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« Mon principe est tout, ma personne n'est rien » Henri V, Comte de Chambord

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La noblesse et la politique vues par le cardinal de Richelieu
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Mavendorf
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MessagePosté le: Mar 23 Oct - 21:17 (2012)    Sujet du message: La noblesse et la politique vues par le cardinal de Richelieu Répondre en citant

Je suis très étonné des proportions totalement insensées que peut prendre ce sujet sur la noblesse... Laughing    



Joubertiere a écrit:
Ces propos sont honteux. Vous feriez mieux d'égorger les nobles restants, a vous lire on a vraiment l'impression qu'aucun de nos ancêtres n'a su servir notre Roy.



Pour le moment, je vous vois surtout prêter à Requete Carliste des propos qu'il n'a pas tenu, et je vous vois nous parler sur un ton auquel nous ne sommes pas habitué ici.

Je veux bien admettre que votre vision de l'histoire puisse différer de celle des autres, mais cela n'implique pas la nécessité de faire systématiquement dans l'excès de langage, et ne doit pas vous empêcher d'échanger avec courtoisie sans parti pris outrancier. J'estime dès que l'invective s'installe dans une discussion c'est que les arguments recevables n'ont pas été entendu, et que l'incompréhension s'est installée chez au moins l'un des contradicteurs...


Joubertiere a écrit:
Avec des propos pareils comment voulez-vous que les nobles puissent s'entendre avec vous? Pensez-vous que le Roy accepterait de renier ainsi la noblesse? ... Ce serait se renier lui-même !!! Je pense que les nobles n'ont pas grand chose à faire sur ce forum, j'en appelle a leur bon sens.



Notre forum n'est pas celui de la noblesse, il ne lui est pas d'ailleurs strictement réservé. Je vous invite à relire la charte et nos règles d'utilisation, sa fonction première et de servir le principe cher à Henri V, comte de Chambord. Vous êtes ici notre invité cher Monsieur, n'inversez pas les rôles, sans quoi vous allez finir par irriter l'équipe d'administration et de modération qui n'apprécie pas d'être traité de cette manière. 

Pour le légitimiste que vous êtes, ne pas songer un seul instant au travail et à la difficulté que représente la tenue correcte d'un forum comme celui-ci est une marque de non-respect envers ceux qui se dévouent à défendre la noble cause qui nous tient tant à coeur, et qui passe avant toute autre considération. Ce n'est pas faire honneur à la mémoire de vos ancêtres vendéens que de vous exprimer de la sorte.
Je vous conseille donc de bien reprendre votre calme et de prendre un minimum le temps de lire les messages qui vous sont adressés et de rédiger proprement les vôtres, afin d'être en mesure de poursuivre un dialogue que nous désirons tous serein.
_________________
Va, va et advienne que pourra...



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MessagePosté le: Mar 23 Oct - 21:17 (2012)    Sujet du message: Publicité

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Henryk
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MessagePosté le: Dim 28 Oct - 13:29 (2012)    Sujet du message: La noblesse et la politique vues par le cardinal de Richelieu Répondre en citant

Ci-gît un fameux Cardinal
Qui fit plus de mal que de bien ;
Le bien qu'il fit, il le fit mal ;
Le mal qu'il fit, il le fit bien.

Maximes de Richelieu pas très catholiques... plutôt libérales pour un cardinal
« La politique consiste à rendre possible ce qui est nécessaire. »
« Des petites étincelles naissent les grands embrasements. »
« Faire une Loi et ne pas la faire exécuter, c'est autoriser la chose que l'on veut défendre. »
« Il faut dormir comme un lion, sans fermer les yeux. »
« Il ne faut pas se servir des gens de bas-lieu: ils sont trop austères et trop difficiles. »
« L'autorité contraint à l'obéissance, mais la raison y persuade. »
« La méthode ne vaut que par l'exécution. »
« Les rois n'ont pas de pieds pour marcher en arrière. »
« Nul ne voit jamais si clair aux affaires d'autrui que celui à qui elles touchent le plus. »
« Perdre bientôt la mémoire d'un bienfait est le vice des Français. »
« Pour perdre un rival, l'artifice est permis : on peut tout employer contre ses ennemis. »
« Poursuivre lentement un dessein, et le divulguer, est identique à parler d'une chose pour ne pas la faire. »
« Qui a la force a souvent la raison, en matière d'État. »
« Savoir dissimuler est le savoir des rois. »
« Le secret est l'âme des affaires. »
« Deux lignes de la main d'un homme suffisent à faire condamner le plus innocent. »
« Les dépenses les plus nécessaires pour la subsistance de l'État étant assurées, le moins qu'on peut prélever sur le peuple est le meilleur. »

« Il en est des États comme des corps humains: la bonne couleur qui apparait au visage de l'homme fait juger au médecin qu'il n'y a rien de gâté au-dedans. »
« Il faut écouter beaucoup et parler peu pour bien agir au gouvernement d'un État. »
« Il n'y a pas au monde de nation si peu propre à la guerre que la nôtre. »
« En matière d'État, il faut tirer profit de toutes choses, et ce qui peut être utile ne doit jamais être méprisé. »
« En matière de crime d'État, il faut fermer la porte à la pitié. »
« Si Dieu défendait de boire, aurait-il fait ce vin si bon ? »
« Quand une fois j'ai pris ma résolution, je vais droit au but et renverse tout de ma robe rouge. »
« Les plus nobles conquêtes sont celles des cœurs et des affections. »



http://fr.wikipedia.org/wiki/1634_en_France
Voir les années de 1616 à 1648


Extrait d'une lettre du cardianl de Bérulle a Richelieu sur la prise de la Rochelle
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k75177g/f807.image.r=Richelieu.langFR
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MessagePosté le: Dim 28 Oct - 18:41 (2012)    Sujet du message: La noblesse et la politique vues par le cardinal de Richelieu Répondre en citant

Je ne vois rien ici que de très juste. Ces maximes et citations sont excellentes.
Je ne comprends pas votre hostilité perpétuelle contre Son Éminence le Cardinal duc de Richelieu Henryk Neutral
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Henryk
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MessagePosté le: Dim 28 Oct - 20:09 (2012)    Sujet du message: La noblesse et la politique vues par le cardinal de Richelieu Répondre en citant

1611: synode général protestant a Saumur. Ils réclament un changement de constitution (constituante)monarchique française en constitution parlementaire et indépendante de tout pouvoir y compris celui du pape.

1614 -1615 les états généraux se réunissent, et chose intéréssante ils approuvent le mariage du futur Louis XIII, dans le rapprochement avec l'Espagne.Deux mariages dont celui de sa soeur, pour sceller l'entente entre les deux familles. Ces états généraux profitent de la régence pour rendre la constitution plus moderne, à la ressemblance des régimes protestants, qui eux, sont parlementaires.

Une deuxième révolte des nobles sur Loudun ou se trouve la régente et son fils, le dauphin, et veulent imposer à la régente le "projet de Loudun". Changement de trente articles de la constitution. C'est le gallicanisme. Les barbons n'y voient goutte, et signent. survint le père Joseph, (source du chanoine de Douvres) les haranguent en leur disant que la France va devenir schismatique par leur faiblesse. Il attrape Condé, protestant, mourant, lui dit d'abjurer ses articles, sinon l'Enf.. . Condé fait volte face, pacifie les nobles, et le lendemain il est "guéri" par le frère Joseph. Le Saint Père Paul V louera le travail du père Joseph.

Note 1 Sully exposait qu'il fallait abaisser la maison d'Autriche, faire la guerre aux pays catholiques en s'alliant avec les puissances protestantes, et ne pas dédaigner l'alliance avec les turcs, le grand allié de revers.

Le Père Joseph dans sa politique explique qu'il faut d'abord combattre les protestants en France, par ce qu'ils ne supportent pas les clauses de l'édit de Nantes. Ils jouissaient de tout ce qui leurs avaient été donné comme privilèges, et refusaient de laisser la liberté de culte catholique dans leur places fortes et pays, et refusaient de rendre les biens qu'ils avaient spoliés. Le Pére Joseph voulait combattre les protestants dans les pays et les places fortes ou ils sévissaient, car il se faisait fort de convertir les protestants. Il fallait vaincre les protestants afin que les peuples reviennent à la foi catholique, car leur prédicateur les empêchaient d'écouter les missionnaires. Et ensuite le protestantisme éteint en France, il fallait porter secours aux autres puissances catholiques européennes. L'idée séculaire de la croisade contre les turcs, pouvait être d'actualité.

En lisant l'activité de ce père joseph, en travaux de missions, d'implantations de Congrégations, etc... cela ne peut que forcer l'admiration.


1617: Marie de Médicis complote à nouveau avec Condé, et le jeune éveque de Luçon,...qui ébouissait tous ceux qui l'approchait jusqu'au pape, mais ambitieux, et le triumvirs complote une alliance contre le Roy..
Louis XIII fait assassiner Concini, et il proscrit la reine avec son Richelieu a Blois, en exil. Il fait revenir les Barbons, et se trame autour du roi le complôt des Saints dont le père joseph est l'âme. Le père Joseph dit au Roy qu'il faut convertir les protestants ou les bannir, de commencer par le Béarn, ou Henri IV n'avait rien put faire, sous l'influence de sa mère jeanne d'Albret.
1620: Expédition dans le Béarn
Le Roy descend dans le Béarn, se fait ouvrir les places protestantes, rouvre les églises, les monastères, et les capucins prêchent le catholiscisme dans le Béarn.
1621 Saintonge et Guyenne
Direction Bordeaux, echec devant Mautauban (mort de Luynes)
1622
Louis XIII qui à 17 ans, traverse à nouveau la France, pour aller ouvrir les places fortes pour avoir la paix.  Fut signée la paix de Montpellier et par la volonté de Richelieu on épargna la Rochelle,(soutenue par Buckingam)

Entretemps Richelieu complote à nouveau pour revenir au pouvoir, reprend la politique serpentine de Catherine de Médicis 50 ans avant.

Le Roi veut remettre cela en 1625, Richelieu fait tout pour l'empêcher, en lui disant que les impériaux menacent dans le milanais, et veut arrêter ces guerres civiles en France sous prètexte que le Roy fait couler le sang français, protestant et de courir sus au impériaux catholiques. (Source Carmona)
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MessagePosté le: Dim 28 Oct - 20:21 (2012)    Sujet du message: La noblesse et la politique vues par le cardinal de Richelieu Répondre en citant

sur la croisade du Père Joseph:

http://royaume-de-france.clicforum.com/t914-La-Croisade-du-Pere-Joseph.htm?… 
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MessagePosté le: Mar 30 Oct - 19:37 (2012)    Sujet du message: La noblesse et la politique vues par le cardinal de Richelieu Répondre en citant

Michel de Marillac surintendant des finances et son frère, Louis de Marillac, le futur Maréchal, le Cardinal de Bérulle, St Vincent de Paul, et conseillent au Roy de prendre la Rochelle. Le Roy persuadé, en 1627 fait le siège de la Rochelle, qui va durer un an, difficile, qui en reviendra à la gloire de Richelieu sous sa biographie dictée par lui-même.

Richelieu disait dans une de ses lettres je suis un zéro dans les choses de la guerre. Et le Père Joseph se conduit à la Rochelle comme Jeanne d’Arc à Orléans, mais n’exagérons pas. Dans ce temps, il faisait prier à Paris, répandait des chapelet parmi ses soldats, Et en plein hiver il va trouver les gens de l’armée ; Il faut absolument détourner le cours des sources, de telle manière que la Rochelle n’ait plus d’eau. Les capitaines lui rient au nez, mais se rendent compte à postériori de la valeur de sa stratégie. Il revient à la charge en leur disant qu’il faut construire une digue, et les généraux l’écoutent font venir des techniciens italiens, Source Chanoine de Douvres)  et à l’opposé l’auteur Carmona le porte à la gloire de Richelieu.

Pendant ce temps la Richelieu ne lâche pas le Roy d’une semelle, dort dans son antichambre pour être sûr de ne pas être doublé et avoir son influence décisive sur le Roy.
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MessagePosté le: Mar 30 Oct - 20:06 (2012)    Sujet du message: La noblesse et la politique vues par le cardinal de Richelieu Répondre en citant

Toutes les rumeurs et écrits peu fiables sont bons pour calomnier le Cardinal....
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Henryk
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MessagePosté le: Mer 31 Oct - 20:40 (2012)    Sujet du message: La noblesse et la politique vues par le cardinal de Richelieu Répondre en citant

Le siège de la rochelle prend fin et c’est la reddition le 28 octobre 1628. Il y a une plaque de marbre qui célèbre l’événement a Notre Dame des Victoires à Paris. L’année suivante est signée la Paix d’Alès. Richelieu devient le principal ministre, et impose au Roy de rendre aux protestants toutes les libertés religieuses reconnues par l’édit de Nantes. C’est pour cela que Richelieu est porté aux nues par tous les républicains actuels, c’est l’homme moderne. L’historien Bluche, pour soutenir la politique du cardinal protestant, dit de l'édit de Nantes : C’est un édit provisoire, Henri IV le scella à la cire brune, la cire des édits temporaires.



Louis XIII abrogea les clauses politiques de l’édit de Nantes, Mais Richelieu avait besoin de ménager les princes protestants de l’Empire. Bluche dit que le Roy n’avait plus qu’un mot à dire pour que les réformés disparaissent de France, et Richelieu n’as pas voulu que le Roi le dise. Il avait besoin de ménager les princes protestants de l’empire, la tolérance civile  bien que cette dite religion réformée continua à violer les règles civiles. Par Richelieu,  la tolérance d’une autre  dite religion  que la catholique, religion d’égorgeurs, d’incendiaires, d’iconoclastes, et bruleurs d’églises  et d'exaction à l’encontre du droit public du Royaume.

Richelieu l’as emporté sur le clan des dévots, par sa veine d…;  le cardinal de Bérulle meurt rapidement, et le supérieur des capucins donne ordre au   père Joseph, qui était absolument opposé à sa politique, de rentrer dans le cabinet de Richelieu, et d’être son serviteur.

Le Père Joseph par obéissance, se soumet.
Michel de Marillac, dans le conseil des ministres essaye de lui tenir tête mais en vain. Le Roy va suivre la politique de Richelieu. Cette politique est de prendre beaucoup d’argent aux français et de se lancer dans la guerre contre l’Autriche. (Contre la belle famille du Roy). Il lui explique que cela lui coutera très cher, qu’il faut arrêter la politique sécuritaire intérieure, et que la guerre contre l’Autriche est prioritaire. Michel de Marillac propose un code pour renouveler l’administration française,( le code Michaud).

La politique des mystiques, (lire Mollien sur Bérulle 1943) (Lotte sur la politique de St Vincent de Paul) d’accord sur la politique du père Joseph.
Et tous les auteurs modernes, Bainville, Gaxotte, Bordonove, Méthivier (Baudrillard, qui fait l’apologie de la  politique de Richelieu, de Catherine de Médicis, vers les 30 ans, (dans son Philippe II) et en 1940 ce même Baudrillard reçoit les allemands, à l'institut catholique de paris et prêche la collaboration.

Cette guerre avait déjà attaqué en Bohème, révolte contre l’Empereur d’Autriche, en 1618, et Richelieu  qui n’avait pas encore de pouvoir à l’époque dit qu’il faut combattre L’Autriche conduite par un fanatique catholique…. Qui ne cherche qu’une chose c’est l’écrasement des princes et des villes libres d’Allemagne.
Les mystiques disent au contraire qu’il faut agir tous les catholiques ensembles. Et que cette Bohème est un foyer de révolution au centre de l’Europe est en 1620 victoire de l’Empereur.  L’Empereur rétablit le culte catholique ou il avait été proscrit. Cela rendit furieux Richelieu Contre l’Empereur, et exhorte Louis XIII qu’il faut faire la guerre au roi de Wien. Le Danemark a fait la guerre à l’Autriche, puis Gustave Adolphe de Suède, ravageant l’Europe, faisant vainqueur le protestantisme de Wallenstein, et l’Alsace terre d’Empire à l’époque ayant subi cette invasion, 90% des alsaciens du temps y périrent.

1629  Ces puissances protestantes furent usées malgré l’argent que Richelieu leur prodiguait,  la   France sous la stratégie de Richelieu entre en scène.
Richelieu entre de force dans le duché de Savoie, va faire la guerre dans le milanais.  Le roi tombe malade à Lyon. Marie de Médicis qui avait compris qu’elle avait nourri un serpent dans son sein, profita que Richelieu, n’étant pas avec le Roy, elle persuade le Roy que cette politique est insensée. Le Roy rentre à Paris et Richelieu sent poindre sa disgrâce.
Le 11 Novembre 1630, lors de cette journée des dupes, la reine explique au Roy comment il est trahit par Richelieu et se débarrasser de lui.
Richelieu a vent de cette réunion, au palais du Luxembourg, s’y rend pour affronter la Reine. Il réussit par les portes dérodées les escaliers  secrets à se rendre dans l’appartement de la Reine et sous les insultes et médisance  de celle-ci déclare dans une humilité feinte qu’il va quitter son ministère pour le bien du royaume…. Richelieu croit que tout est perdu, et les conseillers de Marillac pensent qu’ils ont gagnés.
Richelieu y va la mort dans l’âme en disant à ses « amis » qu’il est perdu. Et coup de théâtre, le roi lui explique qu’il lui donne tout les pouvoirs, qu’il a besoin de lui pour conduire l’état. Tous les historiens modernes disent que le Roy a eu un coup de génie  en choisissant Richelieu et que les Barbons étaient perdus dans leurs rêves mystiques.
 Le Roy qui ne reverra plus sa mère partie en exil a Bruxelles, dont le parti à été liquidé, les Sceaux otés à Michel de Marillac  par la volonté de Richelieu, qui le  fait arrêter, et l’envoie en exil. Richelieu pense que son Frère le Maréchal qui est en Italie, dans le Milanais, qui a toutes les troupes derrière lui, quand il apprendra que son frère est en exil, va revenir pour tirer les choses au clair. Le Roi bousculé par Richelieu, envoie un ordre d’arrestation de Louis de Marillac*.
Alors qu’il est au milieu de ses troupes, qu’il aurait pu se rebeller, le maréchal, il est déporter à Verdun, sera jugé,  et décapité place de grève à Paris.

Louise de Marillac pleure sur cette cruauté, ainsi que tout les proches des Marillac. Ces gens étaient tellement royalistes, persuadés que le roy était le représentant de Dieu, dans le Royaume, il n’était question un seule seconde que l’on discute. (Rappelez vous Urie et David).
A la différence des protestants ou d’un Richelieu dans la mesure ou le Roy ne faisait pas leur volonté, il n’y avait plus de lois. Les Marillac étaient des gens soumis au roi. Et ensuite,  malheureusement, le Père Joseph va aider contre sa volonté, Richelieu dans la guerre de 30 ans.

***********************************************************
Louis de Marillac, comte de Beaumont-le-Roger, né en 1572 et exécuté le 10 mai 1632 sur la place de Grève à Paris, est un militaire français du XVIIe siècle. Il est élevé à la dignité de maréchal de France

Il fait ses premières armes sous le roi Henri IV et reçut après la prise d’Amiens une compagnie de cent chevau-légers. Le roi le fit gentilhomme ordinaire de sa chambre et sous-lieutenant de la compagnie de gens d’armes de son fils Gaston de France, duc d’Anjou.
Il fut en 1611, envoyé en ambassade en Savoie, à Mantoue, à Florence et à Venise, et cinq ans plus tard en Allemagne et en Italie, pour négocier la paix de Loudun qui fut signée en 1616 par Marie de Médicis avec les chefs protestants.
En 1617, le roi Louis XIII le fit commissaire général de ses camps et armées. Marillac servit en qualité de maréchal de camp au siège de Montauban où il fut blessé en 1621 et prit part à toutes les opérations contre les Huguenots du Languedoc jusqu’à la paix de Montpellier.
En grande faveur auprès de Marie de Médicis, il fut nommé capitaine des gens d’armes de la reine, lieutenant général des Trois-Évêchés et gouverneur de la Citadelle de Metz.
Il se distingua dans la guerre contre les protestants aux sièges de la Rochelle (où il donna son nom à l'un des forts) et de Privas et à la prise de l'île de Ré. En reconnaissance de ses services, le roi l’éleva à la dignité de maréchal de France en 1629 et l’envoya en Italie en 1630 en qualité de lieutenant général.
Le procès
Marillac se joignit au complot qui avait pour but d’éloigner Richelieu du gouvernement. Le cardinal déjoua cette cabale et put ainsi conforter sa propre position lors de la journée des dupes (11 novembre 1630). Dès le lendemain, l'huissier Lépine est envoyé au maréchal de Schomberg avec l'ordre de s'assurer de Marillac, qui est arrêté à son camp de Felizzo en Piémont le 21 novembre 1630.
Le maréchal est d'abord emprisonné à Sainte-Menehould et jugé, à partir de mai 1631, à Verdun, par une commission extraordinaire de justice. Cette première commission est révoquée en novembre 1631 et une seconde commission, réunie à Rueil, dans le propre château de Richelieu, poursuit le procès du maréchal à partir de mars 1632 et le condamne à mort pour crime de péculat.1 Paul Hay du Chastelet faisait partie des juges désignés comme membre de cette commission qui était présidée par le garde des sceaux, Charles de L'Aubespine, marquis de Châteauneuf.
Louis de Marillac est décapité en place de Grève le 10 mai 1632 et inhumé en l’église des Feuillants.
Selon Tallemant des Réaux, le cardinal de Richelieu, apprenant que les juges avaient condamné le maréchal à la peine capitale, aurait déclaré :
« Je ne croyois pas qu'il y eût de quoi faire mourir M. de Marillac; mais Dieu donne des connoissances aux juges qu'il ne donne pas aux autres hommes. Il faut croire qu'il étoit coupable, puisque ces messieurs l'ont condamné. »


1 « On ne lui fit son procès que sur des ordres de tirer tant et tant de certains villages du Verdunois, pour les exempter des gens de guerre, et lui, disoit qu'il avoit employé cet argent à bâtir la citadelle de Verdun; mais il n'en avoit point d'ordre. » Tallemant des Réaux




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Henryk
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MessagePosté le: Sam 3 Nov - 21:41 (2012)    Sujet du message: La noblesse et la politique vues par le cardinal de Richelieu Répondre en citant

A MADAME MADAME DE BOURGES, A PARIS.

[ Fin d'avril 1609.]
Madame, J'ay receu les chappes que vous m'avez envoyées, qui sont venues extrêmement à propos. Elles sont extrêmement belles et ont esté receues comme telles de la compaignie à qui je les debvois.

Je vous ay un million d'obligations, non pour cela seulement, comme vous pouvez penser, mais pour tant de bons offices que ce papier n'en peut porter le nombre. Je suis maintenant en ma baronnie, aymé, ce me veut-on faire croire, de tout le monde, mais je ne puis que vous en dire encore, car tous les commencemens sont beaux, comme vous sçavez. Je ne manqueray pas d'occupation icy, je vous asseure, car tout y est tellement ruiné 3 qu'il faut de l'exercice pour le remettre.

Je suis extrêmement mal logé, car je n'ay aucun lieu où je puisse faire du feu à cause de la fumée; vous jugez bien que je n'ay pas besoin de grand hiver, mais il n'y a remède que la patience. Je vous puis asseurer que j'ay le plus vilain évesché de France, le plus crotté et le plus désagréable; mais je vous laisse à penser quel est l'évesque.

Il n'y a icy aucun lieu pour se promener, ny jardin, ny allée, ny quoy que ce soit, de façon que j'ay ma maison pour prison. Je quitte ce discours pour vous dire que nous n'avons point trouvé dans mes hardes une tunique et une dalmatique de taffetas blanc qui accompaignoyent les ornemens de damas blanc que vous m'avez faict faire : c'est ce qui faict que je croy que cela a esté oublié. Mon aumosnier deffunct dict qu'on vous l'envoya de Noyseau1 pour faire estressir les espaules et que peut-estre cela aura esté oublié chez le faiseur d'ornemens : je vous supplie d'en savoir la vérité affin que je sache s'il est perdu ou non ; c'est une partie de la succession2 du def- funct M. de Luçon3, car je n'ay trouvé autres ornemens de luy que ceux-là.

Il a fallu que j'en aye faict faire d'autres pour la feste, car autrement je n'eusse peu officier; mais l'espérance que j'ay eue qu'il n'y auroit rien (sic) perdu m'a faict choisir une autre couleur, affin que si on recouvre ce qui est esgaré, j'en aye de deux couleurs.



Il faut que je vous die que j'ay achepté le lict de velours de ma- dame de Marconnet4, lequel je faicts raccommoder, en sorte qu'il vaudra 3oott; je faicts faire force autres meubles, mais il me man- quera une tapisserie. S'il y avoit moyen de changer la pente de ce lict de deffunct M. de Luçon de soye et d'or avec une tente de Bergame pareille à celle que vous m'avez desjà achetée, cela m'accommoderoitfort; il y a encore à Richelieu quelques pièces du dict lit, comme le
fond, etc... que je vous envoyerois.

Vous voyez comme je vous escrits de mon mesnage, qui n'est pas encore bien garny ; mais le temps fera tout.

J'ay pris un gentilhomme pour mon maistre d'hostel qui me sert extrêmement bien et à vo[stre] 1 mode; sans luy j'estois mal, mais je n'ay le soin que de voir mes comptes, car quelque compagnie qui vienne me voir, il sçait fort [bien]  ce qu'il faut faire : c'est le jeune la Brosse, qui estoit gentilhomme servant de M. de Montpensier; à la fin on trouve son faict.

Tout le monde ne pensoit pas au commencement qu'il fist ce qu'il faict, mais je vous asseure qu'il triomphe; tout nostre faict va honorablement, car on me [veut faire ]  croire que je suis un grand monsieur en ce pays. Je vous entretiendrois tout aujourd'huy, mais il se faict tard, c'est ce qui faict que je suis contraint de linir et de vous dire que je suis vostre bien humble serviteur,                                                      ARMAND                Eves. de Luçon.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62244174/f145.image.r=.langFR
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MessagePosté le: Dim 21 Juil - 17:40 (2013)    Sujet du message: La noblesse et la politique vues par le cardinal de Richelieu Répondre en citant

Lettres, instructions diplomatiques et papiers d'état du cardinal de Richelieu. Tome 6 / recueillis et publ. par M. Avenel,...









voir la note 1 sur le père joseph

.../...






le Père Binet est le jésuite qui assista le Roi louis XIII à son lit de mort avec St Vincent de Paul.


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MessagePosté le: Sam 22 Fév - 14:47 (2014)    Sujet du message: La noblesse et la politique vues par le cardinal de Richelieu Répondre en citant

Epitaphe sur le Père joseph.

Lettre de Richelieu dénonçant le complot dont il est la victime 1620


Et le malheureux d'Asvélio fut traqué à Honfleur ; et son procès s'instruisit rapidement.
Qu'on juge de la douleur de la pauvre mère quand ce nouveau coup vint la frapper ; elle qui s'était abandonnée à la plus douce espérance , croyant chaque jour voir son fils arriver à Cologne , et le presser sur son cœur !
Comme Marie avait reçu des secours de sa fille Elisabeth, elle envoya sur-le-champ à Louis XIII un de ses anciens serviteurs nommé Monsigot ; cet homme était porteur d'une lettre dans laquelle la reine-mère suppliait son fils avec instances de donner un sauf-conduit au comte d'Asvélio et de l'exiler à jamais de France, mais de lui laisser la vie. Elle ajoutait que, malgré les tortures et les privations qu'on lui avait fait subir, elle ne se plaindrait plus, et, qu'à sa mort, qui approchait à grands pas, elle bénirait le Roi de France et prierait pour lui au ciel..../...


Richelieu était alors renfermé dans son palais avec deux juges du bailliage criminel de Lisieux : c'étaient le trop fameux Claude du Roncerey, et son digne collègue, maître Jean Dubos.
— Les charges sont suffisantes, disait du Roncerey au cardinal ; mais l'accusé étant un homme noble, ancien gentilhomme de la reine Marie, et de plus très aimé des principaux seigneurs de la province, nos collègues craignent les suites qui pourraient résulter de la condamnation.
— Comment ! s'écria Richelieu avec colère, des juges tremblent quand il s'agit d'un criminel! Savez-vous que cet homme a voulu attenter à notre vie et à celle de votre Roi ? dites-leur que le cardinal-duc trouve le comte d'Asvélio indigne de pardon.
— Ils n'oseront pas, monseigneur, reprit Jean Dubos avec humilité ; maître du Roncerey et moi avons seuls eu le courage de voter la décapitation, et le comte peut décliner notre incompétence.
— Un ordre de votre éminence suffirait, ajouta maître Claude.
— Un ordre, s'écria Richelieu. Vous voulez un ordre, eh bien! le voici.../...


Richelieu, peu accoutumé à ces injonctions verbales, cherchait dans sa pensée de quelle cause pouvait émaner cette royale fantaisie; et, ne prévoyant aucune affaire sérieuse, il ne se pressa point de se rendre à l'ordre de Louis XIII.

Le roi donnait des marques d'une vive impatience quand le ministre arriva au Louvre. Louis, sans lui adresser une parole , lui remit la lettre de sa mère ; Richelieu la parcourut, et, après un instant de silence, il releva la tête avec une impassibilité extraordinaire :
— Eh bien , sire ? dit-il.
Eh bien ! monsieur, répliqua Louis XIII avec force, je veux enfin rendre une fois justice à ma mère. Je veux que le comte d'Asvélio soit mis en liberté.
-— Y pensez-vous , sire ? s'écria Richelieu avec étonnement ; avez-vous déjà oublié les crimes de cet homme? D'ailleurs, il n'est plus temps, le tribunal de Lisieux s'est prononcé, et moi-même , je viens d'ordonner son supplice.
Vous révoquerez cet ordre, monsieur de Richelieu, repartit Louis XIII, car je ne veux pas qu'il meure ! entendez-vous, cardinal, je ne le veux pas!
— Voulez-vous donc épargner un ambitieux qui a voulu vous détrôner, sire?—Mais le moyen d'arriver assez tôt.
— Le moyen ? dit le Roi, et votre armée d'espions, qui est plus prompte à vous instruire que les courriers royaux? — Je vous le répète, je suis las de tant de sang répandu, de tant de violences et d'iniquités. Je ne veux pas que le comte d'Asvélio meure !


L'entrée subite de la reine Anne d'Autriche vint interrompre Louis XIII. Elle était pâle, chancelante; ses traits bouleversés annonçaient quelque malheur. Passant devant Richelieu qu'elle ne regarda pas, Anne vint tomber aux genoux du Roi en s'écriant :


— Pardonnez-moi, sire, de vous avoir interrompu; mais, au nom du ciel! daignez vous rendre auprès de votre fils !

Le Roi jeta sur Richelieu un coup d’œil impérieux , et pendant que le ministre partait pour Ruel, Louis XIII suivait la reine dans son appartement où il trouva Monsigot et un gentilhomme de sa sœur Élisabeth d'Espagne.
Mais il devient urgent de tourner nos regards vers Lisieux, où les deux juges viennent d'arriver. La volonté du cardinal a fait trembler les magistrats assemblés. Ils savent jusqu'à quel degré peuvent aller ses violences, et les insinuations perfides de Jean Dubos et de du Roncerey achèvent de les convaincre. .../...

La sentence de mort est prononcée  et fut  éxecutée devant sa famille est son hôte le marquis de Rouvray âgé de plus de 80 ans!...


Marie de Médicis, histoire du règne de Louis XIII, d'après les manuscrits inédits du cardinal de Richelieu et d'un bénédictin, 1610-1642, par Lottin de Laval,.... Tome 2 Gallica
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MessagePosté le: Sam 3 Mai - 13:43 (2014)    Sujet du message: La noblesse et la politique vues par le cardinal de Richelieu Répondre en citant



Voici une autre affaire non loin de son château, après avoir rasé les fortifications de Loudun ou le cardinal et ses services secrets entre en action, des intérêts par les possédées de cette ville.


Au temps des guerres religieuses, Loudun eut à subir toutes les horreurs de cette lutte fratricide. Assiégée par les troupes catholiques, elle dut se rendre après une héroïque résistance. Mais les Huguenots, revenus en force, la reprirent et la livrèrent au pillage.

Leur fanatisme ne respecta rien. La collégiale de Sainte-Croix, le beau couvent et l'église des Carmes furent incendiés, les statues qui décoraient Saint-Pierre-du-Marché, brisées. Dix ans après, les catholiques la reprirent.



...Telle était la situation que s'était créée Grandier à Loudun, quand un événement vint prouver à quel point son orgueil était parvenu. On devait célébrer à Sainte-Croix une grande fête religieuse suivie d'une procession solennelle à travers la ville. Tous les dignitaires ecclésiastiques du Loudunais furent convoqués pour cette circonstance. Le prieur de l'abbaye de Coussay, qui n'était autre que le fameux évêque de Luçon, alors en disgrâce s'y trouva. Malheureusement, le rang qu'avait pris M. de Luçon souleva une question de préséance entre lui et le curé de Saint-Pierre. Il semblait, en effet, assez naturel qu'un évêque eût le pas sur un curé. Mais Grandier était chanoine de la collégiale de Sainte-Croix et ce titre lui donnait le droit de préséance sur le prieur de Coussay. Tout autre que lui eût fait preuve de modestie et de bon goût, en laissant M. de Luçon au premier rang. Déjà l'évêque avait pris sa place, quand le curé de Saint-Pierre vint fièrement revendiquer ses droits. Il y eut un moment de tumulte. Personne ne pouvait croire à tant d'audace.

L'évêque fut le premier stupéfait; mais, en homme bien élevé, il céda la place. Cet affront fait devant toute une population ne devait point être oublié. On sait combien celui qui, plus tard, devait s'appeler le cardinal de Richelieu, avait la mémoire des injures.



...Ses gendres, Paul Aubin, sieur de Bourneuf, et le lieutenant criminel Hervé avaient la haute main sur la police de la ville. L'amitié du cardinal pour cet homme était chose notoire dans le pays : pendant les deux années de disgrâce passées par le ministre à son prieuré de Coussay, Mesmin avait eu maintes fois l'insigne honneur de le recevoir; Richelieu s'était montré reconnaissant de cette hospitalité accordée pendant les jours d'exil, et, quand il revint au pouvoir, il n'oublia pas son hôte. A dater de ce jour, une sorte d'intimité s'établit entre eux. Par lui, le ministre fut au courant de tout ce qui se passait à Loudun. Leur correspondance, devenue à l'époque de la guerre contre les Rochellois, plus fréquente que jamais, se faisait par l'entremise du secrétaire du roi, Michel Lucas, créature que le cardinal avait eu l'habileté de placer auprès de Louis XIII. La haute situation de Mesmin n'avait pas manqué d'inquiéter d'Armagnac. Non-seulement il voyait en lui un adversaire, mais un homme tout disposé à seconder les desseins du ministre. Or, depuis longtemps déjà, le cardinal avait résolu de ruiner Loudun, ville protestante, en créant à ses côtés une cité catholique et rivale. La ville de Richelieu n'a pas d'autre origine.

Urbain Grandier et les possédées de Loudun
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MessagePosté le: Jeu 4 Déc - 20:11 (2014)    Sujet du message: La noblesse et la politique vues par le cardinal de Richelieu Répondre en citant

Félix de La Mothe Le Vayer (1547-1625), père de François, substitut du procureur général au Parlement de Paris, appartenait à une grande famille du Mans.Sur son enfance et sa jeunesse, on sait peu de choses.
Dans son dialogue «De la vie privée» :
«Je n’ai pas été moins que vous touché d’ambition de paraître : il n’y a rien que je n’eusse tenté pour satisfaire à cette passion. […] Quant aux richesses, encore que cette passion n’ait jamais été en moi qu’en un degré beaucoup plus faible et remis, si est-ce que je tenais bien avec l’espagnol el senor dinero por un gran cavallero […]
De sa femme, Gatienne Le Breton, il eut neuf enfants, dont François fut l'aîné.



Le 11 juillet 1622, il épouse Hélène Blacvod, fille du philosophe d'origine écossaise Adam Blackwood et veuve depuis onze ans de George Crichton, dit Critton, jurisconsulte et helléniste également écossais, professeur au Collège royal de France. Dans son dialogue «Du mariage», il assure qu'il n'est «entré dans le mariage que par des mouvements supérieurs, en un temps auquel [sa] volonté s'assujettissait par divers respects à celle d'autrui???? Et gatienne le Breton???
Félix de La Mothe Le Vayer étant mort le 25 septembre 1625, son fils lui succède dans sa charge et il s'en démit en parodiant dans ces quelques mots:
«En vérité, je respecte autant que je dois les hommes de robe, mais je vous confesse que les abus qui s'y commettent ont beaucoup fortifié l'aversion naturelle que j'ai toujours eue à m'y attacher???
Au cours de cette même décennie, il voyage en Angleterre et en Espagne aux côtés de Guillaume Bautru, comte de Serrant, ambassadeur extraordinaire de Louis XIII et l'un des favoris du cardinal de Richelieu. «C'est le temps de ma vie, écrira-t-il, que j'estime avoir le mieux employé, depuis lequel je me suis donné la liberté de la former et en régler le cours selon que la raison m'a fait voir qu'il était pour le mieux.»



De 1633 à 1638, il met sa plume au service de la politique étrangère du cardinal, hostile à la Maison d'Espagne et favorable à des alliances avec les protestants de Hollande, de Suède et de Suisse.  Ses chroniques pamphlétaires contre l'inquisition espagnole et commandés par Richelieu, et De l'histoire, où est examinée celle de Prudence de Sandoval, chroniqueur du feu roi d'Espagne Philippe III et évêque de Pampelune, qui a écrit la Vie de l'empereur Charles-Quint, également dédié à Richelieu, comme le seront toutes les œuvres que La Mothe Le Vayer fera paraître jusqu'à la mort du cardinal, en décembre 1642.


En 1635, il séjourne en Italie en qualité de secrétaire du maître des requêtes Pomponne II de Bellièvre, ambassadeur extraordinaire auprès des princes italiens et futur premier président du parlement de Paris.
Au cours de l'été 1636, à Loudun, à Poitiers dans la famille de sa femme, il fait un détour par Loudun, théâtre naguère de l'éxécution d'Urbain Grandier, où il assiste, écrit-il à Pierre Dupuy, pour ne pas vexer son mécène Richelieu:
«à l'exorcisme de six ou sept prétendues possédées et que je vous puis assurer faire les plus étranges mouvements et tomber dans les plus horribles convulsions qu'on puisse imaginer. Je ne croirai jamais qu'il y ait de l'imposture de la part de tant de filles religieuses, la plupart de bonne maison, et de tant de bons pères capucins, jésuites et autres. Mais n'ayant pu remarquer aucun signe certain de possession, comme d'entendre et parler plusieurs langues, de révéler les choses inconnues du passé et prédire les futures, et de tenir les corps en l'air ou autres actions surnaturelles, je suis contraint de tenir indécis s'il y a maladie ou véritable possession, bien que je me porte, dans le doute, plus volontiers à l'opinion la plus pieuse, qui est la dernière, selon que vous savez que j'ai coutume de faire en semblables occasions».
Au printemps 1640, il fait paraître un essai intitulé De l’instruction de Monsieur le Dauphin. Richelieu songe alors à faire de lui le précepteur du futur Louis XIV, mais Anne d'Autriche lui préfèrera l'abbé Hardouin de Péréfixe de Beaumont.
En 1641, il fait paraître De la vertu des païens, dédié à Richelieu, qui en est le commanditaire. Une seconde édition, «augmentée des preuves des citations», paraîtra en 1647.
Les années Mazarin Première retraite
En1643, il dédie au cardinal Mazarin, un essai intitulé De la liberté et de la servitude, dont Richelieu avait déjà accepté la dédicace. Cet essai sera traduit en anglais par John Evelyn en 1647.

Je laisse à la postérité, pour qui j'ai mis la main à la plume, le jugement de mes veilles. De même que les Histoires ne doivent être écrites principalement que pour elle, selon l'avis de Lucien, il n'y a qu'elle aussi, comme plus exempte de passion, qui les puisse mettre à juste prix. […]La plupart des personnes qui se servent de miroirs sont bien aises qu'ils les flattent, et il y en a fort peu qui se plaisent à se voir dans l'Histoire, si elles n'y sont représentées avec avantage.



Au printemps 1649, Anne d'Autriche et Mazarin lui confient l’éducation de Philippe d'Anjou, alors âgé de huit ans et demi. Il prend ses fonctions le 23 juin. Elles le retiendront à la cour pendant onze ans et demi.
Le 13 juillet, Gui Patin écrit de M. de La Mothe Le Vayer: Il est âgé d’environ soixante ans, de médiocre taille, autant stoïque qu’homme du monde, homme qui veut être loué et ne loue jamais personne, fantasque, capricieux, et d’un vice d’esprit dont étaient atteints Diagoras et Protagoras


En mai 1652, au plus fort de la Fronde des princes et alors que Mazarin est loin de Paris, Anne d'Autriche charge La Mothe Le Vayer, déjà précepteur de Philippe d'Anjou, de prendre le relais de Hardouin de Péréfixe pour achever l’instruction du roi. On ne sait combien d'années précisément durera ce double préceptorat, mais René Kerviler observe que les traités de L'Économique, de La Politique et de La Logique, publiés respectivement en 1653, 1654 et 1655, sont adressés explicitement au roi: «Sire, soit qu'on nomme la logique un art, une science ou une faculté…»



Le mariage, en mars 1661, de Philippe d'Orléans avec sa cousine Henriette d'Angleterre, met fin officiellement aux fonctions préceptorales de La Mothe Le Vayer. Dès le mois d'avril, il fait paraître, sans nom d'auteur, la première partie (il y en aura trois) d'un essai intitulé Prose chagrine, au seuil duquel il écrit:
«Le chagrin qui me possède présentement m'envoie au cerveau des fumées si contraires à toute conversation que pour aucunement les dissiper, nonobstant leur agrément, qui me flatte, ou pour, en quelque façon, les évaporer au cas que leur charme soit si dangereux qu'on le dit, il faut que je m'en décharge sur le papier. Pourquoi non ? Le loisir que la cour me donne présentement me fournit assez de temps pour cela, et il me semble même favoriser mon dessein. Ce sera un a parte du personnage que j'y joue. […] D'ailleurs l'âge avancé qui m'a mis insensiblement dans le port m'empêche de craindre des tempêtes que j'eusse autrefois appréhendées : la vieillesse de l'aigle vaut bien la jeunesse des alouettes…»





Son neveu Roland Le Vayer de Boutigny le dépeindra dans un roman à clefs, Tarsis et Zélie publié en 1665-1666, où il figure sous le nom d'Ariobarzane:




Mort du fils et remariage
En septembre 1664, il perd son fils François. C'est l'occasion, pour Gui Patin, de vitupérer une fois de plus ses collègues de la Faculté:

Nous avons ici un honnête homme bien affligé ; c’est M. de La Mothe Le Vayer, célèbre écrivain et ci-devant précepteur de M. le duc d’Orléans, âgé de septante-huit ans. Il avait un fils unique d’environ trente-cinq ans, qui est tombé malade d’une fièvre continue, à qui MM. Esprit, Brayer et Bodineau ont donné trois fois le vin émétique et l’ont envoyé au pays d’où personne ne revient.» (sic)

Cette mort fait également l'objet d'un sonnet de condoléances adressé par Molière au vieux père, lequel évoquera ce deuil, un an plus tard, dans sa 14e «Homilie académique» intitulée «Des Pères et des enfants» :

À propos du fils unique de Solon,(sic) c’est l’ordinaire de plaindre davantage les pères qui perdent le seul appui qu’ils avaient de leur vieillesse, et vous pouvez tous vous souvenir de m’avoir, il n’y a pas longtemps, consolé selon cette règle, sur un accident semblable qui m’avait rendu presque inconsolable. C’est pourquoi la louange que donne Cicéron au fils de Servius Sulpicius est fort bien prise, d’avoir regretté son père mort avec la même douleur qu’on ressent ordinairement dans la mort d’un fils unique […] Cependant, outre que les enfants représentent tous également le père, comme chaque pièce d’un miroir fait voir une même et semblable image, il n’arrive pas toujours que ces enfants uniques soient les plus à regretter, parce qu’il semble qu’ils aient plus de pente à dégénérer, par leur éducation trop molle ou autrement, que des puînés ou des cadets.»
À la fin du mois de décembre suivant, il se remarie, après neuf années de veuvage, avec une demoiselle d'âge mûr, Isabelle (ou Élisabeth) de La Haye, fille de Madeleine Palluau et Jean de La Haye-Vantelet, sieur de Brisson, ancien ambassadeur au Levant. Ses témoins sont Philippe d'Orléans et d'Henriette d'Angleterre.
Des années plus tard, Tallemant des Réaux ajoutera une note à l'historiette qu'il a consacrée au «Maréchal de Brézé, son fils et Mademoiselle de Bussy»:

Le fils de La Mothe Le Vayer, qui était abbé, étant mort, le bonhomme se remaria. C'était un des plus faux philosophes qu'on eût jamais vus, et feu Madame lui dit un jour qu'il n'avait rien de philosophe que ses bottines. Il était si colère que lorsqu'un tison l'incommodait, il le jetait dans la place et le foulait aux pieds. Il allait quelquefois, pour faire dépit à son fils et à sa nièces, souper avec eux avec le visage tout gras de suif, car en se mettant au lit il se frottait de suif tout le visage.
En 1670, paraissent (successivement ou simultanément, l'absence d'achevé d'imprimer ne permet pas de le dire) trois livres de La Mothe Le Vayer: 1) un recueil de treize brefs Soliloques sceptiques; 2) une Introduction chronologique à l'Histoire de France pour Monsieur, dont l'épître dédicatoire commence par ces lignes:
«Monseigneur, […] Votre Altesse Royale m'a témoigné qu'elle prendrait plaisir à repasser sur ce petit sommaire de notre Histoire que je dressai autrefois et dont le Roi voulut bien prendre connaissance, Sa Majesté y trouvant, depuis Pharamond jusqu'à lui, les actions de ses prédécesseurs en abrégé. Sa bonté et la vôtre me permirent alors d'accompagner de la vive voix une écriture si succincte, selon que de telles compositions, nommées acroamatiques par les Grecs, ont besoin d'être aidées par la parole…


La Mothe Le Vayer meurt le 9 mai 1672. Quelque trente ans plus tard, on lira dans le Chevræana:
Quand il avait la mort sur les lèvres, et qu’il n’y avait plus de temps à perdre pour s’occuper sérieusement à son salut, il fut visité de M. Bernier son bon ami, et il ne l’eut pas plus tôt reconnu qu’il lui demanda : Eh bien ! quelles nouvelles avez-vous du Grand Mogol ? Ce furent presque les dernières paroles qu’il eut la force de prononcer, et quelque temps après il rendit l’esprit.»
La plupart de ses écrits visent à enseigner «la sceptique chrétienne», qui apprend à former des doutes « sur tout ce que les dogmatiques établissent de plus affirmativement dans toute l’étendue des sciences » et qui « doute même de ses doutes ».


De son mariage avec Hélène Blacvod, La Mothe Le Vayer n'eut qu'un enfant, un garçon, né probablement au printemps 1627 et prénommé lui aussi François.


Contrairement à son cousin Roland Le Vayer de Boutigny, reçu aux mêmes grades quelques mois plus tôt à Paris et qui deviendra un juriste célèbre (il sera l'un des défenseurs de Nicolas Fouquet en 1664), le jeune La Mothe Le Vayer se détourne du droit pour se consacrer aux belles-lettres.



Printemps 1651, en pleine Fronde dite des Princes, une altercation l'oppose à Michel Hamelin, curé de La Flèche et jadis aumônier de la reine Marie de Médicis, lequel, s'il faut en croire Gui Patin, «frondait avec les autres contre le Mazarin, que ce jeune homme voulait défendre». Cette attitude légitimiste et le soufflet qu'il reçoit à cette occasion, lui vaudront, dans les semaines suivantes, de se voir attribuer par Anne d'Autriche mille écus de rente sur l'archevêché de Rouen.
Dès ce temps, il assiste son père dans ses fonctions auprès de Philippe d'Anjou, frère de Louis XIV. C'est au cours de ces premières années 1650, sans doute, qu'il prend ses degrés à la faculté de théologie.(sic)
L'abbé de La Mothe Le Vayer
Le 4 mai de la même année 1656, le jeune La Mothe Le Vayer fait donation à son père (chez qui il demeure, rue des Bons-enfants, paroisse Saint-Eustache) de «tous et chacun des biens meubles et immeubles provenant de la succession de sa mère», décédée le 23 décembre précédent.
Après la mariage d'Henriette d'Angleterre avec son cousin Philippe d'Orléans, en mars 1661, il devient son aumônier ordinaire. La même année il est nommé titulaire de l'abbaye de Bouillas dans le Gers.
Au début des années 1660, il se lie d'amitié avec Molière et Nicolas Boileau, qui lui dédie sa quatrième Satire. Le même Boileau confiera beaucoup plus tard à Pierre Le Verrier:

Tout abbé qu'il était, jamais homme ne fut plus passionné pour la comédie. Il était ami de Molière, qui […] souffrit que cet abbé allât dans leurs loges, et c'était lui qui mettait la paix entre elles. Car à coup sûr elles sont toujours brouillées ensemble.»

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Jean François Vion
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MessagePosté le: Jeu 4 Déc - 22:12 (2014)    Sujet du message: La noblesse et la politique vues par le cardinal de Richelieu Répondre en citant

La noblesse et le clergé ont hélas , par l'inconséquence de beaucoup , été les causes des malheurs de la révolution...Les pensions exhorbitantes versées par l'état , l'injustice des régles de l'avancement qui barraient les grades supérieurs aux roturiers...Le raidissement de la noblesse concernant leurs priviléges  les années précédent la révolution...L'émigration a nuis à la monarchie, la place des nobles habitués à commander dans les armées et les postes de responsabilités , n'était elle pas aux côtés de leur souverain , plutôt qu'à l'étranger ? ?
Pour l'ordre du Clergé , que penser du rôle du grand aumonier de France, le cardinal de Rohan prince-évêque de Strasbourg , protecteur le la tristement célébre aventuriére" La Motte Valois"  qui le compromit dans la triste "affaire du collier de la reine" , éclaboussant la famille royale de boue en mêlant le nom de la souveraine à cette ignominie
Sans parler de Talleyrand, évêque d'Autun et de bien d'autres ecclésiastiques qui manquérent à l'éthique de leurs dignités religieuses....Le moins que l'on puisse dire, hélas , est que le clergé , dans sa grande majorité  , a faillit aussi à son rôle spirituel....
Le seul appui véritable du roi est le peuple, dont la monarchie a été éloignée de par son installation à Versailles....Faillissant à son rôle de protectrice des plus faibles , qui était le sien depuis toujours.
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Henryk
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MessagePosté le: Ven 26 Déc - 22:01 (2014)    Sujet du message: La noblesse et la politique vues par le cardinal de Richelieu Répondre en citant

Vous devriez faire des recherches sur le Palais Royal dans les années 1780-1795. Quelles sont les personnes qui y circulaient, et les manières qui y régnaient, chez le cousin marchand, dixit Louis XVI.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 09:28 (2016)    Sujet du message: La noblesse et la politique vues par le cardinal de Richelieu

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