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La Bataille d'Azincourt

 
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Henryk
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MessagePosté le: Jeu 2 Aoû - 10:01 (2012)    Sujet du message: La Bataille d'Azincourt Répondre en citant

 (Artois) se déroule le vendredi 25 octobre 1415 pendant la guerre de Cent Ans. Les troupes françaises, de quelque 30 000 hommes, y tentent de barrer la route de Calais à l'armée du roi anglais Henri V, forte d'environ 6 000 hommes, et débarquée dès septembre au lieu-dit Chef-de-Caux, près de la ville d'Harfleur, ville qui d'ailleurs sera prise et occupée pour leur sécurité. La bataille qui s'ensuivra se soldera par une défaite importante pour le camp français : la cavalerie lourde, rendue moins efficace par un terrain boueux et les retranchements anglais, est transpercée par les archers en majorité gallois, équipés de grands arcs à très longue portée.
Cette bataille, où la chevalerie française est mise en déroute par des soldats anglais inférieurs en nombre, sera souvent considérée comme la fin de l'ère de la chevalerie et le début de la suprématie des armes à distance sur la mêlée, suprématie qui ne fera que se renforcer par la suite avec l'invention des armes à feu. Elle sera, en réaction, une cause majeure de l'épopée de Jeanne d'Arc, puis de l'investissement dans l'artillerie qui deviendra une spécialité française

La bataille a lieu dans la clairière entre le bois d'Azincourt et celui de Tramecourt, dans l'actuel Pas-de-Calais (62) près du village d'Azincourt. Le champ de bataille a été un élément déterminant à l'issue de l'affrontement. Au nord, au pied de la colline et dans des champs fraîchement labourés, se trouve l'armée commandée par Charles Ier d'Albret, connétable de France, qui s'y est placé, après une longue poursuite de onze jours, pour interdire le passage vers Calais aux forces anglaises qui ont mené une campagne sur la Somme. La nuit du jeudi 24 octobre se passe sur le terrain pour les deux camps. Une lourde pluie tombe toute la nuit sur les deux armées peu abritées. Le champ de bataille, tout en longueur, est fortement détrempé, particulièrement côté français, placés dans le bas de la colline où coule un ruisseau devenu torrent durant la nuit. Le terrain boueux désavantageait l'armée française composée de nombreux chevaliers en armures dont certains se sont noyés sous leur poids. Le moine français de Saint-Denis dira que les troupes françaises marchaient dans la boue qui s'enfonçait jusqu'aux genoux. Ils étaient déjà vaincus par la fatigue avant même de rencontrer l'ennemi.
Disposition des armées

Position troupes lors de la bataille d'Azincourt
Troupes françaises :
L'avant-garde est composée de bacinets, chevaliers ou écuyers, d'archers (m) d'arbalétriers (n) et d'hommes d'armes à pied (C et Cr) que le connétable (C) conduit.
L'aile droite du comte de Vendôme est composé d'hommes d'armes
L'aile gauche était composée de l'élite des hommes d'armes à cheval (B).
L'arrière garde était le surplus des gens d'armes.
Troupes anglaises :
Les archers(a) sur le devant avec les gens d'armes derrière. les 2 autres ailes sont disposées de la même manière.






Au point du jour, le vendredi 25 (la Saint-Crépin), Henri V dispose sa petite armée (environ 6 000 combattants, dont 5 000 archers et 1 000 hommes d'armes). Il est probable que les trois forces habituelles aient été placées sur une ligne, chacune avec ses archers sur les flancs et les hommes d'armes démontés occupant le centre ; les archers étant placés en avant dans des avancées en forme de coin, presque exactement comme à la bataille de Crécy. Henry V se met en bon chef de guerre à la tête de ses hommes, entouré de sa garde personnelle, dans le corps de bataille principal, formé d'une ligne ininterrompue de combattants sur quatre rangs. Le duc d'York commande l'aile droite, tandis que le sire de Camoys est à la tête de l'aile gauche.

Les archers sont menés par le duc d'Erpyngham, dont une grande majorité se trouve sur les flancs, ainsi que 200 autres archers dans le bois de Tramecourt afin d'empêcher un encerclement par les Français. Enfin, les archers se sont protégés par des rangées de pieux, destinés à briser la charge française.
Un grand nombre de seigneurs français sont présents au point que des bannières durent être repliées car elles gênaient la vue du corps de bataille principal. Les Français, en revanche, sont groupés sur trois lignes et en masse. Ils sont significativement plus nombreux que les Anglais, mais à Azincourt, ils ne peuvent utiliser la puissance de leur charge. Le terrain boueux fait glisser les chevaux lourdement chargés. Les quatre vagues d'attaque successives s'empêtrent les unes dans les autres. L'avant-garde française est composée de 3000 chevaliers, commandée par les grands seigneurs tels que le maréchal Boucicaut (organisateur du plan de bataille qui fut vite oublié !), le connétable Charles d'Albret, le duc d'Orléans, le duc de Bourbon, David de Rambures (grand maître des arbalétriers), le seigneur de Dampierre (amiral de France), Guichard Dauphin, et « autres officiers du roy » (d'après Monstrelet). Le plus puissant d'entre eux, le duc de Bourgogne, Jehan sans peur, est absent; il désirait participer à la bataille et avait même mobilisé des troupes. Le Dauphin en personne avait commandé aux ducs de Bourgogne et d'Orléans l'envoi de 500 hommes d'armes et de 300 archers.

Jehan sans peur interdit à ses vassaux de se rendre à la bataille, ordre qui ne fut bien entendu pas écouté puisque nombre de chevaliers français tués à Azincourt étaient sujets du duc de Bourgogne. Le corps de bataille principal, 150 mètres derrière l'avant-garde, était fort de 4000 hommes commandés par les comtes d'Aumale, de Dammartin et de Fauquembergues.

Ces deux premières batailles étaient constituées d'hommes en armure qui avaient mis pied à terre. L'arrière-garde se composait de combattants de petite noblesse et de combattants de basse naissance (soldats et hommes de traits) soit au total 4100 combattants. Il s'étaient fait reléguer à l'arrière par les grands nobles qui désiraient se réserver toute la gloire d'une telle victoire. De plus, selon les chroniqueurs, l'ost royal refusa l'aide de 4000 arbalétriers génois car il s'estimait bien assez nombreux. Sur les flancs, deux contingents de cavalerie lourde, soit 2400 cavaliers. Son but était de briser les rangs d'archers anglais et de faciliter de cette manière l'attaque des batailles principales.

Des débats courent sur le nombre de Français présents, amenant ainsi un rapport de 1 contre 2 à 1 contre 12, soit environ 270 000 hommes d'armes français. Le nombre le plus raisonnable est celui du Dr. Anne Curry: 13 500 Français. Le royaume de France ne pouvait mobiliser davantage, d'autant plus qu'une partie de l'ost était à Rouen chargée de la protection du roi.

Déroulement
Pendant les trois premières heures après le lever du soleil, il n'y a aucun combat. Des négociations s'engagent. Les Français demandent la renonciation du roi d'Angleterre à la couronne de France. Les Anglais de leur côté demandent l'accès libre à Calais et sont même prêts à rendre les forteresses qu'ils tiennent dans le Nord du royaume de France qu'ils viennent de prendre après un long siège d'un mois, entre autres). Elles échouent. La bataille aura lieu.

 Henri V d'Angleterre fait alors avancer ses hommes de 600 mètres vers les lignes françaises, d'une part pour les provoquer et les faire attaquer, d'autre part pour occuper la partie la plus étroite de la plaine, entre deux forêts. De plus, en se plaçant aussi près, il met les Français à portée des flèches des arcs anglais. Les archers se réfugient derrière des pieux qu'ils ont taillés le soir ou la veille, apportés et plantés dans le sol pour parer les charges de cavalerie. Ils décochent une première volée.

Oubliant les leçons des batailles de Crécy et de Poitiers, les chevaliers français, 1 200 hommes de cavalerie lourde sur chaque aile, chargent les rangs anglais. Mais seuls 900 cavaliers sont à leur poste. Le premier obstacle est le terrain, détrempé par la pluie qui s'est abattue toute la nuit et fraîchement labouré (nous sommes fin octobre), le second obstacle se trouve dans les archers anglais et leurs redoutables capacités. Criblés, cavaliers et montures n'atteignent pas les rangs ennemis. Ceux qui ont réussi sont empalés sur les pieux des archers ou capturés, voire tués.

Sous le poids de leurs armures, les hommes d'armes de l'avant-garde s'enfoncent profondément dans la boue à chaque pas. Ils atteignent cependant les lignes anglaises et engagent le combat avec les hommes d'armes anglais. Pendant un court moment, le combat est intense. L'armée anglaise se voit contrainte de reculer. Henri V est presque mis à terre, la couronne de son heaume voit l'un de ses ornements fendu par le connétable qui a réussi à fendre la garde rapprochée du roi, il est rapidement désarmé. Les archers anglais répondent par d'autres salves. Piégés dans un entonnoir, les Français, embourbés, obligés de baisser la tête face aux flèches, incapables de lever leurs armes dans cette mêlée trop serrée, sont immobilisés. Les Anglais en profitent et pénètrent les rangs français. Les archers délaissent leurs arcs pour des armes de corps-à-corps (épées, haches, maillets, becs de faucons, ...) et entrent dans la mêlée. L'avant-garde française est taillée en pièces en une demi-heure.

Cette première ligne ruinée bat en retraite mais se heurte à la deuxième ligne de bataille française qui entre dans la mêlée, ce qui engendre une confusion monstre. Les cadavres des chevaux et des hommes barrent toute progression et tout assaut. Les Anglais comprennent que la bataille est presque gagnée et cherchent à faire des prisonniers. Contrairement aux ordres d'Henri V, les hommes d'armes anglais profitent de la victoire qui se fait jour et font de nombreux prisonniers espérant en tirer rançon comme c'est alors l'usage, estimant en outre qu'il serait peu chrétien de les tuer.

Les Français reçoivent alors quelques renforts. D'abord, le duc de Brabant, frère de Jean sans Peur duc de Bourgogne, arrive avec onze de ses chevaliers. Il n'attend pas son armure qui doit arriver par convoi, endosse le tabard de son chambellan et fonce dans la mêlée. Puis, dans le dos des Anglais, des cris retentissent. C'est le seigneur d'Azincourt Ysembart, Rifflart de Palmasse et Robinet de Bournonville, avec 600 paysans. Ils s'en prennent aux bagages royaux et s'emparent de l'épée royale, d'une couronne, des sceaux royaux et d'une partie du trésor royal. Pris de la peur d'être attaqué à revers, Henry V donne ordre d'exécuter les prisonniers "sinon les seigneurs" (selon Georges Chastellain). Mais les archers protestent et refusent un tel acte.

Une rançon peut permettre de s'élever socialement et d'apporter richesse et confort à son détenteur. Henry V menace de pendre quiconque refusera d'obéir à ses ordres et charge un écuyer et 20 archers de tuer les prisonniers. En effet, cette charge d'Ysembart d'Azincourt pourrait ramener un peu d'espoir dans les rangs des prisonniers français qui se soulèveraient alors et reprendraient les armes, d'autant plus qu'il s'agit souvent de personnes ayant reçu une bonne éducation militaire, donc constituant une réelle menace. Chaque homme tue son prisonnier. Ils sont égorgés, ils ont le crâne fracassé à la masse d'arme ou à la hache, ou bien enfermés dans des granges auxquelles on met le feu (rapportés par Gilbert de Lannoy qui échappe de peu aux flammes).  Il n'a pas été reconnu par les Anglais en tant que membre de la maison de Bourgogne.
Henry V peut alors se tourner vers le combat principal. C'est alors que la troisième ligne française, bien que sans chef, charge et se brise sur les Anglais et s'enfuit à son tour. Ysembart d'Azincourt et ses hommes battent eux aussi en retraite.
Il est dix-sept heures. La bataille est terminée.


Revenant le lendemain matin sur le champ de bataille, Henry V fait supprimer les blessés français qui ont survécu.

Constat Stratégique


Terre boueuse (bourbier).

Arbalètes : les cordes d'arbalètes françaises étaient trop humides et donc souvent hors fonctionnement. De plus, les arbalétriers étaient mal placés pour tirer.

Jean II le Meingre dit Boucicaut, commandant les troupes françaises, avait établi un plan de bataille la veille au soir avec les grands nobles présents. Il ne put être appliqué en raison de l'impétuosité des chevaliers français, qui préférèrent charger les Anglais, rendant nul le plan de Boucicaut.

Placement en hauteur des Anglais. Les Français chargèrent, de plus à pied, sur une pente boueuse...

Placement des lignes anglaises occupant la place entre les deux bois : plus moyen de les attaquer de côté. Henry V avait placé des hommes dans les bois pour éviter toute approche française par ceux-ci. Les Anglais étaient placés en entonnoir, les Français chargent tout droit, les plaçant ainsi sous les flèches anglaises en tir croisé.

Tous les attaquants français étaient à découvert (de même que les Anglais par ailleurs), et les archers anglais n'avaient qu'à tirer sans cesse devant eux.

Armes de jet : le long bow, un des arcs les plus puissants (pouvant transpercer une armure jusqu'à 100 mètres, bien que les arbalètes soient encore plus puissantes). Cependant, les tirs étaient, à longue distance, des tirs de sape, et non des tirs efficaces, pour blesser les troupes dont l'équipement défensif était léger et les flèches avaient perdu leur puissance contre les chevaliers lourdement armés.

Il faut attendre une centaine de mètres pour que le long bow anglais, d'une puissance allant de 100 à 180 livres, puisse se montrer efficace.

Cadence de tir des archers anglais : de 12 à 14 flèches par minute (les arbalètes ne pouvant tirer que 2 carreaux par minute). De plus, les archers anglais étant positionnés en entonnoir, le tir croisé s'est révélé meurtrier.

Le nombre des cavaliers français à la charge en rangs serrés. Lorsqu'un cheval tombait pendant la charge, le suivant écrasait ou trébuchait fréquemment sur le précédent. Les archers anglais, qui composaient les deux ailes, avaient planté des pieux dans le sol, afin de se prémunir des charges de cavalerie.
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MessagePosté le: Jeu 2 Aoû - 10:01 (2012)    Sujet du message: Publicité

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Koltchak
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MessagePosté le: Sam 4 Aoû - 00:46 (2012)    Sujet du message: La Bataille d'Azincourt Répondre en citant

Il ne faut pas rester sur une défaite : http://koltchak91120.wordpress.com/2012/04/15/15-avril-1450-la-bataille-oubliee/
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REQUETE CARLISTE
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MessagePosté le: Jeu 9 Aoû - 09:05 (2012)    Sujet du message: La Bataille d'Azincourt Répondre en citant

Merci Henryk pour ce descriptif de cette bataille tant connu pour la finalité de la défaite des chevaliers français face à l'ennemi anglais. Mais le contenu du texte nous permet d'en comprendre le déroulement et les acteurs..... 
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Hugues de Payns
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MessagePosté le: Jeu 9 Aoû - 17:50 (2012)    Sujet du message: La Bataille d'Azincourt Répondre en citant

l'armée anglaise était plus disciplinée et mieux organisée, avec les archers ils ne pouvaient que gagner sur un terrain qui ne permettait pas le déploiement rapide de la cavalerie française. Mais bon la guerre de cent ans s'est bel et bien terminée par la victoire des Français!

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Mavendorf
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MessagePosté le: Jeu 9 Aoû - 21:01 (2012)    Sujet du message: La Bataille d'Azincourt Répondre en citant

Hugues de Payns a écrit:
l'armée anglaise était plus disciplinée et mieux organisée, avec les archers ils ne pouvaient que gagner sur un terrain qui ne permettait pas le déploiement rapide de la cavalerie française. Mais bon la guerre de cent ans s'est bel et bien terminée par la victoire des Français!

Un mal engendre toujours un plus grand bien ; de la même manière les défaites apportent les plus belles victoires et reconquêtes. Ce passage de notre histoire de France nous renseigne sur l'attitude d'une chevalerie un peu trop sûre d'elle même, qui se retrouva la victime d'un ennemi qu'elle avait fortement sous-estimé, voir traité avec condescendance. Chose qu'il ne faut jamais faire...!

D'ailleurs le scénario se répète inéluctablement pour notre pays depuis plus de deux siècles, toujours avec la même justice divine depuis la chute de la Monarchie Traditionnelle, pour se poursuivre aujourd'hui sous nos yeux avec "l'élite" politique dominante actuelle, imbue d'elle même, qui considère (quand elle n'est pas vendue aux théories du Super Etat mondial des puissances apatrides) les autres civilisations conquérantes avec le même état d'esprit que la chevalerie d'Azincourt... (Japon, Inde, Chine, colonisation islamique)
De plus les "grands intellectuels" de notre temps ne se gênent pas pour rire de nous, les nostalgiques de l'ancien régime, nous expliquant de ne pas nous en faire, parce que rien ne peut raisonnablement rivaliser avec la France "Républicaine"... 

"Rira bien qui rira le dernier", vous connaissez le diction.

Mort de Rire
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Va, va et advienne que pourra...



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MessagePosté le: Aujourd’hui à 09:38 (2016)    Sujet du message: La Bataille d'Azincourt

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