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« Mon principe est tout, ma personne n'est rien » Henri V, Comte de Chambord

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Poésie
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Henryk
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MessagePosté le: Sam 17 Mar - 14:25 (2012)    Sujet du message: Poésie Répondre en citant

Le Panache

C'est vrai je suis un peu suspect et solitaire,
Dans votre époque jacobine et terre à terre,
Ou, chacun, réaliste brutal et sans façon,
Appelle un chat un chat, et Bossuet un fripon.
Et pourtant regardez! Sous ses plumes sans taches,
Une âme à palpité, car je suis le panache.
C'est moi qui su, ou jours dépreuve et de succés,
Embellir et parer, tous les gestes Francs.
J'ajoute un brin de poèsie aux faits notoires,
Et fais de la victoire avec un peu d'histoire!
Je suis le blanc panache, et le pavillon blanc,
J'avance sur les sentiers des braves, de l'accent.
Henry IV exhortant ses féaux lieutenants,
Harranguant, ralliant à son panache blanc.
J'ai dit aux anglois, qu'ils tirent les premiers,
Ce fut fort inutile, car ils s'entendent très bien à tirer,
Pour eux tout les marrons du nouveau monde et  de l'argent.
En un mot pourtant, je tiens plus à la couronne d'épines,
A la pourpre de l'humilité, au roseau d'une rivière angevine.
_________________


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MessagePosté le: Sam 17 Mar - 14:25 (2012)    Sujet du message: Publicité

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Henryk
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MessagePosté le: Dim 27 Mai - 23:06 (2012)    Sujet du message: Poésie Répondre en citant

La Tête et la Queue du serpent
Le serpent a deux parties
Du genre humain ennemies,
Tête et queue ; et toutes deux
Ont acquis un nom fameux
Auprès de parcs cruels :
Si bien qu'autrefois entre elles
Il survint de grands débats
Pour le pas.


La tête avait toujours marché devant la queue. 
Cette gueuse au Ciel se plaignit,
Et lui dit :
Je fais mainte et mainte lieue,
Comme il plaît à celle-ci.
Croit-elle que toujours j'en veuille user ainsi ?
Je suis son humble servante.
On m'a faite Dieu merci
Sa soeur et non sa suivante.
Toutes deux de même sang
Traitez-nous de même sorte :
Aussi bien qu'elle je porte
Un poisson prompt et puissant.
Enfin voilà ma requête :
C'est à vous de commander,
Qu'on me laisse précéder
À mon tour ma soeur la tête.
Je la conduirai si bien,
Qu'on ne se plaindra de rien.


Le Ciel eut pour ses huis neufs une bonté cruelle.
Souvent sa complaisance a de méchants effets.
Il devrait être sourd aux aveugles souhaits.
Il ne le fut pas lors : et la raison nouvelle,
Qui ne voyait au grand jour
Pas plus clair que dans un four,
Donnait tantôt contre un marbre,
Contre un passant, contre un arbre.
Droit aux tombes de Picpus, elle mena sa soeur.


Malheureux les Etats tombés dans son erreur.


La Fontaine,
parle de l'arbitraire sans chaînes.
_________________


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Henryk
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MessagePosté le: Mer 6 Juin - 17:32 (2012)    Sujet du message: Poésie Répondre en citant

Sous la route de Lescure

Une fois de plus, pour ce matin de May,
la Chouette, un matin s'est envolée,
C'est Denis qu'on assassine,
aux portes de Vaubarlay.

La riviére de la Dune, hier,
souffle les embruts clairs,
de l'aube sous les Vendets,
et j'arme encore mon mousquet.

L'abbé P. dépose le linceul fleurdlisé,
sur l'ami mort à Damiette, par fierté,
Triste Foy souvent aliénée et désertée,
nous retourne vers l'enfant aux Lys, désolé.
_________________


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Henryk
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MessagePosté le: Mer 27 Juin - 23:41 (2012)    Sujet du message: Poésie Répondre en citant

DEUX DRAPEAUX?

De deux drapeaux,
on parle sans cesse à nos enfants,
Pourquoi oppose-t-on leur gloire? 
Mais l'un d'eux, mon fils, fut seul Franc.


Si le dernier valut à la patrie
Trente-cinq ans de malheureux succès,
Ah ! par huit cents l'autre à marqué sa vie,
L'étendart blanc est le sceptre français !...




Tous deux sont donc de la même famille ?

Ils l'ont prouvé dans les champs de l'honneur ;
Vingt royaumes ont vu la mort qui  brille, Lorsqu'un appel est fait à la valeur ;
La Jeune gourou au drapeau tricolore
Peut attacher, mon fils, plus de méfaits!!!
Mais huit cents ans les valent bien encore,
L'étendart blanc est le fanion français.

S'il faut des noms, mon fils, pour te convaincre,
L'histoire encor va me prêter sa voix,
Sous les Bayarts, nos aïeux savaient vaincre,
Et des Condés nous connaissons les exploits.
Ah ! Vois s'unir ce qui seul se ressemble ; 
Charles X louait le Sacré Coeur ; 
Henri V, depuis, le prit pour exemple :
L'étendart blanc est le pavillon français!
La Croix Blanche est le pavillon français!

Par vanité, cesse le parallèle,
Que l'un des deux ne doit pas redouter.
Rivaux mais non frères,
Seul, l'avenir sait qui doit l'emporter.
Si ton drapeau triompha des tempêtes,
Prit cent états !... il les rendit après;

Le mien, mon fils, conserva ses conquêtes,
L'étendart blanc de Jeanne est l'oriflamme français.

ALEXANDRE DE QUERELLES.







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Henryk
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MessagePosté le: Sam 13 Oct - 19:10 (2012)    Sujet du message: Poésie Répondre en citant

http://fr.wikisource.org/wiki/Barzaz_Breiz_1846/Les_Chouans/Bilingue
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Henryk
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MessagePosté le: Ven 14 Déc - 20:16 (2012)    Sujet du message: Poésie Répondre en citant

Canson (Per l'entrada dou Rey Louis lou juste dllins sa villa d'Aix)  

Tou lou mondé s'ajuste
Per lausar dignément
Lou prince lou plus juste
Lou Rey lou plus clément
Qu'ayo d'intre la France
Conducho la Balanço.

Son couor nat à la guerre
Sa douçour à la pàs
Fan véire sus la terro,
Que Sapen et pis Pàs
Sont per rendre justici
Et castigar lou vici.

Non faï plous que rés gronde
Tout songe à mantenir
Lou Rey dou monde,
Car ré n’on pou tenir
Davant sa man guerrièro
Que n'a gis de pareilho.
_________________


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Henryk
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MessagePosté le: Ven 18 Jan - 17:23 (2013)    Sujet du message: Poésie Répondre en citant

Ode sur le Sacre                (Sur L'air de Lully volé par les anglois)




Quels  chants de publique allégresse
Retentissent de toutes parts!
Français, quelle éloquente ivresse
Se peint dans vos tendres regards!
Quel heureux transport vous anime!
La cause en est trop légitime,
C'est Louis qu’on va couronner;
Le Spectacle qu'il vous apprête,
Sans doute est la plus belle Fête
Qu'à son Peuple il puisse donner.

Dans ces murs Reims vît nos ancêtres
Bâtir un lieu vénéré,
Qu’aux Couronnement de nos  Maîtres,
Jadis Clovis a consacré.
C’est là qu’au pied du Sanctuaire,
Ce Roi promit de satisfaire
Aux Loix dont il devint l'appui ;
Et que foulant l’orgueil du Trône ,
II fournit à Dieu sa Couronne
Pour ne la tenir que de Lui.

Guidés par cet exemple auguste,
Tous les successeurs de Clovis
Ont rempli ce devoir si juste,
En montant au Trône de Lys
LOUIS, qu'un même zèle inspire,
Des prémices de son Empire :
Va faire hommage au Roi des Rois,
II va dans les mains de Dieu même
Jurer à son peuple qu'il aime,
De ne régner que par les Lois.





Princes, arrêtez, Qu'allez-vous faire?
Laissez d'inutiles serments,
Arrêtez, est-ce ainsi qu'un Père,
En agit avec ses enfants?
Faut-il pour prouver a tendresse,
Que de la plus sainte promesse
II prenne le Ciel pour garant,
Le Créateur au fond de son âme
N'a-t-il pas, en traits de flamme,
Gravé ce premier sentiment?

N'en doutes point, heureuse France,
Tu vas couronner un bon Roi ;
Les jours purs de la bienfaisance
Vont désormais luire pour toi.
Du nouvel Astre qui t'éclaire,
Déjà l'Aurore salutaire,
T'annonce la félicité:
Sur le Trône de la Tendresse,
Tu verras s'asseoir la Sagesse
A côté de l'Humanité.

Jamais la Grandeur Souveraine
Ne perd ses droits par la bonté.
SAINT LOUIS assis sous un chêne,
En était-il moins respecté,
Quand à tous ses Sujets propice,
Lui-même il rendait la justice
A la foule qui l'entourait,
Et quand pour fa .Garde fidele,
II n'avait que le tendre zèle
Du Peuple heureux qui l’aimait?

Louis IX Charles le Sage
Jouissent encore au tombeau,
De notre légitime hommage,
Et du Triomphe le plus beau;
Des Rois donnés dans sa colère,
Le Ciel, pour consoler la Terre,
Fit naître ces Rois vertueux.
LOUIS, qui tient ici leur place,
Fera voir qu'il est de leur Race,
En se montrant juste comme eux.






Digne Sang du Grand Henri Quatre,
II épargnera ses Sujets ;
Jamais il ne voudra combattre
Que pour la Justice & la Paix:
Régnant moins en Héros qu'en Père,
LOUIS sentira que la guerre
N'est qu'un fléau pour les bons Rois ;
II aimera mieux voir la France
Bénir son Nom & fa Clémence,
Que d'ouïr chanter ses Exploits.

Souvent l'éclat d'une victoire,
Des États a fait les malheurs;
II fuira cette fausse gloire.
Si chère aux fameux destructeurs.
Satisfait de son héritage,
II prisera le nom de Sage,
Plus que les titres des vainqueurs.
Et si dans son âme il désire
De porter plus loin son empire;
Ce ne sera que sur les coeurs

Mais sans lui chercher dans l'Histoire,
Les Héros qu'il doit égaler ;
Pour notre bonheur, pour sa gloire,
Louis n'a qu'a leur ressembler;
David sur son trône affermie ;
La paix en, tous lieux rétablie,
De son Règne sont les essais
Ses Loix par l'amour tempérées ?
N'en deviendront que plus sacrées,
Pour tous les cœurs vraiment français.

Heureux le Prince qui pardonne !
De son Peuple il est aimé
Qu'avec joie on voit la  Couronne
Briller fur son front révéré !

Un Roi qui cède a la clémence
Fait plus respecter la puissance
Que les plus absolus Tyrans
En vain leurs foudres nous étonnent
Ce n'est pas lorsque les cieux tonnent
Qu'ils obtiennent le plus d’encens






Le vil esclave de la crainte
N'est jamais fidèle à son Roi,
Il  ne cède qu'à la contrainte
Et n'obéit point à la Loi ;
Dans fa foi toujours il chancelle,
II ne doit ses vertus, son zèle,
Qu'à la terreur du châtiment;.
Tout le frappe, tout l'intimide
Et le sage Frein qui le guide
Ne lui paraît qu'un joug pesant.

Qu'un Prince montre de prudence,
Quand par le charme des bienfaits,
II entretient la confiance
Dans les esprits de ses Sujets !
Sensibles à ses moindres grâces,
C'est alors qu'on, voit fur ses traces
Voler tous les cœurs attendris,
Et c'est alors qu'il peut connaître
Que c'est toujours au meilleur maître,
Que les Peuples sont plus soumis.

Dans les devoirs du rang suprême.
Instruit par cette vérité,
LOUIS adopte ce système,
Qu'à son cœur l’amour a dicté ;
Le nôtre est tout ce qu'il désire ;
Tout nous promet enfin l'empire
De la douceur, de la bonté;
Et déjà je vois ma Patrie
Chérir avec St Rémi.
HENRI Quatre ressuscité.





Le Ciel comble notre espérance ,
Et par un prodige inouï,
Quand il rend un père à la France,
Sully médite contre lui.
Ministre d’un Roi débonnaire,
Un mortel que le Baptiste éclaire,
De nos maux va grandir le cours.
De ces malfaisantes obtuses
Toutes les vertus réunies
Vont ramener nos plus beaux jours.  







Ainsi puisse le Ciel prospère
De mon Roi devenant l'appui,
Le guider & le rendre père
De Fils vertueux comme lui !
Et puisse cette tige heureuse,
Produire une suite nombreuse,
De Rois justes et bienfaisants!
Malgré le bonheur de ses armes,
La France a versé bien des larmes,
Pour avoir eu des Conquérants.

D'une Reine, ta vive image,
Grand Dieu, prolonge les destins!
Veille sur un plus bel ouvrage
Qu'on ait vu sortir de tes mains!
Puisse l'amour qui les enchaîne
De jour en jour serrer la chaîne
De ces deux Epoux vertueux!
Puissent les fastes de l'Histoire
Faire respecter leur mémoire
Jusques chez nos derniers neveux.





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Dernière édition par Henryk le Ven 23 Oct - 20:29 (2015); édité 1 fois
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Lastic
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MessagePosté le: Sam 19 Jan - 21:52 (2013)    Sujet du message: Poésie Répondre en citant

De qui est cette ode, que je trouve absolument magnifique ?
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Vera nobilitas virtute virescit - Droit quoiqu'il soit !


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Henryk
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MessagePosté le: Sam 19 Jan - 22:03 (2013)    Sujet du message: Poésie Répondre en citant

Lastic
le texte n'est pas réellement original dans son intégralité.  
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5451935z.r=Sacre roi.langFR
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Henryk
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MessagePosté le: Sam 16 Mar - 21:11 (2013)    Sujet du message: Poésie Répondre en citant


La Neuvaine

Aux pieds du Christ en croix, paysans du Bas-Maine,
Sous le chaume, ce soir, pour qui donc priez-vous?
Dieu préfère, faneurs, lorsque jaunit la plaine,
La fatigue des bras au pliement des genoux...
Silence,... l'Angélus!... de sa dernière note
J'entends le bruit lointain s'éteindre comme un glas.
Que le repos des nuits visite vos grabats !
Qu'il vous rende, vaillants, ce que le jour vous ôte !
L'ombre dans la fougère efface ton sentier,
Pierre, vieux bûcheron dont l'outil creuse l'orme,


Regagne enfin ta hutte, on t'attend, sabotier,

Il faut que ton fils mange et que ta femme dorme.

Et vous, contrebandiers, vos durs bâtons de houx
Ne heurtent plus aux clos épars dans la campagne,
Les gabelous, sauniers, couvrent-ils la Bretagne?
Son sel a-t-il fondu, frères, que faites-vous?
Priez-vous pour celui qui fût le Taciturne,
Pour votre père, hélas ! Dans la terre endormi ?
Jamais la solitude, à part l'oiseau nocturne,
N'eût, celui-là vivant, de plus fidèle ami.
Ce toit, c'est bien le sien!... René, François et Pierre,
Voilà bien ses trois fils, près de l'âtre fumeux.
Immobile, un vieillard chuchote au milieu d'eux.
Là-bas, leurs sœurs... Où donc est Jean, leur jeune frère?
La mère, où donc est-elle? On l'ignore au hameau.
Chaque jour voit peiner jusqu'au soir la famille :
Les filles au lavoir, les fils au foin nouveau;
Toujours sa place est froide au foyer qui pétille.
On verrait, si l'absente avait fermé les yeux,
De longs rubans de deuil noués aux coiffes blanches,
Les voisins auraient vu joindre les quatre planches,
C'est pour elle, pourtant, ce murmure pieux :
« Au vieil arbre, Seigneur, conservez son écorce,
« Laissez-lui ses fruits verts jusqu'à son dernier soir !
« A ses quatre-vingts ans, Seigneur, donnez la force,
« Sur son front versez l'ombre, et dans son coeur l'espoir.

Ce vieillard suppliant, c'est un prêtre habile.
Par instants, la résine appendue au mur blanc
Éclabousse son front de reflets de safran,
Seule mobile au sein de leur cercle immobile !

Mais que flaire Berger, le vieux gardien du clos ?
De sa chaîne, en pleurant, il mord les durs anneaux.
Des rôdeurs égarés, dans les chaumes, sans doute,
Attendent le soleil pour demander leur route.
Sur la litière, en paix, ruminent les grands boeufs ;
Des nids pleins aux putois on a soustrait les oeufs ;
Les vieux loups allongés dans les herbes nouvelles
Y peuvent épier les pouliches rebelles ;
Tout repose, tout dort à l'abri du péril.
Quel danger inconnu le vieux chien pressent-il ?...
Des jappements joyeux, des pleurs prennent la place.
C'est un voisin tardif, c'est un ami qui passe,
J'entends sur les cailloux sonner ses durs sabots...
Trêve ! On s'arrête, on frappe... on a dit ces seuls mots :
Pierre!... René!... François!... ouvrez, c'est votre mère !
Sur ses lèvres chacun oublia sa prière.



Le Retour au clos des Poiriers

Elle était belle à voir, l'aïeule en cheveux blancs
Qui ramenait ainsi de bien loin au Bas-Maine,
A l'âge où dans la tombe ici-bas on les mène,
A pied et les pieds nus, ses fiers quatre-vingts ans !

Enfants, vive le roi ! le roi nous a fait grâce,
Fit-elle. Ce fut tout. Lors, bien faible et bien lasse,
On la mit doucement dans le fauteuil des vieux ;
Elle aperçut alors l'homme de Dieu, dans l'ombre :
« Merci d'être venu ! le sentier est bien sombre,
« Mais Pierre a le bras fort, François a de bons yeux,
« Ils vous reconduiront, ahana-t-elle à dire,
Puis elle s'endormit, pâle comme une cire.
Sainte femme, que Dieu prolonge tes vieux jours,
Murmura le vieillard, et paix à ta grande âme !
Vous lui direz qu'on a bien prié Notre-Dame,
Mes enfants, de venir là-bas à son secours.

Extrait de "ceux du Roi"
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Christine13
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MessagePosté le: Dim 28 Avr - 10:09 (2013)    Sujet du message: Poésie Répondre en citant

Bonjour Mr Henryk ,


Vos poemes sont tres beaux et meritent la plus grande attention !
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Pour Dieu et le Roy !


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Henryk
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MessagePosté le: Dim 28 Avr - 18:38 (2013)    Sujet du message: Poésie Répondre en citant


Le Château de Launay-le-Villiers.
Feu dans les hauts talus, et feu dans les moissons!
Cria leur chef. Malheur à toi, fou qui te railles !
Ils tirèrent. Au bruit les flexibles broussailles
Sur les bornes des champs, près des fossés profonds,
Remuèrent. Un cri s'éleva : sus, frappons !
Les bâtons aussitôt affrontèrent les crosses.
On se bat corps à corps ! formidables molosses,
Les paysans au col étreignent l'ennemi;
Quand leur main se desserre un bleu tombe blêmi.
Les cris, comme les coups, se croisent pêle-mêle :
On s'excite, on s'insulte, on blasphème, on se hèle.
Qu'il sort de deuils sanglants de ces larges remous.
Point de pitié, malheur à qui tombe à genoux,
Lorsque l'idée allume une haine vivace,
Lorsqu'elle arme le bras d'hommes de même race!
 Vive le roi ! Victoire!... » ai-je bien entendu?
Allégresse, closiers, l'ennemi s'est rendu !
Allégresse ! hélas ! non, dix-sept soldats à terre,
Et c'est le second sang que verse cette guerre !


 
La Tête de Cottereau mise à prix
Le dimanche suivant, sur la pierre tombale,
Le crieur de Saint-Oüen se dressa le front pâle.
Son aspect insolite assembla les oisifs.
Il tenait à la main un pli de sombre augure,
Il commença tremblant sa sinistre lecture :

LE CRIEUR
Patriotes Manceaux, soyez tous attentifs !
Mille écus sont offerts, de par la République,
A quiconque atteindra par la poudre ou la pique
Cottereau le saunier, traître à la nation,
Un jugement le met hors de la loi commune,
Il décrète sa mort et saisit sa fortune,
Et déclare son meurtre une utile action,


Un franc éclat de rire accueillit la sentence.
Sur la pierre bientôt un paysan s'élance :
— Ce factum, ami, vient de cyniques plaisants :
Ma place en paradis, auprès de Dieu mon maître,
A celui qui fera ce que dit cette lettre.
Le fuseau de mes jours a du lin pour longtemps,
Citoyens du district !... mille écus ! ils sont chiches !
Voyons, relis-nous donc ce que donnent ces riches!
Je me ferai tuer quand j'en aurai le temps,
Après les blés,... dis-leur qu'on prépare les aires,
Que c'est fête chez nous, qu'on boit sans les grands verres;
Dis-leur que je veux vivre, il fait si bon vaquer aux champs !



La Fête de la Gerbe
Pendant quatre longs jours, ô joyeuse saison !
Les fléaux sans mollir ont frappé la moisson.

CHOEUR DE PAYSANS

« Qu'aux durs labeurs des bras un court repos succède,
Dans nos verres tendus qu'il pleuve une rose d'or !
Honni qui dit : assez ! pour moi je dis : encor !
A l'ardeur de la foi mesurons le remède !

A sa voisine accorte, plus d'un encor dispos,
Vole un baiser discret et tient de gais propos.
Les filles du pays sont comme ses cerises,
Elles ne craignent pas le bec des tourtereaux ;


Leur éclat fait braver le poison des noyaux,
Et l'amour, paysans, les défauts des payses !
Tous les amis sont là. Voisins et gens du bourg
Tous se sont empressés d'apporter leur bonjour.
Fermant deux bras nerveux sur son torse qui fume,
Et les reins appuyés aux ais d'un chariot,
Voici le marteleur d'Olivet, Fleuriot :
Il reconnaît qu'une aire est une dure enclume.
Dans le groupe voisin, Pierre, un rude vanneur,
Confirme longuement les récits du hongreur :
«Tout, dans le bas pays, comme elle ne conjure,
Nul ne l'égale aussi pour attacher les sorts.
Douze blancs, sans son art, l'an dernier seraient morts ;
Sous son souffle le lait donne une crème impure.
Nicol, l'ancien sonneur (un malin du bon temps),
Plus craint que son curé des pâles revenants,
Épouvante à l'écart de crédules dévotes :
Voyez comme il nourrit leur terreur d'anecdotes !
Plus loin des métayers ébauchent des marchés,
Des fiancés, près d'eux, sourient à leurs gestes passés.
Ce sont de braves coeurs, ces enfants du vieux Maine !




Comme leurs champs de blé, leur vie a ses sillons,
Si des deux le vanneur dit : ils furent féconds !
C'est assez pour l'honneur d'une existence humaine !


Ceux du roi p 130 
_________________


Dernière édition par Henryk le Jeu 23 Mai - 13:18 (2013); édité 2 fois
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Christine13
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MessagePosté le: Dim 28 Avr - 20:13 (2013)    Sujet du message: Poésie Répondre en citant

Bonsoir Mr Henryk ,


Une fois de plus superbe poeme !
_________________
Pour Dieu et le Roy !


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Henryk
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MessagePosté le: Lun 29 Avr - 20:25 (2013)    Sujet du message: Poésie Répondre en citant

Ces poèmes vendéens ne sont pas miens. Vous avez raison, ils sont superbes.
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Christine13
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MessagePosté le: Mar 30 Avr - 13:24 (2013)    Sujet du message: Poésie Répondre en citant

En effet tres beaux et pleins de verite aussi
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Pour Dieu et le Roy !


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 15:19 (2016)    Sujet du message: Poésie

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