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« Mon principe est tout, ma personne n'est rien » Henri V, Comte de Chambord

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300 zouaves pontificaux sous la bannière du Sacré Coeur ( Loigny 1870)
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Henryk
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MessagePosté le: Dim 26 Aoû - 23:39 (2012)    Sujet du message: 300 zouaves pontificaux sous la bannière du Sacré Coeur ( Loigny 1870) Répondre en citant

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5487510f/f6.image.r= général Sonis.la…





MONSEIGNEUR,

Il m'est doux de déposer cet éloge devant vous sur leur tombe. Votre Grandeur a donné à mes paroles une bénédiction dont je sais la tendresse, et sa présence compensera l'insuffisance de ce discours en apportant à ces héros un hommage plus digne d'eux : celui de l'Église de France...

L'Évêque de Jeanne d'Arc à Loigny. c'est la rencontre des plus grands souvenirs de notre histoire. La bannière qui flotta à Patay a sa place ici, à côté de celle du Sacré-Coeur. L'une a été à la victoire, l'autre à la défaite, toutes deux à l'honneur; et, votre présence, Monseigneur, le proclame bien haut, nous ne les séparons ni dans notre admiration ni dans notre amour...

Une inspiration chrétienne et française en a fait un sanctuaire. On y pleure, mais on y prie ; on y vient retremper son âme et relever ses espérances ; et ces ossements sacrés, placés sous un autel comme ceux des martyrs, semblent se ranimer pour parler de Dieu et du Royaume : post mortem prophetaverunt.

Tout d'ailleurs, ici, a le même langage : et ces plaines, où chaque sillon a été témoin d'une action héroïque, où chaque ferme, chaque petit bois a désormais un nom qui appartient à l'histoire, et ces monuments de granit, ces croix et ces colonnes qui élèvent jusqu'au ciel la vaillance des morts et la piété des vivants; et cette église, remplie et ingénieusement ornée des restes de la bataille, et ces peintures qui en retracent les plus émouvants épisodes, tout raconte les souvenirs du passé et ranime les espérances de l'avenir.

Ces souvenirs et ces espérances, je voudrais, Messieurs, les recueillir avec vous en ce jour et dans ce lieu, je ne puis pas vous parler d'autre chose.

Les soldats de Loigny ont servi la France en mourant pour elle, ils la servent encore en lui disant du fond de cet ossuaire de ne pas désespérer d'elle-même; j'essaierai, de le rappeler et ce sera mon seul hommage à leur mémoire.


Valmy, Crécy et Azincourt, "Waterloo et Sedan, Marengo Madrid et Saragosse, noms lamentables de conquêtes qu'on voudrait effacer de la carte et arracher de notre histoire, s'il n'était pas nécessaire de les faire apprendre à nos enfants comme un avertissement et une leçon.

Le nom de Loigny ne nous fait pas baisser la tête comme ces noms-là !
Quand nous le prononçons, ce n'est pas sans tristesse, mais ce n'est pas non plus sans fierté. Il ne rappelle pas une victoire,, mais il rappelle quelque chose de plus beau que la victoire, je veux dire le courage indomptable, les sacrifices sublimes, l'amour de son Royaume poussé jusqu'à l'héroïsme. Nous parlons -de Loigny et des vaincus du 2 décembre 1870, comme les Israëlites parlaient de leurs Macchabées, le front haut, l'âme fière et pleine d'espérance.

S'ils n'ont pas sauvé nos frontières, ils ont sauvé ce qui nous est plus cher encore, notre vieil honneur et le renom séculaire de la bravoure française; que dis-je? Ils lui ont donné par leurs exploits chevaleresques un nouvel et immortel éclat. Ils n'ont pas pu vaincre, mais ils ont su mourir, et en mourant, ils ont fait des prodiges : in morte miràbilia operati sunt.

Leur mort a excité l'admiration de leurs contemporains, et tandis que nous donnons à peine, même à nos victoires, un souvenir fugitif, leur glorieuse défaite nous enthousiasme encore, et, après dix-neuf ans, elle nous ramène à leur tombeau comme à un pèlerinage national : ossa ipsorum visitata sunt....

.....A notre aile gauche,
de Sonis accourt au bruit du canon, son avant-garde vole de Patay à. Guillonville, et lui-même est à Villepion avec l'élite du 17e corps. Arrive-t-il à temps pour ressaisir la victoire? Comment ne pas l'espérer en le voyant à cheval, le sabre au clair, le feu dans le regard, impassible au milieu des obus, haranguant ses soldats avec l'éloquence des capitaines comme Saint Maurice et la foi des preux du moyen âge ?

D'un coup d'oeil, il a jugé la situation. Il faut dégager le 37e et marcher sur Loigny. L'entreprise est périlleuse et elle effraye les courages vulgaires. Le général s'adresse à des braves, aux mobiles bretons, aux francs-tireurs, et, avant tous les autres, à ce petit bataillon pressé autour d'un étendard qui ressemble à une bannière et à un drapeau. Qui sont ces soldats ? Sont-ce des zouaves de Lamoricière ou des croisés de Saint-Louis? L'un et l'autre à la fois. Hier, ils se battaient pour l'Église et versaient leur sang à Castelfidardo, aujourd'hui ils vont le verser pour la France et lui montrer comment meurent les derniers représentants de la chevalerie.

— Vous du moins, leur crie Sonis, vous ne m'abandonnerez pas !

— Général, vous nous menez à une fête.

Et les deux chefs s'embrassent, et au cri de « Vive le Sacré-Coeur » et « Vive la France » la légion des volontaires de l'Ouest part, le front haut et la bannière au vent. .
L'ennemi a débordé Loigny de toutes parts, il couvre la plaine et la sillonne de ses projectiles; la troupe héroïque avance comme sur un champ de manoeuvre, elle emporte en courant la ferme de Villours, elle arrive à ce petit bois de lilas et de cytise auquel elle a donné un nom impérissable. Les zouaves s'y précipitent, la baïonnette au bout du fusil, et en chassent les Prussiens. Leurs rangs s'éclaircissent à chaque pas ; mais qu'importe? Ils ne connaissent qu'un cri : en avant, en avant !

Enfin les voilà à Loigny. Us prennent d'assaut les premières maisons, et l'étendard du Sacré-Coeur flotte dans vos rues. C'en est fait, n'est-ce pas? Le 37e et les zouaves pontificaux vont se donner la main et s'embrasser comme Sonis et Charette le faisaient tout à l'heure, et, une fois réunis, que ne feront- ils pas? Qui tiendra devant eux? Voyez.-vous les Prus- siens, que tant d'aujace étonne, et qui fuient devant ceux qu'ils appellent les hirondelles de la mort?

Non, hélas ! la jonction ne se fera pas. Ce n'est pas le courage qui manque : l'héroïsme même des zouaves leur dérobe la victoire. La bannière du Sacré-Coeur est entrée
dans Loigiry ; mais autour d'elle, il n'y a plus d'officiers, il n'y a plus de soldats. Sonis est tombé, Charette tombera dans un instant; de Troussures n'est plus là, ni de Ver-
thamon, ni de Bouillé, ni tant d'autres ; tous ont été frappés dans cette marche à travers la mitraille, et, Loigny conquis, il ne reste personne pour le garder.

Ah ! s'ils avaient été cinq cents ! 
Il fallut rapporter à Villepion la bannière ensanglantée: l'ennemi du moins n'osa pas la poursuivre. Il fallut aussi, hélas, laisser le 37e presque seul dans Loigny.
Déjà, mes Frères, vos maisons étaient en proie à l'incendie ; à chaque instant une toiture prenait feu, un pan de mur croulait, et les braves qui n'avaient pas reculé devant les boulets étaient obligés de reculer devant les flammes.

C'est alors qu'ils eurent une inspiration sublime. Décimés, épuisés par dix heures de combat, couverts de sang, ne pouvant plus ni vaincre ni vous sauver, ils voulurent au moins mourir héroïquement et chrétiennement. Ils serrèrent leur rang autour de l'église, et leur dernier champ de bataille fut le cimetière. ( les cimetierres chrétiens autour des églises par la loi de 1901 furent envoyés dans les talus des faubourgs)

Un cimetière, une église, c'est tout ce qui leur restait de la patrie ! Et la France, vaincue, mais fière de ses enfants, n'avait plus d'autre refuge à leur donner. Elle leur offrait cela, un cimetière, une église, c'est-à-dire la mort et l'immortalité !

Messieurs, comment refuser notre admiration et nos larmes à ce spectacle? Il était nuit, au milieu du village en flammes, au bas du modeste clocher tristement illuminé par cet embrasement, au milieu des croix et des tombes éclairées par les lueurs sinistres de l'incendie, autour de la petite église encombrée de mourants, le valeureux régiment se battait toujours; il épuisait jusqu'aux munitions de ses blessés, et à sept heures du soir, ses derniers survivants tiraient encore comme.pour donner à la France leur dernière cartouche et la dernière goutte de leur sang.

Ainsi finit la journée de cette charge héroique de la banière et des zouaves pontificaux.
_________________


Dernière édition par Henryk le Ven 28 Juin - 10:37 (2013); édité 4 fois
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MessagePosté le: Dim 26 Aoû - 23:39 (2012)    Sujet du message: Publicité

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Henryk
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MessagePosté le: Lun 27 Aoû - 21:50 (2012)    Sujet du message: 300 zouaves pontificaux sous la bannière du Sacré Coeur ( Loigny 1870) Répondre en citant

CANTIQUE AU SACRÉ-COEUR  1870 — LOIGNY — 1891

(Air de la Vendéenne)

I
Jeunes Français, jeunes Chrétiens,
Jetons notre cri de vaillance :
Vive le Christ, vive la France !
Bientôt nous serons leurs soutiens. bis.

REFRAIN

Coeur de Jésus, coeur du Dieu de la France,
Nous te vouons et nos bras et nos coeurs ;
Oui la jeunesse est l'espérance,
Compte sur nous, rends-nous vainqueurs. bis.

II

Tu daignas jadis te donner,
Coeur divin, à notre patrie ;
Et quand le malheur l'a meurtrie,
Tu n'as pas su l'abandonner. bis.

III

Ici sur nos champs étonnés,
Un jour resplendit ta bannière,
Ombrageant la rouge poussière,
Où tombaient nos frères aînés. bis.

IV
Ils étaient forts, ils étaient beaux,.
Bravant, le front haut, la mitraille ;
Ils te voyaient, et la bataille
Semblait une fête aux héros. bis

V
Près des vieillards aux cheveux blancs
Volant aux derniers sacrifices,
Des enfants offraient leurs prémices,
Et tous t'acclamaient souriants ! bis.


VI
Ils sont tombés, mais leur trépas
A fait d'eux des martyrs sublimes ;
Et quand on pense à ces victimes,
On est fier, on ne pleure pas. bis.

VII

Le temps consacre leur tombeau,
Et grandit leur sainte mémoire ;
Après vingt ans, oui, c'est leur gloire
Qui flotte encor dans ce drapeau. bis.

VIII

Ici nous la laissons près d'eux,
Coeur de Jésus, ta noble image,
Gomme un trophée et comme un gage
De leur valeur et de nos voeux. bis.

IX
Jeunes gens, nous serons demain
Ce qu'ils furent pour notre France :
Inspire-nous donc leur vaillance,
Et guide-nous dans leur chemin. bis.

X
Et pour nous rendre chaque jour,
Plus dignes des luttes futures,
Mon Dieu, garde nos âmes pures,
Et fais les croître en ton amour ! bis.
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Henryk
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MessagePosté le: Ven 14 Déc - 19:55 (2012)    Sujet du message: 300 zouaves pontificaux sous la bannière du Sacré Coeur ( Loigny 1870) Répondre en citant

Prière du général de Sonis
Mon Dieu, me voici devant vous, pauvre, petit,  et dénué de tout , je suis la a vos pieds, plongé dans mon néant.

Je voulais avoir quelque chose à vous offrir, mais je ne suis, non, que misère.

Vous, vous êtes mon tout. Vous êtes ma richesse.

Mou Dieu, je vous remercie d'avoir voulu que je ne fusse rien devant vous, l'une mon humiliation, l’autre mon néant.

Je vous remercie d'avoir éloigné de moi quelques satis actions et quelques consolations de cœur

 

Je vous remercie des déceptions, des inquiétudes, des humiliations. Je reconnais que j'en avais besoin, et que ces biens auraient pu me retenir loin de vous.

O mon Dieu, soyez béni quand vous m'éprouvez.

J'aime à être brisé, consumé, détruit par vous. Anéantissez-moi de plus en plus en vous

Que je sois à l'édifice non pas comme la pierre travaillée et polie par la main de l'ouvrier, mais comme le grain de sable obscur, dérobé à la poussière du chemin.

Mon Dieu, je vous remercie de m'a voir laissé entrevoir la douceur de vos consolations. Je vous remercie de m'en avoir prive. Tout ce que vous faites est juste, est bon.

Je vous bénis de mon indigence. Je ne regrette rien, sinon de ne vous avoir pas assez aimé. Je ne désire rien, sinon que votre volonté soit faite.

Vous êtes mon maître, et je suis votre propriété. Tournez et retournez-moi. Détruisez et travaillez-moi. le veux être réduit à rien pour l'amour de vous.

0 Jésus! Que votre main est bonne, même au plus fort de l'épreuve! Que je sois crucifié, mais crucifié par vous!

Ainsi soit-il.

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MessagePosté le: Ven 15 Mar - 13:53 (2013)    Sujet du message: 300 zouaves pontificaux sous la bannière du Sacré Coeur ( Loigny 1870) Répondre en citant

Marie-Gabriel-Joseph du Bourg
est né le 25 novembre 1842 à Toulouse. Il s'engagea dans les Zouaves pontificaux en 1860, y entra comme sergent-major pour la campagne de 1870 contre la Prusse. Il fit partie de l'entourage de Monseigneur le comte de Chambord, Henri d'Artois (1820-1883), à partir de 1864 et fut nommé en 1875 son représentant dans les onze départements du Sud-Ouest. Il assista aux entrevues d'Henri d'Artois et de Philippe d'Orléans (1838-1894) à Frohsdorf en 1873 et 1883. Il publia en 1910 Les Entrevues des princes à Frohsdorf, 1873 et 1883.

En 1934 une réunion de 400 carlistes se tint en présence d’Alphonse Charles de Bourbon à Mondonville (Haute-Garonne), dans sa propriété. Alphonse Charles de Bourbon affectionnait beaucoup cet ancien serviteur d’Henri d'Artois.



Son épouse était Marie-Anne-Françoise-Caroline-Joséphine de Maistre, fille de Jean-Charles-Xavier-Marie comte de Maistre, commandeur de Grégoire XVI, et de Pholoé-Juliette-Françoise Asselin de Villequier. (Marie de Maistre était issue par alliances des maisons: Asselin de Villequier, de Montigny, de Sieyès, de Morand, de Mootz, de Seyssel...). Son bisaïeul paternel était le célèbre écrivain et philosophe catholique le comte Joseph de Maistre. Elle se maria le 4 octobre 1875, au château de Beaumesnil (Eure); et le contrat fut signé par Monseigneur le comte de Chambord et par Madame.
Leurs enfants sont :
  • Joséphine-Françoise-Caroline-Marie-Thérèse du Bourg, née à Beaumesnil le 13 juillet 1876, filleule de Monseigneur le comte de Chambord et de Madame ;
  • Marie-Caroline-Joséphine-Françoise du Bourg, née à Beaumesnil le 18 février 1878 ;
  • Marie-Joseph-Pie-Armand du Bourg, né à Beaumesnil le 10 juin 1880 ;
  • Marguerite du Bourg ;
  • Joseph du Bourg ;
  • Charles du Bourg ;
  • Michel du Bourg.

Joseph du Bourg est décédé au château de Mondonville le 18 avril 1936.
Maison du Bourg : branche des seigneurs de Lapeyrouse, de Belbèze, de Rochemontès, de Mondonville, etc., venue d'Auvergne en Languedoc.
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Henryk
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MessagePosté le: Dim 17 Mar - 12:19 (2013)    Sujet du message: 300 zouaves pontificaux sous la bannière du Sacré Coeur ( Loigny 1870) Répondre en citant


 In nomine Patris, et Filii et Spiritus sancti. Amen.

Après avoir longtemps réfléchi, et en présence de ma madone de Vicovaro, en qui j'ai toute confiante, je déclare que je désire toujours être soumis à la sainte volonté de Dieu.

Je veux :


1° que toutes les indulgences que je pourrai gagner soient appliquées aux âmes du purgatoire;

2° que tous les mérites que je pourrai avoir leur soient également appliqués; 3° que toutes les
prières ou messes que l'on pourra faire dire pour moi, avant ou après ma mort, servent aussi à leur soulagement. -


Espérant de la bonté divine que ces âmes, pour lesquelles je me dévoue complètement, me serviront à leur tour de médiatrices auprès de Dieu et de sa sainte Mère, pour m'épargner les longues souffrances que m'auraient méritées mes péchés, je désire néanmoins que ceux qui ouvriront ce papier après ma mort fassent célébrer toutes les messes qu'ils auraient fait dire sans cela.

En foi de quoi je signe ce papier après en avoir donné connaissance à mon confesseur seul.

» Fait à Frascati, à la suite de mes réflexions lors de la mort de madame de Charette, le 27 janvier 1865. »

Testament extrait de "Les zouaves Pontificaux" Gallica
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Henryk
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MessagePosté le: Ven 28 Juin - 10:32 (2013)    Sujet du message: 300 zouaves pontificaux sous la bannière du Sacré Coeur ( Loigny 1870) Répondre en citant


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MessagePosté le: Ven 28 Juin - 10:44 (2013)    Sujet du message: 300 zouaves pontificaux sous la bannière du Sacré Coeur ( Loigny 1870) Répondre en citant

Lieux où le Régiment a conquis son glorieux renom :
Lorette,
Castelfidardo,
Ancône,
Spoleto (Ponte Correze),
Monte Lupino,
Valentano,
Bagnorea,
Monte Libretti,
Nerola,
Farnese,
Seristori,
Villa Secchini,
Monte Rotondo,
Mentana,
siégé de Rome 1870,
Cercottes,
Brou,
Patay,
Le Mans.

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MessagePosté le: Ven 28 Juin - 21:18 (2013)    Sujet du message: 300 zouaves pontificaux sous la bannière du Sacré Coeur ( Loigny 1870) Répondre en citant

 
Citation:
Groupés autour d’une blanche bannière dont le général a fait son fanion, accompagné de francs-tireurs de Tours et de Blidah, ainsi que d’un bataillon des mobiles des Côtes-du-Nord, ils se portent fièrement en avant, ne doutant pas qu’ils seront immédiatement suivis. Hélas ! quelques hommes à peine se décident à se détacher des rangs qu’ils ont franchi, la masse demeure complètement inerte. Eux n’hésitent pas, cependant. L’arme sur l’épaule, la tête haute, sous les éclats de l’artillerie, ils franchissent, sans tirer un coup de fusil, douze à quinze cent mètres en avant de Villepion, enlèvent la ferme de Villours, et tout à coup se trouvent à cent mètres d’un petit bois d’acacias, dans lequel se sont abrités deux régiments bavarois qui les criblent de balles. Alors, et comme pris de vertige, sous une pluie de fer, ils s’élancent à la baïonnette. Et leur élan est irrésistible. C’est l’ouragan qui passe. Rien ne l’arrête. Et les bavarois, poussés l’épée dans les reins, jettent leurs armes, se constituent prisonniers ou s’enfuient en déroute. Un pas encore. Trois cent mètres peut-être. Le village est là. Le 37e et les chasseurs y résistent toujours. La charge se fait plus terrible encore. Vainement plusieurs batteries crachent la mort. Elles enfonce murs et clôtures et s’empare d’une vingtaine de maisons. Mais de nouvelles masses ennemies, ramenées par le général de Treskow, débordent de tous les côtés. Il y a dix mille hommes, peut-être, soutenus par une formidable artillerie, contre une poignée de héros. Vingt contre un ! On refuse de se rendre. Mais il faut battre en retraite, combattre toujours et semer le sol de morts et de blessés qui demeurent là, comme autant de témoins de l’héroïsme du sacrifice. Dans l’acharnement de la lutte, trois fois le glorieux fanion s’est affaissé, trois fois il a été fièrement relevé, couvrant de sa surnaturelle blancheur ces rudes croyants qui, pour le salut de la patrie, offrent virilement tout leur sang au coeur même du divin Rédempteur.
« Coeur de Jésus, sauvez la France ! » C’est le cri suprême ; et le sacrifice est consommé. L’honneur est satisfait !
Puis, c’est la nuit, l’ennemi ose à peine une courte poursuite ; le feu cesse ; le champ de bataille s’éclaire seulement des lueurs de l’incendie qui dévore le village. Et la neige tombe glaciale, contrastant horriblement avec ces gerbes de feu qui s’élancent au ciel, dans une inconsciente protestation. Et sous cette neige, gisent pêle-mêle, à côté des plus obscurs de nos soldats, les fi ers représentants de la noblesse de France, les uns et les autres enveloppés du même linceul, tous tombés pour la patrie ! Huit cents hommes, trois cent zouaves avec le colonel de Charrette, cent cinquante francs-tireurs et trois cent cinquante mobiles avec le capitaine Hildebrand ont, ainsi qu’un ouragan, passé sur une armée soutenue par une formidable artillerie. Ils ont, pendant une heure, forcé la victoire, et ne l’ont définitivement perdue qu’avec la dernière goutte de leur sang, dans l’abandon de ceux qui devaient au moins les soutenir. Huit cents soldats ont battu la charge. Quatre cent dix-huit zouaves, parmi lesquels dix officiers, cent quarante mobiles et soixante et un francs-tireurs, sont demeurés sur le terrain. Et parmi eux, le héros, le général de Sonis. L’un des premiers, presque certainement à bout portant, il est atteint d’une balle qui lui brise horriblement la cuisse. Il tombe et demeure là, sur le sol glacé, refusant tout secours avant l’issue du combat ; puis il est forcément délaissé et soutenu seulement, ainsi qu’il l’a lui-même écrit sur mon carnet, par sa confiance en Dieu.
-Je n’ai pas perdu connaissance, dit-il ; j’ai, pendant toute la nuit, conservé le plus grand calme, ce que j’attribue à un secours particulier de la sainte Vierge que je n’ai pas cessé de prier.
Une telle confiance, une si parfaite résignation ont fait reculer la mort. Mais combien, hélas ! qu’une rapide intervention eut pû lui arracher, et qui la subirent là, sous les tortures du froid et de l’abandon, autant sans doute que leurs blessures ! Il y a là aussi, tout près de lui, son second, le colonel de Charrette, que la chute de son cheval a pu seule arrêter dans la charge qu’il a conduite malgré sa blessure ; le commandant de Troussure, que de misérables rôdeurs achèvent tardivement à coups de crosse ; le sergent de Verthamont, le comte de Bouillé, le caporal de Cazenove, qui successivement sont tombés sous le glorieux étendard ; les capitaines Vetch, de Boischevalier, de Gastebois, de Ferron, le duc de Luynes, les lieutenants de Charrette, de Vogüe, de Mauduit, Garnier et quatre cents autres dont le souvenir demeure impérissable de gloire et d’espérance.

 

Texte extrait de Carnet de campagne d’un aide-major par le docteur Challan de Belval, édité chez Plon en 1902.


Volontaires de l’Ouest (Zouaves pontificaux) engagés à la bataille de Loigny (2 décembre 1870)

Colonel Athanase Charles Marie, baron de CHARETTE de la CONTRIE
(03/09/1832 - 09/10/1911)
Lieutenant Colonel Commandant Marie Ferdinand LE CARON de TROUSSURES
(02/06/1831 - 02/12/1870)


Porteurs de la bannière du Sacré-Coeur avec la devise : « Coeur de Jésus, sauvez la France » :
Sergent Martial Marie Louis Henri, comte de VERTHAMON
(19/02/1833 - 02/12/1870)
Fernand Louis Marie Claude Arthus Herménée, comte de BOUILLÉ
(08/03/1821 - 02/12/1870)
Jacques Marie Artus Amour, comte de BOUILLÉ (fils du premier)
(1844 - 02/12/1870)
Caporal Edouard Pierre Michel de CAZENOVE de PRADINES
(31/12/1838 - 31/08/1896)
de TRAVERSAY
Aumônier Père DOUSSOT
LE PARMENTIER
Sergent LANDEAU


1er bataillon (6 compagnies) :
Commandant Hippolyte de MONCUIT de BOISCUILLE
Capitaine Bertrand de FERRON
Aumônier Père DOUSSOT, dominicain
Capitaine Albert Edouard François de GASTEBOIS
(04/10/1842 - 02/12/1870)
Lieutenant Ferdinand de CHARETTE de la CONTRIE
Lieutenant Edouard LE PAGE du BOISCHEVALIER
(... - 02/12/1870)
Lieutenant Paul de la BEGASSIERE
(... - 02/12/1870)
Sous-lieutenant Robert VETY
(... - 02/12/1870)
Sergent major Jean, marquis de BELLEVUE
(14/04/1850 - 02/12/1870)
Sergent major Théodore WIBAUX
(13/02/1849 - 10/06/1882)
Sergent Fernand de FERRON
(12/02/1840 - 02/12/1870)
Sergent Marie Gabriel Paul, vicomte de FORESTA
(07/05/1838 - 19/09/1897)
Charles Honoré Emmanuel d’Albert, duc de LUYNES et de CHEVREUSE
(22/06/1845 - 02/12/1870)
Armand du BOURG
Joseph HOUDET
SAULNIER
de VILLEBOIS
Aymard de BARRY
WAGNER
COURDOUX
de HARSCOUET
de LAGRANGE
TULANE
MAUDUIT
PLESSIS
de PONTOURNY
François QUERE
Joseph SERIO
Henri SOUFFRANT
...


1er bataillon des Volontaires de l'Ouest


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Henryk
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MessagePosté le: Ven 28 Juin - 22:13 (2013)    Sujet du message: 300 zouaves pontificaux sous la bannière du Sacré Coeur ( Loigny 1870) Répondre en citant

Vous n'avez pas oublié quelqu'un, VFH?
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MessagePosté le: Ven 28 Juin - 22:26 (2013)    Sujet du message: 300 zouaves pontificaux sous la bannière du Sacré Coeur ( Loigny 1870) Répondre en citant

Oh c'est fort possible ; ils étaient 300 zouaves pontificaux sur le champ de bataille de Loigny...

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Henryk
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MessagePosté le: Ven 28 Juin - 22:36 (2013)    Sujet du message: 300 zouaves pontificaux sous la bannière du Sacré Coeur ( Loigny 1870) Répondre en citant

Le général de Sonis n'était pas là?
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MessagePosté le: Ven 28 Juin - 22:43 (2013)    Sujet du message: 300 zouaves pontificaux sous la bannière du Sacré Coeur ( Loigny 1870) Répondre en citant

Bien-sûr. Mais il était le général du 17ème Corps d'armée, et non pas l'un des Volontaire de l'Ouest, comme ceux que je mentionne. Ce qui ne l'empêcha pas d'être héroïque durant la bataille en fonçant en première ligne, et de mourir en brave et en bon catholique.

Général Louis Gaston de SONIS
(25/08/1825 - 15/08/1887)


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Henryk
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MessagePosté le: Ven 28 Juin - 23:06 (2013)    Sujet du message: 300 zouaves pontificaux sous la bannière du Sacré Coeur ( Loigny 1870) Répondre en citant

Le général de Sonis, cet officier très pieux est connu aussi pour avoir combattu en 1870 à la tête des Zouaves pontificaux et des Volontaires de l'Ouest sous l'étendard du Sacré-Cœur de Jésus et la devise Miles Christi (soldat du Christ), aux côtés du futur général de Charette. Grièvement blessé lors du combat, il passa la nuit (-20°) sur le champ de bataille de Loigny à rassurer les soldats blessés eux aussi autour de lui. On lui amputa la jambe le lendemain de ce funeste 2 décembre 1870. Il est anobli par le pape Léon XIII et est titré comte romain et de Sonis en 1880.
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V.F.H.78
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MessagePosté le: Sam 29 Juin - 06:04 (2013)    Sujet du message: 300 zouaves pontificaux sous la bannière du Sacré Coeur ( Loigny 1870) Répondre en citant

En effet. Grièvement blessé et après avoir passé la nuit dans le froid polaire sur le champs de bataille, le général de Sonis, qui aurait dû mourir cette nuit-là, fut sauvé par la Sainte Vierge.



Quant au colonel de Charette (on le voit ce jour-là sur mon avatar), il fut lui aussi laissé blessé sur le champs de bataille puis capturé par l'ennemi. Il parvint à s'évader.

Citation:


Je restais, poursuit Sonis, à la tête des zouaves pontificaux qui faisaient une résistance héroïque. Je ne voyais pas paraître la 3e division (Deflandre) que j’avais envoyé chercher et à part l’amiral Jauréguiberry qui tenait toujours à Villepion, je n’avais aucune nouvelle du 16e corps (Chanzy). Que devais-je faire alors? Je ne voulus point me déshonorer, en abandonnant ces 300 zouaves qui marchaient derrière moi et qui ne m’auraient jamais pardonné ce crime... Je me sentis fort, pour le sacrifice que j’allais accomplir, du consentement de ces braves. Ils s’appelaient les soldats du pape et il me parut bon de mourir sous le drapeau qui les abritait. Tous ensemble, nous poussâmes un dernier cri : «Vive la France ! Vive Pie IX !» Ce fut notre acte de foi.
Trois cent zouaves s’étaient donc élancés avec moi. Je ne les avais destinés qu’à une chose : produire un grand effet moral capable d’entraîner au devoir une troupe démoralisée. De ces 300 hommes, 198 tombèrent devant Loigny, et, avec eux, 10 des 14 officiers qui les commandaient. La plupart de ces héros tombèrent à mes côtés. Moi-même je fus blessé d’un coup de feu à la cuisse tiré à bout portant. (...)
 


Extraits du livre Sonis, d’Albert Bessières S.J.


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Henryk
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MessagePosté le: Sam 29 Juin - 09:21 (2013)    Sujet du message: 300 zouaves pontificaux sous la bannière du Sacré Coeur ( Loigny 1870) Répondre en citant

Des bataillons de mobiles que Sonis eu sous son commandement, il apprit que les volontaire des l'Ouest, une troupe d'élite, s'en distinguait. Ce fut une bonne nouvelle pour moi et je m'estimai heureux de les trouver sous mon commandement, car mon coeur de chrétien les avit suivi depuis leur création, dans leur combat héroique de Castelfidaro, Monte-libretti et Mentana.

j'écrivis sur le champ un courrier à Charette datée du 18 Nov:
Mon colonel, je vous connais depuis longtemps, car il n'est pas un coeur de chrétien qui puisse ignorer votre nom, sachant déjà ce que l'histoire lui avait apprit de votre héroïque aïeul, Arrrivé hier à Chateaudun, je me proposai d'aller venir vous voir aujourd'hui, et j'avais des renseignements à vous demander sur un de vos jeunes zouaves. Je ne puis me donner ce plaisir recevant l'ordre de partir de ma division; mais avant de quitter votre voisinage, je veux saluer votre belle et héroîque troupe dans son admirable chef, et vous dire que je vénère tout ce que vous vénérezque j'aime tout ce que vous aimez. Dans ces tristes temps c'est une consolation de mourir au milieu de braves gens comme vous, et de pouvoir se dire que Dieu n'abandonne pas la France puisqu'elle compte encore des enfants fidèles.
Adieu, mon Colonel, je mets man main dans la vôtre et vous prie de partager ensemble prières et sacrifices.

Votre tout dévoué serviteur Sonis.

Sonis sauva peu de temps après le prince Albert, un jeune adolescent, proche parent de Bismark, bléssé, des mains de la population qui voulait le mettre à mort pour le désastre de Chateaudun, et le remit aux mains des soeurs de la Charité.


Merci pour cette belle image. Ce qui est curieux, c'est la même date de l'année 1852 ou il refusa de faire allégeance à N.III. Comment cette oeuvre pieuse à t'elle été réalisée?
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