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Conférence de S.A.I.R l’Archiduc Rudolf d’Autriche
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Léandre de Brisaux
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MessagePosté le: Mar 27 Nov - 01:58 (2012)    Sujet du message: Conférence de S.A.I.R l’Archiduc Rudolf d’Autriche Répondre en citant

V.F.H.78 a écrit:

Si les valeurs traditionnelles chères au légitimisme semblent parfois se perdre un peu parmi les membres de la grande famille de Bourbon, en revanche, chez les Habsbourg-Lorraine, elles imprègnent tous les descendants de l'empereur Charles et de l'impératrice Zita. L'archiduc Rudolf en est un bel exemple. En tout cas son optimisme pour la France fait chaud au coeur, même si nous avons conscience du travail qu'il reste à faire.

L'Archiduc Rudolf, ne souhaite pas prendre parti pour l'un ou l'autre prince, il ne veut pas s'immiscer dans cette querelle. N'oublions pas pas que l'indisponibilité de la Couronne est une loi typique du Royaume de France et que c'est une notion relativement difficile à accepter dans son intégralité, du fait qu'aucun choix, qu'aucune échappatoire n'est possible.
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«Être ouvert à son temps, ce n’est pas en accepter benoîtement les dérives et les propositions contre
nature.» Louis XX, le 31 mai 2015


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MessagePosté le: Mar 27 Nov - 01:58 (2012)    Sujet du message: Publicité

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V.F.H.78
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MessagePosté le: Mar 27 Nov - 07:16 (2012)    Sujet du message: Conférence de S.A.I.R l’Archiduc Rudolf d’Autriche Répondre en citant

C'est tout à fait compréhensible. Il s'agit là en effet d'une "querelle" française. Qui plus-est, l'archiduc n'est pas un Bourbon (même si lui aussi descend de Louis XIV par son aïeule l'impératrice Zita). Non, en fait je parlais des valeurs chères au légitimisme : tradition, importance de Dieu dans la vie, etc...

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V.F.H.78
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MessagePosté le: Mer 28 Nov - 22:01 (2012)    Sujet du message: Conférence de S.A.I.R l’Archiduc Rudolf d’Autriche Répondre en citant

Je relisais aujourd'hui un passage concernant l'empereur Charles 1er dans La saga des Habsbourg, de Jean des Cars, et j'y ai noté un très bel hommage de l'écrivain français Anatole France le concernant quant à sa tentative malheureuse d'apporter la paix durant la première guerre mondiale : "L'empereur Charles a offert la paix : c'est le seul honnête homme qui ait paru au cours de cette guerre et on ne l'a pas écouté... Un roi de France oui, un roi aurait eu pitié de notre pauvre peuple exsangue, exténué, n'en pouvant plus. Mais la démocratie est sans coeur et sans entrailles. Au service des puissances d'argent, elle est impitoyable et inhumaine."
Clémenceau, qui haïssait autant les Habsbourg que les Bourbons, aura brisé la tentative de paix de Charles, envoyant ainsi des centaines de milliers de Français à la mort... mais la France aura gagné la guerre!! Une sacrée victoire quant au sait le violent retour de bâton qui arrivera en 1939. Charles avait, lui, compris les peuples. Et sa profonde piété, son amour des hommes, sa quête du Bien commun, se sera heurté à un mur. Sa destinée, tragique, montre le peu de considération qu'on faisait de ce genre d'homme.
Pour moi, indubitablement, Charles d'Autriche était le dernier grand monarque d'Europe. Il portait en lui toutes ces valeurs et vertues aujourd'hui disparues.


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Léandre de Brisaux
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MessagePosté le: Mer 28 Nov - 23:08 (2012)    Sujet du message: Conférence de S.A.I.R l’Archiduc Rudolf d’Autriche Répondre en citant

Rapide compte-rendu de la conférence, en attendant le texte complet (je me dépêche !  Wink ):


Dimanche 25 novembre 2012 en la belle église de Villars-les-Dombes, comble pour l’occasion, Son Altesse Impériale et Royale l’Archiduc Rudolf d’Autriche donna une  conférence intitulée :     
                                
                                        « Familles d’hier et familles pour toujours, l’Empereur Charles d’Autriche et l’Impératrice Zita, exemples pour notre temps. »                                                                                     

Conférence qui fut déjà donnée avec grand succès à Paris, mais aussi à Fribourg , à Montreal, à Chicago et à Thierenbach.


L’Archiduc Rudolf était accompagnée de Madame, ainsi que de leur jeune fils, l’Archiduc Michael.


Durant une heure et demie, Monseigneur parla  de la vie de ses augustes grands-parents. Çe fut un véritable plongeon dans l’Histoire de la double monarchie austro-hongroise. Les anecdotes inédites étaient nombreuses et Monseigneur, par sa simplicité et par son amour de la vie de ses grands-parents, captiva littéralement l’assemblée.

La naissance, la jeunesse, la rencontre, le mariage, l’accession au pouvoir, les réformes, la fuite et enfin l’exil  de Charles et Zita formèrent un récit haut en couleur avec des moments d’intense joie et d’autres de profonde tristesse. Ayant eu la chance de très bien connaître l’Impératrice Zita, Monseigneur dressa le portrait le plus juste de ce couple hors du commun totalement dévoué à Dieu, à Sa providence et à son pays.


Certaines vérités historiques, occultées par l’Histoire (en France notamment), furent rétablies par Monseigneur, toujours avec un argumentaire solide et à la portée de tous.


L’Archiduc Michael témoigna lui aussi dans une grande simplicité.


Un temps de questions suivit cette belle conférence, qui fut clôturée par une bénédiction et un Salut au Saint Sacrement.




 
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Dernière édition par Léandre de Brisaux le Mer 28 Nov - 23:39 (2012); édité 1 fois
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Lastic
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MessagePosté le: Mer 28 Nov - 23:32 (2012)    Sujet du message: Conférence de S.A.I.R l’Archiduc Rudolf d’Autriche Répondre en citant

C'est cruel de nous mettre l'eau à la bouche comme ça ! Laughing

Très bon compte-rendu ! Okay
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V.F.H.78
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MessagePosté le: Jeu 29 Nov - 15:27 (2012)    Sujet du message: Conférence de S.A.I.R l’Archiduc Rudolf d’Autriche Répondre en citant

Excellent compte-rendu en effet. Bravo Léandre! Okay


Léandre de Brisaux a écrit:

L'Archiduc Rudolf, ne souhaite pas prendre parti pour l'un ou l'autre prince, il ne veut pas s'immiscer dans cette querelle.

C'est tout de même étrange le destin quand on y pense. En effet, la famille de l'archiduc Rudolf de Habsbourg-Lorraine et celle du prince Louis-Alphonse de Bourbon auraient pu être liées. En effet, comme certains le savent certainement, feu le prince Alphonse, au moment de sa mort, était alors fiancé à l'archiduchesse Constanza de Habsbourg-Lorraine, la petite soeur de l'archiduc Rudolf. Ils s'aimaient d'un amour profond. Monseigneur est d'ailleurs resté depuis très attaché à l'archiduchesse Constanza.
Après, je ne sais pas si le duc d'Anjou et l'archiduc Rudolf d'Autriche se connaissent...


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Léandre de Brisaux
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MessagePosté le: Jeu 29 Nov - 19:42 (2012)    Sujet du message: Conférence de S.A.I.R l’Archiduc Rudolf d’Autriche Répondre en citant

V.F.H.78 a écrit:


Après, je ne sais pas si le duc d'Anjou et l'archiduc Rudolf d'Autriche se connaissent...
Ils se connaissent très bien. L' Archiduc m'a même dit que le Prince Louis avait "passé beaucoup de temps à la maison", après la mort du Prince Alphonse.
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APBH68


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MessagePosté le: Ven 7 Déc - 01:04 (2012)    Sujet du message: Conférence de S.A.I.R l’Archiduc Rudolf d’Autriche Répondre en citant

Bien Cher tous

A diffuser et surtout, à ne pas manquer !

Ce lundi 10 décembre 2012 à 20h40, sur la chaîne KTO, diffusion du reportage "Zita, Princesse servante".

Comment voir le reportage ?
En direct à la télévision (modalités de réception ici) ou en direct sur le site www.ktotv.com

Rediffusions
- Mardi 11 décembre à 11h
- Jeudi 13 décembre à 14h10
- Vendredi 14 décembre à 7h50
- Vendredi 14 décembre à 22h50

Obtenir le film
A noter que prochainement, ce documentaire sera disponible en DVD.
En suivre la sortie qui sera certainement annoncée sur le site de l'Association pour la Béatification de l'Impératrice Zita.

La cause de l'Empereur Charles Ier reste ouverte ; de béatification, cette cause concerne désormais sa canonisation.
Il est toujours intéressant de se replonger sur le site de cette même cause, éventuellement même d'y reprendre la prière ou la neuvaine par son intercession.
http://emperorcharles.org/Francaise/index.shtml

]Annonce du reportage[/url]


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V.F.H.78
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MessagePosté le: Ven 7 Déc - 07:11 (2012)    Sujet du message: Conférence de S.A.I.R l’Archiduc Rudolf d’Autriche Répondre en citant

Merci beaucoup pour cette précieuse information! Pour ma part, je ne manquerai ce programme sous aucun prétexte!

... par contre si j'étais vous je passerais bien vite par la case présentation si vous voulez éviter de vexer les administrateurs...


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REQUETE CARLISTE
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MessagePosté le: Ven 7 Déc - 23:00 (2012)    Sujet du message: Conférence de S.A.I.R l’Archiduc Rudolf d’Autriche Répondre en citant

Merci pour ces liens fort intéressants. Il y beaucoup de similitude entre la chute du Royaume de France et l'Empire Austro-Hongrois et un ennemi majeur commun, la franc-maçonnerie qui voyait en eux des piliers du catholicisme qu'il devait absolument abattre pour imposer leur nouvelle idéologie des "droits de l'homme"......
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Lastic
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MessagePosté le: Dim 9 Déc - 14:28 (2012)    Sujet du message: Conférence de S.A.I.R l’Archiduc Rudolf d’Autriche Répondre en citant

Merci pour l'information, APBH68.

C'est en toute courtoisie que je vous invite à vous présenter, pour que nous fassions connaissance.



P.S. : @ Léandre : Est-ce-que tu as pu avancer dans la retranscription de la conférence de l'archiduc Rudolf ?
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V.F.H.78
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MessagePosté le: Lun 10 Déc - 21:52 (2012)    Sujet du message: Conférence de S.A.I.R l’Archiduc Rudolf d’Autriche Répondre en citant

Un grand merci à APBH68 de nous avoir conseillé ce très beau documentaire sur l'impératrice Zita, par Carine Poidatz. A la fois tout en pudeur et en émotion, et rempli d'une incroyable joie de vivre malgré les épreuves que vécut l'impératrice. On y suit ainsi son parcours, sa vie entièrement dédiée à Dieu et à la Providence, de l'Autriche jusqu'à sa résidence de Zizers, en Suisse, en passant par ses fréquents passages aux abbayes Sainte-Cécile et Saint-Pierre de Solesmes où elle fit son oblature en 1926. On y écoute bien-sûr son biographe Jean Sévillia, mais également ses petits-fils les archiducs Rudolf d'Autriche et Lorenz d'Autriche-Este (qui l'appelaient affectueusement "grosse mama"). Il y a aussi le témoignage du jeune archiduc Michael - que notre ami Léandre a pu rencontrer -, notamment au monastère de Muri, en Suisse, où se trouvent les coeurs de Charles et Zita.
En tous les cas, je conseille vivement le visionnage de ce documentaire à toute personne désirant découvrir la vie de cette incroyable personnage que fut l'impératrice Zita d'Autriche.


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Léandre de Brisaux
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MessagePosté le: Jeu 13 Déc - 17:54 (2012)    Sujet du message: Conférence de S.A.I.R l’Archiduc Rudolf d’Autriche Répondre en citant

« Conférence de Son Altesse Impériale et Royale l’Archiduc Rudolf d’Autriche, petit-fils du Bienheureux Charles Ier d’Autriche et de son épouse Zita, le dimanche 25 novembre 2012 en l’église de Villars-les-Dombes »     

     
Voici (enfin !) la première partie de la conférence, le style oral a été conservé.



Bonjour, je suis ravi d’être cet après-midi avec vous, ici. Je vais vous présenter la vie de mes grands-parents. Je remercie très sincèrement l’abbé FRIESS, le curé de cette paroisse, de m’avoir invité pour me permettre de vous présenter ce témoignage sur un couple qui peut être, je pense, un exemple pour notre temps. En préparant cette conférence, et je connait évidemment assez  bien la vie de mes grands-parents, j’ai été effaré de voir qu’en compilant de nombreux ouvrages, il y en a environ 200 ainsi que le résumé du procès de mon grand père qui compte 2000 pages, combien leurs vies sont liées à l’histoire du 20ème siècle. Et donc, en retraçant cet itinéraire, j’illustrerais par des témoignages ou des expériences personnelles qui ils étaient réellement et quel fut leur cheminement. Je me suis aussi beaucoup inspiré, pour cette conférence en Français, des excellents livres de Monsieur Sévillia, historien, journaliste au Figaro et président de l'Association pour la béatification de l'impératrice Zita, livres dans lesquels j’ai vraiment reconnu mes grands-parents.

 

La vie de l’empereur et de l’impératrice est absolument indissociable de leur foi. Peu de temps avant sa mort, Charles disait à son épouse : « Toujours et en toute chose, je m’applique à connaître aussi clairement que possible la volonté de Dieu et ensuite, à la suivre aussi complètement que possible ». C’est justement cette soumission à la volonté de Dieu qui fait de lui un chef d’état exceptionnel, malgré l’un des règne des plus court de l’Histoire.

Mon grand-père est né en Autriche à Persenburg, sur le Danube,  le 17 août 1887. En fait, il n’aurait jamais dû régner. Mais il y a eu un concours de circonstances absolument incroyable. En effet, l’empereur François-Joseph a régné 67 ans et, entre temps, certains de ses successeurs sont décédés. L’Archiduc héritier, Rodolphe, a été assassiné à Mayerling, le frère de François-Joseph, Maximilien, qui aurait dû être le roi suivant, avait renoncé au trône pour devenir empereur du Mexique et avait été fusillé là-bas. François-Ferdinand contracta un mariage morganatique, puis fut assassiné à Sarajevo en 1914. Enfin l’Archiduc Otto, meurt en 1906. Son fils aîné, Charles, petit-neveu de l’empereur François-Joseph, suivra ce dernier sur le trône en 1916. C’est cette succession d’événements incroyables qui est à l’origine de cette lourde charge pour Charles.

On peut aussi penser que la Providence avait un plan pour lui. Si l’on considère la prophétie faite par le pape Pie X à ma grand-mère, en 1911, lors de sa visite officielle au Vatican. Zita s’était en effet rendue à Rome avec sa famille pour mettre son mariage à venir sous la bénédiction du Saint Père. Et elle m’a raconté l’histoire suivante :

Le pape Pie X lui accorda une seconde audience privée avec sa mère, la duchesse de Parme. Il pape lui dit : « Vous allez épouser l’héritier du trône, je vous souhaite alors toutes les bénédictions ». Et timidement, par deux fois, ma grand-mère avait tenté de répliquer que son fiancé n’était pas l’héritier du trône puisque l’Archiduc François-Ferdinand devait succéder à François-Joseph, et qu’il vivait encore en 1911. Mais Pie X, saisissant les mains de ma grand-mère, avait insisté et avait ajouté : « Et je m’en réjoui infiniment, parce que Charles est la récompense que Dieu a réservé a votre famille et à l’Autriche, pour tout ce qu’elles ont fait pour l’Eglise. Lorsque vous serez impératrice, il faudra tout faire, avec Charles, pour terminer la guerre. » C’était trois ans avant le début de la première guerre mondiale. En sortant, ma grand-mère s’était adressée à sa mère lui disant : « Dieu merci, le pape n’est pas infaillible en matière de politique ». La duchesse de Parme est restée muette, pensait-elle que le pape avait mesuré l’exact sens de ses propos ? Plus tard, ma grand-mère versa cette anecdote au dossier de béatification de Pie X.

Le père de mon grand-père, l’Archiduc Otto, était malheureusement un  sympathique fêtard dont les actes étaient rapportés avec délices dans toute la société viennoise. En revanche, sa mère, Maria-Josèpha, princesse de Saxe, qui était très pieuse et horrifiée des frasques de son mari et des scandales. Elle essayait de protéger ses deux enfants, Charles et Maximilien, de l’influence néfaste de leur père. De ce fait ils furent tout deux élevés de façon stricte, peut-être même très stricte. Mais dès l’âge de 4 ans, Charles se rendit compte des souffrances des personnes moins fortunées que lui. Il essaya de les aider. Il demanda aux domestiques de sa maison de pouvoir travailler pour gagner de l’argent  pour les pauvres. Il vendit ainsi des fruits et légumes au marché local pour en donner les bénéfices aux plus démunis. Il organisa des loteries à leur bénéfice et donna même la plupart de ses habits qui, pour un Archiduc, n’étaient pas si nombreux.

Zita, de son côté, était la fille de l’ultime duc régnant de Parme, celui-ci ayant eu 12 enfants de son premier mariage avec la princesse Maria Pia des Deux-Siciles. Au décès de son épouse, il se remaria avec la princesse Maria Antonia de Bragrance, fille de Don Miguel roi de Portugal. Cette femme forte, avec beaucoup de personnalité, lui donna également 12 enfants dont la petite Zita née le 9 mai 1892 à Camaiore en Toscane. Elle fut baptisée deux jours plus tard et reçut le prénom de la patronne des servantes et des domestiques dont l’exemple la marqua. Ce 17ème enfant du duc de Parme dira plus tard : « J’ai vécu dans ma famille, une enfance extraordinairement joyeuse et heureuse. » Elle m’a dit un jour : « Nous étions un groupe très joyeux. » Le duc et la duchesse étaient profondément croyants et transmettaient leur piété à leur entourage. Trois de leurs filles entreront dans les ordres et l’attention du couple pour les plus faibles sera constante. En fait 6 des enfants, gravement handicapés, vivront en permanence au milieu de la famille. Le duc de Parme avait une belle fortune et deux fois par an la famille déménageait en train spécial, ce dont ma grand-mère se souvient avec amusement. D’Italie en Autriche, où ils restaient de juillet à décembre au château de Schwarzau et le reste de l’année à la villa Pianore en Toscane.

Robert de Parme était cultivé, intelligent, grand lecteur et éduquait partiellement lui-même ses enfants, ce qui n’était pas courant à l’époque. A la maison, ils parleront six langues : le français le lundi, l’espagnol le mardi, l’italien le mercredi, l’allemand le jeudi, le portugais le vendredi, l’anglais le samedi et le dimanche était congé. Lire, chanter, jouer d’un instrument, jouer des pièces de théâtre, pratiquer un sport, discuter de politique et d’art étaient des occupations quotidiennes. Ceci n’excluait évidemment pas les œuvres charitables. Ma grand-mère avait reçu une machine à coudre et, pendant ses vacances à Pianore, elle cousait, avec ses sœurs, des habits pour les pauvres qu’elle visitait avec sa mère et sa sœur Francesca. Elle suivait ainsi l’exemple de sa sainte patronne, sainte Zita,  qui disait : « Les mains au travail et le cœur à Dieu. » Bonne élève, mais pas brillante, Zita visitera différents internats, entre autre en Bavière en 1903, à l’âge de 11 ans, et en Angleterre à Saint-Cécile chez les Bénédictines de l’Ile de Wigt à l’âge de 16 ans. Bref, ce fut pour ma grand-mère une jeunesse heureuse, au sein d’une famille où l’on rencontrait beaucoup de cousins, partageant la même éducation et la même foi.
De son côté, à 15 ans, Charles connaissait beaucoup de poésie et d’extraits d’auteurs classiques de son époque en six langues dont le latin. Charles a apprit à parler quasiment toutes les langues de l’empire sur lequel il devait régner un jour. Il parla environ quatorze langues. Il se distinguait comme un très bon étudiant, avec une mémoire exceptionnelle. Son premier précepteur privé était très strict et nommé personnellement par l’empereur François-Joseph. Il continua ses études chez les Bénédictins à Vienne. Pendant sa carrière militaire, en Bohême, il réussit parallèlement à accomplir le programme de deux ans de l’Université de Prague, en droit et en science de l’état, ce qui le prépara à sa future mission. Un de ses professeur à Prague a témoigné que c’était le meilleur étudiant qu’il avait eu et qu’on lui avait donné deux fois plus de travail qu’aux autres étudiants, tant sa soif d’apprendre était grande.

En 1909, Zita, qui était aussi ma marraine, j’ai eu cette chance, accompagna, en Bohême, sa tante l’Archiduchesse Marie Annonciade qui devait y suivre une cure. Et il se fait qu’un jeune Archiduc, officier près de Prague rendait de temps en temps visite sa tante, Maria Annonciade. Ce jeune lieutenant, deuxième en classe dans l’ordre de succession du trône d’Autriche était, vous l’avez deviné, Charles. De rencontre en rencontre, s’ébaucha entre ce jeune homme de 22 ans et la jeune fille de 17 ans, plus qu’une simple affection. L’Archiduchesse Marie Annonciade en parla à sa mère, l’Archiduchesse Marie-Thérèse, qui en parla à sa sœur, la Duchesse de Parme. La cause était quasiment entendue, puisque la boucle était bouclée. De plus, l’Empereur François-Joseph, en 1910, voulant assurer la continuité dynastique, les enfants de l’Archiduc François-Ferdinand ne pouvant pas régner pour cause de mariage marganatique, convoqua son petit-neveu Charles et lui dit : « Charles, il est temps pour toi de te chercher une épouse. Et sache qu’il doit s’agir d’une Princesse de sang royal ou impérial, toute autre solution est exclue . » « Mais… Majesté…. » avait-il tenté de répondre. « Je te le répète, c’est un ordre, tu as six mois devant toi . »
Début 1911, Charles rencontre Zita à Vienne lorsque celle-ci fit son entrée dans le monde au Palais de la Cour, et ils eurent l’occasion de danser ensemble.

Quelques mois plus tard, l’Archiduchesse Marie-Thérèse organisa une nouvelle rencontre en Styrie, en Autriche où Charles était là lors d’une chasse. Il put à ce moment là se déclarer à Zita. Les fiançailles furent célébrée à Pianore, le 13 juin 1911 dans un cercle familial restreint. En juin, l’Archiduc Charles représente l’Empereur à Londres pour le couronnement du Roi Georges V d’Angleterre. Et il écrit régulièrement à sa fiancée, ses lettres qui ont été conservées, finissant par : « Je t’embrasse et t’étreint dans un amour fidèle » ou bien « Eternellement à toi dans un amour fidèle. » De Londres, il écrit également à son ancien précepteur en disant : « Je suis le plus heureux de tous les fiancés, car j’ai pour fiancée la meilleure des jeunes filles au monde. » Les fiancés firent une retraite à Mariazell, qui est le grand centre marial autrichien. La veille de son mariage, Charles donna à sa future épouse la ligne de conduite de sa vie, vous connaissez sûrement cette phrase mais elle est tellement belle que je me permet de lire : « Maintenant, il faut que nous nous épaulions mutuellement pour arriver au Ciel. » Charles épousa le 21 octobre 1911, la Princesse Zita de Bourbon-Parme. Beaucoup d’invités étaient présents, dont l’Empereur François-Joseph. Au dessert, celui-ci, de très bonne humeur, porta un toast en français,  la langue diplomatique de l’époque. « Ce mariage, dit-il textuellement, qui nous réuni tous et pour lequel nous sommes rassemblés aujourd’hui, me procure une grande joie et me remplit de satisfaction. L’Archiduc Charles a choisi le Princesse Zita comme compagne de sa vie, je le félicite pour le choix de son cœur et je salue l’Archiduchesse Zita, avec une joie profonde, en tant qe membre de ma maison. » Et il finit en disant : « Que Dieu protège l’Archiduc Charles et l’Archiduchesse Zita ! »
La sœur de ma grand-mère, qui était religieuse et qui est devenue mère supérieure à Solesme, la mère Maria Antonia, témoigne aussi au sujet de ce mariage. Elle dit : « Ce mariage était une harmonie complète, il régnait une confiance totale entre eux, sans secrets. Leur optimisme mutuel était augmenté par une confiance héroïque en Dieu et Sa volonté. Il n’y eu aucune ombre entre eux. » Leur voyage de noces commence en Autriche, puis ils visiterons le Tyrol, l’Adriatique et iront jusqu’à l’extrémité méridionale de l’Empire, quasiment jusqu’en Turquie. Ils s’installeront ensuite à côté de Vienne et Charles reprendra ses activités. Charles et Zita exercent maintenant des activités de représentation au nom du souverain. Le couple conserve cependant sa simplicité naturelle. Reçu au printemps 1913 par l’Archiduc Charles, un général aide de camp de l’Empereur François-Joseph raconte : « La naissance d’un fils avait encore augmenté la félicité des deux époux dont les manières affables jointes au bel exemple de vie familiale qu’ils donnaient, leur avaient consigné tous les cœurs ».

En passant par tous les grades, ayant servit dans différents pays incluant l’Autriche, la Bohême, la Pologne, Charles fut nommé au début de la première guerre mondiale dans le haut commandement de l’armée au début de l’année 1914. Il fut ensuite envoyé en mission auprès de l’Empereur Guillaume d’Allemagne, au quartier général allemand, puis promu au grade de général-major et contre-amiral. A partir de ce moment-là, il entreprit principalement des visites de troupes et se tint à la disposition de l’Empereur François-Joseph. Au début de 1916, il fut  promu au grade de Maréchal, Vice-Amiral et Commandant du corps d’armée. L’Archiduc Charles ne fut pas impliqué politiquement dans le début de la guerre. L’Empereur François-Joseph lui a même dit la phrase suivante : « Je vais devoir faire des choses pour lesquelles tu ne porteras pas la responsabilité ». Comme militaire, il était considéré comme un camarade loyal, un chef intelligent, un bon officier et un homme pieux. Lors de chaque inspection, il montait au front et faisait rapport à l’Empereur de la situation exacte, bonne ou mauvaise. Concernant la guerre, tous les historiens s’accordent à dire aujourd’hui, que les vraies causes du déclenchement de la première guerre mondiale sont les nationalismes existants au début du 20ème siècle ainsi que le jeu des alliances. La cause ultime, évidemment, a été l’assassinat de l’Archiduc héritier François-Ferdinand et de son épouse à Sarajevo en 1914.

J’ai demandé à ma grand-mère comment elle avait vécu cela. Elle m’a donné, peu de temps après, un livre qui s’appelle « La piste mène à Belgrade » et m’a dit que sans en avoir la preuve, elle était sûre que les Prussiens, qui voulaient la guerre, avaient intercepté des télégrammes de l’Empereur François-Joseph aux serbes, en avait changé les termes afin d’obliger les deux parties à une escalade rapide des ultimatums.

Durant la guerre, Zita, systématiquement, inspecte les maisons de repos et hôpitaux, d’abord dans la capitale et puis derrière les lignes du front. Elle rencontre directement François-Joseph et lui signale toutes les carences. A Vienne, un service de collecte à domicile a été créé sous son patronat. Entre décembre 1914 et avril 1915, elle réunit des vêtements à l’attention des nécessiteux, pour un somme de 1,5 millions de couronnes, ce qui est énorme pour l’époque. Le 11 août 1915, la jeune femme reçoit pour son travail la médaille du mérite de la Croix-Rouge.

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Semper Fidelis
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MessagePosté le: Jeu 13 Déc - 18:20 (2012)    Sujet du message: Conférence de S.A.I.R l’Archiduc Rudolf d’Autriche Répondre en citant

Je remarque que l'archiduc parle bien d'assassinat pour l'archiduc héritier Rodolphe, fils de l'empereur François-Joseph.
La version du suicide était absolument combattue par l'impératrice Zita elle-même.
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Léandre de Brisaux
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MessagePosté le: Jeu 13 Déc - 18:53 (2012)    Sujet du message: Conférence de S.A.I.R l’Archiduc Rudolf d’Autriche Répondre en citant

Voici la réponse de l'Archiduc à quelqu'un qui se posait la même question que vous  Wink

Le style oral a été conservé:


L’Empereur François-Joseph avait imposé un silence de cent ans sur la mort de son fils. Mais comme il aimait ma grand-mère il lui a dit : « Va voir telle tante, » dont j’ai oublié le nom,  « qui m’a posé la même question le jour avant l’enterrement et demande lui ce que je lui ai répondu. » Ma grand-mère s’est alors précipitée chez cette vieille dame et elle lui a posé la question. La tante a dit la chose suivante : « L’Empereur m’a dit que quand je me pencherai sur le cerceuil, je devais toucher les mains de l’Archiduc Rodolphe.  » La dépouille portait des gants blancs et la tante a dit que quand elle avait essayé de toucher les mains de l’Archiduc, il n’y en avait pas… A Mayerling, la porte avait été défoncée à coups de hache et il semble donc que quelqu’un qui est sensé s’être suicidé, s’il n’a plus de mains n’arriverai pas à le faire. D’après ce que l’on dit dans la famille, d’après ce que ma grand-mère m’a dit, c’est que l’Archiduc Rodolphe avait malheureusement fréquenté des milieux francs-maçons. Et on lui a demandé deux choses : la première était de détruire l’Eglise Catholique dans l’Empire, comme il n’était vraiment pas pieux, je pense que ça ne le dérangeait pas beaucoup. L’autre chose était de destituer son père et prendre sa place, et ça, il ne pouvait pas le faire. En refusant cela, il en savait trop, il avait signé son arrêt de mort. A cette époque l’Eglise était très stricte, quelqu’un qui se suicidait ne pouvait pas être enterré religieusement. L’Empereur François-Joseph avait envoyé une très longue lettre au Saint-Père pour lui expliquer la situation, et l’Archiduc Rodolphe a été enterré en terre d’Eglise, preuve qu’il ne s’était pas suicidé.

La version officielle a été le suicide puisque l’Empereur ne voulait pas dire, évidemment, que le plus haut organe de l’Etat avait été infiltré par la franc-maçonnerie. Pour la grande monarchie catholique ça n’aurait pas été possible, ceci explique un peu tout cela.


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