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Louis XVIII (1755-1795-1824)

 
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Henryk
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MessagePosté le: Jeu 11 Oct - 21:17 (2012)    Sujet du message: Louis XVIII (1755-1795-1824) Répondre en citant

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k109236k/f31.image.r=1793 Russie.langF…


Né et baptisé le même jour par le cardinal de Soubise à Versailles le 17 novembre 1755 sous le nom de Louis Stanislas Xavier de France,
comte de Provence 1775-1795
Roi de France et de Navarre de 1814 a septembre 1824   jusqu'à sa mort à Paris.
Meurt sans descendance, et est inhumé à la basilique Saint Denis.
Son frère, le comte d’Artois, lui succède sous le nom de Charles X. Il est le dernier monarque français à être mort régnant., baptême et enfance à Versailles

     

Monogramme de Louis XVIII


Le comte de Provence.

Louis Stanislas Xavier est le quatrième fils du dauphin Louis-Ferdinand et de sa seconde épouse Marie-Josèphe de Saxe. Il est le frère cadet de Louis Auguste, futur Louis XVI, et le frère aîné de Charles-Philippe, futur Charles X. Il est le petit-fils de Louis XV. Petit-fils de France, Louis Stanislas Xavier est d’abord titré comte de Provence.

Le 18 octobre 1761, le même jour que son frère Louis Auguste, Louis Stanislas Xavier est baptisé par l'archevêque Charles Antoine de La Roche-Aymon dans la chapelle royale du château de Versailles, en présence de Jean-François Allart, curé de l'église Notre-Dame de Versailles. Son parrain est Stanislas Ier de Pologne, représenté par Louis François de Bourbon-Conti, et sa marraine est Victoire Louise Marie Thérèse de France[].

Tout comme son frère aîné, il passe son enfance au château de Versailles. Il y reçoit une éducation solide, comme le veut son rang.

Marie-Joséphine de Savoie est la sœur de Marie-Thérèse († 1805), épouse du roi Charles X de France, frère cadet de Louis XVI et de Louis XVIII.


    Son statut de frère du roi ne l'empêche pas de critiquer la politique de celui-ci. Mécontent et inquiet de la politique royale, il cherche à s'installer dans la province de Languedoc un fief, et ainsi se ménager une action directe et distincte de celle de son royal aîné.

    En 1775, il sollicite en vain le titre de gouverneur du Languedoc. Il avait même acheté l'année précédente le comté de l’Isle Jourdain qui lui assurait par la forêt de Bouconne, accès et influence jusque dans Toulouse.


    L'Exil



           

    Le comte de Provence                         


                                                                                        
    Après avoir agité la cour de Louis XVI en facilitant la chute des ministres réformateurs Turgot, Necker, Calonne, et après avoir bloqué les réformes proposées par Calonne et Louis XVI en les déclarant inconstitutionnelles en tant que président de l'un des bureaux de l'Assemblée des Notables de 1787, il réclame pour le Tiers États le doublement du nombre de députés aux états généraux.

    À la suite du départ de la cour de Versailles pour Paris (après les journées des 5 et 6 octobre 1789), le comte de Provence est installé au Petit Luxembourg. Comme son frère ainé, il ne se sent plus assez libre et prépare un plan d'évasion (il en prépare deux car son épouse sortira de Paris par un autre moyen). Dans ses mémoires, il raconte par le menu cette aventure. Il y explique préalablement avoir corrigé la déclaration de Louis XVI qui explique son départ de Paris. Mais à aucun moment, il ne dit avoir eu connaissance, avant le 19 juin, veille du départ, du plan précis de Louis XVI qui consistait à partir vers l'Est afin de rejoindre la place forte de Montmédy et de reprendre militairement la main sur la Révolution.

    Article détaillé : Fuite de Louis XVI et arrestation à Varennes.
    Le 20 juin 1791, date du départ du roi Louis XVI et sa famille des Tuileries, le comte de Provence quitte également sa résidence surveillée. Déguisé, muni d'un passeport anglais, il rejoint ainsi les Pays-Bas, via Avesnes et Maubeuge. Il se réfugie à Bruxelles puis Coblence, capitale de l’électorat de Trèves, dont un de ses oncles maternels est l’archevêque et le souverain. Il rencontre l’empereur Léopold II et lui inspire la déclaration de Pillnitz d’août 1791 qui galvanise la Révolution française. Il refuse de reconnaître l’autorité du roi et se voit déchu de ses droits de prince du sang par l'Assemblée législative en janvier 1792. Il tente de rentrer en France à la tête d’une armée de 14 000 hommes mais doit rebrousser chemin après la bataille de Valmy et se réfugie à Hamm en Westphalie.
    En 1793, ayant appris l’exécution de son frère aîné, il se proclame « régent » pour le dauphin, lequel demeure aux mains des révolutionnaires à Paris, et le proclame « Louis XVII ». À la déclaration de la mort de l’enfant, le 8 juin 1795, il devient dépositaire de la couronne de France et prend le nom de Louis XVIII, mais l’avènement de Napoléon détruit une nouvelle fois ses espérances. En effet, après l'explosion de la machine infernale rue Saint-Nicaise le 24 décembre 1800 et la découverte de la culpabilité des royalistes, Bonaparte rompt définitivement toute négociation avec eux. Louis XVIII lui demande naïvement de rétablir la monarchie avec, en contrepartie, le poste de lieutenant général; il obtient cette réponse sans ambages : « Vous ne devez pas souhaiter votre retour en France; il vous faudrait marcher sur cent mille cadavres... »


    Période 1800
    En 1804, à la suite de plaintes de Napoléon, le roi de Prusse Frédéric-Guillaume se résout à se séparer d’hôtes aussi incommodes que compromettants; Louis XVIII et tous les émigrés composant sa petite cour reçurent l’ordre de quitter immédiatement le territoire prussien. Ce fut à Kalmar que cet ordre parvint au prétendant. Louis XVIII y rencontra le comte d’Artois, son frère qu’il n’avait pas vu depuis près de douze ans, une certaine froideur ayant toujours existé entre eux. L’entrevue de Kalmar ne les rapprocha pas ; ils se quittèrent après dix-sept jours de conférences, assez mécontents l’un de l’autre : le futur Charles X reprit le chemin de Londres et Louis revint attendre à Riga la réponse du cabinet de Saint-Pétersbourg à propos d’un nouvel asile sur le sol russe.

    Le nouvel empereur, Alexandre Ier de Russie, qui succédait à son père le tsar Paul Ier, donna une suite favorable à sa demande et il revint à Mittau (Lettonie actuelle) où une minuscule cour d'une centaine de derniers fidèles dont le vieux marquis de Beaucorps le suivirent.

    Une fois réinstallé dans sa demeure, Louis XVIII rédigea son dernier manifeste public pendant son séjour à l’étranger. La proclamation qu’il avait envoyée à Pichegru, quelques semaines avant le 18 fructidor, ne contenait que des promesses de réforme à l’ancienne monarchie (Lois fondamentales du royaume de France). Il se décida, cette fois, à accepter nettement la Révolution et ses suites. Non seulement il admettait l’amnistie entière pour tous les votes antérieurs à 1804, ainsi que l’engagement de conserver à chaque Français ses grades, ses emplois et ses pensions ; il garantissait, en outre, la liberté et l’égalité pour les personnes, le maintien de toutes les propriétés et la protection de tous les intérêts sans exception. Il fit cette déclaration ur tous les documents officiels, Louis XVIII se considéra roi depuis 1795 et fit le décompte des années de son règne en conséquence. Néanmoins, juridiquement, il ne sera pas roi avant la Restauration en 1814. Cette déclaration, imprimée à Hambourg, au nombre de dix mille exemplaires, fut répandue sur tout le continent et envoyée en France, par la poste, à toutes les autorités constituées, ainsi qu’aux plus notables habitants de chaque département.
    Le second séjour à Mittau du prétendant ne dura que trois ans. Les défaites d’Austerlitz, d’Eylau et de Friedland, obligèrent le tsar à traiter avec Napoléon. Louis XVIII comprit qu’il devait chercher un nouvel asile. Il n’avait plus à choisir qu’entre le Nouveau Monde et l’Angleterre. Il se décida pour l’hospitalité britannique. Vers le milieu d’octobre 1807, depuis Göteborg en Suède, il avertit le comte d’Artois de sa prochaine arrivée, ce qui n’était pas pour lui plaire. Les confidents du comte réussirent à persuader un des membres du Cabinet britannique, Lord Canning (1770-1827), qu’il était nécessaire, dans l’intérêt même du gouvernement britannique d’éloigner Louis XVIII de Londres et de le confiner en Écosse.

    Le Royaume-Uni était à cette époque la seule puissance qui était encore en lutte avec la France impériale et qui refusait à Louis XVIII le titre de roi, en lui signifiant qu’à aucune époque, le rétablissement de sa famille n’avait semblé moins plausible. Après de longues tractations Louis XVIII accepta de débarquer en Angleterre, en tant que simple particulier sous le nom de comte de L’Isle-Jourdain (que ses contemporains transformeront en « comte de Lille »…) et en promettant de ne pas faire d’action politique
    _________________


    Dernière édition par Henryk le Sam 21 Mai - 09:40 (2016); édité 2 fois
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    MessagePosté le: Jeu 11 Oct - 21:17 (2012)    Sujet du message: Publicité

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    Henryk
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    MessagePosté le: Sam 9 Mar - 12:35 (2013)    Sujet du message: Louis XVIII (1755-1795-1824) Répondre en citant

    Son règne est consacré à la lourde tâche de ramener les héritages révolutionnaires et napoléoniens a ceux de l’Ancien Régime. Il défend ces derniers (il nomme ainsi, comme aumônier de la Cour, monseigneur Jean-Louis d'Usson de Bonnac, un des derniers évêques d’Ancien Régime survivants et surtout l’un des premiers à avoir refusé de prêter serment à la Révolution, ainsi qu’à avoir refusé de démissionner comme l’exigeait Napoléon).

    1) Ses opposants demeurent trop faibles et divisés pour menacer en quoi que ce soit la position royale. Il dissout ainsi une première Chambre ultra en 1816 (la célèbre Chambre introuvable).

    2)  Une autre vague de contestation commence avec la mort de son neveu duc de Berry, fils du comte d’Artois. Louis XVIII apparaît comme un roi modéré, menant une vie bourgeoise, sans fastes excessifs, trop fades aux yeux de certains.

    3)  D’autres lui reprochent que c’est un émigré, ramené sur le trône de France par des étrangers.

    4) Cependant, malgré cette apparente faiblesse, il a réussi non seulement à maintenir un équilibre entre ultras et libéraux, mais aussi à ramener la prospérité dans une nation épuisée par les dernières guerres napoléoniennes.

    Louis XVIII avait donc une certaine force de caractère et il pouvait d’ailleurs être à l’occasion capable de traits d’humour féroces,
    comme le montre l’anecdote suivante :
    Parmi les prérogatives du roi de France, figurait la capacité d’anoblir tout sujet méritant. Louis XVIII se trouvait ainsi assiégé par une horde de quémandeurs qui estimaient à tort ou à raison être candidats à l’anoblissement. Parmi ceux-ci, on a cité une anecdote concernant le publiciste Genoud, qui insistait pour être rassuré sur le fait que sa lettre d’anoblissement mentionnerait bien une particule devant son nom.

    Louis XVIII répondit à son entourage « Eh bien ! puisqu’il veut tant une particule, on va lui en mettre une devant et une derrière ! » et le solliciteur se fit anoblir sous le nom de « Monsieur de Genoude .



    Expédition d'Espagne

    En 1820, le roi d'Espagne Ferdinand VII doit faire face à un soulèvement populaire conduit par les libéraux. Ce mouvement révolutionnaire lui reproche l'absolutisme de son pouvoir et les nombreuses répressions à l'encontre des libéraux. Ferdinand VII doit alors se soumettre, et remettre en vigueur la Constitution de 1812 et ainsi confier le pouvoir à des ministres libéraux.
    Des élections ont lieu en 1822 aux Cortès, qui donnent la victoire à Rafael del Riego, dans une Europe secouée par les mouvements démocrates qui perturbent l'ordre intérieur des États. Le roi Ferdinand VII d'Espagne s'est retiré à Aranjuez, où il se considère comme prisonnier des Cortès.
    En France, les ultras pressent le roi Louis XVIII d'intervenir. Pour tempérer leur ardeur contre-révolutionnaire, le duc de Richelieu fait déployer, le long des Pyrénées, des troupes chargées de protéger la France contre la prolifération du libéralisme venant d'Espagne et la contagion de la « fièvre jaune ». En septembre 1822, ce « cordon sanitaire » devient un corps d'observation, puis va très vite se transformer en une expédition militaire.
    Les libéraux négocient leur reddition en échange du serment du roi de respecter les droits des Espagnols. Ferdinand VII accepte. Mais le 1er octobre 1823, se sentant appuyé par les troupes françaises, Ferdinand VII abroge de nouveau la Constitution de Cadix, manquant ainsi à son serment. Il déclare « nuls et sans valeur » les actes et mesures du gouvernement libéral.



    Roi devant devant se déplacer en béquilles.



    Louis XVIII souffrait d’une goutte qui empira avec les années et lui rendait tout déplacement extrêmement difficile à la fin de son règne. Dans ses dernières années, le roi podagre devait se déplacer en béquilles et était souvent déplacé en fauteuil roulant dans ses appartements, lui-même se baptisant « le roi fauteuil ». Vers la fin de sa vie, il était atteint d'artériosclérose généralisée, en outre la gangrène rongeait son énorme corps impotent, déjà appesanti par l'hydropisie. À la fin du mois d'août 1824, la maladie avait provoqué une large plaie suppurante en bas du dos et l'avait rendu méconnaissable.

     Mais, le 12 septembre, sa terrible souffrance l'obligea à se coucher. Il se décomposait vivant et dégageait une odeur si nauséabonde que sa famille ne pouvait rester à son chevet. Un de ses yeux avait fondu ; le valet de chambre, en voulant déplacer le corps, arracha des lambeaux du pied droit ; les os d'une jambe étaient cariés, l'autre jambe n'était qu'une plaie, le visage était noir et jaune.

    Disparu lors de l'incendie des archives de Paris en 1871, l'acte de décès de Louis XVIII avait toutefois été recopié, et il a été rédigé de la façon suivante, en présence de Talleyrand :

    Acte de décès de Sa Majesté Louis XVIII, dressé au château des Tuileries.
    Du jeudi seizième jour de septembre, l'an mil huit cent vingt-quatre, avant midi.

    Acte de décès de très-haut, très-puissant et très-excellent prince Louis, dix-huitième du nom, roi de France et de Navarre, très chrétien, né à Versailles le dix-sept novembre mil sept cent cinquante-cinq, fils de très-haut, très-puissant et excellent prince Louis, Dauphin de France, et de très-haute, très-puissante et excellente princesse Marie-Josèphe, princesse de Saxe, Dauphine de France, son épouse ; veuf le treize novembre 1810, de très-haute, très-puissante et très-excellente princesse Marie-Joséphine-Louise de Savoie, reine de France et de Navarre ; décédé ce jourd'hui, à quatre heures du matin, au Château des Tuileries, à Paris.

    Le présent acte dressé par nous Charles-Henri Dambray, pair et chancelier de France, président de la chambre des pairs, chancelier et commandeur des ordres du Roi, remplissant, aux termes de l'ordonnance de Sa Majesté du 23 mars 1816, les fonctions d'officier de l'état civil de la maison royale ;
    Accompagné de Charles-Louis Huguet, marquis de Sémonville, pair de France, grand-référendaire de la chambre des pairs, grand'croix de l'ordre royal de la Légion-d'Honneur ; et de Louis-François Cauchy, garde des archives de ladite chambre et des ordres du Roi, officier desdits ordres et de l'ordre royal de la Légion-d'Honneur, greffier de l'état civil de la maison royale ;
    En présence d'Ambroise-Polycarpe de Larochefoucauld, duc de Doudeauville, pair de France, grand d'Espagne de la première classe, chevalier des ordres du Roi, ministre secrétaire-d'état de la maison de Sa Majesté, tenant en cette qualité les registres de l'état civil de la maison royale ;

    En présence pareillement de Henri Evrard de Dreux, marquis de Brézé, pair de France, grand-maître des cérémonies de France, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, officier de l'ordre royal de la Légion-d'Honneur ;
    Sur la déclaration qui nous a été faite par Marie-François-Emmanuel de Croussol, duc d'Uzès, pair de France, âgé de soixante-sept ans, demeurant à Paris, en son hôtel rue Saint-Dominique, faubourg Saint-Germain, no 63, et par Bon-Adrien Moncey, duc de Conégliano, pair et maréchal de France, chevalier des ordres du Roi, grand'croix de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, et de l'ordre royal de la Légion-d'Honneur, gouverneur de la neuvième division militaire, âgé de soixante-dix ans, demeurant à Paris, en son hôtel, rue de Valois, no 2 ; témoins désignés par le Roi à l'effet du présent acte.
    Fait à Paris, au château des Tuileries, où nous nous sommes transportés en vertu des ordres du Roi à nous transmis par le grand-maître des cérémonies, et où le corps du feu roi nous a été représenté par Charles-Maurice, prince duc de Talleyrand, pair de France, grand-chambellan de France, chevalier des ordres du Roi et de la Toison-d'Or, grand'croix de l'ordre royal de la Légion-d'Honneur, et par Louis-Marie-Céleste, duc d'Aumont, pair de France, chevalier des ordres du Roi, premier gentilhomme de la chambre de Sa Majesté, gouverneur de la huitième division militaire ;
    Et ont signé avec nous, après lecture faite, les personnes dénommées au présent acte, à Paris, les jours, mois et an que dessus.
    Signé : le duc d'Uzès, le maréchal duc de Conégliano Moncey, le prince de Talleyrand, le duc d'Aumont, le duc de Doudeauville, le marquis de Dreux-Brézé, Dambray, le marquis de Sémonville.


    Le plus dur combat fut la lutte contre les faux dauphins, qui pullulaient  couvaient (depuis la "cour ( s ) préparatoire et du préau de la tour du Temple") dans les écrits de services secrets anglais tel Drake, et le "procés en réhabilitation" de la famille Simon qui tortura de mille manières l'enfant (visite a l'échaffaud, empèchement de prier, jeune, someil, soulerie, prostituées, accusations signées contre sa propre mère...) dés sa  prise en charge du 3 Juillet 93  au 19 janvier 94, jour du "dépot".

    P.S. Les intrigues de la Maison d'Orléans à laquelle il remit leur Titre reprirent de plus belle.

    Question au Chancelier de France...
    A ce propos, non sacré, un prince de la Famille ainé, dépositaire des armes de France, peut il rendre les armes a une Maison princière qui s'en est défaite?
     
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    Dernière édition par Henryk le Sam 27 Juil - 08:27 (2013); édité 1 fois
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    Henryk
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    MessagePosté le: Mer 3 Avr - 17:59 (2013)    Sujet du message: Louis XVIII (1755-1795-1824) Répondre en citant

    Mémoires de Louis XVIII    Liber VIII

    1) Les succès éclatants de Buonaparte achevèrent de me plonger dans une tristesse contre laquelle j'eus besoin de toute ma philosophie (sic) pour ne pas en être accablé. Cependant elle se trouva un peu allégée par la noble conduite de t'empereur Alexandre. Dès son avènement au trône, ce prince me le communiqua d'une manière officielle et m'écrivit en des termes affectueux qui réparèrent en quelque sorte la cruauté dont le' malheureux Paul I" s'était rendu coupable envers moi. Il s'empressa de m'offrir une partie de la pension qui avait été supprimée, et fit ajouter, de vive voix, des assurances flatteuses pour mon avenir. Ma réponse exprima toute ma gratitude. Alexandre cependant ne rompit point avec le gouvernement Francais il se maintint à son égard dans la même situation que son père à la suite des désastres de l'Italie, et en conséquence la guerre ne recommença pas vers le Nord. Néanmoins je vis avec plaisir que les ligues prêtes à se former entre le Danemark là Suède la Russie et la Prusse, pou la défense de la Baltique, n'auraient point lieu.
    Cette ligue, en fermant là Baltique à la marine militaire et marchande de l'Angleterre, eut été tout à l'avantage de la révolution française. Paul I" y avait consenti, mais Alexandre ne poussa pas jusque là sa complaisance envers Buonaparte il ne voulut qu'une neutralité complète qui me faisait
    entrevoir pour l'avenir de meilleurs sentiments en ma faveur.

    La paix fut alors conclue sur le continent; celle de Lunéville, si funeste à l'Autriche puisqu'elle y perdit une partie de ses conquêtes paix déterminée par le passage rapide des Alpes que tenta avec tant de succès l'armée française, et par la victoire de Marengo. Les opérations militaires du côté du Rhin furent également favorables à la France la paix te devint aussi à l'Allemagne, et ses conséquences amenèrent de nouveaux changements dans la politique européenne.

    L'influence de l'Autriche en diminua la Prusse demeura dans une position équivoque peu honorable, tandis que l'a France, hélas! la France sans son roi, obtint par la force des armes une suprématie à laquelle Louis XIV, aux beaux jours de sa puissance n'était parvenu qu'imparfaitement. L'Italie tout entière appartenait à Buonaparte, d'une manière directe ou indirecte; il réunit le Piémont, et peu après l'état de Gènes, à la France. It se fit nommer président de la république cisalpine qui comprenait tout le Milanais, les duchés de Parme de Modène, Mantoue, son territoire les provinces de l'ancienne république vénitienne, et les trois légations. La Toscane devint son alliée soumise lorsque dans sa politique il eût appelé au trône d'Etrurie le jeune infant, duc de Parme, auquel l'archiduc Ferdinand dut céder ces belles contrées pour le grand-duché de Wurtzbourg. La république de Lucque entra dans le système français le pape fut contraint d'y accéder ainsi que le roi de Naples qui, revenu dans ses états de Terre-Ferme depuis la descente des Russes, craignait de les perdre s'il persistait à faire la guerre au premier consul.


    Tandis que l'Italie suivait jusqu'à nouvel ordre les inspirations de la politique du cabinet des Tuileries, l'Allemagne, d'une autre part, touchait à sa dissolution comme empire. Déjà les électorats ecclésiastiques étaient supprimés en partie. ï! y avait des princes dépossédés ~d'autres qui obtenaient un accroissement de territoire la Belgique resta portion intégrante de la France, et la Hollande, qui depuis le Directoire était entrée sous l'influence de la république, ne s'en détacha pas lorsque Buonaparte se fut emparé du pouvoir. L'Espagne, soumise au même entraînement, reçut des lois du vainqueur de l'Italie, dont elle consentit à devenir l'alliée et, bien que le Portugal eût cédé aussi à cette force irrésistible, son accession fut cependant plus honorable, parce qu'elle reposait sur ta protection de l'Angleterre. Cette puissance avait repoussé avec dédain la paix proposée par le premier consul à la suite' du 18 brumaire. Mais elle ne put se maintenir longtemps dans cette fière résistance, où plutôt de hautes combinaisons politiques la déterminèrent à accepter une trêve que Buonaparte eut !e tort de prendre pour une paix de longue durée. Ce dernier évènement acheva de rendre ma position bien précaire, et consolida le système français. Je dus, à mon tour, prodiguer des consolations à ma famille accablée par tant de maux; je dus retrouver en moi cette énergie que je né voyais plus chez l'es' autres monarques. Lorsque tous se rangeaient autour de mes sujets rebelles, je devais encore prétendre que je rentrerais seul en France avec les armes invincibles que la constance et la légitimité de leurs droits donnent aux rois malheureux.

    Certes, c'était Je moment de déployer cette supériorité de caractère lorsque du nord au midi de l'Europe, mes peuples identifiant la cause de leurs rois avec celle de l'étranger persistaient à me repousser loin d'eux. Tout espoir de retour paraissait m'être enlevé. Le premier consul, avec un génie qu'on ne pouvait lui contester, s'était attaché mes alliés naturels la noblesse et le clergé.
    La première fut d'abord rappelée en masse de l'émigration par une mesure générale autorisant la rentrée de tous les bannis, hors mille, que le premier consul se réservait le droit de désigner plus tard. Cependant il ne le fit point, il tint toujours éloignés ceux qu'il savait trop attachés à ma cause. J'éprouvai une peine qui surpassa toutes les autres en voyant nos plus fidèles s'empresser de nous quitter, dès que les portes de la France leur furent ouvertes. L'émigration disparut tout d'un
    coup à peine s'il en demeura autour de nous quelques restes. L'armée du prince de Condé se fondit presque entièrement; on eut peine à composer de ses débris un faible corps que l'Angleterre conserva à sa solde. L'amour du pays natal l'emporta sur l'amour du roi. La noblesse, cajolée et rassurée fit plus encore, car elle se décida à servir Buonaparte.



    Il est vrai de dire que le premier consul employa tout son art à provoquer cette désertion. Les honneurs, les places, les décorations, tout fut accordé à cette noblesse que naguère on avait poursuivie, dépouillée de ses biens et terrassée par des lois de mort. Maintenant on la caressait, on lui rendait ses biens et cette conduite adroite la contraignit àse rattacher à Buonaparte.

    2) Cet homme habile ne me laissa même pas le clergé, en qui je regrettais alors mes dernières espérances. La mont de Pie VI à Valence, dans le Dauphiné ou l'avait conduit la politique barbare du Directoire, nécessita la réunion du conclave. Il ne put avoir lieu à Rome au milieu des désordres de la guerre ou, de la démagogie italienne. Les cardinaux choisirent Venise et .élevèrent au trône pontifical Barnabé Chiaramonti, évêque d'Imola, qui nommé te 4 mars 1800, prit le nom de Pie VII. Dès .que j'appris cette nouvelle j'écrivis ma lettre d'obédience et me recommandai à la bénédiction apostolique que m'aborda le Saint-Père. Il me répondit avec une Section touchante, et entra aussitôt en 'négociation avec Buonaparte. Je n'aurais jamais cru que l'héritier précaire d'une révolution toute d'athéisme et de haine, surtout pour la religion catholique manifesterait soudain des principes si .opposés. Le cardinal Mamy, mon ambassadeur auprès du Saint-Siège, m'apprit que Buonaparte avait fait des ouvertures pour rétablir le culte en France d'une manière solennelle, et devenir le chef séculier de la religion comme l'avaient été mes prédécesseurs. Je sus en même temps que le pape n'avait nullement repoussé ces propositions.

    Cette nouvelle, je ne craindrai pas de l'avouer, me porta un coup qui m'étourdit; je connaissais la puissante influence du clergé sur le peuple. Je savais que, jusqu'à ce jour, on l'avait employé pour me rappeler au souvenir de mes sujets et leur faire de la royauté un cas de conscience. Puis, tout d'un coup cet appui m'était enlevé. Je me hâtai d'en témoigner au pape ma douleur; je le conjurai de ne pas donner une arme si forte à la rébellion de m'ôter mes dernières espérances. Je parlai en vain Pie VII me répondit que ma cause lui était chère, mais que celle de la chrétienté devait passer avant tout, qu'une résistance mal entendue pourrait porter un coup funeste à la religion le premier consul ayant déclaré qu'il se mettrait à la tête d'un culte français si le pape refusait de s'accommoder avec lui et qu'enfin pour prévenir ce malheur, il valait mieux avoir en France un clergé constitué, me faisant entendre seulement qu'en se rattachant à la religion, le gouvernement français travaillait pour la monarchie, sans trop s'en douter et mille autres raisons de ce genre.

    Mais aucune de ces raisons ne me parut convaincante je prévoyais tous les désavantages qui résulteraient pour moi d'un concordat religieux et j'ordonnai au cardinal de protester ouvertement. Lui au lieu de se conformer à cet ordre chercha à me représenter le péril que courait la religion si Buonaparte se séparait violemment de la communion du Saint-Siège; en un mot, il me parla dans le sens du pape au lieu de me soutenir près de lui et lorsque ma volonté impérative. lui parvint, il protesta, mais en secret; je lui en témoignai mon mécontentement, et ce fut la première cause de sa désertion complète plus tard.

    II ne restait plus pour défendre la bonne cause que des moyens que désapprouvait ma loyauté. Mes ennemis seuls peuvent me faire l'injure de croire qu'on m'instruisait des complots criminels dirigés contre la vie du premier consul. Jamais on ne m'en parla on savait que je les aurais repoussés avec indignation. Je désavoue donc toute participation à ces attaques odieuses. J'aurais peut-être ordonné la mise en cause de Buonaparte, et laissé la justice suivre le cours de ses fonctions; mais jamais, en aucun temps, je n'eusse consenti à armer le bras d'un meurtrier du glaive des lois. Qu'on ne s'étonne donc pas du silence que je garderai sur des faits qu'il me serait trop pénible de rapporter sans blâmer ceux qui y concoururent sans mon consentement.

    Cependant lorsque Buonaparte prit l'autorité en France, je ne perdis pas encore tout espoir qu'il consentît à traiter avec moi. Je ne vis dans sa rigueur envers les agents intermédiaires entre Barras et ma cause que le désir de poursuivre seul cette importante affaire aussi, sans prendre conseil de personne et avec le seul concours de l'abbé de Montesquiou j'écrivis à Buonaparte, peu de mois après son consulat, une lettre ainsi conçue Nittau, 20 février 1800.

    Des hommes tels que vous, monsieur, ne m'inspirent jamais d'inquiétude quelle que soit leur conduite apparente. Vous avez accepté une place éminente et personne mieux que moi ne vous en sait gré. Vous n'ignorez pas ce qu'il faut de force et de puissance pour faire le bonheur d'une grande nation. Sauvez la France de ses propres fureurs, rendez-lui son roi, et les générations futures béniront votre mémoire. Vous serez toujours trop nécessaire à t'état pour que je puisse acquitter par des places importantes toute la dette de mon aïeul et la mienne.

    Signé Louis.

    L'abbé de Montesquiou fit tenir cette lettre à Buonaparte par Joséphine, qui consentit à s'en charger. J'ai su depuis que le premier consul avait trouvé fort mauvais que sa femme eût accepté une mission de ce genre. Il s'en expliqua avec tant de véhémence que cette voie d'arriver jusqu'à lui me fut entièrement fermée. Les jours, les semaines s'écoulaient, et je ne recevais aucune réponse. Je séchais d'impatience ne pouvant m'imaginer que cet homme refusât de m'accorder au moins les simples égards dus à une personne qui nous écrit. Ma juste fierté me commandait de me taire mais cédant à un devoir plus grand au bonheur futur de la France, je résolus de tenter une seconde fois le même moyen.

    En conséquence, je remis de nouveau la main à la plume, et Buonaparte çut encore une lettre qui disait:

    Depuis long temps générât, vous devez savoir que mon estime vous est acquise. Si vous doutez de ma reconnaissance, marquez votre place, fixez le sort de vos amis. Quant à mes principes je suis Français, clément par caractere je le serai encore par raison.
    Non, le vainqueur de Lodi, de Castiglione, d'Arcole le conquérant de l'Italie et de l'Egypte, ne peut pas préférer à la gloire une vaine célébrité. Cependant, vous perdez un temps précieux; nous pouvons assurer le bonheur de la France; Je dis nous, parce que j'ai besoin pour cela de Buonaparte et que lui ne peut rien sans moi. Générai l'Europe a les yeux 'sur vous un glorieux triomphe vous attend, et je suis impatient de rendre la paix à mon peuple.




    Lorsque j'écrivis cette lettre, la bataille de Marengo et la seconde conquête de l'Italie n'avaient pas encore eu lieu je croyais alors ce que me mandaient mes agents de l'intérieur à les entendre la France était dans un état d'effervescence extrême. Le gouvernement naissant était menacé à la fois par les jacobins et les royalistes et ne tarderait pas à être renversé. Je, ne pouvais encore démêler parfaitement et le caractère de Buonaparte et ses ressources, et t'ascendant surtout qu'il prendrait sur la révolution, et les hommes dévoués à ma cause.



    Je le croyais embarrassé sur la marche qu'il devait suivre, et prêt à traiter avec moi si je lui offrais de grands avantages. J'étais déterminé à faire un pont d'or à son ambition je lui aurais cédé le Brabant, ou, si nous n'avions pu le conserver, le comté de Nice, ou enfin un grand établissement en Amérique car je l'aurais vu avec inquiétude rester en France et surtout commander mes armées. Mais avant de lui rien proposer, il fallait avoir sa réponse, et s'assurer de quelle manière il entendrait traiter je la reçus enfin, cette réponse si vivement souhaitée et loin d'en être satisfait, je vis qu'elle ne me laissait
    rien à attendre d'une voie de négociation. Voici en quels termes elle était conçue

    "J'ai reçu votre lettre, monsieur, et je vous remercie des choses flatteuses qu'elle renferme.. Vous ne devez pas désirer rentrer en France car il vous faudrait marcher sur cent mille cadavres. Sacrifiez votre intérêt personnel au repos de votre patrie; l'histoire vous en tiendra compte. Je ne suis pas insensible aux malheurs de votre famille, et j'apprendrais avec plaisir que vous êtes entouré de tout ce qui peut contribuer à la tranquillité de votre retraite. Les expressions de cette lettre me parurent dures inconvenantes même. J'y reconnus la ferme détermination de me tenir éloigné de mon royaume et cette fois je cessai d'en demander la restitution à Buonaparte.

    Bien averti de ses dispositions, à mon égard je dus voir avec chagrin tout ce qui lui faciliterait les moyens de prolonger son usurpation; je fis donc tout mon possible pour entraver le concordat passé entre lui et la cour de Rome je savais que le pape demandait à tous les évêques la démission de leur siège, afin que le premier consul pût nommer de nouveaux titulaires sans offenser ni les catholiques ni le clergé constitutionnel. J'écrivis en conséquence, au corps épiscopat une lettre ainsi conçue

    3) MONS. L'ÉVEQUE DE.

    Une nouvelle épreuve m'est imposée : l’usurpateur de mon trône cherche à ravir la fidélité des membres de votre ordre ; il traite avec le Saint-Siège d'un prétendu concordat contre lequel je proteste de toute ma force. Je sais que pour faciliter son exécution on vous demandera la démission particulière de votre siège épiscopal. On se flatte que vous accorderez ce gage à la révolution, et moi j'espère que vous ne ternirez pas votre généreuse résistance à l'anarchie à l'impiété ni les actes de dévouement que vous avez si longtemps donnés à ma cause et à celle de notre sainte religion en montrant une condescendance qui serait coupable, et que dans tous les cas je ne pardonnerais point. Je compte monsieur, que sans vous écarter du respect dû au Saint-Siège vous voussouviendrez des droits de l'église gallicane de ce que vous me devez, et de ce que vous devez à la mémoire de vos confrères morts martyrs de cette cause sacrée dont vous restez le généreux: confesseur. Je vous interdis donc tout désistement que je ne voudrais d'ailleurs, pas reconnaître, et je suis certain
    d'avance que vous ne donnerez point cette satisfaction à la révolte et cette douleur à votre roi.
    Louis

    En même temps j'expédiai une copie de cette circulaire au cardinal Maury, afin qu'il la mît sous les yeux du' pape. Le cardinal, en me mandant qu'il s'était conformé à mon ordre, ajouta que j'avais profondément frappé le cœur de Sa Sainteté. Sans doute que lui et Pie VII me croyaient insensible au coup que me portait la cour de Rome.

    L'évoque d'Arras, avec lequel je correspondais rarement, prit feu dans cette circonstance; il s'empressa de me faire connaître les évêques qui céderaient à l'invitation pontificale, et ceux qui resteraient fidèles la monarchie. J'aurais voulu l'unanimité, et je n'eus pas la majorité Dieu y mit la main il fallut se soumettre.

    Qu'elle me fut pénible cette première messe chantée solennellement dans Notre-Dame en présence des consuls et de tous les corps constitués de l'état. Que cette prière, répétée dès lors dans toutes les églises pour la prospérité de la république et de Buonaparte, eut d'amertume pour mon cœur me sembla que la couronne venait réellement d'être arrachée de mon front. Je tombai dans une tristesse profonde; chaque événement diminuait mes espérances et je nie voyais abandonné par tous ceux sur lesquels j'avais le plus compté. Je recevais presque tous les jours de nouvelles demandes pour autoriser la rentrée en France. Je me fis une loi de ne jamais refuser, et je rédigeai une formule à cet effet mais, au fond de mon âme, je sus peu de gré à ceux qui s'éloignèrent ainsi de moi.

    D'Avaray m'aidait à supporter ces rudes atteintes. Il était revenu d'Italie mieux portant, néanmoins sa santé était toujours chancelante. Enfin je l'avais près de moi, j'épanchais mes souffrances dans son sein et les malheurs que l'amitié partage sont allégés d'une partie de leur poids. J'en fis l'épreuve en cette funeste circonstance.


    Pourquoi l'auteur ne s'assujettira plus à l'ordre chronologique~ Conduite des souverains à son égard. Com- ment on envoie la duchesse de Guiche à Paris, et comment elle en est chassée. Buonaparte veut négocier avec le roi. Le comte de Haugwitz. Quelques détails sur sa vie. Le président Meyer. Buonaparte le charge de traiter de l'abdication du roi. Récit de l'audience que Sa Majesté lui accorde. Ce que le roi voulait répondre à Buonaparte. Note définitive qu'il lui fait remettre. Conversation diplomatique de d'Avaray avec lé président Meyer. Propos chevaleresques du roi. Lettre à ce sujet au comte d'Artois. Protestation de tous les princes de la famille et maison de Bourbon..

    J'ai jusqu'à présent suivi le narré des faits avec une exactitude' à peu près rigoureuse; le rôle important que je jouais au milieu des événements qui se succédaient, me facilitait le moyen de ne pas trop m'en écarter. Mais je suis arrivé au moment où cette régularité n'est plus nécessaire. La fortune de Buonaparte, en s'accroissant chaque jour, rendait moins probable ou plus reculée ma rentrée dans le royaume de mes ancêtres. La guerre allait s'étendre dans un cadre gigantesque. Toutes les puissances de l'Europe avaient descendre tour à tour dans la lice les batailles se succéderaient la foudre des combats gronderait encore mais pour favoriser l'usurpateur demon trône, mais pour pulvériser les intérêts des héritiers de Louis XVI. Dès ce moment ma cause parut perdue ou abandonnée, je, cessai de compter dans la balance politique de l'Europe; Dieu prolongea l'aveuglement des princes jusqu'au jour marqué dans sa sagesse, où une lumière plus vive montrerait que toutes les couronnes sont solidaires, et que l'une ne peut tomber sans que les autres, soient ébranlées.

    Donc, à partir de cette époque je m'attacherai peu aux dates. Je voudrais pouvoir oublier ces quatorze années d’atonie dans' lesquelles j'ai pour ainsi dire sommeillé sous !e poids d'un affreux cauchemar. Je préfère réunir en un seul faisceau les différentes négociations qui eurent lieu en des temps plus ou moins rapprochés que de les rapporter selon leur ordre respectif. En conséquence je vais raconter tout d'un trait ce qui me reste à-dire de de mes autres relations avec Buonaparte.

    Tandis que je cherchais à nouer avec lui une négociation sérieuse, les alentours du comte d'Artois imaginèrent, de )eur côté, d'agir dans le même but. On ne tint point à se concerter avec moi cette petite cour avait la prétention de marcher seule. On ne se douterait jamais qu'elle s'avisa d'envoyer
    une ambassade extraordinaire à Buonaparte. Cette mission importante fut donnée à ta charmante duchesse de Guiche. Elle possédait en grâces en esprit et en beauté tout ce qui aurait pu lui assurer le succès de sa démarche avant la révolution mais ces avantages, loin de la favoriser auprès du premier consul, ne pouvaient que lui être contraires. On me manda le mécontentement qu'il avait manifesté en apprenant le motif du voyage de la duchesse de Guiche à Paris motif qu'elle ne prit aucun soin de dissimuler. Elle en fit la confidence à tous ceux qui l'approchèrent les propositions dont elle était chargée envers Buonaparte sont trop connues pour que je les répète. I
    l y fit répondre par un ordre intimé à l'ambassadrice de repartir dans les vingt-quatre heures et, jusqu'au moment de son embarquement à Calais la fille de madame de Polignac fut gardée à vue. Cette conduite, bien qu'inconvenante était excusée en quelque sorte par la folie de ceux qui avaient imaginé cette burlesque négociation. Je dois à madame de Guiche une vive reconnaissance du zèle qu'elle mit à me servir, mais en vérité je ne puis en accorder autant aux hommes qui la poussèrent à cette démarche extravagante. Cependant le même Buonaparte qui avait refusé de s'entendre avec moi, crut pouvoir m'amener à traiter en renversant la base sur laquelle je lui avais proposé d'appuyer cette négociation. Il aspirait au titre d'empereur des Français à ceindre la couronne de Charlemagne; mais il lui fallait arracher celle de saint Louis et de Henri IV, qui me ceignait le front. En voyant tout plier sous sa puissante volonté, il se figurait que moi aussi je courberais la tête sous le joug et que je consentirais enfin à la renonciation de mes droits. Pour lui servir d'intermédiaire, il s'adressa à un homme que ma mauvaise fortune avait fait mon ennemi je ne sais pourquoi, au comte Julien-Henri-Charles d'Haugwitz, alors ministre d'état prussien et ayant sur le roi Frédéric-Guillaume HI une influence qui.fut bien fatale à ce souverain. Haugwitz né en Silésie en 1784, avait eu une jeunesse fort orageuse; livré à mille débauches, perdu de dettes et entaché d'une conduite peu honorable il donna dans les illusions du mysticisme et devint l'un des premiers membres de cette secte de Théosophes qui à cette époque infesta l'Allemagne. Lavater trouvant à sa tête de la ressemblance avec celle du Christ, déclara, après l'avoir étudiée que jamais sous une apparence aussi séduisante il ne s'était trouvé tant d'Immoralité. Haugwitz, soutenu du crédit des illuminés ses confrères fut présenté à Frédéric Guillaume II, alors complètement sous l'empire de cette secte désorganisatrice. Le roi de Prusse le nomma d'abord son ambassadeur à Vienne, et bientôt la protection de la comtesse de Licheteneau le fit rappeler pour être mis en possession du portefeuille des affaires étrangères. Il devait son élévation à cette dame et à la mort du roi de Prusse. En 1799 il passa dans les rangs de ses persécuteurs; ce mouvement de volte-face se fit avec tant d'adresse que le nouveau roi s'y laissa prendre et l'investit de toute la confiance que lui avait accordée son prédécesseur. Plus tard, une médaille fut frappée en son honneur (1801), et il dirigea jusqu'en 1814 la politique prussienne.

    Une première disgrâce l'atteignit alors sans toutefois lui faire perdre son droit de séance au conseil d'état. Eu 180S, envoyé à Vienne, où Buonaparte se trouvait alors le comte d'Haugwitz acheva de se laisser gagner par cet usurpateur. On sait que par sa timidité il détermina la paix d&Presbourg en janvier 1806. Envoyé en ambassade à Paris il fut, à son retour en Prusse, rappelé au ministère, où il manifesta des sentiments anti-bonapartistes poussa le roi dans une guerre dont l'issue fut si malheureuse', et éprouva une seconde disgrâce dont il ne se releva plus.

    Buonaparte dès son avènement au pouvoir, avait cherché un homme qui pût soutenir sa cause dans le cabinet prussien. Haugwitz fut désigné par Dammartin, et en effet il se montra accessible à ses séductions. Dès ce moment Buonaparte acquit à Berlin une haute influence, et s'en servit pour maintenir la Prusse dans une neutralité qui par la suite lui coûta si cher. Haugwitz donna à l'usurpateur d'autres marques de son dévouement il en accepta l'insolente mission de traiter avec moi de mon désistement, tant en mon nom qu'en celui de ma famille, aux droits royaux que nous tenions de Dieu du peuple et de nos pères.

    Haugwitz cependant n'osa ou ne put se mêler lui-même de cette négociation; il en chargea. M. Meyer, président de la régence de Varsovie. Celui-ci cachait un esprit rusé sous des formes franches et naïves nul ne comprenait mieux les moyens dilatoires de la diplomatie. Je l'aimais peu et le voyais rarement.

    Le 26 octobre 1808, j'étais dans mon cabinet lorsque d'Avaray vint me prévenir que le président Meyer demandait une audience particulière ayant, disait-il, une communication à me faire de la part de son gouvernement. Une communication n'était jamais sans importance pour moi les malheureux s'effraient de peu; tant de coups m'avaient frappé que je tendais sans cesse les épaules à de nouveaux malheurs; néanmoins je ne pouvais m'attendre à celui qu'on allait encore me porter.

    Mémoires de Louis XVIII Livre 8 Gallica




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    MessagePosté le: Dim 6 Avr - 15:10 (2014)    Sujet du message: Louis XVIII (1755-1795-1824) Répondre en citant

    C'était un grand personnage.
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    MessagePosté le: Lun 26 Jan - 16:25 (2015)    Sujet du message: Louis XVIII (1755-1795-1824) Répondre en citant

    DÉCLARATION DU RÉGENT AUX ÉMIGRES.


    LOUIS-STANISLAS-XAVIER de France , fils de France, oncle du Roi, Régent du royaume, a tous ceux qui ces présentes verront, salut :
    PÉNÉTRÉ d'horreur en apprenant que les plus criminels des hommes viennent de mettre le comble à leurs nombreux attentats par le plus grand des forfaits, nous avons d'abord invoqué le ciel, pour obtenir de son assistance de surmonter les sentiments d'une douleur profonde et les mouvements de notre indignation, afin de pouvoir nous livrer à l'accomplissement des devoirs qui, dans des circonstances aussi graves, sont les premiers dans l'ordre de ceux que les lois immuables de la monarchie française nous imposent.



    Notre très-cher et très-honoré frère et souverain seigneur, le roi Louis XVI du nom, étant mort, le 21 du présent mois de janvier, sous le fer parricide que les féroces usurpateurs de l'autorité souveraine en France ont porté sur son auguste personne.


    Nous déclarons que le Dauphin Louis-Charles , né le 27e jour du mois de mars 1785, est Roi de France et de Navarre, sous le nom de Louis XVII, et que, par le droit de naissance, ainsi que par les dispositions des lois fondamentales du royaume, nous sommes et serons Régent de France durant la minorité du Roi, notre neveu et seigneur.



    Investi, en cette qualité, de l'exercice des droits et pouvoirs de la souveraineté et du ministère supérieur de la justice royale, nous prenons la charge , ainsi que nous en sommes tenus, pour l'acquit de nos obligations et devoirs, à l'effet de nous employer, avec l'aide de Dieu, et l'assistance des bons et loyaux Français de tous les ordres du royaume, et des puissances reconnues des souverains alliés de la couronne de France :
    1° A la libération du Roi Louis XVII, notre neveu ; 2° de la Reine, son auguste mère et tutrice ; de la princesse Élisabeth, sa tante, notre très-chère sœur, tous détenus dans la plus dure captivité par les chefs des factieux, et simultanément au rétablissement de la monarchie sur les bases inaltérables de sa constitution , à la réformation des abus introduits dans le régime de l'administration publique , au rétablissement de la religion de nos pères, dans la pureté de son culte et de la discipline canonique, et la réintégration de la magistrature pour le maintien de l'ordre public, et la dispensation de la justice , et la réintégration des Français de tous les ordres sous l'exercice des droits légitimes , et dans la jouissance de leurs propriétés envahies et usurpées; au rétablissement de l'autorité, des lois et de la paix, et enfin à l'accomplissement des engagements solennels que nous avons voulu prendre, conjointement avec notre très-cher frère Charles-Philippe de France, comte d'Artois , auquel se sont unis nos très-chers neveux, petits-fils de France, Louis-Antoine, duc d'Angoulême, et Charles-Ferdinand, duc de Berry; et nos cousins princes du sang royal, Louis-Joseph de Bourbon , prince de Condé ; Louis-Henri-Joseph de Bourbon, duc de Bourbon; et Louis-Antoine-Henri de Bourbon, duc d'Enghien , par nos délibérations adressées au feu Roi, notre frère, le 11 février 1791 , et autres actes émanés de nous, déclarons de nos principes , sentiments et volontés, dans lesquels actes nous persistons et persisterons invariablement.



    Auxquelles fins, mandons et ordonnons à tous Français et sujets du Roi d'obéir aux commandements qu'ils recevront de nous, de par le Roi, et au commandement de notre très-cher frère Charles-Philippe de France, comte d'Artois, que nous avons nommé et substitué lieutenant-général du royaume, lorsque notre dit frère et lieutenant-général ordonnera, de par le Roi et le Régent de France. Sera notre présente déclaration notifiée à qui il appartiendra, et publiée par tous les officiers du Roi, militaires ou de magistrature, à qui nous en donnerons commission et charge, pour que ladite déclaration ait toute la notoriété qu'il sera possible de lui donner en France présentement, et jusqu'à ce qu'elle soit adressée en la forme ordinaire aux cours du royaume, aussitôt qu'elles seront rentrées dans l'exercice de leurs juridictions, pour y être notifiée, publiée, enregistrée et exécutée.
    Donné à Hamm, en Westphalie, sous notre seing et notre scel ordinaires, dont nous faisons usage pour les actes de souveraineté , jusqu'à ce que les sceaux du royaume, détruits par les factieux , aient été rétablis, et sous le contre-seing des ministres d’État, les maréchaux de Broglie et de Castries ; ce 28 janvier 1793, et du règne du Roi le premier. LOUIS-STANISLAS-XAVIER.
    Par le Régent de France.
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    MessagePosté le: Lun 26 Jan - 16:42 (2015)    Sujet du message: Louis XVIII (1755-1795-1824) Répondre en citant

    AUX FRANÇAIS.



    Les portes de mon royaume viennent enfin de s'ouvrir devant moi, j'accours , j'accours pour ramener mes sujets égarés, pour adoucir les maux que j'avais voulu prévenir, pour me placer une seconde fois entre les armées alliées et les Français, dans l'espoir que les égards dont je peux être l'objet, tourneront à leur salut. C'est la seule manière dont j'ai voulu prendre part à la guerre. Je n'ai pas permis qu'aucun prince de ma famille parût dans les rangs des étrangers , et j'ai enchaîné le courage de ceux de mes serviteurs qui avaient pu se ranger autour de moi.
    Revenu sur le sol de la patrie, je me plais à parler de confiance à mes peuples. Lorsque je reparus au milieu d'eux, je trouvai les esprits agités et emportés par des passions contraires.



    Les regards ne rencontraient de toutes parts que des difficultés et des obstacles. Mon gouvernement devait faire des fautes : peut-être en a-t-il fait. D'est des temps où les intentions les plus pures ne suffisent pas pour diriger, où quelquefois même elles égarent.
    L'expérience seule pouvait avertir; elle ne sera pas perdue. Je veux tout ce qui sauvera la France.
    Mes sujets ont appris, par de cruelles épreuves, que le principe de la légitimité des souverains est l'une des bases fondamentales de l'ordre social, la seule sur laquelle puisse s'établir , au milieu d'un grand peuple, une liberté sage et bien ordonnée. Cette doctrine vient d'être proclamée comme celle de l'Europe entière. Je l'avais consacrée d'avance par ma Charte, et je prétends ajouter à cette Charte toutes les garanties qui peuvent en assurer le bienfait.
    L'unité du ministère est la plus forte que je puisse offrir. J'entends qu'elle existe, et que la marche franche et assurée de mon conseil, garantisse tous les intérêts et calme toutes les inquiétudes.



    On a parlé, dans les derniers temps, du rétablissement de la dîme et des droits féodaux. Cette fable, inventée par l'ennemi commun, n'a pas besoin d'être réfutée. On ne s'attendra pas que le Roi de France s'abaisse jusqu'à repousser des calomnies et des mensonges : le succès de la trahison en a trop indiqué la source. Si les acquéreurs de domaines nationaux ont conçu des inquiétudes, la Charte aurait dû suffire pour les rassurer. N'ai-je pas moi-même proposé aux chambres et fait exécuter des ventes de ces biens? Cette preuve de ma sincérité est sans réplique.
    Dans ces derniers temps, mes sujets de toutes les classes m'ont donné des preuves égales d'amour et de fidélité. Je veux qu'ils sachent combien j'y ai été sensible , et c'est parmi tous les Français que j'aimerai à choisir ceux qui doivent approcher de ma personne et de ma famille.
    Je ne veux exclure de ma présence que ces hommes dont la renommée est un sujet de douleur pour la France, et d'effroi pour l'Europe. Dans la trame qu'ils ont ourdie, j’aperçois beaucoup de mes sujets égarés et quelques coupables.



    Je promets, moi qui n'ai jamais promis en vain (l'Europe entière le sait), de pardonner aux Français égarés tout ce qui s'est passé depuis le jour où j'ai quitté Lille, au milieu de tant de larmes, jusqu'au jour où je suis rentré dans Cambrai, au milieu de tant d'acclamations.
    Mais le sang de mes enfants a coulé par une trahison dont les annales du monde n'offrent pas d'exemple. Cette trahison a appelé l'étranger dans le cœur de la France. Chaque jour me révèle un désastre nouveau. Je dois donc, pour la dignité de mon trône, pour l'intérêt de mes peuples, pour le repos de l'Europe, excepter du pardon, les instigateurs et les auteurs de cette trame horrible. Ils seront désignés à la vengeance des lois par les deux chambre que je me propose d'assembler incessamment.



    Français, tels sont les sentiments que rapporte au milieu de vous celui que le temps n'a pu changer, que le malheur n'a pu fatiguer, que l'injustice n'a pu abattre. Le Roi , dont les père règnent depuis huit siècles sur les vôtres, revient pour consacrer le reste de ses jours à vous défendre et à vous consoler.
    Donné à Cambrai, le vingt-huitième jour du mois de juin, de l'an de grâce 1815, et de notre règne le vingt-unième


    LOUIS.
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    MessagePosté le: Jeu 29 Jan - 11:48 (2015)    Sujet du message: Louis XVIII (1755-1795-1824) Répondre en citant

    Nouvelles politiques premier trimestre 1824




    Paris. S. A.R. Monsieur vient d’accorder une somme de 200 fr à la pauvre commune d'Estenos, arrondissement de Saint-Gaudens (Haute Garonne) sur la sollicitation et par l'intermédiaire de Mr le Baron de Naylies, lieutenant major de ses gardes.
    S. A. R. Mme la duchesse de Berry a fait l'acquisition de la statue de Saint Charles Borromée par Mr Ruthxiel. ce bel ouvrage, qui réunit les suffrages les plus distingués, à été transporté il y a quelques jours à la chapelle de Rosny, qui est sous l’invocation de ce saint.



    La santé de Mme la princesse de Condé, supérieure du couvent royal du Temple, donne les plus vive inquiétudes. S.A.S. s'est trouvée mal subitement, le 10 au soir. Mme est retombée dans son état soporeux; la tête est le siège de la maladie. La princesse a été administrée par Mr l'Archevêque de Paris. Ce prélat va tous les jours au Temple, et y reste plusieurs heures. Les saintes filles qui habitent le couvent sont sans cesse en prière pour demander au ciel la conservation de leur mère. L'Eglise de Sainte-Elisabeth, est rempli de fidèle désolés qui viennent prier pour leur bienfaitrice.



    Le Roi, les Princes et Princesses de la famille royale ont envoyé tous les jours savoir des nouvelles de l'état de la princesse. S.A.S. a reçu la visite de Mme la duchesse et de Mlle d'Orléans' mais ne les a point reconnues.



    Le Roi vient de perdre un de ses plus fidèles serviteurs dans la personne de M. le comte de Nantouillet,]lieutenant-général grand croix de Saint-Louis premier gentilhomme de la chambre de S. A. R. Mgr le duc de Bordeaux, et gouverneur du palais de l'Elysée-Bourbon. M. de Nantouillet, que l’infortuné duc de Berry appelait dans ses derniers moments son vieil ami, est mort, le 10 au matin après une maladie de neuf jours; il était âgé de soixante-cinq ans.


    M. de Lucy, conseiller a la cour royale de Paris, est mort le mardi 1o février; il était âgé soixante-dix ans.


    –D'après une ordonnance royale, en date du 22 janvier, un pont suspendu va être établi sur le Rhône entre les villes de Tain et de Tournon.



    La commission formée en exécution de l'ordonnance du Roi en date du 25 janvier dernier, pour régler les indemnités à payer aux armateurs dont les navires ont été captures ou pillés par des corsaires espagnols pendant la dernière guerre, a tenu sa première séance, le lundi 9 de ce mois, à l'hôte! du ministère de la marine, sous la présidence de Mr le chevalier Faure, conseiller d’État.



    -Depuis plus de deux mois le Constitutionnel remplissait ses ennuyeuses colonnes des obstacles que l’autorité opposait aux électeurs libéraux qui voulaient faire constater leur cens; à t'entendre il paraissait impossible qu'un seul électeur, suspect de constitutionnalité, parvint jamais à avoir toutes ses pièces assez en règle pour être porté sur la liste électorale. Aujourd'hui cette feuille libérale annonce que les nombreuses nouvelles relatives aux élections qu'il reçoit journellement des départements lui ont inspiré les plus hautes espérances. N'est-ce pas se démentir soi-même ?



    Les employés du dépôt de mendicité de la maison de Villers-Cotteret ont fait remettre, par l'entremise de M. Bonneau, inspecteur-général des prisons, la somme de 112 francs, pour être versée dans la caisse des enfants de refuge dont Mme Trelaveau est la trésorière.
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    MessagePosté le: Jeu 12 Mar - 15:01 (2015)    Sujet du message: Louis XVIII (1755-1795-1824) Répondre en citant

    Louis XVIII:
    Je voudrais faire le portrait de mon père; mais je me reconnais indigne de peindre tant de vertus.
    Son âme pure ne pouvait habiter longtemps sur la terre. Sa couronne n'était pas de ce monde, et il mourut jeune. Des bruits étranges coururent sur sa mort la calomnie n'épargna pas le duc de Choiseul. Les jésuites, après leur chute, se plurent à le noircir d'affreux soupçons. Ce fut ta cause de l'éloignement que mon frère aîné montra toujours pour ce ministre; et cependant, je le déclare, il est innocent du crime que ce maître intrigant, l'abbé Georgel, lui impute. Il était aussi incapable de le commettre que mon aïeul de le laisser impuni.

    Le travail et les austérités d'une piété extrême usèrent de bonne heure la vie du dauphin. Il ne se ménageait pas il remplissait avec une exactitude rigoureuse ses devoirs de prince et de chrétien. Il se brûla le sang; il détruisit les principes de son existence, et la France eut à pleurer le trépas prématuré d'un prince qui, s'il eût vécu, eût peut-être évité au royaume la catastrophe d'une sanglante révolution et à sa famille l'échafaud et l'exil.


    Le roi pleura beaucoup son fils il parut frappé de sa mort, dont les soins de madame de Pompadour eurent peine à le distraire. Je ne parlerai pas de cette dame l'avant peu connue; car je n'avais qu'onze ans lorsqu'elle mourut. Cependant j'éprouvais déjà pour elle un certain éloignement, et elle m'aurait presque fait peur, si le décès de mon père m'eût fait échoir en partage le titre de dauphin. A l'opposé des femmes de sa sorte, on ne faisait pas l'éloge de son cœur. Je ne sais si c'est à tort mais je puis certifier du moins qu'elle commençait à peser au roi, et qu'il se consola, facilement de sa perte.

    Après la mort de la marquise, Louis XV respira plus librement on aurait dit un enfant échappé aux lisières. Il usa quelques années de sa liberté que la marquise d'Esparbé essaya vainement de lui faire perdre. Il échappa à ses manœuvres mais ce ne fut que pour se laisser prendre dans des rets mieux ourdis. Le monarque le plus noble de l'Europe devint l'esclave d'une grisette pour ne pas dire plus, de cette madame Dubarry, dont la beauté était je crois, l'unique recommandation...

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    MessagePosté le: Sam 21 Mai - 09:41 (2016)    Sujet du message: Louis XVIII (1755-1795-1824) Répondre en citant

    Le général Excelmans, qui, depuis I8I5, était resté en disgrâce, et même avait été exilé pendant quelques années , ayant obtenu une audience particulière de S. M., le roi a daigné lui dire : « Général, j'oublie tout ce qui s'est passé ; la seule chose dont je veux me souvenir, c'est que, lorsque vous reçûtes de Bonaparte l'ordre de me poursuivre , VOUS prîtes une autre route que celle que j'avais prise. »
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    MessagePosté le: Mer 8 Juin - 13:58 (2016)    Sujet du message: Louis XVIII (1755-1795-1824) Répondre en citant

    221e anniversaire de son avènement de droit en ce jour.
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    MessagePosté le: Aujourd’hui à 07:08 (2016)    Sujet du message: Louis XVIII (1755-1795-1824)

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