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Conférence de S.A.I.R l’Archiduc Rudolf d’Autriche
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Semper Fidelis
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MessagePosté le: Jeu 13 Déc - 19:04 (2012)    Sujet du message: Conférence de S.A.I.R l’Archiduc Rudolf d’Autriche Répondre en citant

Ah c'est excellent cette réponse, merci.
j'avais lu des études, montrant qu'effectivement l'archiduc Rodolphe était libéral, proche de mouvements voulant "faire avancer" la double monarchie dans un sens qui n'était pas celui de l'empereur François-Joseph.
Il y avait aussi des suppositions que le Roi de Prusse, futur empereur Guillaume II, était mêlé à la mort de l'archiduc : ceci n'excluant pas ce que vous avez écrit car on sait que le Hohenzollern était anti-catholique et proche de certaines sectes secrètes... Or il semblerait que l'archiduc Rodolphe voulait détacher l'empire austro-hongrois des alliances avec la Prusse.
D'autres études ont montré aussi d'après simplement les rapports des médecins, que la mort de la baronne Vetsera et celle de l'archiduc étaient distantes de quelques heures et n'avaient pas été causées par la même arme ; de plus la balistique montrait que la balle dans la tête de l'archiduc ne pouvait pas avoir été "logée" par un geste fait par lui même...
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« Le trône de Saint Louis sans la religion de Saint Louis est une supposition absurde ».

(Chateaubriand)


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MessagePosté le: Jeu 13 Déc - 19:04 (2012)    Sujet du message: Publicité

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Léandre de Brisaux
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MessagePosté le: Ven 14 Déc - 00:17 (2012)    Sujet du message: Conférence de S.A.I.R l’Archiduc Rudolf d’Autriche Répondre en citant

Il semblerait en tout cas que les franc-maçons aient des façons tout à fait horribles de mettre à mort quelqu'un qui les gêne.
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«Être ouvert à son temps, ce n’est pas en accepter benoîtement les dérives et les propositions contre
nature.» Louis XX, le 31 mai 2015


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V.F.H.78
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MessagePosté le: Ven 14 Déc - 07:21 (2012)    Sujet du message: Conférence de S.A.I.R l’Archiduc Rudolf d’Autriche Répondre en citant

Oui, cette histoire de mains coupées fait vraiment frémir. Il ne fait pas bon se mettre en travers de la route des franc-maçons (c'est toujours vrai en France aujourd'hui)...

En tout cas bravo Léandre pour ta première partie de compte-rendu. Très intéressant. Ca a dû te demander un sacré travail! Shocked


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Léandre de Brisaux
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MessagePosté le: Ven 14 Déc - 21:04 (2012)    Sujet du message: Conférence de S.A.I.R l’Archiduc Rudolf d’Autriche Répondre en citant

V.F.H.78 a écrit:


En tout cas bravo Léandre pour ta première partie de compte-rendu. Très intéressant. Ca a dû te demander un sacré travail! Shocked

C'est très long à réécrire à l'écoute, et la première partie en représente seulement 20 minutes Mr. Green
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nature.» Louis XX, le 31 mai 2015


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Léandre de Brisaux
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MessagePosté le: Jeu 3 Jan - 19:01 (2013)    Sujet du message: Conférence de S.A.I.R l’Archiduc Rudolf d’Autriche Répondre en citant

Deuxième partie de la conférence (traitant du sacre et de la 1ère guerre mondiale) , le style oral a été conservé.




L’Empereur François-Joseph décède au milieu de la guerre, le 21 novembre 1916. Charles, devenu empereur, a hérité de la guerre en même temps que de la couronne. Mon oncle, l’Archiduc Otto, avait expliqué cela d’une façon très jolie en racontant l’histoire suivante : «On peut imaginer que l’on se trouve dans un avion, que le pilote est mort, que les moteurs sont en feu, que l’avion tombe et que le copilote essaye d’enrayer la chute. » Et le copilote, c’était mon grand-père. Charles avait besoin de réformes pour imposer la paix, mais il avait aussi besoin de paix pour imposer les réformes. Le problème se révéla insoluble.


Zita devint impératrice et fut couronnée reine apostolique de Hongrie, à l’âge de 24 ans, le 30 décembre 1916. Selon son témoignage, ce couronnement à été l’un des jours les plus importants de la vie de son mari car il était par l’onction (et l’onction royale est très proche de celle de l’évêque lors de sa consécration) investi d’une mission par l’Eglise au nom de Dieu. Durant cette cérémonie et par son serment tout le peuple hongrois lui est confié, Charles devait ainsi vivre, se sacrifier et prier pour son peuple. Ce sacrement était inviolable à ses yeux, ce qui explique ses tentatives de restauration à la fin de sa vie. Durant la cérémonie, et selon la tradition, après le sacre du roi, vient celui de la reine. Le roi se tourne vers le primat et lui dit : « Eminence, nous vous prions de bénir l’épouse unie à nous devant Dieu et de la toucher avec couronne royale pour la louange et la glorification de Notre Seigneur Jésus-Christ.» Agenouillée Zita bénéficie des mêmes onctions que Charles. Le primat pose sur sa tête la couronne fabriquée en 1867 pour la reine Elisabeth, plus connue sous le nom de Sissi. Ensuite, la couronne de Saint-Etienne déposée sur son épaule droite, symbolise l’allégorie de l’union du roi et de la reine. Le primat ajoute : « Reçois la couronne de la souveraineté, afin que tu sache que tu es l’épouse du roi et que tu dois toujours prendre soin du peuple de Dieu. Plus haut tu es placée, plus tu dois être humble et rester en Jésus-Christ. » Désormais le couple royal portait devant Dieu la responsabilité de la Hongrie. Charles et Zita était un vrai couple et s’étaient juré fidélité et soutien pour le meilleur et pour le pire devant Dieu et les hommes. Le pire était à venir.


Devenu empereur, Charles était très concerné par la vie humaine de ses soldats ainsi que par leurs conditions de vie. Il limogea les généraux qui envoyaient leurs hommes à la boucherie et créa des maisons pour les soldats afin qu’ils puissent récupérer et acheter à bas prix des objets pour leurs besoins. Il créa un fond pour les familles des soldats blessés ou tués. Il supprima le duel et les punitions corporelles. Il interdit aussi l’emploi du gaz dans les tranchées et le bombardement des populations civiles et des villes.


Mais un militaire doit aussi être un stratège. Son sens de la stratégie fut déterminant dans la victoire de nombreux combats. Il était un militaire de carrière dans l’âme, mais il détestait la guerre. En 1914, quand il vit la jubilation de la population au déclenchement de la guerre, il dit à ma grand-mère : « Je suis officier, mais je ne comprends pas comment les gens qui voient partir leurs proches à la guerre puissent ainsi s’enthousiasmer. »


Son premier acte politique fut un décret où il s’engageait à tout faire pour obtenir une paix honorable et il rajoute : « Aucun homme ne peut justifier la guerre devant Dieu, je vais l’arrêter et le plus vite possible. » Mais les difficultés que rencontrait l’empereur dans ses efforts pour terminer la guerre, étaient nombreuses et augmentées par son honnêteté intellectuelle. Etant absolument intègre lui-même, il était persuadé que les autres agissaient de la même façon, et certains de ceux-ci en profitèrent. Le premier problème dont il n’était pas conscient, était le fait que la plupart des chefs d’Etat n’avaient aucun désir de finir rapidement la guerre et d’arriver à la paix, car ils avaient le plan secret de démanteler l’empire austro-hongrois et d’assimiler certaines de ses parties. La Russie désirait annexer la Serbie et une partie des Balkans, l’Italie voulait le sud du Tyrol, la France voulait à nouveau l’Alsace-Lorraine, etc… Le second obstacle était le haut-commandement allemand qui voulait le contrôle de la double-monarchie aussi bien que celui de l’Empire allemand, et qui pensait gagner cette guerre facilement. L’Empereur savait aussi que l’Allemagne avait le plan d’envahir l’Autriche et de prendre l’empire des Habsbourgs, il savait aussi que Guillaume II ne s’opposerait pas à ses officiers supérieurs et que si ceux-ci avaient été au courant de l’extension des plans de paix de Charles, ils auraient rapidement envahi l’Autriche. D’autres problèmes survinrent encore, dans son propre camp certains de ses ministres le trompèrent plusieurs fois, bloquèrent ses programmes de réforme et, finalement, rendirent nuls ses plans de paix.


Comme les horreurs de la guerre continuaient, Charles coupa tout luxe dans ses palais. Des chevaux ainsi que des calèches furent mis au service des pauvres pour apporter de la nourriture et du charbon à Vienne. Lui et sa famille mangeaient du pain noir, et les officiers racontaient entre eux que l’on mangeait mieux au front qu’au palais à Vienne. Les rations diminuaient pour eux comme pour tout le monde dans l’empire. Souvent, l’empereur ne mangeait que deux fois par jour, des petites rations, une tôt le matin et la seconde le soir, 18 heures plus tard. Ses déplacement se limitaient à la visites de ses sujets et, quand cela était possible, à leur faire des dons.


De 1916 à 1918, durant ses deux années de règne, Charles effectue 56 déplacements en Autriche-Hongrie dont 30 sur le front.  Son chambellan calcula que ceci représentait environ 110 000 kms en train et 20 000 kms en voiture ou à cheval. Zita suivit son mari 15 fois dont 4 fois sur le front. Il était dans l’ordre des choses que Zita joue un rôle auprès de son mari. Selon la Constitution, le monarque était seul à détenir le pouvoir. Au sens strict, l’impératrice ne détenait aucune fonction gouvernementale. Le témoignage d’un général de la génération de François-Joseph, au début très volontiers critique à l’égard de Charles, est à ce sujet très important. Reçu en audience par l’impératrice en janvier 1917, il note dans son carnet : « Je fus cette fois encore, fasciné par le charme qui émanait de son auguste personne et par la grâce sans rivale de ses manières, mais encore par l’esprit de sa conversation alerte et aimable, pétillante d’intelligence et de vivacité. » Le cardinal-archevêque de Vienne qualifia Zita d’ange gardien sur tous ceux qui souffrent.


On pensait que l’empereur voulait la paix car il était clairement en position de faiblesse. Mais son aide de camp a témoigné que ses efforts de paix n’étaient pas une capitulation. Ils ont été engagés alors que l’Autriche-Hongrie avait de grands succès militaires en Roumanie et sur le front du sud. Ses efforts se sont traduits par les actions suivantes : d’abord en faisant pression sur l’Allemagne et l’empereur Guillaume II pour faire la paix en position de force, ensuite en soutenant le pape Benoît XV qui avait fait un appel à tous les dirigeants. Et enfin, en essayant de contacter les alliés pour l’ouverture de négociations secrètes afin de trouver une solution pacifique à la guerre. Beaucoup de ces efforts sont connus par témoignages seulement, en raison du fait que les marxistes arrivés au pouvoir en 1919 ont brûlé une grande partie des archives à Vienne. Le reste fut détruit par les nazis en 1938.

En 1917, Charles rencontra ses deux beaux-frères Sixte et Xavier de Bourbon-Parme qui étaient officiers dans l’armée belge et qui agissaient  avec l’accord du roi Albert et du président français. Pour faire connaître aux alliés ses vues sur la paix, Charles écrivit un lettre confidentielle au prince Sixte, et il était convenu entre eux qu’en aucun cas cette lettre ne serait publiée car elle devait juste être employée par le prince comme représentant de l’empereur, dans les discussions avec le premier ministre anglais et le président français. La seule autre personne ayant connaissance de cette lettre était le ministre autrichien des affaires étrangères, le Comte Czernin. Malheureusement, à Paris, cette lettre tomba dans les mains d’un haut fonctionnaire français hostile à la paix avec l’Autriche-Hongrie parce que c’était une puissance catholique, et il rendit cette lettre publique. Czernin blâma Charles mais ce dernier ne se défendit pas publiquement, il préféra souffrir ce terrible abus plutôt que de rendre la situation de ses sujets encore pire. A partir de ce moment là, des troupes séparatistes déclarent que leur nation devrait être libre et ne pas faire partie de la double monarchie. Charles publie un décret en octobre 1918, déclarant que l’Autriche-Hongrie deviendrait un empire fédéral après la guerre. C’était un plan qu’il avait déjà préparé avant son accession au trône, mais maintenant c’était trop tard. Le 3 novembre 1918, l’Autriche-Hongrie signa un armistice avec les Alliés et huit jours plus tard l’Allemagne capitula, la guerre était finie.
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Henryk
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MessagePosté le: Jeu 3 Jan - 19:17 (2013)    Sujet du message: Conférence de S.A.I.R l’Archiduc Rudolf d’Autriche Répondre en citant

Merci Léandre.
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V.F.H.78
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MessagePosté le: Jeu 3 Jan - 19:46 (2013)    Sujet du message: Conférence de S.A.I.R l’Archiduc Rudolf d’Autriche Répondre en citant

Merci beaucoup mon cher Léandre! Très intéressant.
Une fois que vous l'aurez intégralement retranscris, il faudrait carrément en faire un recueil!


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V.F.H.78
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MessagePosté le: Sam 12 Jan - 14:24 (2013)    Sujet du message: Conférence de S.A.I.R l’Archiduc Rudolf d’Autriche Répondre en citant

Pour ceux que le sujet intéresse, l'excellent magazine - et le seul véritablement impartial et libre en Histoire - La Nouvelle Revue d'Histoire vient de sortir un numéro intitulé "La fin des Habsbourg". Une bonne part y est bien-sûr consacrée à Charles et Zita.



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Léandre de Brisaux
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MessagePosté le: Jeu 11 Avr - 12:56 (2013)    Sujet du message: Conférence de S.A.I.R l’Archiduc Rudolf d’Autriche Répondre en citant

Troisième partie : la perte du trône, l'exil, et la mort de Charles (le style oral a été conservé).

Le 11 novembre, un groupe de membres du gouvernement arrive à Schönbrunn, au palais, pour demander l’abdication de l’Empereur. Celui-ci refusa, disant qu’il ne pouvait renoncer à une couronne qui lui avait été confiée par Dieu et transmise par ses ancêtres. Mais il renonça temporairement à l’exercice de son pouvoir pour empêcher les Alliés de se venger sur ses peuples. Deux jours plus tard, il fit la même déclaration pour la Hongrie, mais dans les deux cas il n’abdiqua pas, il restait Empereur ainsi que Roi couronné et oint.


Outre sa charge d’Empereur, Charles a déployé durant deux ans une activité impressionnante. L’activité la plus importante fut de prendre des mesures pour améliorer la situation sociale. Il créa le premier «  Ministère des affaires sociale et de la santé » au monde. Il voulu développer sa monarchie en un état fédéral, où chaque nation pourrait se développer selon sa propre particularité. Il prit des mesures en faveur de la classe ouvrière comme l’introduction du contrôle des prix pour faciliter la vie de pauvres citoyens. Les hauts fonctionnaires de l’Empire devaient travailler désormais bénévolement. C’est à cette époque qu’a lieu la création d’une assurance sociale, le prolongement du congé de maternité de quatre à six semaines pour les mères. Il interdit les augmentations de loyer et créa une autorité compétente de contrôle. Il combattit désespérément la corruption. Par la création d’une aide à la répartition des denrées alimentaires, il réussit jusqu’à la fin de la monarchie à aider environ cinq millions de pauvres, et dépensa pour eux 650 millions de couronnes de l’époque. Il punissait sans indulgence tous ceux  qui, par leur position au sein de l’Etat, en tiraient un avantage, le plus souvent pécuniaire. Il élabora de nombreuses lois en faveur de la protection de la jeunesse, dont des lois contre la littérature de bas-étage. Il était bien conscient que beaucoup de ses mesures prises affaiblissaient sa condition personnelle, seules la justice et l’équité lui importaient.



Début 1919, sous la pression du gouvernement autrichien, Charles et sa famille sont forcés de partir pour la Suisse. Entre 1919 et 1921, il resta en contact permanent avec les envoyés de ses états avec certains chefs d’états alliés. Sur la demande du pape Benoît XV qui redoute l'expansion du bolchevisme soviétique, Charles tente de remonter sur le trône de Hongrie en mars 1921. Malgré des débuts prometteurs, le Régent Horthy, ancien officier de marine et proche du défunt empereur François-Joseph, refuse de lui remettre le pouvoir, prétextant que le retour d'un Habsbourg-Lorraine sur un trône ne serait jamais accepté par les Alliés et la Petite Entente qui avait menacé d'envahir la Hongrie. Finalement le Roi repart vers la Suisse le 24 mars après douze jours passés en Hongrie. Pendant ces douze jours, il put se rendre compte que seul Horthy et quelques autres membres du gouvernement étaient contre son retour mais qu’il avait le soutien massif de la population et de l’armée. Il fit une deuxième tentative avec, en plus, le soutien de la France. Aristide Briand était devenu Président du Conseil et craignait la renaissance de la puissance prusse, il voulait un contrepoids à l’est. En octobre de la même année, Charles partit pour la Hongrie en avion avec avec sa femme enceinte. Atterrissant dans la propriété d’un sujet royal, des garnisons se rallièrent à lui. Une armée fut levée et ils avancèrent vers Budapest. Horthy demanda une trêve prétextant d’éviter une guerre  civile en Hongrie et donna au Roi sa parole d’honneur qu’il retirerait ses troupes et négocierait le retour de Charles sur le trône. La trêve fut acceptée, mais Horthy profita de son avantage pour capturer les troupes royalistes qui avaient interdiction de tirer. Il livra ensuite le Roi et la Reine aux Alliés. Durant le trajet du couple impérial vers une destination d’exil inconnue, on leur supprima le réconfort de la messe et des sacrements, qui étaient pour eux une joie quotidienne. Après trois semaines de bateau ils furent débarqués sur l'île de Madère, dans la ville de Funchal, où le Portugal accepta de les accueillir.


En février 1922, les enfants du couple princier furent réunis à leurs parents. Charles et Zita  durent quitter le petit hôtel de Funchal pour une petite maison non chauffée, sur les hauteurs, prêté par un banquier de l’île. Les exilés royaux n’avaient presque pas d’argent pour la nourriture, ni pour les besoins de Zita qui attendait son 8ème enfant pour le mois de mai. Toutefois, un certain nombre de nobles hongrois leur avait fait parvenir une petite somme d’argent qui leur permit de survivre. Pour se chauffer il n’y a que du bois vert qui fume constamment, la maison est très humide, partout cela soit le moisi et chacun peut voir sa propre respiration.


Tôt, le 9 mars 1922,  durant une matinée fraîche, l’Empereur descendit à pied les six kilomètre qui le séparaient de Funchal pour acheter un petit cadeau symbolique pour son fils Charles-Louis (mon père) dont c’était le 4ème anniversaire le lendemain. Le temps était chaud et ensoleillé à Funchal mais quand il remonta le soir, dans un brouillard dense et humide, le vent froid transperça ses habits mouillés et il commença rapidement à tousser. On ne fit pas monter de docteur depuis Funchal car on n‘auraient pas pu le payer. Les jours suivants sa condition empira, il commença à avoir une forte fièvre et toussa continuellement. Zita, effrayée, appela quand même un docteur de Funchal qui examina l’Empereur avec un confrère. Ceux-ci confirmèrent les craintes de l’impératrice, Charles était gravement malade avec une pneumonie et, comme il était déjà très affaibli, il n’était pas capable de lutter contre cette maladie et n’avait pas les moyens de se faire soigner dans un hôpital. Zita resta à ses côtés durant toute sa maladie, le soigna, le réconforta et pria avec lui.


Le dernier matin de sa vie, Charles murmura à Zita : « Je désire tant rentrer avec toi, pourquoi ne nous laissent-ils pas rentrer à la maison ? » Les minutes passent. Charles demanda au prêtre de recevoir la Sainte Communion et il reçut le sacrement de l’extrême-onction. Il essaya d’embrasser le crucifix qu’il tenait dans ses mains mais était trop faible pour le faire. Une dizaine de minute avant de mourir, regardant le Saint Sacrement qui était exposé, il dit : « Que ta sainte volonté soit faite. Jésus ! Jésus ! Viens ! Oui, oui mon Jésus ! » Ensuite il murmura doucement : « Jésus ! » et mourut.

Il était à peu près midi, le 1er avril 1922. Il n’avait que 34 ans. Zita lui ferma les yeux, avec un chapelet et un crucifix elle joignit ses mains. Ce jour-là l’impératrice portait une robe rose et ce fut la dernière fois qu’on la vit habillée de couleur.

L’Empereur a été jugé par l’Eglise et, après 55 ans d’études, a été béatifié par le Pape Jean-Paul II, le 3 octobre 2004.
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Mavendorf
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MessagePosté le: Sam 14 Mar - 10:24 (2015)    Sujet du message: Conférence de S.A.I.R l’Archiduc Rudolf d’Autriche Répondre en citant

14 mars 2015, 26 ans après la mort de l'impératrice Zita. Permettez-moi de vous inviter en toute simplicité à regarder ce documentaire émouvant, qui retrace la vie de la dernière impératrice d'Autriche.







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nicole
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MessagePosté le: Sam 14 Mar - 12:45 (2015)    Sujet du message: Conférence de S.A.I.R l’Archiduc Rudolf d’Autriche Répondre en citant

Merci pour tous ces documents , si passionnants

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Crista26
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MessagePosté le: Sam 14 Mar - 20:04 (2015)    Sujet du message: Conférence de S.A.I.R l’Archiduc Rudolf d’Autriche Répondre en citant

Merci pour ce beau moment de grâce et d'espoir et de persévérance. Je pense que nous avons tous à apprendre de sa Majesté l'Impératrice Zita.






                                             
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"Toutes ces épreuves, nous les surmontons à cause de Celui qui nous a tant aimé." St Benoît.


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henri
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MessagePosté le: Dim 15 Mar - 14:53 (2015)    Sujet du message: Conférence de S.A.I.R l’Archiduc Rudolf d’Autriche Répondre en citant

Extrêmement émouvant .....
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Dans l'attente de la Restauration !.


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DFR49
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MessagePosté le: Sam 21 Mar - 19:02 (2015)    Sujet du message: Conférence de S.A.I.R l’Archiduc Rudolf d’Autriche Répondre en citant

Tout à fait prenant! J'ai assisté à la conférence de l'abbé Debris à Angers, l'abbé du diocèse de Rouen en charge du procès de béatification de l'impératrice Zita
_________________
Pour Dieu, La France, Le Roi et tout cela dans la province du Maine et Loire


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 16:23 (2016)    Sujet du message: Conférence de S.A.I.R l’Archiduc Rudolf d’Autriche

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