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La Marine Royale
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Henryk
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MessagePosté le: Sam 15 Sep - 00:49 (2012)    Sujet du message: La Marine Royale Répondre en citant

 1780 : La stratégie des combats navals

Plan du stationnement des troupes et des vaisseaux à Newport en 1780. Ternay escorte sans perte les forces de Rochambeau, et la marine trouve à Newport une base où elle peut mouiller jusqu'à la fin du conflit.
                                                                                                   
 
Appareillage d'une escadre à Brest. En 1780, la Royal Navy perd la maîtrise de l'Atlantique lors de l'intense guerre des convois que lui mène la marine royale.
                                     

Le corps expéditionnaire de Rochambeau
Les Espagnols, obnubilés par la reconquête de Gibraltar, y concentrent leurs moyens. Côté Français, à défaut de pourvoir obtenir la victoire en Europe, il faut reporter son attention sur les Amériques.
En deux ans de campagne américaine, d’Estaing n’a pas rencontré de problème médical majeur, malgré les atteintes habituelles du scorbut.

La bataille de la Grenade, obtenue sur une forte escadre anglaise, a montré que la Royal Navy, peut être battue outre-mer. 
 Deux axes se mettent en perspective : l’aide aux « Insurgents » et la guerre dans les Antilles, avec dans les deux cas un développement logistique autour des problèmes de la sécurité des convois.

La Fayette, rentré en février 1779, s’est ambitionné en ambassadeur des États-Unis et  demande l’aide d’un corps expéditionnaire qu’il commanderait. Au début de février 1780, le Conseil du roi, après de longs débats, décide l’envoi d’une troupe de 5 500 hommes, prélevée sur les régiments concentrés en Normandie pour le débarquement raté de l’année précédente.
La Fayette, jugé trop jeune et trop parvenu sur la suite du conflit, est écarté du commandement au profit d’un officier d’expérience vétéran de la guerre de Sept Ans, le comte de Rochambeau. Le 2 mai, les soldats de Rochambeau quittent Brest sur 26 navires de transport escortés par Ternay, à la tête de 7 vaisseaux de ligne et 2  frégates.

La Fayette reçoit pour mission, en lot de consolation, de partir en avant-garde sur la frégate l’Hermione pour avertir Washington de l’arrivée prochaine de l’escadre. Ternay, sur le Duc de Bourgogne (80 canons) assure sans trop de mal la traversée. Le 16 juin, au large des Bermudes, il repousse une brève tentative d’interception anglaise. Le 11 juillet, le corps expéditionnaire débarque dans le Rhode Island avec son artillerie et son matériel de siège. Lapérouse, sur l’Astrée, transporte avec succès des fonds pour les États-Unis. Latouche-Tréville, aux commandes de l’Hermione , dépose La Fayette à bon port et mène le 7 juin un très dur combat contre la frégate anglaise l'Isis.
Le succès de l’expédition ne doit pas masquer sa relative précarité. Les troupes françaises, disciplinées, biens équipées, n’ont aucun mal à soutenir la comparaison avec les miliciens dépenaillés de Washington, mais le renfort reste insuffisant. Les Anglais ont 50 000 hommes sur toute l’Amérique du Nord, Canada compris, dont 30 000 rien que dans le secteur voisin de New York et viennent encore de recevoir des renforts.
Washington, qui aligne péniblement 14 000 soldats et miliciens, vient d’en perdre 5 000 à Charleston qui s’est rendue presque sans combattre. À Versailles, on est parfaitement conscient de cette insuffisance, mais le manque de navires de transport n’a de toute façon pas permis d’embarquer plus de monde. Un deuxième corps de troupe doit venir renforcer l’armée de Rochambeau, qui en attendant est contrainte de se retrancher dans l’île de Newport. Ternay, dont l’escadre ne rentre pas, participe activement aux travaux, et la ville, il est vrai facile à défendre, se transforme en place inexpugnable.
La guerre des convois

Plan du stationnement des troupes et des vaisseaux à Newport en 1780. Ternay escorte sans perte les forces de Rochambeau, et la marine trouve à Newport une base où elle peut mouiller jusqu'à la fin du conflit.

Newport est un excellent mouillage qui permet à la Marine royale de disposer d’un point d’appui sur la côte américaine, ce dont elle avait cruellement manqué lors de la campagne d’Estaing. L’échec de la Royal Navy qui n’a pas su intercepter Ternay, n’est pas un incident isolé. Mobilisée sur de trop nombreux théâtre d’opérations, elle doit accorder la priorité aux transports de troupes et de matériel dans l'Atlantique. La marine anglaise s’épuise à surveiller des milliers de km de côtes américaines pour lutter contre le trafic d’armes et les corsaires américains.
Outre la guerre navale, elle se retrouve, un peu comme la France lors du conflit précédent, à soutenir une guerre continentale avec 50 000 soldats qu'il faut ravitailler dans un pays hostile à 5 000 km des ports anglais. Elle perd en 1780, le contrôle des routes de l’Atlantique.

Libérée du blocus qu’elle subissait pendant la Guerre de Sept Ans, la Marine française (et espagnole) peut développer ses opérations, protéger avec succès les navires de commerce et intercepter les convois anglais.


La guerre des convois n’est pas nouvelle, puisqu'on y a eu recours lors de tous les précédents conflits. Peu « médiatisée » par les historiens, elle joue pourtant un rôle essentiel et se combine avec la guerre de course, puisque les vaisseaux de guerre raffolent de ces prises qui permettent de compléter la solde des équipages, voire de s’enrichir.
Les armées navales françaises et leurs escortes ratissent l’Atlantique Nord et s’emparent des frégates et des petits convois isolés, comme d’Estaing, lors de ses deux années de campagne. Le 8 août 1780, une flotte anglaise revenant de la Jamaïque est interceptée par les Franco-Espagnols au large de Açores : 61 bâtiments marchands sont capturés avec 3 000 marins et soldats. Les pertes en marchandises atteignent 20 millions de livres sterlings et provoquent un effondrement boursier. Sur les cinq ans que vont durer le conflit, la Marine royale va faire à peu près 900 prises, dont 406 lors des escortes des convois dans l’Atlantique.

Sartine a choisi au moment de la déclaration de guerre la tactique de la « route patrouillée. » Les vaisseaux du roi, comme les ordres l'exigent, se sacrifient en cas d'interception pour sauver le convoi dont ils ont la responsabilité : c'est le cas du Protée (64 canons), près de Madère, le 24 janvier 1780. On note quelques coups durs, comme la capture par les Anglais, au large de la Martinique, de 9 navires, et la destruction de 4 autres d’un convoi de ravitaillement, le 18 décembre 1780. Pour assurer une meilleure protection, les grands convois naviguent sous l’escorte des grandes escadres, comme celle de Guichen en 1780. Le transport des troupes se combine au commerce atlantique pour en faire un enjeu stratégique et les deux camps y affectent de puissants moyens.
Rodney / Guichen :  batailles des Antilles

La bataille de la Dominique, le 17 avril 1780. Les trois combats que Guichen livre à Rodney dans les Antilles montrent que la flotte française est au même niveau d'entrainement que sa rivale anglaise.


Le nouveau ministre de la Marine et des Colonies, de Castries, confie en 1781 les escadres à des chefs renouvelés et redéploie une partie de celles-ci pour tenir compte de la mondialisation du conflit.

1780, affrontements importants dans les Antilles.
Guichen reçoit en janvier le commandement de l’armée navale qui traverse l’Atlantique sans encombre et porte des renforts pour les garnisons locales. C’est là qu’il croise l’escadre de Rodney par trois fois, au large de la Dominique, le 17 avril, le 15 et le 18 mai. Guichen, déjà âgé, exerce sont premier grand commandement, alors que Rodney a l'habitude des responsabilités importantes depuis la guerre de Sept Ans. Les deux hommes sont de bons manœuvriers, mais sont aussi très prudents.

Ces combats, sur le schéma tactique de la ligne de file, sont considérés comme des chefs-d’œuvre, mais montrent que deux flottes équivalente menées par de bons amiraux aboutissent sur un match nul.Ces batailles, parfois appelées « Les trois combats de Monsieur Guichen », ne sont plus guère mentionnées par les ouvrages récents. Elles montrent cependant que la Marine royale a totalement perdu ses complexes et se trouve maintenant à parité de manœuvre et de tir et avec sa rivale.

Un conflit maritime à gros budjet pour la France
Les historiens n’ont pas insisté sur le caractère démesuré de la guerre d’Indépendance américaine militairement et politiquement, et surtout du poids budgétaire que ce conflit fait peser sur les épaules de la France.
Si 1780 est une année décevante en termes d’opérations navales, elle marque cependant une intensification de la guerre qui se traduit par des responsabilités de plus en plus lourdes pour la Marine royale.

Dès février 1781, l’île de Saint-Eustache, qui est alors le plus grand entrepôt de commerce des Antilles, tombe entre les mains de la Royal Navy. L’île, qui trafiquait aussi avec les colonies américaines en révolte, leur fournissant armes et faux papiers, subit un pillage impitoyable. Les comptoirs d'Essequibo et Démérara sur la côte guyanaise, partagent le même sort. Pour les Néerlandais, qui s’étaient habitués à vivre dans l’ombre amicale de l’Angleterre en renonçant à armer de grandes flottes de guerre, le réveil est brutal.

En plus d’aider les « Insurgents », et de travailler pour le roi d’Espagne, il faut maintenant défendre l’immense empire colonial hollandais, lequel s’étire jusqu’au Sud de l’Inde (Ceylan) et l’actuelle Indonésie (Batavia) en passant par l’Afrique du Sud (Le Cap). La campagne de 1781 s’annonce avec un effort naval absolument colossal et qui relève du jamais vu dans les annales militaires françaises. Côté britannique, la mobilisation est encore plus gigantesque, car en plus de lutter contre trois puissances navales, il faut aussi mener en Amérique du Nord, un conflit terrestre de grande ampleur. Fait révélateur, la Navy n’est plus en mesure d’« insulter » les côtes françaises comme lors du conflit précédent. Il est évident que l’Angleterre combat à la limite de ses forces. Cependant, si elle est complètement isolée en Europe, elle combat pour ses intérêts seuls et n’a pas d'allié faible ou défaillant à soutenir, contrairement à la France.
1781, année admirable pour la flotte française

    
          

Les opérations militaires sur la côte américaine en 1781. Celles-ci s'étirent sur des centaines de km, mais de Grasse réussit à coordonner l'action des forces navales et terrestre avant même l'arrivée des troupes de Rochambeau et Washington (Carte américaine en anglais).

La bataille de Chesapeake est en apparence indécise, mais joue un rôle déterminant dans l'isolement de l'armée anglaise retranchée à Yorktown. Peinture américaine de 1962 au Hampton Roads Naval Museum de Norfolk.
La reddition solennelle de l'armée anglaise, à Yorktown, devant les troupes françaises et américaines, fait oublier le rôle essentiel joué par la marine dans cette victoire. De Grasse, qui n'est pas présent lors de la capitulation se retrouve oublié des mémorialistes et des illustrateurs.



Loin des côtes américaines, les Français aussi sont victorieux.

Bouillé délivre l'île néerlandaise de Saint-Eustache en novembre.
Suffren, de son côté, sauve la place du Cap après avoir attaqué la flotte anglaise au Cap Vert.


De Castries, le nouveau ministre de la marine est issu de l'armée de terre, mais s'est révélé un des rares bon chefs pendant la guerre de Sept Ans. À la fois guerrier et réformateur, il s'impose rapidement à la tête du ministère.

Dans l'Atlantique,
Guichen passe la main à de Grasse qui reçoit le commandement d'une grande escadre de 20 vaisseaux et 3 frégates à destination des Antilles où se porte toujours l’essentiel de l’effort de guerre. Il doit assurer la défense des Iles du Vent en y apportant 3 200 hommes de troupe sur 120 bâtiments de charge et de commerce. La Motte-Picquet doit suivre un mois plus tard avec une division de 6 vaisseaux chargée de faire la chasse aux convois anglais.
Louis XVI renonce a envoyer des renforts à Rochambeau, toujours enfermé dans Newport. Pour le chef français -et pour Washington- qui attendait 10 000 hommes de plus, c’est un coup dur. Mais Louis XVI, qui commence à s’effrayer du coût de cette guerre, a décidé de ne pas donner suite à cette demande, décision hâtée par le comportement peu reluisant des envoyés américains à Paris. L'escadre qui stationne à Newport depuis juillet 1780 reçoit le renfort d'un unique vaisseau et passe à 8 unités. On est loin des effectifs dont dispose de Grasse pour les Antilles.

L'engagement auprès des « Insurgents » apparait au mieux comme une diversion de grande ampleur. L'Espagne reçoit même des renforts très supérieurs à ce qui est destiné pour Newport, puisqu'une vingtaine de vaisseaux confiés à Guichen doivent aller prêter main forte à la flotte ibérique devant Minorque et Gibraltar. Pour finir, Suffren reçoit le commandement d’une division de 5 vaisseaux et une corvette pour escorter des troupes vers la colonie néerlandaise du Cap (Afrique du Sud), prochaine cible évidente de la Royal Navy.

De Castries a retiré 8 vaisseaux du champ de bataille européen pour les redistribuer outre-mer, ce qui donne un quasi-équilibre entre les forces françaises et anglaises hors d'Europe. Même si on laisse beaucoup de vaisseaux entre Brest et Cadix pour complaire au gouvernement espagnol, il est clair qu'on a renoncé aux projets d'invasion de l'Angleterre. Pour la première fois au XVIIIe siècle, le théâtre d'opération décisif est hors d'Europe, preuve de l'importance prise par les colonies et de l’accentuation de la stratégie de la guerre périphérique. De Castries, conscient de l’enjeu de ces armements, se rend à Brest en mars 1781, décision exceptionnelle et fortement symbolique de son engagement personnel dans le suivi des opérations. Il rencontre le comte d'Hector qui commande le port, déjeune à bord du Ville de Paris avec tous les chefs des escadres en partance et assiste à plusieurs exercices dans la rade.


Brest, pilier de la guerre d'Amérique

Brest assure l'armement des grandes escadres pendant la guerre d'Indépendance américaine. En 1781, 20 000 marins stationnent dans la ville et l’arsenal compte 8 000 ouvriers. Tableau de Louis-Nicolas Van Blarenberghe, vers 1780.



Jamais la France n’aurait pu armer les forces de De Grasse,
La Motte-Picquet, Suffren, Guichen sans les formidables efforts de l’arsenal de Brest. Pendant l’hiver 1780-1781, la préparation simultanée de trois escadres montre l’importance que revêtent les opérations préalables à toutes campagnes. Dès la fin de 1780, et surtout début 1781 avec l’arrivée de Cadix de l’escadre du comte d'Estaing, la rade et le port de Brest regorgent de bâtiments de tous ordres, dont 31 vaisseaux en rade et 13 en désarmement. Or l’escadre du comte de Grasse et de Suffren quitte Brest le 22 mars, celle de La Motte-Picquet le 25 avril.

On mesure l’effort : en l’espace de trois mois, l’arsenal fournit un travail considérable pour remettre en état des navires qui reviennent de campagne et doivent y repartir immédiatement. Il faut aussi nourrir les équipages présents : 15 082 hommes en rade, 4 186 à terre, soit presque 20 000 individus. À cela il faut ajouter les 8 000 ouvriers de l’arsenal qui travaillent jour et nuit à la lueur des torches, ce qui fait de ce dernier la plus grande entreprise de France à cette époque. Le but est atteint grâce à un travail incessant et à une organisation administrative efficace, même si quelques imperfections subsistent, comme le souligne Suffren lors de l’armement de sa division pour les Indes.

Plusieurs étapes importantes jalonnent la préparation d’une escadre. Chaque vaisseau arrivé en rade entre d’abord dans le port, puis dans un bassin de radoub si nécessaire. Il subit ensuite sa carène à flot, son armement proprement dit et, enfin, retourne en rade en attente de son départ. Compte tenu de l’étroitesse de la Penfeld, une noria incessante de navires anime le port jour et nuit. Le comte d’Hector, commandant du port, surveille toutes les opérations avec la plus scrupuleuse attention. Chaque vaisseau est visité avec soin, chaque pièce inspectée de près, afin de découvrir ce qui est pourri. « Il n’est pas possible d’enfermer le loup dans la bergerie. Il viendra un temps où nous serons moins scrupuleux. Nous travaillons pour une longue campagne », écrit le comte d’Hector le 29 janvier 1781. Les difficultés sont nombreuses. Certaines manœuvres perturbent les travaux. Il faut trois essais pour abattre en carène l’Annibal (74 canons) et le doubler à flot. Le Vengeur, vieux vaisseau de 64 canons, âgé de 22 ans, ne parvient à entrer dans son bassin de radoub qu’au bout de la sixième tentative.
Mais les vraies difficultés viennent du climat et des approvisionnements. La préparation des escadres s’effectue pendant les trois premiers mois de l’année, époque où les intempéries, le froid, les vents contraires gênent ou bloquent l’activité de l’arsenal. D’Hector note que « le très mauvais temps arrête tous les travaux (…) le froid horrible (est) bien cruel pour les équipages qui arrivent des pays chauds. Une chose qui me désespère est le temps que nous éprouvons. Il pleut du matin au soir, ce qui retarde considérablement nos travaux ». Mais le plus grave concerne les approvisionnements. Les consommations de matières premières sont telles que toutes sont en rupture de stocks. Deux objets manquent cruellement : le bois de mâture et le cuivre pour le doublage des coques.


Difficultés et limites de la mobilisation navale

Un vaisseau de 74 canons doublé de cuivre. En dépit d'un effort de construction colossal, la France peine à doubler de cuivre tous ses vaisseaux, manque de bois de mâture et n'adopte pas la caronade.


Deux bois sont fondamentalement nécessaires pour un vaisseau de guerre : le chêne pour la coque et le sapin pour les mâts. Le chêne représente 70 à 80 % du poids d’un vaisseau. Un 74 canons de 1780 nécessite en moyenne 2 400 chênes centenaires. La forêt française est suffisante pour fournir le chêne, mais pas le sapin.

Les Pyrénées fournissent un bois de sapin réputé cassant et pourrissant vite. Le meilleur vient d’Europe du Nord par la Baltique et passe pour avoir une durée de vie de 15 ans contre 3 pour un mât des Pyrénées. Compte-tenu de la supériorité anglaise dans ces eaux, l’approvisionnement cesse en temps de guerre, même si les Neutres pourvoient en partie l’arsenal, mais à des tarifs en rapport avec le risque d’être intercepté dans la Manche par une frégate anglaise.

Sartine, qui a préparé la guerre, a fait constituer des stocks immenses de bois de mâture, mais en 1781, après trois ans de conflit, il est clair qu’on est au bord de la pénurie. Suffren fulmine contre les bureaux brestois qui lui refusent un supplément de rechange. Peine perdue. Il part pour les Indes avec le strict nécessaire et ne cessera jamais de s’en plaindre.

L’utilisation du cuivre pour doubler les carènes est une nouveauté apparue en 1775 en Angleterre. L’idée de départ était de protéger la coque de la prolifération des algues et des coquillages ou de mettre celle-ci à l’abri des tarets, ces vers redoutables qui creusent des galeries dans les bordages. On se rend compte aussitôt que les navires doublés de cuivre sont plus rapides que les autres, même avec une coque de bois neuve. La Royal Navy fait donc systématiquement doubler de cuivre ses vaisseaux, sur cale pour les unités en construction et au fur et à mesure de leur radoubage pour les navires plus anciens. Côté Français, Sartine ordonne le doublage des vaisseaux à partir de 1780, mais le cuivre est aussi rare et cher que le bois de sapin. Il faut, comme pour ce dernier, le faire venir de Suède, même si l’Allemagne, l’Espagne, la Turquie en fournissent aussi, mais de moins bonne qualité.
Il faut donc économiser le précieux cuivre. On choisit de ne l’utiliser que pour la partie immergée, la flottaison étant doublée en bois. On doit aussi se contenter de la solution nettement moins satisfaisante du mailletage. Cette technique plus ancienne consiste à couvrir la carène avec des clous à large tête quadrangulaire jointive, enfoncés à coup de maillet, mais le navire reste moins rapide qu’avec le doublage au cuivre. En dépit des efforts de l’arsenal, les escadres françaises sont donc nettement plus composites que celles de la Navy, et donc plus lentes, puisque le navire le plus mauvais marcheur détermine la vitesse de tous les autres sous peine de dispersion. La division de Suffren en porte témoignage : 4 des 5 vaisseaux sont doublés de cuivre (le Héros, l’Artésien, le Sphinx, le Vengeur). Le cinquième, pourtant récent et puissant (l’Annibal, 74 canons, lancé en 1779) n’est que mailleté, alors que la corvette de 16 canons (la Fortune) est doublée de cuivre. Mais elle a été construite en Angleterre en 1778, peu avant le conflit

Une dernière nouveauté échappe totalement aux arsenaux français : la caronade. Ce canon court et léger de gros calibre, monté sur les hauts ponts pour être utilisé en combat rapproché a fait son apparition en 1774 aux forges Caron, en Écosse. Son feu déverse un torrent de boulets de tout calibre ou de mitraille qui balaye le pont adverse et pénètre jusque dans les entrailles du navire.

L’arme, facile à mettre en œuvre avec trois hommes contre dix pour un gros canon a été adoptée par la Navy en 1779 sans que les Français ne réagissent. Mais il est vrai que tous les combats se sont déroulés jusqu'en 1781 à distance respectable, le plus souvent en ligne de file, ce qui n’a pas encore permis à cette arme de montrer son utilité. En termes de vitesse et de puissance de feu, la guerre d'Amérique creuse donc un écart entre les marines françaises et anglaises. Il n’est pas très important les premières années du conflit, comme le prouve la campagne glorieuse de 1781. Il devient apparent en 1782 lorsque la Royal Navy accentue ses efforts alors que la marine de Louis XVI est arrivée au maximum de ses possibilités.

Des dépenses qui échappent à tout contrôle
Le ministre de la Marine, Antoine de Sartine, est renvoyé en 1780 car il a émis des emprunts dans le dos du ministère des Finances. De manière générale, le financement de la guerre semble échapper au contrôle de l'État.


Le budget de la Marine atteint des niveaux jamais vu. Louis XVI accorde à la flotte et au financement de ce conflit des crédits presque illimités : « un vrai pactole », selon l’historien André Zysberg.

 17,7 millions de livres en 1774,  doublé jusqu'a 1777 puisqu’il passe à 41,1 millions.
1778, 74 millions
100 millions en 1779
110 millions en 1780.
1782 189 millions de livres, tandis que l’armée se contente de 118 millions

Lors de la troisième année de guerre, la gestion de Sartine est mise en cause. La primauté qui a été donnée en 1776 aux officiers sur les comptables — à l’« épée » sur la « plume » — s’est révélée très utile pour armer les escadres, mais a conduit à une dilapidation effrénée des deniers du roi. Le budget de la Marine et des Colonies, en constante augmentation, nécessite une administration rigoureuse, soumise à des contrôles périodiques. Or, non seulement Sartine s’y refuse, mais sans être lui-même malhonnête, se laisse entraîner à des expédients hasardeux. Les rapports avec Necker, le ministre des Finances, tournent peu à peu à l’aigre. Necker reproche à son collègue son insouciance à enrayer le laisser-aller de son département, tandis que Sartine accuse Necker d’être un agent de Londres…

Les doléances de chacun remontent jusqu’au bureau du roi qui s’efforce de calmer les deux hommes alors que la polémique commence à transpirer dans le public : une caricature qui circule dans Paris représente Sartine en train de faire des ricochets avec des écus. La crise ministérielle éclate en septembre 1780 lorsque le trésorier payeur général de la Marine, bras droit de Sartine pour les questions financières, est contraint d’avouer qu’il a émis pour 4 millions de billets à court terme, dont il ne peut honorer les échéances. Une nouvelle expertise montre que ce n’est pas 4, mais 20 millions d’engagements clandestins qui ne figurent pas dans les comptes officiels. Ces emprunts émis dans le dos du ministère des Finances provoquent la stupeur de Necker, puis du roi, lequel avait en 1778 strictement interdit ces pratiques. Le sort de Sartine est scellé : Louis XVI, pour qui l’honnêteté est primordiale, renvoie son ministre de la Marine le 13 octobre 1780.

La difficile campagne de 1782
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1)Navire en carénage dans un port européen. Contrairement à la Royal Navy, la Marine française ne dispose toujours pas de base bien équipée dans les Antilles, ce qui pose de redoutables problêmes logistiques à l'escadre du comte de Grasse.



2)La bataille de Saint-Christophe, le 25-26 janvier 1782. Le théâtre d’opération des Antilles reste prioritaire en 1782. De Grasse affronte Hood après avoir mis à terre les troupes du marquis de Bouillé. Celui-ci s'empare de l'île le 12 février.



3)Le Ville-de-Paris aux prises avec plusieurs vaisseaux anglais lors de la bataille des Saintes le 12 avril 1782. Le navire-amiral du comte de Grasse, encerclé, ne se rend qu'après un combat acharné.




La bataille des Saintes et son prolongement les jours suivants coûte 7 vaisseaux à la Marine royale. Cette défaite met un terme au projet de débarquement franco-espagnol sur la Jamaïque.


La reprise des opérations dans les Antilles et le drame des Saintes
De Grasse, qui dispose encore de la supériorité numérique, assure la protection des convois et cherche à passer à l’offensive avec les troupes de Bouillé. De Grasse voudrait attaquer la Barbade où se trouve l’escadre de Hood, également rentrée d’Amérique. On change cependant d’avis, peut-être par prudence et/ou manque de moyen et on se tourne vers Saint-Christophe (ou Saint-Kitts). Le 11 janvier, l’escadre se présente devant le petite île. De Grasse, avec 26 vaisseaux, couvre le débarquement. Les troupes de Bouillé, supérieures à la garnison anglaise, refoulent celle-ci vers l’intérieur de l’île. Le 25 janvier, Hood se porte au secours de la position avec 22 navires. Hood est un fin manœuvrier qui réussit à se glisser entre l’escadre française et l’île. De Grasse attaque alors que les Anglais se disposent à jeter l’ancre. Hood réussit à positionner ses bâtiments en ligne, en sorte que la file française attaquante essuie tout au long le feu des Anglais. De Grasse interrompt le combat, puis le relance le lendemain, renouvelant le scénario de la veille. Hood, maintenant en difficulté, réussit cependant à s’échapper pendant la nuit du 26 janvier. Cette bataille est souvent considérée par les historiens anglais comme un succès pour la Navy qui reprendrait ainsi confiance en ses capacités. Il est vrai que nombre de vaisseaux français sont endommagés.

La garnison anglaise capitule cependant le 12 février et les îles voisines de Nevis et Montserrat sont saisies sans difficultés par Barras de Saint-Laurent. 
Le 22 janvier, à la tête d’une division de 4 sloops menés par la frégate l’Iphigénie (32), il débarque sur la côte guyanaise une petite troupe de 350 hommes qui forcent les garnisons anglaises à la capitulation. Cette victoire permet aussi la saisie de 5 petites unités de la Navy.


Les Saintes
La bataille des Saintes rend le sourire à une amirauté anglaise qui en avait bien besoin, même si Rodney essuie de sévères critiques pour avoir laissé échapper le convoi. Côté français, cette défaite est très douloureusement ressentie par l’opinion et provoque un sursaut qui n’est pas sans faire penser à celui des années 1760 après la guerre de Sept Ans. Le Roi ordonne de construire 10 vaisseaux pour remplacer les 7 qui ont été perdus. Un grand élan patriotique parcourt le pays, de sorte que ce nombre est porté à 12, rappelant à s’y méprendre le « don des vaisseaux » que Choiseul avait initié en son temps. Les tempêtes d’automne viennent aussi atténuer la victoire anglaise : le Ville-de-Paris et le Glorieux sombrent au large des Açores alors qu’ils sont remorqués vers l’Angleterre, leur évitant ainsi d’être intégré à la Navy. La tempête qui disperse ce convoi coule aussi deux vaisseaux de ligne anglais.



La campagne de Suffren aux Indes (1781-1783)

La bataille de Porto Praya, le 16 avril 1781. Le raid de Suffren endommage gravement l'escadre de Johnstone qui n'est plus en état de poursuivre sa route.




Plan de la bataille avec mouvement des vaisseaux français et d'une partie des Anglais.




La bataille de Négapatam, le 6 juillet 1782, fait partie des nombreux combats que Suffren livre aux forces anglaises. Ils sont presque tous indécis car Suffren est mal compris et obéi de ses capitaines.


Gravure allégorique sur les combats de Suffren. Suffren réussit à se maintenir un an et demi aux Indes en étant presque coupé de la France. Il utilise pour cela les ressources locales que lui procurent ses accords diplomatiques et les nombreuses prises sur le commerce anglais.


Le port d'Aceh à Sumatra. Suffren y fait hiverner ses forces pour rester proche du théâtre d'opération, plutôt qu'à la base habituelle mais lointaine de l’Île-de-France.


En Inde, le conflit était resté en sommeil après une brève bataille navale et la chute des comptoirs français. Le 10 août 1778, le capitaine de vaisseau Tronjoly, faisant office de chef d’escadre, avait affronté avec 5 navires (un 64 canons et quatre navires du niveau de la frégate) les forces d’Edward Vernon de puissance quasi équivalente. À l’issue d’une canonnade indécise, les deux chefs s’étaient repliés, puis les Français avaient perdu une de leurs petites unités. Après cela, Tronjoly avait abandonné la côte de Coromandel pour se replier sur l’Île-de-France, laissant de facto la victoire à Vernon ce qui avait contraint Pondichéry à la capitulation le 17 octobre, malgré la défense énergique du gouverneur de Bellecombe.


L’arrivée de Suffren, le 25 octobre 1781, change radicalement la donne. L’addition de ses 5 navires aux 6 inemployés de d’Orves (plus 3 frégates et 4 petites unités) donne aux Français la plus puissante escadre jamais engagée en Inde, soit 11 vaisseaux, ce qui correspond à la volonté du ministre de Castries d’accentuer la guerre dans l’océan Indien.

Les ordres sont d’attaquer les Anglais partout où ils se trouvent et de leur causer le plus de dégâts possibles, ce qui convient parfaitement au caractère offensif de Suffren. L’escadre appareille pour l’Inde le 7 décembre 1781, accompagnée de 10 navires de transports embarquant 3 000 hommes et un détachement d’artillerie. Elle est placée sous les ordres de… d’Orves, le supérieur de Suffren. Mais Suffren a de la chance : d’Orves, épuisé, décède en mer le 9 février 1782, lui laissant ainsi les mains libres. En face, les forces navales sont commandées par le contre-amiral Edward Hughes qui connait parfaitement les eaux indiennes où il sert depuis des années. Il s’appuie sur la base bien équipée de Bombay où il peut se mettre à l’abri de la mousson et y réparer ses vaisseaux alors que Suffren, à deux mois de navigation de l’Île-de-France, est presque coupé de tout et découvre les eaux indiennes[5].

Le bailli veut détruire les forces anglaises pour rétablir la place que la France occupait en Inde avant les traités de 1763. Cette stratégie, qui va plus loin que les consignes de Versailles, semble réalisable car un puissant nabab du sud du pays, Haidar Alî, mène depuis des années une guerre impitoyable contre les Anglais et réclame l’alliance française.
De plus, Suffren dispose d’une nette supériorité car Hugues n’a que 9 bâtiments alors que son escadre en a maintenant 12 avec la capture, pendant la traversée, d’un bon vaisseau de 50 canons.

Suffren et Hughes se rencontrent pour la première fois le 17 février 1782 au large du petit port de Sadras, sur la côte de Coromandel. Suffren, qui a réussi à prendre l'avantage du vent, veut profiter de sa supériorité pour envelopper l’arrière garde anglaise et détruire celle-ci avec une partie du centre. Mais la manœuvre n’est qu’un succès partiel car le second de Suffren, Tromelin, désobéit et bloque une partie de la manœuvre d’enveloppement. Suffren se retrouve ainsi engagé avec à peine plus de la moitié de ses forces. Malgré cela, Hughes est mis en difficulté : plusieurs vaisseaux sont touchés sous la ligne de flottaison, dont le navire amiral. Un bâtiment, totalement hors de combat, baisse pavillon, mais les Français ne le voient pas et Hughes réussit à le faire prendre en remorque. La journée s’achève par la fuite de l’escadre anglaise. Hughes fait cependant mieux que s’en tirer puisqu’il a capturé peu avant le combat un transport de troupe égaré.
Ce premier combat met en lumière une faille dans l’escadre française : le manque de cohésion des capitaines autour de leur chef. Plusieurs d’entre eux sont d’assez médiocres manœuvriers et ne comprennent pas la volonté de Suffren d’anéantir l’escadre anglaise, ce qui suppose une prise de risque élevée, alors qu’ils sont habitués à la tactique de la ligne de file et à ses canonnades bien réglées conduites à distance respectable. Ces discordances sont renforcées par le caractère difficile de Suffren : le bailli est très aimé de ses matelots, canonniers et sous-officiers dont il prend grand soin, mais son style débraillé et vulgaire heurte nombre d’officiers.

Suffren, qui méprise leur manque d’esprit offensif (et leur affairisme pour certain d’entre eux) multiplie à leur encontre les remarques désagréables, voire les insultes, et rend sur eux des rapports incendiaires. L’ambiance dans l’escadre est rapidement délétère, au point de gêner la circulation des ordres et de pousser Suffren à ne plus tenir de réunion d’état-major. Le commandant de l’une des frégates démissionne après Sadras. Plusieurs capitaines se rassemblent autour de l’officier le plus hostile à Suffren, Bernard de Tromelin, et demandent même à ce que l’escadre rentre sur l’Île-de-France après le deuxième combat.
Celui-ci intervient deux mois plus tard, le 12 avril 1782, au large des côtes de Ceylan. Suffren est venu s’y ravitailler après avoir débarqué à Porto Novo les troupes devant faire leur jonction avec Haidar Alî (9 mars). Hughes, qui a reçu le renfort de 2 vaisseaux est presque à parité avec son adversaire (11 anglais contre 12 français). Après de longues manœuvres, le combat s’engage en ligne de file, Suffren ayant réussi à prendre le vent de son adversaire. Le bailli attaque au plus près, mais comme à Sadras, une partie des vaisseaux seulement suivent ses ordres alors qu’il cherche à rompre la ligne adverse. La bataille tourne finalement à la confusion générale, alors que des deux côtés beaucoup de vaisseaux sont très endommagés, dont le Héros, ce qui oblige Suffren à changer de navire en plein combat. Après cinq heures de canonnade acharnée, Hughes réussit à rassembler son escadre et à la mettre à l’abri entre la côte de Ceylan et les nombreux bancs de sable du secteur, près de l’îlot de Provédien. Les deux protagonistes, les voiles en lambeaux, sont contraints de jeter l'ancre alors que se lève, à la nuit tombante, un violent orage tropical. Suffren tente pendant une semaine de reprendre le combat. En vain. Hughes se dérobe. La bataille de Provédien est terminée. Le 19 avril, Suffren décroche pour aller réparer et se ravitailler à Batticaloa.

Le troisième affrontement se passe au large de Négapatam, le 6 juillet 1782, alors que Suffren cherche à reconquérir ce comptoir néerlandais. Suffren n’aligne que 11 vaisseaux car l’un d’eux a été endommagé par un gros coup de vent, ce qui met Hughes à égalité. Le combat s’engage sur les deux avant-gardes, puis comme à Provédien, tourne à la mêlée générale, cette fois à cause du vent qui tourne brutalement et disperse les navires. Trois vaisseaux anglais sont gravement touchés. Deux vaisseaux français sont dans la même situation, l’un d’eux subissant un incendie. Un troisième, isolé au milieu des Anglais, baisse même pavillon quelques minutes. Trois navires français n’ont que peu ou pas participé à l’engagement. Hughes fait retraite dans l’après-midi, suivi peu après par Suffren, qui reste maître malgré tout des eaux entre la côte de Coromandel et Ceylan. Ce troisième combat indécis pousse Suffren à démettre de leur commandement trois capitaines qui se sont illustrés encore une fois par leur manque de combativité ou la médiocrité de leurs manœuvres. Un quatrième, qui présente des signes de sénilité, voit sa démission arrangée pour raison de santé.


Une victoire  1783
La bataille de Gondelour, le 20 juin 1783, clôt les affrontements navals de la guerre d'Amérique. C'est une belle victoire de Suffren, mais qui n'est pas exploitée car elle intervient après la signature de la paix.


« Le bilan de la guerre d’Amérique est ambigu. Incontestable revanche sur l’Angleterre, les victoires navales et terrestres se paient au prix fort », tant sur le plan humain que financier, d’autant que les traités de paix de 1783, pris au pied de la lettre, semblent décevants pour la France. L’indépendance des jeunes États-Unis d’Amérique est reconnue, mais pour le reste, les positions territoriales changent peu.
Dans les Antilles, la France gagne une île à sucre, Tobago, qui est acquise contre la restitution de la Dominique.
Au large du Canada, les droits de pêche sont étendus autour de Saint-Pierre et Miquelon et en Afrique on garde le Sénégal avec l’île de Gorée. Pour les Indes, on retrouve à peu près la situation d’avant la guerre, chacun se restituant grosso-modo ses possessions d’avant la guerre, c'est-à-dire pour Versailles, les cinq comptoirs sur les côtes indiennes avec un agrandissement pour Pondichéry.
En métropole, la France récupère la pleine et entière souveraineté sur Dunkerque que l’on va pouvoir fortifier.
L'Angleterre est forcée de reconnaître le principe de la liberté des mers et on convient qu'un traité de commerce franco-anglais réglementera les rapports économiques entre les deux puissances.

Galerie : Les principaux marins de la guerre d'Amérique

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   4
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  6 



1)D'Orvilliers prouve au combat d'Ouessant, en 1778, que la marine française est de nouveau capable d'affronter la Royal Navy.

2) D'Estaing commande les premières escadres envoyées en Amérique et aux Antilles en 1778 et 1779, mais son action se révèle décevante.

3) Guichen est un bon manœuvrier qui dirige avec résolution la campagne de 1780, mais sans pouvoir remporter de succès décisif

4) La Motte-Picquet se révèle l'un des marins les plus doué pour les missions d'escortes, et livre à ces occasions, de nombreux combats victorieux

5) De Grasse est un chef déterminé dont l'action est à la base de la victoire franco-américaine de Yorktown, grâce à son engagement de la Chesapeake

6) Suffren mène pendant deux ans une vigoureuse campagne aux Indes et livre de nombreux combats alors qu'il est pratiquement coupé de la France.
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MessagePosté le: Sam 15 Sep - 00:49 (2012)    Sujet du message: Publicité

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Rodolphe von Thierstein
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MessagePosté le: Lun 1 Oct - 11:41 (2012)    Sujet du message: La Marine Royale Répondre en citant

1789 signifiera la ruine de la Marine Française, la brillante flotte constituée sous Louis XVI perdra tous ses officiers de valeur pendant la Révolution, les bateaux seront rebaptisés parfois sous des appellations stupides (Droits de l'Homme par exemple ou le Dauphin-Royal rebaptisé Sans-Culottes !) ce qui conduira aux désastres maritimes de Bonaparte et finalement a la domination définitive des anglais sur les mers jusqu'en 1939.
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MessagePosté le: Lun 1 Oct - 17:30 (2012)    Sujet du message: La Marine Royale Répondre en citant

Tout à fait, mais cette Marine est aussi en partie la cause de la Révolution, si l'on met de coté le caractère idéologique, car elle creusera les deficits avec la guerre d'Indépendance!

La Royale a tout le temps connu au cours de son histoire des Sommets suivis de chutes profondes! Si l'on excepte le Moyen-Age, Richelieu construit une bonne marine et elle tombe en "ruine" sous Mazarin; Renaissance sous Louis XIV et chute sous Louis XV. Renaissance sous Louis XVI et chute sous la Révolution et l'Empire. Renaissance sous le 2nd Empire et chute sous la 3eme République. Renaissance dans les Années 30 et chute avec le terrible Sabordage. timide renaissance apres la Guerre et déclin dans les années 80. Contrairement à la Royal Navy nous n'avons jamais  su garder une grande marine. Les Anglais ont certes eu l'avantage de ne pas avoir à entretenir une armée de terre couteuse et ceci explique certainement cela, mais aussi nous n'avons peut-être pas eu de vrai politique navale suivie au cours de notre Histoire.
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MessagePosté le: Mar 2 Oct - 19:40 (2012)    Sujet du message: La Marine Royale Répondre en citant

petit ajout à ce qui précède:

le financement des navires du Roi par des dons du Peuple:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Don_des_vaisseaux
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MessagePosté le: Jeu 4 Oct - 17:57 (2012)    Sujet du message: La Marine Royale Répondre en citant

passionant et très instructif merci
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MessagePosté le: Mer 10 Oct - 21:26 (2012)    Sujet du message: La Marine Royale Répondre en citant

Écoutons Edmond Burke qui le 9 février 1790 déclarait à la Chambre des Communes " Durant ce court espace de temps, les français ont fait eux mêmes pour nous ce que n'auraient pas pu faire vingt batailles." Il parle en fait de l'état de l'ex royale. Grâce a la république, les britanniques ne seront plus des lors inquiétés pour la maîtrise des mers par la flotte française.

En 1778 , un des ministres du roi Georges III avouait "l'Angleterre ne parviendra jamais à la suprématie des mers tant que la dynastie des Bourbons existera..." En effet lié par le pacte de famille à la maison d'Autriche, à l'Espagne et à Naples, la France n'avait plus le souci de protéger ses frontières continentales. De plus le Royaume Uni est isolé depuis l'indépendance de l'Amerique. Les révolutionnaires détruiront le Royaume de France (et sa flotte) a un moment ou notre Roi Louis XVI s'apprêtait à faire de la France, la grande puissance continentale et océanique de par sa position géographique.....
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MessagePosté le: Mer 10 Oct - 21:31 (2012)    Sujet du message: La Marine Royale Répondre en citant

C'était peut-être un bon motif pour ses perfides anglais d'encourager l'éclosion d'une Révolution en France.
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MessagePosté le: Mer 10 Oct - 21:33 (2012)    Sujet du message: La Marine Royale Répondre en citant

Quand on pense à ces républicains qui ont massacré la Royale, en virant les capitaines expérimentés pour installé leurs "citoyens" aux commandes de ces malheureux vaisseaux.... Crying or Very sad
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MessagePosté le: Mer 10 Oct - 21:44 (2012)    Sujet du message: La Marine Royale Répondre en citant

C'est vrais , et on peut se dire à qui profite le crime! D'où vient la franc-maçonnerie?
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MessagePosté le: Dim 21 Oct - 14:43 (2012)    Sujet du message: La Marine Royale Répondre en citant

Je ne sais pas si cet article à sa place ici, mais je le mets quand même. C'est la continuation de l'Histoire de la Royale mais dans la période Trouble de la 2nd Guerre Mondiale.

http://www.crc-resurrection.org/707-honneur-et-sacrifice-de-la-royale.html 
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MessagePosté le: Dim 21 Oct - 16:42 (2012)    Sujet du message: La Marine Royale Répondre en citant

Merci pour ce lien fort intéressant même si pour certains lecteurs il risque de paraître sulfureux. L.'article que vous nous proposait cher ami, nous amene a une page sombre de l'histoire de notre pays. Periode qui n'est pas en odeur de "saintete" pour le commun des mortels abruti par les contre-verites officielles du regime republicain et de ses sbires. En effet si sur certains problèmes/solutions, le régime du Maréchal Pétain semble avoir mis l'accent sur les ennemis de la vrais France et des valeurs chrétiennes que nous avons en commun, sur d'autres points nous ne pouvons être en accord sur la totalité. De plus, son action était limite par la situation de guerre et d'occupation que vivait notre pays. On peut dire que le Maréchal Pétain était dans une situation d'équilibriste. La Royale a paye un lourd tribu lors de la seconde guerre mondiale, et la Grande Bretagne y a vu une nouvel fois l'opportunite de detruire notre flotte (comme pour la periode revolutionnaire) a Mers El Kebir, Dakar ....Et les officiers superieurs marins payeront le prix forts quand les gaullistes et leurs allies communistes prendront le pouvoir a la "liberation". Par ailleurs je vois que même si je ne suis pas toujours en phase avec tout vos posts, je m'aperçois que nous visitons des sites en commun.
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MessagePosté le: Dim 21 Oct - 16:54 (2012)    Sujet du message: La Marine Royale Répondre en citant

"Par ailleurs je vois que même si je ne suis pas toujours en phase avec tout vos posts, je m'aperçois que nous visitons des sites en commun."

vous êtes peut-être plus en désaccord avec mon expression qu'avec ce que je pense. Wink   En tous cas je suis content de voir que vous appréciez ce post. J'espere qu'il en sera
de même pour nos amis.  J'aurais voulu être officier dans la Royale, mais un petit défaut physique m'en a empêché. Néanmoins, si j'ose dire, tout ce qui touche la Royale me touche. Et
effectivement Elle a payé un très lourd tribut durant ce terrible conflit qui a définitivement "suicidé" l'Europe. Non seulement ses navires ont payé, mais ses chefs encore plus, peut-être parce qu'ils étaient les derniers gardiens de la Tradition militaire française. Quelques chefs remarquables servirent dans cette période, mais quelques un sont vraimlent des figures d'exception: Bertrand de Saussine, Jean de Laborde, Raymond Gervais de Lafond, Hervé de Penfentenyio (Officier Catholique exemplaire), etc...

Honneur Valeur Patrie Discipline

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MessagePosté le: Mar 23 Oct - 18:55 (2012)    Sujet du message: La Marine Royale Répondre en citant

La Marine  Royale va faire l'objet d'un documentaire.


http://www.institutducdanjou.fr/fr/actualite-du-patrimoine/206-qoperation-l…
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MessagePosté le: Mer 31 Oct - 23:18 (2012)    Sujet du message: La Marine Royale Répondre en citant

Comte de Chinon a écrit:

"Par ailleurs je vois que même si je ne suis pas toujours en phase avec tout vos posts, je m'aperçois que nous visitons des sites en commun."




J'ai à la maison les 150 points de la Phalange de l'Abbé Georges de Nantes, c'est un livre intéressant dans lequel on trouve de très bonnes choses, mais aussi de moins bonnes... il faut savoir faire le tri.
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Henryk
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MessagePosté le: Mer 31 Oct - 23:27 (2012)    Sujet du message: La Marine Royale Répondre en citant

le lien vers "honneur et sacrifice de la royale", omet un grand nom de la marine et légitimiste,  Etienne d'Orves.

Essai sur la Marine.  Règne de Philippe IV le Bel
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Dernière édition par Henryk le Ven 31 Jan - 20:29 (2014); édité 1 fois
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 21:07 (2016)    Sujet du message: La Marine Royale

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