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Le grand dérangement

 
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Henryk
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MessagePosté le: Mar 28 Aoû - 22:15 (2012)    Sujet du message: Le grand dérangement Répondre en citant

Par le traité d'Utrecht signé en 1713, la partie la plus peuplée de l'Acadie et ses 1 700 habitants sont cédés à la Grande-Bretagne et ils deviennent des sujets britanniques.

Quatre cents soldats britanniques restent sur place et un gouvernement militaire évite à la Grande-Bretagne de devoir créer une législature à majorité acadienne.
Dès 1720 les premiers plans de la déportation massive sont dessinés. Le 28 décembre 1720, à Londres, les "Lords of boards" ont écrit : "Il nous semble que les Français de la Nouvelle-Écosse ne seront jamais de bons sujets de Sa Majesté... C'est pourquoi nous pensons qu'ils devront être expulsés aussitôt que les forces que nous avons dessein de vous envoyer seront arrivés en Nouvelle-Écosse"
La partie cédée à la Grande-Bretagne prend le nom de Nouvelle-Écosse. La France conserve l'Île Royale (aujourd'hui Île du Cap Breton).

Les Acadiens tentent de demeurer « neutres » dans les conflits entre les deux métropoles et refusent de prêter au roi de Grande-Bretagne le serment d'allégeance qu'exigent les autorités coloniales. Cependant, la « paix » franco-britannique est toute relative dans cette région de l'Amérique. La guérilla amérindienne, alliée à la France, est constante : la capture de cent navires par les Micmacs et les Malécites entre 1713 et 1760 en témoigne. Le gouverneur Richard Phillips reconnaît le droit naturel des Acadiens de ne pas avoir à combattre leurs frères francophones.


La population acadienne passe de 1 700 en 1713 à plus de 15 000 en 1755. Cependant, les colons britanniques qui affluent après la fondation d'Halifax en 1749 convoitent les terres des Acadiens et réclament une Chambre d'Assemblée comme cela est la règle dans les colonies britanniques, ce que la couronne n'est pas prête à accorder à une population majoritairement francophone et catholique.
Crise et déportation
 Transport des Acadiens durant le Grand Dérangement.






En 1754, la crise éclate avec le début de la 4e guerre intercoloniale (French and Indian War en anglais). Le conflit commence avec des victoires françaises dans la vallée de l'Ohio. La panique gagne les colonies britanniques. Charles Lawrence devient gouverneur et commandant en chef de la Nouvelle-Écosse. Il discute avec William Shirley, gouverneur du Massachusetts, de la possibilité de remplacer les Acadiens par des colons anglo-américains.

En 1755, 1 800 soldats de la Nouvelle-Angleterre arrivent en Nouvelle-Écosse. Ce débarquement est suivi de la prise des forts français par le général Robert Monckton. Lawrence confisque les armes et les embarcations des Acadiens. En juin, il rencontre des délégués acadiens et exige d'eux un nouveau serment d'allégeance inconditionnel en échange du retour des armes. Les Acadiens refusent.

Lawrence décréta la déportation des Acadiens au mois de juillet 1755 et ordonne qu'il faut commencer par ceux de l'isthme où est situé le fort Beauséjour, l'actuel Isthme de Chignectou, car ils ont pris les armes. De plus, il suggéra de répartir les Acadiens dans les différentes colonies où la population leur est hostile en petits groupes dans plusieurs villes et villages afin d'éviter qu'ils ne puissent se regrouper à nouveau et où ils pourraient être soumis aux travaux forcés. Ainsi, les Anglais pourraient prendre les fermes et les terres des Acadiens qui étaient généralement les plus fertiles de la Nouvelle-Écosse. À partir de là, tous les Acadiens devaient être déportés sans exception, il ne leur était même plus permis de porter un serment absolu à la Couronne britannique.


Après la victoire dans la bataille de Fort Beauséjour et la prise de Fort Gaspareaux, en juin 1755, Lawrence ordonne aux commandants de Beaubassin, Pisiquid et Annapolis Royal d'attirer les hommes français de leurs districts respectifs au fort ou à l'église locale pour que les « instructions du roi » leur soient communiquées; une fois sur place, ils étaient encerclés, puis arrêtés et détenus dans des bateaux.

Ils allaient être déportés à l'extérieur de la province et leurs possessions allaient être confisquées par Sa Majesté. Des navires principalement en provenance du Massachusetts viennent les chercher. En attendant les bateaux, les femmes et les enfants restaient chez eux et devaient fournir de la nourriture aux soldats et aux prisonniers, mais certains d'entre eux furent tués sans nécessité. Les déportés sont divisés par groupes d'âge et de sexe, puis embarqués sur les navires où l'on prenait soin de démembrer les familles. En tout, de 8 000 à 10 000 Acadiens seront déportés d'Acadie. Le général Monckton était responsable de faire embarquer les Acadiens de la région du fort Beauséjour, John Winslow à Grand-Pré et Alexander Murray à Pisiguit et à Cobeguit. Le commandant John Handfield était responsable de l'embarquement des Acadiens à Port-Royal. Cependant, ce dernier qui avait épousé une Acadienne ne suit pas l'ordre mais attend en novembre soit trois mois plus tard pour déporter les Acadiens. Il ne sépare pas les familles. On pense que 20 % de la population d'Annapolis Royal a pu s'échapper.

Les Acadiens qui s'échappaient étaient chassés et souvent fusillés, et à certains moments traqués comme des troupeaux de fauves par les Anglais. De plus, la vie leur était difficile puisqu'ils devaient errer sans résidence et sans nourriture même pendant les durs hivers, d'ailleurs plus de 500 Acadiens moururent à l'hiver 1758 au camp de Boishébert.



Vue du pillage et de l'incendie de la cité de Grimrose, la seule représentation contemporaine connue de la Déportation des Acadiens, par Thomas Davies, 1758.



Finalement, c'est l'embarquement de Grand-Pré qui fut le plus mené à bien par les Britanniques. Ce sont de sept à huit mille Français qui furent ainsi déportés.
On les éparpille le long de la côte atlantique. Ils y arrivent sans avoir été annoncés aux autorités locales, qui les considèrent comme une possible « 5e colonne ». Les déportés connaîtront des sorts divers. La Virginie et la Caroline du Nord refusent les 1 500 Français, qui restent à bord des bateaux ou sur les plages jusqu'en mai 1756, moment où ils sont expulsés vers l'Angleterre. La traversée est difficile : deux vieux bateaux, le Violet et le Duke William coulent en cours de route. Après trois mois de navigation, les survivants arrivent en Angleterre où ils sont très mal reçus.

Les 1 226 Acadiens survivants sont répartis en quatre groupes, 336 à Liverpool, 340 à Southampton, 300 à Bristol, 250 à Penryn (près de Falmouth). Commence alors pour eux une détention qui durera sept années.

On sait peu de choses sur les conditions de vie de ces Français. À Southampton, ils vivent dans des baraquements sur les quais ; à Liverpool, ils logent dans les ruines d'ateliers de potiers ; à Bristol, où personne ne les attend, ils restent trois jours et trois nuits sur les quais avant d'être parqués dans une vieille bâtisse ; à Falmouth, ils sont un peu mieux traités, des jeunes trouvent même du travail. Ils reçoivent, comme prisonniers de guerre, une somme de six sols par jour avec l'obligation de subvenir à leurs besoins.
Pendant tout leur séjour, le gouvernement britannique essaie par tous les moyens de les faire devenir citoyens anglais, mais sans résultat. Le 3 novembre 1762, le traité de Paris est signé, le calvaire des Français va prendre fin.
En janvier 1763, il ne reste, en Angleterre, que 866 personnes sur les 1 226 débarquées, et de plus il y a eu quelques naissances.

Louis XV et Choiseul les font libérer, leur promettant des secours, ainsi que leur installation en France et, surtout, remboursent à l'Angleterre leurs dettes et une partie de leur solde. Ils les rapatrient ensuite en France.
Suites de la déportation
LieuxEffectifs
Connecticut666
New York249
Maryland810
Pennsylvanie383
Caroline du Nord280
Géorgie185
Massachusetts1043
Rivière Saint-Jean86
Île Saint-Jean300
Baie des Chaleurs700
Nouvelle-Écosse1249
Québec2000
Angleterre866
France3500
Louisiane300
TOTAL12 617
Source : R. A. Leblanc, Les migra-tions acadiennes, in Cahiers degéographie du Québec, vol. 23,

no 58, avril 1979, p. 99-124





En Virginie, la colonie refuse platement de recevoir les 1 500 Acadiens qui, en conséquence, sont expédiés en Angleterre. Ils furent détenus un certain temps à Williamsburg où une épidémie s'était propagée parmi eux. Ils moururent par centaines avant de partir pour l'Angleterre.
En Géorgie, colonie pénitentiaire, ils sont d'abord complètement ignorés et livrés à eux-mêmes, puis tous arrêtés en 1756. En 1763, on leur donne 18 mois pour partir. La plupart émigreront à Saint-Domingue.
En Caroline du Sud, une importante communauté de Huguenots est paniquée à l'arrivée des « papistes ».

On les force à rester à bord des navires surpeuplés. Une trentaine réussissent à s'évader. En 1756, on organise une levée de fonds pour payer leur expulsion… vers la Nouvelle-Écosse ! Ils rejoindront les partisans de Boishébert qui lutte contre les Britanniques.

Au Maryland et en Pennsylvanie, on les emploie à divers travaux serviles. Aucun logement ni nourriture ne sont fournis. En 1756, la législature du Maryland adopte une loi qui prévoit la prison pour ceux qui n'ont pas d'emploi. À la frontière ouest, les troupes reçoivent l'ordre de tirer à vue sur ceux qui tenteraient de quitter la colonie. Tout Acadien qui désire s'éloigner de plus de 16 km de sa résidence doit avoir un passeport.

En Pennsylvanie également, le gouverneur Morris place les arrivants sous garde armée. Ils sont décimés par les maladies infectieuses et mis en quarantaine. Confiés aux county townships (juridictions locales) sous la direction du warden of the poor (« Gardien des pauvres », magistrat chargé de s'occuper des indigents), ils s'assemblent dans un bidonville de Philadelphie. On leur refuse du travail, mais on force leurs enfants à fréquenter les écoles anglophones. En 1763, les Acadiens du Maryland et de la Pennsylvanie partent pour la Louisiane. Certains s'arrêteront à Saint-Domingue (aujourd'hui Haïti) où le gouverneur comte d'Estaing les met aux travaux forcés pour la construction d'une forteresse.
Le New Jersey refuse de recevoir des Acadiens.

À New York, on les parque à Staten Island et à Long Island. Environ un tiers sont employés comme indentured servants (servitude à contrat d'une durée limitée). Plusieurs s'évaderont. Finalement, les prisonniers partiront pour Saint-Domingue après le Traité de Paris.

Au Connecticut, ils sont gardés sous surveillance, puis expédiés vers Saint-Domingue en 1763. En 1767, un certain nombre s'installent au Nouveau-Brunswick.
Au moins 2 000 Acadiens arrivent au Massachusetts où une épidémie de variole les décime. Ils ne reçoivent aucune assistance du gouvernement local. Leurs enfants sont arrachés de leurs familles pour être distribués chez les colons anglais dans diverses régions du Massachusetts. En 1756, on les engage comme indentured servants. On interdit aux navires de les engager comme marins.

En 1757,
on leur interdit de quitter les villes où ils sont assignés à résidence. En 1763, certains partent pour Saint-Domingue, mais la majorité pour le Canada.
Environ 3 500 Acadiens se réfugient en « Acadie française », le long du fleuve Saint-Jean et de la rivière Miramichi (Nouveau-Brunswick actuel) sous la direction de l'abbé François Le Guerne.

Beaucoup d'entre eux meurent de faim et de froid durant l'hiver 1756-1757, vu l'impossibilité de pratiquer les industries traditionnelles (pêche, agriculture) pendant la guerre. De plus, entre 1756 et 1758, les autorités de la Nouvelle-Écosse offrent des primes pour les prisonniers acadiens et, moins officiellement, pour leurs scalps. Tous ces camps de réfugiés sont détruits par l'avance des troupes britanniques dans les années qui suivent.


En 1763,
la France cède ses colonies américaines à la Grande-Bretagne et le gouvernement britannique donne 18 mois aux Acadiens pour quitter l'Empire britannique et gagner une colonie française.

En 1766,
les Acadiens sont officiellement autorisés à s'installer au Québec, où plusieurs s'étaient réfugiés avant 1759, mais, dans les provinces maritimes (ancienne Acadie), les droits politiques leur seront refusés jusque dans les années 1830.

Vers 1766,
d'autres Acadiens, les Cadiens, commenceront à se regrouper en Louisiane, devenue colonie espagnole.
Installation des Acadiens à Belle-Île-en-Mer
Un peu à la manière de l'Acadie, Belle-Île-en-Mer était occupée par les Britanniques, mais le traité de Paris (10 février 1763), qui donnait le Canada aux Britanniques, a permis à la France de récupérer Belle-Île(sic) le 11 avril 1763. Un mois plus tard les Acadiens prisonniers en Grande-Bretagne sont libérés et viennent grossir le nombre des réfugiés dans les ports français.

Plusieurs projets d'installation des Acadiens sont proposés, dont celui de Belle-Île (8 ans avant le projet poitevin). Dès juillet 1763, trois chefs de famille acadiens, Honoré Le Blanc, Joseph Trahan et Simon Granger, se rendent à Belle-Île, afin de juger de la possibilité d'une implantation sur cette île bretonne. Le baron Richard-Auguste de Warren, gouverneur de l'île juge ce premier contact positif, « ils ont paru très contents de ma réception et s'en sont retournés le 27. Comme ils sont gens fort industrieux et habiles cultivateurs, je serais enchanté de les voir arriver : ce serait un bon boulevard contre ceux qui les ont maltraités. »

Mais tout n'est pas si rose : les Acadiens, soutenus par l'abbé Le Loutre, veulent rester groupés sur l'île dans une même paroisse, ce qui n'est pas du goût de de Warren qui veut au contraire les disperser sur l'ensemble du territoire « afin que tous les habitants ne fassent qu'un seul esprit et qu'un même peuple ». L'abbé Le Loutre, qui a participé à cette première visite, prend les affaires en main et en janvier, il annonce à de Warren qu'il a trouvé 77 familles déterminées à s'installer sur l'île. Mais les affaires traînent en longueur, les habitants de l'île ne sont pas très heureux de voir débarquer ces réfugiés, rien n'est prêt, il manque des maisons, il faut commander des chariots, des charrues, du bois, des bœufs, des vaches… C'est l'abbé Le Loutre qui gère tout cela.
En septembre 1765, Granger et Le Blanc sont chargés de préparer l'hébergement des 77 familles, les premières arrivent le 22 septembre, d'autres le 1er octobre, puis le 18 et enfin le 30 octobre. Elles sont logées provisoirement dans « les grands magasins aux avoines » qui sont une halle. Les Acadiens participent aux travaux de construction des maisons, certains, qui étaient marins, embarquent avec des patrons pêcheurs du pays.
Pour arriver à un partage des terres équitable qui tient compte de la composition des familles, de l'origine, de la parenté, des affinités, un inspecteur, nommé Isambert, a imaginé un système original avec des « lotties » et des « brigades ». Les lotties sont des lots de terres bien précis et numérotés ; les brigades, au nombre de 13, sont constituées de 6 familles, chacune dotée d'un « chef de brigade » chargé de tirer au sort la lottie attribuée à chacune des brigades.
Les Acadiens apportaient dans leurs bagages des pommes de terre qu'ils ont cultivées à Belle-Ile avant son introduction en France par Parmentier en 1769.
Transit par Nantes


Mémorial des Acadiens de Nantes


Lors de leur déportation en 1755, beaucoup d'Acadiens, alors détenus en Angleterre, furent envoyés en France, espérant avant tout repartir pour le Nouveau Monde. Dans l'attente d'un embarquement pour la Louisiane, certains patientèrent en Bretagne et dans le Poitou. Chantenay, aujourd'hui quartier nantais, devint ainsi pendant 10 ans, de 1775 à 1785, un lieu de transit pour ces réfugiés, à proximité immédiate du port de Nantes. Certains ne tardèrent pas à s'y fixer définitivement et à y faire souche.

Aujourd'hui


La majorité des populations se qualifiant d'acadienne se trouve aujourd'hui au
Nouveau-Brunswick,
Nouvelle-Écosse,
l'Île-du-Prince-Édouard,
îles de la Madeleine,
Gaspésie (Québec),
Terre-Neuve-et-Labrador,
Maine (États-Unis),
Louisiane,
Saint-Pierre-et-Miquelon.

Des historiens  estiment que, sur une population totale évaluée entre 12 000 et 18 000 Acadiens en 1755, de 7 500 à 9 000 périrent entre 1755 et 1763, soit des effets de la déportation, soit en tentant d'y échapper.


Une demande officielle d'un député d'ascendance acadienne du Bloc québécois a été déposée pour qu'il y ait reconnaissance par la couronne britannique du massacre.

Le gouverneur général du Canada  a  reconnu la Déportation des Acadiens.

En décembre 2003, la gouverneure générale Adrienne Clarkson a reconnu le drame humain de la déportation, mais sans offrir d'excuses formelles.

Depuis le 28 juillet est un souvenir de la mémoire du grand dérangement.

Une autre commémoration a lieu le 13 décembre, le Jour du Souvenir acadien rappelant le bateau Duke William qui coula en 1758.
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MessagePosté le: Mar 28 Aoû - 22:15 (2012)    Sujet du message: Publicité

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Henryk
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MessagePosté le: Lun 1 Avr - 19:52 (2013)    Sujet du message: Le grand dérangement Répondre en citant

Bataille de Grand Pré

Le gouverneur de la Nouvelle-Écosse, Paul Mascarene, appela Shirley, le gouverneur du Massachusetts, à l'aide. Ce dernier envoya 500 volontaires sous le commandement du colonel Arthur Noble. Arrivés à Annapolis Royal à l'automne 1747, le premier détachement se rendit aux Mines par la mer mais durent rebrousser chemin en raison du très mauvais temps. En novembre, un groupe de 100 volontaires marcha vers Grand-Pré. Les autres se rendirent par bateau, emportant des munitions, des canons et un blockhaus. Le temps étant encore mauvais, ils durent finir le voyage sur la terre ferme. Il débarquèrent à French Cross le 4 décembre, traversèrent la montagne du Nord et arrivèrent à Grand-Pré le 12 décembre. Les bateaux étaient arrivés sains et saufs. Vingt-quatre maisons furent réquisitionnées pour loger toutes les troupes.
Ayant eu vent de la présence britannique à Grand-Pré, Jean Baptiste Nicolas Roch de Ramezay décida d'attaquer. Ne pouvant diriger ses troupes en raison d'une blessure, il en donna le commandement à Nicolas-Antoine Coulon de Villiers, accompagné des officiers de La Corne, Saint-Pierre, La Naudière, Saint-Ours, Desligneris, Courtemanche, Repentigny, Boishébert, Gaspé, Colombière et Lusignan. En quatre jours les préparatifs furent terminés et le groupe de 240 Canadiens 20 Amérindiens quitta le fort le 21 janvier. Ils furent stoppés à la rivière Shubenacadie, en raison des embâcles. Boishébert traversa la rivière avec dix soldats, tandis que le reste des troupes remonta le cours du fleuve pendant trois jours. Après s'être rejoints, ils poursuivirent le voyage et atteignirent Pigiguit le 9 février. Pour assurer leur sécurité, Coulon fit placer des gardes sur toutes les routes menant vers les Mines. Ils repartirent le 10 février vers midi et atteignirent la rivière Gaspereau, au sud du village, où ils se divisèrent en 10 groupes. Ils prirent possession de Melanson le soir même.
Après avoir reçu le rapport de ses espions, Coulon prépara le plan d'attaque. En raison de leur infériorité numérique, il sépara ses troupes en 10 groupes, pour pouvoir attaquer les principales positions britanniques. Ceux-ci était divisés en groupe de 24 soldats, logés chacun dans une maison situé le long du chemin principal de Grand-Pré. Vers deux heures du matin, les militaires français mirent des raquettes et prirent le chemin Grand-Pré.
Après avoir été blessé, Coulon sera remplacé par Louis de la Corne. Après quelques heures de combats, Benjamin Goldthwait rendit les armes et capitula le 12 février.
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