16:24 (2013)    Sujet du message: 1832 Louis Philippe écrase de sa botte les derniers bastions légitimistes Répondre en citant

Vive le roi, quand même! Voila comment remencie la révolution de 1830 un an plus tard pour les serviteurs du général Egalité, annobli Louis philippe par la république.


Le Roi, certes, est la vertu même,
Mais l'opposé fut-il le cas;
La loi veut, dans son nouveau thème,
Qu'il soit impeccable ici-bas.
Ainsi ce n'est point un problême
Sur qui j'établis mon système ;
Mais c'est sur la loi,
Et non rien de moi,
Que je pose et dis sans crainte et. sans déloi :

Vive le Roi, quand même! Vive le Roi (bis)
Vive le Roi, quand même! Vive le Roi (bis)



A M. le Préfet de Police, ce 8 juin 1831.
MONSIEUR,
J'ai l'honneur de vous prévenir et de vous rendre plainte de ce qu'un de mes colporteurs, nommé Devaux, fut encore arrêté hier, détenu cinq à six heures, tant au corps-de-garde que chez un commissaire près du Carrousel; qu'il fut relâché de sa personne, mais que les écrits et l'étendard dont il était porteur, ont été retenus. Que deviennent, Monsieur, tous ces procès-verbaux dressés pour le prétexte, et restés sans suite? Où sont les écrits ainsi volés? Excusez l'expression, mais c'est le fait, puisque c'est en contravention à la loi que plusieurs milliers ont été retenus, soit par vos subordonnés, soit dans vos propres greffes, les uns et les autres ne s'étant dans trouvés au greffe de la police correctionnelle. Pouvez-vous ne pas frémir, Monsieur, de toutes les malversations que vous laissez ainsi commettre, et dont vous fûtes vainement instruit!
C'est devant la Chambre des Députés, Monsieur, que seront portés ces attentats aux lois et aux droits des citoyens, garantis par la Charte et les serments du Roi. Soyez certain, Monsieur, que ni vous ni M. le procureur du Roi ne les auront pas commis ou laissé commettre impunément. »
P. S. « Je vous préviens en même temps, Monsieur, que, sous le prétexte que les colporteurs ne doivent pas stationner constamment à la même place ; vos agents de police poursuivent et vexent sans cesse tous ceux que j'emploie, de la' manière la plus tyrannique et la plus répréhensible. Mettez un terme, Monsieur, à ces vexations aussi révoltantes qu'intolérables.

M J'ai l'honneur d'être, etc...                                                    CHABANNES. »





A M. le Préfet de Police.  Ce 9 juin 1831.
Monsieur, J'ai l'honneur de vous informer de nouveau que le nommé Mercier a été arrêté à la place du Châtelet par un sergent de ville, conduit au poste de la place et renvoyé par le sergent de la garde municipale, ses papiers ayant été trouvés en règle. Deux heures après, il fut arrêté de nouveau par deux autres sergents de ville au marché des Innocents et conduit au poste voisin, où il fut détenu quatre heures, et eut une attaque d’épilepsie, à laquelle ce malheureux est sujet, attaque occasionnée, sans doute, par ces vexations. Il fut interrogé deux fois par le Commissaire, et renvoyé après tant de souffrances.
Ces deux inspecteurs de police lui ont dit en propres termes : « Tous ceux qui vendent les écrits du marquis de Chabannes sont notés à la Police , et vous ne savez pas ce que vous faites en débitant ses écrits, qui ne sont faits que pour exciter des troubles et des rassemblements ; il mériterait , ainsi que vous , d'être envoyé à Bicêtre.
Jusques à quand, Monsieur, autoriserez-vous ou tolérerez-vous ces persécutions, ces vexations, ce véritable scandale ? Quant à moi, je vous déclare que je les dénoncerai aux Chambres, et qu'en attendant, je ferai imprimer chaque jour les lettres que j'aurai l'honneur de vous écrire pour vous instruire de ces méfaits et vous en demander le redressement.
J'ai l'honneur d'être, etc. CHABANNES.

Ce 10 juin, 2 heures après-midi

Ayant reçu ce matin la lettre qui suit,
« Le Procureur du Roi invite M. Chabannes à se rendre au Parquet au Palais de Justice, le 10 de ce mois, pour affaire qui le concerne. » Je me rendis à une heure au Palais de Justice. Je commençai par monter chez M. le juge d'instruction Rigal, chargé de suivre la plainte que j'avais rendue pour vol avec fracture commis à mon bureau du Palais-Royal, pour lui remettre les informations ci-après; mais ce magistrat me dit qu'il n'en était plus chargé et qu'elle était entre les mains de M. Dieudonné qui, avant été chargé de diverses plaintes rendues par moi ou contre moi, avait déjà des connaissances qui pourraient l'assister dans la poursuite de celle-ci. je descendis dans le cabinet de ce second juge, auquel je remis la pièce suivante :






A M. le Juge d'instruction.
Ce 10 Juin 1831.
« MONSIEUR, Pour vous mettre à même de remonter aux auteurs ou au moins aux complices du vol commis avec fracture, dont vous êtes saisi de la plainte , J'ai l'honneur de vous informer que le nommé Daubemont, portier, demeurant allée du pâtissier, n. 9, rue de Richelieu, est l'homme qui a mis, par l'ordre d'un inspecteur du Palais-Royal, les volets à mon bureau ; que deux inspecteurs furent présents à l'opération.
Il vous sera facile de vous procurer par eux le nom du serrurier qui a apposé les fermetures aux volets et le cadenas, qui n'avaient été mis que pour m'en interdire l’entrée, ainsi que j'en fournirai la preuve devant la Cour d'assises. Il vous sera pareillement facile de remonter aux coupables dont les ordres sont émanés. »





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Dernière édition par Henryk le Mar 23 Juil - 19:47 (2013); édité 4 fois
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MessagePosté le: Mar 23 Juil - 18:56 (2013)    Sujet du message: 1832 Louis Philippe écrase de sa botte les derniers bastions légitimistes Répondre en citant

Lois de 1831
Vote de lois sur le divorce et sur des arriérés a verser aux légionnaires des cent jours.
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MessagePosté le: Mar 23 Juil - 20:35 (2013)    Sujet du message: 1832 Louis Philippe écrase de sa botte les derniers bastions légitimistes Répondre en citant

Henryk a écrit:

La duchesse de Berry persiste et ordonne à tous d'être prêts pour le 24. Le commandement en chef est déféré à Bourmont. Mais celui-ci pense comme M. de Coislin, et les royalistes de Paris, qui partagent l'opinion de Coislin et de Bourmont, ont envoyé Berryer à la duchesse, afin de l'éclairer sur sa position; de là l'indécision des ordres et des mouvements. La duchesse, malgré sa promesse à Berryer, se décide à agir, et la prise d'armes est fixée par elle, d'accord avec Bourmont, à la nuit du 3 au 4 juin.

Grave erreur que d'avoir fait confiance à Bourmont pour mener cette contre-révolution. La carrière militaire du personnage est jalonnée de reniements successifs, c'était un bel opportuniste :

1800 : ralliement à la république consulaire

1804 : ralliement (occulte à l'empire)

1808 : adhésion à l'empire.

1814 : ralliement à la monarchie

1815 : mars, soutien à Napoléon

1815 : juin, retour au royalisme

1830 : juillet, ralliement à Louis Philippe

1830 : octobre : adhésion au légitimisme.

L'action de la duchesse de Berry avait a priori beaucoup de chances de réussir, contrairement à ce que l'on croit trop souvent. Il apparaît clairement que Bourmont dans cette affaire avec sa duplicité habituelle, était résolu à faire échouer ce projet.
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MessagePosté le: Mar 30 Juil - 19:33 (2013)    Sujet du message: 1832 Louis Philippe écrase de sa botte les derniers bastions légitimistes Répondre en citant

Le roi légitime n'est pas une personne ; il n'est pas une institution ; il est l'institution universelle dans laquelle sont placées toutes les autres.


« Qu'elle vienne, cette majorité factieuse, dominer la chambre, suspendre le ministère et attirer le pouvoir dans ses mains ;... et qu'ici, à cette tribune, un ministère digne du roi et de la France, l'accuse en face ; et son imposture sera confondue....

« Que s'il en est besoin, ce ministère donne au monarque le noble conseil de se fier à ses peuples et de les prendre à témoins, entre lui et les ennemis déclarés de la couronne.... Non, la France ne veut pas que le roi rende son épée, ni qu'il soit prisonnier des factions, quelles qu'elles soient. ( M. Royer-Collard, 1820.)


« Le gouvernement représentatif est un gouvernement de composition amiable et perpétuelle. Veut-on méconnaître cette vérité, il devient impraticable à gouverner.
« S'il arrivait surtout que les chambres vinssent a user de leur droit, sans en vouloir reconnaître les justes bornes, par cela seul, celui du roi serait complètement annulé. (.M. le baron Basquier, 1829. )


« La chambre que l'on ne pourrait plus dissoudre, exercerait elle-même le pouvoir de dissoudre la monarchie, (M, le vicomte Laîné, 1820.)


Mais le roi est libre, parfaitement libre ; soit de garder ses ministres pour régir un royaume qui n'existera plus., soit de garder son royaume pour être régi par des ministres qui ne lui appartiendront pas.

Telle est l'alternative dont les deux termes se réduisent à cette fin identique, qu'il n'y a plus de roi.



La place est en état de tenir au moins quelques instants, de se défendre jusqu'à l'arrivée secourable des chambres : et qui pourrait supposer qu'au nom du pouvoir créateur, qu'en face des pouvoirs créés, une bouche, une plume, fussent assez malavisées pour commander l'assaut?
Croyez plutôt : au compte des meneurs, ce fut une bonne fortune, hors de prix, que l'avènement de certains noms, devant lesquels il leur paraît plus facile d'ameuter les haines, d'exalter les craintes.

1) « Ah ! se disent-ils : nous en aurons bientôt raison ; et après les avoir renversés, si nous ne les
remplaçons pas nous-mêmes, il faudra peu de peine pour renverser ceux qui les auront remplacés.

2) « Un jour ou l'autre, nous parvenons au faîte : et alors comment nous comportons-nous?

Cela dépend : si le trône a conservé encore quelque force morale, quelque ascendant, nous nous mettons sous sa garde, nous nous couvrons de ses armes, nous nous retranchons derrière ses remparts. Ainsi, nous régnons, car c'est le point capital, sans qu'il nous importe en rien que ce soit
en dépit de nos bandes déjà licenciées.

3) « Mais la lutte aura été longue : et par conséquent au terme du triomphe, l'ennemi, c'est-à- dire le trône, vaincu, dompté, aura perdu tout crédit, tout empire, même au sein des rangs les plus fidèles.

En ce cas, la règle est tracée : nous achevons, nous enterrons le trône. Il serait fou de repousser la destinée qui sourit, sous prétexte d'accomplir on ne sait quel devoir. »

Ce sont là les voies sur lesquelles la fatalité pousse et précipite, qu'ils le veuillent ou non, qu'ils y songent ou non, les malheureux qui se mirent en route du mauvais pied.

4) Revenons en arrière.

Cette tumultueuse conspiration ne s'élève point en vue du salut de la charte, qui, au contraire , est menacée de tomber sous ses coups.



Elle ne s'élève pas en vue de la crainte des ministres, dont, au contraire, la nomination promet, ce semble, de nouvelles chances de succès.

Nul ne l'ignore : tant que le Roi possède le plein exercice de sa prérogative, c'est chose presque insignifiante que tels ou tels hommes se montrent sur l'horizon politique.
Le cabinet apparaît-il malveillant, ou maladroit, ou malheureux? Cela suffit.
Est-ce donc qu'un cœur de roi, qu'un œil de roi, ne sent rien, ne voit rien? Est-ce donc que l'attrait de quelques noms l'emporterait sur le sentiment même injuste, sur le sentiment prolongé de ses peuples.

Les noms seront changés si les peuples ne changent : un cabinet succédera à celui-ci, et lui-même
sera remplacé par un autre : l'alphabet fournit un espace indéfini ; le choix a largement à se promener, depuis A. B, C, jusqu'à X, Y, Z.

Or, que fait-on en déchaînant les furies de la haine et de la rage, en lançant les traits empoisonnés de la diffamation. Que fait-on en se portant jusqu'à ce degré inouï d'insolence, de commander à la couronne, de blâmer et menacer la couronne.

5) Il est des gens qui le savent trop : la couronne à qui on commande est avilie si elle fléchit ; la couronne qu'on menace est honnie si elle faiblit : et toujours, elle est perdue.






Pourtant si, dans ces moments même, elle fléchissait, elle faiblissait, peut-être l'amour encore vivant, le respect mal éteint, la relèveraient-ils d'une faute, d'une erreur, provenant d'un excès de bonté.

Qu'elle soit ferme plutôt, qu'elle reste inflexible, et les attaques devenant de plus en plus forcenées, en raison de la résistance plus prolongée, on aura la fin.
Aujourd'hui, le trône serait ébranlé, demain il sera brisé. Cela est donc avéré.

Les ministres servent de point de mire; le cabinet est pris pour champ de bataille. Que ce soient les ministres actuels, ou leurs devanciers, ou leurs successeurs, la guerre se servant d'armes différentes, sera de même une guerre d'extermination.

Il n'y aura trêve qu'après avoir enlevé à la pointe de l'épée les sièges du cabinet; il n'y aura paix qu'après avoir mis à néant la prérogative de la couronne.

Dans la vérité, la prérogative ne s'exerce librement et pleinement que dans l'acte de la nomination des ministres : car une fois saisis des portefeuilles, en s'enveloppant sous le manteau de la responsabilité, ils se dérobent à l'influence de la couronne. C'est dans cet acte seul où elle respire ; c'est dans cet acte même qu'il convient de l'attaquer, de l'étouffer.






















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MessagePosté le: Ven 23 Aoû - 11:44 (2013)    Sujet du message: Le beau-père de Proudhon Répondre en citant

Sous la monarchie de Juillet, le beau-père de Proudhon fut un conspirateur légsitimiste invétéré mais je ne me rappelle plus son identité.


Et vous ?


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MessagePosté le: Ven 23 Aoû - 11:50 (2013)    Sujet du message: Fournier de Berville, la monarchie de Juillet dans le détail Répondre en citant

En principe les légitimistes en connaissent un rayon sur la monarchie de Juillet. ILs devraient comprendre le texte ci-dessous, ou alors tel ou tel point leur paraît-il devoir être précisé ? 


  Charles-Victor FOURNIER-BERVILLE Un garde national survivant des journées des 5 et 6 juin 1832
     Quand on passe en revue les victimes de l’insurrection des 5 et 6 juin 1832 on tope sur Charles-Victor FOURNIER-BERVILLE, né le 8 Vendémiaire an III (29/9/1794) à Paris, y demeurant rue Jean-Jacques Rousseau n° 8. Il perçoit une pension de 1 000 francs pour avoir reçu un coup de feu à la tête, avec perte de substance considérable, gêne dans la prononciation et la déglutition, perte de l’oeil. 1 (État-civil reconstitué V3E/N918 - Vue 2 de la numérisation 1805-1794) 7
  

     On lit dans le Journal des débats 2  de l’époque :
«Nous avons inséré, dans notre numéro du 10 juin 3, une note communiquée dans laquelle on lisait que, dans la matinée du 6, des coups de feu furent tirés sur les soldats réunis à l’hôtel des postes, par plusieurs fenêtres situées vis-à-vis la cour de cet hôtel, et qu’un des tireurs, signalé comme le plus opiniâtre, fut atteint d’une balle qui lui fracassa la mâchoire. Ce tirailleur était M. FOURNIER de BERVILLE, chasseur de la 4e compagnie, 4e bataillon, 3e légion de la garde nationale; mais, loin de seconder les efforts des insurgés, cet excellent citoyen, qu’on ne peut accuser que d’un zèle imprudent, tirait de sa croisée sur les fauteurs de l’anarchie … M. FOURNIER de BERVILLE, avant de tirer sur les insurgés, s’était fait reconnaître par les gardes nationaux de sa compagnie et les avait prévenus de son intention. Réveillé par la fusillade, il avait à peine pris le temps de passer un caleçon, et s’était jeté à la hâte sur son fusil, que ses camarades ont toujours vu dirigé contre les rebelles postés à la barricade de la rue Montmartre … MM. ROUX, CULLERIER et MICHU ont prodigué à M. FOURNIER de BERVILLE les soins les plus empressés.»

     Mr FOURNIER de BERVILLE était peintre et quelle n’est pas notre surprise de lire dans sa notice du Dictionnaire de Biographie Française qu’il est mort à Paris en juin 1848, oui, juin 1848, après avoir été grièvement blessé lors des « journées de juin » 1848. 
     Mais c'était inexact. En effet un Charles-Victor FOURNIER de BERVILLE, 72 rue Blanche à Paris, déposa le 20 février 1862 un brevet d’appareil de traction pour chemins de fer!(4) 

     Et ce ne pouvait être que le garde national né à Paris en 1794! Ne trouve-t-on pas dans les registres des décès numérisés du 17e arrondissement de Paris l'acte suivant:
28/12/1869 Décès de Charles-Victor Fournier de Berville Rentier né à Paris, célibataire âgé 75 ans, mort la veille en son domicile au N°2 rue Caroline. (Registre coté V4E2073 - Acte 2107 du registre - Vue 11 de la numérisation) 5 Il est donc bien né en 1794!
  

        L’inventeur FOURNIER de BERVILLE n'aura pas été en peine de dessiner sa barre d’attelage de sûreté6.
 
         On est intrigué par cette note de Le  Droit. Journal général des tribunaux, 23 mai 1839, 4e année, n° 122, p. 2, col. 3 :  
« On nous  raconte sur le nommé Fournier, un des insurgés de la journée du 12 mai, qui vient de mourir à l’Hôtel-Dieu, des détails qui peuvent paraître curieux et dont on nous garentit l’authenticité.
Fournier était décrotteur sur le pont du Châtelet, c’était un homme d’un caractère audacieux et entreprenant. A la révolution de Juillet, il commença sa carrière  aventureuse, il se battit courageusement et fut blessé et transporté à l’Hôtal-Dieu. Son nom fut ensuite porté sur la liste des récompenses nationales et obtint la croix de juillet.
En 1832, lors de l’insurrection des  5 et 6 juin, Fournier qu’enivrait l’odeur de la poudre, figurait dans tous les rangs des insurgés ; il fut blessé de nouveau et transporté à l’Hôtel-Dieu, où le hasard le fit placer dans le lit qu’il avait déjà occupé en 1830. La gravité de sa blessure rendit nécessaire l’amputation de la jambe, et comme il avait eu l’adresse de faire croire qu’il combattait l’insurrection au lieu de la servir, il obtint encore un secours d’argent.
 En 1834, Fournier, malgré sa jambe de bois, fut encore un des instruments de l’insurrection d’avril ; il fut blessé de nouveau et porté à l’Hôtel-Dieu, et là il retrouva son lit  toujours dans la même salle.
 Enfin, dans la journée du 12 mai, Fournier, qui se trouvaits de nouveau parmi les insurgés, blessé encore une fois d’une manière grave, est revenu à l’Hôtel-Dieu, où il est mort dans le lit qu’il occupait alors pour la quatrième fois. » (8)
 
La Bayreuther Zeitung  du 1er juin 1839 renvoie au  Droit et traduit mot à mot la notule de ce dernier.
 
            De toute évidence cette biographie contractait  des éléments de celles de Fournier de Berville et d’un Jean Fournier, insurgé tué en mai 1839.
 
            Il faut dire qu’en mai 1839 L’Ami de la religion signalait parmi  les insurgés reconnus à la Morgue :
 
            « Jean Fournier, ouvrier couvreur, décrotteur  sur le pont au Change, depuis qu’étant tombé d’un toit il avoit  eu la jambe gauche amputée, a été aussi reconnu. Décoré de juillet, Fournier avoit arboré sur l’une des tours de Notre-Dame le premier drapeau de l’insurrection de 1830… » (9)
 
Sans commenter cette juxtaposition,  LCourrier de la Drôme et  de
l’Ardèche, 28 mai 1839, p. 2, 3e col.  reproduira  sur une  seule page les textes du Droit  et de L’Ami de la religion.  Merci à  ce journal de province.
           
Ainsi, un Fournier de synthèse ayant été blessé lors de l’insurrection de juin 1832, rangé  parmi les forces de l’ordre  comme Fournier de Berville,  mortellement blessé en mai 1839,  la  dernière image du kaléidoscope fut la mort simulée de  Fournier de Berville  en  juin 1848.
 
                                                                                              Pierre Baudrier



Notes
 
1) Cf. Bulletin des lois du Royaume de France, IXe série. Règne de Louis-Philippe Ier, roi des Français. IIe partie.- Ordonnances. IIe section.- Ordonnances IIe section.- Tome quatrième, contenant les ordonnances d’intérêt général ou particulières publiées pendant le second semestre de 1833. Nos 63 à 86.- Paris : Impr. Royale, Février 1834, p. 607
2) Journal des débats politiques et littéraires, lundi 18 juin 1832, p. 2, col. 2 et 3
3) En fait, le numéro du lundi 11 juin, p. 2, col. 2
4) Bulletin des lois de l’Empire français. XIe série. Règne de Napoléon III, empereur des Français. Deuxième semestre de 1863, contenant les lois et décrets d’intérêt public et général publiés depuis le Ier juillet jusqu’au 31 décembre 1863. Partie principale. Tome XXII. Nos 1133 à 1169.- Paris : Impr. Impériale, 1864, pp. 446-447 (Brevet 53063 selon l'INPI, information de Yannick VOYEAUD)
5) Information de Mr Guillaume Lévêque
6) Cf. Ledier (Alfred).- Société des sciences industrielles, arts et belles-lettres de Paris. Extrait du rapport fait à la Société, le 25 avril 1862, sur la barre d'attelage de sûreté à l'usage des chemins de fer, inventée par M. Fournier de Berville. [Signé : A. Lédier. 25 avril 1862.].- Paris : Impr. de L. Martinet.- 7 pages
7) Information de Mr Yannick Voyeaud
8) Le Droit. Journal général des tribunaux, 23 mai 1839, 4e année, n° 122 
9) L’Ami de la religion. Journal ecclésiastique, politique et littéraire, n° 3126, mardi 21 mai 1839, p. 348



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MessagePosté le: Ven 23 Aoû - 12:05 (2013)    Sujet du message: Un De Lavau Répondre en citant

LAVAU (Alexandre Guy Charles de) [Machecoul (Loire-Inférieure) 1[sup]er[/sup] novembre 1789 – 7 février 1869 Meslay (Loir-et-Cher)], fils d’Alexandre Guy Pierre et de Charlotte Le Jeune de la Talvasserie, frère du préfet de police Guy Louis Jean-Baptiste Delavau. Il épousa le 15 janvier 1821 Blanche Marie Esther de Delley de Blancmesnil (+ 25 septembre 1825) dont il eut trois enfants : Guy Joseph Henri Gaston (o 19 mai 1822 Paris 11ème), Marie Charlotte Marguerite (o 21 juillet 1824 Paris 10ème + 9 octobre 1825), Marie Charlotte Elisabeth (o 10 septembre 1825). Il fut mousquetaire de la Maison du Roi (1ère cie) le 1er juillet 1814 et accompagna Louis XVIII à Gand. Il eut la cuisse cassée d’un coup de pied de cheval près d’Ath en Belgique. Fourrier-des-logis de la maison militaire du Roi le 1er janvier 1816, garde-à-pied du corps du Roi sergent de 1ère classe (capitaine) le 6 juin 1821, sergent-major (capitaine) le 5 février 1823 et enfin chef de bataillon le 21 décembre 1825 au 3ème Régiment d’Infanterie où ses qualités professionnelles et sa distinction le firent accepter. Quelques semaines auparavant ;il avait perdu à quinze jours d’intervalle sa femme et sa fille Marie Charlotte Marguerite (cimetière du nord du Mont Valérien, ligne 2 n° 7 et 8, Archiv. de la Seine DQ195). Il prit part à l’expédition d’Alger et démissionna après la Révolution de 1830, le 20 août. Il se voua alors aux lettres et à la politique, défendit la liberté de l’enseignement et la liberté religieuse, assista aux congrès de la presse de droite de 1845 et 1846. Directeur de L’Union catholique en 1841, il participe à la fondation de l’Institut catholique, devenu le Cercle catholique. Après février 1848, il adhéra à l’Union électorale et commanda une compagnie de la garde nationale de Paris. Après décembre 1851, il se retira dans le Vendômois et fut membre de la société archéologique et littéraire du Vendômois qu’il présida de 1865 à 1868. Il adhéra également à la Société biblique.
 
Archiv. de la Guerre ; R. de Saint-Venant, Dictionnaire topographique, historique, biographique, généalogique et héraldique du Vendômois, tome II, F-N, 1913-1914, pp. 273-4 ; Polybiblion. Revue bibliographique universelle, 2e année, t. 3, 1ère partie, 1869, pp. 168-169 ; Le Moniteur Universel, n° 314, 10. 11. 1825, p. 1513 ; Bulletin de la société archéologique, scientifique et littéraire du Vendômois, VII, 1868, pp. 13-15, VIII, 1869, pp. 74-77. 


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MessagePosté le: Ven 23 Aoû - 17:31 (2013)    Sujet du message: 1832 Louis Philippe écrase de sa botte les derniers bastions légitimistes Répondre en citant

[Sujets fusionnés. Admin] - Evitons de trop nous disperser Mr. BaudrierWink
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MessagePosté le: Lun 26 Aoû - 18:22 (2013)    Sujet du message: 1832 Louis Philippe écrase de sa botte les derniers bastions légitimistes Répondre en citant

1832 , sous le roi des français


15 août :
L'église Sainte-Geneviève de Paris est retirée au culte et rendue à sa destination de temple des grands hommes, fixée par la Révolution, sous le nom de Panthéon.


16 août :
Charles X et sa famille s'embarquent à Cherbourg pour l'Angleterre.

La Fayette est nommé commandant général des Gardes nationales du royaume.



27 septembre :
La Chambre des députés vote à une forte majorité la mise en accusation des ministres de Charles X responsables des ordonnances du 26 juillet.


30 septembre :
Suppression des 8 000 demi-bourses de 150 francs qui avaient été accordées aux écoles secondaires catholiques.


8 octobre :
Loi mettant en œuvre le principe du jugement par jury pour les délits de presse.
La Chambre des députés vote, par 225 voix sur 246 votants, une adresse au roi l'invitant à présenter un projet de loi abolissant la peine de mort, au moins pour les délits politiques.


11 octobre :
Une ordonnance décide que des récompenses seront accordées à tous les blessés de la révolution de Juillet, que des pensions seront allouées aux parents, veuves et enfants des victimes. Une médaille commémorative est créée pour les participants aux Trois Glorieuses.
Abrogation de la loi de 1825 dite « du sacrilège », punissant de mort les profanateurs d'hosties consacrées.
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